Bonjour à toutes ! Aujourd'hui, je poste le chapitre 30, et je n'en reviens pas. Le temps file à toute allure, et la fiction aussi. Dire que je pensais m'arrêter à une 30aine de chapitres… J'en suis encore bien loin. A vrai dire, j'ignore combien il en reste à écrire, mais il va falloir que je pense sérieusement à me rapprocher de la fin !
Comme toujours, je vous remercie, fidèles lectrices qui prenez le temps de me laisser un commentaire à chacune de vos lectures. Je vous lis assidument, me régale de vos suppositions et rougis devant vos compliments. Vous êtes des amours.
Je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaise. Je sais d'avance que la fin vous fera crier au scandale, mais vous commencez à me connaître, j'ai un gout tout particulier pour les cliffhanger ! Il faudra attendre dimanche pour avoir la suite.
Je vous souhaite donc une agréable lecture, et vous dis à dimanche pour de nouvelles aventures !
Ils étaient restés dans cette alcôve un long moment, collés l'un à l'autre. Bien à l'abri des regards indiscrets, Drago l'avait plaquée contre le mur pour mieux la dévorer. Elle avait savouré chacun de ses baisers, et avait légèrement penché la tête sur le côté pour le laisser accéder à son cou. Ses lèvres avaient frôlé sa peau, mordu sa chaire, tandis que son souffle brûlant l'avait chatouillée délicieusement. Elle avait glissé ses mains dans les cheveux de son époux et avait tiré dessus à chaque fois qu'il laissait ses dents vagabonder sur ses clavicules. Avait-elle jamais été aussi excitée qu'à cet instant présent ? Elle n'en avait pas le souvenir. Elle avait pourtant été très amoureuse de Ronald, mais à cet instant précis, rien de ce qu'elle avait vécu avec son ancien fiancé ne se rapprochait de ce qu'elle vivait actuellement avec Drago. Les mains de se dernier se firent soudain plus conquérantes, et elle les sentit glisser le long de son dos pour s'emparer du galbe de ses fesses. La sensation était si exquise qu'elle se rapprocha encore un peu plus de lui, si c'était possible, ondulant contre son corps svelte.
Hermione ne contrôlait plus rien. Elle en voulait toujours plus. Plus de regards langoureux, plus de baisers passionnés, plus de caresses indécentes. Se lasserait-elle un jour des bras protecteurs de son époux ? Elle en doutait fortement. Mais peut-être était-ce dû à l'alcool ? Peut-être à la présence de Cepheus et la crainte qui en découlait ? Hermione n'aurait su l'expliquer. Le monde autour d'elle semblait s'être volatilisé, tandis qu'ils vivaient, dans leur bulle sensuelle, un moment qu'elle n'était pas près d'oublier.
− Hermione, grogna Drago entre deux baisers.
Sa voix n'était qu'un râle, un souffle rauque débordant de désir. Son prénom dans sa bouche provoqua une onde de frissons à Hermione qui s'acheva dans son bas-ventre dans une délicieuse sensation de plaisir. Elle s'empara de ses lèvres pour ce qui semblait être la énième fois en quelques minutes, et vint taquiner sa langue de la sienne. Il avait le goût de la menthe et du whiskey. C'en était addictif. Si quelqu'un les avait vu en cet instant, sans doute aurait-il détourné les yeux de ce spectacle si libidineux. A cette pensée, Hermione recula légèrement. Elle n'aimait pas l'idée qu'on les surprenne dans un moment d'inimité pareil. Elle n'aimait pas qu'on puisse colporter des ragots, quand bien mêmes elle s'adonnait à ce genre de choses avec son propre mari. Pis encore, elle n'apprécierait pas qu'une jeune femme ne remarque la passion dont était capable Drago et ne veuille s'en emparer à son tour.
− Qu'y-a-t-il ? demanda Drago à son oreille, le souffle court.
Elle était sur le point de répondre, mais elle sentit ses lèvres glisser le long de sa gorge, et descendre toujours plus bas jusqu'à atteindre son décolleté Ô combien plongeant. Ses lèvres se posèrent entre ses deux seins, et elle sentit ses cuisses trembler tant la sensation était jouissive. Elle sentit le bout de sa langue, pointu et chaud, s'insinuer sur le haut de sa poitrine… Elle devait l'arrêter !
− Ce n'est pas très…
Elle cherchait ses mots, ne souhaitant pas vexer Drago ni mettre un terme à son exaltation. Comment lui faire comprendre ? Elle était encore en train de réfléchir quand Drago se reculer à son tour et lui adressa un sourire d'excuse.
− En effet, Milady, ce n'est pas digne de vous d'être embrassée ainsi dans une alcôve, comme les hommes mariés font avec leurs maîtresses.
Hermione protesta.
− Ce n'est pas ce que je voulais dire.
− Je sais, sourit Drago. Mais je ne démords pas : tu mérites que je te dévore allongée dans un lit, et non pas plaquée sur ce mur comme un pamphlet.
Hermione ne put réprimer un rire face à la comparaison cocasse. Drago se décolla entièrement d'elle – à son plus grand regret – et lui tendit une main dont elle se saisit. Leur souffle était court et rapide, et si leur bulle semblait avoir éclaté, l'excitation qu'ils avaient ressentie – qu'ils ressentaient toujours – flottait dans l'air qu'ils respiraient. Drago entraîna Hermione dans la salle de bal pour y rejoindre Blaise qui avait désormais une bouteille de vin vide dans chaque main, ainsi que deux charmantes jeunes femmes collées contre son torse. La salle s'était un peu vidée, et Hermione devina que la soirée touchait peu à peu à sa fin. Les Suffolk avaient dû se retirer car elle n'en vit aucun, ce qui provoqua en elle une vague de soulagement.
− Nous allons nous coucher, dit Drago à son ami.
Ce dernier les regarda longuement, l'air suspect, avant de leur adresser un grand sourire, un peu moqueur.
− Vous coucher ? Vraiment ?
− Blaise, grogna Drago en signe d'avertissement.
Blaise s'esclaffa et s'empara de la main d'Hermione avant de la porter à ses lèvres et d'y déposer un léger baiser.
− Dans ce cas, bonsoir, Lady Hermione. Puisse la nuit vous êtes bénéfique, aussi courte risque-t-elle d'être.
Hermione se sentit rougir et se demanda quelle allure elle avait pour que Blaise s'autorise ainsi à faire des allusions indécentes. C'était comme s'il était écrit sur son front qu'elle venait de flirter avec son propre mari comme une jeune pucelle insouciante. Drago ne sembla pas goûter à la plaisanterie, il donna une tape dans le dos de son ami et l'entraîna vers la sortie. Ils se retrouvèrent bientôt seuls dans les couloirs, et tous deux se mirent en marche jusqu'à leurs appartements. Ils ne se dirent pas un mot, la tension semblait être redescendue, et soudain Hermione se sentit extrêmement fatiguée. L'alcool lui était monté à la tête, et elle titubait plus qu'elle ne marchait.
− Depuis combien de temps n'avais-tu pas bu autant ? lui demanda Drago avec un petit sourire en coin.
− Ce n'était jamais arrivé, répondit Hermione d'une voix pâteuse.
A présent que le désir et l'excitation étaient redescendus, elle se sentait nauséeuse, un peu faible. Fort heureusement, ils arrivèrent dans leur petit salon assez rapidement, et Hermione se précipita sur une carafe d'eau posée là. Elle se servit un verre, puis deux qu'elle but jusqu'à la dernière goutte. Quand elle reposa le verre, elle se retourna vers Drago qui la contemplait en silence.
− Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle simplement.
− Beaucoup de choses ne vont pas, répondit-il en s'approchant à pas de loup. Mais aucune dont tu n'es responsable.
− Que regardais-tu ainsi, dans ce cas ?
− Je regardai mon épouse, si ravissante, si intelligente et terriblement ivre boire deux verres d'eau, la taquina-t-il en souriant.
− Je ne suis pas ivre.
− Tu l'es. Mais ça n'enlève rien à ton charme.
Hermione se sentit rougir. Pourquoi fallait-il qu'il soit si sincère avec elle ? Depuis le début, depuis leur mariage, Drago avait toujours eu des mots flatteurs à égard, et cela ne cessait de la faire rougir. Jamais elle n'avait entendu d'homme louer ainsi les traits de son épouse. Ils étaient à nouveau tout près l'un de l'autre, mais aucun des deux ne semblait prêt à faire le premier pas.
− Vas-tu me retirer cette robe ? murmura finalement Hermione.
− Je t'ai dit que j'étais prêt à tout pour que tu m'y autorises.
Hermione ne répondit pas, et se contenta de se retourner pour lui présenter son dos. Le lacet qui retenait son corsage était attaché de manière si sophistiquée que jamais elle n'aurait pu le délacer toute seule. Elle sentit Drago se rapprocher jusqu'à ce que son souffle ne s'écraser sur sa nuque frissonnante. Ses doigts habiles commencèrent à s'activer et elle sentit peu à peu son corsage se desserrer. Drago l'empêcha de tomber à ses pieds, dans un ultime effort de galanterie avant de déposer un léger baiser sur son épaule dénudée.
− Je vais chercher une chemise pour te couvrir, murmura-t-il à son oreille.
Hermione tourna la tête, surprise.
− Me couvrir ?
Drago sourit.
− Je t'ai dit, le premier soir après notre mariage, que nous ne coucherions pas ensemble pour la première fois si tu es ivre.
− Je ne suis pas ivre, protesta Hermione, dont la nausée lui rappela qu'elle l'était peut-être un peu, finalement. Et puis, ça ne t'a pas dérangé pour batifoler avec moi dans cette alcôve. Ça ne t'a pas plu ?
Dans sa voix, qu'elle voulait sèche et froide, percé le désespoir d'être à nouveau repoussée. Ne voyait-il pas qu'elle se mettait à nue, dans tous les sens du terme, devant lui ? Le sourire de Drago fana et disparut, tandis qu'il la faisait pivoter face à lui et qu'il s'emparer de son menton à l'aide de deux doigts.
− Jamais je n'ai été aussi excité face à une femme. Et savoir que tu es la mienne me rend fou. Mais j'ai trop de respect pour toi – et beaucoup trop d'égo aussi, pour accepter que tu t'offres à moi dans ces conditions. Je veux que tu te souviennes de tout ce que je te ferai lors de notre première fois, et il est hors de question que tu te caches derrière l'alcool pour regretter quoi que ce soit.
Sur ces mots, il se pencha et posa un délicat baiser sur le front d'Hermione avant de s'emparer de sa main.
− Mais je ne suis toujours pas un saint, alors je vais t'aider à retirer entièrement cette robe et te mettrai au lit.
Hermione ne trouva quoi répondre à tout ce qu'il venait de lui dire. Elle était partagée entre la frustration de se voir refuser quelque chose dont elle avait terriblement envie et l'admiration envers la bonne éducation et l'honnêteté dont faisait preuve Drago. Elle le laissa la guider jusque dans leur chambre, mais sitôt eut-elle atteint le seuil que son estomac se retourna et elle dut se précipiter dans la salle de bain pour y rendre tout ce qu'elle avait ingurgité…
x.X.x.X.x
Hermione avait terriblement chaud. Quelque chose – non, quelqu'un, avait enroulé ses bras et ses jambes tout autour d'elle, et la chaleur qui se dégageait de ce corps envahissait avait fini par la réveiller. Elle s'efforça d'ouvrir un œil, puis deux, malgré la migraine lancinante qui tambourinait déjà derrière ses deux globes oculaires, et découvrir qu'il s'agissait de Drago. Qui cela aurait-il pu être d'autre ? songea-t-elle. Hermione se redressa légèrement et regarda tout autour d'elle. La soirée de la veille revint dans son esprit en des flash successifs. Et plus elle avançait dans le temps, moins les souvenirs étaient clairs dans sa tête douloureuse. Elle se souvenait de sa danse avec Cepheus, de ses baisers échangés avec Drago dans l'alcôves, puis de leur retour dans leurs appartements… Elle se souvenait de la nausée, et de l'heure qu'elle avait passée, la tête dans la bassine de bronze de la salle de bain.
Hermione ferma les yeux, soudain très honteuse. A quoi bon porter de belles toilettes et se comporter comme une reine quand on était incapable de consommer de l'alcool ? Une petite voix dans sa tête lui rappela qu'elle aurait tout aussi bien pu boire en toute modération. Cela lui aurait évité de se sentir aussi mal ce matin. Elle essaya de bouger et de s'échapper de l'étreinte de Drago sans le réveiller, en vain cependant.
− Où vas-tu ? grogna Drago, les yeux toujours fermés.
− Tu me tiens horriblement chaud.
Drago esquissa un sourire endormi, mais ne fit pas mine de bouger. Ses bras étaient encore fermement enroulés autour de sa taille et ne bougèrent pas d'un millimètre.
− Jamais je ne tolèrerai que ma femme ait froid, marmonna-t-il.
− Sois rassuré, ce n'est pas le cas.
− Parfait.
− Parfait, répéta Hermione en abandonnant l'idée de sortir du lit.
Quand il sentit qu'elle se détendait à côté de lui, Drago desserra son étreinte, mais s'assura qu'elle ne parte pas trop loin de lui. Il daigna enfin ouvrir un œil pour la regarder d'un air interrogatif.
− Comment tu te sens, Milady ?
Pour toute réponse, Hermione grogna, ce qui fit rire Drago. Ce dernier ne prononça plus un mot durant de longues minutes. Si longtemps qu'Hermione crut qu'il s'était rendormi. Et sans doute aurait-elle fait pareil si un détail ne l'avait pas taraudée. Elle ne parvenait plus à mettre le doigt dessus, mais elle sentait, derrière sa migraine et sa gueule de bois, qu'il y avait quelque chose d'important qu'elle devait dire à Drago. Malgré son introspection, elle ne réussit pas à se souvenir, du moins, jusqu'à ce que la main de Drago ne glisse sur son ventre et ne vienne dessiner des cercles autour de son nombril, à travers le tissu de sa chemise de nuit. Soudain, elle sursauta dans le lit et s'assit précipitamment. Son geste surprit Drago qui se leva à son tour et regarda tout autour de lui, sans doute convaincu qu'une intrusion avait eu lieu.
− Je dois te dire quelque chose, dit-elle affolée.
Elle avait les yeux écarquillés, et ressemblait à une folle.
− A propos de quoi ?
− De Cepheus !
Drago poussa un juron. De toute évidence, il n'aimait pas spécialement que sa femme prononce ce nom dans leur lit, quand bien même il ne s'était rien passé entre eux. Pas encore du moins.
− J'ai fait une grosse bêtise, gémit Hermione en se tenant la tête.
Devant son air accablé, le doute s'insinua dans le regard de Drago.
− Qu'est-ce que tu as fait ? demanda-t-il d'une voix légèrement tremblante.
− Je lui ai dit que je portai ton héritier !
Drago semblait s'attendre à tout excepté à cela, car il en resta sans voix. Son regard était rivé sur elle, mais il ne semblait pas vraiment la voir. Puis ses yeux descendirent sur le ventre d'Hermione, avant de remonter et de redescendre. Ce petit manège dura de longues secondes.
− Je ne suis pas enceinte, dit Hermione.
− J'espère bien, bon sang, répliqua Drago. Parce que je suis sûr d'une chose, c'est que je ne serai pas le père, si c'était le cas.
Hermione soupira d'un air exaspéré. Visiblement, Drago était plus inquiet que sa femme soit enceinte d'un autre homme que lui que du fait qu'elle eut menti à ce sujet à Cepheus de Suffolk. Mensonge qui, rappelons-le, serait susceptible d'être percé à jour assez rapidement. En moins de neuf mois, pour être exacte.
− Qu'est-ce qui t'a pris ? demanda finalement Drago.
Hermione soupira, un peu honteuse.
− C'est tout ce qu'il m'est venu à l'esprit… Je cherchai le moyen de faire disparaître son petit air suffisant… Il me disait que je serai bientôt à lui, que j'étais ta putain, que je porterai ses héritiers…
Le regard de Drago la fit taire. Elle avait vu sa mâchoire se crisper, ses poings se serrer et les ailes de son nez frémir aux paroles qu'elle venait de prononcer.
− Il a dit quoi ? gronda-t-il.
Hermione comprit que sa rage était sur le point d'exploser. Elle se rapprocha de lui et posa une main sur son torse.
− Je ne me suis pas laissée faire, murmura-t-elle pour l'apaiser. Mais la seule chose qui l'a ébranlé c'est ça. Me croire enceinte de toi.
− Hermione, tu es consciente que ce secret n'en restera pas un très longtemps ?
Hermione baissa les yeux et hocha la tête. Bien sûr qu'elle en était consciente, mais le mal était fait à présent. Il leur faudrait trouver une autre solution…
− Peut-être que… Je ne sais pas, peut-être que je porterai bientôt ton enfant, et alors nous n'aurons plus besoin de…
− Non, la coupa Drago d'une voix incisive. Il est hors de question que nous ayons un enfant.
Les paroles de Drago blessèrent Hermione plus qu'elle n'aurait voulu l'admettre. Hors de question d'avoir un enfant ? Dans quelle mesure ? Voulait-il dire qu'il ne voulait pas d'enfant aujourd'hui, ou pour toujours ? Avec elle ou avec n'importe qui d'autre ? Hermione recula, soudain écrasée par les questions qui la taraudaient. Drago dut s'en apercevoir car il retrouva presqu'immédiatement son calme et reprit :
− Notre situation … Ma situation actuelle n'est pas la meilleure pour accueillir un enfant, pour le moment.
Hermione hocha la tête, mais resta silencieuse, car un nœud s'était formé dans sa gorge.
− Et je refuse que nous fassions en enfant sous prétexte d'embêter Cepheus de Suffolk. Si enfant il doit y avoir, ce sera un enfant conçu par désir.
Ces quelques mots soulagèrent quelque peu Hermione.
− Mais en attendant, il va falloir trouver une solution pour cette grossesse imaginaire.
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Quand Hermione et Drago sortirent de leurs appartements pour rejoindre le petit déjeuner, dans la salle à manger, ils croisèrent le regard amusé de plusieurs domestiques dans les couloirs du château. De toute évidence, leurs embrassades de la veille n'étaient pas restées secrètes, mais Hermione décida de ne pas y prêter attention. Après tout, cela servirait bien leurs intérêts, si tout un chacun était désormais convaincu de la véracité de leur relation. Passant son bras autour de celui de Drago, ils se dirigèrent en silence jusqu'au hall d'entrée. Ils déjeunèrent avec une partie de la famille du Laird ainsi que la Duchesse, et apprirent que Cormag, Hadrian, le Duc et Cepheus étaient partis sceller des chevaux pour une promenade matinale.
Après le petit-déjeuner, tardif, Hermione quitta Drago pour rejoindre son infirmerie où elle était sûre de trouver une horde de patients impatients. Elle ne s'était pas trompée. Dans le couloir qui menait jusque dans son antre, pas moins d'une dizaine de personne l'attendaient en silence, ou en se murmurant quelques mots à l'oreille. Hermione remonta la file pour saluer son premier patient et fut plus que surprise de découvrir qu'il s'agissait d'une patiente. Et pas des moindre.
C'était la mystérieuse jeune femme qui accompagnait le Duc et sa famille, mais dont l'identité avait été pour le moment gardée secrète. Elle était pâle comme la mort, et tenait, serrée tout autour d'elle, un châle noir et épais. Elle portait la même robe noire et couvrante qu'elle portait lors de son arrivée, et Hermione se demanda s'il s'agissait de la même ou simplement d'une jumelle de la première.
− Bonjour, lui sourit Hermione. Je suis Lady Hermione. Entrez, je vous prie.
Elle inséra la clé de l'infirmerie dans la porte et la poussa pour laisser sa première patiente y pénétrer.
− Vous pouvez vous asseoir ici, ajouta-t-elle en pointant une chaise en face de son bureau.
La jeune femme, toujours aussi silencieuse, obtempéra et s'installa là où on lui avait dit de le faire. Hermione prit soin de refermer la porte derrière elle afin de s'assurer que les oreilles indiscrètes ne traînent pas trop près d'elle, puis s'installa à son tour derrière son bureau. Elle ouvrit le registre dans lequel elle inscrivait toutes les consultations qu'elle faisait et adressa un sourire rayonnant à la jeune femme :
− Que puis-je faire pour vous Miss …. ?
− Emily Cartridge. Je crois que je suis enceinte… Et on m'a dit que vous saviez faire partir les bébés.
Elle avait une voix très douce, presqu'enfantine. Elle semblait plus jeune qu'elle, peut-être moins de vingt-ans, mais une certaine maturité transperçait ses traits tirés et fatigués. Elle était, de plus, bien renseignée sur les compétences d'Hermione, qui ne criait pas sur tous les toits qu'elle pratiquait des avortements illégaux quand les jeunes femmes le lui demandaient.
− Depuis combien de temps pensez-vous être enceinte ?
− Trois semaines. Un mois peut-être… Mais je ne connaissais personne pour … m'aider, chuchota-t-elle en détournant les yeux. Le père de l'enfant… Il ne doit pas savoir.
− Savoir que vous avortez ?
− Que j'attends un enfant…
Hermione la regarda, songeuse. Cette jeune femme était-elle mariée ?
− Où se trouve le père de l'enfant ? Il n'est pas ici, n'est-ce pas ?
En tout cas, elle ne semblait pas être accompagnée quand elle était sortie du carrosse des Suffolk.
− Si, souffla-t-elle. C'est le Duc.
