Bonjour à toutes !
En ce dimanche chaud et ensoleillé, voici le chapitre 31. On s'éloigne un peu de la Dramione, par ici, mais on apprend de nouvelles choses et surtout la véritable raison de la venue du Duc et de sa délégation.
Le nombre de vue sur le chapitre dernier a chuté de moitié par rapport aux précédents, alors j'espère que vous êtes toujours dans le coin et que vous appréciez l'histoire ! Merci aux lectrices qui laissent un commentaire et m'affirment que ça leur plait, vous êtes des amours !
Je vous laisse à votre lecture et vous dis à mercredi pour le chapitre suivant !
Drago avait été convié dans le salon des gentlemen de Cormag. C'était une pièce que le Laird n'utilisait que très peu, qui jouxtait son bureau mais dans lequel il ne passait guère de temps. La présence de Suffolk était sûrement une bonne occasion de s'y rendre, entre hommes – comme son nom l'indiquait. Se trouvaient dans le salon Cormag, Hadrian, Jeremiah, Drago et bien sûr le Duc. Cepheus n'était pas présent, ce que son père s'empressa de justifier :
− Mon fils avait des affaires urgentes à régler, il est resté dans ses appartements pour rédiger du courrier.
Drago n'aimait pas beaucoup l'idée que Cepheus puisse errer tout à son aise dans le château et faire des rencontres fortuites. Il doutait de la sincérité du Duc, et imagina quelques instants que Cepheus s'était fait excuser pour mieux vaquer à d'autres occupations moins formelles, telles que courtiser Bonnie ou pis encore, harceler Hermione. Cette seule pensée lui arracha une vague de frissons très désagréable et bien loin de celles qu'Hermione lui provoquait. Cormag ne sembla pas non plus très content de voir que Cepheus avait décliné l'invitation, mais ne fit aucune remarque à ce propos. Il invita chacun à prendre place sur les confortables fauteuils en cuir qui encerclaient une table basse sculptée dans un bois sombre. Sur celle-ci, trônait une bouteille d'un excellent whiskey ainsi que des verres et quelques gourmandises auxquelles personne ne toucherait, Drago en était certain.
Le Duc s'installa en face de Cormag – sûrement pour l'avoir tour à l'œil – et accepta volontiers le vers que le Laird lui tendait. Il le porta à ses lèvres et sembla se délecter du breuvage car il ferma les yeux une brève seconde avant de laisser un rictus se dessiner sur ses lèvres inexistantes.
− S'il y a une chose pour laquelle les anglais peuvent jalouser les écossais, c'est bien leur whiskey.
Cormag adressa un sourire de connivence à son interlocuteur, conscient que cette remarque constituait à la fois un compliment et une insulte : ainsi donc, les anglais n'avait rien d'autre à envier aux écossais que leur alcool ? Il y en avait des centaines d'autres, mais les anglais étaient trop orgueilleux pour l'admettre. D'ailleurs, l'une des choses que le Duc et son fils convoitaient le plus actuellement en Ecosse, c'était un mariage avec Lady Hermione Granger. Fort heureusement pour lui, Drago avait passé la bague au doigt de sa belle avant quiconque.
La conversation commença timidement, d'abord autour du paysage des Highlands, puis de la politique des clans et des alliances créées. Cormag ne donna pas force de détails, bien conscient que cela pouvait se retourner à tout moment contre lui, mais il en donna assez pour satisfaire la curiosité de son invité. Celui-ci, à l'instar de son interlocuteur, ne s'attarda pas non plus sur ses forces armées, ou ses liens étroits avec la couronne, mais chacun devina qu'il faisait partie du cercle proche du Roi. La conversation commençait déjà à s'essouffler quand Jeremiah versa un second verre au Duc tout en demandant d'un air distrait – qui ne leurra personne :
− Combien de temps pensez-vous rester au château ?
− Le temps nécessaire pour nous tous de trouver un accord, répondit le Duc sur le ton de la conversation.
Cormag jeta un bref coup d'œil à Drago qui signifiait sans doute « nous y sommes, la véritable raison de leur venue va enfin être révélée », car personne n'avait imaginé un seul instant qu'il s'agissait d'une visite de courtoisie. Ils avaient hébergé une fugitive, l'avaient mariée à l'un des leur. Le Duc était là pour demander réparation – ou pire, une déclaration de guerre. Quoi qu'il eut été fort désagréable de déclarer la guerre à un Clan sur ses propres terres…
− Trouver un accord ? répéta Cormag d'une voix posée.
Il eut le bon goût de ne pas jouer la carte de l'incrédulité ou de la naïveté.
− Une compensation pour le tort que vous nous avez causé, Cormag, ajouta Suffolk. J'avais trouvé le parti idéal pour mon fils, mon unique héritier. Lady Granger était tout ce qu'il y avait de plus honorable : une jeune fille bien éduquée, vierge, et issue d'une bonne famille. Son père est un intime du roi. Si j'ai l'argent, il a le pouvoir. Alors imaginez ce que nos enfants auraient pu faire en se mariant. De grandes choses à n'en pas douter.
Il marqua une pose, le temps pour chacun d'assimiler ses paroles et pour lui d'avaler une gorgée de whisky.
− Or, Lady Hermione a épousé votre neveu. Et quel neveu ! dit-il en se tournant vers Drago. Rien de moins que le traitre Drago Malefoy.
Drago sentit ses doigts se resserrer autour de son verre, menaçant de le briser à tout instant. L'appeler le traitre, sous son propre toit d'accueil, était une véritable insulte. Mais il n'était pas l'heure pour lui de se montrer belliqueux, et c'était à son oncle et Laird de mener la conversation comme il l'entendait. Il se promit cependant qu'un jour, il ferait ravaler ses paroles à ce Duc de pacotilles.
− Nous ignorions que Lady Hermione était promise à Cepheus, répondit calmement Cormag. L'amour a frappé à leur porte, et qui, sinon le Seigneur, aurait pu s'opposer à une telle union ?
− Vous, Cormag, vous auriez du vous y opposer. Une jeune femme issue de la noblesse n'a rien à faire dans la couche d'un …
− Jeune homme issu de la noblesse, coupa Cormag. Jusqu'à preuve du contraire, Drago est aujourd'hui le seul héritier du Clan Malefoy. D'un point de vue sociétal, son titre de Laird est au-dessus de celui de votre fils, uniquement fils de Duc.
Drago fut plus que surpris d'entendre Cormag le défendre ainsi. Tous deux ne parlaient jamais de l'héritage de Drago, et de la vie qu'il aurait dû avoir. Drago en était arrivé à penser que, peut-être, cela n'enchantait pas le Laird de loger un autre Laird sur ses terres. Mais visiblement il n'en était rien, et il sentit une vague de reconnaissance le submerger subitement.
− Quoi qu'il en soit, continua Cormag, nous sommes navrés d'avoir compromis ce qui semblait être un plan pensé sur le long terme. L'amour a, semble-t-il, était plus fort que tout.
− Un amour plutôt immédiat, vous en conviendrez, répondit Suffolk.
Il ne regardait plus Cormag, mais Drago. De toute évidence, il attendait qu'il réponde en personne.
− Un véritable coup de foudre, répliqua celui-ci avec un petit sourire en coin.
Rien, absolument rien dans leur relation ne s'était apparenté une seule seconde à un coup de foudre, songea Drago. Ils s'étaient mariés dans se connaître, et avaient dû se découvrir, parfois avec colère, d'autre fois avec humour. Le fait était qu'à présent, Drago ne pouvait tolérer la seule pensée de voir Hermione partir loin de lui pour en épouser un autre. Les baisers échangés la veille avait eu raison de son cœur et avaient exacerbé un désir déjà grandissant.
− L'amour n'a rien à voir avec les mariages, rétorqua Suffolk qui commençait visiblement à perdre patience. Vous êtes bien naïf, Malefoy, si vous imaginez le contraire.
En réalité, Drago était plutôt d'accord en ce qui concernait son union avec Hermione : au début, celle-ci n'avait rien à voir avec l'amour. Mais il ne pouvait pas le répondre ceci, étant donné qu'aux yeux de la majorité, rien n'avait plus motivé ce mariage que de purs et tendres sentiments amoureux.
− Le mariage est fait pour créer des alliances, militaires ou politiques, continua le Duc, et assurer une descendance. Ensuite, seulement, vous pouvez vous enticher d'une maîtresse ou de deux. Encore que, nul n'a besoin de l'amour quand il s'agit de posséder le corps d'une femme.
Suffolk semblait parler en connaissance de cause, et sa dernière phrase lui arracha un petit sourire.
− Croyez-moi, Malefoy, bientôt, votre amour pour Lady Hermione désertera votre cœur, et nous n'aspirerez plus qu'à enfoncer dans votre dard dans des demoiselles plus jeunes, plus étroites, plus crédules.
Ces mots, d'un vulgaire assumé, arrachèrent un haut-le-cœur à Drago qui se sentit pâlir. Il parlait des femmes comme de morceaux de viandes que l'on choisirait chez le fermier du coin. Voici donc sa conception du mariage ? Une épouse respectable à afficher en soirée mondaine et à engrosser pour assurer sa lignée, et une maîtresse que l'on prend pour son propre plaisir ?
− Vous ne pensez pas ce que vous dite, dit Jeremiah qui le regardait avec des yeux ronds.
− Bien sûr que si. Nous sommes entre hommes, alors je peux bien en parler avec vous sans ambages. Ma femme est défraichie, et j'ai déjà un héritier mâle. Je n'aspire pas à en avoir d'autre, à mon âge, vous imaginez. Mais j'ai des besoins primaires que je dois satisfaire si je ne veux pas perdre la tête. Voilà pourquoi je ne me déplace jamais sans ma maîtresse.
Il ne fallut que guère de temps à chacun pour comprendre ce que Suffolk était en train de dire. Ainsi donc, voilà qui était la jeune femme qu'Hermione avait vue descendre du carrosse à la suite de la famille du Duc : sa maîtresse. Hermione lui avait décrit une jeune femme craintive, très austère, qui n'avait pas plus d'une vingtaine d'années. Elle était plus jeune que son propre fils, songea Drago avec dégoût.
− Voulez-vous dire que votre épouse cautionne un tel comportement ? demanda Hadrian, soudain très intéressé par la question.
Cormag lui jeta un regard noir, tandis que Suffolk éclata d'un rire gras.
− Cautionner ? Mais de quoi aurai-je l'air si je demandais sa permission à ma femme ? Je suis un Duc, je ne me cache pas et me délecte de ma petite favorite où et quand bon me semble. Et quel plaisir de l'éduquer aux plaisirs de la chaire. Elle est si novice, si naïve…
Drago devina qu'elle était surtout apeurée et incapable de se refuser au Duc quand bien même elle le souhaitait du plus profond de son être. Jugeant que la conversation dérivait bien trop loin du sujet de départ, Cormag secoua négligemment la tête.
− Voilà un mode de fonctionnement que ne me conviendrait guère. Mais revenons aux négociations que vous souhaitiez entreprendre en guise de réparation au tort que nous vous avons causé.
Suffolk ne se le fit pas dire deux fois. Il tourna la tête en direction de son interlocuteur et déclara :
− Je souhaite unir nos deux familles.
Jeremiah laissa échapper un petit grognement, à l'instar d'Hadrian, tandis que Drago recrachait son whisky dans son verre. A côté, Cormag resta de marbre, comme s'il s'était attendu à une telle proposition. Il ne dit rien, et enjoignit Suffolk d'un signe de tête de continuer sur sa lancée.
− Si vous célébrions un mariage entre mon fils et votre fille, nous pourrions…
− Ma fille est mariée, déclara Cormag.
− Vraiment ? N'est-elle plus veuve ?
Isaure était en effet veuve, depuis quelques années déjà, mais avait fait le vœu de ne jamais se remarier tant la perte de son époux avait été une épreuve pour elle qui en était éperdument amoureuse.
− Elle l'est, mais ne souhaite pas se remarier.
Le ton de Cormag était sans réplique et Suffolk dut comprendre que la négociation ne pourrait aboutir de ce côté-là car il n'insista pas. Il sembla réfléchir. Drago de son côté, ne voyait d'autre solution que celle que Jeremiah épouse la fille cadette de Suffolk, mais cette idée n'enchantait visiblement personne. En effet, il était plus intéressant pour le duc que ce soit son fils et non sa fille qui épousa un McLean.
− Et qu'en est-il de votre petite fille, la belle Lady Bonnie ?
Hadrian se leva d'un bon, très vite retenu par Drago et Jeremiah dont les yeux lançaient malgré eux des éclairs. La rage semblait couler telle de la lave dans les veines des hommes du Clan McLean, ce qui arracha un petit rire à Suffolk qui ne se sentit pas en danger pour autant. Il se détourna d'Hadrian – pourtant le père de la jeune femme en question – et regarda Cormag droit dans les yeux.
− Ce serait une première dans le monde britannique. Un fils de Duc épousant une petite fille de Laird. Voilà une union qui défierait quiconque de s'opposer à la fois à un duché et à un clan. Ce serait aussi l'occasion pour vous de mettre un pied à la cour du Roi, et d'y placer des pions.
− Et vous, Suffolk, qu'y gagneriez-vous ? demanda Cormag, les dents serrées.
− Un pied dans les Highlands. Mon duché doit s'agrandir si je veux conserver ma place de choix dans le cercle du Roi. Il naîtra de cette union un enfant à la fois Highlander et noble anglais, et je doute qu'un héritier puisse être plus puissant que cela, excepté ceux du Roi, bien sûr.
Le silence s'abattit dans le salon, tandis que chacun repensait à cette proposition. Cormag ne laissait rien paraître, son visage était neutre, même si tout le monde imaginait sans mal qu'il réfléchissait à la proposition. Hadrian implorait son père du regard, tandis que Jeremiah et Drago regardaient Suffolk avec dégoût. Avec tout ce qu'il venait de dire sur le mariage et les maîtresses, à quelle vie aurait-été destinée Bonnie si elle partait vivre en Angleterre auprès de Cepheus ?
− Je vous y réfléchir, déclara finalement Cormag en se levant. En attendant que je vous donne ma réponse, ma demeure est votre demeure et j'espère que vous vous y sentirez comme chez vous.
− Il y a peu de risque, répliqua Suffolk en se redressant à son tour. Aussi espérons-nous que votre répondre ne tardera pas.
x.X.x.X.x
Hermione resta silencieuse face aux révélations que venait de lui faire la jeune Emily Cartridge. Ainsi donc elle était la maîtresse de Suffolk ? Mais comment cela avait-il pu arriver ? Devant son regard interrogatif, Emily explique d'une voix basse et tremblante :
− J'ai été vendue au Duc par mon oncle. Mes parents sont morts il y a de cela des années, et mon oncle a hérité de moi. Quand j'ai saigné pour la première fois, il m'a dit qu'il était temps de payer ma dette. Il n'était que trop heureux quand le Duc a proposé une belle somme d'argent pour que je devienne sa maîtresse. A condition que je fusse vierge.
Des frissons parcoururent l'échine d'Hermione.
− Quel âge avez-vous ?
− J'ai dix-neuf ans, murmura Emily.
− Quel âge aviez-vous quand le Duc vous a achetée ?
− Quinze ans, Milady.
Quatre ans, songea Hermione. Quatre ans que cette jeune femme avait le rôle de maîtresse, et pourtant elle ne l'avait jamais vu jusqu'ici. Ne souhaitant pas être davantage indiscrète, Hermione proposa à la jeune femme de s'allonger sur la table d'auscultation et de se dévêtir pour qu'elle puisse l'examiner. Alors qu'elle aurait aimé l'être, Hermione ne fut pas très surprise de découvrir des bleus et des entailles un peu partout sur le corps de sa patiente.
Le Duc était réputé pour avoir des goûts plus que douteux en matière de sexualité, et les quelques femmes avec qui il avait couché et qui avaient encore assez de force pour se confier avaient fait courir des rumeurs vraiment atroces. Rumeurs qui semblaient se révéler vraies.
Sur l'épiderme diaphane d'Emily, Hermione remarque une multitude d'hématomes de tailles et de couleurs variées. Elle pouvait reconnaître des traces de doigts faire un collier autour de son cou gracile, ou encore marbrer la peau de ses seins à peine formés.
− Est-ce que je peux soulever votre chemise ? demanda doucement Hermione.
Emily acquiesça et se retrouva bientôt nue sous le regard horrifié d'Hermione. La pointe des seins de la jeune femme étaient recouvertes de plaies encore sanguinolentes, son ventre était recouvert de ce qui semblait être des coups de fouets, ou de martinets peut-être… Il lui manquait deux ongles à la main gauche, et le petit doigt de sa main droite formait un angle étrange. Hermione ne posa pas de questions sur toutes ces blessures. Parce qu'elle n'avait pas besoin de réponse précise pour savoir que sa patiente était maltraitée très régulièrement.
Elle passa ses doigts frais sur le ventre de sa patiente, qu'elle découvrit plus dur qu'elle ne l'avait imaginé.
− Je vais devoir procéder à un examen dans votre intimité afin de m'assurer que vous êtes enceinte, m'y autorisez-vous ?
Hermione ne précisa pas qu'elle allait utiliser la magie pour découvrir si oui ou non Emily portait un enfant. Inutile d'éveiller les soupçons. La patiente hocha la tête, l'air soucieuse, et Hermione, après s'être désinfectée les mains avec un peu d'alcool, écarta doucement ses cuisses pour y faire pénétrer un doigt. A l'aide d'un sort informulé, elle découvrit qu'en effet la jeune femme était enceinte, comme elle s'y était attendue.
− Vous êtes bien enceinte, murmura Hermione.
La dernière lueur d'espoir qui brillait au fond des prunelles d'Emily s'éteignit.
− Il faut m'en débarrasser, exigea-t-elle, alarmée. S'il venait à l'apprendre … Il me battrait. Et si l'enfant devait naître, je ne veux pas qu'il subisse la vie que je mène.
Hermione comprenait sans mal la volonté d'Emily d'épargner ainsi son enfant à naître. L'avortement était en effet ce qui ressemblait à la meilleure solution en ce qui concernait sa patiente.
− Je peux vous donner des décoctions à base de plantes abortives. Mais ce sera douloureux.
− Peu importe, chuchota Emily, déterminée.
Hermione n'expliqua pas qu'il y avait davantage que des plantes dans la petite fiole qu'elle fit boire à Emily. Un sort devait assurer la patiente d'avorter de manière plus prudente et sans craindre pour sa vie. La jeune femme avala tout le flacon sans sourciller, et demanda à se rhabiller.
− Est-cela première fois que vous tombiez enceinte ? demanda Hermione.
En quatre ans, il était tout de même peu probable que cela n'arrive pas.
− Oui, répondit Emily. Habituellement, je prends un breuvage que me donne la Duchesse pour éviter ce genre de chose.
La duchesse ? Ainsi donc, la femme du Duc savait pertinemment qui était cette jeune femme. Rien d'étonnant puisqu'elles avaient voyagé jusqu'ici dans le même carrosse.
− Mais le mois dernier, elle n'avait pas réussi à se la procurer et… Le duc a été particulièrement en demande, ajouta Emily en rougissant et en baissant le regard.
Hermione éprouvait beaucoup de compassion pour cette femme pour qui la vie n'avait pas été facile. Pouvait-elle l'aider, d'une manière ou d'une autre ? Elle en doutait, parce que cela risquait de ne pas améliorer les relations entre le clan et le Duc de Suffolk, pourtant, elle ne pouvait plus respirer à l'idée de savoir tout ce qu'Emily subissait au quotidien.
− Est-ce que je peux faire quoi que ce soit pour vous ? demanda-t-elle finalement. Avez-vous songé à fuir ?
Emily la regarda comme si elle venait de dire une énormité.
− Fuir ? Pour aller où ?
− Ailleurs.
Emily eut un petit rire cristallin et terriblement enfantin.
− Il n'y a qu'une Lady pour penser que tout le monde à le choix. Ailleurs, ce ne sera pas forcément mieux. Chez le Duc, je mange chaud tous les jours, j'ai une chambre, des vêtements. Le Duc peut se montrer clément envers moi, et me fais voyager. Qu'adviendra-t-il de moi si je dors dans la rue, à la merci d'autres hommes moins riches, moins éduqués ?
Hermione resta bouche bée devant le fatalisme dont faisait preuve la si jeune Emily. Elle ne trouva rien pour le contraire cependant, aussi se contenta-t-elle de se taire et de la raccompagner vers la sortie.
− Revenez me voir dans quelques jours, quand vous aurez saigné. Nous vérifierons si vous êtes encore enceinte.
