Me revoilà après quinze jours d'absence ! J'en suis navrée (mais sachez que j'avais tout de même prévenu sur ma page facebook Brunhild Ana Writings). J'ai en effet été un peu dépassée par la rentrée qui est, comme toujours, un tourbillon et un flot continu d'informations et d'imprévus à gérer. Chaque année c'est la même chose, mais je crois que j'oublie d'une rentrée à l'autre. J'espère d'ailleurs que celle-ci fut bonne pour ceux qui en ont une !

Pour ma part, j'ai aussi beaucoup réfléchi à mon rythme de publication. Si cet été j'ai pu poster deux chapitres par semaine, je craignais que ce soit trop lourd pendant les périodes scolaires. Mais je trouve qu'une semaine entre chaque chapitre c'est long... C'est pourquoi j'ai décidé de continuer à poster deux fois par semaine mais des chapitres un peu plus courts pour avoir le temps de les rédiger. J'espère que cela conviendra au plus grand nombre !

Je vous laisse donc découvrir ce nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaise, et je vous dis à mercredi pour la suite de nos aventures !


Quatre mois passèrent sans que rien ne vienne ébranler la vie paisible et tranquille du Laird et de sa jeune épouse. Le temps s'était égrainé lentement d'abord, parce qu'il fallait être prudent, et que tendre l'oreille était devenue une seconde nature. Mais au gré des jours, puis des semaines, le doute et les précautions laissèrent place aux joies d'une vie simple. La douceur de vivre avait conquis Hermione qui avait désormais toute sa place au sein du château. Maîtresse de maison, elle avait pourtant délégué ces tâches à Hannah qui s'y entendait bien mieux qu'elle, pour créer son petit cabinet de guérisseuse dans une annexe inutilisée de la propriété.

Ainsi, comme ils l'avaient fait chez les McLean quelques mois plus tôt, les gens avaient commencé à affluer jusque dans sa salle d'auscultation. La Lady du Clan s'était fait une place dans le cœur de ses gens qui ne tarissaient pas d'éloges à son propos. On la disait douce mais énergique, compatissante et vive d'esprit, belle et délicate. Son accent anglais avait fait quelque peu jaser au début, mais les mauvaises langues s'étaient taries pour laisser place aux louanges.

Drago, de son côté, apprenait encore à être Laird. Il devait tout à la fois être ferme et autoritaire d'un côté, empathique et chaleureux de l'autre. Il écoutait les plaintes de ses métayers, entendait leurs doléances, mais jamais ne faisait passer l'intérêt personnel avant le bien commun. Il avait, avec l'aide de Thomas, réussi à lever les impôts sans que personne ne soit lésé, ce qui permettrait à tout un chacun de passer l'hiver sans mourir de faim. Fort heureusement, les récoltes avaient été bonnes, et les réserves et autres greniers à grains étaient fort bien pourvus.

Le jeune couple ne se voyait guère en journée, mais se retrouvait toujours la nuit tombée dans leur chambre à l'intimité préservée. Une chambre qui avait vu naître quelques disputes, mais autant de réconciliations, quelques larmes parfois, mais beaucoup d'éclat de rire. Une chambre, enfin, dans laquelle le désir ne semblait avoir aucune limite, et qui avait renfermé en son sein les ébats délicieux et passionnés des deux amants éperdus. La vie avait suivi son cours, et ce n'était pas pour déplaire à l'un ni à l'autre. Cependant, la venue imminente de Pansy et Blaise allait changer un peu leur routine, et Drago n'était que trop heureux de retrouver ses amis et de les accueillir – enfin – dans son humble demeure.


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Comme cela avait été convenu, Blaise et Pansy arrivèrent à la fin du mois d'août. Ils avaient voyagé léger, conscients d'avoir tout ce qu'il faudrait à porter de main chez leurs amis, aussi n'avaient ils mis que guère de temps à traverser l'Angleterre, puis l'Ecosse. Grâce à la magie, ils avaient écourté leurs trajets, mais afin de ne pas se faire repérer, ils avaient choisi de parcourir les derniers kilomètres sur des montures achetées à un tavernier trop heureux de faire quelques sous.

Bien malheureusement pour eux, ils arrivèrent au château des Malefoy sous un pluie battante, ce qui donna l'occasion à Pansy de se plaindre sans relâche jusqu'à ce qu'elle fût bien installée devant un feu de cheminée crépitant. L'été était bien court dans les Highlands, et la saison où les feux ne brûlaient pas dans les âtres était de bien courte durée.

− Je déteste la pluie, grogna Pansy en serrant ses mains autour de la tasse de thé qu'on venait de lui servir. Elle est humide, froide, et s'insinue jusque dans nos os !

− Humide ? Vraiment ? ironisa Blaise.

Personne n'osa relever, mais chacun s'autorisa un petit sourire en coin. Pansy avait les cheveux dégoulinants et le teint pâle, ses lèvres étaient légèrement bleutées. Drago attendit que les domestiques quittent le grand salon pour jeter un sort de réchauffement à Pansy qui lui fit un signe de tête reconnaissant.

− Où est Hermione ? demanda Blaise en jetant un coup d'œil alentours.

− Dans son cabinet, elle ne devrait pas tarder à nous rejoindre, répondit Drago.

− Son cabinet ?

Drago entreprit de lui expliquer qu'Hermione n'était pas restée inactive depuis leur arrivée sur les terres du Clan, et personne ne sembla surpris de la place qu'elle avait déjà pris au sein de la communauté. Drago achevait tout juste son récit lorsque l'intéressée passa les portes du salon. Blaise et Pansy la regardèrent, bouche bée.

− Mais tu es… commença Blaise.

La vie douce et paisible qu'avaient mené Drago et Hermione ces derniers mois avait achevé son travail en se logeant dans les entrailles de cette dernière.

− Enceinte ! s'exclama Pansy en se levant pour se précipiter sur la nouvelle venue.

En effet, Hermione arborait désormais un ventre légèrement arrondi sous ses jupes. Assez cependant pour ne plus pouvoir cacher cette grossesse qui avait été au cœur de tant de discussions. Pansy posa une main chaleureuse sur celle d'Hermione et la serra avec tendresse, tandis que Blaise s'approchait de Drago pour le féliciter. Mais celui-ci ne souriait pas, au contraire, il était crispé et regardait Hermione avec désespoir. Son regard n'échappa pas à Blaise qui posa une main sur l'épaule de son ami et murmura :

− Ca va aller, Drago.

Celui-ci hocha doucement la tête, mais il ne semblait pas convaincu.

− Je lui ai dit que c'était trop dangereux, que nous ne pouvions pas le garder… soupira-t-il.

Il avait le regard un peu fou et ne cessait de se passer les mains dans les cheveux. Son cœur balançait entre l'enthousiasme enivrant de voir Hermione porter leur enfant, et la peur inébranlable de voir un jour arriver les gardes de la Couronne ou Suffolk en personne. Et alors qu'adviendrait-il de cet enfant à naître ? Fuir à deux était une chose, ils pouvaient se contenter de quelques baies et de sous-bois pour seul confort. Mais un enfant… Il ne pourrait pas chevaucher, et il était hors de question de le faire dormir à la belle étoile.

− Mais elle n'a pas pu, acheva-t-il. Elle dit qu'elle fait confiance au destin.

− Elle a peut-être raison, tenta de le réconforter son ami.

Drago ne répondit pas. Son regard était rivé sur Pansy et Hermione qui conversaient déjà sur cette grossesse et l'enfant à naître. Pansy exigeait d'en être la marraine, tandis qu'Hermione souriait et rayonnait dans l'obscurité de la pièce. Drago ne voyait qu'elle. S'il avait cru ne jamais avoir vu une femme aussi belle qu'Hermione le jour de leur mariage, il s'était lourdement trompé. Car depuis qu'elle portait la vie en son sein, jamais Drago ne l'avait trouvé aussi délicieuse. Elle était lumineuse. Sa lumière augmentait à mesure que son ventre s'arrondissait. Il aurait préféré que cela n'arrive pas tout de suite, bien sûr, mais il n'avait pas eu le courage d'insister auprès d'Hermione au sujet de l'avortement.

Dès le premier mois où elle n'avait pas saigné, Hermione avait commencé à parler à cet enfant, à le caresser à travers la peau si fine de son ventre. Petit à petit, celui-ci avait grandi, et Drago n'avait pas s'empêcher de le cajoler à son tour. Malgré ses réticences, malgré ses craintes, il n'avait pas eu le cœur à ignorer cette grossesse qui, bien malgré lui, le remplissait de joie.

Tous les quatre prirent place près de la cheminée, et Hermione, à l'aide de sa baguette, entreprit de servir le thé. Hannah et Thomas étaient partis quelques jours dans la famille d'Hannah et n'étaient pas encore rentrés, ce qui laissa tout à loisir aux quatre amis de se raconter ce qu'ils avaient fait au cours de ces quatre derniers mois. Blaise et Pansy s'étaient rendus en Angleterre, à Londres plus précisément pour découvrir ce qu'il se tramait parmi la communauté magique. Comme ils l'avaient entendu dire, la révolte grondait dans les caves de la capitale dans lesquelles se retrouvaient les sorciers et les sorcières pourchassés.

− Blaise a réussi à infiltrer une soirée donnée par le Roi à Buckingham, expliqua Pansy. Les nobles n'ont pas été très loquaces mais il a cru comprendre que le Roi avait une arme, ou du moins, un moyen de faire disparaître les sorciers quand ils en attrapent un.

− De quoi s'agit-il ? s'enquit Hermione.

− On ne sait pas très bien, avoua Blaise. Ils ne se sont pas étendus sur le sujet. Je pense que d'ailleurs la plupart ne savait pas non plus exactement de quoi il s'agissait. On sait juste que si un sorcier ou une sorcière se fait arrêter, il n'y aura pas de procès équitable et il ou elle risque de ne pas s'en sortir indemne.

− Quant à moi, j'ai assisté à l'une des réunions données par les sorciers renégats. Ils s'échauffent et ne supportent plus de se terrer comme des rats.

− Tiens donc, grommela Drago.

− Je sais ce que tu penses, répliqua Pansy. Que toi aussi, tu dois te terrer. Mais leur vie est bien différente de la tienne Drago. Ils n'ont pas tous un château dans lequel se réfugier et où on leur sert un repas chaud trois fois par jour.

− Ils peuvent quand même vivre au milieu des moldus, eux, grogna Drago avec humeur. Ma tête est mise à prix.

− Drago, souffla Blaise. On ne fait que te rapporter ce que nous avons vu. Vous devez vous tenir prêts. Dès lors que votre présence ici arrivera jusqu'aux oreilles royales, on viendra vous débusquer. Et si par malheur, votre condition magique venait à se savoir…

Il n'acheva pas sa phrase, mais tout le monde comprit de quoi il retournait. Hermione soupira, songeuse, tandis que Drago détournait le regard pour le plonger dans les flammes. Il ruminait, et il était furieux contre le monde entier. Cela n'avait-il pas suffi que son père soit la victime d'un affreux complot ? Que sa mère fût assassinée froidement ? Qu'on l'accuse de chose dont il n'était pas coupable ? Fallait-il en plus qu'on découvre qu'il était un sorcier ? Si cela venait à être dévoiler au grand jour, il ne donnait pas cher de sa peau. Ni de celle d'Hermione. Cette idée ne l'aida pas à se calmer.

− Il se fait tard, dit finalement Hermione. Allons nous coucher, nous rediscuterons de cela demain.

Tout le monde acquiesça et Pansy et Blaise furent menés jusqu'à leurs appartements par Hermione. Drago était allé se réfugier directement dans sa chambre, trop conscient de sa mauvaise humeur. Il était encore en train de faire les cents pas quand son épouse le rejoignit après s'être assurée que leurs invités ne manquaient de rien. Elle n'avait pas passé le seuil de la porte que déjà il déclara :

− Je savais que c'était trop beau pour être vrai, gronda-t-il. Je t'avais dit que cette grossesse n'était pas une bonne chose, on aurait dû s'en débarrasser avant que…

− S'en débarrasser ? répéta Hermione dont la colère semblait avoir grimpé en flèche à ces mots.

Drago passa plusieurs fois ses mains dans ses cheveux, conscient du choix malheureux de ses mots. Il s'approcha d'elle et darda son regard clair dans le sien.

− Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Mais que va-t-il advenir de cet enfant si nous devons fuir ? Ou pire… Si nous sommes arrêtés ? Il sera sorcier, comme nous. Et tu sais aussi bien que moi que les enfants ne maîtrisent pas leurs pouvoirs.

− Tu es pessimiste !

− Non, Hermione, c'est la réalité. C'est notre réalité.

− Rien ne dit qu'ils viendront nous chercher.

− La question n'est pas s'ils viendront, mais quand.

Le silence s'abattit entre les deux amants. Mille et une questions traversaient l'esprit de Drago. Est-ce qu'il faudrait prendre la fuite avant l'accouchement ? Hermione aurait-elle le temps d'accoucher au château ? Il n'arrivait pas à déterminer quelle situation serait la meilleure. Les yeux d'Hermione brillaient d'une émotion difficilement contenue, et il s'en voulait d'en être la cause. Malgré tout, il ne parvenait pas à croire qu'il avait pu penser une seule seconde, être tiré d'affaire.

− Nous allons nous en sortir, murmura Hermione comme si elle essayait autant de se convaincre que lui.

− Je l'espère de tout mon être Hermione. Parce que je ne supporterai pas de te voir brûler vive sur un bûcher.

Il ne précisa pas que l'horreur en serait décuplée si à ce bûcher s'ajoutait leur enfant, car il ne voulait pas peiner Hermione davantage. Ils se mirent au lit, mais aucun des deux ne fit le premier pas, et ils restèrent allongés, dos à dos, de chaque côté du lit, perdu dans leurs pensées les plus sombres.