Bonjour à toutes ! Je suis ravie de vous retrouver en temps et en heure cette fois-ci, puisque nous sommes mercredi. J'annonce qu'il y aura un nouveau chapitre ce dimanche également, afin de permettre à l'histoire d'avancer plus vite et de ne pas vous perdre en cours de route.

En effet, vous n'avez été que trois à commenter le dernier chapitre. J'en suis bien triste, d'autant que le nombre de vues et de lecteurs ont explosé ! Mais peut-être que l'histoire n'est pas à la hauteur de vos espérances. Qu'à cela ne tienne, dans le prochain chapitre, l'arrivée des Suffolk devrait redonner un peu de dynamique à l'histoire.

En attendant je vous laisse avec ce chapitre plein de révélations ! N'hésitez pas à me laisser un petit mot et votre avis sur le chapitre et l'histoire en général. Bonne lecture et à dimanche.


Les jours qui précédèrent la venue de Suffolk et de sa cour semblèrent défiler à toute allure. Drago et Hermione ne firent que se croiser, tant ils étaient occupés. D'une part, Drago assistait à de nombreuses réunions auprès de Cormag et de ses hommes pour élaborer différentes stratégies s'il prenait l'envie aux Suffolk de se montrer déloyaux. Si Cormag ne voulait rien laisser paraître, il avait l'air soucieux malgré tout. Il répétait inlassablement à ses hommes de rester sur leur garde, de ne pas avoir la langue trop pendue mais les oreilles bien ouvertes. Il voulait être au courant de chacun des faits et gestes de leurs invités, de leur emploi du temps et des personnes à qui ils adressaient la parole. Drago fut invité à se montrer vigilent et hermétique aux attaques verbales dont il ferait sans aucun doute l'objet de la part de Cepheus. En aucun cas il ne devrait donner à son adversaire la moindre ouverture, la moindre brèche qui pourrait atteindre Hermione, lui-même ou le clan tout entier.

De son côté, Hermione passait son temps entre son infirmerie et les appartements de Fenella où les couturières s'activaient sans relâche pour lui créer une nouvelle toilette. Cette dernière était si originale que Fenella jura qu'Hermione lancerait une nouvelle mode d'ici très peu de temps, tant elle éblouirait l'assemblée durant la fête d'anniversaire de Blaise. Hermione n'était pas très à l'aise de se donner ainsi en spectacle, mais les mots de Fenella résonnaient encore et toujours dans sa tête : elle devait être une reine, invincible, intouchable, impérieuse. Et quand elle se tenait là, droite devant le grand miroir sur pied de Fenella, elle admettait volontiers donner une impression de toute puissance. Cette robe était un chef d'œuvre de couture, et une petite partie au fond de son cœur, avait hâte de voir la réaction qu'aurait Drago en la voyant.

Celui-ci avait de nombreuses fois demandé, exigé, ordonné qu'elle lui montre cette robe pour laquelle elle ne tarissait pas d'éloges, mais Hermione avait tenu bon, affirmant qu'il aurait la surprise, comme tout le monde, le soir de l'anniversaire de Blaise.

− Je ne suis pas tout le monde, grogna Drago un soir, alors qu'Hermione avait refusé pour la énième fois de lui décrire sa robe. Je devrais avoir l'exclusivité, en ma qualité d'époux.

− Tu as déjà l'exclusivité, nous sommes mariés, je te rappelle.

− J'exige la première danse, déclara Drago. Et la deuxième.

Hermione ne put réprimer un sourire derrière la tasse de thé qu'elle sirotait, confortablement installée sur le fauteuil de leur petit salon, non loin de la cheminée crépitante.

− En fait, non, ajouta Drago en se levant de son propre fauteuil.

Il vint se placer derrière celui d'Hermione et posa ses deux mains sur le haut du dossier. Celle-ci put immédiatement sentir l'atmosphère changer, devenir subitement plus électrique, comme à chaque fois qu'elle était si proche de lui. Elle resta immobile, portant une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres, tandis que Drago se penchait dangereusement par-dessus le dossier et venait humer ses cheveux.

− Je crois que je les veux toutes, lui murmura-t-il à l'oreille.

Son souffle chaud lui arrache des vagues de frissons incontrôlables, et Hermione dut poser immédiatement sa tasse sur le petit guéridon à sa gauche pour ne pas renverser le thé brûlant à cause de ses mains légèrement tremblantes.

− Vous êtes bien exigeant, Mr Malefoy, répondit-elle, amusée.

− Toujours, quand il s'agit de mon épouse.

− Je vous promets la première et la dernière.

− Ce n'est pas suffisant, lâcha-t-il d'une voix rauque, tandis que ses lèvres effleuraient légèrement le lobe de son oreille.

Hermione sentit tout son corps de crisper sous ce contact pourtant si léger. Ce jeu de séduction n'était pas pour lui déplaire, elle devait l'admettre. Mais il était parfois si intense qu'il était difficile de rester concentrée et de suivre Drago qui soufflait parfois le chaud, parfois le froid. A cet instant précis, tout en lui semblait brûlant, à commencer par son timbre de voix.

− Même si la dernière a lieu dans mon lit ? répliqua Hermione.

Sa réponse provoqua un léger sifflet qui s'échapper d'entre les dents de Drago. Ses mains quittèrent le haut du fauteuil pour venir se poser délicatement sur les épaules d'Hermione. Celle-ci sentit le rouge lui monter aux joues, tandis que son corps s'accélérait subitement.

− Quelle audace... En auras-tu autant quand je retirerai tes sous-vêtements, Milady ?

Ses doigts se mirent à masser ses épaules avec application. Hermione sentit instantanément ses muscles se dénouer peu à peu sous l'assaut de ses mains agiles, et elle laissa aller sa tête contre le dossier du fauteuil pour s'en délecter plus encore. Les phrases que prononçaient Drago étaient de plus en plus indécentes, et de plus en plus excitantes. Elle aimait sa façon de dire tout haut ce qu'elle pensait tout bas, quand bien même il ne s'était jamais rien passé de physique ni de sexuel entre eux. Tous ces préliminaires étaient aussi pour elle une façon d'apprendre à le connaître, et elle aimait ce qu'elle découvrait chaque jour un peu plus. Déterminée à gagner ce petit jeu de celui qui sera le plus audacieux, elle répondit d'une voix calme et lente – aux antipodes de son sang qui bouillonnait dans ses veines :

− Ne te donne pas cette peine… Je n'en porte pas.

Elle entendit Drago étouffer un juron et elle ne put s'empêcher de laisser échapper un rire cristallin. Elle tourna la tête en direction de Drago qui continuait de la masser tout en la regardant avec des yeux brillants de désir.

− Je crois que tu ne cesseras jamais de me surprendre, dit-il avec un sourire en coin.

− Vraiment ? répondit Hermione, faussement candide.

− On a voulu me faire croire que j'épousais une petite Lady Anglaise ingénue et naïve…

− Il semblerait que tu te sois fourvoyé. Déçu ?

− Séduit, rétorqua Drago.

Au grand regret d'Hermione, ses mains se retirèrent de ses épaules, et se posèrent à nouveau au sommet de son fauteuil. Les yeux de Drago s'arrachèrent aux siens pour se poser sur le feu crépitant. Le désir ne brûlait plus dans ses iris claires. A présent, il avait l'air songeur, comme perdu dans des souvenirs longtemps oubliés. Une barre d'inquiétude barrait son front, et Hermione se demanda ce qui avait bien pu se produire dans son esprit pour qu'il passe du séducteur à l'homme sérieux qui se tenait désormais devant elle. Elle était sur le point de lui demander ce qui n'allait pas quand il reprit la parole, toujours sans la regarder.

− J'aimerai te parler de quelque chose, Hermione, avant que Suffolk n'arrive.

Drago se déplaça lentement et s'approcha de la cheminée qu'il regarda crépiter de longues secondes. Le silence était devenu pesant, lourd, et Hermione se demanda s'il n'avait pas finalement changé d'avis. Elle était sur le point de l'encourager à se confier quand il reprit la parole d'une voix si basse et rauque qu'elle dut tendre l'oreille pour être sûre de bien tout entendre.

− Le Clan McLean n'est pas mon Clan de naissance, commença-t-il.

− Je l'avais deviné, répliqua Hermione. Tu ne t'appelles pas McLean.

− Autrefois, j'étais l'héritier d'un Clan mineur, celui des Malefoy. Nous n'avions pas pour ambition de coloniser toute l'Ecosse, ni de rayonner jusqu'au Pays de Galles, mais nous étions un clan prospère, ancien et fidèles aux traditions.

Hermione resta silencieuse, ne souhaitant pas le couper et mettre à mal la volonté qu'il semblait déployer pour enfin se confier. Il lui tournait le dos, ne la regardait pas, et donnait l'impression de s'adresser directement aux flammes qui dansaient dans l'âtre.

− Il y a de cela quelques années, tous les Lairds des Clans Ecossais avaient été conviés à la cour du Roi pour donner leurs doléances, s'entendre sur des accords commerciaux et économiques. Mon père y était, tout comme Cormag, et bien d'autres. J'étais resté sur nos terres pour gérer le clan, nos métayers, nos finances, tandis que ma mère s'occupait de l'intendance. Nous n'avons pas immédiatement compris…

Il avait prononcé cette dernière phrase les dents serrées. Sa voix n'était plus qu'un murmure et Hermione devina qu'il se plongeait dans des souvenirs douloureux.

− Une escouade militaire de la Couronne est arrivée chez nous un matin, et a exigé que nous prêtions serment et abandonnions nos terres à Sa Majesté.

− L'ont-ils demandé à tous les Clans ?

− Non, seulement ceux qui n'avaient jamais prêté allégeance et dont le peuple n'était pas composé de guerriers. Mon Clan était petit et principalement composé d'agriculteurs, mais nous avions l'avantage d'avoir des terres très étendues. Assez étendues pour attirer l'attention de la Couronne, cracha Drago avec amertume.

− Que s'est-il passé ?

− Le Commandant de l'escouade à exigé de je ploie le genou, et que je prête serment…

− Mais tu n'étais pas Laird, murmura Hermione. Ça n'aurait eu aucune légitimité…

− C'est ce que je leur ai dit. Et ils s'en sont allés. Je me souviens avoir pensé que c'était trop facile, mais j'étais débordés par les récoltes, et je n'y ai plus pensé pendant quelques semaines. Pourtant, ils sont revenus le mois suivant, avec la chevalière que portait mon père à son doigt depuis toujours, et une lettre officielle signée de la main de Sa Majesté elle-même : mon père, Lucius Malefoy, Laird de son Clan, était décédé à la suite d'une partie de chasse malheureuse.

Hermione plaqua une main devant sa bouche. Au ton employé par Drago, elle comprit sans mal qu'il ne croyait pas à cette version. Sans doute était-il convaincu que la partie de chasse en question n'était rien d'autre qu'une mise à mort camouflée.

− Le fait est que mon père était mort et que j'étais devenu Laird. C'était désormais à moi de faire allégeance.

− Tu as refusé… devina Hermione.

Drago se retourna et la darda de son regard gris. Une colère sourde habitait ses yeux, et il avait serré les poings sur le manteau de la cheminée. Sa mâchoire était crispée et Hermione pouvait voir une veine battre sur sa tempe.

− Bien sûr que j'ai refusé. Ils venaient de tuer mon père et voulaient récupérer nos terres ? Ils n'ont rien voulu entendre, et quand ils ont vu que je ne flancherai pas, ils s'en sont pris à ma mère. Ma veuve de mère. Ils l'ont torturée, sous mes yeux…

La voix de Drago sembla mourir dans sa gorge tandis que les souvenirs remontaient à surface. Hermione se leva brusquement, et en deux enjambées se retrouva près de lui. Silencieuse, elle posa une main douce sur la sienne et la pressa doucement.

− Je ne pouvais rien faire, murmura-t-il, ils m'empêchaient de l'atteindre… Elle était si fragile, si délicate…

Hermione sentit sa gorge se nouer quand elle comprit qu'il parlait d'elle au passé parce qu'elle n'avait pas survécu à la violence qu'on lui avait infligée.

− Quand elle est morte, je n'ai pas su me contrôler. Je n'ai pas su endiguer cette colère, cette violence en moi… Une bagarre a éclaté entre mes plus fidèles métayers et la garde royale. J'ignore ce qu'il s'est passé, mais le Commandant de l'escouade est mort alors que j'étais en train de me battre avec. Il s'est pris une dague en plein cœur. Ce n'était pas moi, même si j'en crevais d'envie. Les gardes n'ont pas cherché plus loin que le bout de leur nez et ont établi que j'étais coupable.

L'injustice qui régnait dans toute cette histoire prenait Hermione aux tripes. Comment de telles choses pouvaient-elles arriver sans que les véritables coupables ne soient punis ?

− Pour sauver mon Clan, j'ai pris la fuite. La couronne pourra faire tout ce qu'elle voudra, tant que je n'aurai pas signé mon serment d'allégeance, elle ne pourra pas annexer mes terres à l'un de ses duchés. Depuis, je me terre ici comme un vulgaire lapin fuyant son prédateur.

La honte transparaissait derrière ses propos. Hermione se rapprocha davantage de lui, et vint doucement poser sa tête contre son épaule.

− Tu as fait ce qu'il y avait à faire pour sauver ton Clan, tu peux être fier.

− Fier ? répéta Drago. Il n'y a pas de quoi être fier. Je les ai abandonnés, Hermione.

− Tu les as sauvés.

− Et je suis désormais un fugitif. Je suis recherché pour meurtre. Voilà pourquoi je me cache et pourquoi j'ai changé d'identité. Voilà pourquoi je fais des combats clandestins. Pour me payer un procès équitable et récupérer mes terres. Rentrer chez moi…

Drago se détourna, mais ne lâcha pas la main d'Hermione pour autant.

− Ce n'est pas tout, lâcha-t-il.

Que pouvait-il arriver de pire ? se demanda Hermione.

− Quand Suffolk verra avec qui tu es mariée, il me reconnaîtra. Si j'avais accepté de ployer le genou, mes terres lui seraient revenues, à lui.

Hermione laissa échapper un hoquet de surprise.

− Que va-t-il se passer quand il va comprendre que c'est toi que j'ai épousé ?

− Je l'ignore, mais je doute franchement qu'il essaye de me faire arrêter chez les McLean. Ce ne serait pas dans son intérêt. Mon clan était aussi petit et peu armé que celui des McLean est puissant et bien équipé. Il y a des chances qu'il tente de récupérer mes terres d'une façon ou d'une autre, mais sûrement pas en déclarer la guerre à Cormag.

− Et que se passera-t-il quand la Couronne apprendra que tu es ici ? Suffolk ne tiendra sûrement pas sa langue…

− Nous n'en sommes pas encore là, mais c'est en effet quelque chose qui risque d'arriver. Nous en discuterons en temps voulu… En attendant, tu sais.

− Je sais, répéta Hermione.

Elle savait tout ce qu'il ne lui avait pas dit depuis qu'ils étaient mariés, elle savait qui était réellement Drago, d'où il venait, et quel était son but. Et ça ne le rendait que plus attrayant à ses yeux. Parce qu'il s'était enfin confié à elle, et qu'il n'y avait pour elle pas de preuve de confiance plus grande que celle-ci. Ils restèrent plantés devant la cheminée durant de longues minutes, perdus dans leurs réflexions respectives. Hermione avait posé à nouveau sa tête sur l'épaule de Drago, et celui-ci caressait la paume de sa main avec son pouce d'un air absent. Quand elle commença à se sentir somnoler, Hermione se redressa légèrement et quitta à contre cœur l'épaule accueillante de Drago.

− Je dors debout, dit-elle d'une voix endormie. Allons nous coucher.

− Nous coucher ? répéta Drago en la regardant d'un air surpris.

Hermione ne répondit pas. Elle se contenta de tirer légèrement sur la main de son époux et de l'entraîner jusque dans sa chambre. Cette nuit-là, ils ne partagèrent que de la tendresse et quelques paroles intimes, rien qui n'aurait fait rougir qui que ce fût cependant. Et c'était très bien ainsi. Après toutes ces révélations, Hermione était épuisée émotionnellement, et malgré toutes les caresses que Drago lui avait promulguées, elle ne se sentait pas capable de s'abandonner totalement à lui. Ils avaient cependant franchi une grande étape dans leur relation, celle de la confiance réciproque. Hermione savait désormais que plus rien ne l'empêcherait de tomber amoureuse de son mari. Elle n'avait pourtant pas le temps de se pencher sur ses sentiments, et sur les frissons qu'elle ressentait à chaque fois que Drago posait son regard brûlant sur elle. Elle devait restée concentrée sur l'arrivée imminente de Suffolk et de son fils.

Elle ne parvint pas à s'endormir, réfléchissant encore et toujours à ses retrouvailles avec Cepheus. Fenella avait raison, elle ne devrait rien laisser paraître, mais c'était plus difficile à dire qu'à faire. Malgré tout ce qu'elle avait enduré, tout ce à quoi elle avait survécu et sa force de caractère qui n'était plus à prouver, Hermione craignait cet homme. Parce qu'il avait du pouvoir, et qu'il pouvait se montrer dangereux et violent avec elle.

− N'y pense pas, murmura Drago à moitié endormi, à côté d'elle.

− Je n'y…

− Si, je t'entends réfléchir d'ici, grogna-t-il.

Hermione soupira, tandis que Drago roulait sur le côté pour l'observer à la lueur du clair de Lune qui passait par la fenêtre.

− Quoi qu'il arrive, nous ferons face, dit-il doucement.

Hermione admirait son calme. Comment parvenait-il à dormir en ces circonstances ? Peut-être parce qu'il risquait moins de choses qu'elle ? Non, se reprit Hermione, il avait beaucoup à perdre lui aussi.

− Je ne me fais pas confiance, soupira Hermione. Rien que l'idée d'être dans la même pièce que Cepheus me révulse…

− N'oublie pas, tu es une reine.

Les mots de Drago faisaient écho à ceux de Fenella.

− Je ne suis reine de rien du tout, répliqua Hermione, agacée.

− Tu es la reine de ta propre vie.

Hermione ne répondit pas un grognement peu convaincu. Drago se redressa et s'appuya sur un coude pour mieux l'observer, sa tête reposant contre son poing serré.

− Et n'oublie pas que tu es une sorcière. Je peux t'apprendre tout un tas de sortilèges très discrets pour faire extrêmement mal à la personne choisie.

Hermione pouffa.

− J'en connais quelques-uns aussi.

− Alors n'hésite surtout pas à t'en servir. Contre lui, trouva-t-il important de préciser.

Hermione éclata de rire quand elle le vit soudain bien moins à l'aise avec l'idée qu'il puisse être lui-même la victime de ses malédictions. En y réfléchissant bien, Drago avait raison. Avec la chasse aux sorcières sans merci qui faisait rage en Grande Bretagne, et le fait d'être elle-même issue d'une famille sans magie, Hermione avait tendance à oublier que parfois, la magie pouvait régler bien des soucis. Elle refusait de trop l'utiliser de peur d'être prise en flagrant délit, et de devoir prendre la fuite, encore une fois, mais Drago n'avait pas tort. Si Cepheus se montrait trop envahissant, elle n'hésiterait pas. Ce fut sur cette dernière pensée qu'Hermione parvint enfin à s'endormir.

Elle ne rêva pas de Cepheus, ni de l'Angleterre cette-nuit-là. Ses songes furent uniquement destinés à Drago, avec lequel elle partageait des moments intimes et délicieusement excitants. Les mains de son époux étaient partout sur elle, de la pointe de ses seins à sa vulve gonflée de plaisir, tandis que ses lèvres déposaient pléthores de baisers à la base de son cou. L'excitation était à son comble, et les gémissements qu'elle laissait échapper de sa bouche furent si forts qu'ils la tirèrent de son sommeil et lui firent réaliser qu'elle était en train de rêver. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, et sa peau était moite de sueur. Le sang battait dans son intimité, et ses tétons pointaient sous sa chemise de nuit. Bon sang, de tels rêves ne lui étaient pas arrivés depuis… Avait-elle déjà fait ce genre de rêve érotique, aussi vrai que nature ? Elle ne parvenait pas à s'en souvenir.

Quand elle ouvrit les yeux, elle découvrit que Drago la contemplait silencieusement, un petit sourire goguenard au coin des lèvres. Hermione se sentit rougir sous son regard, et se demanda s'il l'avait entendu gémir… Sans aucun doute, vue le regard qu'il lui lançait. Confuse, elle tira les couvertures sur sa tête et se cacha en grognant de honte, sous le rire discret mais amusé de Drago.

− Tes rêves étaient-ils plaisants ? demanda-t-il à travers les draps.

Hermione refusa de répondre.

− Je devine qu'un homme te faisait mille et unes petites choses indécentes, ajouta-t-il.

A présent il était hilare.

− J'espère pour toi que j'étais l'homme en question. Je ne tolère pas les infidélités. Pas même en rêve.

Son ton joyeux laissait entendre qu'il savait pertinemment qu'il était au cœur de son rêve – et de ses cuisses, pensa Hermione en rougissant plus encore. Comment pouvait-il le savoir ? Seigneur, est-ce qu'elle avait prononcé son nom pendant que le Drago onirique lui faisait voir le septième ciel ? Jamais Hermione ne s'était retrouvée dans une situation aussi gênante, ce qui ne sembla pas déranger Drago qui riait désormais aux éclats en la taquinant sur l'indécence de tels songes.