Notes :

Joue de la trompette. J'annonce que ce chapitre contient la scène que je n'arrête pas de teaser depuis le chap 16 !


Ace ne pouvait pas perdre, même si Marco était meilleur que lui, il ne pouvait pas abandonner.

Avec la réussite de ses coups bas (c'était Marco, il pouvait se le permettre !), Ace avait repris du poil de la bête. Mais cette sensation fut de courte durée, car en effet, son adversaire avait plus d'un tour dans son sac.

Marco avait pris du temps avant de s'apercevoir de ce qu'il se passait avec son environnement, mais quand il comprit, ce fut l'enfer sur terre, ou sur le monde onirique : Marco s'était mis à utiliser la même technique.

Par exemple, Ace dû faire face à un brouillard épais, des pieds gelés sur un verglas incroyablement glissant et à un ours (peut-être dû à l'apparition de son pélican, c'était un atout qu'il ne pouvait pas se permettre d'oublier).

Et donc le brun peinait à répondre coups par coups, le combat s'éternisait et c'était tout ce que voulait éviter le brun. Son expression s'assombrissait à chaque fois qu'il perdait du terrain au profit de son adversaire.

Ace ne savait plus quoi faire à part espérer, il avait déjà essayé de toucher Marco pour le réveiller, mais le blond redoublait d'adresse et d'inventivité pour esquiver toutes ses tentatives. Si seulement il savait comment se réveiller de lui-même.

Et si par bonheur un d'eux se réveillait, rien n'empêcherait Marco de retenter une seconde fois un prochain jour.

Ace devait arrêter leur manège tout de suite.

Il sauta et Marco, toujours aussi agile, en profita pour le tacler d'une façon qu'Ace n'avait jamais vu auparavant. C'était une attaque risquée de sa part, mais ça semblait étrangement approprié.

Le blond l'attrapa et une grimace apparue sur le visage du plus jeune, quelques centimètres plus bas et le commandant sentirait un creux anormal sur son torse.

Ace parvint à sortir de l'étreinte de l'homme en enfonçant un pied dans sa mâchoire. Encore quelques minutes et ils commenceraient à faire de la lutte, ce qu'Ace redoutait énormément.

Il regarda derrière lui et estima qu'il était trop proche du lieu maudit. En effet, le brun gardait constamment une partie de son attention sur sa position, voulant éviter à tout prix que le plan de Marco se concrétise.

Mais vu l'évolution de leur "match" Marco allait réussir à le forcer dedans. Ace se fatigant de plus en plus (oui dans un monde onirique), il redoutait grandement cette possibilité.

Et, comme si sa prévision était divinatoire, Ace évita un uppercut mais manqua d'être renversé en arrière du a la glace sous ses pieds.

Marco, dans un élan de malhonnêteté, le poussa, portant un grand sourire satisfait.

Ace tombait, il allait entrer dans l'eau, et tout serait finit.

Pas si vite ! Pensa Ace avec le peu de hargne qui lui restait.

Avec la force du désespoir, Ace s'agrippa à lui, serrant le tissu violet du yukata de l'homme comme si sa vie en dépendait. Il fouilla frénétiquement dans sa tête pour trouver quelque chose, une excuse, n'importe laquelle !

"Si je plonge, tu plonges aussi !"

Marco sourit férocement. "Ça me convient." Et Ace se remémora qu'ils étaient dans un rêve, que Marco ne craignait pas l'eau.

Marco passa un pied sous un de ses tibias. Et ainsi, Ace tomba à la renverse.

Le bruit de son dos touchant l'eau était nostalgique dans le mauvais sens du terme. Combien de fois avait-il pensé qu'il allait mourir en entendant la même chose ?

Que ce soit causé par la conscience terrifiée d'Ace ou par une malédiction lancée sur tous les morts, le résultat fut le même que la dernière fois.

Aussitôt que sa blessure mortelle entra en contact avec le bain, l'eau se teinta.

Les mains d'Ace tremblaient, mais elles tenaient fermement sa blessure, voulant, dans un espoir fou, retenir le sang, cacher ce qu'il se passait. Il avait fait des choses impossibles, il était sur des terres irréelles.

Mais le sang illusoire de la blessure bien réelle se déversait dans l'eau. Une blessure que l'imaginaire, les songes et espoirs ne pouvaient pas faire disparaître.

On lui arracha une main cramponnée au textile, et il ne rencontra pas le regard de Marco, puisque celui-ci ouvrit son T-shirt avec un couteau fictif.

Il était passé de combattant à médecin en quelques secondes, ou peut-être qu'il ne pensait rien et que tout cela était un automatisme prit à force de se trouver dans des situations périlleuses. Mais Ace se doutait bien que ce professionnalisme allait disparaître au profit de l'incompréhension et ensuite la colère noire.

Ace était tétanisé, tout se passa lentement pour lui et il vit l'exact moment où Marco déchira assez le tissu pour apercevoir le trou. Il termina son geste en un coup sec et posa pleinement son regard sur le torse, sur la blessure où l'écarlate se mélangeait à l'eau.

Le défunt pouvait imaginer ce qu'il voyait, de la peau carbonisée, noire et dure sur les côtés. Un trou d'une circonférence si grande qu'on pourrait y faire passer un bras au travers sans y toucher les extrémités. À l'intérieur se trouvait le même horrible noir avec des accents rouges et roses où on pouvait distinguer des boyaux qui ont eu la chance de ne pas être calcinés. Des bouts de chairs sales et hideux étaient répandus sur chaque centimètre cube de son intérieur exposé à l'air libre, ou cette fois-ci, dans l'eau.

Les cicatrices pouvaient être belles, propres. Mais une blessure mortelle ? Jamais.

Il recula d'un pas, Marco le laissa faire.

L'eau devenait opaque, il avait l'impression d'être dans une mare de sang, comme si tout ce qui circulait avant dans Ace s'était déversé hors de son corps.

L'eau était dégoûtante, mais il préféra se concentrer dessus pour éviter la personne devant lui.

Il ne savait pas combien de temps se passa, Marco le regardait simplement et Ace attendait. Ça se déroula jusqu'à que l'un d'entre eux décida enfin d'ouvrir la bouche.

"Projection astrale hein ?" Déclara avec peine Marco, l'évidence clairement sous ses yeux.

Ace était mortifié, il ne savait pas quoi dire, il ne savait même plus s'il pouvait parler, comment pouvait-il quand il n'avait plus de ventre ?

Un poids s'enfonça dans ce dit ventre quand Ace entendit la voix froide de Marco : "Allez, dis-moi ce que tu es. J'en ai assez de te laisser faire et de deviner."

Ace ouvrit la bouche plusieurs fois, elle était sèche. Il aurait tellement voulu ne jamais en parler, "Je suis..." il ferma les yeux, "...mort." articula-t-il difficilement, il ne savait pas comment il avait réussi à le dire.

Il clarifia, se sentant obligé d'admettre le pire : "Je suis décédé, il y a longtemps." Là, cette phrase-là, elle était la preuve du mensonge qu'était Ace, du déshonneur ce qu'il avait fait subir à Marco, lui qui avait fait confiance. Il lui avait dit au tout début et Marco ne l'avait pas cru, et jusqu'à maintenant Ace se complaisait avec ça. C'était fini maintenant, il allait en payer le prix.

"Tu es un putain de spectre qui s'est trompé de route."

La voix impassible de Marco le heurtait, mais il l'avait mérité. Il hocha la tête, les yeux toujours clos.

"Depuis tout ce temps, tu étais mort..." Ce n'était pas une question, mais Ace répondit par l'affirmative.

Quelqu'un bougeait dans l'eau doucement, et la voix de Marco se fit plus claire et plus proche. Il devait regarder la blessure, ou le visage de l'homme qui lui a mentit durant des années. "Tu refuses de dire n'importe quelle information sur toi... même ton nom." Ace tourna sa tête sur le côté, même en ayant les yeux fermés il imaginait bien l'expression trahie de Marco. "C'était pour nous empêcher d'apprendre ta mort ?"

Sa poitrine se souleva, "Je ne voulais pas." il prit une inspiration. "Je ne voulais pas que tu l'attaches à… trop à moi."

Dans un instant de volonté, il ouvrit les yeux pour voir un regard incroyablement furieux et réprobateur.

Il entendit le regret et la douleur dans sa phrase : "Tu aurais dû me dire ta… situation. Comme ça, je n'aurais jamais essayé." Essayer quoi ?

Ah... Essayer de le recruter ?

La bouche d'Ace s'ouvrit d'elle-même : "Écoutes ! Je t'ai presque tout le temps dit la vérité ! " Pourquoi disait-il ça ? "J'ai juste choisi de garder le silence à des moments..." Il n'y avait rien à réparer, rien à pardonner puisqu'Ace serait enfin libre d'être oublié sans avoir l'amertume de n'avoir rien avoué.

"Et quand j'ai cru que t'étais allé à Impel down ?" Rappela aigrement Marco, gardant un ton uniforme. "Tu t'es bien foutu de ma gueule."

"N-non ! J'y suis vraiment allé."

"Je ne sais pas si je peux te croire." Et Ace se recroquevilla un peu plus mentalement. Il ne pouvait pas prouver l'inverse.

Marco allait sans doute parler de comment ils s'étaient côtoyés pendant quatre années, mais il empoigna pleinement une manche du blond, la main du brun qui avait touché sa blessure écarlate étalait la couleur sur une des seules parties sauvées du vêtement.

Il voulait lui faire comprendre qu'il ne s'était pas joué de lui, qu'il l'appréciait sincèrement. "Je t'assure que je n'ai aucune idée de pourquoi je suis dans tes rêves... Tout ce que je voulais était d'être à côté de mes frères... et je n'ai même pas réussi cela." À la pensée de ses frères, c'était comme si un barrage s'était ouvert, les sanglots qu'il retenait s'échappèrent enfin.

Ca faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas vu sa famille de cœur. Seul Marco était là, et Ace ruinait tout.

"Ne t'inquiète pas, je cherche vraiment un moyen de sortir de là." Dit-il tout bas, craignant encore une remarque.

Mais qu'est-ce qu'il craignait ? Les pirates de Barbe Blanche sont son passé, ce ne sera pas le futur d'Ace, pas dans cette réalité.

Jamais il ne rencontrera le Yonkou, jamais il n'ira sur son territoire et il brûlera encore moins son drapeau. Le nouveau monde ne le connaîtra qu'à peine, seulement car il ira remercier Shanks.

Il laissa échapper un souffle erratique, espérant que Marco se taira encore quand Ace dira ces mots : "Tu ne me verras plus. Comme je l'ai promis." Peina-t-il à exprimer.

Alors, Ace appuya sur le torse de Marco et utilisa sa technique pour le réveiller, encrant au même moment dans sa tête le tatouage sous sa main qui faisait tant serrer son cœur.


Marco se leva dans une pièce qu'il ne reconnaissait pas, il faisait sombre et tout était silencieux alors qu'il devrait être avec sa famille, mais sur le moment, peu de chose lui importait.

Il était... désemparé, il ne savait pas quoi penser ni quoi ressentir. Trop de choses s'étaient passée, et bien peu étaient joyeuses, pour ne dire aucune.

Il s'assit sur le matelas, les pieds touchant le plancher pour avoir un minimum de connexion avec le monde réel. Il en avait besoin, avec ce qu'il venait de se passer.

Avait-il vraiment dit ces choses ? Le gamin avait-il aussi répondu de cette manière ? Ça c'était vraiment fini ainsi ? Qu'est-ce qui aurait pu se passer autrement.

Il est vraiment mort ?

Quelque chose tomba sur son orteil et il prit un certain temps pour comprendre ce que c'était. Il porta une main à son visage.

Des larmes coulaient de ses joues.

Il resta ainsi un moment, ne pensant à rien sauf à quel point il voudrait que toute cette journée ne soit pas arrivée. Il entendit le bruit reconnaissable entre mille de l'alcool bougeant dans une gourde.

Il regarda dans un coin de la pièce et distingua une gigantesque silhouette.

"... Pops ?"

Le capitaine émit un bruit pour confirmer que c'était lui. Puis le silence reprit sa place jusqu'à que le Yonkou décide d'ouvrir la parole.

"On a vu Marco."

Bien sûr. Désespéra Marco, il fallait qu'ils regardent aujourd'hui.

"Tout ?"

Avaient-ils vu à quel point il avait rendu le gamin bouleversé ? À quel point il avait découvert qu'il lui avait menti pendant quatre ans ?

Il n'était fier d'aucunes de ces choses.

"Je les ai ordonnés de partir dès que nous avons découvert sa... situation."

Et Pops était resté là pour son fils quand il se réveillerait.

Marco susurra un maigre "Merci" et tout ce qu'il put faire d'autres fut de regarder des gouttes d'eau salées atterrir sur le sol.


Pendant ce temps, les commandants, Bay, Izou et Némo buvaient tristement après avoir vu la révélation. Ils n'avaient pas regardé la fin mais ils savaient tous que c'était un coup dur pour le bras droit. C'était déjà assez dur pour eux pour qu'ils comprennent à quel point ce l'était pour Marco.

Mais même si leur Flammèche favorite était un fantôme, il pouvait toujours joindre, non ?

Certains, comme Namur, essayaient d'alléger l'atmosphère tendue.

"Bon ben, on pourra narguer à Big Mom que nous, on a actuellement un fantôme."

Quelques-uns ricanèrent.

Curiel, un peu plus pessimiste, répondit : "Il n'a pas encore accepté ! On a vu quelle tête brûlée il était, c'est possible qu'il refuse catégoriquement."

Izou pouffa de rire. "Tu crois quoi ? Qu'il va disparaître du jour au lendemain ? Marco va se réconcilier avec lui, si ce n'est pas déjà fait."


Notes :

Je... suis désolée ?

Silomede, C0co0511 et Blackrym : Désolé de vous avoir tenu en haleine !xD

Et Blackrym : Tu as la réponse à ta question ! Enfin, Marco ne connaît pas tout et il est un peu (très) triste, ça compte ?

Sousie : Merci ! En effet il ne prévoit pas du tout de rejoindre et malheureusement Marco vient tout juste d'avoir le moral a plat...

J'annonce la fin de la 1re partie ! Dans la seconde, il y aura :

- Plus de romance.

- Notion d'âme sœur enfin expliquée.

- Sabo.

- Un nom ENFIN donné.

(Pas de pause prévue, juste les updates seront plus lentes à cause des études.)