- Rencontre -
Malgré la croyance populaire, s'il y avait quelque chose sur laquelle on pouvait compter chez Bellatrix, c'était sa prévisibilité. En m'endormant sur mes souvenirs d'elle hier soir, je me doutais bien qu'elle réagirait, qu'elle ferait une apparition d'ici peu. C'est donc sans surprise que j'entends le petit craquement sec de quelqu'un qui apparait à quelques mètres de moi, alors que je fais le plein de bois pour le feu. Je me retourne pour l'observer, troublée de la rencontrer pour la première fois depuis mon départ. C'était clair entre nous que nous devions finir notre relation, la guerre l'obligeait. Disons seulement que c'était un peu plus clair pour moi que pour elle.
Bellatrix a le visage fermé, et même comme ça je ne peux m'empêcher de trouver que j'ai devant moi la plus belle femme de l'Univers. Sa bouche rouge et pulpeuse est entre-ouverte, comme si elle voulait se donner une chance de respirer. Ses grands yeux noirs bordés de cils fournis sont froids et inexpressifs, blessés. Son visage en entier hésite entre adopter la douleur ou la rage. Ses longues boucles noires et soyeuses sont agitées par une petite brise, qui fait également se mouvoir sa tenue de combat. Elle est en uniforme, dans sa robe de Mangemort qui souligne chaque courbe que possède son magnifique corps. Je la dévore des yeux sans vergogne, cette femme qui fut mon amante durant une année entière. Je me souviens de la douceur de ses jambes, de la chaleur de son ventre, des intonations de sa voix, du goût de ses lèvres, de l'intensité de ses orgasmes. Je me rappelle de la texture de sa peau frémissante sous mes lèvres, de...
- Arrête, Hermione, arrête! Je revis tout ce que tu penses, chaque caresse, chaque baiser... C'est insupportable, gronde Bellatrix en détournant son regard du mien.
- Bellatrix, que fais-tu ici? Tu ne fais qu'augmenter notre souffrance, je murmure en détournant mon regard de la tristesse de ses yeux charbons.
- NOTRE souffrance?!, s'insurge mon amante en me plaquant violemment le dos contre un arbre. C'est TOI qui est partie, Miss-Je-Sais-Tout! Depuis notre première nuit d'amour, tu m'as promis que tu ne me ferais jamais souffrir comme eux. Et regarde toi; tu laisses sur moi des marques bien pires que celles laissées par mon maître.
Cette dernière accusation est souffrante, terrible et dévastatrice. Elle se dégage de mon corps et disparaît sans un regard, me laissant seule avec le souvenir magnifique de la première nuit d'intimité que nous avons partagée. Celle où j'ai rencontré Bella, cette femme vulnérable et pure qui s'était métamorphosée en Bellatrix Lestrange par un triste concours de circonstances...
Flash back
Après une absence de quelques jours, Bellatrix revient vers moi, comme je l'avais prévu. Toutefois, je ne m'attendais pas à une entrée aussi remarquée.
Je suis seule à la maison pour la semaine, et je lisais tranquillement sur la terrasse arrière de notre petite maison de campagne. J'aime le calme de la cours; nos voisins sont très éloignés, et tout est paisible. C'est donc avec étonnement que je vois Bellatrix transplaner juste devant moi sur la terrasse. Je lui souris, heureuse de la revoir si vite, et m'aperçois que quelque chose cloche. Elle chancelle sur ses pieds, s'approche de moi en tenant ses côtes ensanglantées.
- Hermione, elle murmure d'une voix étranglée, du sang sur le bord des lèvres.
Elle s'effondre lourdement contre moi, et s'évanouit dans mes bras. Bien que je sois inquiète et complètement paniquée, une vague d'adrénaline m'envahit et me permet de réagir rapidement. Je l'allonge sur la galerie en bois, et prends sa baguette d'entre ses mains crispées. À 16 ans, pas question d'être prise pour avoir utilisée de la magie en dehors de Poudlard, encore moins en présence de Bellatrix Lestrange. Incapable de voir ses blessures à travers les diverses couches de vêtements noirs, je fais disparaitre sa robe, ne la laissant que dans une nuisette verte émeraude et sa petite culotte. Prise d'un soucis de pudeur, je remonte sa nuisette sur son ventre jusqu'à voir sa blessure, mais je m'arrête sous ses seins. Je me sens comme une voyeuse.
Une plaie est ouverte sur le côté de son ventre, et le sang afflue abondamment. J'use de nombreux sorts pour arrêter le sang de couler, puis pour désinfecter la plaie, pour ensuite la refermer. Je nettoie le sang, pour finalement scanner son corps pour vérifier que les blessures ne sont pas internes. Tout semble en bon état, puisqu'aucun organe n'a été touché. Toutefois, son timing était excellent car avec une telle plaie, elle aurait pu se vider de son sang d'ici une dizaine de minutes.
Je prends quelques grandes respirations pour me calmer, puis nettoie sa nuisette tachée de sang poisseux. C'est seulement là que j'aperçois une multitude de petites cicatrices blanches et fines, qui se répandent un peu partout sur son corps. Je reviens à mes idées en une fraction de seconde, rougis de l'avoir observée ainsi sans son consentement, puis redescends le tissu sur son ventre pâle.
Avec sa baguette toujours, je fais léviter son corps jusqu'à ma chambre à coucher. Je l'installe dans mon lit en remontant les couvertures jusqu'à son menton. Son visage est si doux quand elle dort; j'ai l'impression d'avoir la Belle au Bois Dormant au creux de mon lit. Je caresse son front délicatement, rassurée qu'elle ne fasse pas de fièvre. Je dépose sa baguette sur la table de chevet avec un verre d'eau, puis quitte la chambre pour lui donner un peu d'intimité. Je pars ensuite nettoyer sa robe et le plancher de la galerie, le tout à l'aide des bonnes vieilles techniques moldues: la laveuse et la serpillère.
Quelques heures passent durant lesquelles j'ai lu, pris un bain et fait à souper pour occuper ma tête. Je suis montée quelques fois à l'étage pour veiller sur Bellatrix, et j'étais chaque fois accueillie par la douce vision de la sorcière profondément endormie. Ce n'est que vers 20 heures que j'entends un gros boom! à l'étage, qui m'indique qu'elle doit être tombée du lit. Je me précipite en haut, pour la voir tenter de se relever à l'aide de la base de lit.
- Attends, laisse-moi t'aider, je lui ordonne en passant un bras autour de sa taille pour la faire se relever debout.
- Je n'ai pas besoin d'aide, Sang-de-bourbe, elle grogne en se dégageant de mon étreinte, seulement pour vaciller et encore une fois s'effondrer contre moi. Je la maintiens sans chanceler, et la fixe droit dans les yeux.
- Moi, je crois que oui, je lui réponds en souriant. Et laisse tomber avec les surnoms dégradants, c'est à ma porte que tu es venue cogner pour avoir de l'aide.
Elle me lance un regard de destruction, de rage pure. Je l'aide à s'asseoir sur le lit, puis lui passe le verre d'eau. Elle l'avale à grandes gorgées, assoiffée et tremblante. Ce n'est qu'en déposant sur la table de chevet son verre qu'elle aperçoit son bras nu. Dans un mouvement de panique, elle s'enroule dans le drap blanc de coton et me confronte du regard.
- Où as-tu mis mes vêtements, elle crache avec hargne. Pourquoi je suis à moitié nue devant toi? Qu'est-ce que tu m'as fait pendant que je dormais?!
Ce qu'elle implique dans cette dernière phrase me brise le coeur. Je ne suis pas triste qu'elle me prête des intentions aussi horribles, non; je suis plutôt dégoûtée qu'il s'agisse de sa première idée. Comme si c'était quelque chose qu'elle avait déjà subit, et plusieurs fois. Je la rassure et prends entre mes mains l'une des siennes, celle qui tenait serré contre elle le drap blanc. Il chute autour de ses hanches, et elle se détend légèrement.
- Ne t'inquiète pas, tu es en sécurité avec moi, je lui affirme d'un ton rassurant. Je t'ai guéri et j'avais besoin de voir ce que je faisais. Ta robe est en bas, je l'ai lavé pendant que tu dormais.
- Oh, elle chuchote, et baisse son regard pour échapper à la douceur du mien.
- Reste ici aussi longtemps que nécessaire, Bellatrix, je lui confirme en déposant ma main sur sa cuisse.
- Je dois rentrer, mon mari va se poser des questions, elle grommelle en évitant mon regard.
- Sois raisonnable, tu es incapable de transplaner... Reste souper avec moi, je viens de faire à manger.
La sorcière me fixe comme si j'étais une quelconque apparition surnaturelle, sans doute méfiante de ma générosité. Craintive, aussi, que je décide d'appeler l'Ordre pour qu'ils viennent la capturer. Je fais cesser ses doutes en lui tendant une lourde robe de chambre pour couvrir son corps qui semble lui faire si honte. Je me détourne pendant qu'elle l'enfile, puis lui tend la main afin de l'aider à descendre à la cuisine.
Assise à la table de ma cuisine, je mange lentement en regardant Bellatrix Lestrange dévorer un plat de pâtes aux deux saumons. Entre deux bouchées rapides, elle avale de longues gorgées d'eau, assoiffée. On dirait qu'elle n'a jamais mangé de sa vie. J'attends qu'elle ai terminé, puis je la ressers; elle me remercie d'un léger signe de tête avant de recommencer à engloutir son repas. Je souris, touchée de la voir si naturelle et, je dois l'admettre, un peu sauvage. Quand elle repousse son bol, repue, je fixe ses yeux charbons pour obtenir des réponses.
- Bellatrix, est-ce que tu as l'intention de me parler?, je demande avec un air doux, pour ne pas la brusquer. Où as-tu eu cette blessure? Avec qui t'es tu battue?
Elle plonge profondément ses yeux dans les miens, et détourne ensuite le regard en croisant les bras sous sa poitrine comme une enfant. Je souris devant ce tableau, puis me reprends en m'apercevant que je m'attendris sur le sort d'une Mangemort.
- J'essaie juste de t'aider..., je lui murmure, un peu honteuse d'avoir cru pouvoir apporter du soutien au bras droit de Lord Voldemort.
- Si je te le dis, tu ne peux rien répéter à personne, compris Granger?, Bellatrix hisse en me jetant un regard en coin.
- Promis, je lui jure en me levant. Je lui tends la main, et l'entraîne avec moi dans le salon. Nous nous asseyons chacune à des extrémités opposées du divan et elle me raconte son histoire en fixant le mur devant elle, s'assurant de ne pas croiser mon regard. Son visage est de marbre, semble se retenir de montrer la moindre trace d'émotion.
- Mes parents m'ont promise à Rodolphus Lestrange le jour même où j'étais en âge de me marier, à 17 ans. Il était un garçon parfaitement ordinaire, mais de bonne famille. La maison des Black était ruinée, et les Lestrange avaient une fortune inimaginable. En me mariant avec lui, mon père s'assurait de l'argent et un travail dans l'entreprise de ma belle-famille. Je trouvais le garçon pathétique, faible et insignifiant. Mais je n'avais évidemment pas mon mot à dire, alors je me suis mariée sans rechigner. La nuit de noces fut horrible, et toutes celles qui suivirent. Comble du malheur; je ne pouvais pas porter d'enfants. Personnellement, cela m'arrangeait; je voulais dédier ma vie au Seigneur des Ténèbres, pas à un môme qui pleure et qui hurle. Par contre, cela voulait dire qu'il était impossible de produire un héritier confirmant l'alliance entre les Black et les Lestrange. Mon père, furieux, est passé me voir un soir. M'accusant de m'être gâchée avec mes maîtresses, d'être punie pour avoir été impure. Chez les sorciers, les relations entre gens du même sexe sont extrêmement mal vues, particulièrement chez les familles de Sang-pur. Rodolphus n'en savait alors rien, et m'a battue cette nuit là jusqu'à ce que je ne puisse plus me relever. Devant mon père qui assistait, triomphant. Ils m'ont laissé pour morte dans le Manoir Lestrange et sont partis les deux au petit matin, après s'être assurés de me rappeler qu'est-ce que devait être le sexe chez les sorciers. Chacun leur tour ils...
Je plaque mes lèvres sur celles de Bellatrix en signe de protestation, incapable d'entendre un mot de plus de la part de cette bouche qui tremble. Je capture ses lèvres dans un tendre baiser, rapproche son corps du mien pour caresser son dos. Je sens des larmes couler entre nos deux visages rapprochés, et je romps le baiser pour essuyer la tristesse avec mes pouces.
- Arrête, Bellatrix, arrête..., je chuchote d'une voix étranglée. C'est Rodolphus qui t'a blessé au ventre?
- Oui, elle m'avoue en reprenant le contrôle de ses émotions. Il doit se douter que je côtoie de nouveau une femme, et s'il savait qu'en plus tu es une Moldue..., elle confesse en laissant sa phrase en suspend, incapable d'imaginer le sort qui l'attendrait alors.
- Alors on va devoir arrêter de se voir, j'affirme en tentant d'ignorer le son de mon cœur qui craque. Je ne peux pas être responsable de la destruction d'une femme aussi sublime, tu m'entends?! Je ne veux pas que tu souffres par ma faute...
Elle me sourit, les yeux tristes, et laisse chuter au sol la lourde robe de chambre que je lui ai prêtée. Elle se rapproche de moi sur le divan, puis s'assoit sur mes cuisses en pressant son corps voluptueux contre le mien. Bellatrix capture mes mains, les fait glisser contre son corps encore recouvert de son petit déshabillé révélateur.
- Alors fais-moi l'amour, Hermione, elle me murmure à l'oreille de sa voix sensuelle mais brisée. Fais-moi oublier que ce que l'on fait, c'est mal...
Elle m'embrasse alors passionnément, presque avec violence. Je suis prise de cours par son aplomb, et lui rends son baiser en essayant tant bien que mal de la faire ralentir. Bellatrix ouvre de ses mains décharnées mon chemisier blanc, déboutonne mes culottes courtes. Elle laisse de longs baisers entre mes seins encore recouverts du tissu lilas de mon soutien-gorge, dévore doucement mon cou avec de petites morsures divines. Ses mains sont posées sur mes hanches, qu'elle masse pour me détendre. Ce simple geste me fait revenir à mes esprits, et je la renverse sous mon corps pour la forcer à se coucher sur le divan. Je capture ses mains pour les maintenir au dessus de sa tête, pour immobiliser la sorcière qui tente de se libérer de mon emprise.
- Je croyais que tu avais envie de moi, elle me confesse avec la voix blessée d'une enfant rejetée.
- Plus encore que du chocolat, je lui murmure en déposant un doux baiser au creux de son cou. Mais tu vas le regretter si je te fais l'amour maintenant... Tu es blessée, triste, troublée...
- Donne-moi quelque chose Hermione, ne me laisse pas sans un souvenir auquel me raccrocher, elle gémit, la voix étranglée en enroulant ses longues jambes autour de mes hanches.
- Déshabille-toi, je lui ordonne dans un souffle en me levant pour lui tourner le dos, question de lui laisser son intimité. Et couche-toi sur le ventre.
Elle semble m'obéir sans même me questionner, car j'entends le satin de sa nuisette caresser son corps avant de tomber par terre. Je suis nerveuse, le cœur me débat; j'ai à faire à une Bellatrix Lestrange que personne ne connait, et qu'elle-même ne semble pas laisser vivre souvent. Je me retourne après une longue minute, pour m'émerveiller devant son dos d'albâtre, sa peau satinée, ses cuisses toutes en chair et sa chevelure soyeuse qui cascade jusqu'au milieu de son dos.
Je reboutonne mes culottes courtes, et retire ma chemise que la Mangemort a failli m'arracher. Je détache mes cheveux, et m'approche de Bellatrix pour remonter les siens à l'aide de mon élastique. Je quitte la pièce quelques secondes pour revenir avec une petite bouteille au liquide ambré, et m'installe délicatement sur elle. Je m'assois sur ses fesses, que sa petite culotte révélatrice me promettent blanches et fermes, pour appliquer l'huile entre mes mains. Je dépose la bouteille sur la table à café, puis frotte mes mains ensemble pour réchauffer le liquide à l'abricot et au basilic. Quand je pose finalement mes mains sur le bas de son dos pour commencer à masser son corps tendu, elle se raidit, se cambre.
- Détends-toi, je lui susurre en laissant de longs baisers contre sa nuque découverte.
Elle gémit, tremblante et fébrile, mais se laisse enfin toucher sans raidir son corps magnifique. Je défais doucement les tensions que je sens au bas de son dos, m'amuse à caresser sa taille sensible au passage pour provoquer des frissons sur sa peau pâle. Je remonte le long de sa colonne vertébrale, augmente la pression quand je sens un nœud particulièrement tenace. Elle pousse tantôt un soupir de satisfaction, tantôt un gémissement de douleur. Je m'applique tant bien que mal à être délicate, et je sens son corps autrefois glacé se réchauffer à mon contact. Je passe un temps fou sur ses épaules, ses trapèzes et sa nuque qui souffrent de stress accumulé. Je m'amuse ensuite à masser ses mains, à la fois fortes et délicates, époustouflée par la finesse de ses doigts. Je termine mon massage en déposant un baiser au creux de ses reins. Bellatrix se retourne sur le dos, un bras recouvrant ses seins voluptueux, et me sourit de cet air taquin que je lui connais si bien.
- Et comment vas-tu faire pour ne plus me voir, maintenant, oh sorcière la plus brillante de ton âge?, Bellatrix me dit en riant.
Fin du flash back
Un peu plus long qu'à l'habitude, en espérant que le chapitre soit à votre goût!
Désolée pour le retard...
AB xxxx
