Bonjour à toutes !

J'espère que vous allez bien et que vous appréciez autant que moi la venue de l'automne. Je ne suis que trop heureuse de dire aurevoir aux températures estivales et étouffantes.

Pour ce qui est du chapitre du jour, sachez que fanfiction bugue énormément, ce qui fait que je n'ai plus accès à mes statistiques et que le nombre de vue n'augmente plus. Depuis que j'ai posté le précédent chapitre, les vues sont bloquées à 0.

C'est assez frustrant, alors je vous conjure de me laisser une review pour me laisser une trace de votre passage et pour m'assurer que j'ai touché toutes mes lectrices habituelles.

Je vous laisse découvrir ce nouveau chapitre et vous dis à mercredi pour la suite !


Quand ils arrivèrent dans la salle de bal qui inaugurerait l'ouverte du Bal de l'Hiver, celle-ci était déjà bondée. On avait fait entrer les gens au sans titre, ou au petit titre dont personne ne se souvenait jamais. Il y avait également quelques bourgeois qu'on avait invité pour ne pas froisser le peuple – et s'assurer d'avoir ses entrées dans les lieux de prestige qu'ils tenaient telles que des maisons closes ou encore des clubs de gentlemen. Drago et Hermione furent parmi les derniers à être intronisés, et pour cause, le statu de Laird équivalait à celui de Duc, le titre le plus élevé dans la noblesse britannique après Sa Majesté et Leurs Altesses royales, les enfants du Roi et de la Reine.

Drago et Hermione s'avancèrent jusqu'à la porte à double battant à laquelle un maître de cérémonie les attendait. Quand il les reconnut, l'homme s'éclaircit à voix et déclara d'une voix formelle :

− Le Laird Drago Malefoy et son épouse, Lady Hermione Malefoy.

Peut-être était-ce le fruit de l'imagination de Drago, mais il lui sembla qu'un silence venait de se former à l'instant où son nom avait été énoncé. Il ne doutait pas un seul instant que tout un chacun savait qui il était, mais sans doute étaient-ils plus que surpris, à l'instar de Suffolk, de le voir prendre ce genre de risque inconsidéré. Néanmoins, l'attention dont il fut la cible ne dura que très peu de temps, car bientôt, les regards se tournèrent vers sa ravissante épouse dont la robe noire et osée était aux antipodes des costumes poudrés et pastels que les autres jeunes femmes portaient. Les yeux se braquèrent sur elle, puis sur son ventre rebondi, avant d'aviser son dos une fois qu'elle leur fut passée devant. Drago intercepta quelques regards d'envie de la part de ces messieurs, et de jalousie parmi les jeunes Ladies présentes.

Passant une main dans le creux du dos de son épouse, Drago s'assura que sa cape, bien que transparente, recouvrait bel et bien sa colonne vertébrale, tirant légèrement sur sa robe pour que jamais les yeux avides de l'assemblée ne se délecte de plus que ce qu'Hermione daignait bien leur montrer – c'était déjà bien assez, se renfrogna Drago.

La soirée débuta sans que personne n'aperçut le roi. Il était dans les habitudes de Sa Royale Majesté de se faire attendre et de soigner ses entrées. Ce qu'elle fit d'ailleurs, plus d'une heure après l'arrivée du dernier invité. Les portes doubles de la salle de bal s'ouvrirent brusquement au son d'un orchestre jusqu'alors invisible, et laissa apparaître toute une délégation. Le roi, bien sûr, était au première ligne, offrant à son peuple le bonheur sans faille de le dévorer des yeux. Il était entouré de part et d'autre de quatre jeunes femmes si peu vêtue qu'un hoquet de surprise parcourut l'assemblée. Elles ne portaient pour ainsi dire pas de robe. Leur costume – si tant est qu'on ait pu appeler cela ainsi – était en réalité un assemblage d'or, de pierres et de bijoux qui cachaient ingénieusement les parties les plus intimes de leurs anatomies.

Ainsi, la pointe de leur poitrine rebondie n'était cachée que par un gros diamant, laissant aux invités tout le loisir d'admirer le globe galbé et laiteux de leur sein dressé. Leur ventre était, semblait-il, piqué de milles et une pierres qui devenaient de plus en plus nombreuses à mesure qu'on se rapprochait du pubis qui était alors camouflé derrière pléthore de saphirs – pas assez cependant pour ne pas remarquer la nature imberbe de leur Mont de Venus. A côté d'elles, le Roi était habillé très sobrement dans les tons bleus sans fioriture, si l'on exceptait la couronne outrageusement décorée qu'il portait au sommet de son crâne.

Elles se dandinaient et riaient autour du roi, le quel en tenait deux par la main et avançait lentement dans l'allée en les affichant comme si eut s'agit de bêtes de foire. Et sans doute l'étaient elles un peu, car tous les regards étaient rivés vers elles. Personne ne pipait mot dans la salle, tandis que le roi et ses muses rejoignaient l'estrade sur lequel on avait posé le trône. Personne ne sembla remarquer que la Reine était absente, et quand bien même, personne n'aurait osé le faire remarquer. Car l'entrée en fanfare du Roi annonçait également la couleur de la semaine à venir : rien de ce qui se passerait lors du Bal de l'Hiver ne serait toléré par le Vatican.

− Ladies and Gentlemen, Sa Majesté le Roi ! déclara le maître de cérémonie tandis que le Roi prenait place sur son trône et que ses quatre amies s'asseyaient à ses pieds avec des regards de totale soumission – ou peut-être était-ce de la dévotion ? Drago n'aurait su le dire.

Le roi attendit que tous les regards soient bien tournés vers lui avant de prendre la parole. Le roi était un homme qui inspirait le respect et respirait la puissance. C'était un homme d'entre deux âges, d'une cinquantaine d'année aux tempes grisonnantes mais aux traits royaux. Toutes les femmes de la cour s'entendaient pour dire qu'il était plus que séduisant. Il était réputé pour être séducteur, et ne cachait que très rarement ses aventures extra-conjugales. Il était d'ailleurs le géniteur de nombreux petits bâtards à qui il donnait généreusement des titres et des terres en tout partialité. Au-delà de cela, il était aussi réputé pour être sans pitié quand il s'agissait de ses ennemies, et n'hésitait pas à justifier les moyens par la fin de chacune de ses manœuvres.

Quand il prit la parole, sa voix était chaude, un peu rocailleuse, mais si profonde qu'elle vibrait dans la tête de tout le monde.

− Bienvenue ! Bienvenue, mes très chers amis, lança-t-il avec un sourire rayonnant. Les mots ne sont pas assez forts pour exprimer mon plaisir de vous voir à nouveau tous présents pour célébrer la venue de l'Hiver.

L'assemblée hochait la tête avec approbation tandis que Drago esquissait un petit sourire. Le roi savait s'y prendre avec ses gens.

− Je vous souhaite à tous de vous amuser, de rire, de boire tout votre saoule et de manger jusqu'à plus faim. Réjouissez vous de l'arriver de l'Hiver mais ne vous laissez pas mordre par le froid : jouez, danser jusqu'à ce que le froid ne soit plus qu'un vieux souvenir. Je vous souhaite une excellente semaine à Buckingham.

Sur ces mots, il s'enfonça dans son trône et la fête put commencer. Drago et Hermione se dirigèrent vers le centre de la piste où ils n'attendirent pas pour se mettre à danser. C'était là tout leur plan, se faire repérer pour pouvoir approcher le roi. Ils savaient, de source sûre, que le Bal de l'Hiver était aussi un échiquier politique sur lequel il fallait poser ses pions. Généralement, le bal d'ouverture était ouvert à tous et à toutes. Puis, les jours qui suivaient, le Roi organisait des petites soirées plus intimistes dans ses appartements tandis que le reste de la foule, inconscient de ce qui se tramait, continuait à croire qu'il assistait à la plus belle fête de l'année.

− Tu vois le maître de cérémonie ? demanda Drago qui continuait de faire tournoyer Hermione sur la piste.

Il la vit le chercher de regard avant d'acquiescer. Ses yeux se plissèrent tandis qu'elle le vit distribuer des enveloppes à certains des invités.

− Que fait-il ? demanda-t-elle, curieuse.

− Il donne des invitations à des soirées plus privées, dit Drago.

Hermione n'eut pas le temps de répondre, car déjà, le maître de cérémonie s'approchait d'eux. Pour sa plus grande déception, il ne leur tendit pas l'une des enveloppes mystérieuses qu'il distribuait à des invités triés sur le volet. Il leur dit cependant :

− Les Lairds et les Ducs sont priés d'aller présenter leurs hommages à Sa Majesté.

Il leur montra d'un signe de tête la petite file qui se formait devant le Roi, tandis que le Duc de Lancaster esquissait déjà une courbette devant son souvenir. Drago et Hermione acquiescèrent, et se dirigèrent vers le lieu indiqué. Ils se retrouvèrent derrière une dizaine de personnes, tandis que la queue continuait de s'agrandir derrière eux.

− Tiens donc, quel heureux hasard, murmura une voix derrière eux.

Ils se retournèrent d'un même geste pour faire face à Cepheus et Bonnie. Drago examina cette dernière qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs mois. A l'allure qu'elle avait, c'était à se demander s'il ne l'avait jamais connue un jour. Bonnie portait une toilette raffinée et élégante, mais si couvrante qu'elle avait tout d'une femme sortie du couvent à côté des autres invitées. Son teint était très pâle et ses cheveux attachés en un chignon austère. Elle avait le regard terne et vitreux. Drago sentit une pierre tomber dans son estomac. Que lui avait fait Cepheus ?

− Que faites vous là, Cepheus. Je croyais que seuls les Ducs présentaient leurs hommages.

− Je suis là pour représenter mon père, répliqua Cepheus. Le Roi me connait bien, je suis sûr qu'il sera ravi de me voir me présenter à lui.

− Lady Bonnie, dit Hermione à la jeune femme avec un sourire qui se voulait chaleureux. Comment allez-vous ?

Bonnie sembla légèrement sursauter quand elle entendit son prénom. Avant de répondre, elle jeta un coup d'œil à son époux qui ne sembla pas voir d'objection à ce qu'elle prenne la parole.

− Bien, lâcha-t-elle finalement d'un ton froid et sec.

Elle ne lui retourna pas la politesse, mais ses yeux se fixèrent de longues secondes sur le ventre d'Hermione. Drago aurait juré la voir crisper les mâchoires, mais il n'eut pas le temps de la questionner davantage sur ses conditions de vie car c'était déjà à leur tour de se présenter au Roi. Un secrétaire annonça au roi :

− Laird du Clan Malefoy, Drago Malefoy et son épouse Lady Hermione Malefoy, née Granger.

Le roi, qui jusqu'alors écoutait d'une oreille plus ou moins attentives ceux qui venaient à lui, sembla soudain très intéressé par ce couple qui faisaient une révérence sous ses yeux. Sous le regard ébahi des gens alentours, il se leva de son trône et s'approcha de Drago et Hermione, une lueur surprise dans ses iris sombres.

− Lady Hermione Granger, répéta-t-il en la regardant de haut en bas d'un œil appréciateur qui déplut fortement à Drago.

Sans un regard vers ce dernier, le Roi s'empara de la main d'Hermione et la porta à ses lèvres avant d'y déposer un baiser bien plus long que ne l'exigeait le protocole. Ses yeux ne lâchèrent pas Hermione une seule seconde, tandis qu'il lui murmurait d'une voix suave :

− Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas vue. La dernière fois, vous n'étiez qu'une délicieuse enfant.

− C'était il y a bien longtemps en effet, Votre Majesté, dit Hermione d'une voix assurée en inclinant la tête avec respect.

− Votre père n'a pas jugé bon de me prévenir de votre présence ici, quel horrible cachotier.

− Je suis ici en qualité de Lady Malefoy, répliqua Hermione. Je n'ai pas jugé nécessaire de lui faire part de ma venue.

− Peut-être le croiserez vous en fin de semaine, s'il rentre de France à temps.

Ses doigts du roi étaient toujours serrés autour de la main d'Hermione, et son pouce lui caressait la paume distraitement.

− Je l'espère Votre Majesté.

Le ton qu'elle avait employé laissait entrevoir qu'elle espérait au contraire ne pas avoir à le croiser, ce qui n'échappa pas au Roi qui laissa échapper un petit rire. Les yeux de ce dernier dévoraient les courbes d'Hermione jusqu'à son ventre rond de longues secondes avant de se poser sur Drago qui se tenait droit comme un piquet à côté de son épouse.

− Drago Malefoy, fils de Lucius Malefoy, dit le Roi pour s'assurer qu'il parlait à la bonne personne. J'hésite encore à votre sujet. Etes vous d'une bravoure incontestable ou d'une stupidité immodérée ?

Hermione et Drago retinrent le souffle un instant. Ils savaient qu'ils prenaient un risque à se présenter devant le roi qui savait très bien que Drago était considéré comme traite puisqu'il avait lui-même promulgué l'avis de recherche. Mais c'était là tout le nerf de leur plan. Fort heureusement, la vue d'Hermione semblait l'avoir mis de bonne humeur aussi déclara-t-il :

− En attendant que je me sois décidé, je vous souhaite de vous amuser tous les deux.

Il claqua des doigts en direction du maître de cérémonie qui s'approcha avec hâte.

− Donnez leur un carton d'invitation pour demain soir, ordonna-t-il. Je suis sûr que nous aurons beaucoup de choses à nous raconter.

Le maître de cérémonie tendit une enveloppe à Drago qui s'en saisit avant de la ranger dans une poche intérieure. Le roi les observa encore un bref instant avant de leur donner congé. Tandis qu'Hermione lui tournait le dos pour laisser place aux suivants, le regard d'envie et concupiscent que lui jeta le roi n'échappa pas à Drago qui se contenta de serrer les dents. Il n'était pas là pour provoquer une bagarre qui le mènerait au pilori, mais pour s'assurer la liberté afin de la vivre pleinement avec Hermione. Mieux valait qu'il prenne sur lui.

Quand ils se furent assez éloignés du roi, Drago ressortit l'enveloppe qu'on venait de leur confier et l'ouvrit pour la lire avec son épouse.

« Le roi vous convie à le rejoindre dans son boudoir de fête pour célébrer plus intimement la venue de l'Hiver demain soir. Vous pouvez venir accompagné de qui bon vous semblera. »

Le texte était court, mais la dernière phrase sans équivoque : ces messiers (car ils étaient les véritables invités) étaient priés de venir avec une jeune femme, qui pouvait tout aussi bien être leur femme que leur maîtresse, ou peut-être même une prostituée. Qu'importait, tant que la soirée restait… intime.