Bonjour à toutes ! Me voici pour le chapitre du dimanche !
J'espère que tout va bien de votre côté et que cette fin de semaine s'est bien passé. De mon côté, je n'ai pas vu passer le week end, comme toujours en début d'année scolaire, il y a tant à faire que j'ai l'impression d'être sous l'eau. L'écriture est mon petit plaisir du week end, ainsi que la lecture !
J'espère aussi que ce chapitre va vous plaire, vous verrez qu'il signe un nouveau tournant et un nouveau décor à venir. Je vous laisse le découvrir et attends avec impatience vos commentaires (très peu nombreux la dernière fois, j'espère que vous êtes toujours là !)
Bonne lecture et à mercredi !
Deux mois supplémentaires s'étaient écoulés sans que rien ne vienne plus perturber la vie au château Malefoy. Pansy et Blaise étaient toujours là, n'ayant de cesse de repousser leur départ, craignant peut-être d'être séparés définitivement de leurs amis s'il devait arriver quelque chose. Ou peut-être ne se sentaient-ils jamais autant chez eux que sur les terres du clan de leur meilleur ami. Après tout, Pansy était la maîtresse de maison d'un château au Pays de Galles qu'elle avait hérité d'un défunt époux qu'elle n'avait jamais aimé, et Blaise était l'enfant déchu et renié de sa famille pour refuser d'épouser l'une des nombreuses prétendantes proposées par ses parents.
Le ventre d'Hermione enflait au fil des jours et des semaines. L'automne touchait déjà à sa fin, et la Lady entamait déjà son dernier trimestre. Tout un chacun s'était entendu pour dire qu'elle était rayonnante et portait la vie avec grâce et délicatesse. Son infirmerie ne désemplissait pas, mais à présent, les gens venaient aussi la voir pour la saluer, lui apporter quelques douceurs ou prendre des nouvelles de l'héritier du clan. Les paris sur le sexe de l'enfant allaient bon train. Ces messieurs imaginaient déjà un bonhomme vaillant et vindicatif comme son père. Ces dames rêvaient d'une jeune Lady aussi vive d'esprit que sa mère et autoritaire que son père.
Toute cette joyeuse routine, cependant, fut mise à mal un soir de novembre, quand Thomas rentra de son voyage à Edimbourg avec du courrier pour son Laird. Il avait la mine grave des mauvais jours, et chacun devina sans mal qu'il était porteur de mauvaise nouvelle. Sans un mot, il tendit la lettre à Drago qui prenait son dîner avec Hermione, Blaise, Pansy et Hannah dans la salle à manger avant de s'installer à son tour sur la chaise restante – celle qui lui était habituellement réservée.
− Qu'est-ce que c'est ? demanda Pansy dont la patience n'était pas la plus grande vertu.
Drago ne répondit pas, les yeux rivés sur le sceau que personne ne pouvait voir d'où il se trouvait. Thomas était pâle comme la mort, à l'instar de Drago qui daigna enfin retourner la lettre pour révéler son secret à l'assemblée. Sur le papier parcheminé, le sceau frappé dans la cire d'or n'était autre que celui du Roi en personne. Chacun retint son souffle tandis qu'il décachetait la missive du Diable en personne et se penchait dessus pour la lire silencieusement. A côté de lui, Hermione tendit le cou pour découvrir avec effroi ce que la lettre contenait :
« Au Laird du Clan Malefoy,
Sa Royal Majesté requiert votre présence et celle de votre épouse lors du bal de l'Hiver qu'elle organise chaque année pour rencontrer ses plus fidèles sujets. Ce sera l'occasion pour chacun de présenter ses hommages et ses doléances à sa Majesté qui, dans sa grande mansuétude, prêtera une oreille attentive à chacun de ses invités.
Un appartement sera mis à votre disposition au château du Roi et de la Reine afin que vous puissiez y séjourner le temps des festivités.
Vous êtes attendus le vingt décembre de l'an de grâce mille sept cent trente-trois à Buckingham Palace.
Cordialement,
John Stewart, secrétaire du Roi. »
Une pierre était tombée au creux de l'estomac d'Hermione, et ça n'avait rien avoir avec les nombreux de pieds que lui donnait régulièrement le bébé dans son ventre. Elle posa sa fourchette, tremblante. Ce courrier annonçait bien trop de mauvaises nouvelles pour pouvoir avaler quoi que ce soit de plus. Ainsi donc, le Roi savait que Drago était de retour sur ses terres. Il savait également qu'il s'était marié. Bien sûr, Suffolk avait du se précipiter jusqu'aux oreilles royales pour répandre son venin, cela ne faisait aucun doute. Mais comment le Roi avait-il su qu'il se trouvait ici ? A moins que ce ne fusse qu'un détestable hasard ? Le courrier s'en était allé jusqu'ici sans pour autant espérer trouver son destinataire…
Le fait était qu'il l'avait trouvé, et que Drago ne pouvait désormais plus ignorer le danger qui rôdait autour d'eux et le piège qui se refermait peu à peu. Celui-ci était toujours aussi pâle et quand il acheva sa lecture, il tendit la lettre à Pansy et Blaise qui la lurent à leur tour. Comme elle s'y était attendue, Hermione put assister à la décomposition du visage de ses deux amis. Pansy conserva autant de contrôle de sa personne qu'elle en était capable avant de prendre la parole dans ce silence assourdissant :
− Tu ne peux pas ignorer cette invitation, déclara-t-elle sous les yeux surpris de l'assemblée.
− Il ne peut pas l'honorer non plus, marmonna Thomas.
− Pansy a raison, soupira Hannah. L'ignorer, ce serait de la trahison.
− Il est déjà considéré comme traitre, soupira Blaise. Un peu plus, un peu moins…
Sa phrase, si pessimiste, si fataliste lui ressemblait si peu que tous les regards se tournèrent vers lui, choqués. Si même Blaise pensait qu'il n'y avait plus rien à faire, peut-être qu'ils étaient réellement fichus au final. Autour de la table, les discussions reprirent. Thomas et Blaise continuaient de scander que c'était une mauvaise idée, qu'il valait mieux fuir ou faire le mort. Pansy et Hannah, au contraire, voyaient là le moyen de se faire réhabiliter, de montrer au monde entier que Drago Malefoy n'était pas mort et n'était pas le traitre que l'on voulait bien qu'il soit. Chacun y allait de son commentaire, et Hermione et Drago assistaient, impuissants, aux remarques parfois peu polies que se jetaient leurs amis à la figure.
Sans qu'elle ne s'y attende, Hermione sentit soudain la main chaude de Drago se faufiler jusqu'à elle et se poser sur son ventre pour le caresser doucement. Comme si leur enfant ressentait la détresse de ce moment, elle le sentit se mouvoir pour se positionner dans la paume de son père et répondre à sa caresse par des petits coups timides. Le regard de Drago se braqua sur celui d'Hermione et tous deux se regardèrent en silence de longues secondes. Ils devaient faire un choix, ils le savaient. Mais quel que puisse être ce choix, ils devaient faire ensemble.
Hermione posa sa main sur la main de Drago et entrecroisa ses doigts autour des siens.
− Où tu iras j'irai, souffla-t-elle.
Qu'il décide de partir, de s'enfuir par-delà les mers et les océans ou qu'il galope jusqu'à Londres, elle serait à ses côtés. Aucune des deux solutions ne lui paraissait meilleure que l'autre. Son éternel optimisme lui disait qu'ils tenaient leur chance de faire entendre raison au roi et de rentrer sur leurs terres victorieux et proclamés innocents. Sa raison, quant à elle, lui intimait de se cacher, de disparaître pour qu'il ne leur arrive rien de mal à eux et à leur enfant. Elle pouvait lire dans les yeux de Drago toute la douleur et l'incertitude qu'engendrerait un tel choix. Elle savait qu'ils jouaient leur vie, et qu'ils ne devraient pas décider à la légère.
− C'est peut-être notre seule chance, murmura-t-il sans la quitter des yeux.
Hermione acquiesça.
− Mais ce peut-être un piège, ajouta-t-il, perdu.
Elle sentait au fond d'elle que Drago espérait retrouver le cours de sa vie, en étant jugé innocent. Elle savait que ça comptait pour lui, d'être vu comme l'homme qu'il était réellement. Par qu'il avait l'horreur de l'injustice chevillé au corps et que la seule idée d'être mal jugé le répugnait. Pourtant, la prudence le faisait douter.
Décidant que le coup devait être tenté, et ne souhaitant pas mettre tout le poids de cette décision sur les épaules déjà chargées de Drago, Hermione lui adressa un sourire tendre avant de lui chuchoter :
− Le Bal de l'Hiver est d'une rare beauté. Je serai honorée d'être ta cavalière.
Drago inclina légèrement la tête sur le côté, comme pour jauger de la sincérité d'Hermione. Elle sentait qu'il ne croyait toujours pas à son bonheur et qu'il craignait chaque jour en se levant de voir qu'il n'avait rêvé que tout cela. Elle resserra sa prise autour de ses longs doigts chauds, et s'approcha un peu plus de lui jusqu'à ce que leurs nez se frôlent.
− Réserve-moi ta première danse, souffla Hermione dans un sourire.
− Pas la dernière ? répliqua Drago d'un air séducteur feint.
Hermione esquissa un petit sourire amusé.
− Seulement si elle est dans ton lit.
− Quelle indécence, Milady.
− Toujours quand il s'agit de séduire mon époux.
Hermione avait les joues légèrement rouges à l'idée de tout ce que promettait cette dernière danse et Drago le remarqua car sa main, toujours plaquée sur son ventre, glissa le long de son nombril et vint caresser paresseusement le haut de sa cuisse.
− Crois moi, Milady, tout en toi me séduit.
Hermione secoua la tête, soudain pudique et timide, tandis qu'une vague de désir montait en elle. Était-ce indécent à ce point d'éprouver tant de passion pour son mari alors qu'ils étaient tous deux en très mauvaise posture ? Ou peut-être était-ce justement parce que leurs jours étaient comptés qu'elle ne voulait pas en perdre une miette ?
Autour d'eux, le débat faisait toujours rage, mais Drago s'éclaircit bruyamment la gorge pour attirer leur attention avant de déclarer :
− Nous irons.
C'était simple, court, concis. Cela ne souffrait aucune réplique. D'ailleurs, Drago ne prit pas la peine d'expliquer son choix. Après tout, ses amis avaient déjà soulevé tous les points importants à prendre en compte. Au lieu de cela, il se leva et tendit la main à Hermione pour l'aider à se lever à son tour.
− Je vous souhaite une bonne nuit. Nous reparlerons des modalités demain matin.
Hermione et Drago quittèrent la salle à manger, et parcoururent d'un pas lent les couloirs sombres et froids du château. Drago adaptait son pas à celui de sa femme dont le ventre arrondi ralentissait la progression. Il passa une main autour de sa taille et la serra contre lui tandis qu'ils avançaient en direction de leur chambre.
− Est-ce une folie ? demanda-t-il tout bas.
L'incertitude perçait dans sa voix.
Hermione connaissait ces doutes et les vivait pleinement dans son for intérieur. Mais elle savait que si elle flanchait, Drago n'hésiterait pas à faire demi-tour et à l'emmener loin, très loin de l'Angleterre et de sa capitale. Elle devait être forte pour deux, elle le sentait.
− C'est un pas vers notre liberté, répliqua-t-elle d'une voix neutre.
Drago s'arrêta pour la regarder.
− Ca ne répond pas à ma question.
− Bien sûr que c'est une folie, Drago. Tout comme c'en était une d'accepter d'épouser une Anglaise promise à l'héritier du Duc de Suffolk. Et on peut dire que ça nous a plutôt réussi, non ?
Drago esquissa un petit sourire. L'aplomb revenait peu à peu dans ses yeux, et cela rassura Hermione. Elle n'aimait pas le voir abattu et perdu. Ce n'était pas dans son caractère. Il devait se ressaisir.
− J'ai toujours rêvé d'assister au Bal de l'Hiver, finit-il par dire d'une voix suave.
Hermione esquissa un sourire mystérieux.
− Vraiment ? Je pense que tu ne seras pas déçu.
− Est-ce que ce que l'on dit sur les alcôves royales est vrai ?
− Que dit-on sur les alcôves royales ? demanda Hermione, l'air faussement naïf.
− Qu'elles sont le théâtre des pires scènes de lubricité, répondit Drago d'un ton narquois.
− Je te laisserai le découvrir par toi-même.
Hermione tenta de se remettre en marche, mais Drago l'arrêta. Il la plaqua doucement contre le mur le plus proche et fit remonter sa main jusqu'à son cou qu'il caressa doucement de la pulpe de ses doigts, avant de se pencher et de venir humer son parfum délicat. Il pressa son corps contre celui d'Hermione et cette dernière sentit une vague de chaleur l'envahir.
− Peut-être irons-nous faire un tour dans l'une de ces alcôves dans ce cas ? proposa Drago avec morgue.
Hermione éclata d'un rire cristallin.
− Crois-moi, Drago, dans ces alcôves, ce ne sont jamais les couples mariés qui s'explorent.
Drago perdit légèrement de sa superbe.
− Tu m'as l'air bien renseignée pour la jeune Lady chaste et prude que tu devais être à l'époque.
Hermione afficha une mine énigmatique, avant de faire glisser ses doigts jusqu'à la virilité de Drago qui était, pour son plus grand plaisir, prête à la satisfaire.
− Chaste et prude ne signifie pas sourde et aveugle. Il est parfois difficile de se désintéresser de tout ce qu'il se passe au bal de l'hiver.
Drago grogna sous sa caresse avant de venir lui mordiller le lobe de l'oreille et de souffler :
− Je vais devoir faire en sorte d'être très intéressant dans ce cas.
