Bonsoir à toutes !

Me voici de retour avec le 50ème chapitre de cette fiction. Pfiou 50 chapitres ! C'est fou quand même. Dire qu'au début j'avais imaginé une trentaine de chapitre tout au plus … Comme à chaque fois, j'ai été happée par mon histoire et les personnages n'en ont fait qu'à leur tête.

Cette histoire touche à sa fin, et j'annonce qu'il y aura deux épilogues, et non pas un. Je les posterai mercredi et dimanche prochain. Je vous encourage à me laisser des reviews pour me dire ce que vous avez pensé de cette fiction. Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à mercredi pour le 1er épilogue.


Le sortilège pour retrouver Hermione fit son travail et guida Drago au travers du dédale des couloirs du couvent. Ses pas résonnaient faiblement sur le sol de pierre malgré sa volonté de rester silencieux. Pressé par le temps, il ne pouvait pas se permettre de ralentir l'allure, aussi misa-t-il tout sur la rapidité plutôt que sur la discrétion. Il passa devant un nombre incalculable de portes, toutes closes, sans jamais s'arrêter, jusqu'à se retrouver face à un escalier à la pierre usée qui menait à l'étage supérieur. Il l'emprunta sans ralentir sa course, et bientôt, le sort l'amena jusque devant une petite porte située au bout d'un couloir sombre et humide.

Si son sort se révélait fiable, il s'agissait là de la porte qui gardait son épouse. Il tenta de tourner la poignée, dans l'espoir un peu fou qu'Hermione ne soit pas prisonnière de sa chambre. Evidemment, la porte résista et resta résolument close.

− Alohomora, siffla Drago furieux de perdre du temps ainsi.

Quand la serrure céda sous sa magie, Drago ouvrit la porte en grand et y entra immédiatement, sans plus chercher à savoir si la silhouette étendue dans le lit appartenait bien à son épouse. Au moment où il s'approchait du lit pour s'en assurer et la réveiller, un bruit retentit derrière lui et il se retourna juste à temps pour voir Hermione tenter d'abattre sur lui un énorme vase de terre cuite qui avait l'air atrocement lourd. Elle suspendit son geste à l'instant où elle reconnut Drago.

− Drago ? s'exclama-t-elle en chuchotant.

Le ton de sa voix était à mi-chemin entre la surprise et le soulagement. Elle reposa promptement le vase sur le petit bureau posé dans un coin de la pièce et se précipita dans les bras de Drago. Celui-ci l'accueillit contre son cœur et la serra doucement quelques secondes. Le temps pour lui de se rappeler son odeur, la douceur de sa peau, le parfum de ses cheveux.

− Je croyais que tu ne devais pas venir avant deux jours, souffla-t-elle contre son torse.

− Nous avons dû changer nos plans, le Roi comptait te faire revenir au palais dès demain matin.

− Je me doutais qu'il ne me laisserait pas ici comme je le lui avais demandé…

− C'est pour cette raison que tu te tenais prête avec ce vase ? demanda Drago d'un ton goguenard.

Hermione lui lança un regard noir.

− Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, les options de défense ne sont pas très nombreuses dans cette chambre.

Un bref coup d'œil à la pièce confirma à Drago qu'Hermione n'avait pas tort. L'austérité de la pièce était à pleurer. Si lui-même savait vivre dans la simplicité et n'appréciait pas tant que cela l'opulence, il devait admettre que rien ne rappelait le confort dans cette chambre aux allures de cellules.

− Partons, dit finalement Drago, le temps presse.

Avisant Hermione qui ne portait rien d'autre qu'une chemise de nuit, il retira sa propre veste d'hiver pour la lui enfiler.

− Tu n'as pas de chaussures ? demanda-t-il même s'il connaissait déjà la réponse.

− Les sœurs me les ont retirées.

D'un coup de baguette, Drago lui en confectionna une paire loin des standards de la mode actuelle mais assez confortables pour qu'elle puisse marcher – voire courir – sans se blesser aux pieds. Hermione les regarda d'un œil critique mais eut le bon goût de ne pas faire de remarque – ce que, de toute façon, Pansy ne manquerait pas de faire quand elle les verrait. Ils se mirent en route et firent le chemin inverse de celui que Drago avait fait pour retrouver Hermione. Le silence était lourd et pesant, mais à présent qu'ils étaient tous les deux, rien ne semblait venir ternir leur bonheur. Hermione vint entrecroiser ses doigts à ceux de Drago, et une chaleur familière et délicieuse se répandit dans tout son corps tandis qu'il la serrait doucement contre lui.

Ils venaient d'arriver dans le cloitre dans lequel Drago avait lévité quand soudain des torches s'enflammèrent tout autour d'eux. Cachés dans la pénombre, des dizaines de gardes avaient attendu ce moment pour se révéler à leur vue et les encerclaient désormais. A la tête de la garnison, le capitaine que Drago avait vu un peu plus tôt dans l'auberge.

− Le Roi a eu nez creux, déclara-t-il d'une voix forte en s'avançant vers eux. Voilà des jours que nous surveillons ce couvent dans l'espoir de vous y voir pénétrer. Sa Majesté se doutait que vous ne resteriez pas sans rien faire.

Le cœur de Drago tambourinait dans sa poitrine. Beaucoup de questions se bousculaient dans son esprit. Où étaient Pansy et Blaise ? Depuis quand les gardes étaient-ils ici ? L'avaient-ils vus léviter ? Non, impossible, ils l'auraient arrêté à ce moment-là…. Comment allaient-ils faire pour quitter les lieux sans encombre ? Hermione n'avait pas de baguette. Il était seul, tant que Pansy et Blaise ne se pointaient pas. Il n'était pas sûr de pouvoir sortir vainqueur d'un combat à un contre … quarante ? cinquante, peut-être ? Ils étaient, de plus, armés jusqu'aux dents.

− Restons-calme, murmura Hermione pour qu'il soit le seul à l'entendre.

Calme ? Bon sang, était-elle aveugle ? Rien de cette situation n'appelait au calme.

− Monsieur Malefoy, veuillez me remettre Lady Hermione Granger, sur ordre du Roi.

− Hermione Malefoy, le reprit-il d'une voix calme mais glaciale. Puisqu'il s'agit encore de mon épouse.

− Plus pour longtemps. Lady Malefoy, je vous prie de vous avancer, le Roi requiert votre présence. Si vous résistez, je serai dans l'obligation de vous y contraindre. Epargnez nous cela.

Le capitaine, qui s'était approché en parlant, tendit une main en direction d'Hermione mais Drago s'interposa avant qu'il ne puisse se saisir de son bras.

− Reculez capitaine, où je serais dans l'obligation de vous tuer, asséna Drago en reprenant les termes du garde.

Celui-ci ne se laissa pas intimider et d'un geste de la tête ordonna silencieusement à quelques gardes de s'avancer, toutes lames dehors. Drago, quant à lui, tenait toujours fermement sa baguette dans la poche de son pantalon. Il évaluait les risques à utiliser la magie devant tant de témoins. Il était sur le point de lancer quelques sorts informulés pour se débarrasser des soldats les plus armés, quand une explosion retentit soudain. Tout le monde se retourna pour voir d'où elle provenait mais une épaisse fumée opaque se répandait déjà dans le cloitre, empêchant quiconque de comprendre d'où tout ce raffut provenait.

− Qu'est-ce que… commença la capitaine en tournant sur lui-même pour voir ce qu'il se passait.

Drago parvenait à peine à le distinguer alors qu'il se trouvait à moins de deux mètres de lui. Hermione se pressa contre Drago et le força à reculer de quelques pas afin d'être sûre que personne ne les entendrait.

− Ca fait partie du plan ? demanda-t-elle.

− Non, mais j'imagine que Pansy et Blaise essayent d'improviser.

En espérant que ce soit bien eux…

Soudain, des jets de lumières fendirent le brouillard et Drago comprit que ses deux amis lançaient des sorts pour se débarrasser des soldats. Mais ceux-ci étaient bien entraînés et malgré la visibilité restreinte, parvinrent à se rapprocher dangereusement de Drago et Hermione, empêchant Blaise et Pansy de lancer des sorts trop violents. Ils auraient pu toucher l'un de leurs amis et ce n'était pas envisageable.

Bientôt, une main s'empara du bras d'Hermione et l'entraîna loin de Drago.

− Drago ! cria celle-ci paniquée.

− Hermione !

Drago n'y voyait rien, il ne pouvait se repérer qu'aux cris d'Hermione. S'enfonçant dans l'épaisse fumée, il s'avança jusqu'à entrevoir quelques silhouettes qui tenaient fermement son épouse. N'écoutant que sa haine et son inquiétude, Drago se précipita vers eux et s'empara de l'épée d'un garde un peu trop discret. Il ne pouvait utiliser sa magie sans être démasqué, mais rien ne l'empêchait de se battre avec une lame. S'en suivit un combat acharné entre trois gardes et Drago, tandis que leur capitaine éloignait toujours un peu plus Hermione de lui.

− Ecartez vous de mon chemin, gronda Drago en sabrant tout ce qui passait sous ses yeux.

Bien entraîné, il enfonça sa lame dans le cœur de l'un des gardes avant de sectionner la main d'un second. Le troisième se battait bien, mais il ne parvint pas à le faire reculer. Bientôt, Drago sentit une présence à ses côtés, et il reconnut la silhouette massive de Blaise, qui tenait lui aussi dans sa main une épée. La sienne.

− Où est Pansy ? marmonna Drago.

− Elle s'occupe de maintenir le brouillard. Moi, je viens te prêter main forte.

Durant de longues minutes, les gardes et les deux amis se menèrent une bataille sans merci. L'adrénaline avait envahi le corps de Drago au même titre que la peur de voir Hermione à nouveau entre les mains du roi. Il ne s'était pas battu à l'épée depuis des années, et son manque d'entraînement lui valu de nombreuses blessures, toutes superficielles, heureusement. Tandis qu'ils gagnaient du terrain et se rapprochaient inexorablement d'Hermione et de son détenteur, ce dernier hurlait des ordres à ses soldats :

− Encerclez-les. Je veux les voir morts, gronda-t-il.

Drago sentait qu'ils n'avaient pas l'avantage du nombre, pourtant, l'espoir continuait de couler dans ses veines et le maintenait à la hauteur de ses assaillants. Bientôt, il se retrouva face au capitaine et aux trois soldats qui tenaient fermement Hermione : il reconnut ceux qu'ils avaient vues dans l'auberge.

− N'en avez-vous pas assez de voir vos gardes périr sous ma lame ? le nargua Drago.

− Et toi, tu n'en as pas assez d'être marié à la catin du Roi ? répliqua l'un des gardes avec un sourire mauvais.

Drago grogna et se précipita à sa rencontre, mais son épée rencontra celle du capitaine qui semblait en avoir marre de jouer les spectateurs passifs. Ils entrèrent alors dans un duel aux accords tacites, interdisant à quiconque d'intervenir dans cette lutte contre la mort. Blaise se tenait non loin d'Hermione et tentait de trouver un moyen de la récupérer, tandis que les soldats la maintenaient fermement et lançaient des encouragements à leur capitaine. Un cri de surprise et de douleur retentit soudain, suivit d'un bruit sec et mat, comme celui qu'aurait fait une gifle…

− Elle m'a mordu, cette salope !

La rage de Drago redoubla quand il comprit que le soldat venait de frapper Hermione au visage et qu'il la vit s'écrouler sur le sol sous le coup.

− Je vais t'apprendre à respecter un homme, éructa le garde en la relevant par les cheveux.

Hermione gémit de douleur tandis qu'il la remettait debout. Drago hurla :

− Ne la touche pas !

Mais sa perte d'attention eut raison de lui et il sentit la lame du capitaine de garnison s'enfoncer profondément dans sa cuisse. Dans un rugissement de rage et de douleur, Drago fit volte-face et attaqua sans relâche pour faire reculer son adversaire. En vain.

Hermione continuait de crier de douleur, Blaise était la proie de trois soldats, et Pansy restait invisible… Était-ce là la fin de leur histoire ? songea Drago. Allaient-ils tous mourir ici, tandis qu'Hermione serait emmenée de force dans le lit du roi où elle serait souillée et violée ? Qu'adviendrait-il de leur enfant ?

Hermione se débattait comme une furie, il l'entendait et entendait le garde tentait de la contenir, mais elle n'en démordait pas. Il l'entendit donner des coups, et tenter de le griffer. Contre toute attente, elle le fit lâcher prise et parvint à s'éloigner en courant, mais le garde, furieux de voir une femme lui échapper ainsi n'hésita pas une seule seconde : il s'empara d'une dague et la lança dans sa direction. La lame siffla et fendit l'air à une vitesse fulgurante. Pourtant, ce fut comme si le temps s'arrêtait quand Drago le vit s'enfoncer dans les reins d'Hermione avec une facilité déconcertante…

− NOOOOON ! hurla-t-il.

Au même moment, la fumée blanche qui entravait leur vue depuis plusieurs minutes se transforma en un épais brouillard noir qui les immobilisa tous. Drago reconnut les effets du sort de bloque-jambe, et bientôt, ils tombèrent tous sur le sol. Une silhouette encapuchonnée se précipita vers Drago et le libéra du sort.

− Pans', murmura Drago, on doit partir, Hermione, elle est… Putain, Pans', je crois qu'elle est… morte.

Prononcer à voix haute ce mot acheva de faire perdre pied à Drago.

− Prends là, et transplannez au Manoir Malefoy, ordonna-t-il.

Drago acquiesça et se précipita à tâtons en direction d'Hermione. Il n'y voyait rien, mais il sentit bientôt son corps chaud sous ses mains. Un liquide poisseux se répandait tout autour d'elle… Elle se vidait littéralement de son sang. Est-ce qu'elle supporterait le transplannage d'escorte ? Drago l'ignorait, mais c'était de toute façon la seule option qui s'offrait à lui. Il la hissa dans ses bras et la serra fort contre lui. Avant de disparaître dans l'obscurité, il embrassa son front et murmura :

− Tiens bon, Hermione, je te ramène à la maison.