Bonjour à toutes ! Et voilà, comme promis, voici le second chapitre de la semaine.

Je suis ravie de voir que le précédent vous a plu, et que la fiction rassemble de plus en plus de lecteurs. C'est vraiment super de vous retrouver semaine après semaine, chapitres après chapitres, et de faire grandir cette histoire sous vos yeux.

Maintenant que les vacances ont commencé, j'ai bon espoir de poster deux chapitres par semaine, et j'espère que vous serez au rendez-vous pour les lire et les commenter !

Je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre, avec beaucoup de dialogues (j'espère que vous ne vous ennuierez pas !). N'hésitez pas à me laisser vos impressions en reviews !

Bonne lecture et à mercredi pour la suite.


− Tu es en retard, grogna Blaise avec humeur quand Drago daigna enfin arriver aux écuries.

En effet, il l'était. C'était d'ailleurs la première fois depuis des années. La ponctualité était une qualité que beaucoup appréciaient chez Drago. Qualité que Blaise ne portait pas en étendard. Il était donc presque comique de le voir se plaindre d'avoir attendu Drago alors que ce dernier passait son temps à attendre son ami depuis qu'ils se connaissaient – soit plus d'une dizaine d'années. Drago ne prit pas la peine de s'excuser, il savait que Blaise en ferait toute une histoire, alors autant économiser sa salive. Au lieu de ça, il se contenta de lui passer devant et de rejoindre une jument pleine qui s'apprêtait à mettre bas d'ici quelques jours.

− On peut savoir où tu étais ? s'exclama Blaise mécontent d'être ignoré de la sorte.

Il se rapprocha de Drago et l'observa un long moment dans l'espoir d'avoir des explications. Drago garda le silence, mais cela ne suffit pas à le détourner de ses questions auxquelles il semblait avoir trouvé une ébauche de réponse.

− Tu étais avec Lady Hermione, devina-t-il.

Drago ne leva pas les yeux vers son ami, mais admit volontiers que celui-ci avait du flair et était tombé juste.

− C'est mon épouse, répondit-il. Il est normal que je passe du temps avec.

Blaise s'avança et vint se planter devant Drago. Il l'observa sous toutes les coutures avec un petit sourire en coin que Drago ne connaissait que trop bien. C'était celui qu'il réservait habituellement aux femmes qu'il tentait de mettre dans son lit. Un sourire séducteur, qui ne marcherait bien évidemment pas sur Drago.

− Seigneur, Drago ! s'écria Blaise d'un air dramatique. Serais-tu devenu un homme ?

Drago leva les yeux au ciel. Blaise était tout ce qu'il y avait d'insultant. D'abord parce qu'être un homme n'était pas intrinsèquement lié à la virginité, ensuite parce qu'il avait perdu cette dernière depuis des années, et ce n'était pas avec Lady Hermione – quoi que cela ne l'aurait certainement pas dérangé, songea-t-il en repensant aux courbes d'Hermione délicieusement couvertes pas sa chemise de lin beige.

− Mêle toi de ce qui te regarde, Blaise, ordonna Drago sans grand espoir d'être écouté cependant.

− Mais ce sont mes affaires ! Je dois savoir si Lady Hermione a des chances de tomber enceinte prochainement. Si c'est le cas, je dois me préparer activement à mon rôle de parrain.

− Ton rôle de quoi ? répéta Drago.

− De parrain, bien sûr. Qui d'autre que moi pour supporter ta progéniture ?

Drago n'était pas assez bien réveillé pour avoir ce genre de conversation. Une progéniture ? Blaise dans le rôle de parrain ? Hermione enceinte ? C'était trop pour son esprit encore embrumé. Drago se contenta de secouer la tête pour chasser ces idées, avant de regarder Blaise droit dans les yeux.

− Hermione n'est pas enceinte, ou si c'est le cas, ce n'est pas de moi. Il n'y a donc pas de progéniture, et encore moins de parrain. Maintenant hâte toi de te trouver une épouse plutôt que de me charrier avec la mienne.

Blaise soupira longuement.

− C'est facile pour toi, on t'a littéralement jeté Hermione dans les bras. Tu n'as même pas eu besoin de chercher ton épouse.

− Je te rappelle que tes parents t'ont trouvé une ribambelle de jeunes femmes bien sous tous rapports à épouser.

− Exact, mais rien qui ne puisse concurrencer ta Lady. N'aurait-elle pas une sœur à me présenter ? Cela ferait de moi ton beau-frère. Ce serait formidable, d'autant plus que…

− Hermione est fille unique. Et si ça n'avait pas été le cas, j'aurais fait un beau-frère médiocre en chantant tes louanges à sa sœur. Tu es insupportable.

Blaise ne répondit pas et se contenta d'afficher une mine contrariée, en marmonnant dans sa barbe que jamais on ne lui avait présenté de filles qui en valaient la peine, alors que Drago avait tout de suite trouvé chaussure à son pied. Il se plaignit longuement du destin et du sort qui s'acharnaient sur lui, alors qu'il représentait un parti merveilleux, et que mise à part la fidélité, il avait une liste de qualités longue comme le bras. Les deux amis se mirent à travailler en silence avec les chevaux, jusqu'à ce que le jour ne décline et qu'il n'y ait plus assez de lumière dans les écuries pour continuer sans s'abimer les yeux. Quand ils eurent terminé, ils se dirigèrent d'un même pas vers la Grande Salle où le dîner venait d'être servi.

Le regard de Drago embrassa la salle et découvrit qu'Hermione était installée à la table d'honneur, et qu'elle avait conservé à sa gauche une chaise vide. Comprenant que sa place était là, Drago la rejoignit et s'installa confortablement avec de la saluer d'un sourire. Ils s'étaient quittés quelques heures plutôt après le départ de Bonnie et Fenella, mais il n'était que trop heureux de la retrouver.

− La journée a été bonne ? demanda Hermione en observant Drago se servir un verre de vin.

− Surtout la matinée, répondit Drago d'un air suggestif qui fit papillonner Hermione des yeux.

Elle avait l'air d'être sur le point de répondre quand Cormag se pencha au-dessus de la table et observa longuement son neveu avant de prendre la parole à voix basse pour être sûr de n'être entendu que par la table d'honneur :

− Vous serez ravi d'apprendre que le Duc de Suffolk est parti plus tôt que prévu et arrivera au château samedi prochain.

Dix jours, songea Drago. Dix jours seulement avant que l'Enfer ne commence. A cette annonce, il sentit Hermione se crisper et faire tomber sa fourchette dans son assiette. Quand il se tourna vers elle, elle avait le teint pâle et le regard sombre. Conscient que la nouvelle ne l'enchantait guère, Drago s'empara délicatement de la main de son épouse et la pressa entre ses doigts.

− Samedi prochain ? répéta Blaise qui avait assisté à la conversation. C'est la date que j'avais choisie pour célébrer mon anniversaire…

− Il faudra que tu comptes des invités supplémentaires, Blaise.

− Je ne veux pas de Cepheus de Suffolk à ma fête, grogna l'intéressé.

− Et moi je n'en veux pas dans mon château, répliqua Cormag. Mais il semblerait que nous n'obtenions pas tout ce que nous désirons dans la vie… Le vin coulera à flot et les panses seront pleines. Toutes les conditions seront réunies pour tisser des liens cordiaux avec nos invités.

− Cordiaux ? s'étouffa Blaise en recrachant le morceau de viande qu'il avait dans la bouche. Depuis quand nos liens avec Suffolk doivent être cordiaux ?

− Depuis que nous avons fait de Lady Hermione l'une des nôtres.

Blaise et Drago échangèrent un regard. Cette fête d'anniversaire n'aurait rien de festif si Suffolk se trouvait dans les parages. A la tête que faisait Blaise, Drago devina qu'il essayait de trouver une autre date à laquelle il serait sûr de ne pas retrouver les Suffolk.

− Ce sera l'occasion de leur montrer que nous savons accueillir, même les moins respectables. L'occasion aussi de les éblouir par notre capacité à organiser de véritables bals rivalisant avec ceux de la couronne. Je compte sur toi pour que tout soit parfait, Blaise.

Ce dernier avait pâli aussi, se sentant subitement investi d'une mission qu'il n'avait pas imaginé une seule seconde. Drago se tourna à nouveau vers Hermione qui regardait droit devait elle, l'air songeur, en se cramponnant à la main qu'il lui avait tendue un peu plus tôt.

− Je veux que Lady Hermione soit époustouflante, exigea Cormag. Non pas qu'elle ne le soit pas d'habitude, mais je souhaiterai qu'elle soit particulièrement délicieuse ce soir-là.

− Pour la jeter en pâture à ces connards ? demanda Drago les dents serrées.

− Pour leur montrer que la grâce anglaise peut s'assortir au charme écossais. Tu devras porter ton plus beau costume également Drago.

Sa phrase, son ordre, ne souffrait aucune réplique aussi Drago se détourna de son oncle et se concentra sur Hermione. Celle-ci ne prononça pas un mot jusqu'à la fin du repas. Quand les assiettes furent vides, et que Cormag quitta la table en compagnie de sa fille, Isaure, Drago se leva à son tour et invita Hermione à le suivre. Avant qu'ils n'aient pu s'éloigner de la table cependant, Fenella les arrêta.

− Je peux vous dire deux mots, en privé ? demanda-t-elle de sa voix douce.

− Bien sûr, acquiesça Drago.

Le couple suivit la maîtresse de maison jusque dans un petit salon qui jouxtait la Grande Salle et dans lequel Drago ne s'était que très peu rendu. Quand ils furent tous les trois seuls à l'abri des oreilles indiscrètes, Fenella s'empara de la main d'Hermione avec sollicitude.

− Je sais ce que vous ressentez, Lady Hermione.

− Vraiment ? demanda Hermione d'un ton morne.

Elle n'y croyait pas un instant. Fenella lui adressa un sourire doux et légèrement nostalgique.

− Je n'étais pas promise à Cormag, avoua-t-elle simplement. Je devais épouser le futur Laird du Clan McDonald. Mais l'amour s'en est mêlé… Et je me suis enfuie pour me marier à Cormag avant que mes parents ne me forcent à m'installer chez les McDonald.

− Comment a réagi McDonald ? demanda Hermione, soudain plus attentive.

− Il n'a plus jamais adressé la parole au Clan McLean.

Drago songea qu'il aurait préféré que Suffolk se contente aussi de l'ignorance. Il était sur le point de faire remarquer à sa tante que son histoire n'avait rien à voir avec celle d'Hermione, quand celle-ci ajouta :

− Après qu'il ait tenté de m'enlever et de faire annuler notre mariage, et que Cormag lui ait coupé une jambe en représailles.

Certes, l'histoire devenait subitement plus intéressante. Pourquoi les hommes devaient-ils sans arrêt se battre pour une femme qui ne voulait que la paix ? Drago soupira. Bien sûr, maintenant qu'il était marié, il se savait obligé de sauver l'honneur d'Hermione, de la protéger, d'empêcher cette râclure de Cepheus de s'approcher d'elle, de respirer le même air et… Pour être tout à fait honnête, le sentiment de possessivité et de protection qu'il éprouvait envers son épouse n'avait rien à voir avec leur mariage.

− Il vous faut être forte, continua Fenella à l'intention d'Hermione. Jamais vous ne devrez laisser voir que Cepheus vous effraie, vous mette en colère ou vous dégoûte. Vous devez lui être indifférente.

Hermione hocha lentement la tête.

− Parce que ce genre d'homme se repait des émotions qu'il provoque en vous, qu'elles sont bonnes ou mauvaises. C'est ce qui le nourrit. Et plus vous le nourrirez, plus il se sentira puissant et en droit de vous revendiquer.

− Il ne revendiquera personne, gronda Drago.

− C'est à Hermione de lui faire comprendre qu'elle n'est plus sa propriété.

Techniquement parlant, elle n'avait jamais été sa propriété, mais Drago se garda bien de le faire remarquer, car cela aurait voulu dire qu'elle était désormais la sienne, et il savait qu'Hermione n'apprécierait pas cette remarque.

− Quant à toi, dit Fenella en se tournant vers Drago, tu dois te comporter en gentleman.

− Je suis un gentleman, rétorqua Drago avec un rictus.

− Pas de querelle, et encore moins de duel. Tu es désormais un homme marié, respectable. Tout ce que tu pourrais entreprendre à l'encontre des Suffolk risquerait de se retourner contre Hermione.

− Je ne vois pas ce que…

− Si, le coupa Fenella. S'ils venaient à apprendre d'une manière ou d'une autre que cette union n'avait pour objectif que de libérer Hermione d'un mariage arrangé, cela risque d'envenimer les choses.

− Ils ne pourraient rien y faire, ce mariage est légal, murmura Hermione.

− Ils pourraient demander au pape de l'annuler.

− Même s'il a été consommé ?

Drago jeta un coup d'œil à Hermione, circonspect, ce qui n'échappa pas à Fenella. Cette dernière les regarda alternativement de longues secondes avant de répondre :

− L'est-il ?

Personne ne répondit à sa question, mais elle obtint de toute évidence la réponse escomptée. Il ne l'était pas, mais les rumeurs devraient se calmer à ce propos, après que la domestique les ait surpris tous les deux dans le même lit. Du moins c'était ce qu'espérait Drago.

− Je vais vous faire faire une robe, déclara Fenella. Cormag a raison, il vous faut être une véritable reine aux yeux de tous. Suffolk doit comprendre qu'on ne s'en prend pas à vous comme il s'en prendrait à une simple courtisane. Quant à toi, Drago, n'oublie pas qui tu es vraiment.

Sur ces mots, Fenella serra Hermione dans ses bras et caressa affectueusement la joue de Drago d'une main avant de quitter le petit salon. Les deux époux se retrouvèrent seuls, et s'observèrent de longues secondes en silence. Hermione semblait avoir repris des couleurs. Ses joues étaient légèrement rosies, et ses lèvres avaient retrouvé leur couleur framboise. De toute évidence, le discours et les conseils de Fenella lui avaient redonné contenance. L'air déterminé qu'elle affichait désormais lui donnait des allures de guerrière viking qui lui allaient bien.

− Je ne laisserai pas Cepheus prendre le dessus, assura-t-elle, résolue.

− J'espère bien, répliqua Drago avec un sourire en coin. Voilà des mois que nous sommes mariés, et je n'ai jamais eu le dessus avec toi, tu as toujours le dernier mot.

− Si tu as quelque chose à redire, tu n'as qu'à demander le divorce.

Drago afficha une mine faussement horrifiée.

− Et laisser à Cepheus le champ libre pour t'épouser ? Plutôt crever.

Il y avait une touche d'humour dans la voix de Drago, mais au fond de lui, il n'avait fait qu'énoncer une vérité. Il préférait mourir que de voir Hermione épouser Cepheus de Suffolk contre son gré. Hermione sembla s'en apercevoir, car elle lui adressa un sourire reconnaissant, et s'approcha doucement de lui. Elle s'empara de sa main et entrecroisa ses doigts aux siens comme ils avaient pris l'habitude de le faire ces derniers jours.

− Merci, souffla-t-elle. Pour tout ce que tu fais pour moi.

− Si tu veux tout savoir, c'est très intéressé de ma part, répliqua Drago avec morgue.

− Parce que tu aimes mettre Suffolk en rogne ? suggéra Hermione.

Elle était terriblement proche de lui à présent, si bien qu'il pouvait sentir ses seins se presser contre son torse à chacune de ses respirations. Le sang de Drago semblait s'être embrasé, et son pouls s'accéléra subitement, quand il sentit le souffle d'Hermione lui frôler le visage.

− Parce que j'espère qu'après tout ça, tu me laisseras me glisser plus souvent dans ton lit, grogna-t-il entre ses dents.

− Une fois ne t'a pas suffi ?

− L'éternité ne me suffirait pas.

Leur visage était si proche l'un de l'autre que Drago ne pouvait plus que se noyer dans les profondeurs brunes des iris d'Hermione. Il ne voyait plus rien autour, le salon semblait s'être dissout dans le néant, tandis qu'il n'existait plus désormais que les yeux brillants d'Hermione et sa bouche taquine. Drago perdait de plus en plus pied, et il ne put empêcher l'une de ses mains de se glisser sur la taille d'Hermione qu'il rapprocha un peu plus de lui. Leur corps était désormais collé l'un à l'autre, et Drago ne pouvait plus cacher ses intentions. Les lèvres légèrement entrouvertes d'Hermione étaient un véritable appel à la luxure, jamais Drago n'avait vu une chose aussi excitante. Il était sur le point de s'en emparer quand la porte s'ouvrit largement derrière lui.

− Drago ? appela la voix de Pansy.

Hermione et lui s'écartèrent subitement l'un de l'autre, le souffle encore court, les yeux encore brillants à l'idée de ce qui était sur le point de se produire. Pansy sembla réaliser qu'elle venait d'interrompre quelque chose, car son regard se détourna subitement, et elle déclara :

− Je peux repasser, je ne savais pas que…

− Non, Pansy, reste, déclara Hermione d'une voix légèrement plus perchée que d'habitude.

− Non, non, je peux tout à fait…

− J'insiste, répliqua Hermione.

Drago lança un regard noir à Pansy, plus que conscient de ce qui était sur le point de se passer entre son épouse et lui. Elle était si proche de lui, leur corps était sur le point de fusionner tant la tension et le désir était palpable à cet instant. Mais Pansy avait le don d'arriver au pire moment. Elle ne pairait rien pour attendre, et Drago ne se priverait pas de lui expliquer son point de vue.

− Je vous laisse, déclara Hermione. J'ai à faire.

− Attends, Hermione ! tenta Drago.

Mais elle se contenta de lui faire un bref signe de la main et de s'éclipser dans la Grande Salle avant de se prendre dans la foule. Drago se retourna vers Pansy, furieux.

− Qu'est-ce que tu veux ? aboya-t-il.

− J'ignorai que vous étiez en train de…

− Qu'est-ce que tu veux ? répéta Drago qui sentait la frustration exploser dans sa poitrine.

− Je voulais te parler de la lettre de menaces qu'avait reçue Hermione, dit Pansy d'une voix calme.

Elle n'était pas intimidée par Drago, ou du moins ne laissait-elle rien paraître. Ses mots eurent cependant le mérite d'attirer toute l'attention de Drago et de faire diminuer un peu sa colère. Il n'avait plus pensé aux appartements saccagés d'Hermione, ni à la lettre qui la sommait de partir. Il avait mis Pansy et Blaise sur le coup depuis des semaines pour qu'ils trouvent une piste à suivre, et de toute évidence, Pansy n'avait pas chômé. Voilà bien la seule chose qui aurait une chance de calmer la colère de Drago à son encontre.

− Une domestique a été payée pour faire ça et laisser la lettre.

− Une domestique ? Où est-elle ? demanda Drago, impatient de discuter avec elle.

− Justement, elle n'est pas là. Elle a été renvoyée il y a plusieurs semaines déjà.

− Par qui ?

Drago imaginait sans mal que le maître chanteur était à l'origine du licenciement de la domestique en question. Et si la personne concernée était capable de renvoyer des domestiques, c'était qu'elle était passablement bien placée dans le château.

− Par Hydra McLean, répondit Pansy.

Hydra ? La femme d'Hadrian et mère de Bonnie ? Drago resta sans voix. Il n'avait jamais eu de doute sur sa cousine par alliance. Celle-ci était plutôt discrète, et semblait bien s'entendre avec Hermione, même si celle-ci ne passait pas beaucoup de temps en sa compagnie. Pourquoi s'en serait-elle prise à Hermione ? Avait-elle eu vent des avances que son mari lui avait faites ? Était-ce par jalousie qu'elle espérait faire partir Hermione ?

− Tu as parlé à Hydra ? demanda Drago, songeur.

− Non, elle s'est retirée dans ses appartements pour une retraite silencieuse depuis hier. Ses dames de compagnie m'ont fait savoir qu'elle ne serait pas disponible avant la semaine prochaine.

Drago hocha la tête. Ils avaient beaucoup de chose à faire d'ici la semaine prochaine, à commencer par préparer la venue de Suffolk. D'ici là, il pouvait être sûr que Hydra ne divulguerait rien sur Hermione et sa condition de sorcière. Savait-elle seulement ce qu'était Hermione ? Hydra était une femme très pieuse, et si Drago n'avait jamais eu de conversation avec elle à propos de la sorcellerie, il ne doutait pas un seul instant qu'elle ne voyait aucun mal à ce que les sorcières soient brûlées sur un bûcher.

− Pas un mot à Hermione, lança Drago à Pansy.

Celle-ci lui lança un regard réprobateur.

− Elle a le droit de savoir.

− Elle a déjà beaucoup de choses à gérer, répliqua Drago.

− Tu ne devrais pas la sous-estimer.

Drago ne répondit pas. Il connaissait Hermione mieux que Pansy. Il avait vu l'effet que l'annonce de l'arrivée des Suffolk avait eu sur elle. Une chose à la fois. Il lui en parlerait quand toute cette histoire serait derrière eux. C'était le mieux à faire.