Notes : Ça fait pas mal de temps que je n'ai pas update (enfin, selon le rythme que je m'étais donné) et ça risque de ne pas s'améliorer comme j'ai encore d'autres choses de prévus. Mais du coup voici 3k mots !


"Ace ! Ace ! Oh mon dieu la patronne va me tuer... Ace où es-tu ? Réponds !"

Ace trottina plus rapidement dans la forêt du mont Corvo.

Il n'avait pas besoin qu'on le surveille, il avait trois ans ! Enfin, presque !

Il pouvait être indépendant. La preuve, il réussissait à semer Magra comme Papi lui avait enseigné pour les bêtes !

En plus, Magra était bien trop énorme pour échapper aux animaux, comme Papi, mais lui était fort, pas comme Magra. Donc Magra ne devrait pas être seul dans la forêt. Mais Ace le pouvait puisqu'il était petit et réussissait à semer les bêtes féroces.

Il savait qu'un jour, il pourrait battre d'encore plus gros animaux que ceux qu'il avait déjà vu, il l'avait déjà fait, quand il était grand, avant.

Ce qu'il l'embêtait beaucoup était qu'il se souvenait de beaucoup de choses mais ne comprenait que peu, c'était ça être adulte ? Comprendre des choses ?

Peut-être que c'était pour ça que des fois les bandits parlaient comme s'il n'était pas là, c'était dans ces moments qu'il les ignorait lui aussi. Ces derniers temps il profitait même de leurs chamailleries pour ouvrir la porte et sortir dehors.

Il adorait être dehors.

Il aimait être seul, hors des cris et des excès de colère de la famille de bandits, dans ses souvenirs, ils n'étaient pas aussi collants. À chaque fois qu'il décidait d'aller dans la forêt, on le ramenait illico dans la maison, proche des adultes. Alors qu'il avait été un adulte ! Quand il avait crié à Dadan qu'il était suffisamment grand elle lui avait rit au visage et dit qu'il était trop faible pour rester dehors. Mais il ne l'était pas !

Un jour il aimerait marcher jusqu'à atteindre la mer.

Il demanderait à papi de l'accompagner tient, les bandits ne disaient jamais non à papi. Le chanceux.

"Ace ! Oh tu es là"

Un bras épais passa par son torse et le souleva.

Gah ! Il ne voulait pas retourner tout de suite !

"Ne me mords pas..." Magra dit sur son ton d'adulte "Viens, on rentre sinon la patronne va nous passer un sale quart d'heure".

En entendant le surnom de Dadan, Ace eu comme réflexe la tête qu'il présentait tout le temps à la femme rousse.

"Tu imites bien sa tronche dit donc !"

Il gesticula de toutes ses forces dans l'espoir de sortir de sa prise.

"Je ressemble pas à la vielle peau !"

C'était vrai ! Il s'était vu dans l'eau de la rivière, il n'était pas aussi vieux ni aussi moche !

"Encore heureux ! Quelle vision d'horreur..." Magra ignora ses insultes et l'emmena vers la tanière des bandits.

Cela prit quelques minutes grâce au fait qu'Ace était partit assez loin cette fois et que, malgré sa petite taille, il faisait vivre l'enfer au bandit qui l'avait sous le bras.

Ace devait faire pas mal de bruit en essayant de s'extirper de Magra, car la porte en face d'eux s'ouvrit en un coup de pied et le visage effrayant de Dadan sortit de l'ombre de la maison.

Sa grimace perpétuelle se fit plus profonde avant qu'elle lui crie à la figure, faisant reculer même Magra.

"Ace ! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu t'en ailles à l'heure de la sieste, petit con !"

Qu'est-ce qu'il en savait de l'heure ? Il partait quand il en avait envie !

"J'ai pas sommeil !"

"Tu serais plus crédible si tu ne te frottais pas tes yeux !"

Après une seconde de réflexion, il retira sa main de ses yeux.

Dadan soupira comme à son habitude. Et Magra le fit descendre.

"Allez vaurien au lit ! Tu n'as pas intérêt à te barrer d'ici ! Je garderais un œil sur la porte !"

Ace fixa la femme. Il réfléchit un instant à une réplique mais il ne trouva rien.

"Vielle peau !"

Il courut vers sa chambre, n'écoutant pas les cris derrière lui.


Ace se réveilla dans le monde onirique. Un peu difficilement comme il devait s'adapter au rêve, ça arrivait souvent quand Marco était déjà en train de rêver.

Il resta allongé et repensa aux agissements de petit Ace, vu ses humeurs il était bien content d'avoir écarté certains de ses souvenirs comme les ponéglyphes par exemple, même s'il aurait bien voulu voir la tête du vieux croûton si Ace avait écrit des ponéglyphes.

Un rire s'échappa de ses lèvres. Il faisait déjà assez de misères à deux ans pour rajouter des problèmes, pauvre Dadan.

Une voix posée et indéfiniment reconnaissable parla proche de son oreille.

"De quoi rigoles-tu ?"

Il tourna brusquement la tête pour voir le visage contemplatif de Marco, allongé à côté de lui. Proche, trop proche de lui. Surtout lorsque le blond portait l'ombre d'un sourire sur lui.

Il posa une main à son oreille pour arrêter les picotements qu'il y ressentait.

"Tu as l'air bien content aujourd'hui, il s'est passé quelque chose ?" Articula-t-il après avoir discrètement éclairci sa voix, elle était inhabituellement enrouée.

"Rien d'intéressant" Esquiva tranquillement Marco, mais ce n'était pas comme si Ace pouvait lui reprocher, il venait de faire la même chose après tout.

Ils se regardèrent jusqu'à que Marco décide de porter son attention sur le ciel, ils entrèrent dans un silence confortable.

Ace se sentait étrangement calme, normalement il profiterait de ces moments de tranquillité pour sortir son carnet et réfléchir. Mais ces derniers temps il était trop exaspéré par sa situation pour perdre sa bonne humeur dessus.

Il pensait auparavant être sur la bonne voie, mais rien de ce qu'il théorisait lui permettait de rompre le lien qu'il avait avec Marco.

Il était donc encore et toujours dans la même impasse.

Pourquoi est-ce qu'il était tombé sur Marco déjà ?!

Lui qui espérait s'éloigner de lui... Il était dégoûté, et dire qu'il y a deux jours il lui avait annoncé qu'il était sûr le point de trouver la solution !

Il était heureux de le voir, de lui parler, mais cette situation ne pouvait pas durer.

Ces presque trois ans lui ont permis de prendre beaucoup de recul. Il était venu à la conclusion que ça ne pouvait plus continuer. Marco ne connaissait pas Ace mais Ace le connaissait que trop bien.

D'un jour à l'autre l'idiot enflammé qu'il était allait ruiner leur amitié.

Il devait trouver un moyen de se détacher de Marco, même si à la fin, il se retrouverait complètement immergé dans le corps trop immature de petit Ace.

Petit Ace était franchement naïf, mais on devait s'y attendre vu son âge. C'était particulièrement drôle de se rappeler qu'il se pensait assez grand pour être indépendant.

Dans sa mémoire, il avait tout le temps été indépendant, profitant seulement de Dadan et des bandits pour ne pas trop s'embêter. C'était drôle de se voir dépendant et influençable.

Il ricana encore, cette-fois ci Marco se leva sur ses coudes pour lui diriger un regard interrogateur.

"Tu penses que les enfants peuvent totalement être indépendants ?" Demanda-t-il sur le moment sans arrière-pensées.

Il ne fallut même pas deux secondes pour que Marco accapare le sujet.

"Totalement ? Non. Mais on peut leurs faire confiance pour certaines tâches... "

Il rebondissait facilement sur de telles choses.

Ace faisait de temps en temps quelques bruits d'affirmations, rires et questions pour le relancer.

Il savait que parler comme cela détendait Marco, et il méritait de se détendre. Il travaillait d'arrache-pied pour sa famille.

Le brun fut presque bercé par le flot de paroles, il adorait quand Marco parlait de ce qui l'intéressait, il prenait un ton particulier, mélangez cela à quand il parlait de sa famille et vous entendriez l'affection.

D'ailleurs, il se mit à parler de l'équipage et Ace garda une oreille avide à ces histoires. Marco était et sera son dernier lien avec cette famille, il profitait de chaque histoire que Marco s'autorisait à lui raconter.

Il parlait cette fois de la nouvelle passion de Curiel pour les pranks malgré son talent inexistant. Ace pouffa à cette nouvelle information, elle ne collait pas du tout à l'image qu'il se faisait du futur dixième commandant.

Mais à un moment, Ace cessa de réagir à ce qu'il disait, il devait lui dire quelque chose.

Ace n'arrivait pas à se convaincre de le stopper.

Il aimait écouter Marco parler, mais là n'était pas le problème. Il se devait de lui annoncer qu'il n'était pas aussi proche de son but qu'il y pensait. Qu'il resterait ici encore pour un bon bout de temps.

Verrait-il de la déception ? Pouvait-il espérer un soulagement ?

Il y a quelques jours de cela, Ace avait été dans une réflexion semblable, il avait écouté d'une oreille distraite Marco qui jactait sur tout et n'importe quoi.

...


...

Ace réfléchissait sur l'avenir.

Sur le fait qu'il devait partir de la vie de Marco, de l'équipage. Qu'il haïssait de devoir rester à ses côtés comme cela, dans ses rêves sans avoir le choix.

Il se demandait pourquoi ce putain de monde onirique lui refusait sa liberté.

C'était limite comme une cage, ils étaient tous deux prisonniers et d'un jour à l'autre, ils commenceraient à se détester, à devenir l'enfer de l'autre.

Il commençait à haïr ce monde. Ces rêves tellement monocordes, simples, presque désuets.

Avant ils avaient eu droit à beaucoup de scènes, maintenant ce n'était que des clairières et champs sans originalité et..

..sans personnalité ?

Il considéra Marco, qui etait à côté de lui, pendant quelques secondes.

Ouaip, il était totalement du genre à faire cela.

"Stoppe ça" dit-il sans crier gare.

"Hein quoi ?"

"Stoppe ça" Marco lui lança un regard curieux et pencha légèrement sa tête, un des signes aviaires qu'Ace avait appris à remarquer.

Le brun réfléchit un instant avant de comprendre qu'il fallait expliquer, il désigna autour de lui.

"Arrête d'essayer que tout ait un sens ici"

"…Je ne crois pas bien comprendre yoi..."

Ace mit une main dans ses cheveux et regarda le ciel.

"J'aurais du m'en rendre compte bien avant..." Il chercha ses mots "Tes rêves sont trop normaux, tu devrais relâcher ton imagination, ça ne doit pas être bon à la longue."

"Attend, tu es en train de me dire que je ne me lâche pas assez ici ?"

Ace hocha la tête et se rappela des moments où Marco se relâchait sur le navire, comme les rares fois où Marco s'autorisait à boire, sans activer son fruit du démon, pour se soûler. Contrairement à Ace qui lui, quoi qu'il face, brûlait l'alcool trop rapidement et essayait d'en boire le plus vite possible (ce qui marchait bien vu son métabolisme de fou furieux).

Il manqua de sourire à cela mais il se reprit, il y avait une conversation en cour.

"Ça doit être inconscient mais..."

Il ne savait pas comment expliquer, il le savait, point. Pourquoi est-ce qu'il devait se justifier ?

Dans sa tête, une voix qui ressemblait bien trop à Marco sembla lui dire c'est le principe d'une discussion sur un ton narquois.

"Avant, quand tu n'étais pas conscient de moi, tes rêves était plus fou... plus libres ?" Marco souleva un sourcil et Ace se dépêcha "Bref ! Maintenant, ils sont trop normaux ! Permets-toi un peu de folie !"

Il agita ses bras, comment faire pour que Marco le prenne au sérieux ?


Au même moment, contrairement à ce qu'Ace pensait, Marco prenait en compte son avis.

Il n'avait pas fait attention, mais il était clair que ses rêves étaient devenus plus moroses, sans doute car, inconsciemment, il savait que ses frères et sœurs regardaient ses rêves.

Mais ça, c'était avant, maintenant il n'y avait que des enregistrements et non des représentations en grand écran comme lors des premières pyjama party.

Après autant de temps passé à voir le gamin, peu de personnes se méfiaient de lui.

"Tu dis ça comme s'il n'y avait pas mes frères qui nous observaient" mentit Marco, bon ce n'était pas vraiment un mensonge, ses frères pouvaient toujours regarder les enregistrements, il pensait d'ailleurs que ses rêves sont devenus le feuilleton de Pops, Izou et surprenamment Bay et Vista. Pourquoi Thatch ne regardait pas, il n'en était pas sûr.

"Tu peux toujours rejeter la faute sur moi" intervint le brun "Rêves érotiques ? Tu dis que c'est moi qui l'ai inventé, par contre je veux au moins une fois un droit de veto sur la personne imaginée" à cela, le gamin fit une mine dégoûtée, comme s'il imaginait quelqu'un en particulier.

Le rire de Marco fit écho dans le rêve.

"Je ne pense pas aller dans cela, ni en être capable consciemment" il lui jeta un regard et ne put s'empêcher de pencher légèrement sa tête "Quels genres de choses sais-tu faire dans un rêve, toi ?"

Il semblerait qu'il avait titillé l'esprit compétitif du gamin, car il répondit par un : "Beaucoup trop de choses ! Et des meilleures que toi je parie "

"Pari accepté," chacun eu un sourire féroce, parier était leur truc "si tu me montres comment faire tout d'abord"

"Tu vas voir, c'est facile".


Il s'eut avéré que les rêves réagissaient inconsciemment aux émotions, mais qu'elles étaient maniables consciemment.

Ils s'étaient alors amusés à faire de nombreux objets et animaux. Le gamin lui avait fait voir des merveilles en tout point, que ce soit nourritures, trésors ou tigres géants. Mais là par contre...

"Hey c'est plutôt clair comme image non ?" Demanda le brun en question.

"Clairement flou ouai" dit Marco qui ne réagit pas à sa mine déconfite "Qu'est-ce que c'est censé être tout d'abord yoi ?"

Il eut un sourire béant et posa un coude sur l'espèce de poteau flasque.

"Un de tes amis voyons"

C'était presque insultant, mais heureusement pour le gamin, Marco reconnaissait la sincérité dans son regard.

Le brun pensait vraiment avoir fait quelque chose de vivant. Marco se sentait un peu offensé tout de même.

"Aucune personne de mon entourage ne ressemble à ça."

Le truc est blanc et jaune. À vrai dire, ça avait la couleur du célèbre plat avarié de Jozu.

"Mais non Marco ! Pas un humain !"

Une vague d'exaspération prit Marco

Oh putain jura-t-il, déjà fatigué.

"C'est un oiseau, c'est ça ?"

"Oui ! Un pélican !" Le gamin étendit ses deux bras vers l'animal représentant plus la souffrance qu'un être vivant à part entière.

Le commandant eut la soudaine envie de mettre sa main sur son visage, il ne la retint pas.

"Tu es nul à ça" il ignora le bruit offusqué, "C'est immonde, tu ne peux pas me dire que tu pensais à un animal en faisant ça, si ?"

Le brun enlaça la chose et mitrailla du regard le blond.

"Hey ! Retire ça ! Monsieur le Pélican a des sentiments, je te rappelle"

"Le truc n'a même pas d'ailes yoi ! Comment peux-tu affirmer que c'est un pélican !"

La chose prénommée pélican émit un son tout à fait affligeant et se rapprocha de lui.

Pour le pincer et lui mettre des coups de bec, et pas doucement, plus du type je-vais-percer-et-retirer-ta-peau

"Aïe yoi ! Fais-lui arrêter ça !"

Il recula mais la bête le suivit, et les coups se firent de plus en plus insistant.

"Tu rêves ! Il a droit à une vengeance ! Vas-y Monsieur le Pélican !"

Marco crut voir les yeux de la créature étinceler, mais il était trop occupé à fuir les coups de bec pour regarder.

Il se mit à courir juste après. Mais malheureusement, malgré l'absence totale de muscles (et d'os ? Il était constitué de quoi ?) le pélican était capable de le suivre.

Derrière lui, une créature des enfers le coursait.

Une ombre para le soleil au-dessus de Marco, il pointa son regard dans les airs et pâlit.

"COMMENT EST-CE QUE ÇA PEUT VOLER ?!"


Quelques jours après, lorsqu'il avait enfin réussi à oublier la chose un Thatch curieux l'approcha pour lui poser une question qui raviva le traumatisme.

"Alors, Vista m'a parlé d'une histoire de pélican furieux ?"


Et beaucoup plus tard, après ces deux rêves et après une quête menée par Izou. Jozu, Thatch, Vista et Marco trinquèrent tous en regardant leur tireur préféré se défouler sur Curiel.

"Comment est-ce qu'on est parvenu à sauver nos culs déjà ?" Enquerra Thatch en sirotant un smoothie, le bruit était à la limite du supportable, mais personne ne dit rien.

"Avec de l'alcool ? C'était trop rapide, tout ce que j'ai fait était dans le feu de l'action" dit Jozu.

"On s'est servi des cartes comme projectiles yoi, et Vista et le reste ont changé de camp pour nous rejoindre"

"J'ai rejoint facilement, mais vous aviez dû faire beaucoup de chantage pour tout le reste" dit Vista en désignant toute la cinquième division qui s'était malencontreusement retrouvée recrutée par Izou pour l'aider. Maintenant ils réparaient les dégâts.

Jozu mit ses lunettes de soleil, "Et Curiel dans tout ça ?" Il était vrai que le pauvre homme se faisait martyriser en ce moment même.

"Mauvais endroit au mauvais moment yoi, le malheureux à eu l'idée de faire une farce dans un couloir et c'est tombé par pur hasard sur Izou"

"Après cela, je doute qu'il réessaye de faire des pranks un jour" dit solennellement Thatch, tout le monde acquiesça.


Notes : Un flashback dans un flashback (avec un changement de point de vue ahah) pour terminer sur le présent... ouch, est-ce que c'était okay à lire ?

C'était soit ça soit rentrer directement dans un plot hole malheureusement. J'ai presque dû mettre toute la scène du Pélican au plus-que-parfait (tout sauf çaaaaa).

Et oui, je me suis pas mal défoulée en parlant du pélican des enfers.

Des fois je ne place pas la négation entièrement ("Je pense pas" au lieu de "je ne pense pas"), c'est totalement voulu pour les dialogues et pensées.