Bonjour à toutes ! Chaud devant, voici le chapitre 28 que j'avais peur de ne pas pouvoir poster. Je suis actuellement en vacances avec toute ma famille, quelque part dans le Grand Est pour un évènement tout particulier, mais je ne voulais pas vous laisser dix jours sans chapitre ! Alors voilà, j'ai pris le temps de l'écrire en avance pour pouvoir le poster.

En revanche, vous vous en doutez, il n'y aura pas de chapitre ce mercredi, il faudra attendre dimanche prochain pour la suite des aventures de nos deux héros préférés. Une semaine, vous avez l'habitude, et puis c'est toujours mieux que dix jours, non ?

J'espère que ce chapitre vous plaira, on est désormais en plein dans le cœur de la fête de Blaise, et on découvre un peu les caractères de chacun et de chacune. Je vous laisse aller voir ça. En attendant je vous souhaite de bonnes vacances, une bonne lecture et vous dit à dimanche pour la suite !


Le Duc et la Duchesse de Suffolk furent les premiers à descendre les marches. Ceux-ci avaient misé sur des costumes plutôt traditionnels et sobres, mais taillés dans du tissu noble et très onéreux. Le Duc était en tout de blanc vêtu tandis que son épouse, à l'opposé, ne portait que du noir. Ils descendirent d'un pas lent et mesuré, sans doute pour s'assurer que tout un chacun les ait bien repérés. Derrière eux, leurs deux enfants portaient les mêmes couleurs que leurs parents. Cepheus descendait les marches d'un pas altier, la tête haute, un sourire arrogant dessiné sur les lèvres, tandis que sa jeune sœur, Victoria, avait la tête baissée sur ses mains gantées, et descendait avec grâce mais discrétion, comme si elle espérait ne jamais avoir à adresser la parole à qui que ce fut. Elle était aussi belle que l'était son frère, seulement sa beauté était éclipsée par l'impertinence de son frère devant lequel les jeunes femmes présentes se pâmaient déjà.

Quand ils arrivèrent en bas des marches, ils ne jetèrent pas un regard à Blaise et se dirigèrent immédiatement vers leurs hôtes qui les accueillirent un sourire aux lèvres. Drago n'entendit pas ce qu'ils se dirent mais l'échange ne dura pas longtemps et bientôt, tout le monde se dirigea vers la salle de réception pour y partager le vin de l'amitié. Drago, Hermione et Pansy rejoignirent Blaise qui discutait avec deux hommes et une femme.

− Ah, Drago ! Tu te souviens de ma très chère cousine Antonella, s'exclama Blaise en les voyant arriver.

En effet, Drago se souvenait d'elle… pour tout dire, tous deux avaient flirté le temps d'un été à l'aube de leurs vingt-ans.

− Bien sûr, sourit Drago en s'emparant de sa main pour y déposer un baise-main.

Ses lèvres ne touchèrent pas sa peau cependant, conscient du regard curieux qu'Hermione posait sur eux, n'aspirant pas à la mettre mal à l'aise.

− Et voici son époux, Gildo de Savoie, le fils du Duc de Savoie.

L'homme était grand et athlétique. Il affichait un sourire aimable et il émanait de lui une paix intérieure qui plut immédiatement à Drago. Les deux hommes se serrèrent la main.

− J'ignorai que Lady Antonella s'était mariée, toutes mes félicitations.

− Merci, j'ai cru comprendre que les félicitations étaient aussi de rigueur pour vous et votre femme.

L'accent italien de Gildo était tout ce qu'il y avait de plus exotique et se fondait parfaitement dans la décoration vénitienne ambiante. Il se tourna vers Hermione à qui il fit à son tour un baise-main avant de lui adresser un sourire charmant et un coup d'œil bref mais bien présent en direction de sa gorge offerte. A côté de Gildo, Drago reconnut Sergio, le cousin de Blaise que Drago n'avait jamais particulièrement apprécié – pas plus que Blaise d'ailleurs, mais il avait l'énorme qualité de connaître beaucoup de jeunes femmes prêtes à offrir leurs charmes. Drago songea qu'à l'époque, Blaise et lui étaient des adolescents aux hormones en ébullition, qui se contentaient de très peu. A présent qu'il pouvait se targuer d'avoir épouser Hermione, ses conquêtes d'un autre temps faisaient pâle figure.

− Sergio, salua tout de même Drago en lui serrant la main. Voilà des années que nous ne nous étions pas vus.

− En effet, j'étais retourné vivre en Italie, mais les affaires m'ont ramené en Ecosse. Tu ne me présentes pas ta charmante épouse ?

Drago serra la mâchoire avant de se retourner vers Hermione et lui saisir la main qui ne tenait pas de verre pour s'assurer que Sergio n'y déposerait pas un baiser. Ses yeux étaient déjà rivés dans le décolleté d'Hermione, mais celle-ci ne sembla pas s'en apercevoir. Elle lui adressa un sourire poli mais neutre, avant de se présenter par elle-même.

− Lady Hermione, enchantée, dit-elle simplement.

Sergio eut un petit rire avant de reposer ses yeux sur Drago.

− Une anglaise ! Je n'aurai pas parié là-dessus, ricana-t-il. Mais on dirait que tu as trouvé le véritable joyau de la couronne.

Drago et Hermione ne répondirent pas, car leurs yeux s'étaient posés en même temps que Cepheus de Suffolk qui se tenait à quelques pas, et était en grande conversation avec Bonnie. Drago ne l'avait pas encore vue de la soirée, mais à présent qu'il la voyait, il devinait qu'elle avait tenté de mettre toutes les chances de son côté pour attirer tous les regards – et peut-être plus particulièrement celui de son interlocuteur. Elle portait une robe bleu turquoise sur laquelle avaient été cousus des centaines de plumes de paon. Son masque en était également recouvert ainsi que sa chevelure. Drago n'y entendait rien en mode, mais s'il avait dû donner son avis, il aurait dit que c'était trop. Trop voyant, trop ridicule, trop marginal, trop étrange.

− Qu'est-ce que Bonnie fait avec Cepheus ? murmura Hermione, les dents serrées.

Drago devina que malgré ses querelles avec Bonnie, Hermione s'inquiétait de la voir parler avec un tel monstre. Après tout, Bonnie était jeune, insouciante, un peu peste aussi, mais bien loin de se douter de ce que Cepheus faisait de son temps libre. Drago réalisa qu'il ne lui avait pas raconté ce qu'il avait entendu dans les écuries, et lui fit un bref résumé de la conversation qu'il n'était pas censé connaître. A ces mots, Hermione pâlit à vue-d 'œil.

− Elle ne doit pas se laisser amadouer par ses grands discours et ses œillades séductrices, souffla-t-elle. C'est un prédateur, il ne fera qu'une seule bouchée de sa naïveté et de sa vertu.

− Nous ne pouvons rien y faire pour le moment, tempéra Drago. J'irai lui parler demain. En attendant, contentons-nous de l'avoir toujours à l'œil et de l'empêcher de se retrouver seule avec lui dans un coin un peu trop sombre…

Hermione acquiesça au moment où Cormag annonçait que le dîner allait être servi, et conviait les invités à se diriger vers les tables où chaque place avait été affublée d'une étiquette avec un nom écrit dessus. Le plan de table était l'œuvre de Blaise qui avait pour pêcher-mignon de voir les couples les plus improbables se former et se déformer au rythme de la soirée. Malheureusement pour Hermione et Drago, en qualité de neveu et nièce du Laird, ils furent conviés à la table d'honneur. Blaise avait fait en sorte de place Drago en bout de table, à l'opposé des Suffolk afin de s'assurer qu'ils n'entendent pas sa voix, camouflée par la musique de l'orchestre.

Chacun prit place, et Drago vit Bonnie s'asseoir à côté de Cepheus, qui lui tira la chaise afin de l'aider à s'installer. Leur petit manège ne sembla pas au goût de Cormag ni d'Hadrian qui jetèrent un regard noir en direction de la jeune fille. Quand tout le monde fut installé, des domestiques virent leur servir le vin et l'entrée. Les conversations reprirent peu à peu dans la salle qui devint plus vivante, plus bruyante aussi au fur et à mesure que le vin coulait à flot.

− Voilà longtemps que je n'avais pas goûté à du vin italien, déclara Suffolk en acheva ce qui devait être son quatrième verre.

De toute évidence, l'alcool n'avait aucun effet sur lui. Il semblait toujours aussi alerte, et ses yeux sombres balayaient la salle du regard d'un air calculateur.

− J'espère que le reste du repas vous plaira tout autant, répondit Fenella avec un sourire.

Elle se tourna vers la Duchesse et proposa :

− Un peu plus de vin, Lady Margareth ?

− Lady Margareth a assez bu pour aujourd'hui, répondit Suffolk à la place de son épouse. Je n'aime pas qu'elle soit dans un état second. Ce serait montrer une bien piètre image de mon Duché.

L'intéressée baissa les yeux sur son assiette sans un seul regard en direction de Fenella. Celle-ci reposa la bouteille de vin qu'elle tenait dans sa main avant de répondre :

− Bien, peut-être plus tard alors.

− Non, plus tard non plus.

Le ton de Suffolk ne souffrait aucune réplique. On voyait l'homme qui avait l'habitude d'être obéi au doigt et à l'œil par tout le monde, qu'il s'agisse de ses domestiques, de ses enfants ou de sa propre épouse. Cormag et Fenella avaient une vision très différente du couple, mais tout deux se gardèrent bien de faire des commentaires en public que la façon qu'avait Suffolk de traiter sa femme.

− Et comment trouvez-vous vos appartements ? demanda Isaure pour changer de sujet. Sont-ils à votre goût ?

Elle s'adressait principalement à Margareth qui jeta un coup d'œil à son époux, sans doute pour savoir si elle avait le droit de répondre. Son air soumis et craintif enserra le cœur de Drago qui ne connaissait pourtant pas cette femme. Quelle vie menait-elle pour se comporter ainsi ? Sans doute une vie dont personne ne voudrait…

− Ils sont confortables, quoi qu'un peu petit.

Au ton de sa voix, il ne fut pas difficile d'imaginer qu'elle répétait mots pour mots ce que son époux avait dû dire dans leur intimité. Celui-ci sembla satisfait de sa réponse car il détourna la tête pour se concentrer à nouveau sur Cormag. Tous deux se mirent à discuter, tandis que Fenella, Isaure et Margareth se mettaient à parler couture, décoration et tout autre sujet qui ne fâcherait pas leur invité. Entre l'entrée et le plat principal, Cormag annonça que la piste de danse était ouverte pour tous ceux qui souhaiteraient digérer un peu avant de continuer le repas. Des couples se formèrent presqu'immédiatement sur la piste.

Blaise y entraîna Pansy qui fit mine de résister quelques instants avant de se diriger souriante vers la piste, Drago put apercevoir également Gildo et Antonella se mettre à danser, ainsi qu'Hydra et Hadrian qui avaient quitté la table d'honneur. C'était bien l'une des rares fois où Drago voyait son cousin se comporter aussi bien avec son épouse, si bien que celle-ci semblait comblée.

− Puis-je vous inviter à danser, Lady Bonnie ? demanda Cepheus en se levant à son tour.

Il tendit une main en direction de son interlocutrice qui se hâta de la prendre dans la sienne sans attendre l'autorisation de qui que ce fut. Drago vit que Cormag n'était pas heureux de ce binôme, mais il prit le parti de ne rien dire et d'adresser un sourire crispé à sa petite fille.

− Votre petite fille est charmante, dit Suffolk en observant son fils et sa nouvelle cavalière évoluer sur la piste. Quel âge a-t-elle ?

− Dix-sept ans, répondit Cormag.

− N'est-elle toujours pas mariée, à son âge ? Ou au moins promise à quelqu'un ?

− Elle ne l'est pas, j'estime qu'elle a encore le temps.

− Vraiment ? Chez nous, les enfants sont fiancés avant leur cinq ans. Cela évite de devoir se hâter à trouver quelqu'un de convenable en dernière minute. Enfin, quand tout se passe bien …

Le regard du Duc s'arrêta un bref instant sur Hermione avant de se détourner.

− Dix-sept ans, c'est l'âge où elles sont encore novices, douces, et d'une candeur délicieuse.

Les paroles de Suffolk firent frissonner Drago. Quel âge avait Lady Margareth quand il l'avait épousée en secondes noces ? Guère plus que Bonnie, Drago en était sûr. Il imaginait sans mal l'homme de quarante ans épouser une jeune fille de dix-sept-ans et lui enseigner tout ce qu'il savait sur l'art de l'amour – ou de la dépravation. Drago se détourna de la conversation pour jeter un coup d'œil à Hermione qui avait elle aussi entendu ce que les deux hommes se disaient. Elle semblait au bord de l'apoplexie tant cette conversation semblait l'écœurer. Décidant qu'il était temps pour elle de ne plus écouter ces horreurs, Drago se leva, fit une révérence devant elle et s'empara de sa main.

− Puis-je avoir l'honneur de votre première danse, Milady ? lui souffla-t-il.

Elle accepta, avec moins d'entrain qu'il ne l'aurait espéré, et le laissa l'entraîner sur la poste de danse. Celle qui allait débuter était une danse de groupe, aussi se placèrent-ils le long de la piste comme le voulait la tradition. Au cours des minutes suivantes, Drago enchaîna les cavalières, et ne croisa Hermione que quelques fois, assez cependant pour voir qu'elle s'amusait bien. Quand l'orchestre repartit sur une mélodie plus douce, Drago s'approcha d'elle et s'empara de sa taille avant de la faire évoluer gracieusement au milieu de la piste.

− Je devrai pratiquer un peu plus souvent une activité physique, soupira-t-elle en laissant aller sa tête contre l'épaule de Drago. Quelques pas de danse et me voilà toute essoufflée.

− Peut-être que je pourrai t'aider, proposa-t-il d'une voix faussement galante. Je connais toute sorte d'activité physique.

Hermione gloussa contre son épaule.

− N'en as-tu pas marre ? le morigéna-t-elle.

− Quoi donc ?

− De me faire sans cesse des propositions indécentes.

− Elles ne sont pas indécentes quand il s'agit d'un homme et de sa femme, murmura Drago à son oreille.

Hermione se redressa pour regarder Drago droit dans les yeux. Il pouvait sentir leurs deux cœurs battre à l'unisson dans leur poitrine, et la chair de poule recouvrir les épaules d'Hermione quand le souffle de Drago venait la caresser doucement. Il repensa au baiser qu'il avait déposé à la commissure de ses lèvres, et à l'envie souveraine qu'il avait ressenti d'aller plus loin et de l'embrasser au plein cœur de ses lèvres pleines, peut-être même s'y glisser sa langue pour aller taquiner la sienne… Cette pensée provoqua en lui une réaction très masculine qu'il peina à camoufler. Pour se faire, il plaqua un peu plus Hermione contre lui dans l'espoir de se cacher derrière sa robe imposante. Quand il baissa les yeux vers elle cependant, il comprit qu'elle savait ce qu'il faisait, et ses yeux tombèrent directement dans l'échancrure de sa robe. Il put admirer tout à loisir la poitrine laiteuse et soyeuse d'Hermione qui semblait l'appeler.

− La vue te plait-elle ? demanda Hermione, amusée et légèrement provoquante.

Il brillait dans ses yeux une lueur que Drago n'avait encore jamais vue. C'était brûlant de désir, à l'instar du feu qui brûlait dans son propre poitrail.

− Je mentirai en disant que non, répliqua-t-il, joueur. Je me demandai si tu me laisserais te retirer cette robe ce soir ?

Une demande, une supplication même.

− Tout dépend de ce que tu es prêt à faire pour ça, répliqua la jeune femme.

Drago sentit un hoquet de surprise naître dans sa gorge, tant les paroles de son épouse le surprenaient un peu plus à chaque mot prononcé. Plus que jamais, il aimait ce jeu de séduction qui était né entre eux. Il le chérissait du fond du cœur, et il espérait que bientôt, les actes dépasseraient les paroles. En attendant, il se délectait de chacun de ses répliques, de chacun de ses regards, et de leurs joutes verbales qui l'amusaient et le faisaient vibrer au plus haut point.

− Je suis capable de te supplier à genoux, s'il le faut.

Hermione éclata d'un rire cristallin qui toucha Drago en plein cœur.

− Pour une robe ?

− Pas n'importe laquelle. Celle que tu portes.

− Fais-le, ordonna Hermione avec un petit sourire sarcastique.

De toute évidence, elle ne l'en croyait pas capable. Mais Drago était bon joueur, et surtout, il n'avait qu'une parole. S'il fallait qu'il se mette à genoux devant elle pour avoir l'honneur de lui retirer cette robe le soir même, il était prêt à le faire. En réalité, il était prêt à faire bien plus que cela, mais de toute évidence, cela suffisait à sa très chère Milady. S'arrêtant de danser, il n'hésite pas une seconde et commença à fléchir le genou pour le poser au sol, mais Hermione se précipita pour l'en empêcher.

− Je plaisantais, dit-elle précipitamment. Relève-toi, tout le monde nous regarde.

Drago éclata d'un grand rire avant de se redresser et d'encercler à nouveau la taille d'Hermione de ses bras pour la serrer contre lui.

− Je me mettrai à genou dans notre chambre, dans ce cas, murmura-t-il.

− Je suis sûre que nous mettrons cette position à profit.

− Milady, vous être outrageuse. Vous incarnez l'indécence et la concupiscence…

− Je suis d'accord avec vous, Monsieur, dit une voix derrière Drago.

Une voix qu'il connaissait pour l'avoir entendue des années auparavant, une voix qui réveillait en lui des instincts animaux. La voix de Cepheus de Suffolk, qui visiblement, avait écouté une conversation plus qu'intime et privée. Savoir qu'il avait entendu les mots qu'Hermione et lui avaient échangé firent entrer Drago dans une colère noire qu'il parvint difficilement à endiguer. Drago ne se retourna pas immédiatement, tentant de se composer un masque de neutralité.

− Votre épouse est tout ce qu'il y a de plus délicieux à regarder. J'ignorai qu'elle était capable de mettre ainsi ses atouts en valeur. Vous n'êtes pas le seul homme à être émoustillé.

− A la différence près que je suis son époux et bien le seul homme à en avoir le droit, répliqua Drago en se retournant.

Oubliées les consignes de Cormag, oubliés les ordres de se taire en présence des Suffolk, oubliés les règles de prudence qu'il s'était fixé jusqu'alors. Drago fixa froidement Cepheus de ses yeux clairs, espérant cacher derrière lui Hermione et son décolleté affriolant. Or de question que cette raclure ne s'en délecte, elle était trop bien pour lui.

− Ah, monsieur, soyez bon joueur et laissez aux autres hommes le loisir de regarder ce que vous êtes le seul à pouvoir goûter.

Drago ne répondit pas, se contentant de le regarder avec tout le mépris dont il était capable.

− Et puis, étant donné que vous me l'avez ravie, j'estime être dans mon bon droit en savourant ce que Lady Hermione veut bien se donner la peine de me montrer.

− Je ne vous montre rien de plus qu'aux autres, Milord, répliqua-t-elle. Ayez la décence de garder vos yeux à hauteur des miens, tel le gentleman que vous êtes.

La voix d'Hermione ne tremblait pas, elle était calme, posée, neutre, mais ses mots étaient tout ce qu'il y avait de plus tranchants. Cepheus sembla s'en amuser, mais ne prit pas la peine de lui répondre. Au lieu de cela, il se tourna vers Drago et lui adressa un sourire sournois.

− Si j'avais su que vous seriez celui qui me volerait ma femme, Malefoy, j'aurai fait en sorte de vous faire tuer voilà de cela des années.

Voilà une bonne chose de faite, songea Drago. Il n'avait désormais plus à cacher son identité, puisque Cepheus l'avait reconnu, son père ne tarderait pas à être mis au courant. Drago lui adressa un sourire mauvais avant de rétorquer :

− Si j'avais su qu'elle vous était promise, je l'aurai épousée encore plus tôt.

Cepheus lui lança un regard empli de haine. Il ne se départit cependant pas de son sourire. Il se détourna de Drago et se concentré sur Hermione à qui il tendit une main à la peau pâle :

− Me feriez-vous l'honneur de cette danse, Lady Hermione ?

Et le couple de repenser aux recommandations de Cormag. Deux danses devraient suffire avait-il dit. Deux danses, ce n'était pas grand-chose… pourtant, cela pouvait paraître très long quand on les partageait avec le Diable en personne. Ne souhaitait pas donner l'impression qu'Hermione dusse avoir son approbation pour accepter, Drago recula d'un pas pour laisser à sa femme tout le loisir d'accepter. Quand elle s'empara de la main de son bourreau cependant, elle se tourna vers Drago et déposa un baiser à la commissure de ses lèvres. Ce geste tendre arraché une moue blasée à Cepheus, et une vague de frissons à Drago qui se promit que ce ne serait pas le dernier baiser de la soirée…