Salut à tou(te)s !
Me revoilà avec un chapitre assez différent du précédent (et nettement plus long). J'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture !
2. La vérité sur J.S.P
Partie 1 - Mon père, ce héros
Irina Kandinsky vous l'aurait dit sans complexe, d'une franchise peu commune pour une jeune fille de son âge, elle se sentait ordinaire, quelconque. A la maison, déjà, elle n'était ni la plus jeune, ni la plus âgée, et contrairement à sa jeune sœur Natasha, Irina n'avait aucune passion, aucun trait de caractère qui la rendrait unique, aucun grain de folie. Elle avait fait acte de magie spontanée tardivement, le même jour que sa sœur de deux ans sa cadette, et si les beaux yeux vert bouteille de Natasha avaient pétillé d'excitation en voyant le hibou s'engouffrer dans la petite cuisine familiale, un jour pluvieux de juillet, les jolis yeux bleus d'Irina avaient tenté de dissimuler sa crainte. Poudlard l'effrayait, surtout depuis que son frère, Isidore, y était élève. Il lui rapportait toutes sortes d'histoires terrifiantes sur la forêt interdite, le lac noir et les fantômes qui hantaient le château.
La magie n'était pas du tout présente, chez les Kandinsky, et si leurs quatre enfants rejoindraient Poudlard, Iwan et Katarina, tous deux nés-moldus, avaient préféré les élever dans un environnement moldu. C'était donc Isidore qui était chargé de faire découvrir la magie à ses trois petites sœurs. L'émerveillement avait pris chez Natasha et Anastasia mais Irina, elle, s'efforçait de paraître plus impatiente qu'elle ne l'était vraiment. Lorsque ses sœurs s'enthousiasmaient de voir arriver la sortie annuelle sur le Chemin de Traverse, Irina redoutait de rencontrer des sorciers à l'allure effrayante et des jeunes enfants de son âge qui se montraient toujours bien plus turbulents et téméraires que la petite fille sage qu'elle était.
Le premier septembre, elle s'était réveillée de bonne heure, vérifiant pour la énième fois le contenu de sa valise, prête depuis plus d'un mois. Le petit-déjeuner avait été témoin de toutes sortes de sentiments, à mesure qu'Anastasia se débattait dans les bras de sa mère, en pleurs comme avant chaque rentrée et que Natasha laissait parler son mauvais caractère, râlant une fois de plus sur les deux années qui la séparaient de Poudlard. Irina prenait exemple sur le toujours très serein Isidore, qui sirotait son kvass avec un sourire doux, profitant tant qu'il le pouvait de sa famille qu'il ne reverrait pas avant Noël.
Les quatre frère et sœurs se serrèrent à l'arrière de la petite voiture moldue de leurs parents. Anastasia se lova sur les genoux de son frère tandis que Natasha s'asseyait sur la malle d'Irina, celle d'Isidore et la cage contenant la chouette familiale emplissant déjà plus que de raison le coffre de la voiture. Il aurait été plus simple que les deux petites dernières n'accompagnent pas leurs aînés à King's Cross, mais les Kandinsky refusaient de les laisser seules. Ils voyaient peu leur famille, restée essentiellement en Russie, et n'avaient pas les moyens de recruter une baby-sitter. Ils auraient sans doute pu faire appel à un elfe de passage, ces elfes sans maison qui voguaient de familles en familles pour aider l'une à organiser un mariage et l'autre à nettoyer une résidence secondaire après des vacances mouvementées, mais les Kandinsky n'avaient pas l'habitude de se rendre au Ministère de la Magie. Tous deux très timides, ils répétaient sans cesse qu'ils ne savaient pas s'y prendre et qu'ils n'apporteraient que davantage de honte à leur modeste famille.
Si ses parents, son frère et ses sœurs accueillirent l'effervescence de la gare avec beaucoup de joie, Irina se contenta d'observer les lieux et les gens, forçant quelques sourires pour n'inquiéter personne. Ils atteignirent la barrière magique assez tard, Katarina reprochant gentiment à Iwan de n'avoir pas su se garer assez vite. Deux familles patientaient déjà entre les voies neuf et dix et Irina sut d'emblée qu'elles étaient sorcières.
« Regarde, Nina, elle aussi fait sa rentrée ! », s'enthousiasma Anastasia en désignant une blondinette.
La petite fille en question les affubla d'un regard méprisant avant d'avancer d'un pas élégant vers la barrière et de disparaître. Un hululement plus fort que les autres se fit entendre.
« Je suis désolé, maman, je ne sais pas ce qu'il a...
– Tu aurais dû mieux le choisir au lieu de te presser. C'est toujours pareil avec toi...
– Patmol est très intelligent, maman, même la vendeuse l'a dit !
– Elle aurait dit n'importe quoi pour s'en débarrasser. Aller dépêche toi, James, tu vas rater le train... »
James. Un petit garçon aux cheveux très mal coiffés et dont les yeux noisette étaient entourés d'une ligne d'un bleu très pur. Un petit garçon de onze ans. Un futur camarade d'école.
« Irina ?, appela Katarina, étonnée de ne plus voir sa fille.
– Elle a le béguin pour le garçon mal coiffé qui vient de passer la barrière, se moqua Natasha. »
Irina s'empourpra et donna un coup de coude à sa sœur qui riait peu discrètement. Natasha était ainsi, piquante, malicieuse, pleine de vie et, si elle aimait bien se moquer gentiment de sa sœur, toutes deux se vouaient un profond amour. Irina ébouriffa les cheveux de sa sœur avec tendresse et lui tendit la main, afin qu'elles traversent ensemble cette barrière qui hantait la plus grande depuis des années.
Elle mit quelques minutes pour retrouver le petit garçon brun et lorsqu'elle le vit, il serrait la main d'un autre garçon qui devait avoir leur âge et dont les cheveux crépus étaient auréolés de reflets roux. Ce simple geste rassura Irina autant qu'il l'attendrit. Elle comprit d'un coup d'œil qu'elle n'était pas la seule à avoir peur, que les deux garçons comptaient l'un sur l'autre pour se soutenir, qu'ils se serraient la main pour la première fois, comme pour sceller leur entrée dans la vie sorcière. Alors qu'ils furent rejoints par un troisième garçon qu'ils semblaient bien connaître, chaque sorcier présent sur le quai sembla se retourner sur le père du garçon aux cheveux mal coiffés. Irina fronça légèrement les sourcils et s'aperçut que Natasha portait le même air dubitatif qu'elle.
« Dis, maman, tu le connais ce monsieur ?
– Celui qui... oh ! Je crois que... Oui, c'est Harry Potter.
– C'est qui lui ?, s'étonna Natasha.
– Harry Potter, souffla Isidore, impressionné. Petite veinarde, ajouta-t-il à l'adresse d'Irina, tu vas être en classe avec son fils. »
Les deux sœurs échangèrent une moue perplexe avant de se faire leurs adieux, l'heure du départ approchant à grands pas. Iwan somma son fils de prendre grand soin de sa sœur et Isidore, qui entrait en troisième année, gonfla la poitrine avec fierté. Ses sœurs en profitèrent pour se moquer une dernière fois de lui avant qu'il ne les salue d'un geste de la main, son visage disparaissant à mesure que le train avançait sous d'épais nuages de fumée.
« Je vais rejoindre mes amis à l'avant du train. Tu veux venir ? Ça ne les dérangera pas, tu sais, mais il vaudrait sans doute mieux que tu rencontres des élèves de ton âge, non ? »
Irina avait acquiescé, la gorge serrée par l'émotion. Elle savait qu'il avait raison et qu'ils se retrouveraient à Poudlard, elle se mit donc à arpenter les wagons à la recherche d'un compartiment vide ou, mieux encore, qui serait occupé par une fille de son âge au sourire avenant. Ou par James Potter. Elle le retrouva, toujours accompagné du garçon aux cheveux crépus et de celui aux fins cheveux blonds, et ralentit le pas, pour les suivre de loin. Ils peinaient à traverser les couloirs car nombre d'élèves ouvraient les portes pour apercevoir « l'Héritier de l'Élu ». Irina ne comprenait pas le sens de ces mots, elle songea simplement que la famille de James devait être célèbre. Des garçons qui dépassaient Isidore d'une dizaine de centimètres proposaient à James de partager leur compartiment, de belles jeunes filles faisaient valser leur longue chevelure, d'autres le saluaient simplement en l'appelant par son nom de famille, comme s'ils le connaissaient personnellement alors qu'il paraissait évident aux rougeurs qui s'installaient sur les joues de James qu'il ne les connaissait ni de Merlin, ni de Morgane.
Une seule fille le connaissait vraiment. Elle marmonna qu'il n y avait que lui pour faire autant de bruit avant de saluer les deux autres garçons. Irina comprit qu'ils étaient cousins et que la grande rousse, que James avait appelée Molly, était également leur cousine. Elle attendit que les trois garçons reprennent leur recherche pour se tourner vers Irina, un air bienveillant clairement affiché sur son visage.
« Toi aussi tu cherches un compartiment ? Tu vas trouver, ne t'inquiète pas. Mais si j'ai un conseil à te donner... Ne vas pas avec eux. James est un peu... beaucoup... Enfin, il vaut mieux ne pas l'approcher. »
C'était la première fois qu'Irina ne suivait pas un conseil donné par l'un de ses aînés. Elle continua à suivre les trois garçons qui, arrivés à la fin du train, trouvèrent un compartiment seulement occupé par un jeune garçon qui devait avoir leur âge, bien qu'il les dépasse tous d'une tête.
« Salut ! On peut s'installer avec toi ? », demanda James.
Plongé dans sa lecture, le garçon à la peau matte sursauta. Il posa les yeux sur ces trois garçons, et cette petite fille qui se tenait discrètement derrière eux, et acquiesça. Il était ravi d'avoir un peu de compagnie et sourit franchement lorsque les trois garçons s'installèrent en face de lui, côte à côte.
« Je m'appelle Maël Thomas.
– James, Fred et Louis. On est cousins, répondit James au regard interrogateur de Maël. J'ai entendu parler de toi, t'est le fils de Dean Thomas, hein ? C'est un ami de mes parents, ils étaient ensemble... »
Maël vit ses deux cousins sourire. Il comprit instantanément qu'une fois que James était lancé, il était difficile de l'arrêter. Ils parlèrent un moment de Poudlard et de ses différentes maisons avant que James, qui était en train de raconter une anecdote truffée d'humour ne pose les yeux sur Irina, qui était restée immobile derrière la porte.
« Ça vous dérange si elle vient s'installer avec nous ?
– Pas du tout, répondirent Maël et Louis.
– C'est une fille, fit remarquer Fred d'un air perplexe.
– Et alors ?, s'étonna James.
Sans attendre la réponse de son cousin James se leva et fit coulisser la porte du compartiment.
– Tu veux entrer ?, proposa-t-il timidement.
C'est ainsi qu'Irina Kandinsky rencontra James Potter, ses cousins et celui qui ne tarderait sûrement pas à devenir son meilleur ami. C'est ainsi aussi qu'elle comprit que James Potter n'en savait pas beaucoup plus sur son propre père qu'elle, à mesure que venaient le rencontrer tous les élèves du train, ou presque. Certains essayèrent même d'attaquer James, sous prétexte que leurs parents étaient ennemis. Les garçons installés à côté d'elle semblèrent trouver cela grotesque mais cela ne les empêcha pas de pâlir à vue d'œil alors que certains élèves n'hésitaient pas à sortir leur baguette magique. Irina, elle, crut un instant qu'elle allait s'évanouir. Elle n'avait pas appris à lancer le moindre sort, elle tenait ses connaissances des livres et Isidore lui avait répété dix fois que la théorie ne se substituait pas à la pratique.
« Dis-nous petit Potter... Dans quelle maison souhaites-tu aller ? »
James ne répondit pas tout de suite, mais celui qu'il avait appelé Fred s'enthousiasma.
– On veut tous aller à Gryffondor bien sûr, comme nos parents !
Un garçon qui devait avoir quinze ou seize ans se tourna doucement vers lui en le regardant d'un air glacial.
– Je ne t'ai pas causé. On est là pour rencontrer l'Héritier de l'Élu. La vermine qu'il a choisie pour compagnie ne nous intéresse pas.
Irina se tassa davantage sur son siège, apeurée. James avait tenté de l'inclure dans la conversation plusieurs fois mais elle avait très peu répondu. La dizaine d'élèves qui venaient d'entrer, cependant, n'en savaient rien. James eut un mouvement vers sa poche, où se tenait sûrement sa baguette magique.
– Qu'est-ce que tu comptes faire contre nous, Potter ? Un contre neuf ?
Par amitié Maël et Fred sortirent leur baguette. Louis, lui, tenta de s'interposer.
– Une belle brochette d'inconscients. Je parie que vous ne connaissez aucun sort. Tu es bien comme ton père, Potter, à croire que toute votre famille veut mourir dans d'autres souffrances. Lâche ta vermine et rejoins-nous, on t'apprendra comment un sorcier tient vraiment sa...
– Expelliarmus mass !
Toutes les baguettes volèrent vers l'entrée du compartiment où se tenaient trois élèves. Irina soupira d'aise. L'affaire fut terminée en moins d'une minute et les nouveaux-venus leur expliquèrent qu'il s'agissait d'élèves aux noms très connus pour avoir arpenté les rangs de Voldemort. Irina vérifia d'un coup d'œil que James ne connaissait pas plus qu'elle ce nom étrange, Fred laissa même échapper un petit rire nerveux. Seul Louis arborait un air grave, sûrement de circonstance au vu de la mine sérieuse des trois élèves plus âgés qu'eux.
« Ton père ne t'a jamais dit qu'il fallait apprendre quelques sorts avant de défier quelqu'un en duel ? Fais attention, Potter, surtout avec ces gars-là. Je m'appelle Mike Corner, je suis préfet, à Gryffondor. »
Les deux autres s'appelaient Liko Jordan et Olivia Dubois, ils n'étaient qu'en troisième année mais paraissaient tout aussi grands et matures qu'Isidore dont on disait toujours qu'il était en avance pour son âge. Les trois Gryffondor prirent congés en leur précisant qu'ils étaient installés dans le compartiment d'à côté.
« Waouh, s'écria Maël lorsqu'ils furent seuls. Je ne sais pas ce que tout le monde a après toi, James, mais l'année ne va pas être de tout repos ! »
Les garçons se détendirent un peu et oublièrent rapidement l'intrusion, évoquant à tour de rôle ce que leur avaient confié leurs parents sur Poudlard, imaginant quelques seraient leurs premiers cours, espérant être tous les quatre dans la même maison. Lorsqu'elle fut invité à donner son avis, Irina se contenta de dire que son frère était à Serdaigle et qu'elle ne s'imaginait pas assez courageuse pour être répartie à Gryffondor.
« Je ne pense pas qu'il n y ait aucun courageux à Poufsouffle ou aucun intelligent à Serpentard, lâcha James, songeur. Ce serait... bancal, non ? Mon frère à moi est à Poufsouffle mais mes parents étaient tous les deux à Gryffondor.
– Ce n'est pas ton frère, rappela Louis d'une voix douce. Et je pense que tu iras à Gryffondor. »
Irina garda le silence mais approuvait intérieurement les dires de Louis. Il ne faisait aucun doute que le garçon charismatique et plein d'entrain était un futur lion, même si ça paraissait moins évident depuis que le compartiment avait été envahi par ces élèves qui semblaient en savoir plus sur son père que lui. Il était anormalement silencieux et n'écoutait ses cousins que d'une oreille, complètement perdu dans ses pensées. Irina le trouva touchant. Et particulièrement beau.
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Le reste du voyage s'était passé sans encombre et la nuit était tombée depuis plusieurs minutes lorsque le train arriva en gare de Pré-au-lard. Les première année se regroupèrent, se jaugeant du regard. Si Irina ne reconnut personne, James leur présenta quelques-uns de ses amis, ou plutôt, disait-il « les enfants des amis ou des collègues de mes parents ». Une fille au visage rond entouré de cheveux d'un blond fade lui sauta dans les bras. Alice Londubat. La meilleure amie de James. Ils se connaissaient depuis l'enfance, avaient appris à marcher, à parler, à lire ensemble.
« Les première année, par ici ! Dépêchez-vous. Tout le monde est là ? Alors suivez-moi. Vite. Resserrez les rangs. Ah, vous avez retrouvé Alice, je me demandais où vous étiez tous les trois, ça va ? Toi, je te connais pas...
– Je m'appelle Irina Kandinsky, monsieur. »
Mais il ne l'entendit pas, occupé à « resserrer les rangs », comme il aimait à le répéter.
« C'est Rubeus Hagrid, murmura James à son oreille. Gardien des clefs de Poudlard et professeur de Soins aux créatures magiques.
– Mon frère m'a dit que c'est un... demi-géant, souffla Irina.
– C'est vrai. Il fait plus ou moins partie de notre famille, il connaît tout le monde et il est invité à chaque événement. Il est très gentil et très intéressant, surtout quand il parle des créatures. »
Le demi-géant le regardait avec une grande tendresse. Il dépassait de plus d'un mètre le plus grand des nouveaux élèves. Marchant d'un pas vif sans se soucier des plus petits d'entre eux qui devaient courir pour suivre son rythme, Hagrid les mena sur un chemin boueux et Irina resserra sa cape sous l'air Écossais frais et humide. Au bout de quelques minutes, le demi-géant leur montra un petit port au bord du lac où étaient disposées plusieurs barques. Fred, Louis et Maël se dirigèrent vers l'une d'entre elles tandis qu'Irina suivit James et Alice vers une autre embarcation dont les craquements et le remous les rendit fébriles. Un petit garçon fixait le lac avec une appréhension qu'il ne chercha nullement à dissimuler.
« Wahou, c'est magnifique !, s'exclama Alice. Je n'étais jamais passée par ici. Au fait, James, je te présente Oscar Dubois. Oscar, voici James Potter.
– Et Irina Kandinsky, ajouta James en souriant à la jeune fille. Enchanté de te rencontrer, Oscar.
– Le fils de Ginny Weasley, sourit Oscar. Ta mère et mon père ont joué ensemble... Au fait, Alice... Tu es déjà venue à Poudlard ?
– Oui mon père y enseigne la Botanique et je suis venue deux fois le voir ici avec mon frère. »
La barque avançait silencieusement sur le lac. A mesure qu'ils approchaient du château, les voix s'émerveillaient autour d'eux. Mais ce fut de courte durée car le vent soufflait fort, entraînant de lourdes vagues qui remuaient les barques de plus en plus fort. Quelques élèves échangeaient des regards alarmés, une voix blanche cria que le calmar géant était juste là, une petite fille pleurait même à chaudes larmes.
« Concentre-toi sur le sourire réconfortant de Rubeus, Irina, lui conseilla James. Le professeur Hagrid, se reprit-il. Mon père répète tout le temps que tant qu'il est là on ne risque rien. »
Une fois descendus de la barque, ils furent rejoints par Fred, Louis et Maël puis tous entrèrent pour la première fois dans le château. Hagrid les fit traverser un hall immense et Irina s'amusa de voir que James écarquillait les yeux, ne sachant plus où donner de la tête. Ils furent accueillis par un homme que James salua discrètement. Irina l'avait récemment croisé au Chaudron Baveur, un célèbre pub sorcier qui était apparemment tenu par son épouse.
« Bienvenue à Poudlard, dit le professeur Londubat. Vous allez bientôt pénétrer dans la Grande Salle où se tiendra le banquet de début d'année. Mais avant toute chose va se dérouler la distribution. Vous allez être répartis dans quatre différentes maisons selon vos principaux traits de caractère : Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard. Durant vos sept années d'études votre maison sera votre foyer, votre famille mais aussi votre fierté. A chaque bon résultat vous rapporterez des points à votre maison. A chaque infraction, votre maison perdra des points. »
Le professeur Londubat demanda ensuite aux élèves d'attendre quelques minutes avant qu'ils puissent enfin entrer dans la Grande Salle, sorte de pièce commune où l'ensemble des élèves et des professeurs se réunissaient à chaque repas. James et ses amis se tenaient les uns contre les autres et il put lire en eux la même angoisse.
« Venez, dit le professeur Londubat d'une voix douce. La cérémonie va commencer. »
La Grande Salle les émerveilla. Sous un plafond magique qui donnait l'impression que la salle était à ciel ouvert, des milliers de chandelles volaient en éclairant quatre tables représentant chaque maison. Elles étaient disposées de façon parallèle et une cinquième table était occupée par les professeurs et par Mr. Briscard, le directeur de l'école. Les nouveaux élèves furent installés entre la table des professeurs et un tabouret sur lequel trônait un vieux chapeau. « C'est le Choixpeau Magique ! » chuchotaient quelques élèves. Une dame à l'allure élégante et au sourire chaleureux prit la parole :
« Bienvenue aux nouveaux élèves. Je suis Mireille Wine, professeur de Potions. Comme tous les ans nous allons commencer par la répartition. Lorsque je vous appellerai vous viendrez vous asseoir sur le tabouret et vous positionnerez le Choixpeau Magique sur votre tête. Mais avant cela écoutons le Choixpeau. »
Je te sens tout fébrile, avec moi tu seras docile,
Ne crains rien et sur ta tête mets-moi bien
Je te dirai alors
Dans quelle maison tu apprendras les premiers sorts.
Iront à Gryffondor les courageux…
Irina profita de la chanson du Choixpeau pour dévisager les autres élèves de première année. Si certains semblaient tout savoir des maisons de Poudlard, d'autres écoutaient d'une oreille attentive et paraissaient quelquefois terrifiés.
Le premier à être appelé fut Feodor Abercrombie, le premier Serdaigle de leur promotion. A ses côtés, Alice et James chuchotaient à propos de certains noms qu'ils reconnaissaient pour avoir entendu leurs parents les prononcer. Irina, elle, ne connaissait personne. Et puis ce fut son nom qu'on appela.
Elle ne fut ni surprise ni déçue d'être répartie à Serdaigle et d'être ainsi séparée de James, qui s'était installé comme elle s'en doutait à la table des lions, suivant de près Alice et précédant Maël et ses deux cousins.
« C'était écrit, déclara une de ses nouvelles camarades sur le ton de l'évidence. Je m'appelle Nalani Jordan, au fait.
– Tu es la sœur de Liko ?
– Ouais. Et ton frère à toi c'est le grand blond, là-bas, c'est ça ? »
Sans attendre qu'Irina réponde, une troisième fille lui sauta à la gorge, l'affublant de questions grotesques sur James. Comment pouvait-elle connaître sa chanson préférée ? Pire, comment pouvait-elle connaître la couleur de son caleçon ?
« Aller, réponds, on t'a vue avec eux !
– C'est un mec comme nous, ok ?, intervint Nalani. C'est pas une bête de foire.
– Si, un peu, contra un garçon qui avait été réparti vers la fin. C'est quand même le fils de Harry Potter !
– Et c'est qui Harry Potter ?, demanda un second garçon.
– Attends, tu connais pas Harry Potter ? T'es dingue mec, qu'est-ce que tu fous à Poudlard !? »
« Il y en a dans ma classe qui pensent que s'ils sont à Serdaigle, c'est qu'ils sont supérieurs. Ils croient avoir le crâne le mieux bâti. Mais faut pas les écouter, Nina, on est tous égaux à Poudlard. » Les mots d'Isidore raisonnaient en Irina, tout comme ceux qui l'encourageaient à se faire des amis par affinité, et non par dépit. Pourtant, Nalani lui tournait déjà le dos, parlant avec une fille et deux garçons d'apparence sympathiques. Irina dut se contenter de la conversation du garçon prétentieux qui ne parla que des postes haut-placés de ses parents et de la célébrité de sa famille. Lorsque le préfet vint les chercher, Irina croisa le regard de James. Un regard rieur, partagé par sa bande d'amis.
ooOOoo
James souriait, James riait, James racontait même quelques blagues. Il ne cessait pourtant de se répéter les mots que le Choixpeau Magique avait prononcés. Il s'était difficilement frayé un chemin vers le tabouret, tentant de ne pas prêter attention aux « Potter ! C'est le fils de Harry Potter ! » scandés tout autour de lui et s'était empressé de poser le Choixpeau sur sa tête.
– Humm. Difficile. Très difficile. Tu as une tête très bien faite, je vois en toi intelligence, esprit, discernement et perspicacité. Tu aurais certainement ta place chez Serdaigle. Je perçois aussi beaucoup de loyauté, tu es bon, attentionné, appliqué, volontaire et plein de bravoure. Tu pourrais tout aussi bien aller à Gryffondor ou à Poufsouffle même si ton courage n'a d'égal qu'un penchant pour une curiosité maladive pour le monde qui t'entoure et une volonté immense de faire tes preuves par toi-même. Vraiment difficile…
– Pas Serpentard ?, avait pensé James.
– Pourquoi pas ?
– Ah non, pas Serpentard, pas Serpentard...
– Pas Serpentard, hein ? Tu prêtes un peu trop d'importance à ce que pensent tes parents. Ta personnalité hybride, ton immense ouverture d'esprit, ton évaluation permanente… Je crois que c'est à toi de choisir. Et bien oui, je te donne le choix mon vieux, pense à la maison où tu voudrais aller et je t'y enverrai. Oui ? Tu es sûr ? Très bien… Gryffondor !
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Il fallut attendre une semaine pour que James Potter et Irina Kandinsky partagent le même bureau, en cours de Sortilèges. Tous deux avaient eu le temps de poser les bonnes questions et des élèves plus âgés leur avaient tout dit sur Harry Potter, Voldemort, la guerre et la fameuse Bataille qui avait vu la fin de la guerre. Irina en était émerveillée, elle avait voyagé avec le fils d'un héros, ils s'étaient parlé et James lui souriait chaque fois qu'ils se croisaient dans les couloirs. Il lui souriait à elle, une fille de nés-moldus sans histoire.
James, lui, restait discret sur ce qu'il pensait vraiment. Il avait écouté attentivement les explications de Mike Corner, le préfet de Gryffondor, mais n'en avait parlé avec aucun de ses camarades, pas même avec Alice ou l'un de ses cousins. Il passait ses journées avec Maël, Fred et Louis mais se fermait dès que l'un d'eux abordait le sujet. Si Fred et Louis en voulaient à leurs parents de les avoir toujours tenus à l'écart de ce qu'ils pensaient être leur propre histoire, James se tenait pour seul responsable. Ses parents se rendaient chaque année à la Fête de la Victoire, il avait entendu parler de l'oncle Fred, disparu trop jeune et des parents de Teddy... Comment n'avait-il pas compris ? Il avait toujours adulé son père. Harry Potter, pour James, c'était un merveilleux père de famille, un bon mari, un ami sympathique et un excellent Auror. James était plus que fier d'être son fils et il s'en vantait dès qu'il en avait l'occasion. Ses parents le lui reprochaient bien souvent. Le discours de Mike lui permit de se rendre compte qu'il ne connaissait pas complètement son père. Comment avait-il pu anéantir ce mage noir réputé si puissant ? Qu'avait-il fait pour être « l'élu » ? Et qu'étaient ces zones d'ombres dont il ne parlait pas ?
Chaque élève avait son avis sur la question, mais James connaissait ceux qui pouvaient lui donner les réponses qu'il attendait. Il sentait qu'il en avait besoin. Pour avancer, pour se construire, comprendre qui il était, d'où il venait et pourquoi tous ces gens attendaient tant de choses de lui.
« Salut la famille !
Je suis à Gryffondor !
La répartition s'est super bien passée, le Choixpeau Magique m'a carrément demandé de choisir moi-même dans quelle maison je voulais aller ! Génial, non ? Tout est parfait ici à Poudlard.
Et à la maison comment ça va ? J'imagine qu'Al et Lily sont verts de jalousie ! Ah ah ah !
Il y a un truc qui m'étonne quand même c'est que tout le monde semble mieux te connaître, papa, que moi. Tout le monde sait ce que tu as fait quand tu étais ici et aussi ce qu'il s'est passé avec Voldemort etc. Je ne comprends pas pourquoi tu ne nous en pas plus parlé parce qu'ici tout le monde me connaît du coup et je ne sais pas quoi leur répondre, de peur de passer pour un abruti. Enfin, du coup tout le monde m'aime bien et ça c'est génial ! Je suis la nouvelle célébrité de Poudlard ! Trop drôle, non ?
James jeta un œil à ses mots qui tenaient difficilement sur le petit morceau de parchemin. Il en sortit un autre de son sac avant de reprendre son écriture.
Parce que je ne vous l'ai jamais dit mais j'avais un peu peur de venir ici, de ne pas avoir d'amis, de ne pas être avec Fred... Mais je trouve tout le monde très sympa ici. C'est vrai que Poudlard est… magique. J'ai hâte de pouvoir vivre ça avec Albus et Lily ! Je ne pensais pas qu'ils me manqueraient autant… heureusement que j'ai mes amis !
Fred et Louis sont avec moi à Gryffondor, on va pouvoir partager notre dortoir pendant sept ans, c'est super. Un quatrième garçon est avec nous, Maël Thomas (je crois que vous connaissez son père). Il est très sympa et je suis sûr qu'on va devenir très amis. Alice aussi est à Gryffondor.
Bon aller je file en cours.
Embrassez très fort Albus et Lily
A très vite
J.S.P. »
Fred s'impatientait alors que Louis et Maël envoyaient leurs lettres. James chercha des yeux son hibou, Patmol et une fois que celui-ci eut reconnu son maître il fallut le calmer. Patmol n'avait jamais envoyé de lettre, il était assez jeune et surtout très indiscipliné. Fred vint en aide à son cousin et attacha la lettre à la patte de Patmol un brin calmé par les caresses de son maître.
James plaçait beaucoup d'espoir dans l'attente de la lettre de ses parents. Il avait beau courir du matin au soir en compagnie de ses camarades, il n'oubliait jamais vraiment son questionnement sans fin. Un après-midi, alors que les Gryffondor de première année avaient accueilli la fin des cours avec soulagement, James était sortir seul dans le parc, profitant des dernières chaleurs d'automne pour rendre visite à Hagrid.
« Ton père est vraiment quelqu'un de bien James. Sans lui… Je ne sais pas quelle vie on vivrait.
– Il a vraiment tué Voldemort ? Tout seul ? »
Hagrid tressaillit en entendant le nom du mage noir.
« Ce qu'il faut que tu comprennes c'est qu'à l'époque tout le monde vivait dans la peur. Il y avait des meurtres tous les jours. C'était horrible. Quand ton père était tout bébé, tu-sais-qui a tué ses parents. Il a ensuite essayé de tuer Harry et le sort s'est retourné contre lui. Harry vivait et tu-sais-qui avait disparu. Tout le monde croyait que c'était la fin de nos ennuis. Mais Tu-sais-qui n'était pas vraiment mort. Il essayait de revenir… Ne me demande pas comment ! Mais bref, un jour, il est revenu et a une nouvelle fois tenté de tuer ton père. Et encore une fois, ton père a survécu et il a pu avertir la communauté du retour de tu-sais-qui. C'était une sombre période. Il n'avait que quinze ans et personne ne prenait ses propos au sérieux. Le ministre de la magie de l'époque avait tellement peur qu'il ne voulait pas croire à ce que racontait ton père. Puis il y a eu de nouveaux morts, tu-sais-qui a reformé son armée. Entre temps Dumbledore est mort. C'était le sorcier le plus puissant de tous les temps. Plus personne ne pouvait effrayer tu-sais-qui et encore moins le tuer. Pourtant ton père est parti à la recherche de quelque chose, quelque chose qui rendrait mortel tu-sais-qui, quelque chose qui lui permettrait d'en finir à tout jamais. Il y avait aussi cette prophétie. Aucun ne peut vivre tant que l'autre survit. Seul Harry pouvait le tuer. Et pendant la terrible bataille de Poudlard, ton père est parti retrouver tu-sais-qui dans la forêt. C'était du suicide. Il ne s'est pas battu et a attendu que tu-sais-qui le tue. J'ai porté son corps jusqu'à Poudlard. Les gens étaient abattus, terrifiés, leur seul espoir mort aux pieds de tu-sais-qui. Puis il s'est relevé et a combattu tu-sais-qui, mettant fin à la guerre. Encore aujourd'hui je n'ai pas très bien compris comment il a fait. Il l'avait seulement désarmé et pourtant tu-sais-qui était vaincu. Je n'ai pas été le seul à poser des questions à Harry. Mais il n'a jamais aimé parler de tout ça. Seuls ton oncle et ta tante, et ta mère bien sûr sont au courant de tout. Ron et Hermione ont toujours été les meilleurs amis de ton père et ils se sont battus à ses côtés. Bien sûr il y a eu des remises de médailles, des commémorations, on a souvent demandé à ton père de faire des discours… Mais il a toujours gardé le secret. Bien sûr du coup tout le monde a imaginé plein de choses. Mais ce qu'il faut que tu saches c'est que tes parents sont des gens biens. Ton père n'a jamais aimé la magie noire et l'a toujours combattue. Il mérite sa condition de héros, même s'il est bien trop humble pour la mettre en avant. »
Hagrid était ému. James le laissa un moment seul et rejoignit ses amis, laissant Graup réconforter à sa manière Hagrid, c'est-à-dire en lui donnant de grandes tapes dans le dos. A mi-chemin, James dut toutefois accourir pour aider Hagrid à se relever du champ de citrouilles après son vol de plusieurs mètres. Oui, Graup évoluait, il parlait dorénavant très bien l'anglais et était un excellent assistant mais il ne maîtrisait pas encore totalement sa force.
Si James n'avait plus de craintes sur la face cachée de son père, il comprit aussi qu'il porterait longtemps la casquette d'héritier de l'élu. Il se dit qu'après tout, si son père avait supporté les moqueries et les chuchotements tout en trouvant le temps de combattre le plus grand mage noir de tous les temps, lui n'aurait pas tant de mal à les supporter. C'est le cœur un peu plus léger qu'il salua Hagrid et partit découvrir le parc avec ses amis.
Ils trouvèrent Alice et deux filles avec qui elle partageait son dortoir qui, assises sur l'herbe, près du lac, faisaient leurs devoirs consciencieusement. Fred ne tarda pas à se moquer d'elles, arguant qu'il était bien trop tôt pour se montrer sérieux. James se découvrait de nouveaux sentiments. Il ressentait un manque indéniable, de sa famille et surtout de son frère et sa sœur. Mais il était heureux d'être à Poudlard, il se sentait plein d'ardeur et d'intérêt pour sa nouvelle vie et il était bien décidé à en profiter.
« Dites les gars, dit-il à ses amis alors qu'ils se réchauffaient dans le château après une course effrénée, vous n'en avez pas marre d'arriver toujours en retard en cours ?
– Tu proposes quoi ? lui demanda Fred en souriant largement.
– Je me dis juste qu'on a un super château rempli de recoins plus intéressants les uns que les autres, avec des escaliers qui bougent sans arrêt, des tableaux qui sont là depuis super longtemps et qui doivent avoir dix mille anecdotes plus farfelues les unes que les autres, sans compter les tours, les autres salles communes, les couloirs méconnus, les anciennes salles de cours, la forêt interdite, les cours et y a aussi les fantômes et…
– Et donc, tu proposes quoi ? l'interrompit Fred en souriant de plus en plus.
– Hum… Que diriez-vous de commencer dès demain une petite exploration de notre nouveau chez-nous ?
– J'en suis ! affirma Fred avec enthousiasme.
– Moi aussi, répondit Maël avec malice.
– … Ok, ajouta Louis, quelque peu hésitant. Au fait James, quand tu parlais de la forêt interdite, tu plaisantais, hein ? »
Maël était devenu légèrement anxieux mais Fred et James éclatèrent d'un rire fort et espiègle qui inquiéta définitivement Louis. Ce n'était vraiment pas la réponse qu'il attendait.
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« Tu es certaine que tout va bien ?
– Mais oui, Isidore, ne t'en fais pas. On se voit plus tard. »
C'était un des inconvénients à avoir été répartie dans la même maison que son frère : il était sur son dos en permanence. Il voyait qu'elle mangeait peu et seule, qu'elle n'avait aucune affinité avec ses camarades et qu'elle passait beaucoup de temps à la bibliothèque. Trop sans doute, pour une élève de première année.
« Bonjour Irina.
– Bonjour Louis. »
Elle attendit que James, Fred et Maël se tournent vers elle, lui sourient, la saluent, mais Fred et Maël parlaient quidditch avec Nalani Jordan et James écoutait d'une oreille attentive Alice Londubat et Keanu Ganesh expliquer ce qu'être un enfant de professeur représentait à leurs yeux. Irina s'appuya contre le mur le plus proche et se laissa bercer par leurs voix, bien que celle d'Alice l'irrita au plus haut point. Pourquoi ne faisait-elle que crier ? Ne pouvait-elle parler calmement comme les élèves normaux ? Non, il fallait que tous sachent comment elle fonctionnait, Alice râlait, Alice grondait, Alice criait. Irina lui préférait, et de loin, son père, le si gentil professeur Londubat. Patient, passionné par son métier, impartial, il était l'un des professeurs préférés d'Irina. Avec le professeur Ganesh, directeur de la maison Serdaigle et professeur d'Histoire de la Magie.
« Tu comprends, se défendait Alice, si on a des mauvaises notes on risque de décevoir nos pères qui vont être très exigeants avec nous, et si on réussit on va passer pour des élèves avantagés !
– Vous le serez toujours moins que Potter ! Notre nouvelle célébrité va être bien mieux traitée que nous !
– Que toi sans doute, Nott !, rétorqua Keith Corner, un autre élève de Serdaigle. C'est clair qu'avec toi il va falloir beaucoup de patience vu que tu ne sais même pas tenir ta baguette à l'endroit ! »
Tout tournait autour de James Potter. Les conversations s'arrêtaient sur son passage, laissant place aux chuchotements plus ou moins discrets et même à quelques gloussements, les avis étaient partagés concernant celui que tous nommaient « l'Héritier de l'Élu » mais qu'il soit adulé, détesté, jalousé ou méprisé, il était de tous les discours, de toutes les rumeurs. Certains, comme Belby, un camarade d'Irina, avaient décidé de ne plus adresser un mot au jeune Potter, fatigués de n'entendre parler que de lui. D'autres, comme Nalani Jordan, Keanu Ganesh et Keith Corner, avaient choisi de le défendre, par compassion mais pas seulement. Si Fred était un Gryffondor de cœur, James, Louis et Maël n'hésitaient pas à se mélanger et se créaient peu à peu des affinités avec des élèves de Poufsouffle et Serdaigle. Ce rapprochement, qui aurait pu être encouragé par les professeurs, engendrait toutes sortes de rumeurs. On disait de James qu'il voulait créer une coalition de trois maisons contre la quatrième, qu'il montait son armée pour terroriser les autres élèves, que tous l'appelaient « maître » et s'agenouillaient devant lui. Irina prêtait peu d'attention à ces sornettes mais devait se rendre à l'évidence. Elle avait choisi pour premier ami un garçon qui attirait un peu trop l'attention sur lui. Et les sorts, également.
Il la rejoignait parfois en fin de journée, accompagné de Louis, et dévorait des livres entiers afin d'apprendre des sortilèges défensifs. Il était sans cesse attaqué, par ceux qui voulaient vérifier qu'il était bien « le fils d'un héros », par ceux dont la famille avait été anéantie par « ton père, ce salaud » et par ceux qui voyaient ça comme un jeu, une mode. James n'en parlait jamais, ni lorsqu'Oscar Dubois lui conseillait d'en parler à un professeur, ni quand Keanu Ganesh lui conseillait d'en parler à ses cousins plus âgés. « C'est pas important, disait James, j'ai même pas eu besoin d'aller à l'infirmerie. Les profs ont d'autres problèmes à régler, bien plus importants. Et... mon frère et mes cousines aussi. »
Irina avait demandé son avis à son frère, qui lui avait parlé de la vague de suicides que l'école tentait d'amoindrir, pour ne pas effrayer la communauté. Il s'agissait en grande partie d'enfants ou petits-enfants de Mangemorts emprisonnés sans procès ou dont la famille avait été dépossédée de touts leurs biens et qui étaient aujourd'hui considérés comme paria. Beaucoup étaient élèves de la maison Serpentard.
« Ce que tu dois comprendre, Irina, c'est qu'après la guerre, les trois autres maisons se sont en quelque sorte liguées contre Serpentard. Certains élèves étaient présents avant et lors de la Bataille de Poudlard, ils portaient en eux un lourd traumatisme. Les amalgames ont fait le reste. A chaque fois qu'un nouvel élève était réparti à Serpentard il était sifflé, méprisé. Il créait un sentiment de peur injustifié chez les autres, parce qu'ils redoutaient que la guerre reprenne, que les Serpentard aient tous le même type d'idées. C'est faux, bien sûr, j'ai quelques amis à Serpentard et i pas plus ouverts et gentils qu'eux. Mais ces jeunes dont je te parle ont vu la mort de près, ils ont entendu la voix de Voldemort, ce soir-là, ils ont vécu un an avec des Mangemorts à la tête de Poudlard... Ils ont eu des sœurs, des frères, qui leur ont succédé et ce sentiment de peur s'est répandu. Sur les trente suicides de Poudlard, douze jeunes se sont donnés la mort en même temps. Un suicide collectif, un sacrifice pour que les choses changent. Parmi eux il y avait des enfants sans histoire et même un Américain qui ignorait tout de la guerre. Ils payaient juste le prix d'avoir été envoyés à Serpentard, tu comprends ? Ils voulaient que les choses changent, que les professeurs interviennent... Mais c'est devenu un simple objet politique dont usaient les réfractaires du ministre pour qu'il soit déchu de son poste. Après ça l'ancienne directrice a été forcée de prendre sa retraite et il y a eu un gros remaniement du corps professoral. Les choses ont un peu changé mais... Il reste toujours des a priori, des on-dit, des rumeurs vite propagées, des noms maudits... Il n y avait plus eu de suicides depuis trois ans.
– Et cette fille, là...
– Lucifera Macnair ? Un nom maudit, une famille détruite par l'après-guerre. Elle a tenu deux-trois jours et puis elle n'a pas dû supporter les applaudissements chaque fois que James Potter entrait dans la Grande Salle. Tu sais il y a pas mal d'élèves qui disent qu'il entrera dans l'équipe de Gryffondor dès cette année, que si un dragon venait à s'introduire dans le hall d'entrée il s'en occuperait et nous sauverait tous. Des bêtises, je te dis. Tout comme on s'attend à ce que les enfants de Mangemorts nous attaquent à coups de magie noire, on s'attend à ce que James Potter, parce qu'il est le fils de son père, prenne notre défense, sauve nos vies, soit un héros. Mais l'héroïsme ne se transmet pas, Irina. Rien ne dit que James Potter sera plus intelligent ou plus doué en défense contre les forces du mal que toi.
– Il est pourtant très doué. »
Là aussi on parlait de facilité, on lui répétait qu'il était normal qu'il brille dans certaines matières, qu'il était le fils de ses parents, par Merlin. De la même manière, lorsqu'il se retrouvait puni après avoir enfreint les règles de l'école, on lui parlait de son arbre généalogique, de son grand-père, dont il avait hérité le nom, des jumeaux Weasley, les plus grands farceurs de l'histoire de Poudlard. James était sans cesse comparé, jugé, adulé, critiqué. Le moindre de ses pas était observé, le moindre de ses dires était commenté.
« Je n'aimerais pas être à sa place, avait dit Irina.
– Je pense qu'il aurait mieux valu pour lui de faire sa scolarité dans une autre école, sans toute cette pression qui pèse sur ses épaules.
– Il a mon âge ! Onze ans seulement ! Comment peut-on...
– Il est et sera toujours le fils aîné du sauveur de notre monde. C'est ainsi, il n'a pas le choix. »
Irina l'observa, un soir, alors qu'ils travaillaient à la même table dans l'immense bibliothèque du château. Elle s'étaient étonnée qu'il travaille sur l'Histoire de la Magie et il lui avait confié que, contrairement à ce qu'il avait toujours pensé de cette matière, il avait trouvé le cours sur l'origine de la sorcellerie plutôt intéressant. « Barbant », avait grogné Fred avant de les laisser, prétextant que tel élève de Gryffondor avait accepté de lui prêter son balai. James, lui, avait refusé, se plongeant à nouveau dans son manuel. Le garçonnet qu'Irina avait rencontré dans le train avait beaucoup changé en peu de temps. Il avait maigri et des cernes noirs creusaient son visage. Ses yeux malicieux perdaient parfois de leur éclat lorsqu'il s'apercevait que des élèves plus âgés le regardaient en chuchotant, pourtant il essayait toujours de positiver.
« Tu savais qu'avant que le professeur Ganesh n'arrive à Poudlard c'était un fantôme qui donnait les cours ?
– Quelle horreur...
– Tu ne dois pas avoir peur, Irina, les fantômes de Poudlard ne sont pas méchants, bien au contraire, ils sont toujours d'accord pour m'expliquer des choses ou m'aider à retrouver mon chemin. Mais bon, c'est vrai que ça devait être lassant d'avoir cours avec un fantôme. Je me demande s'il actualisait ses cours... »
Comme souvent James s'était tourné vers Louis, attendant son avis. Celui-ci apposa quelques mots sur un parchemin et se tourna vers eux, la mine sérieuse.
« C'est un cours d'Histoire de la Magie, c'est toujours le même.
– Mais l'Histoire évolue, non ? Pas les trucs sur les gobelins, tout ça, mais j'imagine que le prof doit évoquer les derniers événements historiques.
– Pas faux, reconnut Louis.
– On lui demandera, proposa James. Le professeur Binns c'est celui qui traverse toujours les murs pendant le cours, Liko m'a dit qu'il aime bien donner son avis sur l'enseignement du professeur Ganesh. Ça va être marrant à voir ! »
L'enthousiasme de James était sans pareil. Il s'émerveillait de chaque cours et de chaque enseignant, même du professeur Slopa, terrifiante enseignante de Sortilèges et directrice des Serpentard. Elle l'avait désigné dès le premier cours pour réaliser le premier enchantement et, lorsqu'elle lui avait fait remarquer qu'il ressemblait à son père et que James en avait souri, elle lui avait crié que ce n'était pas un compliment. Encore une qui criait pour rien, se disait Irina. Lorsque James avait fermé magiquement sa porte du premier coup, il s'en était étonné et le professeur Slopa, au lieu de l'en féliciter, avait clarifié la situation.
« Eh bien, faut pas s'étonner Potter. Ne vous attendez pas à ce que je vous félicite. On vous demande de fermer une porte, vous fermez une porte. Vous êtes encore là ? Vous attendez que je vous porte jusqu'à votre chaise, peut-être ? »
James avait rougi, alors que la classe se partageait entre ceux qui riaient de sa déveine et ceux qui compatissaient. Cependant, dès la sortie du cours, James s'était exclamé que le professeur Slopa avait beau être sévère, elle n'en demeurait pas moins excessivement douée. Sous le charme charismatique du jeune garçon, Irina n'avait osé le contredire. Mais elle n'en pensait pas moins, le professeur Slopa lui faisait froid dans le dos et manquait cruellement de pédagogie.
Elle se rappelait de chaque mot de son discours d'introduction. Un discours on ne peut plus éloquent.
« Bonjour à tous. Je suis Margaret Slopa, professeur de Sortilèges. On va commencer tout de suite le cours parce que les élèves de première année sont toujours mous et pas très futés. Alors plus vite on aura commencé plus vite j'aurai de temps pour tenter de vous apprendre quelque chose. Je préfère vous avertir tout de suite que je serai très exigeante. Cette matière est très importante il vous faudra donc travailler beaucoup durant votre temps libre. Je ne parle pas bien sûr des devoirs que vous aurez en plus à faire. Je serai stricte et sévère. Travaillez dur et vous serez récompensés. Travaillez moins et vous serez punis devant toute la classe. Quant à ceux qui ne travailleraient pas du tout je préfère vous avertir que j'ai une liste de missions très intéressantes à vous donner lors de retenues quotidiennes. Comme donner à manger aux sombrals, nettoyer les cachots et faire l'inventaire des araignées géantes de la forêt interdite et des strangulots du grand lac. »
L'entrée en matière du professeur Slopa n'avait laissé aucun élève indifférent. Tous les apprentis sorciers avaient baissé le regard, effrayés, n'osant pas regarder leur professeur dans les yeux. Mais aucun n'avait non plus osé laisser échapper quelque mot, et ils avaient bien raison.
« A chaque cours, l'élève qui aura le moins bien réussi son sortilège sera noté au tableau durant toute la semaine. Le tableau sera visible par toute l'école. Au cours suivant l'élève en question montrera, sur l'estrade, à toute la classe ses progrès. Si ceux-ci sont visibles son nom sera effacé, sinon il aura une semaine de retenue. C'est bien compris ? Alors on commence par le sortilège Collaporta. Lisez le chapitre qui lui est consacré dans le livre et venez jusqu'à la boite essayer le sortilège. Attention, assurez-vous de bien avoir intégré la théorie avant de passer à la pratique, vous n'aurez droit qu'à un essai ! »
Irina avait plutôt bien réussi sa pratique mais elle s'était promis de travailler dur, dans cette matière plus dans les autres, car si le niveau était encore faible, il ne cesserait de se densifier au fil des ans. Isidore n'avait jamais été inscrit sur le tableau dit « de la honte » mais il lui avait raconté que le professeur Slopa doublait chaque inscription sur son fameux tableau d'une lettre incendiaire à l'adresse des parents de l'élève en question. « Débrouille toi pour ne pas y être », lui avait-il conseillé.
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Loin des pensées de la jeune Serdaigle, quatre lionceaux courraient à perdre haleine vers le château. La pluie les avait surpris et privés d'une exploration du parc de Poudlard. Mais qu'à cela ne tienne, semblaient-ils penser, ce n'était que partie remise.
En prenant place à la table de Gryffondor pour déguster son déjeuner, James eut la surprise de voir voleter Patmol son hibou.
« Patmol ? Que fais-tu là ?
– Une lettre est attachée à sa patte, informa Maël.
– C'est quand même étonnant qu'il ne soit pas venu te la porter ce matin, remarqua Louis. »
En effet, chaque matin les élèves assistaient à un magnifique ballet aérien dans la Grande Salle ou des dizaines de hiboux et de chouettes venaient porter leur courrier aux élèves. Journaux, magazines, courriers familiaux, remontrances, colis faisaient tant d'heureux que de déçus. Bon nombre d'élèves ne recevaient pas de courrier et James lui-même avait été très déçu le matin-même lorsque tous ses amis avaient reçu du courrier sauf lui. Il attrapa la lettre et donna un morceau de sa tourte à Patmol qui s'envola rejoindre la volière.
La lettre était courte. Et elle n'apporterait pas la tendresse et l'attention qu'attendait James.
« James,
Ta lettre nous a beaucoup déçus. Poudlard n'est pas un terrain de jeu, ne commence pas à te pavaner sans raison, fais-toi discret, montre-toi sérieux, c'est tout ce que nous te demandons.
A bientôt,
Maman. »
Une totale incompréhension frappa James. Il était intérieurement choqué par cette missive expéditive et fut envahi par un profond sentiment d'injustice, sentiment qu'il avait rarement connu jusqu'alors. Mais il n'en laissa rien paraître. Autour de lui, tous parlaient du premier cours de vol qui s'était trop fait attendre et aurait enfin lieu le lendemain. Fred était occupé à vanter ses exploits de vol à un Louis très inquiet, Alice et ses amies parlaient d'un élève plus âgé et très séduisant qu'elles avaient croisé sur le chemin, seul Maël avait perçu le malaise de son ami. James s'en rendit compte et lui sourit en rangeant rapidement sa lettre dans son sac. Il n'aborda pas le sujet de toute la journée et la bonne humeur de ses amis eut raison de lui. Ils avaient prévu une petite expédition pour honorer leur après-midi de libre et James n'avait pas l'intention de gâcher ce moment. Et cela fonctionna à la perfection, les quatre amis s'étaient perdus durant deux heures dans les plus hauts étages de l'école d'où ils revinrent fourbus par la faim et par leurs nombreux fous rires.
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« Tu n'as pas le choix, Nina, les cours de vol sont obligatoires.
– Je croyais que le quidditch...
– Personne ne te demande d'intégrer l'équipe, mais apprendre à voler te sera très utile.
– Je veux travailler au ministère, rétorqua la jeune fille avec mauvaise foi.
– Parfait, comme ça tu pourras entrer directement par la fenêtre de ton bureau, en plein vol ! »
Irina soupira devant la bêtise de son frère. Il semblait totalement ignorer que le ministère de la magie se situait sous terre et s'il l'avait su, il aurait considéré cela comme un détail. Ils n'avaient ni les mêmes passions ni les mêmes aspirations. Le caractère de l'aîné était davantage semblable à celui de leur petite sœur Natasha. La preuve, Isidore était gardien de l'équipe de Serdaigle et Natasha rêvait d'apprendre à voler sur un balai. Elle avait essayé, alors qu'elle devait avoir six ou sept ans, de voler sur un balai moldu, brandissant un parapluie comme s'il s'était agi d'une batte, et ni sa chute ni son bras cassé n'eurent raison de sa passion. Pour la première fois depuis la rentrée, Irina aurait volontiers laissé sa place à sa petite sœur.
« Salut Irina.
– Salut James. Tu es seul ?, s'étonna-t-elle.
– Je devais envoyer une lettre à mes parents, répondit-il tristement. Les autres sont déjà sur le terrain. Tu viens aussi ? Il me semblait qu'on avait cours avec les Serpentard.
– On a cours juste après.
– T'as pas l'air ravi.
– J'ai... un peu peur.
– Ne t'inquiète pas. Liko m'a dit que le prof était très gentil et puis tu sais, si le balai sent ta peur, il risque de se braquer. »
Il disait cela avec un grand sourire, extatique à l'idée d'apprendre à voler et, si ses intentions étaient louables, il ne rassura pas du tout Irina.
Lorsqu'ils rejoignirent le terrain sous le soleil dont le retour était fort apprécié, le professeur de vol posait quelques balais par terre. Fred se frotta les mains avec impatience.
« Enfin un vrai cours ! »
Irina se concentra sur leur professeur qui, âgé d'une trentaine d'années, arborait un air « cool » avec ses vêtements moldus et sa casquette de supporter de l'équipe de quidditch des Harpies.
« Salut, je suis Tim Brinks. Vous pouvez m'appeler Tim plutôt que professeur ou monsieur, je déteste qu'on m'appelle comme ça. Bon, vous êtes tous là ? J'aimerais bien tester votre niveau rapidement avant qu'on enchaîne.
– Il manque les élèves de Serpentard, monsieur... Tim.
– Ok, vous êtes donc à Gryffondor, vous ? Ok, cool. Tu t'appelles comment ?
– Alice, monsieur. »
Assise sur l'herbe humide, Irina songea qu'Alice n'employait son nom de famille que lorsqu'elle y était obligée. Assis non loin d'elle Keanu Ganesh en faisait toujours de même. Ce devait être dur, se dit-elle, d'avoir constamment en face d'eux des collègues de leur père.
– Je m'appelle Louis.
– Maël
– Et moi c'est James.
– Mais il faudrait l'appeler par son vrai nom, Potter le roi, la célébrité, l'héritier, le nouvel élu !
Les Serpentard venaient d'arriver. Tim haussa les sourcils mais préféra stopper la discussion.
« Vous êtes tous là ? Ok. Je répète, je m'appelle Tim. On va commencer par le dressage de balais. Chacun se met à côté d'un balai. Y en a pour tout le monde ? Ok, allez-y, dites debout ! »
« Debout ! » Parmi les élèves qu'elle connaissait, Irina vit que les balais de James, Fred, Maël et Yelena Crivey sautèrent dans leurs mains. Il fallut trois autres tentatives à Alice et Louis.
« Ok, c'est pas mal. On va faire deux groupes. Ceux qui ont dressé leur balai, c'est le groupe d'Alice. Alice tu vas avec tes amis à côté des poteaux, ok ? Les autres vous allez bien m'écouter. »
James suivit Alice jusqu'aux poteaux. Ils furent bientôt rejoints par Tim et une jeune Serpentard.
« Ok vous vous mettez par quatre. Deux filles, deux garçons. Vous montez sur les balais et vous vous envolez. Mais pas très haut, hein ? On ne déconne pas. C'est juste pour faire du sur-place à quelques centimètres du sol. Allez-y le premier groupe. Ouais super. Maintenant le second. »
James donna un coup de pied au sol. A quelques mètres au-dessous de lui Irina vit son sourire s'agrandir. Quelques sifflements chaleureux provenant de Keanu Ganesh et Keith Corner firent même rire le jeune homme qui, tout à son bonheur, laissait le vent le décoiffer.
« On redescend tout doucement. C'est super. Y a des futurs champions de quidditch là ! »
Tous les élèves furent ensuite rassemblés. Tim leur fit passer quelques tests. S'envoler, prendre de l'altitude, descendre, tourner… Une fois tout cela assimilé, Tim leur avait préparé un parcours à moins de deux mètres du sol.
« Alors un par un vous aller essayer de passer par le carré, le rond et le triangle et de slalomer autour des barres. Une fois arrivés à la dernière barre vous essayerez de revenir faire le chemin en sens inverse. Alice, tu commences. »
Alice rata le carré et fonça directement dans le rond qui se referma sur elle. Prise de panique elle ne sut plus redescendre et Tim dut intervenir. Irina s'imagina une seconde à la place d'Alice et crut qu'elle allait s'évanouir. « Dément ! », lâcha Nalani Jordan, sur sa droite.
« C'est normal ne t'inquiètes pas c'est juste un test pour voir votre niveau. Les figures sont censées se refermer si vous n'allez pas assez vite. C'est normal de ne pas y arriver la première fois. A toi, c'est quoi ton nom déjà ?
– Laurence Levis, répondit la première fille des Serpentard à les avoir rejoints. »
Six élèves passèrent sans réussir à passer le premier piège. Yelena fut plus rapide que les autres et passa le carré et le rond mais ne parvint pas à passer le triangle. Elle slaloma tant bien que mal puis revint en s'écrasant sur le triangle.
« Bravo Yelena, c'était très bien pour une première fois, dix points pour Gryffondor. James, à toi. »
James s'envola et fila rapidement vers le carré, celui-ci commençait à se refermer mais il parvint de justesse à passer. Il accéléra pour franchir le rond et pulvérisa le triangle, il slaloma rapidement autour des barres puis refit le chemin inverse en accélérant pour passer dans le triangle. A quelques centimètres du piège il se tourna, le corps penché sur son balai et passa avec succès le triangle. Il réussit à franchir les deux derniers obstacles et vint se poser tranquillement auprès de Tim.
« Super James ! Tu voles vraiment bien ! Nickel ta technique pour passer dans le triangle, c'était brillant, dix points de plus pour Gryffondor ! »
Seul Fred fut plus rapide que James et récolta dix points de plus pour sa maison. Le cours prit fin trop rapidement aux yeux des garçons mais aussi d'Irina qui savait que c'était désormais à elle d'affronter les vieux balais de l'école. James et ses amis souriaient de voir tant d'enthousiasme et de fierté sur le visage de Fred.
« Yes je t'ai battu cousin ! Ah ah ah pas mal ta technique, je suis ravi de te l'avoir piquée ! »
Irina échangea un regard las avec Louis. Il n'était pas rare d'entendre Fred se vanter, son esprit de compétition était aiguisé, il ne supportait pas que quiconque lui fasse de l'ombre. La célébrité de James lui convenait bien mieux que le principal concerné, car si James souriait maladroitement et rougissait à vue d'œil dès qu'on le laissait passer dans les couloirs, Fred bombait le torse, fier de leur position.
« Bonne chance Irina !
– Merci James. »
Celui-ci réitéra ses encouragements à l'adresse des autres Serdaigle et s'assit en compagnie de ses cousins et de Maël. Irina aurait tant voulu s'asseoir avec eux, sans avoir à subir ce cours qui la terrorisait...
« N'oublies pas dans quelle maison tu es, Kandinsky, murmura Alice à son oreille.
– Je sais, j'y vais.
– Je ne parlais pas du cours mais de James. C'est mon meilleur ami. Depuis toujours. Alors ne va pas imaginer qu'un trajet en train peut tout changer.
– Mais...
– Ne me remercie pas de t'avoir prévenue, va plutôt te ridiculiser. »
La voix d'Alice était dure, froide. Comment la tenancière du Chaudron Baveur qui paraissait si sympathique et le professeur le plus doux et compréhensif de l'école avaient pu engendrer une fille aussi froide ? Pire, comment James avait-il pu la choisir comme meilleure amie ? C'est l'esprit plus terrifié encore qu'Irina rejoignit sa classe.
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Le soir venu une surprise attendait les garçons dans la Grande Salle qui était le témoin d'excitations et de cris, des élèves courraient dans tous les sens, une information était tombée et ils allaient bientôt être tous mis au courant. Le directeur de Poudlard s'avança vers les élèves et prit la parole :
« Le ministère de la magie nous a informés ce matin de la mise en place d'échanges spéciaux entre Poudlard et le Temple, la nouvelle Université de Sorcellerie qui ouvrira ses portes à la rentrée prochaine. Pour intéresser et satisfaire les futurs étudiants, les élèves de sixième et septième années seront invités à se rendre plusieurs fois par mois au Temple et à travailler là-bas leurs mémoires et leurs A.S.P.I.C.S mais aussi à rencontrer des spécialistes et des mages de différentes disciplines. Les élèves pourront également participer à l'amélioration des départements du Temple. Les élèves de cinquième année sont également invités à se rendre au temple pour rencontrer différentes personnes qui pourraient les aiguiller dans la poursuite de leurs études après le passage obligatoire de leurs BUSES. Les élèves de Poudlard qui souhaitent s'inscrire doivent savoir que le temps qu'ils passeront au Temple sera amputé sur quelques cours mais aussi et surtout sur leur temps personnel. Toutes les indications sont placardées dans vos salles communes. »
James savait que le Temple allait ouvrir bientôt ses portes. Ses parents ainsi que sa marraine, Hermione, avaient fait partie de ceux qui avaient initié l'idée de créer un nouveau lieu de la connaissance magique. Il venait seulement depuis quelques jours d'en comprendre la raison mais son père ainsi qu'Hermione et son oncle Ron étaient parmi les personnes les plus influentes de la communauté sorcière et ils avaient participé l'été dernier à une rencontre très médiatisée autour de l'ouverture prochaine du Temple. Pour l'occasion, leurs enfants avaient été conviés et James avait, comme à son habitude, vagabondé dans les couloirs de la future université. Ce qu'il y avait vu l'avait enchanté à un point qu'il rêvait secrètement d'y retourner le plus rapidement possible. James enviait beaucoup les élèves plus âgés que lui qui pourraient s'y rendre avant tout le monde pour y travailler. Autour de lui l'intervention de leur directeur suscita de vives discussions. James comprit que beaucoup d'élèves, comme lui, avaient hâte de pouvoir y aller pour se rendre dans le département qui accueillait leur matière préférée, pour tester le terrain de quidditch ou tout simplement pour découvrir une vocation. En effet, James fut surpris d'entendre que bon nombre d'élèves de sixième ou septième année ne savaient pas encore vers quel métier se tourner. Lui non plus n'en avait aucune idée, mais il avait bien le temps d'y penser, il n'était après tout qu'en première année.
Les élèves les plus âgés ne parlèrent que du Temple durant tout l'après-midi et le repas du soir. Les amis de James avaient très peu abordé le sujet mais n'en étaient pas moins loquaces et Fred revivait avec beaucoup d'humour son exploit du matin en cours de vol et faisait rire tous ses camarades. Après avoir dévoré trois parts de tarte choco-citrouille, James vit Olivia Dubois se diriger vers lui.
« Potter, je viens de croiser le prof d'Arithmancie, Tim. C'est aussi lui qui donne les cours de vol. Il m'a dit que certains élèves de première année étaient doués en vol et que tu en faisais partie, c'est vrai ?
– Euh, oui, je me débrouille. Moins que Fred, cela dit. »
Olivia envisagea Fred du regard durant quelques secondes puis fit une moue dubitative.
« Ok, écoute je ne suis pas convaincue mais je veux bien vous donner une chance à tous les deux. »
James et Fred se regardèrent avec surprise.
« Une chance pour ?
– La plupart des élèves de cinquième, sixième et septième années vont passer beaucoup de temps au Temple cette année. Danny, le capitaine de l'équipe de quidditch de Gryffondor ne pourra pas assurer sa présence et on risque de perdre pas mal de monde, dont ses amis qui faisaient également partie de l'équipe. Bref je te la fais courte, il nous manque des joueurs. J'ai rejoins l'équipe l'an dernier avec Liko et Mike mais Mike ne veut pas être capitaine de l'équipe parce qu'il est déjà préfet. Donc je deviens capitaine. Et j'ai besoin d'une solide équipe pour gagner la coupe. Mike restera sûrement dans l'équipe mais Koppe et Kiribati par exemple sont aussi en cinquième année et en plus de ne pas être d'excellents joueurs, ce sont des élèves très studieux et ils ne diront pas non aux visites au Temple. Il va donc me falloir plus de joueurs au cas où. Les sélections auront lieu dimanche après-midi pendant le premier voyage au Temple. Je vire tous ceux qui partent. Donc ça fera de la place, si vous êtes aussi bons que Tim le pense, venez tenter votre chance. Rendez-vous sur le terrain à quinze heures. »
Sur ce, Olivia fila, laissant les deux garçons en état de surprise totale. Fred était autant ravi que James était sceptique.
« Je te dis qu'ils vont prendre des élèves plus âgés que nous, argumentait James. L'an prochain peut-être mais on est encore qu'en première année.
– Et alors, ton père était bien en première année quand il a été nommé attrapeur ! Je te dis qu'on a nos chances.
– On n'a pas de balais.
– L'école nous en prêtera et si on est pris on demandera à nos parents ! »
Ils parlèrent Quidditch toute la soirée et tout le lendemain. Même à la bibliothèque, ce qui énerva quelque peu Irina, qui s'était installée avec eux. Elle eut le malheur de leur apprendre que Nalani Jordan avait été prise dans l'équipe de quidditch de Serdaigle, comme poursuiveur, et qu'elle avait effectué un meilleur temps que Fred, la veille, lors de leur cours de vol. C'eut le mérite de faire enrager Fred qui hurla si fort qu'il fut interdit de bibliothèque pendant une semaine mais, même sans lui, James, Louis et Maël continuèrent de parler quidditch, au grand désespoir de la jeune fille.
Les amis de James étaient comme lui férus de quidditch, mais ce n'était pas le cas de tout le monde à Poudlard. D'autres sports étaient désormais en vogue : le soccer (un sport moldu très prisé par les maisons de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle), le vol d'obstacles… Cela dit le Quidditch était toujours le sport favori des élèves bien que l'équipe de Serpentard y soit réputée depuis quelques années comme très brutale.
Le dimanche matin, en se réveillant à la douce lueur du soleil, James était fourbu. Sa nuit avait été mouvementée tant le jeune homme était tiraillé entre deux forces. Il essayait de se persuader que l'entraînement de quidditch se passerait bien mais qu'il serait gentiment remercié et devrait laisser la place à plus fort que lui. Il ne cessait de ressasser ces idées afin d'être moins déçu lorsqu'Olivia lui dirait de repasser les sélections l'année suivante et de rejoindre les gradins pour encourager l'équipe de Gryffondor. Mais James ne pouvait retenir une idée folle en lui, une envie indéniable de réussir ses sélections et d'être pris dans l'équipe. Il essayait de ne pas y prêter trop d'attention mais cette envie était plus forte que la raison. En descendant dans la salle commune ce matin-là, James vérifia encore une fois l'horaire de l'entraînement de Quidditch. Un élève souriant vint le saluer.
« Salut Potter, je suis Gilles Tristan, capitaine de l'équipe de soccer de Gryffondor. Nous on prend tout le monde, même les plus jeunes. Mais on manque cruellement de monde, ce serait vraiment cool que tu viennes, tout le monde voudrait intégrer l'équipe comme ça. Si tu veux venir à l'entraînement c'est cet après-midi. »
Olivia Dubois, qui avait observé la scène un peu plus loin, se glissa entre eux et répondit avant James :
« James passe les sélections de l'équipe de quidditch cet après-midi mais bravo Gilles c'était bien tenté !
– L'un n'empêche pas l'autre, moi je joue dans les deux équipes, rétorqua Liko Jordan qui venait de les rejoindre.
– Merci Gilles, j'y penserai ! Et j'en parlerai à mon ami Maël, il aime beaucoup le soccer, répondit James en suivant Liko qui se rendait à la grande salle.
– Le problème c'est que le soccer se joue à onze, t'imagines le bordel pour trouver onze joueurs tous les ans. Du coup i pas vraiment de championnat, les équipes sont souvent inter-maisons et les matches se jouent pour le fun. De toute façon aucun Serpentard ne joue au soccer. C'est interdit par ceux qui dictent leur loi. Moi je trouve que le soccer permet d'accroître sa précision, tu vois, c'est...
– Qu'est-ce que tu entends par « ceux qui dictent leur loi » ? l'interrompit James.
– Rien, laisse tomber, répondit précipitamment Liko en détournant les yeux. Pour en revenir au soccer, c'est vachement intéressant pour progresser au quidditch. Le vol d'obstacles est pas mal aussi mais les cours sont pas réguliers, y a pas assez de joueurs. C'est Tim qui s'en occupe, t'as eu déjà cours de vol avec lui ? Il déchire ce type, c'est le meilleur prof qu'on ait. J'ai choisi Arithmancie en option parce que c'est lui qui donne les cours, et franchement aucun regret ! Il explique super bien et c'est super intéressant ! Bon aller on se voit pour l'entraînement, salut ! »
James ne put retenir Liko, pourtant il aurait aimé savoir ce qu'avait voulu dire son ami. Qui étaient ceux qui dictaient la loi à Poudlard ? Combien étaient-ils ? Qu'avaient-ils faits dans le passé pour obtenir cette réputation ? James se promit d'en reparler à Liko et rejoignit ses amis en étant rattrapé par une vague de stress qui ne s'adoucirait qu'à son arrivée sur le terrain de quidditch.
A quinze heures James, Fred, Maël et Yelena attendaient sur le terrain en compagnie de nombreux candidats. Les autres Gryffondor s'étaient installés dans les gradins, afin de les encourager. Beaucoup d'élèves plus âgés étaient également présents, dont Mike Corner, Nicole Kiribati et Yoalis Koppe, élèves de cinquième année qui n'avaient a priori pas pu ou voulu se rendre au Temple. Tous se turent en voyant Olivia se poser près d'eux.
« Salut à tous et merci d'être venus si nombreux passer les essais. Vous allez commencer par vous mettre par postes, les poursuiveurs ici, les batteurs, là, et les gardiens là. Ceux qui voulaient devenir attrapeur, désolée, mais le poste est déjà pris. Ensuite on va s'échauffer dix minutes. »
James, Fred et Maël rejoignirent les postulants au poste de poursuiveurs. James avait déjà joué au quidditch, avec ses oncles, tantes et cousins et il avait essayé plusieurs postes. Il était excellent au poste d'attrapeur, mais la place était déjà prise. Il ne se débrouillait pas trop mal comme gardien, mais l'idée de marquer des buts le réjouissait particulièrement. C'était le poste de prédilection de sa mère qui avait longtemps joué comme professionnelle. Elle avait mis un terme à sa carrière lorsqu'elle était tombée enceinte de lui et il espérait avoir hérité de son don. Yelena Crivey rejoignit Liko Jordan dans le groupe des postulants gardiens. Après l'échauffement, ils passèrent quelques essais de vol et Olivia demanda à six élèves de quitter le terrain.
« Pourquoi vous passez des essais de quidditch alors que vous ne savez même pas tenir sur un balai ? Bon les autres, je vais tester votre esprit d'équipe et vos capacités. On va improviser un match. Quand je vous désigne vous vous placez en position. Je volerai autour de vous et je ferai des roulements. Aller on commence.»
Il n'y avait que deux élèves qui souhaitaient être gardiens, Yelena et Liko. Ils allèrent se placer tous deux devant les buts. Olivia n'avait également retenu que quatre batteurs qui prirent part dans les deux équipes, enfin une dizaine d'apprentis poursuiveurs attendaient qu'elle fasse un choix. Les six premiers s'envolèrent. James, Fred, Maël et Mike Corner restèrent à terre. Petit à petit elle leur demanda de remplacer les autres poursuiveurs, puis demanda à un batteur de changer d'équipe. James récupérait tous les ballons qu'il pouvait, il était très bon en contre-attaque sauf face à Mike et à Fred. Le premier témoignait de beaucoup plus d'expérience et était constant dans son jeu au contraire de Fred qui était très rapide mais beaucoup moins précis et pas assez stable dans sa qualité de vol.
A chaque fois qu'il possédait le souaffle, James jouait beaucoup avec Maël. Les deux garçons se comprenaient très bien et un seul regard leur suffisait pour mener à bien une attaque. Leur collectivité était redoutable mais faisait plaisir à voir, Liko ne manquait jamais de leur lancer un commentaire piquant et drôle, Mike leur souriait tant leur complicité faisait des merveilles, seul Fred, dont la logique de jeu était très personnelle, ne semblait pas apprécier le jeu de ses amis. James découvrait des sensations nouvelles et indéniablement agréables le souaffle en main. Il marquait à tous les coups face à Yelena mais pas face à Liko qui excellait à son poste et lui donnait du fil à retordre. Olivia fit plusieurs changements, puis siffla la fin du match.
« Bravo à tous, c'était très bien. Liko tu restes dans l'équipe, tu es le meilleur. Yelena c'était pas mal, continue à t'entraîner et reviens nous voir l'année prochaine, ok ? MacLaggen est suppléant normalement mais comme tu le vois, il n'est pas venu, il se croit trop… supérieur pour ça. Bref… On pourrait avoir besoin d'un nouveau gardien suppléant. Tu devras alors participer à certains entraînements et tu joueras certainement quelques matches parce que Liko est souvent la cible des Serpentard. Tiens-moi au courant en tout cas, ok ?
– Ok, lâcha Yelena, visiblement déçue.
– Les deux batteurs retenus sont Yoalis et Nicole. Mais vous avez intérêt à être présents ! Et pour les poursuiveurs… Mike tu reprends ton poste, Ethan aussi, si Mike doit s'absenter pour aller au Temple ou je ne sais où, j'ai besoin d'un joueur expérimenté dans l'équipe. Fred et James vous intégrez l'équipe mais pas comme titulaires. Vous volez vraiment très bien mais… Vous me semblez un peu jeunes. Astrick tu voles moins bien mais tu es mieux bâti. Maël t'étais bien aussi, surtout en duo avec Potter mais tu as trop de difficulté dans les affrontements individuels. Towler tu es suppléante pour les batteurs. Voilà, rendez-vous dimanche prochain pour le premier entraînement. »
James fixa Olivia quelques instants, il n'y croyait pas. Il faisait partie de l'équipe de quidditch de Gryffondor ! Comme suppléant, certes, mais cela l'emplissait de bonheur. Lui et ses amis passèrent le reste de l'après-midi à faire leurs devoirs assis sous un grand chêne du parc tout en observant les joueurs de soccer. Maël termina rapidement ses devoirs et rejoignit les joueurs. Il apparut qu'il se débrouillait très bien. Il expliqua à ses amis que ses sœurs et lui jouaient souvent au soccer dans son jardin avec leur père pour qui le soccer était une vraie passion.
En rentrant au château à la nuit tombée, James fit un détour par la volière. Il voulait partager son plaisir d'avoir été recruté comme poursuiveur et écrivit à sa famille.
« Salut à tous !
Je suis dans l'équipe de quidditch de Gryffondor comme suppléant poursuiveur ! J'étais tenté par le poste d'attrapeur mais Olivia Dubois la capitaine de l'équipe est attrapeur alors j'ai postulé en tant que poursuiveur ! Et c'était génial ! J'ai marqué pratiquement tous mes buts, surtout face à mon amie Yelena Crivey et j'en ai marqué plusieurs face à Liko Jordan, le gardien de l'équipe.
– James ! l'interrompit Louis. Faut y aller, le repas va être bientôt servi.
– Ok j'arrive !
Je fais vite parce que je dois aller manger alors je vous embrasse tous très fort. Lily, Albus, quand je serai capitaine de l'équipe je serai aussi intransigeant qu'Olivia, hein ? Faudra être excellents pour que je vous prenne !
On se voit à noël
J.S.P »
James cacheta sa lettre et appela Patmol. Celui-ci était toujours aussi excité et turbulent que d'habitude mais fila rapidement de la volière pour accomplir son devoir.
Le repas du soir fut très animé. Les élèves les plus âgés revenaient de leur première visite au Temple et ne tarissaient pas d'éloges à son sujet. Mais le sujet dont tout le monde parlait était le recrutement de deux élèves de première année dans l'équipe de quidditch de Gryffondor. Personne ne parla du recrutement de Nalani Jordan chez les Serdaigle, alors qu'elle était titulaire, elle. Même sa propre maison semblait s'en moquer, tous n'avaient à l'esprit que cette rumeur grotesque selon laquelle James aurait exigé que tous les postulants se rétractent pour lui laisser la place. Pire, un Gryffondor de quatrième année avait avoué vouloir passer les sélections mais s'être finalement dit qu'il valait mieux laisser la place aux Potter-Weasley car « leurs parents sont des héros, Gryffondor aura plus de chance avec eux qu'avec moi ». Certains parlaient de piston, d'autres du « don des Potter ».
« Le don des Potter, releva Irina. Harry Potter jouait au quidditch ?
Les amis de son frère la dévisagèrent, consternés par son manque de connaissances. Elle reçut le flot de leurs informations avec tant de gratitude que d'énervement. Les Serdaigle avaient le don de prétendre en savoir plus que leurs voisins et accumulaient des détails et des anecdotes dont elle se serait bien passée.
– C'est bien que tu saches tout ça mais... Le plus important, Irina, c'est que tu arrêtes de suivre Potter partout.
Irina leva les yeux vers une amie de son frère, une certaine Sandra Towler, dont la petite sœur venait d'intégrer l'équipe de quidditch de Gryffondor comme batteur-suppléant.
– Je ne le poursuis pas. On est amis, voilà tout.
– Tu ne seras jamais amie avec lui. Je me permets de te dire ça parce que je suis comme vous, ajouta-t-elle en les désignant, Isidore et elle. Mon nom n'évoque rien à personne, mes parents n'ont pas participé à la guerre. Les gens comme nous ne sont pas amis avec des fils de héros. Jamais. Et crois-moi, tu t'en sortiras bien mieux sans lui. »
Isidore garda les yeux rivés sur sa tourte. Il ne confirmait pas les paroles de Sandra, mais ne les infirmait pas non plus et pour Irina, ça voulait dire beaucoup de choses. Isidore était juste, bienveillant, diplomate, il ne jugeait jamais personne et s'entendait avec tout le monde. Et s'il ne prenait pas la défense de l'hypothétique amitié de James et Irina c'est qu'il était d'accord avec Sandra.
C'est l'esprit empli de déception qu'Irina se coucha le soir-même. Elle avait voulu en parler à James ou à Louis, avec qui elle s'entendait très bien, mais Nalani Jordan en avait décidé autrement.
« Tu sors ?, s'était étonnée Irina.
– Ouais.
– Mais il est tard... Le couvre-feu...
– Oh, ça va, avait ri Nalani. Mon frère organise une fête pour célébrer nos recrutements...
– James sera là ?
– Lui et tous ses amis, oui. Je vais chercher Keith et Keanu. Au fait, Kandinsky...
– Oui ?, demanda Irina avec espoir.
– Je compte sur toi pour me couvrir. »
Il en fallait peu, parfois, pour rompre une amitié naissante. Une place de suppléant, une fête, une intervention extérieure. Des choses qui auraient pu, dû, leur être insignifiantes. Mais pour la première fois depuis leur rencontre, Irina et James n'échangèrent aucune pensée positive au moment de s'endormir. Rongée par la rancœur et les désillusions, la jeune Russe s'était promis de ne plus adresser un mot à James Potter. Elle s'était couchée plusieurs heures avant que celui-ci ne regagne son dortoir, les cheveux plus ébouriffés que jamais par les danses folles et les fous-rires. Il était loin de penser qu'à cet instant précis, alors qu'il s'effondrait sur son lit à baldaquin, une petite fille pleurait par sa faute. Il avait pensé à elle, pourtant, il avait même dit à ses amis qu'il regrettait son absence. Nalani avait fait remarquer qu'elle ne la trouvait «pas cool », Alice avait tendu à James sa première Bièraubeurre. Il s'était promis de présenter ses excuses à Irina dès le lendemain matin, loin d'imaginer que la jeune fille ignorerait les prémisses de leur amitié pour ne plus lui adresser un mot.
Plus jamais ils ne partageraient le même compartiment ni la même table à la bibliothèque, plus jamais elle ne répondrait à son sourire et à ses salutations quotidiennes. Au début il ne comprendrait pas, tenterait de s'expliquer avec elle, cherchant encore et toujours à comprendre. Le temps ferait son œuvre et la rancœur d'Irina se transformerait en mépris. Elle l'insulterait et l'accuserait de torts qu'il n'a pas commis, comme continuerait à le faire la moitié de Poudlard, et James dissimulerait sa peine, empêchant Fred de jeter un sort à la jeune fille, implorant Louis de rester ami avec elle.
Il arriverait un jour, enfin, où la moindre trace d'amitié aurait disparu, laissant place à une indifférence réciproque sans retour possible.
Il était le fils de. Elle pensait n'être rien ni personne. Ils pensaient avoir le choix.
A suivre..
Un peu bizarre comme fin, pas vrai ? Trop abrupte ? Trop « mélo » ? J'attends vos avis/critiques avec graaande impatience !
J'aimerais bien avoir votre avis sur la longueur des chapitres, aussi... Celui-ci n'était pas trop long ? Je vous demande ça parce que j'ai dû le modifier. Notamment le couper en deux. Il fait déjà vingt-quatre pages, sur mon traitement de texte, j'ai pensé que le double ferait un peu trop à lire d'un coup...
Et puis si vous voulez me donner vos avis sur Irina et sa famille, je suis preneuse ;)
J'incorpore pas mal d'OC dans mon « histoire originelle », parce que leur point de vue permet d'englober beaucoup de détails, personnages, descriptions... Tous n'ont pas la même importance, certains ne seront présents que pour un chapitre (RIP la pomme), d'autres auront davantage d'importance. Et Irina... en aura pas mal. Mais d'une façon qui risque de vous surprendre (du moins je l'espère).
N'hésitez pas à me laisser un petit signe de votre passage et je vous dis à la semaine prochaine pour un chapitre haut en couleurs intitulé « Trois sortilèges et une potion », où nous retrouverons la MERVEILLEUSE Victoire ("la grande Vicky" pour les intimes).
