Bonjour à toutes ! Me voici de retour avec le 29ème chapitre, après une petite semaine d'absence. Les vacances se sont super bien passées, même si malheureusement je ne suis pas rentrée seule, et un vilain virus s'est invité à la fête. Quoi qu'il en soit, rien ne m'empêcherait d'écrire, et j'ai pris grand plaisir à rédiger ce chapitre, je vous laisse deviner pourquoi.
C'est un chapitre assez intense puisqu'il comprend des discussions plus qu'intéressantes, mais aussi des actes … assez attendus, je vous l'accorde.
Je remarque que les vues sur les précédents chapitres sont légèrement en baisse, et j'imagine que les vacances sont à blâmer, mais si jamais vous êtes dans le coin et que le cœur vous en dit, n'hésitez pas à me laisser une petite review sur ce chapitre plutôt symbolique !
Je vous dis à mercredi pour la suite et en attendant, bonne lecture !
Hermione suivit Cepheus sur la piste de danse, son être en alerte face au danger qu'il représentait. Tout en elle semblait sur le qui-vive. De la pulpe de ses doigts solidement maintenue par ceux, larges et puissants de son cavalier, à la chute de ses reins sur lesquels elle sentait l'autre main de Cepheus l'effleurer à chaque fois qu'elle faisait un pas. Elle pouvait le sentir jubiler tant cette proximité lui plaisait, tandis qu'elle était envahie par une vague de dégout presqu'incorrigible. Quand ils arrivèrent au centre de la piste, Cepheus ne se fit pas attendre et vint poser sa large paume sur sa taille, tandis que la seconde maintenait fermement la main fine et gracieuse d'Hermione. La musique commença, tandis que le silence s'éternisait entre les deux danseurs.
Hermione n'avait pas pour ambition de débuter la conversation. Après tout, danser ne signifiait pas parler, et peut-être que Cepheus se contenterait de la danse et la laisserait tranquille… Elle ne put s'empêcher de sourire amèrement à cette pensée saugrenue. La laisser tranquille ? La probabilité pour cela arrive était au-delà du zéro… Et Cepheus ne tarda pas à le lui prouver. Ils n'avaient pas enchaîné trois pas de danse que déjà, il prenait la parole.
− Si l'on m'avait dit un jour que je danserai avec vous alors que vous êtes mariée à un autre, je ne l'aurai pas cru, déclara-t-il d'une voix posée et calme qui contrait la dureté de son regard.
− La vie est pleine de surprises, répondit Hermione sur le ton de la conversation.
Elle peinait à le regarder dans les yeux, tant il l'effrayait, mais elle s'obligea à ne jamais détourner le regard pour s'assurer qu'il ne la confonde plus avec une « petite souris ». Cepheus esquissa un bref sourire qui n'augurait rien de bon et attendit d'avoir effectué quelques pas supplémentaires pour continuer cette discussion.
− Vous ne devez pas ignorer à quel point cela m'a affecté. Nous étions promis à un bel avenir, ensemble. Tant de choses que nous aurions pu faire, main dans la main…
Il soupira, et Hermione eut la sensation qu'il se parlait plus à lui-même qu'à sa cavalière. C'était tout Cepheus, songea-t-elle. Tellement imbus de sa personne qu'il se suffisait à lui-même pour faire la conversation.
− Rien que vous ne puissiez accomplir seul, j'en suis sûre.
− En réalité, Hermione, il me sera très difficile d'avoir un héritier si votre concours, répliqua Cepheus d'une voix un peu plus sèche. Voilà au moins une chose qu'on n'accomplit pas seul.
− Je suis certaine qu'une multitude de jeunes femmes se pâmeraient pour un regard, un mot de votre part.
− Mais pas vous, grinça-t-il.
Hermione voyait son masque de joie et de bonne humeur se fissurer sous ses yeux. Cepheus n'avait pas conservé son calme très longtemps, mais elle ignorait s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle. Elle prit le parti de ne pas répondre à sa dernière remarque, car sa position était claire sur le sujet : elle avait préféré épouser un écossais qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam plutôt que de se marier avec Cepheus dont elle partageait la vie mondaine depuis des années déjà. Sa réponse aurait été sans équivoque.
− Savez-vous seulement qui est votre époux ? reprit-il. Ou bien votre sottise vous-a-t-elle conduit à l'épouser sans poser la moindre question ?
Pour dire vrai, Hermione aurait épousé le premier venu sans poser la moindre question pour éviter de devenir la future Duchesse de Suffolk. C'était d'ailleurs ce qu'elle avait plus ou moins fait… Mais à présent, Drago lui avait confié sa sombre histoire, et plus que jamais, elle se sentait proche de son époux. Il lui avait fait confiance, lui avait dit tout ce qu'il avait enduré, et ce qu'il subissait encore. Elle avait bien lu la détermination dans ses yeux pâles, et elle s'était vue l'accompagner dans sa quête de liberté, si similaire à la sienne. Ils s'étaient bien trouvés finalement …
− Je sais qui il est, répondit calmement Hermione. Et sans doute en sais-je plus que vous-même.
Sa remarque fit mouche, car elle sentit les doigts de Cepheus se crisper sur sa taille.
− Vraiment ? Vous savez que vous avez épousé un fugitif dans ce cas ? Doublé d'un traitre et d'un meurtrier ?
Hermione serra la mâchoire.
− Très injustement qualifié ainsi, répliqua-t-elle.
− Il a fait de vous sa putain, et sa complice, Lady Hermione.
Hermione cessa de danser et tenta d'échapper à l'emprise de Cepheus, mais celui-ci s'y était préparé et la maintenait fermement contre lui. Trop consciente qu'un esclandre pourrait causer du tort au Clan McLean, Hermione cessa de se débattre.
− Ne m'insultez plus, Monsieur, si vous souhaitez achever cette danse.
− Je n'ai rien dit qui ne soit vrai, pourtant. N'imaginez pas un seul instant que je ne vois pas clair dans votre jeu. Vous avez acheté votre pseudo-indépendance en écartant les cuisses pour un traitre d'écossais. Vous n'avez pas troqué votre vertu contre quelques pièces d'or, mais contre votre liberté. Du moins c'est ce que vous pensiez. Car jamais Drago Malefoy ne vous rendra votre liberté, il a désormais trop besoin de vous pour vous laisser vous échapper.
Ils s'étaient remis à danser sans qu'Hermione ne s'en aperçoive, et désormais, elle avait la tête qui tournait. Que racontait Cepheus ? Beaucoup de choses fausses bien sûr… Des choses qu'il ne connaissait pas. Hermione aurait ri volontiers devant sa naïveté, de le voir ainsi penser qu'elle était toujours vierge quand elle avait épousé Drago, si le reste de sa phrase ne l'avait pas laissée songeuse. Drago avait-il vraiment besoin d'elle pour redorer son blason ? Dans quelle mesure ? Jamais il n'en avait fait mention. Quant à lui rendre sa liberté, ni lui ni elle, n'avaient abordé le sujet du divorce, mais Hermione avait toujours espéré que le jour venu, il accepterait de la laisser partir pour vivre sa vie de femme libre et indépendante. Le voulait-elle vraiment ? Vivre sa vie ? Sans lui ?
− Je suis navré d'être celui qui vous ouvre les yeux, minauda-t-il en se penchant doucement vers son oreille.
Elle pouvait sentir son souffle chaud lui brûler le lobe. C'était loin, très loin de la divine sensation que lui procurait le souffle de Drago. Si avec ce dernier, tout en elle semblait s'éveiller au désir, avec Cepheus, au contraire, elle dut réprimer un haut-le-corps particulièrement désagréable.
− Vous ne l'êtes pas.
− Navré ?
− Non, celui qui m'ouvre les yeux.
Sa réplique ne toucha pas Cepheus comme elle l'aurait souhaité. Au contraire, elle le sentit sourire contre son oreille. Espérant le rebuter, elle poursuivit :
− J'étais prête à tout pour ne pas vous épouser. J'aurai sauté dans la Tamise lestée de plomb s'il l'avait fallu.
− Tant de paroles blessantes dans une si jolie bouche qui pourrait s'occuper à bien d'autres choses.
− Vous cachez votre déception et votre colère de me voir vous échapper derrière des paroles obscènes qui ne m'atteignent pas.
Cepheus éclata d'un rire rauque et froid qui attira les œillades curieuses des danseurs les plus proches. Ce rire, aussi désagréable qu'il pouvait être, arracha une vague de frissons à Hermione. Il n'augurait rien de bon, elle le savait.
− Vous ne m'avez pas échappé Hermione. Croyez-moi, un jour, vous serez mienne, et vous porterez mon héritier.
Hermione sentit la main de Cepheus glisser subrepticement sur sa taille pour venir caresser de son pouce son ventre à travers le tissu de sa robe.
− Cela n'arrivera pas, gronda-t-elle en s'écarta sous prétexte de tournoyer sur elle-même.
− Plus tôt que vous ne le pensez, répliqua Cepheus en la réceptionnant.
La musique touchait à sa fin, et Hermione se voyait perdre pied devant la certitude qu'avait Cepheus de la voir un jour porter son héritier. Elle ne parvenait pas à réfléchir convenablement, et elle devait trouver un moyen, n'importe lequel pour retirer ce petit air suffisant de son beau visage… Si beau qu'il avait été directement emprunté au Diable, elle n'en doutait pas une seule seconde.
− Je suis navrée, Cepheus, mais mon ventre porte déjà l'héritier d'un autre.
Elle avait affirmé cela d'une vois si assurée, si calme, accompagné d'un geste de sa main sur son ventre, que Cepheus ne sembla pas une seule seconde douter de la véracité de ces propos. Pourtant, il déclara d'une voix blanche :
− Vous mentez.
− A votre guise, Monsieur.
Et Hermione de faire une révérence particulièrement travaillée avant de tourner les talons et de se perdre dans la foule à la recherche de Drago qui semblait avoir disparu…
x.X.x.X.x
Drago avait vu Hermione s'emparer de la main de Cepheus, et il n'avait pu supporter l'idée de les voir danser ensemble. Il avait préféré se détourner de ce spectacle, mandatant Pansy pour qu'elle s'assure que rien de mal ne lui soit fait. Il savait qu'elle était forte, mais il savait aussi à quel point Cepheus lui faisait peur… Et Drago se connaissait assez pour savoir qu'il ne saurait pas se contrôler s'il venait à voir Cepheus mal se comporter avec sa femme. Pour la paix dans le Clan, il valait mieux pour tout le monde qu'il s'éloigne de la piste de danse. Ce qu'il fit.
Il avait l'intention de boire un verre en l'honneur de Blaise durant ces quelques minutes loin d'Hermione, jusqu'à ce que son regard ne se pose sur Bonnie qui discutait en riant avec ses dames de compagnie, non sans jeter, de temps à autres, des regards furieux en direction de Cepheus et d'Hermione. Drago décida qu'il était peut-être temps d'avoir une petite conversation avec sa cousine à propos de ses fréquentations plus que douteuse. N'avait-elle pas compris qu'Hermione avait préféré l'épouser lui, le paria, plutôt que de tomber dans les griffes de Suffolk ?
Quand Drago s'approcha, les trois jeunes femmes qui se tenaient en compagnie de Bonnie se turent et firent la révérence devant lui.
− Mesdemoiselles, salua Drago. Puis-je vous demander me laisser un instant avec ma très chère cousine ?
− Ce n'est pas la peine de… commença Bonnie.
− J'insiste.
Le ton de sa voix, froid et calme sembla convaincre les jeunes femmes qui s'éloignèrent en silence, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil à Bonnie. Celle-ci avait pâli mais ne s'était pas départie de son petit air méprisant qui ne lui allait pas. Drago lui proposa une coupe de champagne qu'elle refusa, avant de s'enfoncer dans un silence pesant. Elle évitait constamment le regard de Drago, et celui-ci dut se placer face à elle, et dos à la piste de danse, pour s'assurer qu'elle soit complètement happée par leur conversation Ô combien importante.
− J'ai cru comprendre que tu passais beaucoup de temps en compagnie du fils du Duc, commença-t-il sur le ton de la conversation.
− Quelle perspicacité, Drago, tu m'épateras toujours.
Drago serra les dents devant les enfantillages de Bonnie. Il ne devait pas entrer dans son petit jeu, au contraire, il devait se comporter en adulte responsable pour la mettre en garde contre celui qu'elle pensait être un gentleman.
− Ton grand-père ne t'a-t-il pas expliqué qu'ils étaient, lui et son père, considérés comme des ennemis du clan ?
− Peut-être plus pour très longtemps, répliqua Bonnie en levant le nez en l'air avec dédain.
− Que veux-tu dire ?
Il n'aurait su expliquer pourquoi mais cette phrase éveilla en Drago plus d'appréhension que de curiosité. Bonnie fit mine de ne pas l'entendre et laissa son regard vagabonder partout dans la salle de bal, partout pourvu que ce fut ailleurs que sur Drago. Celui-ci l'empoigna légèrement, serrant ses doigts autour de son épaule pour la forcer à lui faire face.
− Que veux-tu dire ? répéta-t-il.
− Je veux dire que nous pourrions être alliés.
− Alliés ? s'étrangla à moitié Drago. Avec des anglais ?
Bonnie éclata d'un petit rire mauvais avant de se dégager d'un coup d'épaule de l'emprise de Drago.
− C'est tout toi, ça ! Toi, tu peux t'envoyer en l'air avec une anglaise, tu peux l'épouser même, mais moi je dois rester sagement dans le giron de mon grand-père et attendre qu'il me trouve un brave écossais à épouser ? Tu es vraiment hypocrite, Drago.
− Mais qu'est-ce que tu racontes ? Faut-il que je te rappelle dans quelles conditions notre mariage a-t-il eu lieu ?
Drago ne voulait pas mentionne devant tout le monde le fait qu'il s'agissait d'un mariage arrangé. Bonnie était au courant, pourtant, elle agissait comme si elle ne savait rien et pensait réellement que leur union était celle de l'amour et de la vérité.
− Tu as tout de même sacrément gagné au change, non ? Tu as épousé une Lady ! Tout ce à quoi tu avais renoncé depuis des années, voilà qu'elle te le sert sur un plateau : un titre, des terres, sûrement une horde d'héritiers…
Drago ne put s'empêcher de rire devant de telles aberrations. Il n'avait rien gagné de tout cela, parce qu'Hermione serait bientôt déshéritée, si ce n'était pas déjà fait, et qu'elle ne serait bientôt plus que considérée comme morte aux yeux de sa famille et de la couronne.
− C'est Cepheus qui t'a raconté ce tas de sottises ?
− Non, répliqua Bonnie. Cepheus et moi avons bien d'autres sujets à aborder que ta petite vie médiocre.
Drago serra les mâchoires devant son petit air pincé méprisant. Depuis quand Bonnie était-elle aussi insupportable ? Il ne se souvenait pas d'avoir vu un tel changement, pourtant, c'était là, sous ses yeux ébahis. Il en était scandalisé. Comment avait-elle pu devenir aussi désagréable ? Un cœur brisé… souffla une petite voix à son oreille. Voilà comment elle avait pu changer autant. Il lui avait brisé le cœur, sans le vouloir, mais cela n'avait pas suffit à la garder intacte.
− Cepheus ne sera jamais un allié pour notre clan, Bonnie.
− Pour mon clan, tu veux dire ?
− Les McLean sont mon clan d'accueil.
− Ils sont mon clan de sang, rétorqua Bonnie. Et je pense que je pourrai apporter beaucoup de choses à mon clan en lui trouvant des alliés de taille.
− Comment comptes-tu t'allier aux Suffolk ?
Drago posa la question à l'instant même où la réponse lui traversait l'esprit. Le silence de Bonnie était tout ce qu'il y avait de plus éloquent, et il comprit soudain tout ce que ce petit manège cachait.
− Tu n'as pas l'intention de l'épouser ? gronda-t-il sentant le barrage de sa patience se fissurer chaque instant un peu plus.
− Si c'était le cas, crois-moi, tu serais le dernier au courant.
Et sur ces mots, Bonnie se détourna de lui et s'enfonça dans la foule sans qu'il n'ait le temps de la rattraper. Il aurait voulu qu'elle reste, il aurait voulu lui dire quel monstre Cepheus était, et tout le mal qu'il lui ferait. Mais elle ne lui en laissa pas l'occasion… Il était en train de rassembler ses esprits et peut-être de partir à sa recherche quand il sentit un corps chaud et légèrement tremblant se presser contre lui. La chevelure d'Hermione vint lui chatouiller les narines, à l'instar de son parfum délicat, et instinctivement ses mains se serrèrent autour de sa taille gracile.
− Te revoilà, murmura-t-il simplement.
Comme si l'avoir dans ses bras lui faisait oublier subitement tous ses soucis, il pressa ses lèvres contre son front blanc, et inspira profondément pour s'enivrer de son odeur si particulière, si familière aussi. Hermione leva des yeux brillants et le regarda intensément avant de murmurer :
− Ne le laisse plus me faire danser.
− Tes désirs sont des ordres, Milady.
Davantage encore quand ses désirs étaient en parfaite adéquation avec les siens. Il était sur le point de lui demander comme cela s'était-il passé et si elle avait appris quelque chose d'intéressant, mais il fut interrompu par Blaise qui s'approchait, deux bouteilles de whiskey à la main.
x.X.x.X.x
Le reste de la soirée fut abondamment arrosé d'alcool aux noms européens tous plus délicieux que les autres. Drago, trop embourbé dans mille et unes inquiétudes, se laissa volontiers aller à l'ivresse, aux côtés de Blaise et de nombre de leurs amis. Aucun de ses soucis ne pourrait se régler le soir-même, aussi profita-t-il de l'ambiance festive et de la bonne humeur générale pour se laisser porter par la musique et les rires qui l'entouraient. Hermione se prêta aussi au jeu et accepta de boire plus que de raison, avant de le laisser l'entraîner sur la piste de danse.
Ils dansèrent à en avoir mal aux pieds, ils tournoyèrent à en avoir mal à la tête. Et quand Cormag leva son verre pour porter un toast en l'honneur de Blaise, et que la foule entonna un chant d'anniversaire, Hermione et Drago ne furent pas les derniers à lever leur verre. A cet instant, et malgré tout ce qui les attendait, ils étaient jeunes et insouciants et cela ne leur était pas arrivé depuis des années. On porta Blaise et on le fit virevolter dans les airs, on regarda Pansy danser une gigue irlandaise que personne ne connaissait mais que tout le monde souhaitait apprendre, on écouta Hadrian et Jeremiah chanter atrocement faux une ballade écossaise dont ils mâchaient les mots.
Et alors que la fête battait son plein, alors que l'alcool coulait à flot et que les rires carillonnaient dans la salle de bal, Drago entraîna Hermione d'un coin à l'abri des regards. Peut-être que l'alcool lui avait donné du courage, ou peut-être qu'il n'en pouvait plus de voir sa poitrine laiteuse se soulever à chacune de ses respirations… Il la poussa doucement contre un mur, avant de placer l'une de ses mains sur sa taille, et la seconde sur sa nuque, se frayant un chemin dans les boucles de sa chevelure brune. Hermione avait un délicieux teint rosé, et sa respiration était saccadée. Il pouvait sentir ses seins frôler son torse à chaque fois qu'elle inspirait, et c'était terriblement excitant. Jamais il n'avait tant désiré une femme qu'en cet instant.
− J'ai terriblement envie… non, besoin de t'embrasser, Hermione, murmura-t-il d'une voix rendue roque par le désir.
Il ne le fit pas cependant. Parce qu'il voulait son accord, il voulait qu'elle lui offre son consentement éclairé. Il y avait l'alcool bien sûr, mais il voyait bien, dans le fond de ses pupilles dilatées par l'excitation, qu'elle était consciente de l'importance de ce moment. Il n'aurait pas sa vertu, et pour tout dire, il s'en moquait royalement. Mais il y avait une chose sur laquelle il ne ferait jamais l'impasse : son assentiment.
− C'est ce que font les époux, répliqua-t-elle, à bout de souffle.
− Tu es ma femme…
− Et tu es mon mari, acheva Hermione.
Il n'eut pas besoin de se pencher pour l'embrasser. Car elle se hissa sur la pointe de ses petits pieds, décollant légèrement son dos du mur pour s'approcher dangereusement de Drago, jusqu'à ce que ses lèvres cerise ne frôlent celles, quémandeuses de Drago. Leur souffle s'entremêlait, leurs yeux ne se lâchaient pas… Hermione franchit le dernier espace qui les séparait et leurs lèvres se rencontrèrent enfin, pour la toute première fois. Elles se découvrirent naturellement, loin, très loin de la timidité que Drago avait imaginée. Bien au contraire, elles s'entrouvrirent de concert pour laisser leur langue se trouver, s'apprivoiser, se taquiner.
Et dans le ventre de Drago, ce fut une véritable explosion de sensations délicieuses. Plus Hermione l'embrassait, plus il sentait monter à lui un désir qui ne saurait être contrôler, c'était vivifiant, c'était délicieux, c'était même inquiétant. Ne pourrait-il jamais se passer d'elle désormais ? Il avait goûté au fruit défendu, il le savait, et à présent… il semblait que toutes ses bonnes résolutions, tous ses plans étaient loin derrière lui. Comme si plus rien ne compter, exceptée elle. C'en était vertigineux et pourtant, il savait qu'il tomberait de bonne grâce à ses genoux si elle le réclamait.
