Bonjour à toutes ! Comment allez-vous en ce mercredi … pluvieux ! Enfin, c'est le cas ici en tout cas. Par contre, il fait toujours aussi chaud. A croire que l'été ne terminera jamais et que l'automne ne se pointera pas avant novembre. Je regarde mes pulls et mes bottines avec mélancholie dans mon dressing, en me demandant si je les remettrai un jour !
Bon, trêve de lamentations, voici donc le chapitre du jour qui est plutôt calme (vous voyez ou je veux en venir ? Le suivant risque d'être assez différent !). je vous laisse le découvrir et le commenter, en espérant qu'il vous plaise.
Bonne lecture !
− Que comptes tu faire de tout cet or ? demanda Blaise en s'emparant d'une pièce qu'il fit rouler dans ses doigts.
− Je ne me suis pas encore décidé, grogna Drago d'un air sombre.
Devant eux s'étalait tout l'or et l'argent qu'il avait accumulé au fil des combats de boxe illégaux. Il y en avait des dizaines. Des centaines. Peut-être mêmes des dizaines de centaines. Drago ne s'était pas amusé à compter, mais à vue d'œil, il dirait qu'il pourrait vivre quelques années sans rien avoir à faire avant que le fond ne s'épuise. Blaise observait les pièces d'un air songeur, comme si lui aussi réfléchissait à la meilleure utilisation qu'il y avait à faire de tout cet argent. Drago ne parvenait pas à se mettre d'accord avec lui-même. Sa crainte de voir Hermione et leur enfant sur un bûcher lui hurlait de prendre son épouse et cet argent pour aller vivre une vie anonyme à l'autre bout du monde. Mais cela signifiait abandonner ses terres, ses gens, son clan.
Cela voulait dire élever son enfant loin des traditions claniques et des coutumes des Highlands. Son côté patriote, un poil chauvin, lui criait de ne rien en faire. La seconde option qui s'offrait à lui, était de se payer un procès équitable. Mais cela engendrerait des frais, et il était ignorant en matière de frais judiciaires. Combien lui coûterait un avocat ? Il ne pouvait se permettre de prendre quelqu'un de médiocre, il lui fallait le meilleur. Ce qui signifiait qu'il s'agirait sans doute aussi du plus couteux. Était-il prêt à payer un avocat rubis sur l'ongle, à dilapider tout cet argent pour un procès qu'il n'était même pas certain de gagner ? S'il gagnait, il pourrait élever son enfant en Ecosse, en homme libre, avec Hermione. S'il perdait, en revanche, c'était la pendaison assurée. Hermione serait veuve, et leur enfant orphelin avant même de venir au monde.
Son regard croisa celui de Blaise qui semblait en être arrivé à la même conclusion. Il soupira lourdement, avant de se passer frénétiquement les mains dans les cheveux. Ses yeux se perdirent un instant dans le vague, fixant sans vraiment la voir la fenêtre par-delà laquelle s'étalait les vallées à perte de vue. Le soleil se levait tout juste, et autour d'eux, le silence régnait en maître. Le château dormait encore paisiblement, pour encore une heure au moins, avant que les domestiques ne se mettent au travail.
− Si seulement elle n'était pas enceinte, murmura Drago avant d'enfouir son visage dans ses mains.
Blaise dut sentir toute sa détresse, car il passa un bras autour des épaules de son ami.
− Ne dis pas ça. Un enfant, c'est une merveilleuse nouvelle.
− Même quand son père est un traitre ? Sans parler du fait qu'il ne fait pas bon être sorcier par les temps qui courent.
− Toi et moi savons pertinemment que tu n'es pas un traitre.
− Va dire ça au Roi et à Suffolk. Avec un peu de chance ils te croiront.
− L'important c'est que ton fils le sache.
Drago secoua doucement la tête.
− Ce sera une fille, répliqua-t-il.
Blaise éclata de rire.
− Il n'y a que toi pour espérer une fille. Tous les hommes veulent un héritier. Et puis comment tu peux le savoir ?
Drago haussa les épaules. Il n'aurait su l'expliquer, mais il avait cette drôle d'intuition qui lui promettait une héritière plutôt qu'un héritier. Il ignorait pourquoi mais il avait toujours voulu être le père d'une fille. Peut-être qu'une fille le préfèrerait à sa mère ? Peut-être parce qu'il avait pour ambition d'en faire une femme forte et indépendante ? Une guerrière. En y réfléchissant, s'il avait une fille, il ne doutait pas une seule seconde qu'elle fut comme sa mère. Hermione était forte, intelligente, bienveillante, mais rien ne semblait l'ébranler. C'était un roc.
− Il faudra attendre encore quelques mois pour en être sûr, sourit Blaise.
− Si nous survivons tout ce temps.
Blaise laissa échapper un long soupire exaspéré.
− Tu es désespérant, s'exclama-t-il. Ton pessimisme est fatiguant, et j'espère que ce n'est pas contagieux parce que je n'aimerai pas broyer du noir toute la journée comme tu le fais. Je comprends qu'Hermione ne t'adresse plus la parole. Ce serait mauvais pour le bébé autant de toxicité.
Cette phrase toucha Drago en plein cœur, lui rappelant combien il était en mauvaise posture en ce qui concernait son épouse. En effet, depuis le soir de l'arrivée de Blaise et Pansy où ils s'étaient disputés à propos de la grossesse qu'il aurait fallu interrompre, Hermione se montrait froide et distante avec lui. Cela faisait quatre jours déjà. Drago n'était plus le bienvenu dans son propre lit, il s'en était bien aperçu sans même qu'elle eut à lui dire. Alors il dormait sur un canapé inconfortable dans le bureau de son père. C'était là que Blaise l'avait trouvé la veille au matin.
− Il va bien falloir vous réconcilier, ajouta-t-il finalement avec une touche de compassion.
− Je ne demande que ça, mais elle m'évite.
− Tu lui as dit que tu ne voulais pas de ce bébé. Bien sûr qu'elle t'évite !
− Je n'ai jamais dit ça ! répliqua Drago, soudain très en colère. J'ai dit que ce n'était pas le meilleur moment pour en avoir un, c'est complètement différent.
− Il fallait y penser avant de partager sa couche.
Drago serra les dents et ne se donna pas la peine de répondre. Blaise aimait avoir le dernier mot de toute façon.
Cette situation était l'une des plus difficiles qu'il avait eu à vivre jusqu'à présent. Depuis leur mariage, il avait toujours su qu'il pouvait compter sur Hermione. Elle était son soutien, son pilier et elle ne l'avait jamais jugé. Pourtant, leur relation semblait prendre un tournant qui ne lui plaisait pas du tout. Si seulement il avait pu se réjouir de cette grossesse… En réalité, quand elle lui avait annoncé qu'elle n'avait pas saigné le mois suivant leur arrivé sur les terres Malefoy, il s'était écoulé deux longues minutes durant lesquelles Drago avait été l'homme le plus heureux du monde.
Il se souvenait exactement de la sensation de plénitude qui l'avait envahi à cette annonce. Une joie sans borne s'était emparée de son cœur tandis qu'il imaginait déjà une fillette aux boucles brunes et aux yeux clairs rire aux éclats et courir dans les champs agricoles du Clan. Deux minutes durant lesquelles il s'était vu embrasser le ventre arrondi d'Hermione, puis bercer pendant des heures un nourrisson emmitouflé dans des couvertures épaisses.
Puis, la réalité lui était revenue à l'esprit, comme une claque prise de plein fouet. Il avait alors occulté tous ces moments de tendresse à venir au profit de tous les problèmes qu'ils avaient déjà et qu'ils devraient désormais régler en maintenant en vie un bébé innocent.
− Tu devrais aller t'excuser, proposa Blaise qui le prenait désormais en pitié.
− Je l'ai déjà fait.
− Et bien recommence. Et sois convainquant cette fois.
Blaise se leva et laissa Drago cogiter de longues minutes seul. Quand il s'avéra qu'il n'avait de toute façon pas d'autres idées en tête, il prit son courage à deux mains et se dirigea vers sa chambre qu'il avait déserté les jours précédents.
x.X.x.X.x
Quand il arriva devant la porte en bois il se demanda s'il devait frapper. Puis, se souvenant qu'il s'agissait tout de même de sa chambre et de son château, il décida d'entrer en poussant lentement la porte pour prendre le temps de s'annoncer. Il n'eut cependant pas le temps de le faire, car déjà, ses yeux se posèrent sur la silhouette endormie d'Hermione. Il était rare qu'elle dorme autant, mais ses habitudes quotidiennes avaient changé depuis qu'elle portait leur enfant.
Drago s'approcha à pas de loup, et vint s'asseoir sur le bord de lui à côté d'elle. Hermione était allongée sur le dos, et la couette qui la recouvrait se soulevait au rythme de sa respiration lente et paisible. Elle était magnifique, songea Drago. Quand elle dormait, ses traits n'étaient pas tirés par l'inquiétude, elle paraissait plus jeune, plus… insouciante. Son ventre formait une bosse sous les draps, et Drago ne put s'empêcher de l'observer longuement. Dans ce cocon si intime qu'était le vendre d'Hermione, se logeait un enfant qui était le fruit d'un amour véritable.
Cette seule pensée troubla Drago. Avait-il seulement imaginé un jour être aussi profondément amoureux d'une femme ? De sa femme ? A l'heure où les mariages arrangés et forcés étaient à la mode, combien d'enfant pouvait se targuer d'être né de l'amour et de la passion véritable ? Sans vraiment y réfléchir, Drago vint poser une main légère sur le ventre de son époux. Il faufila sa main sous les couvertures puis sous la chemise de nuit d'Hermione pour être en contact avec sa peau si fine. Son ventre était chaud, et rond sous sa paume. Voilà des jours qu'il ne l'avait pas touchée, et il réalisait combien cela lui avait manqué. Leur intimité lui manquait.
Il resta un moment-là, sa main posée sur le ventre d'Hermione, cherchant en silence les mots qu'il pourrait déclamer pour se faire pardonner. Ses yeux dévoraient son visage avec tendresse. Il était si occupé à l'observer qu'il ne se rendit pas immédiatement compte de ce qu'il se passait, sous ses doigts. C'était si infime, si léger qu'il crut d'abord avoir rêvé. Mais bientôt, il sentit à nouveau.
Sous la peau tendue du ventre de son épouse, quelque chose, ou plutôt, quelqu'un, semblait s'amuser à donner des petits coups contre la paume de Drago. Surpris, il raffermit sa prise et appuya légèrement pour sentir davantage ces sensations extraordinaires. Il en compta cinq, jusqu'au moment où Hermione vint poser sa main sur la sienne.
− Tu me chatouilles, murmura-t-elle d'une voix endormie.
Drago leva les yeux et ne put s'empêcher de sourire.
− Excuse-moi, je ne voulais pas te réveiller.
Elle ne répondit pas, se contentant de retirer sa main de la sienne et de s'étirer de tout son long, comme un chat après une longue sieste. Elle se frotta ensuite les yeux avant de daigner les ouvrir et de les poser sur Drago. Il ne voulait pas lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, aussi se laissa-t-il tomber à genoux à côté du lit avant de s'emparer des doigts d'Hermione de sa main libre.
− Excuse-moi, Hermione. Je n'aurai pas dû dire ces choses affreuses à propos du bébé. Tu fais de moi l'homme le plus comblé en m'offrant cet enfant, et je n'ai pas été à la hauteur.
− C'est le moins qu'on puisse dire, répliqua-t-elle.
− Quoi qu'il arrive, on s'en sortira.
− Il n'y a que toi qui pensais le contraire.
Les réponses d'Hermione étaient plutôt franches, mais un petit sourire en coin était né sur ses lèvres roses. Drago s'en aperçut et lui offrit à son tour un sourire timide.
− On n'est plus fâchés, alors ? demanda-t-il.
− Uniquement si tu me masses les pieds, répliqua-t-elle. Ils me font souffrir.
Drago eut un petit rire rauque avant de se pencher vers elle et de lui souffler :
− Je peux masser toutes les parties de ton corps que tu voudras.
− Commence par les pieds, nous verrons ensuite si je te donne l'accès au reste.
− Techniquement, j'ai déjà eu accès au reste, fit remarque Drago.
− Ce n'est pas parce que je te l'ai autorisé une fois que cela signifie que c'est acquis.
Sur ses mots, elle se décala dans le lit pour laisser Drago s'installer confortablement près d'elle, et lui tendit sa jambe sans ménagement. Si quelqu'un avait dit à Drago qu'un jour il masserait les pieds d'une femme, pour se faire pardonner, il aurait ri au nez de son interlocuteur. Mais de toute évidence, une femme au caractère bien trempé et portant son enfant était capable de le faire changer d'avis. Il entreprit de la masser avec fermeté avant de reprendre la parole :
− J'ai senti le bébé bouger, murmura-t-il.
− Je sais. Il venait te dire bonjour.
Drago eut un sourire tendre qui ne lui ressemblait guère.
− Ou peut-être qu'il venait te dire à quel point tu étais un goujat, ajouta-t-elle d'une voix moqueuse.
− Tu es sans pitié, répliqua Drago en grognant.
