Bonjour à toutes ! C'est mercredi, et mercredi c'est raviolis.
Pas de tout. Qui mangerait des raviolis par cette chaleur étouffante ? Elle est là, la team tomate mozza, melon et glaces ? Pour dire vrai, je n'aime pas l'été. Je suis une fille de l'automne et de l'hiver, je vis dans le Sud de la France, mais clairement, mon cœur est Britannique haha, mais s'il y a bien quelque chose que j'adore en été ce sont les fruits et les salades. Toute ma vie !
Bon, j'arrête de raconter ma vie et vous annonce que ce chapitre annonce la couleur du prochain chapitre. J'avais prévenu dès le début, c'est une fiction pour public averti, alors dès dimanche, il risque d'y avoir quelques scènes… olé olé ! Voilà c'est dit.
En attendant, je vous laisse découvrir ce chapitre qui annonce d'autres évènements à venir, en espérant qu'il vous plaira ! N'hésitez pas à commenter et à venir me faire un petit coucou sur ma page facebook Brunhild Ana Writings ! A dimanche.
Hermione avait terminé sa journée très tard, les patients s'étant succédés. Il faisait nuit noire quand elle regagna ses appartements, espérant qu'un dîner chaud l'y attendait, ainsi qu'un lit douillet. Quand elle poussa la porte d'entrée de ceux-ci, elle tomba nez à nez avec Drago qui enfilait une veste chaude par-dessus sa chemise habituelle. Hermione marqua un temps d'arrêt et demanda :
− Tu vas quelque part ?
Drago leva la tête, surpris. Perdu dans ses pensées il ne l'avait pas entendue arriver. Son regard s'attarda longuement sur les cernes qui bordaient les beaux yeux bruns de son épouse, ainsi que ses traits tirés par l'angoisse et la fatigue chronique dont elle était victime depuis l'arrivée des Suffolk. Il se demanda un court instant s'il devait lui mentir, mais décidé qu'ils avaient désormais dépassé ce stade et qu'il lui devait d'être honnête.
− J'ai un combat, ce soir. Ce n'était pas prévu, mais…
− Il y a beaucoup d'argent à rafler, termina Hermione en soupirant.
Elle l'observa encore quelques secondes avant que son regard ne se pose sur la soupière encore fumante que Drago avait déposé sur la table à son attention. Il entendit son estomac gargouiller quand le fumet alléchant se faufila jusqu'à son petit nez retroussé. Il ne put retenir un sourire.
− Soupe de courge aux marrons, déclara-t-il en tirant galamment une chaise pour que son épouse puisse s'y installer.
− Je meurs de faim. Je me dépêche d'avaler un bol de soupe, et nous pourrons y aller.
− Nous ? demanda Drago, soudain inquiet.
− Nous, répéta Hermione afin de s'assurer qu'il ait bien compris.
De toute évidence, elle s'attendait à ce qu'il s'y oppose – et sans doute aurait-il du le faire, mais devant son air déterminé, et la menace des Suffolk qui planait au château, Drago songea qu'elle serait sans doute plus à l'abri avec lui dans une taverne miteuse que seule dans leurs appartements. Il soupira pour montrer son mécontentement – par principe – avant d'acquiescer doucement et de prendre place à ses côtés pendant qu'elle dînait. Il lui posa des questions sur sa journée, et elle lui raconta ce qu'il s'était passé avec l'inconnue qui accompagnait les Suffolk et qui portait désormais le prénom d'Emily. En retour, Drago lui expliqua ce qu'avait demandé le Duc, et Hermione manqua de s'étouffer avec un marron en entendant son récit.
− Et bien, voilà une journée riche d'informations qui s'achève, grogna Drago d'un air pensif.
− Elle n'est pas encore finie, répliqua Hermione en reposa ses couverts sur la table. Je vais m'habiller.
− Prends quelque chose de chaud, nous serons en extérieur, précisa Drago. Et de quoi te camoufler.
Elle se leva et se dirigea vers sa chambre pour y récupérer un manteau long, chaud et épais, doté d'un capuchon qu'elle pourrait rabattre sur sa tête en cas de nécessité. Le couple décida de transplanner directement, non loin de l'arène où aurait lieu les combats et rejoignit Blaise qui se trouvait déjà sur place. Celui-ci était très excité et l'ambiance dans les tribunes était électrique et pour cause : le match qui venait de se terminer venait de proclamer vainqueur le participant le moins habile de sa génération.
− Un coup de chance, expliqua Blaise. L'autre s'est tordu une cheville, et Bronson en a profité pour se jeter sur lui et lui donné un coup de coude dans la tempe. Il l'a mis K.-O.
Blaise leur expliqua en détail ce qu'il s'était passé, puis proposa à Hermione de trouver une place pour assister au combat de Drago.
− Restez visible, je veux pouvoir te voir, murmura Drago à l'oreille d'Hermione. Et ne bouge pas une fois que tu es installée.
Il voulait garder un œil sur elle, quoi qu'il arrive.
− Oui, papa, grommela Hermione en se détournant.
Il lui attrapa le poignet avant qu'elle ne s'éloigne trop et la ramena contre lui.
− Je ne plaisante pas.
Il la serra contre lui un bref instant et hésita une seconde avant de déposer un baiser au cœur de ses lèvres roses. Hermione parut surprise, mais elle lui rendit son baiser avec ardeur, et il se jura de lui en quémander davantage quand le combat sera terminé. Il lui adressa un petit clin d'œil charmeur avant de se détourner à son tour pour rejoindre ce qui servait de loges aux combattants.
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Le combat avait commencé depuis de longues minutes seulement, pourtant, Drago était déjà en nage. Son adversaire, Billy le Poing, était une vraie teigne qui sautant comme une gazelle sans jamais se laisser toucher. Il avait le même gabarit que lui et la même rage de gagner, ce qui ne lui facilitait pas la tâche. Il esquivait les coups de Drago avec agilité, mais ne parvenait pas à en donner, ce qui fit tirer le combat en longueur. La foule commençait à s'agacer, à s'ennuyer, et Drago savait que ce n'était pas bon signe.
Il devait mettre un terme à ce match rapidement, sans quoi les spectateurs commenceraient à huer, puis à jouer des poings de leur côté. Hermione était au milieu des tribunes, il l'avait repérée immédiatement et il ne voulait pas qu'elle se retrouve dans ce bourbier.
Drago décida de mettre de côté la prudence, et se jeta à corps perdu sur son adversaire qu'il toucha en plein ventre. Ce fut le véritable début du combat.
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Hermione regardait le ring comme si sa vie en dépendait. Il ne s'y passait pas grand-chose, pour le moment, pourtant elle ne pouvait s'empêcher de craindre pour la vie de Drago – ou au moins pour son nez, ou son arcade, ou l'une de ses lèvres. L'adrénaline était palpable tout autour d'elle, et malgré l'angoisse et la nervosité, elle se sentait porter par l'engouement général. A côté d'elle, Blaise était dans un état second. Il hurlait à Drago d'attaquer, scandait son nom, huait son adversaire. Il était bien loin du gentleman civilisé qu'Hermione avait l'habitude de côtoyer.
− C'est trop long, grogna-t-il.
− Qu'est-ce que ça change que ce soit…
Hermione fut interrompue par un mouvement de foule juste au-dessus d'elle. Quelqu'un venait de la bousculer dans le dos, tandis que des exclamations retentissaient. Tout sembla se passer en même temps : Drago assena un coup de poing dans l'estomac de son adversaire, et trois hommes se mirent à se battre trois rangées plus hautes qu'Hermione. Cette dernière ne savait plus où donner de la tête. D'un côté, elle voulait assister au combat de Drago, de l'autre, elle ne voulait pas que quelqu'un ne soit blessé ou ne lui tombe dessus…
Trop tard, l'un des trois hommes lui trébucha littéralement dessus, et elle dut faire un bond de côté pour l'éviter de justesse. Ses yeux se braquèrent sur les deux autres qui jouaient des poings à l'aveuglette, touchant tout et n'importe quoi – et n'importe qui ! Hermione voulut crier à l'imbécile qui avait manqué de la piétiner de faire attention, mais celui-ci repartait déjà dans l'autre direction.
De là où elle se trouvait, Hermione avait une vue imprenable sur les deux combats qui étaient en train d'avoir lieu. Tandis qu'elle tentait vainement de se concentrer sur Drago, elle vit dans sa vision périphérique une jeune femme se faire écraser par l'un des trois mufles et dégringoler de plusieurs marches. Sa tête percuta violemment l'un des bancs en bois à quelques mètres d'Hermione. N'écoutant que son courage, celle-ci se précipita sur elle.
Blaise tenta de la retenir, mais elle fut plus rapide et enjamba les bancs jusqu'à rejoindre la jeune femme dont l'arcade sourcilière était ensanglantée. Elle avait l'air sonné.
− Mademoiselle, vous m'entendez ? demanda Hermione en l'aidant à se relever.
Celle-ci ne répondit pas, encore dans les vapes. Elle porta une main tremblante à son front, et réalisa avec horreur qu'elle saignait abondamment. Elle laissa échapper un cri.
− C'est plus impressionnant que ça ne l'est, lui murmura Hermione. Laissez-moi faire, je suis guérisseuse.
La jeune femme ne lui répondit pas, et Hermione se demanda si elle avait seulement compris ce qu'elle venait de lui-dire, mais ne tenant pas à ce que le sang continue de couler à flot, elle sortit d'une de ses poches un bandage propre qu'elle entoura fermement autour de la tête de la blessée. Ajoutant à cela un sort informulé pour faire coaguler le sang, Hermione ne tarda pas à endiguer le flot d'hémoglobine.
− Appuyez fermement sur votre plaie, et buvez beaucoup d'eau les deux prochains jours.
− Vous là-bas ! s'exclama une grosse voix derrière Hermione. N'approchez pas de ma femme !
Hermione se retourna, et découvrit un homme aussi haut que large qui la pointait d'un gros doigt luisant de transpiration. L'image lui arracha une grimace de dégoût.
− Je la soignais, je…
− Je sais qui vous êtes ! Vous êtes l'Anglaise qui a épousé le Basilic !
− Je ne vois pas qu'est-ce que ça vient faire dans cette conversation, répliqua Hermione. Votre épouse était en train de se vider de son sang et…
− Taisez-vous ! gronda l'homme. Putain d'Anglaise, ne touchez pas ma femme.
− Je la soignais, répéta Hermione avec colère en pointant à son tour son doigt sur l'homme. Vous auriez peut-être préféré que je la laisse se faire piétiner ?
− Je vous ai dit de la fermer !
− Olà, l'ami, s'exclama Blaise en s'avançant difficilement parmi la foule. Vous n'êtes tout de même pas en train de traiter cette Lady de putain ?
− Qui tu es toi ?
− Moi ? Personne, soupira Blaise d'un air dramatique. Par contre, son époux, c'est le Basilic.
− Je sais ! rétorqua l'homme.
− Alors vous devez certainement savoir qu'il n'hésitera pas une seule seconde à vous tuer s'il apprend que vous insultez sa femme de la sorte.
L'homme pesa le pour et le contre et sembla penser qu'en effet, cela n'en valait pas la peine. Il empoigna son épouse par le cou, mais avant qu'ils ne partent, Hermione demanda à sa patiente :
− Ca va aller ?
La blessée était sur le point de lui répondre quand la cloche retentit et sonna la fin du combat – celui pour lequel les gens s'étaient réellement déplacés. Hermione se retourna vivement, juste à temps pour voir Drago quitter précipitamment le ring et se diriger vers elle d'un pas rageur…
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− Quand je me bats, j'ai besoin de te voir, Hermione, gronda Drago. Il faut que je te sache en sécurité.
Drago avait une arcade sourcilière fendue, et du sang ruisselait sur le côté gauche de son visage. Il ne semblait pas y prêter attention, et ses yeux étaient rivés sur ceux d'Hermione. Il était en colère, et pour une fois, ce n'était pas de cette colère froide dont il avait l'habitude. Son sang était en ébullition, et son cœur battait bien trop vite.
− Je devais la soigner, répliqua Hermione, butée.
− Non, rien ne t'y obligeait.
Il savait qu'elle ne s'excuserait pas. Parce qu'elle était convaincue qu'elle avait fait la meilleure chose à faire. Et sans doute avait-elle raison, mais elle s'était mise dans de beaux draps. Si Blaise n'était pas intervenu, toute cette histoire aurait pu mal se terminer et alors… Si elle avait été blessée, Drago aurait été complètement incontrôlable. Tous ses muscles étaient tendus, il était en colère qu'elle lui ait désobéit, en colère de ne pas pouvoir être près d'elle en permanence pour la protéger de tous.
− Tu m'as désobéi, délibérément, grinça Drago entre ses dents.
Il était conscient des gens autour d'eux, et de leurs oreilles tendues. Il savait qu'il ne devait pas se donner en spectacle, ne pas montrer à tout le monde combien elle était bien plus importante que ce qu'il le laissait croire. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Hermione ne se démonta pas, évidemment. Ses yeux mordorés étaient braqués sur ceux de Drago, elle ne cillait pas.
− Je n'ai pas à t'obéir. Tu n'es pas mon maître.
Alors que Drago était sur le point de rétorquer que c'était une question de bon sens, quelqu'un bouscula violemment Hermione et elle fut projetée directement dans ses bras. Le corps de Drago amortit la chute, si bien que tous deux ne furent que peu déséquilibrés. Drago jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, et reconnu le sourire noirâtre et mauvais du Cognard. Celui-ci se tenait bien droit et regardait Hermione d'un œil torve.
− Regardez où vous mettez les pieds, Lady, s'exclama-t-il.
Hermione ne répondit pas, mais Drago la sentit se crisper contre lui.
− Et peut-être devriez-vous également regarder à qui vous ouvrez vos cuisses.
Un grondement sourd s'échappa de la bouche de Drago, tandis que Blaise se rapprochait imperceptiblement, les poings serrés.
− Dégage, Crabbe, lui intima Drago.
Il fit passer Hermione derrière lui. Il ne supportait pas que ses petits yeux luisants de perversions se posent sur le corps de la jeune femme. Il supportait déjà difficilement qu'elle respire le même oxygène que lui, alors ses yeux… Mais ce n'était ni le moment, ni le lieu. La main d'Hermione se glissa doucement dans la sienne, et exerça une légère pression qui signifiait « Laisse tomber, tu vaux mieux que ça ». Mais il ne voulait pas valoir mieux que ça. Il voulait lui arracher la langue pour avoir dit ces inepties… Hermione tira un peu plus sur sa main, et murmura à son oreille :
− Partons.
Crabbe l'avait entendue.
− Oui, Black, rentre donc te fourrer dans les jupons de ta putain.
Ce fut la phrase de trop. Drago ne sentit même pas son poing se lever et s'abattre sur le visage de Crabbe. Ce ne fut que lorsqu'il sentit l'os de son nez craquer sous ses doigts qu'il réalisa l'avoir frappé. Son visage était fermé, mais ses yeux lançaient des éclairs ce qui dissuada qui que ce soit de s'interposer. Crabbe avait reculé de plusieurs pas, se tenant le nez en jurant, et Drago profita de ce moment d'inattention pour se retourner vers Hermione et lui empoigner la main.
− On y va, grogna-t-il avant de l'entraîner vers l'extérieur, Blaise sur leurs talons.
− Tu me le paieras, Basilic ! s'écria le Cognard d'une voix rendue nasillarde par le sang qui coulait de son nez.
Drago se retourna pour lui jeter un coup d'œil.
− La prochaine fois que tu parles à ma femme, Cognard, c'est au Diable en personne que tu raconteras tes déboires.
− On voit dans un mois, répliqua Crabbe. Et crois-moi, tu regretteras ce que tu viens de faire.
Sur ces mots, Crabbe tourna les talons, et disparut dans la file.
− Qu'y-a-t-il dans un mois ? demanda Hermione.
− Le dernier combat de la saison. Celui qui m'opposera à lui et devrait me rapporter assez d'argent pour nous tirer d'ici.
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Ils avaient abandonné Blaise dans le hall du château et avaient regagné leurs appartements. Malgré les quelques tentatives d'Hermione pour détendre l'atmosphère, Drago ne desserra pas les dents. Il était véritablement en colère contre le monde entier. Contre Hermione d'avoir agi sans réfléchir, contre Blaise de ne pas l'avoir gardée à l'œil, contre Crabbe de l'avoir insultée, contre lui-même de l'avoir embarquée dans cette aventure. Rien que l'idée qu'il aurait pu lui arriver quelque chose lui faisait mal au ventre. Comment en était-il arrivé là ? Comment était-il passé du mariage arrangé aux sentiments brûlants et contradictoires qu'il éprouvait à présent ?
Quand ils arrivèrent dans leurs appartements, Drago ne dit pas un mot et se dirigea vers la salle de bain pour voir l'ampleur des dégâts causés par le combat. Il avait mal à plusieurs endroits sur son visage, ainsi qu'aux poings et à deux côtes qui lui étaient très douloureuses. Il se déshabilla rapidement et s'observa d'un œil critique dans le miroir sur pied qui trônait dans un coin de la pièce. Un hématome commençait déjà à fleurir sur son flanc, et sa lèvre et son arcade continuaient de saigner sans interruption. Drago lâcha un soupire. Ç'aurait pu être pire. Il s'empara rageusement d'une serviette qu'il fit tremper dans la bassine d'eau froide posée sur la coiffeuse d'Hermione, avant de se tamponner la lèvre. C'était douloureux, mais pas insupportable.
Trois coups timides retentirent de l'autre côté de la porte, mais Drago préféra les ignorer. Il ne se sentait pas capable de faire face à sa femme. Il ne voulait pas voir sa colère se réfléchir dans la sienne, il ne voulait pas l'entendre argumenter ou le défier. Il n'en aurait pas la patience… Non, mieux valait pour tous les deux qu'ils passent la nuit séparément sans s'être adressé la parole. Mais ce ne semblait pas être l'avis d'Hermione qui frappa encore une fois. Puis deux. Puis trois.
Drago, sans doute aussi têtu qu'elle, ne répondit pas, continuant à panser ses plaies en silence, les dents serrées, la mâchoire crispée tant par la douleur que les souvenirs de cette soirée désastreuse. Le silence s'était à nouveau abattu dans la salle de bain, et Drago crut un instant qu'Hermione avait abandonné toute idée de discussion ce soir, mais il fut vite détrompé par la porte qui s'ouvrit lentement – mais sûrement – sur une Hermione à l'air tendu.
− Drago, je…
Elle cessa de parler quand elle réalisa qu'il était complètement nu. Ses yeux descendirent le long de son corps et le scrutèrent sans retenue. Son air était à la fois curieux et choqué de trouver Drago dans son plus simple appareil. Elle était bouche bée, et son expression ne put qu'arracher un sourire involontaire à Drago.
− Tu profites de la vue ? grogna-t-il en se retournant pour continuer ses affaires.
Il put la voir rougir de plus belle au travers du miroir, tandis qu'elle tournait subitement la tête et regardait ailleurs. Elle avait soudainement l'air bien moins déterminé que lorsqu'elle avait fait irruption dans la pièce. Il lui fallut quelques secondes pour se remettre de ses émotions, avant qu'elle ne fasse quelques pas dans sa direction et ne tende la main vers lui.
− Je peux te soigner, proposa-t-elle d'une voix timide que Drago ne lui avait jamais entendu.
Estimant qu'elle serait plus habile que lui avec ses doigts et sa baguette, Drago hocha la tête et se tourna vers elle pour lui tendre le linge tâché de sang qu'il utilisait jusqu'alors. Hermione lui intima d'un signe de tête de s'asseoir sur la chaise qu'elle utilisait habituellement pour se coiffer, et il s'exécuta tandis qu'elle prenait place en face de lui et commençait à laver le sang autour de son œil.
Les minutes s'égrainèrent et ni Drago, ni Hermione, ne vint rompre le silence qui s'était installé. On n'entendait plus que le clapotis de l'eau dans laquelle Hermione plongeait le linge. Drago avait levé la tête vers elle, et regardait son visage concentré qui le surplombait. Ses doigts effleuraient ses pommettes, ses lèvres, ses tempes avec tant de délicatesse que Drago songea qu'il aurait pu s'endormir sous ces caresses. Il n'en fit rien cependant, car il ne parvenait pas à penser à autre chose qu'à leur proximité physique et sa propre nudité.
Hermione semblait en être consciente aussi, car son souffle était plus rapide, plus rauque aussi, et venait heurter le visage meurtri de Drago. Le regard de Drago s'arrêta un instant sur ses lèvres entrouvertes, puis sur son cou gracile… Il ne put s'empêcher de descendre et de dévorer la forme ronde et pleine de sa poitrine qui se trouvait à hauteur de ses yeux. Tandis qu'il s'imaginait dévorer la pointe charnue de ses seins délicats, Drago réalisa que la colère avait laissé place à une toute autre émotion… Un désir brûlant.
Sans vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait, porté par l'excitation qui grandissait en lui, il leva les mains et les posa délicatement sur les hanches de son épouse. Celle-ci le laissa faire, et, enhardi par son silence, Drago vint placer ses jambes entre celles d'Hermione pour qu'ils soient plus proches encore l'un de l'autre.
− Je n'ai pas pour habitude de soigner mes patients dans cette position, murmura-t-elle, les joues rouges.
− Et je n'ai pas pour habitude de faire s'asseoir les guérisseurs sur mes genoux, répondit Drago en s'exécuta.
Hermione était désormais assise sur les jambes de Drago, ses propres jambes de part et d'autre de la taille de son époux. Dans cette position, impossible pour Drago de cacher son excitation pour elle. Hermione laissa tomber le linge humide sur le sol tandis que Drago posait ses mains sur ses fesses. Même à travers le tissu épais de sa robe, il pouvait en sentir la forme ronde et ferme.
− Tu n'es plus en colère ? demanda Hermione.
− Si, terriblement.
− Moi aussi, répliqua-t-elle.
Et l'un et l'autre sourirent en songeant que ce n'était pas la première fois qu'ils avaient cette discussion. Pourtant, quelque chose avait changé depuis… A présent, la colère qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre était insignifiante à côté de la myriade d'émotions contradictoires qu'ils éprouvaient à cet instant précis. Drago se pencha doucement en avant, et ses lèvres vinrent déposer quelques baisers à la base du cou d'Hermione, découvrant l'arrière de son oreille, puis la naissance de son épaule. Sa peau était douce et sucrée, jamais Drago n'avait goûté quelque chose d'aussi bon. Il sentit Hermione se serrer un peu plus contre lui, et ses mains lâchèrent ses fesses pour venir glisser le long de ses jambes et passer la barrière de ses jupons.
Ses doigts remontèrent sur ses chevilles si fines et délicates, s'attardèrent sur son mollet musclé, et chatouillèrent ses genoux à la peau si fine. C'était la première fois qu'il s'autorisait à être si intime avec elle, la première fois que ses doigts pouvaient toucher une partie invisible de son anatomie. Et il sut, à cet instant très précis, que si elle ne l'arrêtait pas tout de suite, il continuerait son exploration jusque dans les confins de son plaisir.
