Bonjour ! J'espère que vous allez bien en ce mercredi ensoleillé (enfin, par chez moi c'est le cas !).
Le chapitre précédent vous a plu, et vous a un peu laissé sur votre faim, mais ce n'est rien en comparaison à celui-ci, j'en suis sûre.
Je pense que le nombre de chapitres restant se compte désormais sur les doigts d'une main, et il faut donc que cette histoire touche à sa fin. Nous y sommes presque !
Bonne lecture à toutes !
Quand les portes se refermèrent derrière eux, Hermione vacilla avant de se précipiter dans la salle de bain où elle tenta de trouver une bassine dans laquelle rendre tout ce que son estomac contenait. Elle en trouva une in extremis et se pencha au-dessous, secouée de soubresauts inconfortables tandis que sa vue se troublait de larme à cause de l'acidité dans sa gorge. Drago l'avait suivi d'un pas décidé, mais son visage exprimait l'inquiétude qu'il ressentait. Hermione s'assit sur le sol, la tête toujours au-dessus de la bassine, et il ne tarda pas à la rejoindre, caressant ses cheveux d'un geste doux et calme tout en les empêchant de tremper allègrement dans le récipient.
Etait-ce la grossesse qui la rendait ainsi malade ? Il se souvenait qu'elle avait eu quelques nausées au début, mais cela lui était passé au bout de quelques semaines. Se pouvait-il qu'elles reprennent alors que la fin était proche ? Ou peut-être la nausée venait-elle des paroles du roi et de son ultimatum Ô combien inacceptable.
− Est-ce que ça va aller ? demanda-t-il au bout de quelques longues minutes qui lui avaient paru une éternité.
Hermione le regarda, l'air hagard, tandis qu'une fine pellicule de sueur faisait luire son front pâle. Elle ferma les yeux un bref instant, tandis que ses doigts venaient pincer l'arrête de son nez, avant qu'un petit rire hystérique ne parvienne à franchir la barrière de ses lèvres blafardes. De toute évidence, c'était un rire incontrôlé et aux antipodes du bonheur et de la joie qu'on éprouve habituellement quand on rit.
− Non, Drago, hoqueta-t-elle entre deux éclats de rire. Ça ne va pas aller.
Soudain, son sourire se transforma en une grimace, puis en une moue dépitée, avant que ses lèvres ne se mettent à trembler. Et c'était arrivé pour le rire, sorties de nulle part, des larmes se mirent à jaillirent de ses beaux yeux sombres. C'était un flot discontinu, une cascade d'eau salée qui dévalait ses joues à toute allure tandis qu'elle sanglotait comme jamais Drago ne l'avait vue sangloter.
Démuni, désemparé de voir sa femme habituellement si forte sombrer ainsi dans la tristesse, il s'assit à côté d'elle et ouvrit les bras dans l'espoir qu'elle vienne s'y loger. Elle ne se fit pas prier, et avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce fut, elle avait posé sa tête contre son épaule, et ses petits bras frêles s'étaient glissés dans son dos. Drago la serra fort contre son cœur, humant son parfum si familier et réconfortant, comme si c'était la dernière fois qu'il aurait l'occasion de le faire.
Peut-être était-ce le cas, songea-t-il. Cette seule pensée lui noua l'estomac, tandis qu'il continuait de lui caresser le dos en douceur et d'embrasser ses tempes avec tendresse. Les secondes passèrent, les minutes aussi, jusqu'à ce que les sanglots d'Hermione se soient taris et que ses larmes se furent asséchées, ne laissant derrière elles que des sillons sur sa peau diaphane, pour seuls témoins de son agonie.
− Qu'allons-nous faire ? demanda-t-elle finalement à mi-voix.
Voilà une question à laquelle Drago était bien en peine de répondre. L'ultimatum du roi n'en était pas vraiment un, car dans les deux solutions qu'il leur offrait, ils se retrouveraient séparés. Drago ne pouvait s'y résoudre, et quand bien même il était capable de se sacrifier pour Hermione, il ne supportait pas l'idée qu'elle soit entre les griffes du roi et de sa cour de débauchés.
− Je l'ignore encore, avoua-t-il.
Hermione se redressa pour lui faire face et l'observer droit dans les yeux. Elle avait bien mauvaise mine, et Drago ne pouvait l'en blâmer. Lui-même avait mal au cœur et l'estomac noué en repensant à tout ce qu'il s'était passé le soir même.
− Mais il est hors de question que le roi pose encore une fois les mains sur toi, gronda Drago tandis que le feu de la colère inondait ses pupilles dilatées.
Il avait oublié un bref instant, le temps de s'occuper d'Hermione, que le Roi avait franchi des limites que Drago ne pouvait tolérer de personne, pas même d'une tête couronnée. Aucun homme autre que lui n'avait le droit de regarder sa femme avec désir, encore moins de toucher les parties les plus intimes de son anatomie. Il ne le dit pas à voix haute, mais il se promit que le roi ne resterait pas impuni pour son crime.
− Et toi ? demanda Hermione, calmement mais sèchement tout de même. Tu as posé les mains sur la catin du Roi ?
Il lisait dans ses yeux toute l'incertitude qui faisait rage dans son esprit. Il secoua la tête énergiquement avant de poser une main sur la joue d'Hermione qu'il maintint fermement pour la forcer à le regarder droit dans les yeux et voir toute la sincérité qui l'animait.
− Jamais, Hermione, tu m'entends ? Jamais mes mains ne se poseront sur un autre corps que le tien. Je t'appartiens corps et âme. Je l'ai ensorcelée, avoua-t-il finalement. Je ne pouvais pas prendre le risque de te laisser trop longtemps seule avec le Roi…
Hermione attendit quelques secondes pour acquiescer. Elle semblait avoir lu dans son regard tout ce qu'elle cherchait, et il la sentit se détendre légèrement.
− Allons dans le salon, nous y serons mieux, proposa Drago en l'aidant à se relever.
Quand ils arrivèrent dans le salon, Drago trouva une épaisse couverture avec laquelle il recouvrait Hermione, puis il jeta un coup d'œil à travers le judas de la porte. Il y avait bien une escouade entière de gardes qui attendaient patiemment devant leurs appartements.
− Ce ne sera pas très difficile de s'échapper, dit Drago en prenant place à côté d'Hermione. Un sort de confusion ou un transplannage.
− Il faut qu'on parte, répondit Hermione, décidée, mais abattue. Je ne peux pas rester… je … je… Je ne peux pas prendre le risque d'accoucher ici.
Les larmes menacèrent de couler à nouveau tandis qu'elle hoquetait et que ses bras se refermaient autour de son ventre arrondi. Elle le protégeait avec tant de véhémence, comme une louve avec ses petits, que Drago sentit son cœur s'arrêter un bref instant. Il devait la protéger, coûte que coûter.
− Tu portes mon nom, Hermione. Il est ta protection, tu es une partie de moi et je suis une partie de toi. Pars si tu veux, mais ne regarde pas en arrière. Parce que tu m'y trouveras.
Elle baissa les yeux.
− Je ne pars pas.
Où serait-elle allée, de toute façon ? Ni l'un ni l'autre n'avait de terre, encore moins de toit sous lequel l'abriter. L'exil, voilà ce qui leur restait.
− Pas sans toi. Et pour aller où de toute façon ?
Drago ne répondit pas. La question était légitime. Ils ne pouvaient plus se permettre de regagner ses terres claniques tant qu'il serait à nouveau considéré comme un traitre. Sans parler du fait qu'Hermione serait elle aussi recherchée, étant donné tout l'intérêt que lui portait le Roi lui-même. Drago donnerait jusqu'à son âme pour permettre à Hermione de vivre la vie qu'elle méritait. Loin de la cour, loin du Roi et de Suffolk… Mais rien dans ce qu'avait proposé le roi ne se rapprochait de près ou de loin à cette vie idéale. S'il se rendait, elle terminerait sa grossesse au couvent, et après ? Le Roi viendrait la récupérer de force, et ferait tuer son enfant, il n'en doutait pas une seule seconde.
Drago passa une main nerveuse dans ses cheveux, tandis que quelques larmes coulaient sur les joues d'Hermione. Il la vit frissonner, et remarqua que le feu dans la cheminée était en train de mourir. Il sortit sa baguette et ralluma une flamme vive et chaude qui diffusa sa délicate chaleur dans la pièce.
− Je ne veux pas y retourner demain soir… souffla Hermione.
− Tu n'iras pas. Nous serons déjà loin.
Ils devaient d'abord trouver la meilleure façon de procéder. Transplanner directement du château ? S'enfuir en ensorcelant les gardes ? Tuer directement le roi ? Cette idée quoi que très alléchante ne semblait guère réalisable aux yeux de Drago.
Trois coups résonnèrent contre la porte, et ils sursautèrent tous les deux. Drago alla ouvrit la porte : c'était une bonne qui apportait un plateau avec de quoi boire et manger pour deux personnes. Drago récupéra le plateau et la congédia d'un regard avant de refermer derrière lui. Il le posa sur le guéridon près du canapé sur lequel était assise Hermione et le regarda un bref instant avant d'y jeter quelques sorts, par sécurité.
− Rien n'est empoisonné, affirma-t-il. Tu as faim ?
− Juste soif.
Ils passèrent l'heure qui suivit à élaborer un plan pour leur fuite en avant. Drago continuait de penser que le transplannage était la meilleure solution, mais Hermione lui avoua à demi-mots que la grossesse et l'angoisse qu'elle ressentait n'étaient pas compatibles avec ce moyen de transport. Elle craignait de se désartibuler, elle craignait pour la vie du bébé et fut intransigeante là-dessus, même après que Drago lui eut répété qu'elle était une sorcière assez talentueuse pour éviter que ça ne se produise. Ils décidèrent d'ensorceler les gardes au petit matin et de se faire escorter vers la sortie avant de prendre le premier attelage et de quitter Londres dans les plus brefs délais. Ils misaient sur le fait qu'à l'aube, le Roi et le palais serait encore endormi et n'assisteraient pas à leur départ.
− Allons dormir quelques heures, proposa Drago. Tu auras besoin d'être en forme demain…
Quand Drago se glissa entre les draps, il ne put s'empêcher de venir se coller contre le dos d'Hermione et de venir poser une main protectrice sur son ventre. Même à travers le tissu de sa chemise de nuit, il pouvait sentir les petits coups de leur enfant qui n'était pas conscient de tout ce qui se tramait dans le monde des adultes. Hermione ne pleurait plus, mais elle ne parlait guère et Drago se sentit envahi par la culpabilité de faire subir tout cela à son épouse.
− Je t'aime, murmura-t-il. Vous êtes ce qui m'est de plus précieux, je donnerai ma vie pour vous.
C'était la première fois qu'il lui disait qu'il l'aimait. Hermione avait affirmé qu'il n'avait pas besoin de le dire, qu'elle savait que ce n'était pas dans sa nature de s'étendre en déclarations amoureuses, aussi s'était il contenté de lui prouver, chaque jour, qu'elle était sa priorité, celle qu'il aimait par-dessus tout. Mais ce soir… Il éprouvait le besoin de le dire à voix haute. Il voulait qu'elle le sache. Que quoi qu'il arrive, rien ni personne ne le priverait de son amour pour elle.
Hermione se retourna dans le lit pour lui faire face. Elle ne répondit rien, se contentant de fondre sur sa bouche et de l'embrasser comme si sa vie en dépendait. Leurs langues s'entremêlèrent avec brutalité, et il sentit ses dents venir lui entailler la lèvre. Dans l'urgence qui émanait de la situation, il ne s'en offusqua pas, et bien au contraire, laissa ses mains partir à la conquête du corps de son épouse. Celle-ci n'avait pas pour ambition de faire traîner les choses. Ses doigts entouraient déjà son sexe et le caressait de haut en bas, tandis qu'elle ondulait contre lui. Drago songea qu'elle agissait comme si c'était la dernière fois. Et peut-être cela l'était-il, aussi refusa-t-il de laisser passer sa chance. Vorace, il la dévora de baisers qu'il déposait toujours plus bas dans son cou, entre ses seins, sur son ventre rond, sur son mont de Vénus. Sa langue se fraya un chemin jusqu'à son clitoris qu'il lapa comme s'il s'agissait du meilleur des nectars, tandis qu'un de ses doigts se faufilait en elle.
Elle était si humide, si prête pour le recevoir que cela ne fit qu'augmenter son excitation. L'entendre gémir et murmurer son nom dans l'obscurité de la nuit acheva de le rendre fou, et il continua de la goûter de longues minutes, jusqu'à que ses cuisses se referment en étau autour de son visage et qu'il la sente se contracter autour de ses doigts et de sa langue. Quand il se fut assuré qu'il avait convenablement comblé les désirs de sa femme, il remonta à la surface des draps.
− N'oublie jamais que je suis le seul homme à pouvoir te faire ressentir tout cela, grogna-t-il entre ses dents, tandis que l'image du roi posant ses mains sur sa poitrine laiteuse remontait à la surface de son esprit.
− Le seul, répéta Hermione encore perchée sur son nuage.
Drago n'attendit pas qu'elle fut redescendue. Il la retourna sur le côté, et entrouvrit légèrement ses cuisses pour pouvoir venir frotter son sexe contre celui d'Hermione. Il attendait qu'elle l'autorise à entrer, mais elle fit durer le plaisir quelques secondes supplémentaires avant d'ouvrir les jambes et de le laisser la pénétrer. Ses coups de reins marquaient la cadence, tandis que les doigts de Drago s'enfonçaient dans la chaire de ses hanches. Ils firent l'amour comme ceci durant de longues minutes, jusqu'à ce qu'Hermione lui ordonne de lâcher prise. Et alors que le feu d'artifice de la jouissance s'emparait d'eux, Drago oublia l'espace d'un instant tout ce qui faisait de sa vie un fiasco, au profit de tout ce qui le rendait si heureux.
Ils s'endormirent en se promettant que tout irait pour le mieux le lendemain matin…
Mais le lendemain matin… Rien ne se déroula comme prévu. Ils furent réveillés par des coups tambourinés contre le bois de la porte et le bruit lourd et pesant des bottes d'une vingtaine de gardes qui faisaient irruption dans leur chambre à coucher. Drago se redressa en sursaut, tandis qu'un fusil se braquait droit sur son cœur.
− Drago Malefoy vous êtes arrêté pour crime de lèse-majesté. Vous allez être emmené à la Tour de Londres jusqu'à votre procès.
Hermione poussa un cri strident mais deux gardes s'approchaient déjà d'elle et se saisissaient de son bras nu.
− Ne la touchez pas, éructa Drago. Je me rends. Mais laissez la tranquille.
− Impossible. Lady Hermione Malefoy, vous êtes en état d'arrestation. Pour sorcellerie. Vous serez mise aux cachots royaux en attendant votre mise à mort.
