Bonjour à toutes !
Nous sommes mercredi, ce qui signifie qu'il est l'heure d'un nouveau chapitre ! C'était (déjà) le vingt-septième chapitre. Je n'en reviens pas comme le temps passe vite. Presqu'une trentaine de chapitres, et cette histoire n'est pas encore terminée… Dire qu'au début j'envisageais d'en faire 25 ou 30 … Encore une fois, je réalise que les personnages n'en font qu'à leur tête sous mes doigts et que je ne contrôle que très peu mon histoire ! C'est une sensation très étrange, mais aussi grisante.
Je remercie encore et toujours les personnes qui m'ont laissé plus d'une dizaine de reviews, c'est adorable et j'adore vous lire. J'aime lire vos suppositions, vos idées, vos envies pour la suite et parfois je m'en inspire, c'est ce que j'aime avec le fait de poster sur internet ! Alors continuez ainsi, je vous en supplie !
Je vous laisse avec ce chapitre qui marque le début de l'anniversaire de Blaise. Un petit clin d'œil en l'honneur des maisons de Poudlard s'est glissé dedans, je suis sûre que vous ne manquerez pas de le repérer. En attendant je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à dimanche pour la suite de cette histoire !
Drago n'était pas parvenu à écouter les ordres de son oncle. Il n'avait pas réussi à rester sagement dans ses appartements, à faire les cents pas comme un foutu lion en cage. Il y était resté une heure, et de sombres pensées l'avaient submergé, sans qu'il ne soit capable de se contrôler. Mille et unes questions s'étaient alors bousculées dans sa tête. Et si Cepheus faisait du mal à Hermione ? Et si Suffolk venait avec ses troupes et marchait sur le Château de Duart ? Et s'ils étaient parvenus à rendre le mariage caduc d'une manière ou d'une autre ? Et si Hermione réalisait que les Suffolk avaient mieux à lui offrir que lui ? Et d'ailleurs… Qu'avait-il à lui offrir lui ? Ni famille, ni métayers, ni terres… Hermione était une Lady. Une Lady bien singulière, certes, mais une jeune femme issue de la noblesse quand même qui n'avait sans doute jamais manqué de rien.
Se pouvait-il qu'elle change d'avis ? Qu'elle lui préfère Cepheus ? Même si la voix de la raison de Drago affirmait que ça n'arriverait jamais, qu'Hermione savait ce qu'elle voulait et que Cepheus n'en faisait pas partie, la voix de la perfidie, de la jalousie et peut-être même celle de l'amour, lui susurrait que rien n'était jamais acquis, et qu'il n'avait pour l'instant donné aucune raison à Hermione pour rester auprès de lui. Ce fut cette idée qui lui noua l'estomac et le convainquit de quitter ses appartements pour aller respirer une bouffée d'oxygène. Il se jura d'être discret, personne, pas même un domestique ne le verrait.
Décidant qu'il s'agissait d'un cas de force majeur, Drago utilisa un sortilège de désillusion pour se faufiler jusqu'aux écuries sans être aperçu. Il ne croisa que très peu de monde sur son chemin, ce qui provoquant une étrange ambivalence dans ses émotions. D'un côté, il espérait réellement ne voir personne afin que Cormag ne sache jamais qu'il lui avait désobéi, d'un autre… il aurait aimé voir Suffolk et sa délégation, même de loin, pour jauger l'ennemi. Quand il arriva aux écuries, il fut soulagé de les trouver vides – d'humains, seulement, car les chevaux, eux, remplissaient les boxes. S'approchant de l'un d'entre eux, Drago vint lui flatter l'encolure, et sentit au même instant une vague de sérénité l'envahir. C'était tout ce qu'il lui fallait. Se retrouver parmi les chevaux, leur chaleur délicieuse, leur odeur familière, leur souffle paisible.
Il resta là un long moment. Si long qu'il perdît toute notion du temps. Le soleil commençait à décliner dans le ciel mais il n'y prêtait pas vraiment attention. Allongé dans de la paille, il s'était assoupi et n'avait pas réalisé qu'il était tard et peut-être temps de se préparer pour le bal d'anniversaire de Blaise – finalement donné en l'honneur de Suffolk. Et peut-être aurait il raté l'évènement s'il n'avait pas entendu des voix s'élever à quelques pas de lui, de l'autre côté d'une palissade de bois assez fine pour qu'il puisse entendre ce qu'elles se disaient.
− Cepheus est vraiment charmant, chantonnait la voix familière de Bonnie. Nous sommes allés nous promener dans le bois cet après-midi.
− Vraiment ? répondit la voix surexcitée de Merry, l'une de ses dames de compagnie. Sans chaperon ?
− Oui, gloussa Bonnie, j'ai profité du fait que ma mère était trop occupée avec les préparatifs de ce soir pour lui fausser compagnie.
− Vous avait-il donné rendez-vous ?
− Non, c'est là tout le romantisme de cette histoire, soupira Bonnie d'un air rêveur. Il prenait l'air dans la cour du château, et il m'a proposé de lui tenir compagnie.
− Comme c'est aimable de sa part.
− N'est-ce pas ?
Drago n'était pas homme à écouter aux portes, mais ce qu'il venait d'entendre lui avait glacé le sang. Que la jeune Bonnie se promène avec un garçon sans chaperon ne l'enchantait guère, mais il n'était personne pour juger, en revanche que l'homme en question ait dix ans de plus qu'elle, des principes plus que douteux et s'appelle Cepheus de Suffolk, c'était bien trop inquiétant.
− Sera-t-il votre cavalier, ce soir ? demanda Merry dans la voix de laquelle on sentait poindre l'admiration.
− Hélas non, soupira Bonnie, ma mère persiste à croire que je suis trop jeune pour me rendre dans ce genre de fête accompagnée d'un homme. Mais cela ne m'a pas empêché de réserver sa première danse à l'héritier du duc.
− Seulement la première ?
Les deux jeunes femmes gloussèrent de concert d'un air entendu.
− S'il désire la dernière, il lui faudra me passer la bague au doigt.
L'idée même que Bonnie puisse épouser Cepheus donna un haut le cœur à Drago. Non pas qu'il fut jaloux ou envieux d'une telle relation, mais il savait quel genre d'homme Cepheus était, il connaissait son goût pour la violence, sa créativité en matière de torture… Jamais il ne pourrait envisager que la jeune Bonnie puisse tomber dans les griffes acérées d'un tel prédateur. Drago n'eut cependant pas le temps de sortir de sa cachette pour aller dire à Bonnie le fond de sa pensée, car déjà, les voix des deux jeunes femmes semblaient s'éloigner, jusqu'à se tarir complètement. Conscient d'être passé à côté de sa chance, Drago se jura d'en reparler à tête reposer avec elle pour lui expliquer qui était réellement Cepheus de Suffolk.
Avisant le ciel qui s'assombrissait à vue d'œil et annonçait la venue de la nuit, Drago se hâta de retourner vers le château – toujours camouflé par un sort – et rejoignit ses appartements, dans lesquels il espérait retrouver Hermione. Ce ne fut pas le cas. En revanche, Pansy était là, et elle ne semblait que très peu disposée à l'écouter parler, car dès lors qu'il eut passé le pas de la porte, elle se précipita sur lui en s'exclamant d'une voix sèche :
− Te voilà ! Cela fait des heures que nous te cherchons, où étais-tu nom d'une gargouille ?
Il était très rare d'entendre Pansy jurer, plus rare encore de l'entendre prononcer des jurons sorciers, ce qui témoignait d'une colère bien ancrée. Drago n'eut même pas le temps de répondre qu'elle enchaîna :
− Tu as vu l'heure ? Le bal commence dans trente minutes, et tu n'es pas près… Je me suis faite un sang d'encre, ajouta-t-elle. Avec Suffolk dans les parages, j'ai bien cru que…
Sa voix se perdit dans une respiration lente et mesurée qu'elle sembla s'imposer. Drago la regarda longuement, s'assurant qu'elle eut terminé sa tirade pour enfin pouvoir lui répondre :
− Je suis désolé, Pansy, murmura-t-il sur le ton apaisant qu'il utilisait pour les chevaux agités. Je suis sorti prendre l'air, et je me suis endormi. Je n'ai pas vu le temps passer.
− Tu as bien de la chance, rétorqua Pansy dont la colère ne semblait pas s'apaiser. Parce que moi, je les ai vues défiler les heures. Et Hermione aussi. Quand elle va apprendre que tu faisais une sieste pendant que nous te cherchions dans tous les recoins de château !
Drago songea qu'elles n'avaient vraiment pas cherché au bon endroit, et qu'il leur aurait suffi d'aller dans les écuries pour l'y trouver, mais il se garda bien de lui dire, craignant de s'attirer davantage encore ses foudres – si c'était possible.
− Où est Hermione ? demanda finalement Drago pour changer de sujet.
− Elle s'envoie en l'air avec Cepheus, grogna Pansy avec humeur.
Sa réplique ne manqua pas de renfrogner Drago qui ne gouta pas à la plaisanterie – si c'en était une. Satisfaite de son petit effet, Pansy plaqua ses deux petits poings sur ses hanches et ajouta :
− Elle est dans les appartements de Fenella pour se préparer. Je lui ai dit que tu irais la chercher quand tu serais prêt. Enfin, si tu réapparaissais avant les festivités. Maintenant dépêche-toi de te laver et de retirer les brindilles que tu as dans les cheveux.
Drago s'exécuta sans un mot, et entreprit de se laver minutieusement chaque partie du corps. Il devait être parfait pour s'afficher au bras d'Hermione. Il se promit d'être à la hauteur de ce qu'Hermione méritait et de ne jamais laisser à Cepheus l'occasion de lui reprocher quoi que ce soit. Quand il eut terminé, Pansy ne fit pas dans la dentelle et lui ordonna de rester nu pendant qu'elle l'habillait. La pudeur n'avait jamais été de mise pour Drago, et Pansy ne semblait pas s'en offusquer. A l'aide de sa baguette, elle habilla Drago en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Celui-ci se retrouva bientôt habillé comme un véritable original.
Une longue cape vert émeraude était retenue sur ses épaules par deux accroches d'argent et tombait jusqu'au sol. En dessous, il portait un costume trois pièces d'un vert presque noir légèrement scintillant, et un chapeau tricorne trônait sur sa tête. Enfin, Pansy lui avait posé sur le nez un masque qui ne couvrait que la partie supérieure de son visage et dont la texture étrange rappelait la peau écaillée d'un serpent.
− Parfait, dit Pansy en l'observant sous toutes les coutures. Maintenant va chercher ton épouse pendant que je m'habille à mon tour.
− Tu n'as pas besoin d'aide ? proposa galamment Drago.
− Non, si ce n'est celle de ma baguette.
Drago comprit qu'il était congédié de ses propres appartements, mais étant donné que la colère de Pansy venait tout juste de s'apaiser, il ne fit aucune remarque et quitta le petit salon pour regagner les couloirs tortueux du château des McLean.
Quand il arriva devant la porte des appartements de sa tante, Drago n'hésita un instant avant de frapper. Ce fut une domestique qui lui ouvrit, et ne le reconnut pas. Elle le regarda de haut en bas d'un œil intrigué, jusqu'à ce que Drago comprenne que le costume faisait parfaitement illusion.
− Je viens chercher mon épouse, Lady Hermione, dit-il simplement.
Sa voix suffit à révéler son identité à la domestique qui s'inclina prestement devant lui.
− Je suis désolée, je ne vous avais pas reconnu avec le costume et je…
− Ce n'est rien, la coupa un peu sèchement Drago. Est-ce que Lady Hermione est prête ?
Ce fut la voix de Fenella qui lui répondit de l'autre côté de la porte :
− Pas tout à fait, peux-tu patienter un peu dans le couloir ?
Ce n'était pas véritablement une question, et si Drago n'était pas enchanté de rester dans le couloir, il n'en montra rien. Les minutes s'étirèrent, et il était sur le point de forcer cette porte pour récupérer sa femme quand elle s'ouvrit enfin sur la méconnaissable Lady Hermione.
Celle-ci était vêtue d'une robe d'un rouge vif au tissu noble mais d'une simplicité étonnante. Volumineuse, en dessous de sa taille, elle semblait être tout ce qu'il y avait de plus décent si l'on exceptait le décolleté vertigineux qu'elle arborait. Jamais Drago n'avait vu de robe aussi délicieuse, appelant à la luxure quiconque la regardait plus de quelques secondes. La poitrine d'Hermione semblait être offerte en pâture à tous ceux qui voudraient bien la regarder et Drago, dont l'excitation n'avait pu être contenue, sentit également une pointe de colère dans son cœur palpitant. Hermione dut s'en apercevoir qu'elle s'avança vers lui d'un air inquiet.
− Tu trouves cela trop osé, toi aussi ? murmura-t-elle.
Son manque de confiance en elle détonnait avec le reste de sa tenue. Elle portait également une cape, rouge surpiquée d'or, et un loup doré taillé dans de la dentelle et du velours. Un collier ras-le-cou habillait sa gorge délicate et une paire de boucle d'oreille en forme de lune pendait à ses oreilles. Ses cheveux avaient été relevés en un savant chignon d'où s'échappaient quelques-unes de ses mèches rebelles tandis qu'un rouge carmin colorait ses lèvres. Tout dans ce costume révélait une reine, impériale, autoritaire, voluptueuse.
− Osé ? répondit Drago qui se tenait désormais tout près d'elle. Milady, je pourrais apercevoir ton nombril si j'osais un coup d'œil dans ton décolleté.
Hermione rougit de manière si jolie que Drago ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin.
− Je crois que je suis déjà jaloux de tous ceux qui oseront te regarder. Je vais devoir rester tout près de toi.
Il avait dit cela en posant une main aventureuse sur la taille gracile d'Hermione pour la coller davantage encore contre lui. Elle se laissa faire et posa une main sur son torse avant de lever les yeux pour le regarder. Drago baissa les yeux sur elle, et la trouva en cet instant si belle, qu'il ne put s'empêcher de venir déposer un baiser à la commissure de ses lèvres entrouvertes. Il s'attarda près de son oreille dans laquelle il susurra :
− Tu es belle à se damner.
− Je peux encore me changer, si tu… souffla-t-elle.
− Jamais, la coupa Drago. Aucun homme n'a le droit de te dire comme t'habiller. Quel époux je ferais si j'empêchais ma femme d'être la plus belle Dame de la soirée ?
Il déposa délicatement un baiser sur sa tempe.
− Allons-y avant que je ne change d'avis et ne t'emmène dans nos appartements pour te faire toutes les choses que cette robe me donne envie de te faire.
Hermione laissa échapper un petit rire.
− J'attends une liste exhaustive, répondit-elle sur un ton taquin.
− Crois-moi, nous risquerions d'y passer toute la nuit.
Sur ces mots, Drago recula et lâcha à contre cœur la taille d'Hermione, avant de s'emparer de sa main et de la porter à ses lèvres pour y déposer un baiser. Avant qu'ils ne se mettent en marche, Drago darda son regard dans celui de sa femme une dernière fois, profitant qu'ils soient seuls pour la dévorer littéralement des yeux.
− Qu'y-a-t-il ? demanda Hermione dont les joues rosies laissaient deviner qu'elle n'était pas insensible aux regards de Drago.
− Rien, dit-il avec un sourire goguenard. Rien que tu ne saches déjà.
Tous deux se mirent en route pour rejoindre le Grand Escalier par lequel les invités de marque descendraient se seraient annoncés pour présenter ses hommages à Blaise, dont on fêtait l'anniversaire, ainsi que Cormag et Fenella, leurs hôtes bienveillants. Quand ils arrivèrent en haut de l'escalier, Hermione passa son bras sous celui de Drago et s'y accrocha comme si sa vie en dépendait. Quelque part, plusieurs marches plus bas, un valet annonça :
− Le neveu du Laird, et son épouse.
Les présentations étaient succinctes et dépourvues de nom. Drago devina que c'était là un ordre de Cormag pour retarder le moment où Suffolk découvrirait l'identité du nouveau époux d'Hermione. Le couple descendit les marches d'un pas lent avant de rejoindre Blaise qui les attendait. Lui-même portait ses plus beaux atours, et était resplendissant. Hermione s'inclina devant lui, tandis que Blaise et Drago se serraient chaleureusement la main.
− Joyeux anniversaire, mon vieux, sourit Drago. Tu n'aurais pas pu rêver mieux.
− Tu parles, grogna Blaise. J'espérai qu'ils amèneraient quelques Lady à courtiser, en guide de cadeau, mais il parait qu'il est venu avec sa famille comme seuls accompagnants.
− Les femmes ne sont pas des cadeaux qu'on offre, répliqua Hermione, assassine.
Blaise lui adressa un sourire charmeur.
− Excuse-moi Hermione, ma tournure est très maladroite. C'est ton décolleté qui m'a déconcentré.
Drago donna un coup d'épaule bien senti à Blaise qui rit aux éclats, tandis qu'Hermione lui écrasait le pied de son talon aiguisé. Tous deux se détournèrent de leur ami pour rencontrer Cormag et Fenella, devant qui ils firent une révérence. Ce fut ce moment que le Laird choisit pour donner ses derniers ordres à Drago.
− Essaie de ne pas trop parler en compagnie de Suffolk, il pourrait reconnaître ta voix. Dansez, affichez votre bonheur et votre amour, c'est tout ce que nous vous demandons. Lady Hermione, si d'aventure Cepheus réclamait une danse, il sera très malvenu de la refuser. Deux suffiront à ne pas paraître impolie.
Hermione ne répondit rien, mais Drago la sentit se crisper à côté de lui. Cormag les congédia d'un repas, et tous deux se dirigèrent vers la grande Salle de réception magnifiquement décorée sur le thème du Carnaval de Venise. C'était magnifique, tous les détails avaient été pensés. Des centaines fleurs aux couleurs bigarrées recouvraient les murs, des fontaines italiennes avaient été disposées ci et là dans la salle, des tables rondes étaient éparpillées autour de la pièce pour laisser en son centre une piste de danse de belle taille. Un orchestre, que Drago entendit parler en italien, s'était posé dans un coin de la piste et jouait déjà quelques mélodies aux notes méditerranéennes. Balaise n'avait pas fait les choses à moitié.
− Comment s'est passé l'arrivée de Suffolk ? demanda finalement Drago non sans avoir servi à son épouse un verre de vin italien.
Hermione lui raconta l'arrivée assez sobre de leurs invités. En effet, ils ne s'étaient pas déplacés en très grand nombre, ce qui ne manqua pas de l'étonner. Peut-être Suffolk avait-il pour ambition de laisser le moins de témoins possibles apercevoir celle qui fut un temps la promise de Cepheus se pavaner au bras de quelqu'un d'autre ? L'idée lui vint que peut-être, personne n'était encore au courant de l'annulation de ces fiançailles ? Quand Hermione vint à lui parler de la jeune femme toute de noire vêtue qu'elle avait aperçue mais que Suffolk n'avait pas présenté, les suppositions allèrent bon train.
− Elle se tenait un peu en arrière de la famille, expliqua Hermione. Comme si elle n'en faisait pas réellement partie.
− Et tu es sûre que ce n'était pas une domestique ?
− Elle est sortie de leur carrosse. Je doute que Suffolk tolère la présence d'une bonne dans son véhicule.
Drago en doutait aussi, mais lui-même ne voyait pas qui pouvait être cette jeune femme. Si elle avait eu un rang spécial, Suffolk l'aurait présentée, ou au moins se serait-elle tenue à côté d'eux. Si ce ne pouvait être une épouse pour Cepheus… Peut-être une dame de compagnie de la Duchesse ou de leur fille ? L'air déterminé d'Hermione le convainquit que ce mystère ne tarderait pas à être éclairci.
La salle commença à se remplir d'invités, et bientôt, ils furent rejoints par Pansy dont la tenue extravagante attirait les regards – presqu'autant que le décolleté d'Hermione que la foule n'avait pas manqué de remarquer, au grand désespoir de Drago. Pansy n'arborait pas un décolleté intéressant, en revanche, ses jupons étaient bien plus courts que ne l'exigeaient la mode traditionnelle et la décence.
− Hermione, je suis jalouse de ta robe qui est divine, s'exclama Pansy en serrant les mains d'Hermione dans les siennes.
La chaleur et la sincérité qui émanaient des paroles de Pansy firent sourire Hermione qui ne manqua pas de la complimenter longuement sur son propre costume qui n'avait pour ainsi dire par grand-chose à envier au sien. Ils discutèrent encore quelques minutes, avant que la famille de Suffolk ne soit annoncée. Curieux, ils s'avancèrent vers les escaliers pour voir les quatre invités descendre à leur tour les marches d'honneur. Hermione jeta un coup d'œil à Drago avant de murmurer :
− Elle n'est pas là.
En effet, la jeune femme qu'elle lui avait décrite un peu plus tôt ne se trouvait pas sur les marches d'escaliers, ni nulle part ailleurs, songea Drago en parcourant l'assemblée du regard. Qui était donc cette mystérieuse jeune femme qui voyageait dans le carrosse de Suffolk mais n'était pas présentée à leur hôte et de descendaient pas les marches en leur compagnie ?
