Hello !

Je traine avec ces OS, dites donc... Voici donc le 2e texte écrit dans le cadre du Winterfest, organisé par le Festumsempra. Les première et dernière phrases étaient imposées.

J'espère que ça vous plaira :)


Merci à Damelith et Vertreymer pour leurs relectures


Le problème, c'est que les humains ont un don pour désirer ce qui leur fait le plus de mal.

Bien sûr, de temps en temps et contre toute attente, ils arrivent à l'obtenir... Sauf que toi, Remus, tu n'es pas vraiment humain.

Alors à quoi bon perdre ton temps à espérer ?

Isolé dans l'un des compartiments du Poudlard Express, le jeune Remus Lupin ne parvenait pas à chasser ces mots de son esprit.

Et si son père avait raison ?

Et si insister pour aller à Poudlard comme il l'avait fait le menait tout simplement à sa perte ?

Albus Dumbledore leur avait affirmé, à ses parents et à lui, avoir pris des mesures pour assurer sa sécurité ainsi que celle des autres élèves, mais Remus ne pouvait s'empêcher de douter...

Il savait dans quel état se retrouvait à sa chambre après les soirs de pleine lune... Que se passerait-il s'il parvenait à passer outre ces nouvelles protections ?

Oui, il aspirait à une vie normale, remplie d'amitié, d'insouciance et de liberté, mais n'était-ce pas égoïste de sa part, en définitive, d'accepter de prendre de tels risques pour son seul intérêt ?

Peut-être aurait-il dû écouter son père et rester chez lui, là où sa mère aurait continué à lui apprendre à canaliser sa magie...

Mais il était à présent trop tard pour revenir sur sa décision. Le train filait à toute allure à travers le pays et il serait à Poudlard d'ici quelques heures. Il ne lui restait plus qu'à espérer que tout se passerait bien.

Et ce, même si son père lui affirmait que l'espoir n'était pas fait pour les personnes telles que lui.


- GRYFFONDOR !

Remus sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine lorsqu'il entendit le Choixpeau clamer le nom de la Maison qui serait désormais la sienne.

Ainsi, il l'avait estimé suffisamment courageux pour rejoindre les rouge et or... Il avait tout simplement l'impression de rêver. Sans trop pouvoir se l'expliquer, Remus aurait juré qu'il finirait chez les discrets et studieux Serdaigle, mais non.

Gryffondor !

Tandis qu'il rejoignait la table où ses nouveaux camarades l'acclamaient, il sentit son estomac se tordre légèrement lorsqu'il réalisa que son père risquait de moins bien prendre la nouvelle que lui.

Les Gryffondor avaient la réputation d'être assez téméraires et Remus était conscient que son statut particulier ne l'autorisait pas à faire le moindre écart. Son père allait donc plus que certainement redoubler ses mises en garde à son encontre.

Perdu dans ses pensées, il s'installa à la première place vide qu'il trouva et fut rapidement rejoint par un garçon de son âge aux cheveux ébouriffés et portant des lunettes.

- J'étais sûr que tu finirais ici aussi ! s'exclama un autre garçon aux cheveux noirs qui était assis face à eux.

- Vu ta famille, j'en étais moins sûr pour toi, pouffa l'intéressé en réponse.

Remus les écouta plaisanter et discuter en silence durant de longues minutes, amusé par leurs échanges animés. Ces deux-là semblaient déjà bien s'entendre et pour être honnête, il les enviait un peu.

Tout à coup, le garçon à sa droite lui donna un coup de coude involontaire, ce qui lui fit renverser son verre.

- Oh merde ! Désolé, mec ! s'excusa-t-il aussitôt avant de prendre une serviette pour l'aider à essuyer la table.

- C'est rien... Ça arrive... bafouilla Remus, légèrement gêné de s'être montré si maladroit.

- Moi c'est James, en tout cas, répliqua le garçon en souriant.

- Et moi Sirius, ajouta celui qui leur faisait face en lui tendant une main qu'il s'empressa de serrer.

- Remus, précisa-t-il à son tour, quelque peu ému par la chaleur dont ils faisaient preuve à son égard.

Le repas se poursuivit ensuite, James et Sirius veillant à l'intégrer dans leurs conversations.


Remus était installé sur l'un des murets qui encadraient la cour intérieure du château, un livre sur les genoux, lorsque des cris attirèrent son attention.

Bien que son père le supplie régulièrement de rester discret, il ne put s'empêcher d'aller voir ce qui en était à l'origine.

Son livre sous le bras, il s'approcha doucement de l'endroit d'où le bruit semblait venir, baguette à la main, et ne put empêcher un soupir agacé de franchir ses lèvres lorsqu'il vit Lucius Malfoy, le Préfet des Serpentard, menacer l'un de ses camarades de classe.

Peter Pettigrow lui faisait un peu de peine, en vérité. Il était tellement timide et pataud qu'il était parfois difficile de ne pas être agacé par son attitude, mais Remus ne pouvait pas s'empêcher de ressentir de la compassion pour lui.

Il était très bien placé pour savoir ce que ça faisait d'être rejeté et ses nouvelles amitiés avec James et Sirius ne changeaient en rien cet état de fait.

Raison pour laquelle il décida de s'interposer, même s'il ignorait tout de ce qui avait provoqué la colère de Malfoy.

- Fiche lui la paix ! déclara-t-il en le menaçant de sa baguette.

- De quoi je me mêle ? répondit Lucius. Cette histoire ne te regarde en rien, Lupin !

Les deux adolescents se défièrent du regard, baguettes brandies, jusqu'à ce que James et Sirius les rejoignent.

- Chouette, un duel ! s'exclama aussitôt James. Je dirais bien que je prends le vainqueur, mais j'ai pas envie de me battre contre toi, Remus...

Malfoy tourna aussitôt sa baguette vers lui, l'œil sombre.

- Forcément... grommela-t-il, clairement amer.

- Alors, Monsieur le Préfet, déclara Sirius en jouant avec sa propre baguette, on profite de son statut pour s'en prendre à plus faible que soi ?

- Je te signale que c'est vous qui êtes quatre face à moi, Black ! le contra-t-il.

- Tttt, arrête d'exagérer, le corrigea James. Nous, on se promenait juste dans le coin quand on t'a vu menacer notre ami, n'inverse pas les rôles.

Malfoy se contenta de les dévisager, un air dégoûté sur le visage, avant de ranger sa baguette pour faire demi-tour.

- Tout va bien ? s'enquit aussitôt Remus, son attention portée sur Peter.

- Ouais, répondit celui-ci. Je sais pas ce qu'il lui a pris, j'ai... J'ai juste trébuché et j'ai raccroché son sac... expliqua-t-il, les joues d'un rouge soutenu.

- C'est Lucius, commenta Sirius dans un haussement d'épaules. Tout le monde sait qu'il aime se donner des grands airs.

- Allez, venez, intervint ensuite James. Si on traine trop, y aura plus rien à manger !

Les quatre Gryffondor prirent aussitôt le chemin de la Grande Salle en riant joyeusement.

Tous ensemble.


Remus était assis sur son lit, dans le dortoir qu'il partageait avec James, Sirius et Peter, le visage enfoui dans ses mains.

La tempête de neige qui faisait rage à l'extérieur semblait refléter les tourments qui animaient à présent son esprit.

Il savait que ses amis étaient juste à côté de lui, mais il ne parvenait pas à les regarder.

Plus depuis qu'ils avaient compris ce qu'il était.

Sa vie avait tellement changé depuis qu'ils lui avaient accordé leur amitié qu'il ne savait pas du tout comment il allait bien pouvoir continuer à avancer sans eux.

Son père avait eu entièrement raison.

Même s'il n'était pas totalement humain, son cœur avait espéré : ce qui le faisait souffrir aujourd'hui.

Sans doute aurait-il mieux valu qu'il reste chez lui, loin de tout, loin de ce qui allait irrémédiablement le briser aujourd'hui.

Comment pourrait-il en être autrement, à présent qu'ils savaient quel monstre il était ?

Il aurait tout donné pour revenir en arrière, mais c'était à présent trop tard.

Cependant, il ne parvenait pas totalement à regretter d'être venu à Poudlard. Bien que ça n'ait pas duré, il avait eu l'occasion de goûter à ce qu'il avait tant aspiré durant son enfance : la normalité.

Rien ne serait plus comme avant, mais il aurait toujours un peu plus d'un an de souvenirs pour lui tenir compagnie.

C'était bien mieux que tout ce dont il n'avait jamais rêvé.

Une bulle de liberté dans le quotidien morne de sa réalité.

La boule d'angoisse qui était née dans son ventre remontait à présent le long de sa gorge, emportant avec elle les sanglots qu'il retenait tant bien que mal depuis qu'il savait qu'ils avaient compris.

Soudain, sans rien comprendre à ce qui lui arrivait, Remus se retrouva enlacé par une multitude de bras et les larmes qu'il retenait dévalèrent malgré lui le long de ses joues lorsqu'il entendit l'un de ses amis déclarer :

- Ne t'en fais pas, Remus, tu n'es pas seul. Tu ne le seras jamais plus.


- Tu es un abruti, James Potter ! s'exclama Lily Evans, attirant immédiatement l'attention de Remus.

- Tu te répètes, ma chère, répondit l'abruti en question. Il faudrait voir à renouveler tes insultes !

Lily lui retourna un regard noir avant de quitter la salle commune, furibonde.

- Tu sais que tirer les couettes des filles pour attirer leur attention n'a jamais marché ? souligna Sirius depuis le fauteuil où il était installé.

- Je sais, ouais, grommela James en se laissant tomber sur un canapé proche. Mais c'est plus fort que moi, je perds tous mes moyens face à elle...

Remus se contenta de lever les yeux au ciel avant de sortir à son tour pour tenter de retrouver son amie.

Bien que Lily ne s'entende pas avec James, ils avaient noué, elle et Remus, une certaine amitié à force de trainer ensemble à la bibliothèque.

Et Remus tenait trop aux quelques amis qu'il s'était faits depuis son arrivée à Poudlard pour ne pas prendre la peine d'aller voir comment elle se sentait après cette nouvelle altercation avec James.

Ce dernier avait eu un coup de foudre dès qu'il avait vu leur jeune camarade, mais ce sentiment était loin d'être réciproque, l'arrogance dont le jeune Potter pouvait faire preuve jouant contre lui.

Remus se perdit donc à travers les nombreux couloirs de Poudlard, malmené par les escaliers capricieux, jusqu'à ce qu'il se retrouve dans une aile qu'il ne connaissait pas.

Une lourde porte de bois lui faisait face et bien qu'il y ait peu de chance que Lily se soit réfugiée dans cet endroit, Remus la franchit pour voir ce qui se trouvait de l'autre côté.

Il se retrouva dans une pièce assez étroite où trônait un unique miroir sur pied orné d'or.

Une inscription était perceptible à son sommet mais Remus n'en comprit pas le sens.

Il s'en approcha doucement, prudemment, et son cœur s'arrêta brièvement lorsqu'il vit ce qui s'y reflétait.

Il identifia rapidement la plupart des personnes qui s'y trouvaient, même si le temps avait clairement fait son œuvre : James, Lily, Sirius et Peter entouraient un lui plus âgé. À ses côtés, se trouvait une femme au visage changeant, qui tenait dans ses bras un nouveau-né.

Abasourdi, Remus s'assit sur le sol pour pouvoir observer cette image à son aise.

Ce miroir prédisait-il l'avenir ? Il aurait été incapable de le dire...

Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne parvenait pas à en détacher le regard et que plus rien ne semblait avoir la moindre importance.


Remus écoutait James, Sirius et Peter se congratuler pour le tour qu'ils venaient de jouer à Severus Rogue, le cœur légèrement serré.

Le fait que leur camarade de Serpentard soit une personne aussi détestable, remplie de préjugés nauséabonds, atténuait à peine la culpabilité qu'il ressentait à les laisser le tourmenter ainsi sans réagir.

En tant que Préfet, il aurait dû leur dire d'arrêter.

Il l'aurait d'ailleurs fait avec n'importe qui d'autre, il ne se faisait aucune illusion à ce sujet, mais voilà, les responsables n'étaient pas n'importe qui. Il s'agissait de ses meilleurs amis, de ses seuls amis.

Et même s'ils lui avaient prouvé à de nombreuses reprises qu'ils ne comptaient pas le laisser tomber - notamment en devenant Animagi pour le soutenir durant les nuits de pleine lune - Remus ne parvenait pas à se défaire de sa peur.

Le problème, c'est que les humains ont un don pour désirer ce qui leur fait le plus de mal.

Le discours moralisateur que son père lui avait asséné il y avait plusieurs années, à présent, revenait régulièrement le hanter.

Remus était plus conscient que jamais de la souffrance qu'il endurerait s'il venait à perdre ce qu'il chérissait tant.

Raison pour laquelle il aurait préféré que le Professeur Dumbledore ne le nomme pas Préfet. Ce rôle le mettait régulièrement dans une position tellement inconfortable qu'il avait tout simplement l'impression d'être un imposteur...

Heureusement, Lily était là pour l'épauler. Lily et sa gentillesse à toute épreuve. Lily sans qui son quotidien serait encore plus difficile à appréhender.

Lily qui assumait le mauvais rôle auprès de James et Sirius sans jamais lui faire le moindre reproche.

Une amie de plus qu'il ne méritait pas.


Le cœur lourd, Remus quitta le cimetière de Godric's Hollow en compagnie de ses meilleurs amis.

Cette année, le réveillon s'annonçait particulièrement lugubre.

Bien qu'imparfait, son père avait été une constance dans sa vie et sa perte le laissait assez démuni.

Pour de nombreux membres de l'Ordre, ce n'était qu'un décès parmi tant d'autres, mais pour Remus, c'était tout simplement une partie de son être qui l'avait quitté.

Il ne comprendrait jamais ce qui pouvait se passer dans la tête de tous ces sorciers alimentés par la haine.

La vie était précieuse.

Quelle qu'elle soit.

Ce n'étaient pas les circonstances de la naissance d'une personne qui déterminaient sa valeur, mais bien les choix qu'elle faisait tout au long de son existence.

Et ces êtres qui se faisaient appeler Mangemorts n'avaient aucune valeur à ses yeux.

Remus inspira profondément pour tenter de chasser le désespoir qu'il sentait poindre en lui, réconforté par le bras de Sirius amicalement posé sur son épaule.

Le bruit des pas faisant crisser la neige témoignait de la présence d'autres personnes, juste derrière lui.

Ses parents n'étaient plus mais il n'était pas seul pour autant.

Tous ensemble, ils parviendraient à mettre fin au règne de celui qui se faisait appeler Le Seigneur des Ténèbres, il en avait l'intime conviction.

Il espérait juste qu'ils y arriveraient avant qu'ils ne soient tous irrémédiablement meurtris.


Vide.

Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire l'état dans lequel se sentait Remus.

Plus rien n'avait de sens.

La vie en avait-elle seulement déjà eu ?

Comment avait-il bien pu se fourvoyer à ce point ?

Ce qu'il avait espéré de tout son être étant enfant était ce qui le faisait atrocement souffrir aujourd'hui.

Son père avait eu raison depuis le début.

Humain ou pas, rien ne blessait plus qu'un espoir trahi.

Piétiné.

Écrasé par l'effroyable réalité.

Comment ?

Pourquoi ?

C'était tout bonnement incompréhensible.

Disparaître.

Se laisser engloutir par ce vide qui avait tout ravagé sur son passage.

Plus rien n'avait la moindre importance.


Tant d'années s'étaient écoulées depuis ce jour sinistre où sa vie avait été réduite à néant.

Remus essayait tant bien que mal de survivre, sans trop savoir pourquoi.

Ses parents n'étaient plus.

Ses amis n'étaient plus.

Il n'était plus rien.

Rien d'autre qu'un paria à l'existence aussi vaine qu'étouffante.

Où était passé son pseudo-courage de Gryffondor ?

S'il en avait eu ne serait-ce qu'une once, il aurait quitté ce monde qui le reniait depuis bien longtemps.

Mais non, Remus était lâche.

Inutile.

Monstrueux.

Seul.

Si seul...

Le problème, c'est que les humains ont un don pour désirer ce qui leur fait le plus de mal.

Cette phrase...

Encore et toujours.

Inlassablement.

Il aurait dû écouter son père et refuser d'aller à Poudlard.

Tant de peine, tant de douleur...

Pour quel résultat ?

Les Gryffondor n'étaient pas courageux, ils étaient tout simplement égoïstes.

Sans lui, Peter n'aurait jamais été leur ami et aurait pu survivre à tous ces drames.

Il aurait dû canaliser Sirius lorsqu'il en avait encore le pouvoir.

Il aurait dû dénoncer ses excès, mais non.

Il avait douté de lui, sur la fin, mais il avait préféré faire confiance.

Quelle erreur !

Remus n'avait pensé qu'à lui, qu'à son propre bien-être, refusant de croire qu'un de ses amis pourrait le trahir de la sorte.

Les trahir.

Sans lui, Harry aurait encore ses parents.

Sans lui, rien de tout cela ne serait arrivé.


- Êtes-vous devenu fou ?! s'exclama Remus, doutant être victime d'une hallucination auditive.

- Bien sûr que non, le rassura Albus Dumbledore. Je suis parfaitement conscient de ce que je te demande. Me suis-je déjà joué de toi ?

- Mais... Comment pouvez-vous avoir confiance en moi après tout ce qu'il s'est passé ?

- Tu as toujours été bien trop dur envers toi-même... déclara le vieil homme. Personne ne le connait mieux que toi, Remus. Et tu sais tout comme moi qu'il va vouloir s'en prendre à lui.

Remus soupira, conscient que son ancien directeur avait raison.

Comme tout le monde, il avait appris que Sirius était parvenu à s'évader d'Azkaban. La façon dont il s'y était pris restait un mystère, même si Remus n'en était pas vraiment étonné.

Si un sorcier pouvait bien réussir à accomplir cet exploit, c'était bien lui.

Il fut vaguement tenté de parler du statut d'Animagus de son ancien ami, mais un reste de sentiment de loyauté l'en empêcha.

Comme pour tant d'autres choses, il s'en sentait entièrement responsable... Après tout, c'était à cause de lui que Sirius et les autres avaient appris à se métamorphoser de la sorte.

Il devait donc à présent assumer les conséquences de leur irresponsabilité.

Il se dégoûtait pour cette faiblesse, mais c'était plus fort que lui. Ce n'était pas seulement Sirius qu'il trahirait, mais également James et Peter.

Et il ne pouvait tout simplement pas supporter cette idée.

Albus avait raison, il était le seul à le connaître suffisamment bien pour pouvoir protéger Harry.

Après tout, il avait une dette envers cet enfant qu'il n'avait pas su préserver.

Par conséquent, malgré toutes ses appréhensions, malgré tous ses doutes et malgré sa honte, Remus accepta la proposition qu'il était venu lui faire.

Il retournerait à Poudlard pour enseigner.

Et prendre soin du fils de ses défunts amis, de James et Lily.


Remus était assis sur le sol de la chambre qu'il occupait au Square Grimmaurd lorsqu'il était de passage entre deux missions.

La vie était-elle, finalement, qu'un éternel recommencement ?

Combien de fois son cœur pourrait-il supporter d'être ainsi déchiré avant de se briser définitivement ?

Pourquoi avait-il fallu qu'il lui soit arraché si peu de temps après l'avoir enfin retrouvé ?

De nouveau, cette souffrance qui le dévorait de l'intérieur...

Sans Harry, il aurait sans doute lui-même plongé à travers ce voile pour tenter de le secourir.

Tellement d'injustices en ce monde que ça en devenait irrespirable...

Mais pourquoi, par Godric, s'accrochait-il ainsi à cette vie qui se plaisait tant à le tourmenter ?

Était-ce sa pénitence pour avoir osé espérer vivre normalement ?

Sentant ses forces l'abandonner, Remus se laissa glisser en position fœtale.

Trop de peine.

Trop de pertes.

Trop de douleur.

Il était tout simplement à bout de force.

À quoi bon lutter ?

Chaque fois qu'une lueur d'espoir se frayait un chemin dans l'obscurité qui voilait sa vie, il finissait par la voir être dévorée par ce mal qui rongeait tout.

Sans exception.

Il entendit vaguement quelqu'un frapper contre la porte de sa chambre mais n'y accorda pas la moindre importance.

Plus rien n'en avait.

Tout le bon de son existence était à présent parti.

À quoi bon continuer ?

Il sentit plus qu'il ne vit quelqu'un s'agenouiller à ses côtés, mais ne réagit pas pour autant.

Il l'entendait lui parler mais ses mots n'avaient aucun sens.

Alors, elle se pencha vers lui pour le prendre dans ses bras et son odeur si caractéristique envahit son être.

Elle aussi l'avait perdu.

Peut-être n'était-il pas si seul, après tout...

Son corps étroitement enlacé par le sien, Remus laissa libre cours à sa peine.


Remus détourna le regard pour éviter celui, brûlant, de la jeune femme qui lui faisait face.

Elle était en colère, il le savait parfaitement, mais cela ne changeait rien.

Et pourtant, Godric seul savait à quel point il aurait aimé lâcher prise...

Chaque fibre de son être l'appelait à céder, à succomber à cette tentation qu'elle représentait.

Il savait qu'elle en avait conscience, elle en jouait, elle le provoquait, elle faisait tout pour qu'il craque, mais Remus tenait bon.

Il était bien trop meurtri, bien trop cassé par toutes ces épreuves qui avaient jalonné son existence.

Il n'était même pas humain...

Et il était parfaitement conscient qu'il avait détruit tout ce qu'il avait un jour voulu.

Le problème, c'est que les humains ont un don pour désirer ce qui leur fait le plus de mal.

Il avait espéré une vie normale, remplie d'amitié, d'insouciance et de liberté et il avait perdu toutes ces choses l'une après l'autre.

Comment pourrait-il envisager, ne serait-ce qu'une seconde, de la vouloir, elle ?

S'il lui arrivait quelque chose, il n'y survivrait pas.

C'était une évidence...

Et il fallait qu'elle le comprenne.

Le cœur gros, Remus se tourna vers elle et déclara, la gorge nouée :

- Je ne suis pas sain pour toi, Dora... Tu es jeune, tu es belle, tu es courageuse. Tu es tellement... solaire, et moi, je suis un être de la nuit. Tu mérites tellement d'être avec quelqu'un de bien...

Tonks s'approcha alors de lui pour prendre son visage en coupe entre ses mains et chuchota, son souffle s'entremêlant au sien :

- Tu n'es pas quelqu'un de mauvais. Tu es quelqu'un de bon à qui il est arrivé de mauvaises choses.


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Et voilà pour ce texte sur Remus, j'espère que vous l'avez aimé.

Actuellement, nous sommes en plein "Dark Fest" et j'ai écrit sur un Mangemort mystère. Je partagerai le texte lorsque le fest sera terminé.

A bientôt !