Après une petite absence mercredi dernier pour cause de gros rhume, je suis de retour pour le chapitre du week-end. Je rappelle tout de même ici que je préviens toujours si je ne poste pas de chapitre sur ma page facebook Brunhild Ana, alors n'hésitez pas à y jeter un coup d'œil de temps en temps.

Voici donc le chapitre du jour, j'espère qu'il vous plaira. On en découvre un peu plus sur le roi et sa personnalité assez singulière, ainsi que ses goûts pour ses petites sauteries. Hermione et Drago sont dans de beaux draps, je vous le dis !

Allez je vous souhaite une bonne lecture, et vous dis à mercredi pour la suite !


La fête d'ouverture du Bal de l'Hiver s'acheva tard dans la nuit – au petit matin, pour être exact. Drago et Hermione s'étaient assurés de rester jusqu'à la toute fin, afin de consolider certains liens ou d'en tisser de nouveaux. Hermione retrouva de nombreuses Dames qu'elle avait fréquenté jadis, dans une vie qui lui semblait désormais à un millier d'années de la sienne. Quand elle avait croisé le chemin de Lady Parvati Patil, celle-ci n'avait pas pu s'empêcher de l'arrêter pour la saluer.

− Lady Hermione, quel plaisir de vous revoir enfin ici, à Londres. Votre absence en a fait jaser plus d'un.

− Vraiment ? répondit Hermione avec sarcasme. Vous la première j'en suis certaine.

Parvati éclata d'un grand rire qui sonnait horriblement faux avant de lui adresser un clin d'œil coupable. Elle ne s'attarda cependant pas sur ce sujet car ses yeux se promenaient déjà sur Drago et son kilt traditionnel.

− Vous ne nous présentez pas, Lady Hermione ?

La voix sucrée et mielleuse de Parvati n'augurait rien de bon. Elle dévorait Drago des yeux comme s'il s'agissait d'un met particulièrement appétissant.

− Le Laird Drago Malefoy, dit Hermione, les dents serrées. Mon époux. Drago, Lady Parvati Patil, fille de l'ambassadeur Patil, d'Inde.

Parvati ouvrit de grands yeux ronds, et son sourire se fana quelque peu quand elle comprit que celui avec qui Hermione discutait n'était rien d'autre que son cavalier et son époux. Sans doute espérait-elle qu'il ne s'agisse que d'un ami sur lequel elle pourrait mettre le grapin, comme elle le faisait depuis toujours avec tous les hommes que ses amies convoitaient en secret.

− Voyez-vous cela, murmura-t-elle, son regard allant de l'un à l'autre avec circonspection. J'ignorai que vous vous étiez mariée, Lady Hermione. Et quelle union… Un Laird.

Ces dernières paroles avaient été tout juste susurrées, et Hermione se demanda si la jeune femme ne parlait pas plus pour elle-même que pour eux. Drago, qui avait sans aucun doute senti la tension qui émanait désormais de la conversation, se comporta en parfait gentlemen. Il s'empara de la main de Parvati et y déposa un baise-main plus léger qu'une plume avant de lui adresse l'un de ces sourires en coin charmeurs dont il avait le secret.

− Enchanté, Lady Parvati, c'est un plaisir de rencontrer une amie de mon épouse.

− Votre accent est charmant, soupira Parvati, l'air rêveur. Et cette tenue…

Ses doigts parfaitement manucurés se promenèrent un bref instant sur l'avant-bras de Drago avant qu'elle n'achève sa phrase :

− Elle laisse place à bien des rêveries.

Les paroles si franches et sans détour de la jeune femme firent hoqueter Hermione d'indignation, tandis que Drago esquissait un petit sourire amusé. Bien évidemment, songea Hermione, quand il s'agissait de se faire complimenter, Drago était bien plus tolérant envers sa propre personne que quand les regards étaient tournés vers son épouse. Elle lui asséna un coup de coude dans les côtes avant de se tourner à nouveau vers Parvati.

− Êtes vous venue seule ou accompagnée ? demanda-t-elle, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

− Hélas seule, confirma Parvati qui n'avait pas l'air ravie d'aborder le sujet. Mon cavalier a eu… Enfin… Disons qu'il est plus difficile de trouver un époux à la cour que dans des contrées lointaines et reculées, de toute évidence. Peut-être avez-vous un cousin Laird à me présenter, Lord Drago ?

− Je crains que non, excepté un cousin éloigné chef de guerre dans le Clan McDougall, mais il vient de fêter ses soixante-quinze printemps.

Parvati pouffa de rire comme une dinde dans une basse-cour.

− Merci, mais je vais devoir refuser votre aimable proposition. Je crois que ma sœur m'appelle, là-bas. Je vous laisse mais je suis certaine que nous nous recroiserons très vite.

Son air de conspiratrice déplut à Hermione qui ne demande cependant pas son reste pour s'éloigner de cette rencontre inopportune. Parvati représentait tout ce qu'Hermione avait toujours détesté à la cour. Colporter des ragots, se moquer, critiquer étaient les seules occupations de ce genre de femme qui attendait – sans vraiment le chercher – que le grand amour (riche et bien né de préférence) ne vienne frapper à leur porte.

Drago et Hermione avaient dansé sur la dernière mélodie entonnée par l'orchestre, avant de ne suivre les derniers invités qui rentraient se reposer dans leurs appartements. Ils avaient salué celles et ceux qu'ils avaient croisés tout au long de la soirée, et avait regagné leurs quartiers pour y dormir quelques heures, afin d'être prêts pour leur soirée au boudoir du Roi.


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Hermione fut réveillée par des coups frappés à la porte de leurs appartements. Drago dormait d'un sommeil profond à côté d'elle, et elle n'eut pas le cœur à le réveiller, aussi s'extirpa-t-elle du lit non sans difficulté et s'enroula dans une épaisse couverture avant de se diriger vers la porte. Jetant un coup d'œil à travers le judas, elle découvrit une domestique et un majordome qui attendaient patiemment.

− Oui ? demanda Hermione sans ouvrir la porte.

− Le roi vous fait apporter une tenue pour ce soir, déclara le Majordome d'une voix solennelle.

Hermione déglutit avec difficulté. Une robe offerte par le roi ? Surprise, elle entrouvrit la porte juste assez pour passer la tête et ne pas dévoilée qu'elle ne portait pas une tenue décente.

− Le roi ? répéta-t-elle.

Le majordome hocha la tête et recula d'un pas pour laisser passer la servante qui tenait entre les mains une boîte immense qui devait renformer ladite tenue. Piquée par la curiosité, Hermione ouvrit un peu plus la porte pour faire entrer la domestique, tandis que le majordome s'inclinait.

− Je vous laisse aux bons soins de Lizzy qui vous aidera à vous habiller si vous le souhaitez.

Sur ces mots, il tourna les talons et laissa les deux jeunes femmes sur le seuil de la porte. Hermione ouvrit davantage pour laisser entrer Lizzy qui ne devait pas avoir plus de treize ou quatorze ans. Elle était jeune, et son visage avait conservé les rondeurs de l'enfance. Ses grands yeux bruns brillaient d'une excitation difficilement contenue, tandis qu'elle déposait la boîte sur la table du petit salon.

− C'est la première fois qu'on m'autorise à habillée une Lady, souffla-t-elle, enthousiaste. Avec une tenue choisie par le roi en personne !

Hermione ne put retenir un sourire attendri.

− Ouvre-là, lui proposa-t-elle gentiment.

Lizzy ne bouda pas son plaisir, et ne se le fit pas répéter deux fois. Les mains légèrement tremblantes, elle retirer le couvercle de la boîte et toutes deux découvrir ce qu'elle contenait. Il y avait d'abord une enveloppe, frappée au sceau du roi, ainsi qu'une robe cachée dans du papier de soie. Hermione se saisit de la missive, la décacheta et la lut rapidement.

« Lady Hermione,

Quel plaisir pour moi de vous revoir après tant d'années. Pour célébrer votre retour, permettez-moi de vous offrir de quoi vous vêtir pour la soirée à laquelle j'ai grande hâte de vous retrouver. Veillez à porter une cape avant de me rejoindre, je ne voudrai pas que vous attrapiez un mal quelconque dans les couloirs glacials.

N'ayez crainte des codes et des conventions, ceux-ci n'existent plus, une fois ma porte passée.

Chaleureusement,

Le Roi. »

La dernière phrase avait quelque chose de sibyllin, mais Hermione ne s'interrogea pas davantage, trop intriguée par la tenue que renfermée la boîte. Elle ouvrit délicatement le papier de soie noir et se sentit pâlir.


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Le Boudoir du Roi était un secret bien gardé. On avait demandé à Hermione de rester dans leurs appartements jusqu'à ce qu'on vienne les chercher. Le majordome en question leur demanda de se bander les yeux afin de ne pas être capables de retrouver l'endroit, ce qui intrigua Hermione et agaça Drago. Le chemin fut long pour rejoindre le lieu où ils pourraient enfin retirer leurs bandeaux, et Hermione se demanda si on n'avait pas fait exprès de passer par mille et un couloirs pour les perdre davantage.

− Vous pouvez dévoiler vos yeux, dit le majordome d'une voix basse et chaude.

Hermione et Drago s'exécutèrent. Ils se trouvaient dans une antichambre de petite taille à la décoration chaleureuse. De grands miroirs recouvraient deux pans de murs, tandis que des petits canapés avaient été installés ci et là pour recevoir des invités. Ils étaient vides, pour le moment. Le majordome s'éclipsa sans leur donner d'autre indication. Hermione observa la pièce tout autour d'elle, et son regard s'arrêta finalement sur leur reflet dans l'un des deux miroirs qui leur faisait face.

Drago avait abandonné son kilt pour une tenue de soirée élégante et sobre : tout était noir, mais saillant, et il était terriblement séduisant. Il dégageait une aura dangereuse mais attractive qui ne manquerait pas d'attirer l'attention de ces dames, Hermione en était convaincue. A côté de lui, son propre reflet ne lui renvoyait par grand-chose, si ce ne fut son visage fardé et maquillé. Le reste de son corps était encore emmitouflé dans sa cape de voyage qu'elle n'avait pas trouvée superflue dans les couloirs. Elle se demanda s'il était temps pour elle de la retirer, mais elle se sentait si mal à l'aise de se dévoiler dans la tenue offerte par le roi, qu'elle décida de la conserver aussi longtemps que possible.

Drago glissa un bras autour de sa taille et glissa derrière elle avant de venir poser son menton dans le creux de son épaule. Il s'adressa à son reflet dans un souffle brûlant qui lui arracha une vague de frissons.

− Ne perdons pas notre objectif de vue, souffla-t-il. Et tout devrait bien se passer.

Sa main, jusqu'alors posée sur sa taille, glissa jusqu'à la protubérance de son ventre et le caressa lentement. Les yeux de Drago, rivés sur son enfant à naître, n'affichaient aucune tendresse, mais beaucoup de désir et de frustration à l'idée d'exposer ainsi sa femme. Il n'avait pas donné son avis sur la tenue, car si le roi l'avait choisie, Hermione n'avait d'autre choix que de la porter. Pourtant, elle avait bien vu sa mâchoire se crisper quand il l'avait découverte ainsi vêtue…

Il déposa un baiser brûlant à la naissance de son cou, qu'il mordilla doucement, avant de la retourner et d'écraser ses lèvres contre les siennes. Elle sentit toute la passion qu'il éprouvait pour elle passer par ce contact si intime qu'elle se sentit rougir. L'une des mains de Drago glissa entre les deux pans de la cape et s'empara de son sein avec rudesse comme pour s'assurer que tout en elle lui appartenait, comme lui, lui appartenait tout entier.

Ni l'un ni l'autre n'eut le temps d'ajouter quoi que ce fut, car une porte s'ouvrit sur leur gauche, et leur ouvrit un monde qu'ils n'avaient pas imaginé.

Par-delà la porte qui venait de s'ouvrir, Hermione découvrit ce que la dernière phrase du roi « N'ayez crainte des codes et des conventions, ceux-ci n'existent plus, une fois ma porte passée » signifiait. En effet, les codes et conventions, ceux qu'elle avait appris depuis qu'elle était enfant, ne semblaient trouver leur place dans ce monde de débauche et de luxure qui s'étendait sous leurs yeux. Le Boudoir du Roi était un immense salon, qui contenait plusieurs dizaines de canapés, fauteuils et divans en tout genre, des tables sur lesquelles reposaient des verres remplis de différents mélanges, de trois cheminées crépitantes qui laissaient échapper une chaleur presque tropicale – étouffante, serait le terme exact.

Il y avait une quarantaine de personnes, dont la plupart était très occupée à se livrer à des jeux charnels, pour ne pas dire largement érotiques. Sur l'un des canapés, une femme qu'Hermione ne connaissait pas se faisait lécher les tétons par deux hommes différents, tous deux presque nus. Un peu plus loin, un homme avait passé sa main sous la jupe en tulle transparente de sa compagne et lui promulguait des caresses si intimes qu'Hermione détourna immédiatement le regard. Autour d'une table, cinq personnes, deux femmes et trois hommes, jouaient à un jeu de carte qui semblait ordonner au perdant de se dévêtir. Les autres invités discutaient d'un air décontracté autour des différentes tables sans se soucier de tout ce qu'il se passait autour d'eux.

Hermione n'eut pas le temps de faire part de sa surprise à Drago car déjà, le Roi en personne venait les accueillir, un sourire amusé au coin des lèvres. Il était torse nu et ne portait plus qu'un pantalon terriblement ajusté qui ne laissait rien échapper de sa virilité.

− Lady Hermione vous voilà enfin. Retirez donc cette cape que j'admire la tenue que je vous ai choisie.

La demande du roi était un ordre qu'il ne prit pas la peine de camoufler. Jugeant que de toute façon, elle resterait sans doute la jeune femme la plus habillée de la soirée, Hermione tira sur la cordelette qui retenait sa cape et celle-ci s'échoua sur le sol, laissant au Roi et à d'autres invités, tout le loisir d'admirer Hermione. La robe que lui avait choisi le roi était noire – comme celle qu'elle avait porté la veille – mais faite dans un tissu si fin qu'il en était presque transparent, laissant apercevoir beaucoup de détails de son anatomie. Le décolleté était on ne pouvait plus indécent, dévoilant sa poitrine rendue plus ronde encore par la grossesse. Son ventre pointait sous le tissu à travers lequel on pouvait apercevoir son nombril.

− Magnifique, souffla le roi en tendant une main vers le ventre d'Hermione sur lequel il posa une main brûlante. Vous me comblez.

Hermione s'empêcha de faire un pas en arrière, dégoûtée par ce simple contact, et se contenta de faire une brève révérence.

− Je remercie Sa Majesté pour cette attention toute particulière à mon égard.

Le roi fit remonter sa main jusqu'au menton d'Hermione non sans avoir effleurer sa poitrine pour la force à le regarder dans les yeux.

− Ne me remerciez pas, Lady Hermione, je voulais voir ce que votre époux était près à accepter pour se racheter une conduite. Il semblerait que la limite n'est pas encore atteinte.

Son regard se fit de glace et se posa sur Drago qui serra les dents et les poings en même temps. Ainsi donc était là toute la stratégie du roi ? Humilier Drago par le biais d'Hermione pour voir jusqu'où il était près à aller pour retrouver sa liberté ? Hermione se sentit rougir de honte, tandis que le roi continuait :

− Quand un homme épouse une femme pour de mauvaises raisons, on peut être sûrs qu'il est prêt à bien des choses pour obtenir ce qu'il lui croit dû. Je suis navré que vous soyez la femme en question, ma très chère Hermione. Venez avec moi, nous verrons ce que nous pouvons faire pour vous satisfaire.

Il s'empara de la main d'Hermione et l'entraîna un peu plus loin, laissant derrière eux un Drago fulminant de rage.