Bonjour à toutes !
Alors, tout d'abord, un grand grand grand merci à toutes celles qui ont pris le temps de me laisser une reviews sur le chapitre précédent. Ca me remonte vraiment le moral et me motive tellement. Une vingtaine de reviews, c'était inattendu, alors mille mercis ! Si seulement nous pouvions faire cela à chaque chapitre haha.
Ce vingt-sixième chapitre signe l'arrivée tant attendu de ce très cher Duc – il était temps, j'ai envie de dire. L'annonce de leur arrivée remonte à plusieurs chapitres déjà ! Vous avez su être patients jusque-là, alors j'espère que ce n'est pas pour rien et que ce chapitre vous plaira.
Vous allez donc découvrir Suffolk et sa délégation, même si quelques zones d'ombres risquent de persister encore un petit moment. Il est l'heure de la confrontation d'Hermione avec Cepheus, ce démon !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à mercredi pour la suite !
C'était le grand jour. Et cela se ressentait dans les moindres recoins du château. Les domestiques fourmillaient et s'affairaient pour que la demeure du Laird soit impeccable. Tout avait été briqué, lustré, nettoyé, lavé pour accueillir Suffolk et sa délégation. Il s'échappait des cuisines un fumet délicieux qui donnait l'eau à la bouche de quiconque s'en approchait d'un peu trop près, les jardins avaient été arrangés et taillés, les appartements des invités avaient été préparés avec un soin tout particulier. Quant aux habitants du château, ils n'étaient pas en reste. Portant leurs plus beaux atours, chacun laissait derrière lui un parfum qui lui était propre. De la lavande pour les dames de compagnie de Fenella, du musc pour les gardes de Cormag, de la menthe pour certains, de la violette pour d'autre. Jamais le château n'avait été si rutilant, si parfumé, si … étranger à Drago qui l'avait parcouru de bien nombreuses fois. Il n'aimait pas l'idée que chacun fasse autant d'effort pour accueillir cette enflure de Suffolk. Malgré tout, il comprenait la nécessité pour Cormag de présenter un lieu de vie soigné et accueillant, pour ne souffrir d'aucune réflexion déplacée de la part de ses invités.
Si ceux-ci n'avaient rien à redire sur les lieux, les conversations pourraient se diriger lentement mais sûrement sur des sujets plus intéressants, plus politiques peut-être, entre deux hommes qui devaient se considérer d'égal à égal. Ce qui n'était bien sûr pas le cas. Le Duc de Suffolk possédait le duché le plus étendu de la couronne, et sa fortune rivalisait avec celle de Sa Majesté, ce qui faisait de lui un puissant homme à qui il était difficile de s'opposer. Cormag, de son côté, était le Laird d'un très ancien et puissant Clan qui n'avait plus rien à prouver à qui que ce soit et qui ne dépendait pas du bon vouloir de qui que ce fût, contrairement à Suffolk qui était, comme Cormag aimait le rappeler, à la botte de Sa Majesté le Roi.
A l'arrivée de Suffolk s'ajoutaient les préparatifs de l'anniversaire de Blaise. Celui-ci ne se privait pas pour dire à qui voulait l'entendre qu'il n'avait pas vraiment invité Suffolk à son bal, et que, quiconque aurait quelque chose à redire, devrait s'adresser directement à Cormag, à l'origine de l'invitation des indésirables. Blaise avait malgré tout chaperonné toutes les opérations pour s'assurer que la fête se déroulerait correctement, aidé par Pansy pour qui l'organisation d'anniversaires n'avait plus de secret. Drago quant à lui… avait été sommé de rester dans ses appartements jusqu'au bal. Cormag était venu lui rendre lui-même visite dans ses appartements pour le lui ordonner.
− Tu dois te faire le plus discret possible. Plus tard ils découvriront qui est l'époux d'Hermione, mieux ce sera pour nos affaires.
Drago en doutait fortement. Il imaginait mal Suffolk réagir différemment à cette découverte, qu'elle se déroule avant ou après le bal. Ce n'était que reculer pour mieux sauter, mais il se garda de le faire savoir à son Laird qui était de toute façon inflexible.
− Garde ton masque pendant le bal, j'aimerai qu'ils aient bu assez d'alcool avait de découvrir ton identité. Peut-être que le whisky écossais les aidera à s'en accommoder davantage.
Là encore, Drago n'en était pas certain.
− Les Suffolk vont arriver d'une minute à l'autre, précisa Cormag. Alors tu restes sagement ici pendant que je les accueille. Lady Hermione m'accompagnera.
Drago ouvrit de grands yeux, incertain de ce qu'il venait d'entendre. Cormag ne pouvait pas envisager une seule seconde de jeter Hermione en pâture à ces monstres ? Sans lui, qui plus est !
− Tu as perdu la tête, gronda Drago qui sentait poindre la colère. Il est hors de question que ma femme se retrouve en la présence de Cepheus si je ne suis pas à ses côtés.
Cormag regarda Drago avec froideur avant de rétorquer :
− C'est toi qui as perdu la tête si tu penses pouvoir t'adresser ainsi à ton Laird.
Sa voix sèche et glaciale rappela à Drago qu'il ne parlait pas avec son oncle, à cet instant précis, mais avec le Laird du clan qui l'accueillait. Conscient qu'une dispute n'arrangerait pas les choses, Drago respira plusieurs fois pour retrouver son sang-froid avant de reprendre la parole d'une voix plus mesurée.
− Pourquoi ne pas attendre le bal pour nous introduire tous les deux, proposa-t-il.
− Non, Suffolk et son fils doivent comprendre que Lady Hermione fait désormais partie de notre famille au même titre que les autres. Elle sera à mes côtés pour les accueillir.
− Tu ne comprends pas… siffla Drago qui peinait à se contrôler.
− Si, je comprends, répondit Cormag d'une voix plus douce. Je comprends que tu as envie de la protéger quoi qu'il t'en coûte, et que tu veux faire barrage pour qu'ils ne lui fassent pas de mal. Mais tu te trompes sur le compte de ton épouse, Drago. Elle est forte, et l'introduire de la sorte ne la rendra que plus forte encore aux yeux de nos… adversaires.
Le choix des mots de Cormag était très intéressant. Car malgré les apparences, il n'oubliait pas que ses invités n'étaient rien d'autre que ses adversaires. Ces paroles apaisèrent quelque peu Drago, qui sentait bien qu'il n'aurait pas le dernier mot avec Cormag à ce sujet. Respirant plusieurs fois pour retrouver son calme, il demanda :
− Ne le laisse pas la toucher, je te le demande, mon oncle.
Il s'adressait à son oncle, plus à son Laird. Et l'intéressé le comprit, car il posa une main noueuse sur l'épaule de Drago et lui adressa un sourire rassurant.
− Je veillerai sur elle, comme si elle était ma propre fille, promit-il.
Drago se contenta d'acquiescer d'un signe de tête, avant de regarder Cormag quitter le petit salon. Quand il ouvrit la porte des appartements du couple, le Laird tomba nez à nez avec Pansy et deux domestiques qui arrivaient les mains pleines.
− Lady Pansy, salua Cormag en s'effaçant pour la laisser passer.
− Mon Laird, répondit Pansy en faisant une révérence.
Quand Cormag eut quitté les appartements de Drago et d'Hermione, Pansy s'approcha de lui et demanda aux domestiques de déposer tous ce qu'ils portaient sur le lit de Drago avant de les congédier.
− Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il, méfiant.
− Ton costume, bien sûr.
Drago avait confié à Pansy le soin de choisir ses vêtements pour assister à l'anniversaire de Blaise qui avait pour thème le Carnaval de Venise. Il se demanda s'il avait bien fait, car des nombreuses tenues gisaient désormais sur son lit.
− Une seule aurait suffi, fit-il remarquer.
− Deux ne seront pas de trop.
− J'en compte huit, répliqua Drago.
− Je voulais te laisser le choix, mais si tu continues à être désagréable, je m'arrangerai pour te faire porter un costume taillé dans un drapeau de l'Angleterre.
Cette seule idée fit frémir Drago qui, en bon écossais, détestait purement et simplement le drapeau anglais. Il le trouvait laid, fade et terriblement banal. Comme tous les Highlanders, porter un tel drapeau était une aberration. Porter son tartan, voilà ce qui avait de l'allure. Afficher fièrement ses couleurs, porter sa devise… Tant de choses que Drago ne pouvait plus faire. Il soupira à cette idée. Heureusement, il avait pu porter son vrai tartan pour la cérémonie de son mariage.
x.X.x.X.x
Dès son réveil, Fenella avait demandé à Hermione de la rejoindre dans ses appartements. Elle avait quitté son lit en laissant Drago encore endormi derrière elle, espérant le revoir avant le bal d'anniversaire de Blaise, mais ne se faisant pas trop d'espoir. Hermione se doutant que la journée serait longue et éprouvante, mais elle n'imaginait pas encore à quel point. Elle fut accueillie par Fenella, déjà habillée d'une tenue sobre mais parfaitement taillée qui lui allait à merveille.
− Bonjour Lady Hermione, avez-vous bien dormi ?
Hermione dut admettre que c'était le cas. Depuis que Drago dormait avec elle, dans son lit, les nuits étaient plus paisibles, plus calmes. Les cauchemars semblaient s'en être allés, et ce n'était pas pour lui déplaire.
− Une longue journée nous attend, déclara Fenella après qu'Hermione eut acquiescé. Les Suffolk arriveront dans la matinée, et Cormag et moi pensons qu'il serait judicieux que vous fassiez partie du comité d'accueil.
− Le comité d'accueil ? répéta Hermione sans comprendre.
− Oui, lorsque nous recevons la visite d'invités particulièrement important, il est du devoir du Laird et de sa famille de les accueillir à la porte du château. Vous faites désormais partie de notre famille, et nous voulons être sûrs que Suffolk le comprenne bien.
− Et Drago, est-ce qu'il…
− Non, Drago doit rester éloigné du Duc, pour le moment. Mais il sera là pour le bal en l'honneur de Blaise.
Hermione n'aimait pas beaucoup l'idée de se retrouver face au Duc et à son fils sans la présence de Drago. Non pas qu'elle eut besoin de lui pour la protéger ou la défendre – elle pouvait très bien le faire toute seule – mais son soutient indéfectible semblait lui être désormais nécessaire. Elle soupira à l'idée de devoir attendre le soir pour le retrouver …
− Comme nous en parlions l'autre soir, vous devez vous présenter sous votre meilleur jour, continua Fenella. Nous nous sommes entendues sur la tenue de ce soir, mais en voici une que vous pourriez porter ce matin.
Hermione appréciait que Fenella ne lui impose rien et ne fasse que des suggestions. Elle ne se sentait pas obligée de quoi que ce soit, mais c'était peut-être tout l'art d'une femme de Laird : savoir manipuler les gens pour obtenir ce que l'on souhaitait. Le fait été que la tenue qu'elle proposait à Hermione était somptueuse et sobre à la fois, ce qui acheva de convaincre Hermione de la porte.
Fenella demanda à deux de ses domestiques de l'aider à s'habiller, ce qui ne fut pas une mince affaire tant il y avait de détails à perfectionner. La robe n'avait pas été crée sur les mesures d'Hermione, aussi nécessita-t-elle de nombreux ajustements qui demandèrent deux heures de concentrations aux couturières. Quand elles eurent terminé, Hermione put enfin se regarder dans le miroir.
La robe était d'une couleur lie de vin qui allait parfaitement à son teint de pêche et à ses boucles brunes. Elle était sobre mais parfaitement taillée, cintrée à la taille, laissant entrevoir un décolleté carré et un poil plus osé que la décence ne l'exigeait. Il émanait de cette tenue un certain pouvoir d'attraction. Hermione était certaine d'attirer tous les regards sur son passage, et elle ne sut qu'en penser. Comme si Fenella avait lu en elle, elle déclara :
− Ils doivent vous voir. Vous ne devez pas être discrète, ou timide. Vous êtes à votre juste place, et ils doivent le comprendre.
Hermione hocha la tête. Il était plus facile pour une femme de Laird de trouver sa place et de tenir tête à un Duc, songea Hermione qui admirait Fenella pour cela. Une petite voix dans sa tête lui rappela cependant qu'elle était, elle aussi, femme de Laird. Cette idée lui donna du courage.
Les deux femmes furent interrompues par deux coups donnés à la porte, et l'arrivée d'une domestique qui déclara :
− Lady Fenella, vos invités arrivent.
Fenella et Hermione furent les dernières à rejoindre le Grand Hall dans lequel attendaient déjà Cormag, Hadrian, Hydra et Bonnie, Isaure et Jeremiah en première ligne. Derrière eux, quelques figures importantes de la politique de Cormag qu'Hermione avait croisé quelques fois dans le château. Son maître d'arme, son intendant, son conseiller le plus fidèle. Le comité d'accueil était pour ainsi dire bien garni. Cormag ordonna qu'on ouvre les grandes portes, et commença alors l'attente la plus longue qu'il eut été donné de vivre à Hermione.
Son cœur tambourinait dans sa poitrine, à mesure que les minutes défilaient. Elle avait l'impression qu'il allait exploser quand soudain, elle vit apparaître sur la ligne d'horizon la silhouette d'un carrosse particulièrement grand avançant dans leur direction.
− Ils arrivent, souffla Isaure en ajustant ta robe.
Il fallut de nombreuses minutes au carrosse pour atteindre l'allée qui menait devant le château. Quand il arriva enfin au bout du chemin, Hermione pour observer plus attentivement la délégation. Le carrosse était dirigé par deux valets, et quatre domestiques marchaient à ses côtés. Quand le véhicule s'arrêta enfin devant les portes, le valet descendit de son perchoir pour aller ouvrir à ses maîtres. Ce fut l'occasion pour Hermione de repérer qui seraient ses ennemis durant les jours à venir.
Le Duc de Suffolk fut le premier à descendre. Egal à lui-même, c'était un homme d'un certain âge, à peine plus jeune que Cormag. Son épouse, Lady Margareth, bien plus jeune, suivit rapidement. Elle devait avoir vingt-ans de moins que lui, elle était encore belle pour son âge, si l'on faisait fi de son regard aux aguets et son air craintif. C'était la seconde épouse du Duc, la mère de Cepheus. La première était porte en couche en même temps que son nourrisson, il y avait de cela des années. Après Lady Margareth, ce fut au tour de la jeune Lady Victoria de faire son apparition. La petite sœur de Cepheus avait environs quinze ans, et semblait tout aussi inquiète que sa mère. Enfin, derrière elle, Cepheus descendit du carrosse avant souplesse avant d'embrasser son environnement du regard.
Hermione sentit un nœud se former dans sa gorge, tandis qu'elle redécouvrait les boucles brunes de celui qui fut un jour son promis, son regard bleu électrique et calculateur, et son sourire suffisant. Il était comme dans ses souvenirs, mais avec un air plus cruel encore. Cette pensée la fit frissonner. Elle crut qu'il serait le dernier à se montrer, mais il n'en fut rien car à sa suite, une jeune femme apparut. Elle semblait plus jeune qu'Hermione, et était ravissante. Elle portait une tenue très austère qui remontait en col roulé sur sa gorge, ainsi que des gants qui cachaient des mains graciles. Hermione ne l'avait jamais vue, pourtant, elle s'était rendue plus d'une fois chez les Suffolk avec son père. Elle se demanda s'il s'agissait de la nouvelle fiancée de Cepheus, mais celui-ci ne la regardait pas. En réalité, il n'avait d'yeux que pour Hermione.
Cormag fut le premier à s'approcher, mais resta en haut des marches d'escalier pour les saluer, soulignant ainsi sa position de force face au Duc de manière dès physique.
− Soyez les bienvenus sur les terres du Clan McLean, déclara-t-il d'une voix forte et neutre.
Le Duc de Suffolk s'avança et monta les quelques marches qui le séparaient de son hôte pour venir le saluer en retour.
− J'espère que votre voyage a été plaisant, ajouta Cormag avec un sourire qui n'atteignait cependant pas ses yeux.
− Fort peu, en réalité, répondit Suffolk avec le même sourire. Il a plu une bonne partie du voyage, et l'un de nos chevaux s'est blessé, ce qui nous a retardé.
− J'en suis navré.
Cormag attendit que tous ses invités aient monté les marches pour les rejoindre pour s'écarter légèrement et leur présenter sa famille.
− Voici mon épouse, Fenella et nos trois enfants. Hadrian et son épouse Hydra, leur fille Bonnie, mon second fils Jeremiah et ma fille Isaure, ainsi que ma nièce, Hermione.
Tous les regards se tournèrent vers Hermione. A la mine surprise de certains, elle devina qu'ils ne s'étaient pas attendus une seule seconde à ce qu'elle soit présentée comme la nièce du Laird. C'était pourtant ce qu'elle était, par alliance. Le Duc ne se laissa pas surprendre très longtemps, et il se contenta d'hocher la tête en direction de ceux que Cormag venait de présenter avant d'en faire lui-même.
− Mon épouse, Margareth, mon fils, Cepheus et ma fille, Victoria, énonça-t-il sans même un regard vers sa famille.
Hermione nota qu'il ne présentait pas la jeune femme habillée de noire et qui se tenait légèrement en retrait derrière Cepheus. Personne ne sembla le voir cependant, aussi ne le fit-elle pas remarquer. Elle apprendrait tôt ou tard qui était cette personne, elle en était certaine. Un silence s'abattit sur le petit groupe, tandis que les yeux de Cepheus et son père étaient rivés sur elle. Consciente que sa façon de se comporter aurait un impact important sur la suite des évènements, elle darda son regard dans celui du Duc, ignorant délibérément Cepheus. Après tout, il n'était pas Duc, ce n'était donc pas avec lui qu'elle aurait à faire.
− Puis-je vous proposer de gagner vos appartements pour vous reposer un peu avant le déjeuner ? proposa Fenella d'une voix douce, en parfaite hôtesse.
− Volontiers, répondit le Duc en s'arrachant difficilement à sa contemplation.
Il détourna les yeux d'Hermione, et emboita le pas à Fenella qui se dirigeait déjà vers l'aile des invités. Les deux familles suivirent, se mélangeant légèrement. Isaure se rapprocha de Margareth pour lui faire la conversation, à l'instar de Bonnie avec Victoria. Comme si cela avait été parfaitement rôdé pour s'assurer de la sympathie de chaque membre du Duché de Suffolk ici présent.
Hermione se retrouva en fin de cortège, en très mauvaise compagnie. Cepheus marchait d'un pas calqué sur celui d'Hermione, les mains derrière le dos. Il souriait aimablement pour que quiconque les regarde ne puisse imaginer une seule seconde les mots qui allaient jaillir de sa bouche de serpent.
− Ton cher époux n'est pas là ? demanda-t-il d'une voix basse et menaçante.
− Hélas non, il a été appelé ailleurs aujourd'hui, répondit Hermione d'une voix calme et posée, sur le ton de la conversation.
− J'ai grande hâte de découvrir celui qui t'a ravi à moi.
Hermione ne répondit pas, continuant d'avancer, la tête droite. Elle ne devait pas entrer dans son jeu, et rien de mieux que l'ignorance pour le mépriser de tout son être. Cepheus ne l'entendait pas de cette oreille cependant, car il continua :
− Je déteste qu'on touche à ce qui m'appartient.
− Une chance que je ne t'ai jamais appartenu, répliqua Hermione toujours aussi calme.
− Toi et moi savons pertinemment que tu es et seras toujours à moi.
Le petit groupe continuait d'avancer, et Hermione pressa un peu le pas, tout comme Cepheus. Elle était impatiente d'arriver devant les appartements de leurs invités pour pouvoir quitter Cepheus et retrouver Drago.
− Et je sais que toi aussi, tu as hâte que je te possède, ma petite souris.
Hermione tourna vivement la tête dans sa direction, et remarqua immédiatement le sourire triomphant qui naissait déjà sur le visage de son ancien fiancé. Il était parvenu à ses fins, il l'avait faite réagir, contre son gré. Elle n'avait pu s'en empêcher. Respirant plusieurs fois pour retrouver son calme, Hermione détourna le regard et fixa ses yeux sur un point invisible droit devant elle avant de répondre :
− Veux-tu m'excuser, Cepheus, je dois rejoindre mon époux.
− Reste ici, lui intima-t-il, vexé qu'elle veuille couper court à leur conversation. Nous n'avons pas terminé.
L'ordre paralysa Hermione une seconde avant qu'elle ne se tourne vers lui et lui adressa son sourire le plus charmant.
− Nous en avons terminé, répondit-elle. Bonne installation.
Et Hermione de tourner les talons sans attendre que Cepheus ne lui répondre. L'adrénaline courait désormais dans ses veines, ainsi que la fierté d'avoir sur tenir tête à Cepheus tout en gardant son calme. Elle avait hâte de raconter cela à Drago, car c'était pour elle une belle bataille de gagner. Bien sûr, le chemin serait long jusqu'à atteindre une totale indifférence en présence de l'héritier du Duc, mais c'était un premier pas pour elle.
