Hello !
C'est parti pour un chapitre assez différent des précédents... Écrit il y a très, très (trop?) longtemps. Au menu de ce chapitre : la rencontre avec Lily Luna Potter et Hugo Weasley, entre autres, une rentrée en deux temps, une réunion familiale haute en rousseurs et une annonce qui devrait chambouler beaucoup de choses...
Bonne lecture à tous et un IMMENSE merci à Cat240 !
Tornade Rousse
L'automne s'était installé sur Londres en ce début du mois de septembre. Pour beaucoup de familles il s'agissait d'une journée comme toutes les autres mais le 12, square Grimaud était témoin d'une effervescence ambiante. Un homme apparut dans la cheminée de la cuisine. Il épousseta ses vêtements et passa sa main dans ses cheveux pour rabattre une mèche sur son front, cachant ainsi sa légendaire cicatrice. Il se dépêcha de rejoindre le salon où l'attendaient sa femme et ses trois enfants.
– James ! Où as-tu caché ma baguette ?
– Moi ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler…
– Maman ! James rends-moi ma baguette !
– James, veux-tu arrêter d'embêter ton frère ? Albus, ta baguette est ici ! Arrêtez de vous chamailler tous les deux ! Lily, tes affaires sont prêtes ? Mais où est votre père… Ah te voilà enfin !
Harry Potter jeta un œil inquiet à sa femme. Les deux garçons stoppèrent leur bagarre pour saluer leur père. Celui-ci ébouriffa les cheveux de son fils cadet en se disant que celui-ci avait encore grandi pendant l'été. Cet été avait été beaucoup plus paisible que le précédent. La petite Lily ne pensait qu'à sa première année à Poudlard, Albus avait demandé à partir un mois en colonie magique et James avait passé une grande partie des vacances hors de la maison. Teddy et Victoire avaient également quitté leur domicile familial respectif et s'étaient installés dans un charmant pavillon qu'ils partageaient avec leurs amis Tallulah, Milo, Shannyn et Gwenaël.
Harry avait été très pris pas son travail et n'avait pas pu passer autant de temps qu'il aurait souhaité avec ses enfants. Il posa ses yeux sur son fils aîné, James, qui était presque aussi grand que son père et sur Albus, âgé de treize ans qui essuyait sa baguette avec un pan de sa robe, faisant jaillir des étincelles. Alors qu'il s'était toujours cru très proche de ses fils, cette relation privilégiée s'était ternie depuis l'entrée des garçons au collège. Leurs disputes incessantes, les caprices de James, les fréquentations d'Albus, tout avait été sujet à désaccord chez les Potter ces derniers mois. Il espérait un jour pouvoir retrouver leur complicité d'antan.
James était parti camper avec des amis près du Terrier, la maison de ses grands-parents. Harry connaissait bien les amis proches de son fils, deux d'entre eux étant ses neveux et il savait à quel point James tenait à eux. Quelquefois Harry se disait même qu'il les aimait plus que sa propre famille. Il n'avait pas été surpris de recevoir une lettre de son fils, quelques jours avant le retour prévu de James à la maison. Les Londubat l'avaient invité à passer quelques jours au Chaudron Baveur et James avait accepté. Harry aimait beaucoup les Londubat et savait qu'Alice, leur fille, était la meilleure amie de James. Vu leurs récents problèmes avec leur fils aîné, Harry et sa femme ne s'étaient pas opposés à ce que James passe un peu de temps avec les Londubat. Cela ne faisait que retarder une confrontation qui les mettaient cruellement mal-à-l'aise.
James s'était éloigné d'eux et les tenaient pour responsables de cet éloignement. Harry s'en était rendu compte lorsqu'ils étaient tombés sur son fils sur le Chemin de Traverse, cette rue commerciale sorcière où ils s'étaient rendus pour acheter le matériel scolaire de Lily, leur petite dernière, qui allait faire sa première rentrée à Poudlard, l'école de sorcellerie. Ils avaient profité de la chaleur estivale pour s'arrêter chez le glacier du Chemin de Traverse et y avaient rencontré James et Alice. Le regard de James s'était assombri lorsqu'il avait vu ses parents mais Lily était si enthousiaste de lui montrer ses achats que le jeune homme avait partagé sa joie. Il lui avait également fait la surprise de lui offrir son cadeau d'anniversaire avec beaucoup d'avance. Lily était née fin juillet mais sa fête d'anniversaire avait toujours lieu en août lorsque toute la famille pouvait se réunir au Terrier, la maison familiale où l'on célébrait l'anniversaire des deux derniers de la famille. Harry n'en voulait pas à son fils d'avoir offert son cadeau à sa sœur. Lily avait été si heureuse de se voir offrir une magnifique chouette des neiges, qu'elle avait sauté au cou de son frère et l'avait maintes fois remercié. Harry s'était étonné que leur fils ait pu payer cette chouette mais James leur avait expliqué qu'il avait aidé Hannah Londubat au Chaudron Baveur et qu'elle lui avait donné une petite paye.
– Tu m'as tellement parlé de la chouette de tes rêves, petite sœur, que dès que je suis rentré dans la boutique et que j'ai vu celle-ci, j'ai su qu'elle était pour toi. J'ai bien pensé à te faire une blague, te prendre un rat par exemple mais je t'aime trop pour ça.
– Oh mais j'aime bien les rats aussi ! Maman, je pourrai avoir un rat aussi en plus de Flakes ?
– Flakes ?
– Oui, ma chouette est belle comme un flocon de neige. Alors ça sera Flakes. C'est James qui avait trouvé le nom. Au début des vacances, je cherchais un nom en rapport à la couleur blanche. Il m'a sorti des banalités du style Neige, Perle puis ça. Flakes. Donc c'est Flakes. Alors je pourrai avoir un rat ou un chat ?
– Pourquoi pas un crapaud ? plaisanta James.
– Oui, ou un crapaud.
James sourit. Sa petite sœur adorait tous les animaux, il avait pu s'en rendre compte lorsqu'ils avaient rendu visite à leur oncle Charlie et que Lily s'était montrée fascinée par les dragons.
– Lily, les élèves de première année ont droit d'amener qu'un seul animal. Tu as déjà… Flakes. Remercie plutôt ton frère qui a dépensé tout son argent de labeur pour t'offrir Flakes. James, as-tu besoin de quoi que ce soit ? As-tu reçu ta liste ?
– T'inquiète maman, Alice et moi avons déjà acheté tout ce dont on a besoin.
– Tu as tous tes livres ?
– Oui, les livres, quelques ingrédients pour les potions et je suis passé commander quelques robes aussi.
– C'est vrai que tu as beaucoup grandi. Où es-tu allé ? Chez Guipure et Filles ? Je vais passer les chercher et les régler.
– Non, maman, c'est déjà réglé et ça sera prêt demain.
– Je vais te laisser un peu d'argent alors.
– C'est bon maman, j'en ai assez.
– Mais tu n'as que quatorze ans ! James nous sommes tes parents, c'est à nous de faire…
– Laisse le tranquille, Ginny.
Son père évitait de croiser son regard et James trouvait cela tout à fait normal. Mais comme d'habitude il en ressentait une profonde tristesse.
– Bon puisque tout le monde trouve ça normal, s'énerva Ginny. Dis-moi au moins ce que tu veux pour ton anniversaire. C'est dans deux jours et ton père et moi aimerions t'offrir quelque chose qui te plaise vraiment.
– Ben… j'aimerais bien rester quelques jours de plus alors. Je devais rentrer demain mais… Hannah est d'accord pour que je reste et je veux bien l'aider davantage et puis… j'aimerais bien passer mon anniversaire ici, avec mes amis. Je leur ai écrit et ils sont tous d'accord.
– James tu es à Poudlard pendant dix mois, nous ne te voyons pratiquement jamais…
– Je serai là pour la fête au Terrier.
– La maison est vraiment vide sans toi.
– Bah vous êtes habitué, j'ai déjà passé quatre ans à Poudlard.
– Qu'est-ce que tu en penses Harry ?
– Il a bien le droit de vouloir fêter ça avec ses amis. Mais tu rentres le lendemain, d'accord ?
– Oui c'est promis.
– On viendra te chercher, avec tes achats tu vas être surchargé et…
– Je jetterai un charme de réduction. J'ai le droit d'utiliser la magie dans le cadre de mon boulot. Comme ça tout rentrera dans mon sac, pas de souci t'inquiète.
– Un charme de… ? Mais tu sais, c'est assez compliqué et…
– James sait très bien le jeter, monsieur Potter. C'est le meilleur élève de notre promotion.
James sourit à Alice. Elle était exaspérée par les problèmes que traversaient James et ses parents. Pour la famille Londubat, Annie était une petite princesse, Franck était adoré par ses parents et Alice était une vraie reine, choyée et aimée de tous. Elle ne comprenait pas l'attitude des Potter et ne pouvait s'empêcher de donner son avis.
– Alice tu es sûre que ça ne dérangera pas ta mère, que…
– Non, monsieur Potter, elle est ravie d'avoir « un homme à la maison » ! Mon père a participé aux cours d'été du professeur Chourave au Temple et Franck a passé tout son temps à embêter ma sœur. Alors on va vraiment avoir du mal à décider ma mère à se séparer de James. J'ai bien l'impression qu'elle veut l'embaucher !
– Ah… répondit Harry. Et bien si tu n'es pas pris au ministère tu auras toujours du travail.
– Pas pris au ministère ? Avec les notes qu'il a ?
– Vous avez reçu vos résultats, d'ailleurs ? demanda Ginny.
– Oui maman, comme d'hab', avant les vacances. Je t'en ai parlé. Que des E sauf en Métamorphoses, Sortilèges, Défense et les trois options.
– Les matières les plus importantes, répondit Ginny déçue.
– J'ai eu O dans toutes ces matières. Tu peux vérifier, c'est ma fiche, répondit James d'un ton énervé en sortant un vieux parchemin de sa poche.
Malgré la honte qui lui montait aux joues, Ginny vérifia les dires de son fils qui, effectivement, n'avait obtenues que des notes particulièrement brillantes. Un commentaire élogieux de son directeur de maison concluait la lettre qu'il avait reçue au tout début de l'été.
– Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, madame Potter, mais James est vraiment doué. Vous devriez lui faire confiance. C'est le meilleur.
– Mais bien sûr. Tu as raison, Alice. James, raison de plus pour t'offrit un très beau cadeau. Si tu nous…
– Mes vacances ont été un très beau cadeau, merci. Je n'ai besoin de rien de plus.
– Un nécessaire à balai ?
– J'en ai eu un pour Noël, merci.
– Une robe de soirée ?
– Mamie nous en crée une pour chacun à Louis, Fred et moi.
– Bien…
Ses parents se turent. Sa mère le fixait avec ce qu'il prenait toujours pour un semblant de tendresse et son père se dandinait sur ses pieds en évitant son regard au maximum. James détestait quand il faisait ça.
– J'ai vu Daniel, au fait. Daniel Redox. Tu te souviens, papa ? Tu m'avais dit que tu ne savais pas du tout où il était et que s'il ne me donnait pas de nouvelles c'était tout simplement parce qu'il ne m'aimait pas tant que ça ? Tu te souviens que j'avais beaucoup pleuré quand tu m'avais dit ça ? J'étais qu'un gamin qui venait de perdre son meilleur ami. Et bien son père et lui m'ont ignoré puis ils m'ont insulté. Ils étaient vraiment furieux.
– Pourquoi ?
– Parce qu'ils pensaient que j'étais au courant de la raison pour laquelle ils avaient déménagé. Si tu m'avais dit ça on aurait pu continuer de s'écrire avec Dan et il serait peut-être même venu à Poudlard. Tu te rappelles la veille de ma rentrée ? Quand je t'ai dit que mon vœu le plus cher c'était de le retrouver ?
– James, écoute…
– Laisse tomber. C'est fini maintenant. Bon, on y va Alice ? Ta mère doit nous attendre et Franck en aura profité pour voler sur mon balai…
James se leva et embrassa sa sœur mais son père ne l'entendait pas ainsi. Et il en était de même pour Ginny qui coupa son époux.
– Ton balai justement, James… D'où il vient ?
– Quand vous n'avez pas voulu m'en acheter un, maman, j'ai attendu un peu d'avoir assez de sous et j'ai demandé à Teddy d'aller m'en acheter un à Pré-au-lard.
– Pourquoi tu…
– On n'était pas en bons termes vous et moi. Et puis je suis grand maintenant. Je peux me débrouiller par…
– Demander de l'argent à ses amis ce n'est pas se débrouiller, James, rétorqua son père.
Chacun a mis un peu, monsieur Potter. Et c'était de l'investissement croyez-moi. Personne n'a fait ça par charité. Vu les points que nous fait gagner James, personne n'a eu à le regretter. Depuis qu'il est à Poudlard personne ne peut plus se passer de lui. C'est le meneur de jeu de l'équipe...
– Meneur de jeu ?, coupa Ginny. Je pensais que Fred...
James aussi pensait comme vous mais la capitaine et notre directeur de maison ont proposé le poste à James. Et tout le monde était d'accord avec ça. C'est un élève doué et sérieux, c'est un camarade attentif et généreux et c'est le meilleur ami qu'on puisse avoir. Et croyez-moi, je rêve un jour d'avoir un fils comme lui. Viens, James.
– Salut, dit-il en se levant.
Il s'accroupit devant sa sœur et lui sourit, tentant de mettre comme à chaque fois le plus d'affection possible dans son regard.
– Ma puce, commence dès maintenant à communiquer avec Flakes, tu verras elle a l'air drôlement intelligente. Patmol ne l'aime pas trop mais je crois qu'il a compris qu'elle allait lui voler la vedette. Aller, on se voit dans trois jours, ok ? Salut ma puce !
– Merci James ! Pour Flakes et pour ta lettre ! T'es le meilleur des frères !
– Il n'a surtout pas beaucoup de concurrence dans ce domaine…
– Alice…
– Quoi !? C'est vrai non ?
– Où est-il d'ailleurs ? Albus ? En colonie ?
– Oui. Il nous a écrit, il sera au Terrier pour la fête. Et s'il te plait, James, ne l'embête pas…
– C'est Ste Magouste qui se fout de la fontaine magique ! Un jour, madame Potter, il faudra que vous appreniez à écouter les bonnes personnes. Mais ne tardez pas trop, ça sera peut-être déjà trop tard.
Harry avait alors regardé son fils et sa meilleure amie partir vers le Chaudron Baveur. Les Potter s'y rendaient aussi mais ils leur avaient laissé un peu d'avance. Ginny ruminait anxieusement les dernières paroles de sa filleule, qui d'habitude l'appelait par son prénom. Tant de choses avaient changé depuis que James leur avait tourné le dos. Et Harry ne pouvait s'empêcher de penser à tout cela. Et si James avait raison ? Certes il avait semblé plus serein lorsqu'ils étaient rentrés de Poudlard, au début de l'été, mais il regardait parfois Albus avec anxiété. Et les Potter ne pouvaient nier que leur petit Albus avait beaucoup changé. Ou peut-être avait-il toujours été ainsi ? Il était leur petit protégé, il avait droit à tout, on lui justifiait tout. Harry ne voulait pas qu'Albus hérite de ses propres malheurs, c'était de son devoir de veiller sur son fils, comme son père l'aurait fait avec lui s'il n'avait pas été tué par Voldemort. Mais, bien qu'il tente de dissimuler ses idées noires dans un coin de sa tête, Harry n'oubliait pas qu'il avait été troublé par une certaine forme d'obscurantisme. Il avait jeté un Impardonnable. Son statut de héros l'avait lavé de tous soupçons mais Albus... Et si, comme James le disait, Albus avait réellement des ennuis ? Qu'adviendrait-il de Lily ? Si elle allait à Serpentard, subirait-elle des troubles à son tour ?
Harry s'était promis de rester vigilent. Albus était son fils, son presque-double, son héritier et Lily... Même si elle ressemblait fortement à sa mère, Harry était certain qu'elle tenait également de Lily Evans. Il ne pouvait en être autrement. Sa mère qui avait donné sa vie pour le sauver lui... C'était à lui, désormais, de tout mettre en œuvre pour protéger son fils et sa petite Lily. Il savait qu'il continuait d'oublier volontairement une donné de l'équation mais que pouvait-il faire de plus ? James était l'aîné, James était différent. James restait une énigme, aux yeux de son père. Et Harry n'avait jamais aimé les énigmes.
– Je sais ce qui ferait plaisir à James, moi, dit Lily avec un œil malicieux. Pour son anniversaire. Venez.
En se remémorant tout cela, Harry regarda enfin sa fille, Lily, qui rentrait pour la première fois à Poudlard, l'école de sorcellerie. Celle-ci était soucieuse et Harry le comprenait très bien. A chaque rentrée scolaire de ses enfants il se remémorait la sienne… Une nouvelle fois Ginny stoppa ses pensées.
– Harry, dépêchons-nous, sinon les enfants vont rater le train.
Harry embrassa rapidement sa femme puis s'activa. Ils entrèrent sans peine dans la petite voiture les trois valises, les chaudrons et les cages à hiboux, ainsi que le balai volant de James. Une famille normale aurait pensé que c'était impossible, mais Harry Potter était un sorcier, le plus célèbre de son époque, et avait lancé un sort à sa voiture pour qu'elle puisse contenir tout ce qu'il souhaitait y mettre. Ils s'installèrent rapidement et partirent en direction de la gare.
A leur arrivée, ils se dépêchèrent de rejoindre la voie 9 - ¾. James et Albus passèrent la porte magique en courant et la petite Lily marcha très vite et en fermant les yeux, entourée de ses parents.
– Harry ! Ginny ! Lily ! On est là !
– Bonjour Hermione ! Rose, Hugo, vous allez bien ?
La famille qui les attendait était tout aussi célèbre que celle d'Harry Potter. Ses meilleurs amis, Ron et Hermione avaient eu deux enfants, Rose du même âge qu'Albus et Hugo, du même âge que Lily. Celui-ci paraissait aussi inquiet que sa cousine.
– James ! Viens dire bonjour !
– J'arrive maman… Salut la famille ! Bon j'y retourne mes amis m'attendent, on se revoit à Noël.
James partit rejoindre ses amis laissant ses parents déçus de n'avoir pu lui dire au revoir comme ils l'auraient souhaité. La gare était pleine de vie, emplie de gens dont les yeux étaient fixés sur la famille la plus célèbre de Grande-Bretagne.
James était-il si immature qu'il ne comprenait pas le rôle qu'ils avaient à jouer ?
Hermione vit les regards ennuyés de ses meilleurs amis et les rassura, à voix haute, exagérant tendresse, compréhension et compassion, disant que James avait sans doute hâte de retrouver ses amis. Autour d'eux, quelques personnes hochèrent la tête, compréhensives. Dociles. Manipulables. Les Potter-Weasley se rassurèrent, ce ne serait pas en ce premier septembre que leur rôle serait remis en question.
Ils aidèrent les plus jeunes à s'installer et regardèrent le train partir. Hermione et Ginny avaient du mal à cacher leur tristesse de voir leurs derniers enfants partir à Poudlard et tentèrent toutes deux de se remonter le moral alors que les adultes quittaient la gare. C'était du moins l'image qu'ils voulaient donner.
Dans le train, Albus avait rapidement retrouvé ses amis, il en était de même pour Rose. Hugo resta avec sa sœur ainée et Lily partagea son compartiment avec ses deux meilleurs amis, Annie et Lorcan ainsi que le frère jumeau de ce dernier, Lysandre. Lily connaissait Annie depuis toujours. Annie Londubat était la fille d'un des meilleurs amis d'Harry, Neville et de sa femme Hannah, qui tenait le Chaudron Baveur, le célèbre bar du Chemin de Traverse et les enfants s'y rencontraient souvent. Leurs parents organisaient régulièrement des soirées, des fêtes où les enfants jouaient ensemble. Neville et Hannah avaient eu trois enfants. Alice, l'ainée était née quelques mois avant James et ils avaient toujours été les meilleurs amis du monde. Ils accumulaient les bêtises et faisaient beaucoup rire les adultes qui s'émerveillaient de leur complicité évidente. Franck était né le même mois qu'Albus. Ils s'entendaient également très bien et avaient longtemps formé une joyeuse bande avec Rose et Roxanne, les cousines d'Albus. Enfin, Annie était née quelques semaines après Lily. Hannah et Ginny avaient été enceintes au même moment et avaient passé beaucoup de temps ensemble, avant et après leur accouchement. Annie et Lily s'étaient toujours bien entendues. Quelques années plus tard, Luna Dragonneau, la meilleure amie de Ginny revint s'installer en Grande Bretagne avec son mari et ses deux fils, des jumeaux de l'âge de Lily. Dès leur rencontre, Lily et Lorcan furent inséparables. Ils avaient le même caractère, le même esprit secret et rebelle. Lysandre était beaucoup plus indépendant. Il participait peu aux jeux des autres, faisant seulement et surtout acte de présence. Annie se sentit donc très rapidement rejetée par Lily. Elles s'entendaient toujours aussi bien, mais dès que Lorcan était là, Annie était jalouse de leur amitié.
Tous faisaient leur première rentrée à Poudlard et passèrent le trajet à manger des friandises en spéculant sur les maisons où ils seraient envoyés par le choixpeau magique. Ils reçurent de nombreuses visites des Potter, Londubat et Weasley et ne virent pas le temps passer. Alors que le train approchait de Pré-Au-Lard, ils se vêtirent en silence, à nouveau inquiets. La voix bourrue, mais rassurante, d'Hagrid se fit automatiquement entendre.
– Par ici les élèves de première année ! Lily, Annie, ça va ?
Alors que les élèves plus âgés prenaient un chemin parsemé de calèches qui les mèneraient au château, les plus jeunes s'installèrent dans des barques.
– On passe actuellement sur le Grand Lac qui longe le château. Vous allez bientôt voir apparaitre Poudlard, expliquait Hagrid.
En effet on entendit vite les premières acclamations. Lily, qui partageait sa barque avec Hagrid et une jeune fille qu'elle ne connaissait pas, regarda le château, admirative, avant de sourire à Lorcan, Annie et Lysandre qui étaient dans la barque d'à côté.
Les élèves de première année furent accueillis par une dame qui ne paraissait pas très âgée mais dont les cheveux étaient grisonnants et la mine froide.
– Bienvenue à Poudlard. Vous allez attendre quelques minutes ici pendant que vos camarades s'installent. Ensuite vous me suivrez pour rentrer dans la Grande Salle, c'est dans cette salle que vous retrouverez tous vos camarades au moment des repas, bals et soirées. Ce soir je vous indiquerai où vous vous installerez pendant la distribution. A chaque rentrée, les nouveaux élèves sont répartis dans une des quatre maisons de Poudlard : Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor. Vous rejoindrez ensuite vos camarades de maison à leur table. Vous ferez partie de cette maison pendant toute votre scolarité. Si vous adoptez une bonne attitude vous apporterez des points à votre maison, à chaque bêtise, des points vous seront retirés. A la fin de l'année nous comptabiliserons les points de chaque maison, et celle qui en aura le plus gagnera la coupe des quatre maisons. Vous pouvez gagner des points en cours ou en activités de sports et loisirs, comme le quidditch.
Un professeur plus jeune, que certains élèves connaissaient très bien, arriva à ce moment-là.
– On peut commencer la distribution, professeur Slopa.
– Très bien professeur Londubat. Suivez-moi.
Les deux professeurs entrèrent dans la Grande Salle, suivis de près par les jeunes élèves. Ils traversèrent la salle sous les regards curieux des élèves plus âgés installés aux quatre tables. Ils s'arrêtèrent devant la table des professeurs. Un homme semblant très âgé se leva et prit la parole.
– Bonsoir et bienvenue aux nouveaux élèves ! Je suis le professeur Briscard, directeur de Poudlard. Nous allons commencer la répartition. Professeur Slopa, s'il-vous-plait, le Choixpeau magique.
– Voilà. Je vais vous appeler par ordre alphabétique. Lorsque je vous appellerai vous viendrez vous asseoir sur ce tabouret et vous mettrez le Choixpeau magique sur votre tête. Il vous criera le nom de la maison où vous serez distribué. Vous rejoindrez ensuite vos camarades. Abercrombie Eva !
Une jeune fille que Lily avait déjà vue à une soirée spéciale du Ministère avança prudemment vers le Choixpeau.
– Poufsouffle !
Eva sourit en avançant vers la table où les élèves de Poufsouffle applaudissaient à tout rompre. La distribution continua et Lily reconnaissait quelques-uns de ses camarades, la fille d'un collègue de son père ou le fils d'un ancien ami de ses parents, rencontrés pendant les vacances sur le Chemin de Traverse. Elle fut déçue de voir qu'Adelaïde Lespare, la jeune sœur du meilleur ami d'Albus était envoyée à Serdaigle. Lily et Adelaïde ne s'étaient jamais rencontrées mais Lily aurait beaucoup aimé la rencontrer et partager son dortoir. Lily n'appréhendait pas trop sa répartition, elle savait qu'elle n'avait pas les qualités requises pour aller à Serdaigle, mais qu'elle aille à Poufsouffle, Gryffondor ou Serpentard, Lily retrouverait des amis ou de la famille, elle était donc sereine. C'est à tout cela qu'elle pensait pendant que la distribution avançait. Lily sourit à son amie Annie qui avait rejoint Franck et Alice à Gryffondor sous des applaudissements plus forts que pour tous les autres nouveaux élèves. Alors qu'Andy Macmillan était envoyé à Poufsouffle et Paul-Arthur Perks à Serdaigle, le professeur Slopa appela Lily. Un silence de plomb s'installa. Tous les élèves la dévisagèrent pendant qu'elle s'asseyait sur le tabouret. Elle positionna le Choixpeau sur ses oreilles.
– Hum… encore une Potter ? Le problème avec vous c'est que vous semblez avoir votre place partout… Pas simple tout ça. Je vois de l'intelligence, du talent, du courage, un tempérament... Humm, comment dire ?… Difficile. Ah moins que… Oui, ça parait évident… Gryffondor !
Lily rejoignit sa nouvelle maison et s'assit à côté d'Annie qui paraissait plus heureuse que jamais. La distribution reprit alors que partout les élèves se levaient pour regarder Lily. Le dernier de la fratrie Nott rejoignit très logiquement les Serpentard et ce fut au tour de Lorcan et Lysandre. Le premier rejoignit Lily à la joie de celle-ci, qui ne semblait pas partagée par Annie qui eut du mal à cacher sa déception. Lysandre rejoignit les Serdaigle. Les deux derniers élèves, Serena Velsen et Hugo Weasley rejoignirent enfin Gryffondor. Le directeur se leva pour leur souhaiter un bon appétit et des mets plus succulents les uns que les autres furent engloutis par les élèves, heureux de se retrouver ou de se rencontrer.
La rumeur avait vite couru que les jumeaux Kent n'avaient pas été répartis. S'ils n'étaient pas à Poudlard, où allaient-ils être scolarisés ? Mais tout cela n'intéressait vraiment pas Lily qui s'amusait beaucoup avec Lorcan et posait mille questions aux fantômes qui venaient leur rendre visite.
A la fin du repas, Lily, Lorcan et les autres nouveaux élèves rejoignirent James et ses amis, dont Louis, le cousin de Lily et James qui venait d'être nommé Préfet. Il arborait fièrement son insigne même s'il semblait se faire beaucoup charrier par ses proches amis.
– Les nouveaux élèves, venez par-là, s'il-vous-plait ! Vous êtes censés être neuf, j'ai compté pendant la distribution, il en manque une… ah là voilà ! Psst ! Viens ici ! Bon, je m'appelle Louis et voici Rita. Nous sommes tous les deux préfets. Il y a deux élèves par maison en cinquième, sixième et septième années qui sont préfets. N'hésitez pas à venir nous voir quand vous avez des questions. Bon. On va vous montrer notre salle commune, suivez-moi et restez groupés.
Les élèves les suivirent et Lily entendit plusieurs garçons plus âgés se moquer de leur petite taille. Elle n'y prêta pas attention, sachant très bien qu'elle ferait ce type de commentaire plus tard. Elle oublia ça très vite car elle fut rapidement émerveillée par la beauté du château. James lui avait fait croire que le château était lugubre et effrayant et Albus, s'il avait tempéré les propos de son frère, n'avait pas non plus donné une très belle image du château. A ce qu'elle avait compris en espionnant ses frères, il n'y vivait pas que de bonnes expériences et Lily pensa que l'image d'un lieu dépendait surtout de ce qu'on y vivait. La salle commune fit également bonne impression à Lily. En revanche elle fut beaucoup moins enthousiaste quand elle entra dans le dortoir. La chambre était petite, la salle de bains aussi, et l'intimité serait quasi inexistante pendant ses sept années d'études. Lily n'était pas particulièrement exigeante mais elle était solitaire et aimait se réfugier dans le désordre, le « joyeux bordel » comme l'appelait James, qui régnait dans sa chambre habituellement.
Le dortoir accueillait cinq filles et à part Annie, les trois autres apparurent aux yeux de Lily comme trois pauvres cruches. L'une d'entre elles, Mary Lywood, une fille brune au regard méprisant pesta contre tout ce qui n'allait pas selon elle. Le train, les barques, le château, le repas servi, les professeurs… Elle donnait l'impression d'une fille au-dessus de tout, prétentieuse au possible et dont l'orgueil ne tiendrait pas dans le dortoir, songea Lily. La seconde, Jessy Khrid arborait une belle chevelure blonde et des airs de princesse. Elle semblait très curieuse et avide de connaitre les moindres secrets de chacune, surtout de Lily. Jessy questionna en effet Lily sur son père, ses frères, Voldemort… La dernière, Serena Velsen, suivait Mary et Jessy sans dire un mot. En se couchant, Lily se dit que le temps serait très long dans le dortoir et qu'elle avait hâte de retrouver Lorcan.
Au réveil, Lily comprit qu'elle devrait se lever plus tôt que les autres chaque matin, vu le temps que passaient ses camarades dans la salle de bains. Elle était déjà passablement énervée lorsqu'elle descendit dans la salle commune. Elle tomba sur son frère qui rigolait avec ses amis.
– Salut ma Lilou ! Bien dormi ?
– Mouais…
– Tes copines de dortoir sont jolies ? euh… sympa je veux dire ?
Alors que Lily allait répondre, une fille qui devait être dans la même classe que son frère l'avait interrompue en lançant de beaux sourires à James. Elle avait l'air d'avoir beaucoup de succès auprès des garçons. Ceux-ci la dévoraient tous des yeux.
– Pourquoi ? Tu cherches quelqu'un Potter ? J'ai appris que tu t'étais séparé de Finnigan ?
– Oui Susie et moi préférons rester amis.
– Tu es donc libre ?
– Euh… oui.
– Ça tombe bien moi aussi. Tu viens, on part ensemble ?
James sourit d'un air coupable à sa sœur et suivit la fille. Ses amis partirent à leur tour, sauf Louis qui resta près de Lily.
– Ça va Lily ?
– Oui merci Louis.
– Tes camarades de chambrée sont sympas ?
– Bof… Enfin y a Annie Londubat que je connais déjà mais les trois autres ont pas l'air d'avoir inventé le sort à repasser les chemises…
– Bah, tu apprendras à les connaitre avec le temps.
– Ouais, peut-être. On verra. Ah Lorcan descend, je vais le voir, salut Louis !
– Attend Lily ! Rita et moi on doit vous amener à la Grande Salle ! Et à votre premier cours !
Lorcan salua Lily et Louis. Tous les nouveaux élèves suivirent Louis et Rita à la Grande Salle où il régnait une furieuse ambiance. La Gazette du Sorcier était arrivée et avec elle un nouveau scandale décrit par l'horrible Rita Skeeter. Pour beaucoup d'entre eux, Rita Skeeter était une célèbre journaliste de la Gazette qui traitait des faits importants mais pour les enfants Weasley-Potter, Rita était la journaliste de tous les scandales. Elle avait écrit sur la fâcheuse tendance de Harry Potter à travailler plus qu'il n'aurait dû au lieu de s'occuper de sa famille et sous-entendait qu'il y avait « de la maîtresse là-dessous », elle avait inventé une relation entre Ginny Potter et Olivier Dubois, tous deux grands joueurs de Quidditch, elle avait dépeint la haine qui décimait les frères Weasley et la supériorité scandaleuse d'Hermione qui selon les dires de Rita était prête à écraser tout le monde pour obtenir le poste de ministre de la magie et nommer des créatures dénuées d'intelligence à des hauts postes afin que personne ne lui fasse de l'ombre. Enfin, elle s'était attaquée à Teddy, Victoire et certains autres cousins. Hugo était passé pour un Cracmol, Albus pour le fils caché de Voldemort, James pour un petit personnage avide de reconnaissance qui avait effrayé tout Poudlard pour obtenir ses ASPICS dès sa première année… Lily appréhendait le moment où viendrait son tour et fut soulagée de voir qu'elle n'apparaissait pas en première page.
Depuis quelques mois, Rita et ses sbires avaient d'autres cibles. La famille Kent. Les exploits de Kendall, la face sombre de Keziah, leur petite sœur Evangeline qui n'avait pas encore fait preuve de magie spontanée à l'âge de dix ans… Tout était sujet aux rumeurs et notamment les ressemblances troublantes entre le merveilleux Kendall et le célèbre Harry Potter, tous deux jeunes héros de leur génération. Comme pour Harry, Rita avait cherché, fouillé, pour trouver tous les défauts inimaginables qui habitaient Kendall. En vain. Kendall était discret, sympathique, serviable… La lumière par rapport à son ténébreux frère jumeau. Rita s'était donc amusée à attaquer intensivement Keziah, décrivant ses pêchés, parlant de son internement et de sa libération.
– Alors, c'est quoi le scoop ? demanda Lily à son frère ainé.
– Les jumeaux Kent ont ton âge, ils auraient dû faire leur rentrée mais a priori ils vont faire leurs études en Irlande.
– C'est tout ?
– Oh mais tu la connais, elle était là-bas hier soir et a raconté dans les détails la rentrée de Kendall Kent.
Le professeur Glacey vint ensuite leur communiquer leur emploi du temps.
– Aujourd'hui on a Métamorphose et Botanique, nota Lily.
– Métamorphose ? s'étrangla Louis. Oh non, c'est à l'opposé de la classe de défense ! Les élèves de première année s'il vous plait, on se dépêche, aller, suivez-moi !
– C'est l'horreur d'être préfet !
– Mais non Fred, faut juste que Louis s'habitue… Mais enfin, je ne l'envie pas, c'est sûr !
Les jours passèrent et pour les enfants Potter le rythme était difficile à suivre. Lily se régalait de découvrir autant de choses avec ses amis Lorcan et deux garçons qu'il lui avait présenté, Sebastian Rafa et Colin Crivey. Lily avait été tellement occupée qu'elle ne s'était pas rendue compte qu'Annie ne semblait pas supporter leur éloignement et s'était rapprochée des autres filles pour rendre jalouse une Lily très indifférente. Du côté de Hugo ça n'allait pas beaucoup mieux. Il tentait de se faire des amis mais sa maladresse lui coûtait plus de moqueries qu'autre chose.
Albus voyait le nombre et la difficulté de ses cours s'intensifier. Il n'avait pas vraiment choisi ses options de lui-même, se contentant de suivre Jalil et Sally-Ann. Très peu portés sur le travail scolaire, ceux-ci avaient choisi les Soins aux Créatures Magiques et la Divination, matières réputées comme moins compliquées que l'Etude des Runes ou l'Arithmancie. Encore une fois, le tout Poudlard s'était émerveillé de voir qu'Albus suivait les traces de son père, bien loin des choix d'options de James qui passaient pour des « lubies prétentieuses ».
Rose avait tenté de choisir les quatre matières mais c'était beaucoup trop compliqué et elle avait choisi de laisser tomber l'Arithmancie à l'inverse de Natasha qui laissa tomber les Runes et la Divination.
Pour James, se rendre à un cours c'était entendre pour la énième fois parler de la difficulté des BUSES et le nombre de devoirs qu'ils devaient rendre chaque jour le déprimait un peu. Autour de lui, les nouveaux caractères de ses amis proches se dévoilaient. Si lors des quatre premières années à Poudlard, les amis avaient rapidement faits leurs devoirs ensemble avant de s'atteler à de plus doux loisirs, cette année il allait en être autrement. Louis était un élève très sérieux et souhaitait réussir ses examens avec de très bons résultats. Fred, au contraire, ne pensait qu'à la reprise des entrainements de Quidditch et étudiait davantage le championnat Britannique que ses cours. Mael et James se rapprochèrent encore davantage, s'entraidant pour gagner du temps et découvrant petit à petit la bibliothèque.
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C'est épuisé par une première semaine chargée en conseils, avertissements et recommandations de leurs professeurs au sujet des BUSES que James se rendit à la Grande Salle manger avec ses amis. Enfin le week-end, pensait-il, et avec lui les sélections de quidditch qui devaient avoir lieu le lendemain matin pour les Gryffondor. Alors qu'à la table des lions, le quidditch était le sujet principal de la conversation, James et ses amis furent rejoints par Louis qui arrivait en retard avec Rita Coote.
– Eh bien, Louis, tu reviens d'une petite réunion de préfets ?, demanda Fred avec l'habituel ton moqueur qu'il utilisait pour parler à son cousin.
– Non j'étais dans le bureau de Glacey. Un groupe d'élèves de première année s'est illustré en récoltant une semaine de retenue. Un record, jamais un élève de première année avait récolté une retenue si importante et grave si tôt. Il semblerait que ta sœur suive tes traces, James.
– Lily ?, s'inquiéta James. Qu'est-ce qu'elle a fait ?
– Elle et trois autres élèves, Lorcan Scamander, Sebastian Rafa et le frère de Yelena ont été surpris baguette à la main en plein duel.
– Un duel ? A onze ans ? Après une semaine de cours et sans n'avoir jamais appris aucun sortilège ? s'étonna Yelena.
– Et Hugo n'était pas avec eux ? Ça m'étonne, je le croyais proche de Lily, s'étonna à son tour Fred
– Non justement, l'élève qu'ils ont agressé, c'est lui.
– Lily a agressé Hugo ? Mais c'est son cousin, ils sont tout le temps fourrés ensemble !
– Pas vraiment Fred. Ma sœur a toujours été plus porche de Lorcan que de Hugo. La mère de Lorcan, et de son frère jumeau Lysandre qui est à Serdaigle, est la meilleure amie de ma mère. Son mari et elle sont de célèbres naturalistes qui ont parcouru le monde pour leur boulot. Mais ils sont toujours restés en contact avec mes parents, avec ceux de Hugo et ceux d'Alice. Luna, leur mère, est la marraine de Lily et ma mère est la marraine de Lorcan. Mon père est le parrain de Lysandre et je crois bien que le père d'Alice est le parrain de Lorcan.
Alice acquiesça. James reprit :
– Lily et Lorcan sont inséparables depuis toujours. Ils trainaient tout le temps ensemble et avec Annie, la petite sœur d'Alice.
– Oui mais Annie s'est toujours sentie à part. Elle m'a souvent raconté que Lily et Lorcan avaient une façon peu commune de communiquer, comme s'ils étaient reliés par un lien qu'eux seuls connaissaient. Et puis Annie a toujours préféré rester au chaudron baveur avec ma mère, ou dans les basques de Franck. Du coup ils sont où, tous ? Ils devraient être à table à l'heure qu'il est.
– Lily, Lorcan et les deux autres sont partis en retenue sans manger. Hugo est à l'infirmerie. Et les autres élèves de leur classe attendaient devant le bureau de Glacey quand on est parti. A priori ils ne viendront pas non plus.
– Mais que s'est-il passé ? demanda James, inquiet.
Louis leur fit signe de s'éloigner. Il les amena dans un coin tranquille et éloigné des autres élèves.
– Il s'est passé un truc bizarre. Lily et Hugo se sont engueulés parce qu'Hugo voulait faire son intéressant en parlant de ton père et de ses parents, de comment ils avaient détruit Voldemort, bref dévoiler la vérité et donc nos secrets de famille. Et il aurait fait ça après un cours, devant une vingtaine d'élèves. Lily voulait le faire taire et l'a insulté. Hugo s'est jeté sur elle et l'a blessée et Lorcan a pris la défense de Lily. Dans le tas, une statue a explosé et a blessé Hugo. Et du coup je pense que Glacey veut modifier les souvenirs des élèves ou faire en sorte que certaines informations restent secrètes. Donc Rita et moi en tant que préfets devons faire en sorte de calmer les premières années. Tu penses bien, tout le monde va être au courant rapidement et dès demain les quatre élèves en question vont être traités comme des célébrités et d'autres risquent de vouloir faire pareil.
– Et tu sais ce qu'ils ont eu comme retenue ?
– Oui, ta sœur et les trois autres devaient aider Hagrid à faire quelque chose. Mais tu connais Hagrid, il adore Lily, il leur aura fait passé un très bon moment. Je pense que Glacey a pensé à ça aussi, après tout ils n'ont que onze ans et je pense que tu te souviens très bien quand lors de notre première année, Slopa nous a donné une semaine de retenue à nettoyer les cachots ! vaut mieux être avec Hagrid !
– J'espère quand même qu'il ne les a pas amenés dans la forêt. Je fais confiance à Hagrid mais ils sont jeunes et Lily…
– Eh bien James, te voilà bien protecteur ! coupa Rose qui venait de les rejoindre. Si elle revient de la forêt tu diras à ta sœur qu'elle aura des soucis si elle s'en prend encore à mon frère !
– Il s'agit d'un malentendu, Rose, tu le sais très bien…
– Je m'en fiche ! Si ta sœur a décidé de jouer les rebelles elle verra de quel bois je me chauffe !
– C'est ça, retournez auprès des sages et des studieux petits rats de bibliothèque ! répondit-il en souriant à Rose et son amie Natasha.
Mais Rose lui lança un regard furieux.
– Pourquoi tu ne lui as pas dit que c'était de la faute de Hugo ? demanda Alice outrée. Elle ne t'aurait pas parlé comme ça !
– Laisse tomber, les élèves arrivent de partout, j'aurais une conversation familiale avec eux et Albus aussi et puis vous si vous le voulez, ajouta-t-il en regardant Fred et Louis.
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Le lendemain, contrairement à ce qu'avait pensé James, Hugo ne passait pas pour une victime aux yeux des autres élèves, pas plus que Lily et ses amis ne passaient pour des rebelles. L'affaire était bien sûr étalée dans toute la Grande Salle, on ne parlait que de ça depuis le réveil. Mais ce que tout le monde voulait savoir c'est pourquoi la famille Potter-Weasley, la famille des héros et des célébrités s'était déchirée comme ça et pourquoi personne n'en connaissait la cause. Bizarrement, les mots magie noire revenaient sans cesse. Certains pensaient qu'avec la dernière génération, la famille allait se déchirer, d'autres, plus souples, pensaient que Lily souhaitait suivre les traces de James et de ses légendaires bêtises, d'autres encore pensaient que Lily aurait eu sa place à Serpentard, auprès d'Albus dont elle avait sûrement tiré son côté obscur. Et puis, bien sûr, il y avait la grande majorité des élèves de Poudlard, ceux qui regardaient James de travers, murmurant les mots « mauvaise influence » et qui rougissaient dès qu'Albus arrivait, espérant secrètement qu'il sauve sa petite sœur des griffes de leur infâme frère ainé. Les Potter étaient donc redevenus le sujet préféré des élèves.
Enervée par tout cela, Rose discutait avec sa meilleure amie tout en jetant des regards furieux à James.
– Il faut qu'on se réunisse au plus tôt, dit-il à Fred et Louis. A 11h, après l'entrainement de Quidditch, au pied du Grand Chêne.
Ses cousins acquiescèrent. Il se leva et se dirigea vers Rose, assise à la table des Serdaigle.
– Salut Rose.
– Va-t-en.
– Il faut qu'on parle. Les cousins. Onze heures au pied du Grand Chêne. Les autres seront là, tu pourras venir ?
– Oui mais Natasha vient avec moi.
Il ne comprenait pas. Il aimait Rose, il lui était facile de garder un ton doux, tendre, fraternel. Alors comment Rose parvenait-elle à rendre son ton si froid, si impersonnel ?
– T'as besoin de ta copine pour venir !?
– Il a raison Rose, c'est une réunion familiale. Ton frère sera là, tes cousins aussi, tu n'as pas besoin de moi. Je t'attendrai à la bibliothèque.
– Tu m'étonnes, murmura James. Bon c'est ok ?
– Oui, lui répondit Rose avec un regard furieux. Laisse-nous maintenant.
James quitta la table des Serdaigle en répondant par un geste de la main à des filles qui le dévoraient du regard et qui lui proposaient de venir s'asseoir avec elles. Elles ne le voyaient pas. Pas vraiment. Pas tel qu'il était. « Une image, des rumeurs, des on-dit ». C'était Susie qui le lui avait expliqué, alors que les filles qui partageaient son dortoir l'avaient abrutie de questions à propos du fils du Survivant. « Elles ne s'intéresseront jamais vraiment à toi, elles te verront toujours par rapport à lui, à ta famille. Et elles sont loin d'être les seules. »
Evidemment, cela avait profondément choqué James, mais il avait désormais d'autres problèmes. Des problèmes bien plus graves.
Il cherchait des yeux son frère à la table des Serpentard. Celui-ci se trouvait en train de plaisanter avec ses amis et James sourit à cette vision. Depuis qu'Albus s'était débarassé de son pendantif leur relation s'était nettement améliorée. Bien sûr ils avaient traversé beaucoup de mauvais moments et gardaient une certaine réserve l'un par rapport à l'autre mais James ne désespérait pas de retrouver un jour une véritable relation fraternelle. Tom Zigaro, le maître chanteur de ceux qui se faisaient appeler la Jeune Armée des Ténèbres avait quitté Poudlard et beaucoup de ses sbires avaient suivi. Albus avait enfin pu se faire vraiment des amis au cours de l'année précédente et s'était fortement lié à trois élèves. Jalil Lespare était devenu son meilleur ami et Sally-Ann Perks sa confidente. La jeune fille était une vraie exception chez les Serpentard et ne manquait jamais de redonner de la joie de vivre à ses amis. Enfin, Benoit Screta s'entendait également très bien avec eux mais gardait une certaine réserve à cause de sa famille. Ils étaient devenus tous les quatre les intrus de Serpentard, ceux que l'on appelait communément la bande des exceptions.
En le voyant arriver vers eux, Jalil Lespare lui lança un sourire moqueur.
– James Potter à la table des Serpentard. James Potter le bon, le fabuleux, vient copiner avec les adeptes de magie noire.
– Rêve Lespare !, répondit James en lui souriant. Il faut que je te parle Albus. Pourrais-tu nous rejoindre à onze heures au pied du Grand Chêne ?
– Nous, ça a un rapport avec la retenue de Lil ?
– Oui, Lily, Rose, Hugo, Fred et Louis seront là aussi. C'est important. Tu peux ?
– Bien sûr. Je partirai plus tôt de mon entrainement de plongée, c'est tout.
– Merci Al. Salut les exceptions...
– Dégage de là Potter !
Bob Screta venait d'arriver. Sa bande tout autour de lui pour assurer sa garde rapprochée.
– Ne t'inquiète pas Scretin, je ne comptais pas m'éterniser. A plus, fréro ! dit-il en un clin d'œil.
James n'eut pas fait trois pas que Mael, Fred et Louis arrivaient vers lui. A chaque fois que l'un d'eux se retrouvait seul face à de potentiels ennemis, les autres rappliquaient, tels des aimants. Sur le passage, James échangea un hochement de tête discret avec ses quelques amis serpents. Ceux-ci préféraient se faire discrets, échangeant le moins de mots possibles avec celui qui avait été si souvent aperçu par les Basilics alors qu'il tentait de les espionner. « Les ordres sont les ordres, on pourrait ne pas les respecter mais on préfère ne pas avoir d'ennuis », avait expliqué Vincent Goyle. James n'avait pas insisté, Juliet se faisait une joie de faire le hibou entre ses amis lions et serpents et tous savaient qu'ils pouvaient compter les uns sur les autres.
– Lily et Hugo seront là également, lâcha Louis d'un air sérieux. Vu que je suis chargé de veiller sur eux, j'en ai profité pour faire passer le message à ta sœur et Hugo. Séparément bien sûr. De toute façon ils se tiennent le plus éloigné possible. Aller James oublie cette histoire et va te changer les idées sur le terrain.
– Yes surtout que c'est les sélections ! ajouta Mael avec un enthousiasme qui laissa place à l'inquiétude. Bon vous deux vous avez rien à craindre mais moi on sait jamais…
– Mais non Mael, t'as rien à craindre non plus ! T'as déjà oublié notre surnom ? Le trio d'or qui fait gagner à tous les coups Gryffondor ! hurla Fred en passant devant la table de ses camarades.
– J'ai très envie moi aussi que Gryffondor conserve la coupe, Mr Weasley.
Glacey venait d'arriver près d'eux et il affichait une mine furieuse.
– Mais si vous hurlez une nouvelle fois dans la Grande Salle, c'est moi qui vous vire de l'équipe ! Quoiqu'en pense votre capitaine. Potter venez par ici.
– Oui professeur ?
– J'ai confié aux deux préfets de cinquième année le soin de surveiller les nouveaux élèves. Votre cousin est au courant de tout et j'imagine bien qu'il vous a tout rapporté. Je compte sur vous pour mettre fin aux rumeurs. Restez tranquille, ne vous faites pas remarquer et faites en sorte que votre flopée de sœurs, cousins et autres en fasse de même ! C'est bien compris ?
– Oui, professeur, c'est promis.
– Ne promettez pas, Potter. Je viens de vous demander de faire profil bas et n'oubliez pas que votre réputation est connue de tous, notamment de moi qui suis votre directeur et qui signe toutes vos retenues ! Mais faites quand même un effort.
James regarda Glacey quitter la Grande Salle puis suivit ses amis, un sourire aux lèvres. Lui arrêter les bêtises ? Rien n'était moins sûr.
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Comme prévu l'équipe de Griffondor victorieuse l'année passée ne recruta aucun nouveau membre. Maggie Towler et Lucy reprirent leur batte James, Fred et Mael restèrent les poursuiveurs de l'équipe, Olivia et Liko conservèrent également leur poste. Seuls les suppléants changèrent et Louise Nelson, une amie de Vera Crivey, la sœur de Yelena devint suppléante ainsi que Louis qui à la surprise générale avait décrété vouloir se changer un peu les idées. Et c'est l'esprit un peu plus léger et revigorés par une bonne douche que les trois cousins rejoignirent le Grand Chêne. Rose et Hugo étaient déjà arrivés et ils avaient une discussion animée avec Molly, leur cousine qui était en sixième année à Serdaigle. Lucy qui ne marchait pas très loin de ses cousins les rejoignit.
– On va avoir une petite réunion familiale, si tu veux te joindre à nous, l'invita James.
– Ok, j'arrive !
Alors qu'ils s'approchaient, Molly les regarda avec douceur, Hugo détourna son regard et Rose était furieuse.
– Il est onze heures cinq, on ne t'a jamais appris la ponctualité monsieur le crâneur ? A priori c'est typique des Potter puisque je ne vois ni ton frère ni ta folle de sœur.
– Allons Rose c'est ton cousin !, apaisa Louis. Calmons-nous et attendons les autres, ils ne vont certainement pas tarder. Albus avait son premier entrainement de plongée ce matin, il va arriver, laisse-lui le temps de traverser tout le parc.
– Il s'est peut-être fait attaquer par un strangulot. Imagine que son corps soit inerte au fond du lac, tu te reprocheras toute ta vie ces paroles.
– Arrête ton humour Fred ! Y en a juste qui ont autre chose à faire que vous attendre tout le temps ! J'imaginais que toi non plus tu ne voudrais pas perdre de ton temps précieux ! Tu as tes BUSES à préparer !
– Oui des BUSES qu'on va passer à la fin de l'année ! Rose ! On est qu'au début de l'année !
L'arrivée de Lily coupa net la discussion.
– Salut tout le monde !
Elle se rapprocha de James, Lucy, Fred et Louis et leur demanda comment s'était passé leur entraînement. Elle les félicita d'avoir réussi à garder leur place dans l'équipe puis se rapprocha de Molly et Rose. Si la première était toujours très accueillante, Lily fut surprise de voir que Rose l'ignorait totalement. Heureusement, Albus arriva à ce moment-là, suivi de près par quatre élèves de seconde année qui le dévoraient des yeux.
– Désolé pour le retard les amis, le lac est tellement agréable en automne que je n'ai pas vu l'heure passer !
Rose grommela quelque chose en détournant les yeux. Fred avança vers les jeunes filles qui restaient derrière Albus.
– Mesdemoiselles, pardonnez-moi, mais c'est une réunion privée. Mais ne vous inquiétez pas, nous vous rendrons votre prince charmant très vite.
Les filles se mirent à rougir et partirent en courant vers le château. Fred donna une tape amicale à Albus.
– Et bien il semblerait que tu aies le même succès que ton frère ! Elle t'ont vu plonger et n'ont pu résister à ton corps d'athlète ?
– Ne m'en parle pas. Déjà l'an dernier elles venaient m'observer pendant mes plongées. C'est très énervant, répondit-il d'un air faussement timide.
– Bon j'imagine que ton satané frère ne nous a pas fait venir ici pour vanter ton succès auprès des gamines écervelées qui peuplent les cachots de l'école ?
Albus et Lily échangèrent des regards surpris. Rose n'avait pas pour habitude de montrer autant d'agressivité. James leur fit signe de s'installer tous à l'ombre du chêne.
– En effet Rose. Si je vous ai tous demandé de venir, c'est pour qu'on parle ensemble de ce qui s'est passé hier.
– Oui il faut éclaircir ce malentendu, confirma Louis.
– Malentendu ? Sa sœur a blessé Hugo, i aucun malentendu derrière tout ça !
– Sa sœur ? Rose, j'ai un prénom ! Et puis cesse de nous agresser comme ça mes frères et moi !
– Calmons-nous, proposa Molly. Louis, tu es préfet, il me semble que tu as dû être mis au courant de l'affaire par le professeur Glacey ?
– Oui. Il nous a demandé, Rita et moi de le rejoindre dans son bureau. Là on a appris que Lily et trois de ses amis avaient provoqué Hugo en duel.
– C'est faux ! se défendit Lily.
– Tu prétends le contraire ? T'as vu le bandage de mon frère ? Une statue lui est tombée dessus ! Il a passé la nuit à l'infirmerie ! Tes petits copains et toi êtes de vraies brutes !
– Non !
– A quatre contre un ? Apprends les règles de duel avant de provoquer un élève de première année qui ne connait aucun sort ! J'imagine que tes frères t'ont appris à te battre, puisque c'est leur passion mais Hugo est ton cousin je te rappelle ! Tes parents sont au courant Lily, tu vas avoir des problèmes et pas seulement des retenues où tu vas boire le thé avec Hagrid !
– On est allé dans la forêt interdite, et même avec Hagrid c'était très impressionnant ! Evidemment toi tu ne sais pas ce que c'est, mademoiselle-je-sais-tout n'a jamais de retenue !
– Ok, on se calme les filles ! intervint Molly. Lily peux-tu nous expliquer pourquoi tes amis et toi avez attaqué Hugo ? Rose, Hugo pourra donner sa version des faits, ne t'inquiète pas. Lily, nous t'écoutons.
– Je n'avais pas du tout l'intention de l'agresser. Si, c'est vrai Rose, je t'en prie, crois-moi ! Mais il s'est mis à raconter toutes ces choses sur nos parents et sur vos parents, sur Voldemort, sur sa mort…
– Balivernes ! Arrête de mentir ! Nos parents nous ont bien expliqué de ne rien dire à ce sujet, tu le sais très bien.
– Je le jure ! Je ne sais pas pourquoi il a dit tout ça, en tout cas, on était tous là, devant l'entrée du château, on revenait de notre premier cours de vol et je l'ai entendu raconter ça. Il allait même leur parler de tu-sais-quoi. Et au moment de prononcer ce mot je l'en ai empêché c'est tout !
– En lui cassant une statue sur la tête !?
– Le mot, quel mot ? demanda Molly.
– Les horcruxes ? demanda Lucy.
– Tout le monde est au courant ? Ah bravo James, j'imagine que tu es content de toi ! Mon père nous a bien dit de ne jamais parler de ça à qui que ce soit, même la famille !
– Fred nous a entendu en parler. Et puis c'est Fred ! Je n'ai aucun secret pour lui ! Ni pour Louis d'ailleurs.
– Et toi Lucy, comment es-tu au courant ?
– Je vous ai entendu Hugo, Lily, Albus et toi en parler à Noël dernier. Du coup Roxanne, qui était avec moi est au courant aussi.
– Tout le monde est au courant donc, s'énerva Rose.
– Non. Pas moi, répondit Molly.
Elle n'était pas furieuse mais regardait sa sœur avec un air déçu.
James laissa passer quelques secondes de silence puis reprit la parole après avoir vérifié que personne ne les écoutait. Il jeta un assurdiato par prudence.
– Bon alors pour faire simple, Voldemort était un sorcier très puissant qui était allé très loin dans la magie noire. Il a appris qu'on pouvait emprisonner une partie de son âme dans un objet. Un horcruxe. Ce qui du coup lui permettait de ne pas vraiment mourir si on l'attaquait. Et il a décidé de partager son âme en plusieurs morceaux. Mon père, oncle Ron et tante Hermione ont donc trouvé tous ces objets, les horcruxes et les ont détruit avant que mon père n'affronte Voldemort qui était donc devenu mortel.
– Je n'ai jamais compris comment il avait fait. Voldemort je veux dire. Comment on peut partager son âme en deux ? demanda Lucy.
– Je ne connais pas l'incantation et franchement je ne m'en plains pas. En revanche je sais qu'il faut, pour créer un horcruxe, tuer quelqu'un.
Il y'eut un moment de silence avant que Molly ne prenne la parole.
– Et il a créé combien de… ? Non je ne préfère pas savoir. Je comprends mieux pourquoi il ne faut rien dire à personne. Je ne pense même pas que nos parents soient au courant. Sauf bien sur Harry, Ron, Hermione et Ginny. C'est même étonnant qu'ils vous l'aient dit. James, je veux bien, mais vous, vous êtes bien trop jeunes pour savoir tout ça. Surtout Lily et Hugo.
– Oh ils n'avaient pas l'intention de nous le dire mais un jour, à la veille de Noël, peu avant la rentrée de Rose et Albus, papa et Ron avaient un peu trop fait la fête. Et Ron a profité de l'absence de papa qui était allé chercher une potion anti gueule-de-bois pour se remémorer tout ça. Tu penses bien qu'on ne l'en a pas empêché. Lucy et les autres ont dû nous entendre en parler le lendemain au Terrier. Ron s'est rendu compte que ça nous avait chamboulé et qu'on ne parlait que de ça le lendemain, il s'en est voulu d'avoir tout raconté et il nous a interdit d'en parler.
– C'est compréhensible.
Fred profita de ce moment de silence pour reprendre la parole :
– La question est : Hugo, en as-tu parlé à quelqu'un ?
Celui-ci le regarda d'un air furieux, presque outré et ne répondit pas.
– Je reprends ma question, Lily as-tu entendu Hugo en parler ?
– Non je l'ai arrêté avant qu'il ne le fasse…
– Oh et bien sûr tu as hérité du troisième œil, madame la devineresse !
– Non Rose, mais j'ai entendu Hugo parler de tout le reste.
– Le reste ?
– Oui. Quand je suis arrivée un mec lui demandait : « Mais comment il a fait Harry Potter pour tuer tu-sais-qui alors qu'il avait que dix-sept ans ? » Et Hugo lui a répondu : « Ben en fait à cette époque tu-sais-qui était immortel. Et il y avait une prophétie qui disait que seul Harry pouvait tuer tu-sais-qui donc il n'avait pas vraiment le choix. Et puis il a appris comment tu-sais-qui avait fait pour devenir immortel. Et mes parents et lui sont partis à la recherche des… » Et c'est là que j'ai tiré ma baguette et que je lui ai dit de la fermer. Hugo ne m'avait pas vu arriver et il était furieux, il m'a jeté contre le mur. Mes amis ont vu que j'étais alarmée et ils ont brandi aussi leur baguette. D'autres élèves nous ont demandé à Hugo et à moi « Comment il est devenu immortel tu-sais-qui, tu dois savoir si lui il sait ». Et là Hugo a répondu une chose qui m'a rendu encore plus furieuse. « Je vais tout vous raconter. J'en sais plus qu'elle de toute manière, mon père me fait confiance, plus que le sien, et puis il a eu un grand rôle à jouer dans tout ça, venez, vous allez tout savoir. » Alors on a jeté un sort tous les quatre en même temps mes amis et moi et la statue est tombée sur Hugo.
– C'était quoi ton sort, Lily ? demanda Lucy.
– Ben, je ne sais même pas si c'est un sort. J'ai entendu Albus s'entrainer dans sa chambre cet été et il prononçait « riddikulus ». C'est la première chose à laquelle j'ai pensé. Je sais que c'est bête car je ne savais pas ce qu'il allait se passer mais …
– Alors toi tu jettes un sort à mon frère alors que tu l'as entendu de la bouche de ton Serpentard de frère ! Ca ne t'est pas venu à l'idée qu'il pouvait s'agir de magie noire !
– Rose !, coupa James. Elle n'a que onze ans ! Elle ne sait pas jeter un sort ! et puis Albus n'est pas comme…
– Mon frère a été blessé ! la preuve que Lily est une petite inconsciente !
– En tout cas ce n'est pas Lily qui l'a blessé, Riddikulus est un sort qui agit uniquement contre les épouvantards, Rose !
– Merci James de nous éclairer de ton savoir, moi aussi je sais lire et je suis en troisième année comme Albus !
– Mais arrête de crier comme ça ! Lily vient de nous dire que Hugo faisait son malin à révéler nos secrets de famille, là !
– Mais c'est une menteuse, Fred ! Comme ses frères, comme son père…
– Stop ! cria Molly. Rose tu te calmes et tu reprends tes esprits. Lily tu te tais. Fred aussi. Maintenant Hugo, à toi. C'est vrai ce que raconte Lily ?
– Non ! C'est une sale menteuse. Elle fait sa belle avec ses trois larbins. Elle a juste voulu impressionner ses imbéciles d'amis !
– Quoi ? Tu les traitais moins d'imbéciles quand tu essayais de trainer avec nous !
– Je n'ai pas besoin de vous ! Je n'ai pas besoin de toi !
– Alors qui tu as ? Tu n'as pas d'ami Hugo et le seul moyen de t'en faire c'est de te mettre en avant ! Je ne te laisserai pas dévoiler ces secrets ! Ils ne t'appartiennent pas ! Tu préfères bafouer ta famille pour te rendre intéressant devant les autres ! mais t'as pas compris qu'ils n'en ont rien à faire de toi ? Ils veulent juste un scoop ! Une fois qu'ils sauront ils te laisseront tomber !
– Lily tais-toi. Coupa Molly. Hugo, tu es bien sûr que tu n'as rien dit ?
– Oui ! Je le jure ! Si quelqu'un parle de ça c'est bien elle ! Tout le monde la regarde comme si elle était une célébrité ! Crivey répond à tous ses caprices ! Il passe son temps à la dévorer des yeux ! Il la vénère !
– Ok, stop ! Louis, qu'est-ce que dit Glacey ?
– La vérité. Un des fantômes l'a confirmé à Glacey, ainsi que Tim qui est arrivé pendant leur affrontement. Lily dit vrai. Hugo je suis désolé mais ce que tu as fait est très mal. Glacey a dû modifier les souvenirs de tes camarades. Il faut que tout ça reste entre nous bien sûr. Hugo, regarde-moi. Rita et moi avons pour mission de te surveiller et de faire en sorte que tu arrêtes de raconter tout ça. Lily pour ta gouverne nous devons te surveiller aussi. Tu n'avais pas à intervenir…
– Mais il fallait l'empêcher de parler des horcruxes !
– Moins fort ! En tout cas Hugo tu vas aussi avoir une retenue pour que tu comprennes bien la gravité de la situation. Mais je te demande ici et maintenant, devant nous, de nous promettre que tu ne diras plus rien à ce sujet.
Hugo regarda sa sœur. Celle-ci détournait les yeux, rouge de confusion.
– Ok. Je ne dirai plus rien.
Lucy le regarda intensément et lui demanda tout bas :
– Pourquoi tu as fait ça ? Ta mère t'a bien dit de ne rien dire à ce sujet.
– Je suis sûr que vous en avez parlé à vos amis vous aussi, se défendit-il en désignant James, Albus et Fred.
– Mais on ne parle pas d'amis ! On parle d'une vingtaine d'élèves, Hugo !
– Ce ne sont pas tes amis, cracha Lily.
– Qu'est-ce que t'en sais, toi ?
– Ils t'ont écouté seulement parce que tu allais leur balancer un scoop. Si je t'avais laissé faire ils t'auraient écouté une heure puis ne t'auraient sans doute plus jamais adressé la parole.
– Ta gueule !
Hugo se leva, il bouillonnait de rage.
– Toi tes prétendus amis trainent avec toi parce que tu es la fille de Harry Potter. Pourquoi tu crois que ce crétin de Crivey est toujours après toi ?
– Peut-être parce que je lui parle normalement et que je suis sympa avec lui. Je connais Lorcan depuis des lustres, Annie pareil, ils ne m'ont jamais trouvée différente des autres. Colin et Sebastian sont venus vers moi parce qu'ils s'entendent bien avec Lorcan. On a sympathisé, c'est tout. Toi tu t'attendais à quoi ? A ce que tout le monde t'adore sans que tu fasses un pas vers eux ? C'est toi qui prétends à la célébrité alors, pas moi.
– Assieds-toi et calme toi Hugo, tempéra Molly. Qu'est-ce qui se passe, les garçons qui partagent leur dortoir avec toi ne sont pas sympas ?
– Ce sont des connards, des crétins débiles qui ne m'intéressent pas.
– C'est faux, dit posément Lily. Tu le sais très bien. Lorcan m'a dit que tu avais essayé de faire ton intéressant dès la première nuit. Tu t'es vanté de savoir où étaient cachées les reliques de la mort.
– Quoi ?
Les autres étaient outrés. Albus s'offusqua.
– Mais tu vas aller jusqu'où là ? T'as pas compris que tout ça est top secret !
– Arrête Albus, tempéra Molly. Devrais-je te rappeler les bêtises que faisait James quand il avait son âge ? Tu vois bien qu'il fait ça pour avoir des amis. Hugo, il faut que tu comprennes que les gens t'apprécieront pour ce que tu es. Pas parce que tu vantes les mérites de tes parents. Regarde ma sœur ou Fred ou Roxanne. Tout le monde les adore, pourtant leurs parents ne sont pas aussi célèbres que ceux de Lily ou les tiens.
– Pourquoi t'es pas venu me voir ? On est dans la même classe ! Tu traines toujours avec des élèves des autres maisons en cours, comme si tu nous snobais. Je croyais que tu…
– Je n'ai pas besoin de toi, Lily. Tu es pire que moi. Et je te déteste. Je vous déteste tous.
Hugo partit en courant vers le château. Tous étaient si abasourdis qu'aucun d'entre eux ne vit l'intensité émeraude qui fixait le dos de Hugo. Son petit cousin venait d'ouvrir une porte dans l'esprit complexe d'Albus. Une porte merveilleuse qu'il n'allait pas refermer de si tôt.
Rose, de son côté, était de plus en plus confuse. Elle quitta le groupe à son tour, sans un et Lucy partirent à leur tour, séparément, comme si chaque journée les éloignait davantage l'une de l'autre. Les garçons restèrent seuls avec Lily au pied de l'arbre jusqu'à ce que Roxanne les rejoigne.
– C'est quoi ce bordel, Fred ! Je suis venue te voir au recrutement et après je vous ai plus vu ! Et là je vois Hugo passer, il me hurle dessus, puis Rose qui ne m'adresse pas la parole puis Molly, puis Lucy qui me dit que vous êtes tous là ! Sympa la réunion familiale ! Et moi, je suis quoi ? Un gnome qui fait joli dans le jardin ? Oh je te parle Fred !
James, Lily, Albus et Louis se levèrent en souriant.
– Fred, on va te laisser expliquer tout ça à Roxanne, on t'attend dans la Grande Salle.
Sur le chemin, Louis dut s'occuper de deux élèves de première année de Serdaigle qui s'étaient fait enfermé dans une des armures. Lily se retrouva donc seule avec ses frères.
– J'suis désolée les gars…
– C'est pas grave Lil'. T'as bien fait de ne pas laisser Hugo finir. Maintenant un conseil, tiens-toi à carreaux. Sérieusement petite sœur. Glacey t'a à l'œil et les parents vont te tomber dessus si tu continues comme ça.
Albus laissait son frère parler. Il n'avait pas besoin d'intervenir. Jalil passait son temps à se plaindre des conseils et des remontrances de son frère aîné, Malek Lespare, Préfet-en-chef et Albus ne pouvait qu'espérer que James continue de faire la morale à Lily. Premièrement, il n'avait pas à le faire, ce qui lui convenait parfaitement et deuxièmement... Elle ne tarderait pas à le trouver énervant et, avec un peu de chance, elle finirait vite par le trouver insupportable. James n'avait son pareil pour agacer les gens avec son air paternaliste et ses sourcils constamment froncés qui lui donnaient un air compréhensif et compatissant, certes, mais surtout soucieux et énervant.
– Lily, Hugo n'a vraiment aucun ami à Griffondor ?
– Pas plus que dans les autres maisons. Il est odieux. Il a tellement changé. Il était adorable jusqu'à la première soirée à Poudlard. Moi dans mon dortoir y a des filles à qui je ne parle pas trop mais y en a de sympas. Eux ils sont que quatre dans leur dortoir et Lorcan m'a dit…
– Le fameux Lorcan, coupa James.
– Ouais ben c'est mon meilleur ami depuis toujours. Et vu que Luna et son mari étaient à Serdaigle et que Lysandre aussi, je pense qu'Hugo espérait que Lorcan ne soit pas à Gryffondor. Il ne nous déteste pas, bien au contraire. Mais il a toujours été tellement étouffé par la famille qu'il pensait qu'on allait toujours trainer ensemble, la bande de cousins. Il te vénère James, et il adore aussi Albus et Roxanne. Il pensait qu'on allait trainer tout le temps ensemble lui et moi et qu'on vous retrouverait après les cours. Moi de mon côté, dès que je suis arrivée dans le dortoir j'ai un peu paniqué. Mais le lendemain, Lorcan m'a rejoint dans la salle commune. Colin est arrivé, puis Sébastian. Ils avaient fait connaissance dans le dortoir et ils sont vraiment cool ces mecs. Je les adore. Mais Hugo ne leur parle pas depuis la première nuit où Lorcan lui a dit qu'il ne devrait pas parler des reliques de la mort et de tout ça. Je pense que Colin aurait bien aimé en entendre plus. Sébastian s'en fiche pas mal, il est fils de moldu et n'avait aucune idée de qui pouvait être Voldemort.
Elle marqua une pause, essoufflée par son récit.
– Je ne peux quand même pas m'en vouloir de passer de bons moments avec Lorcan et nos nouveaux amis. Aussi bien dans deux jours on trainera plus avec Colin et Seb, on verra. Mais pour l'instant on s'entend super bien.
Elle sourit, ses amis venaient d'arriver devant la grande salle.
– J'y vais, bon app' les frangins.
James et Albus la regardèrent un moment. James se gratta le front, pensif.
– Quand même, tu ne trouves pas qu'elle traine un peu trop avec des mecs ? Et puis, Lorcan par ci, Lorcan par là. On le saura qu'elle l'aime bien. Si tu veux mon avis on devrait la surveiller.
– Si tu veux le mien, elle sait très bien se débrouiller toute seule.
– Riddikulus…
Ils furent pris dans un fou rire. James était plus qu'heureux de ce moment de complicité avec son frère.
– Ben alors les Potter ! On prépare un mauvais coup ?
– Oh ta gueule Scretin, répondirent James et Albus en même temps.
Jalil qui passait près d'eux éclata de rire à son tour. Albus le suivit jusqu'à leur table mais s'arrêta à celle des Gryffondor. Il fit un petit sourire à son frère qui se rapprochait de Mael.
– Finalement on n'est pas si différents.
– Tu oublies que je suis beaucoup plus beau que toi !
Albus pouffa et regagna sa table. Il repensait à ce que lui avait dit son père, deux ans auparavant. Peu importe ta maison, c'est ton comportement et tes choix qui font ce que tu es. Et pour le moment, tout se passait exactement comme Albus l'avait prévu.
Ni James, ni Albus ne virent Hugo de la journée. Celui-ci s'était caché dans un coin du parc pour pleurer à l'abri des regards. Albus, qui avait passé sa première année scolaire à se cacher des autres élèves aurait pu chercher Hugo, il aurait pu l'aider car il était le mieux placé pour le comprendre. Son isolement lui avait fait connaître les moindres recoins du parc mais il passait près de Hugo sans le voir. Comme le tout Poudlard. Et Hugo demeurait seul.
ooOOoo
Rose était soucieuse. Après le repas, elle était sortie réviser avec sa meilleure amie près du terrain de quidditch où le capitaine de Poufsouffle venait de finir son recrutement. Les joueurs de Gryffondor venaient de les rejoindre pour voler un peu et improviser un match amical. Mais rien n'avait le pouvoir de lui changer les idées. Rien ni personne. Agressive, froide, parfois même hautaine, elle repoussait les gens et il ne restait plus grand monde pour encore oser lui adresser la parole. Sauf Natasha.
– C'est quand les sélections de Serdaigle ? s'intéressa Rose.
Rose mesurait sa chance. Hugo avait beau donner l'impression qu'il souffrait moins qu'elle de la situation, il était seul, alors qu'elle pouvait compter sur sa meilleure amie. Natasha ne l'abondonnait jamais, même pas lorsque Rose haussait le ton. C'était un roc dans sa vie.
– Demain matin. Isidore est venu me prévenir ce matin. Il vole vraiment bien ton cousin.
Natasha avait les yeux rivés sur les anneaux de quidditch, le regard vif, le corps tendu par l'enthousiasme. Sa passion dépassait l'entendement, du moins aux yeux de Rose.
– Fred ? Oui peut-être, il ne parle que de ça en tout cas.
– Non je parlais de James.
Celui-ci enchaînait les buts et prenait un plaisir fou à réaliser de folles acrobaties. Rose enrageait. Elle savait au fond d'elle que James et les autres avaient raison mais ne pouvait s'empêcher de penser à la détresse de son frère. Lui qui avait toujours adulé ses cousins et cousines et qui après quelques jours se retrouvait en froid avec toute la famille. Natasha lui remit doucement une mèche derrière son oreille.
– Rose... Tu ne veux toujours pas me dire ce qui s'est passé ? Pourquoi la sœur d'Albus a attaqué Hugo ?
– Parce qu'il… Parce qu'il… Il a dit devant tout le monde des choses qui… des choses que nos parents nous ont confiées mais dont on ne doit parler à personne.
– A propos de quoi ?
– A propos de tu-sais-qui et de comment il est mort. Je croyais que seuls Lily, Albus, James, Hugo et moi étions au courant. Mais a priori James a tout raconté à ses petits copains Fred et Louis. Ma cousine Lucy est aussi au courant. Et Roxanne et maintenant Molly… Bref, tout le monde le sait.
– C'est vraiment confidentiel ?
– Oui.
– Mais enfin que ce soit Fred ou ta cousine Lucy, ça reste dans la famille. Même si James ou Albus en ont parlé ça devait être à leurs proches amis. Hugo aussi, non ?
– Non. Il a dit ça justement pour se faire des amis, pour faire l'intéressant.
Rose paraissait tellement triste que Natasha n'insista pas. Surprise, elle vit James atterrir près d'elles.
– Salut mes petites rates de bibliothèque préférées.
James n'avait pas mis longtemps avant de reprendre ses bonnes vieilles habitudes. Depuis l'arrivée des filles à Poudlard elles étaient devenues les cibles privilégiées de ses petites piques verbales. Il les taquinait sur leur sérieux et leurs visites fréquentes à la bibliothèque mais jamais il n'avait attaqué les filles autrement que par des paroles. Quoi qu'il dise, il aimait énormément Rose. Petits, ils s'étaient vus régulièrement car leurs parents étaient très proches. Ils avaient pratiquement été élevés ensemble et James avait toujours apprécié sa cousine bien qu'elle fasse beaucoup moins de bêtises que lui. Le fait que Rose ait choisi Natasha Kandinsky comme meilleure amie avait eu son importance. La sœur de Natasha, Irina, était dans la même classe que James mais à Serdaigle et elle se sentait en constante compétition avec lui. Il avait alors commencé avec beaucoup d'amusement à leur lancer des petites piques mais au lieu de s'en fatiguer il avait alors été surpris de rencontrer une véritable rivale de joutes verbales. Natasha lui répondait toujours avec piquant et intelligence et lui renvoyait sans cesse des regards faussement méprisants. Aux yeux de toute l'école James et Natasha se détestaient. Mais au fond de lui, James était très admiratif et reconnaissant envers la jeune fille. Elle le stimulait et il prenait beaucoup de plaisir à la défier. La jeune fille était spontanée, franche et ne se laissait pas marcher sur les pieds. Et James adorait ça.
– Dégage Potter.
James écarquilla les yeux. Il avait l'habitude d'entendre Natasha lui répondre ça, mais là c'était Rose qui avait prononcé ces mots.
– Rose ! Je pensais que...
– Je vais répéter en soulignant chaque syllabe : Dégage Potter !
James s'éloigna la mine triste. Avant de retourner sur le terrain il échangea un regard avec Natasha. Celle-ci le regarda tristement et avec douceur. Il fut surpris de cet égard. Il lui fit un bref signe de la tête avant de retourner auprès de ses amis.
– Ça va ?
Albus se tenait avec les amis de James et vit que son frère était soucieux.
– Ouais t'inquiète. Qu'est-ce que tu fais là mon petit serpent au sang vert ?
– Très drôle, soupira Albus. Les sélections de quidditch de Serpentard vont commencer.
– Tu vas te présenter ?
– Ça t'étonne ? Non, je n'avais pas spécialement envie de le faire mais Scretin insiste. Et tu sais bien que…
– Que tu es obligé de lui obéir. Oui je sais. Franchement Albus, tu vaux cent fois mieux que lui et tu es beaucoup plus doué ! Cet abruti est une bille ! Plains-toi à ta directrice de maison si tu ne veux pas l'affronter directement !
– Que je me plaigne à Slopa ? Moins je la vois, mieux je me porte.
– Je ne sais pas ce que tu fous avec ces types !
– Je n'ai pas choisi.
– Je sais fréro mais ça m'emmerde que tu ne puisses pas faire un pas sans le consentement de cette brute de Scretin ou Nott ou quelconque autre disciple des Zigaro.
– C'est le jeu à Serpentard. Je te l'ai répété cent fois. Il y a une bande qui mène le jeu. Soit on les vénère, soit on s'écrase. Ils dictent le jeu, c'est comme ça. Et nous, avec mes amis, on préfère faire semblant d'être avec eux plutôt que se retrouver dix jours à l'infirmerie.
Il en était de même depuis de nombreuses années, mais James et ses amis ne s'en étaient vraiment rendu compte que deux ans auparavant, à la rentrée d'Albus. Celui-ci ainsi que certains de ses camarades s'étaient vus obligés d'obéir à Tom Zigaro, élève de septième année et préfet de Serpentard. Lui et son frère aîné Elvis dirigeaient une bande d'adeptes de magie noire. Ils avaient mis au point une caste, une hiérarchie, des règles et des missions que les nouveaux élèves devaient réaliser afin de prouver leur allégeance. S'ils n'obéissaient pas, ils se faisaient torturer par leurs aînés. Du moins c'était ce que croyait le plus âgé des frères Potter. Ça et ce que voulait lui laisser croire Albus.
– T'as vu ce qui est arrivé à John Rowling ? reprit Albus.
– Non, c'est qui ?
– Un élève en première année à Serpentard. Il a refusé de faire quelque chose que lui avait demandé Screta. Depuis il bafouille à l'infirmerie. Personne ne sait ce qu'il s'est passé. Personne, sauf les Serpentard. Et bien évidemment si ça se sait, qui on va accuser ?
– Les exceptions.
Albus était parvenu à faire croire à son frère que tout ce qu'il faisait de mal lui était imposé et qu'il suivait les règles que l'on lui dictait pour protéger sa bande d'amis, sous peine que les frères Zigaro et leurs plus fiers disciples colportent de fausses rumeurs sur la bande des exceptions.
– Voilà. Donc il veut « recruter la célébrité » pour l'équipe de quidditch, je suis là. J'obéis.
– Quelle brute débile, ce type. Après Poudlard je le retrouverai et je lui ferai payer ce qu'il te fait subir.
– Laisse tomber, il n'en vaut pas la peine. Et après Poudlard on aura des choses bien plus importantes à faire.
– Comme ?
– Surveiller Lily, suivre nos études, tout ça quoi !
– T'as bien raison, répondit son frère en riant. Au fait… Tu veux mon balai ? Je sais qu'il n'est pas top mais il sera toujours mieux que ceux de l'école et puis… Si t'es pris de toute manière les parents t'en enverrons un je pense. Et en attendant pour les premiers entraînements tu pourras toujours prendre le mien.
Albus scruta son frère un long moment, ne laissant transparaitre aucune de ses émotions. Il était sérieux. Il était à la fois profondément agacé de la mièvrerie de son frère et sincèrement touché par sa générosité. En face de lui, pourtant, James évitait son regard, timide et chaleureux à la fois. Une bourrade de Screta le déséquilibra mais James se retint de tomber la tête la première dans l'herbe humide.
– File-lui ça et dégage d'ici, Potter.
James jeta un regard intense à son frère et lui tendit son balai. Albus n'hésita pas une seule seconde. Il lui fallait cette place dans l'équipe. Coûte que coûte. Et le balai de son frère serait plus stable et plus rapide que ceux que proposaient Poudlard. Et lorsqu'il regarda James retenir Fred et Mael de se jeter sur Screta, Albus songea qu'il ne l'avait même pas remercié.
Rose et Natasha étaient toujours assises près du terrain. Rose ne quittait pas le terrain des yeux et ressassait encore et toujours les mêmes pensées. Elle scrutait ses cousins et ne pouvait réprimer un certain bonheur de les voir à nouveau proches l'un et l'autre. Mais cela ne faisait certainement pas avancer son devoir de Potions.
– Je n'arrive pas à me concentrer. Je rentre, tu viens ?
– Non je vais rester voir les sélections de Serpentard. Pour demain, tu comprends. Je te rejoins après. A tout ma belle.
– A plus Nat'.
Natasha attendit quelques minutes puis vit que James jetait de fréquents coups d'œil vers elle. Elle se leva et s'approcha de lui.
– Eh Potter ! Potter !
Il faisait semblant de ne pas l'avoir vue arriver. Typique, se dit-elle. Elle commençait à bien le connaître après deux ans de rivalité amicale.
– James !
Il se retourna en souriant.
– Oui, Kandinsky ?
– Natasha.
– Tu voulais me dire quelque chose, Natasha ? Je te préviens tout de suite, je ne suis pas célibataire…
– Dans tes rêves Potter ! Crois bien que je plains sincèrement celle qui doit supporter plus que de raison le plus crétin des potirons...
– James. Bon alors tu voulais me dire quelque chose ?
Natasha le détailla juste avant de lui répondre. Il avait beaucoup changé. Grandi, mûri. Allait-il désormais arrêter de les taquiner pour faire des choses… de son âge ? Elle ne pouvait retenir une certaine déception. Ses moqueries lui manqueraient.
– Oui. A propos de Rose. Il ne faut pas que tu lui en veuilles, elle …
– Elle t'a tout raconté ?
– Elle m'a expliqué que Hugo avait dit des choses importantes que vos parents souhaitent garder secrets. Je comprends que ça soit… Enfin je veux dire il n'a que onze ans. Et certains peuvent faire des conneries à cet âge. Il me semble que t'es bien placé pour le savoir.
– Elle t'a raconté en détails toute l'histoire ?
– Non James. C'est une histoire de famille et ça ne me regarde pas. Je ne veux pas en savoir plus de mon côté.
– C'est tout à ton honneur. Même si je crois que Rose pourrait t'en parler. T'es digne de confiance et tu es sa meilleure amie. En tout cas, ce que Hugo a fait n'est pas une simple bêtise. Qu'importe son âge, s'il y a une seule chose dont on ne doit jamais parler c'est bien ça. Mais… Je ne comprends pas la réaction de Rose. Elle protège son frère c'est normal, je l'aime beaucoup aussi Hugo, c'est un chouette gars. Mais je pense qu'on devrait être plus soudés tous. Je ne veux pas mettre Rose et Hugo de côté. C'est eux qui s'y mettent tout seul.
– Et c'est à toi, à vous, de les ramener vers vous. Après tout c'est ta sœur qui s'est engueulé avec son frère. Je comprends bien la réaction de Lily, bien sûr, mais comprends Rose. Lily passe pour la gentille et Hugo pour le méchant.
– C'est plus compliqué que ça malheureusement.
– Je comprends, mentit Natasha. Bon je te laisse, merci de m'avoir écoutée.
– Merci à toi Natasha. Sincèrement. Je te fais confiance, prends soin de Rose. Et je vais essayer d'arranger les choses de mon côté aussi, promis.
Elle lui sourit et il répondit franchement à son sourire. Elle allait partir mais il la retint.
– Tu restes voir les sélections de Serpentard ? Tu passeras les sélections de Serdaigle ?
– Oui et oui. C'est demain et j'espère bien faire partie de l'équipe. L'an dernier c'était cool d'être remplaçante mais je préférerai être dans l'équipe.
– Je ne me fais pas de souci pour toi, tu voles très bien. T'as beaucoup de talent, tu sais. En cours, au quidditch…
– Wahou ! Mais qui êtes-vous et qu'avez-vous fait à James Potter ?
Il lui sourit timidement. Cette conversation le surprenait autant qu'elle l'enchantait et il comprit pourquoi. C'était la première fois que tous deux se parlaient sans la présende de Rose ou d'Irina
– Ton frère t'a emprunté ton balai ? Il passe les sélections ?
– Oui.
– Je ne savais pas. A quel poste ?
– Aucune idée… Ça dépendra de Scretin.
Natasha sourit en entendant le jeu de mot de James mais vit que James était tendu.
– C'est vrai alors ? Que Screta, Nott et leur bande font leur loi ?
– Ouais. Ça me dégoûte. Ils décident tout pour tout le monde. Genre là ils veulent que la célébrité d'Albus serve à l'équipe. Pauvre Albus. Le pire c'est que je ne peux rien faire, Albus s'y oppose. Bon, en même temps, je saurais pas trop quoi faire mais... Natasha, ce que je te dis il ne faut le répéter à personne !
– Ne t'inquiète pas, j'aime bien Albus et sa bande.
– Les exceptions, comme on les appelle. Ils forment une joyeuse troupe.
– Oui ils sont sympas.
– Du coup si Nott et Screta décident qu'Albus doit jouer au quidditch, boire du sang de dragon ou se jeter par la fenêtre…
– Du sang de dragon ?
– C'est une vieille histoire. Ils ont obligé Albus, Jalil Lespare et d'autres à prouver leur appartenance à Serpentard en buvant du sang de dragon. Ils ont été malades toute une nuit. Ils avaient onze ans.
James était furieux.
– Et puis c'est qu'un détail. Y a plein de trucs dans ce style. Je déteste cette idée de faire leurs preuves tout le temps ! Ils ont été admis à Poudlard, ils vont en cours, ils sont comme tous les autres élèves, ils n'ont pas à passer tout une batterie de tests !
– Je ne savais pas que c'était à ce point !
– Moi non plus. J'ai appris au fur et à mesure et c'est pire que tout de ne pouvoir rien faire. Je n'arrivais pas à dormir un soir et en passant devant la chambre d'Albus je l'ai entendu, il faisait un cauchemar. Il s'est confié à moi le lendemain. Depuis, on s'est… rapproché. Bref…
– Je te promets que ça restera entre nous.
– Merci. Tu veux rester avec mes potes et moi pour regarder les sélections ?
– Non, je vais aller un peu plus loin. Faudrait pas qu'on nous voit trop ensemble. On a une réputation à tenir.
James sourit et la regarda partir. Il était surpris de cette discussion. Surpris et heureux. Il rejoignit ses amis. Nott appelait maintenant les joueurs. La sélection allait commencer.
– Bonne chance fréro. Et prend soin de mon balai !
Albus rejoignit le terrain avec Jalil. Bob Screta et Théo Nott faisaient face aux élèves qui postulaient. Screta prit la parole.
– Bonjour à tous. Cette année Serpentard va gagner la coupe de quidditch. On va apprendre à tous ces sorciers amateurs qui sont les gagnants. Qu'ils retournent jouer à leurs sports de moldus. Cette année l'équipe aura un capitaine, Nott et un entraîneur, moi. Les sélections peuvent commencer.
L'entraînement fut vraiment différent de ceux des autres maisons. Nott et Screta demandaient aux élèves d'être brutaux et très à la limite de briser certaines règles. Certains élèves trop maigres ou trop petits furent mis de côté alors qu'ils volaient assez bien. A côté de ça, les frères de Théo, étaient deux brutes sans talent qui passèrent l'entrainement à martyriser les autres élèves.
Austin Vaisey étant très proche du capitaine, il garda son poste d'attrapeur. Théo Nott ne permit à aucun élève de postuler comme gardien car c'était son poste et qu'il effrayait tellement les joueurs qu'il réussissait souvent à arrêter les buts, non par talent mais par sa brutalité.
Après avoir décrété que Sandro et Diego Nott prendraient deux postes de poursuiveurs, sans passer d'essais, Théo désigna un jeune homme qui se tenait à l'écart. Celui-ci se leva, enfourcha son balai en silence et passa ses essais avec succès. Il volait merveilleusement bien mais ne témoignait pas de beaucoup d'esprit d'équipe. Dès qu'il récupérait le souaffle, il filait vers les buts et faisait de telles acrobaties qu'il marquait à chaque fois. James et ses amis, assis un peu plus loin ne voyaient pas qui il était. Ce n'est qu'au moment où Screta annonça les trois poursuiveurs retenus que James ne put retenir un cri de surprise.
– Les trois poursuiveurs de l'équipe seront donc : Diego et Sandro Nott et Scorpius Malefoy !
ooOOoo
– Impressionnant !
– Bah on est bien meilleur que lui Maël !
– Ouais toi et James peut-être mais reconnaît qu'il vole super bien !
Fred grommela quelque chose que James n'entendit pas. C'était au tour des batteurs. James et ses amis étaient si loin qu'il ne voyait pas son frère. Il ne savait pas si celui-ci s'était présenté au poste de poursuiveur, d'attrapeur ou de batteur.
Sur le terrain, Albus et Jalil s'avancèrent pour passer leurs essais. Nott toisa Jalil qu'il n'avait pas invité.
– Dégage Lespare !
– Laisse-le passer les essais. Après tout son frère est un excellent joueur.
– Ce n'est pas à toi de décider Potter !
– Il a peut-être pas tort, rétorqua Vaisey. Malek Lespare est vraiment très bon. Laissons-le passer les essais on verra bien.
– Il n y 'a qu'une place à prendre, rappela Théo Nott. Pucey reste à son poste.
– Il fonce sur les joueurs mais ne touche pas un cognard. Ce n'est pas au quidditch qu'il doit jouer mais au catch ! On dirait que tu ne veux pas gagner ?
– Vaisey on ne te demande pas ton avis. Bon les poursuiveurs vont s'envoler et les batteurs, vous devez les faire tomber de leurs balais. Aller on commence.
Avant de décoller, Jalil s'approcha d'Albus et lui murmura en riant :
– Les faire tomber de leur balai, ça motive !
Lorsqu'Albus décolla, il repensa aux mots qu'employaient toujours ses parents en parlant de leurs sensations de vol. L'insouciance, la vitesse, l'adrénaline. Mais lui ne ressentait pas ça. Lui avait froid et contrairement à la sensation de l'eau gelée tout autour de lui qui l'angoissait autant qu'elle lui plaisait, le vent qui mordait sa chair l'irritait. Il n'aimait ni la sensation du bois du balai de James ni la batte qui pesait lourd. Il ferma les yeux, hâtif de voir l'entrainement prendre fin. Il serait pris. Il était un Potter. Alors autant ne pas s'éterniser.
Il se rendit compte trop tard qu'il avait foncé sur un des jumeaux Nott qu'il avait fait tomber de son balai. Il vit un peu plus loin Jalil voler après un cognard qu'il envoya sur l'autre jumeau qui connut le même sort. Jalil avait beau voler de tout son saoul derrière les cognards, c'était Albus que l'on regardait. Lui n'avait pas eu besoin d'une batte ou d'un cognard pour faire tomber son adversaire.
A leur atterrissage, les applaudissements fusaient.
Nott s'approcha de Jalil pour lui demander quelque chose puis prit la parole :
– Les batteurs de l'équipe de Serpentard sont Dalij Lespare et Albus Potter !
Après avoir écouté les derniers mots de Screta et Nott, Albus et Jalil quittèrent le terrain. De son côté James ne savait que dire. Il n'avait pas reconnu son frère sur son balai mais avait été scotché par la fougue d'un des joueurs dont la puissance et la vitesse allaient faire des ravages. Bizarrement, alors qu'ils étaient adversaires, James espérait de tout son cœur qu'Albus soit ce joueur.
– Bien joué Albus !
– Merci Fred.
– Et bravo Jalil ou Dalij ou…
Fred éclata de rire. Jalil fut également pris d'un fou rire en s'asseyant près de Fred.
– Quel naze ce Nott ! Me demander mon nom juste avant de l'annoncer, c'est quand même fou !
– Bravo Albus.
– Merci James.
– Je suis super heureux que tu aies été pris !
– Merci. Tu pourras me prêter ton balai les premières semaines ? J'attendrai d'aller à Pré-au-Lard pour m'en acheter un.
– Pas de souci. Mais… tu ne veux pas demander aux parents ?
– Ben toi ils n'ont pas voulu t'en acheter un sous prétexte que tu avais trop de retenues et tu t'es entraîné avec un balai de l'école pendant des mois en économisant ton argent avant de demander à Teddy de t'amener acheter ton balai.
– Toi ce n'est pas pareil, déjà t'es plus sérieux à l'école et puis…
– Ne me ressors pas cette histoire de chouchou.
– Mais c'est la vérité, Al, ce n'est pas grave, moi je m'en fous, mais je trouve que tu devrais en profiter pour qu'ils t'offrent un Eclair de Feu ! Ou un Galactica ! Ils déchirent ceux-là, regarde Vaisey qui vole comme un plouc, avec ce balai il déchire, il a failli à chaque fois prendre le vif à la place d'Olivia.
– Mais à chaque fois ça loupe. Le balai ne fait pas tout. J'ai pris beaucoup de plaisir à voler avec ton Nimbus « nouvelle génération », je pense m'acheter le même.
– Ils en ont sorti une nouvelle version cet été.
– Je prendrai la même version que toi. Il sera moins cher que le nouveau et comme ça tu n'auras pas d'excuse quand je te ferai tomber de ton balai au prochain match !
– C'est vrai qu'on va jouer l'un contre l'autre ! C'est génial ça !
Jalil et Albus furent rejoints par leurs amis, puis Alice et Yelena vinrent également s'asseoir avec eux et ils passèrent une superbe après-midi ensemble. James avait eu un moment de flottement quand Natasha les avait rejoints. Elle était venue féliciter Albus et Jalil et Sally-Ann lui avait proposé de rester. Elle avait accepté et était restée un moment avec eux à rire aux blagues de Fred et à participer aux moqueries sur les frères Nott. Pendant sa présence, James se mit beaucoup en avant et essaya de la faire rire. Il attendait à chacune de ses phrases le sourire lumineux que lui renvoyait Natasha. Lorsqu'elle les quitta pour rejoindre Rose, il resta silencieux un moment. Alice se pencha vers lui.
– Qu'est-ce qui t'arrive ? T'es amoureux ?
– T'es folle ! Pas du tout ! Elle est sympa c'est tout. Je pensais juste à ce qu'elle m'a dit tout à l'heure à propos de ma cousine.
– Vous vous parlez donc maintenant ? ajouta-t-elle amusée.
James ne répondit pas et réfléchit un moment, se remémorant la plupart des conversations qu'il avait eu avec la jeune fille. La première année ils n'avaient pas été très proches mais dès la seconde année de Natasha, James s'était rendu compte qu'elle était beaucoup plus mature que ses amies et même que certaines filles de la classe de James. Elle était brillante et ne manquait pas de qualités qui étaient précieuses aux yeux de James. Et il ne pouvait que reconnaître que Natasha était ravissante. Ses cheveux volontairement décoiffés tombaient à la perfection, son visage et son corps étaient fins mais les entraînements intensifs de quidditch l'avaient sculptée harmonieusement et ses yeux vert bouteille, si foncés qu'ils en paraissaient parfois sombres, avaient toujours subjugué James. Il ne pouvait nier que Natasha ne le laissait pas indifférent. Mais elle avait quand même deux ans de moins que lui et elle le détestait, il en était sûr.
Il reporta son attention sur Albus qui rayonnait au milieu de ses amis et eut une révélation. En se rendant tous à la Grande Salle un peu plus tard, James prit son frère à part.
– Il est temps que je te montre que je suis fier de toi, fréro. Rejoins-moi au septième étage devant la tapisserie de Barnabas le Follet après le repas. En revanche je veux que tu sois seul. Ok ?
– Ok James. A tout.
En entrant dans la salle, Albus vit que tous les regards se tournaient vers son frère et lui. Il vit également Lily qui mangeait seule au bout de la table des Gryffondor. Il fit un pas vers elle mais elle lui fit signe de ne pas approcher et réitéra son geste lorsque James tenta de s'approcher également. Les deux frères échangèrent un regard soucieux.
– T'étais où ? demanda Fred lorsque James s'assit près de lui.
– Je parlais avec Albus. Pourquoi Lily est-elle toute seule et pourquoi tout le monde la montre du doigt ? Vas-y Louis dit moi la vérité !
– La rumeur s'est répandu, répondit Louis d'une voix hésitante. Glacey nous a fait venir dans son bureau Rita et moi. Les élèves se souviennent désormais que Lily a agressé Hugo, comme ça, pour rien en fait. Puisqu'ils ont « oublié » ce que leur a dit Hugo.
– Et Hugo dans tout ça ? Il est traité comment ?
– Comme une nouille qui ne sais pas se défendre contre une fille et …
– Quoi ?
– Ben j'ai entendu le mot cracmol plusieurs fois. Les gens l'ont bien vu se jeter sur ta sœur et non pas sortir sa baguette.
– C'est logique que ce ne soit pas un réflexe pour un sorcier de onze ans !
– Tu sais comment sont la plupart des élèves, il faut qu'ils colportent des rumeurs.
– Et les potes de Lily ils sont où ?
– A l'infirmerie. Tu sais qu'ils ont une semaine de retenue, celle d'hier a mal tourné et seule Lily en est sortie sans séquelle.
– C'était quoi leur retenue ?
– Hagrid leur a demandé de nourrir des animaux. Dont deux salamandres.
– Quoi ? Mais il est fou ! Quand ton père va savoir ça James…
Mais James ne répondit pas, il était bien trop occupé à écouter Rose parler de Lily. Il entendait à peine des bribes de conversations « Oui elle a toujours aimé ça… C'est son côté obscur… Oh non je crois bien que James aussi… » Elle s'arrêta et s'empourpra lorsqu'elle surprit son regard. Elle se leva et se dirigea vers la sortie. James se leva à son tour et la suivit.
– Rose !
Natasha se retourna et essaya de retenir James. Elle ne l'avait jamais vu violent envers un membre de sa famille mais elle savait qu'il était très doué en défense contre les forces du mal et qu'il connaissait bon nombre de sortilèges.
– Laisse-moi passer Kandinsky ! Rose, viens par-là ! Comment oses-tu ? C'est dégueulasse ce que tu fais ! Tu es d'une mauvaise foi…
– Je joue seulement le jeu, James. Lily passe déjà pour une méchante alors…
James se paralysa d'horreur. Comment celle qu'il avait toujours aimée comme sa propre sœur pouvat-elle justement parler ainsi de Lily ? Mais Rose continuait et la violence de ses mots venait frapper James, là où il le fallait. Plus que quiconque Rose savait comment blesser James et lorsqu'il la vit brandir sa baguette, James dégaina la sienne sans conviction, le cœur lourd de remords. Là où ils étaient personne en dehors de Natasha ne pouvait les voir. La jeune fille essaya de s'interposer comme elle le pouvait mais tous deux la tenaient en respect.
– Reste en dehors de ça Kandinsky ! Rose baisse ta baguette, je…
– Tu quoi ? Tu vas me jeter un sort ? Je te ferai remarquer que je suis bien meilleure que toi en cours, toi tu passes ton temps à…
– Arrête... Je t'en prie, ne fais pas ça, on est...
– Stupefix ! cria Rose
James fut projeté en arrière, mais le sort ne lui fit pas plus d'effet que ça. Quelques élèves qui passaient par là les observaient, désormais effrayés. Albus, Fred, Louis et Maël arrivèrent. En voyant son frère se relever Albus tira sa baguette.
– Range ta baguette Albus ! C'est notre cousine, notre Rosie... Ahh !
Son épaule cogna fortement le mur mais James se redressa prestement, jetant contre-sort sur contre-sort tout en essayant de calmer sa cousine. Ignorant les cris de sa meilleure amie et de ses cousins, Rose lui jetait sort sur sort et James les esquivait avec une facilité déconcertante.
– Potter, Weasley ! cria le professeur Glacey. Dans mon bureau ! Tout de suite.
– James n'a rien fait, professeur, c'est Rose qui l'a attaqué !, s'interposa Fred.
– Y a-t-il eu un témoin qui puisse le confirmer, M. Weasley ?
– Natasha était là, elle a vu James me jeter le premier sort ! mentit Rose.
– Rose…
– Taisez-vous Potter. Miss Kandinsky ?
– Ils se sont disputé tous les deux. Mais c'est Rose qui a tenté de lui jeter un sort. Pas James.
– Très bien. Cinquante points en moins pour Serdaigle et vous aurez une retenue miss Weasley. Vingt points de moins pour Gryffondor également. Miss Weasley, suivez-moi. »
Rose regarda furieusement Natasha et suivit le professeur Glacey. Natasha ne quittait pas James des yeux. Même si elle s'en voulait d'avoir accablé sa meilleure amie elle n'aurait pas pu accuser James. Il aurait pu arrêter Rose, lui faire mal, la provoquer mais il n'avait fait qu'éviter brillamment ses sorts.
« Décidément, tu n'est peut-être pas si bête que ça, murmura-t-elle en plongeant ses yeux sombres dans ceux de James. Mais je croyais que tu voulais arranger les choses avec Rose et Hugo... Visiblement, je me suis trompée, ajouta-t-elle avec déception.
James partit très énervé avec Albus au septième étage. Sur le chemin, les deux frères ne parlaient que du sort qu'avait envoyé Rose.
– Vingt points en moins pour avoir dévié des sorts de stupefixion ! Mais il aurait voulu quoi ? que je la laisse me toucher ?
– Heureusement qu'elle ne le maitrise pas ! Tu te rends compte ? Essayer de te stupéfixer ! Hermione va être folle quand elle va l'apprendre…
– Oui je crois bien. Mais, en même temps…
– Ouais tu t'en es rendu compte toi aussi ? Pas de courrier du week-end.
– Pas de courrier de toute la semaine tu veux dire ! Nous on s'en fiche, mais je ne sais pas ce que nos parents foutent alors que Lily vient d'arriver ! Au moins la féliciter pour sa répartition. On y a eu droit tous les deux !
– Ou la punir pour ce qu'elle a fait à Hugo.
– Ce n'était pas de sa faute !
– Oh arrête de toujours nous défendre ! James, même si on comprend son geste, elle a provoqué son propre cousin en duel, à onze ans, alors qu'elle était à Poudlard depuis moins d'une semaine ! Les parents doivent être fous de rage ! Je me rappelle bien de ta première année ici, quand Lily et moi on attendait papa à la maison et que chaque jour il demandait à maman, « alors on a reçu combien de lettres de Poudlard, aujourd'hui ? ». A chaque nouvelle lettre, papa nous faisait la morale, disant qu'il ne fallait pas qu'on fasse pareil que toi. Et Lily m'a bien dit que quand je suis rentré, ils recevaient moins de lettres pour toi mais ils en recevaient aussi pour moi. Ils espéraient tout ce temps que Lily soit plus calme que nous. Et là au bout d'une semaine, un truc aussi grave ! Et si, comme nous l'a dit Glacey les parents et Ron et Hermione ont reçu une lettre leur expliquant ce qu'il s'est réellement passé, ils doivent être furieux ! Pourtant Hugo n'a rien reçu.
– On n'en sait rien. J'ai bien essayé de lui parler mais il...
– Tu as vu Coquecigrue dans la salle, toi ? ou Fracaso ?
– Qui ?
– Le hibou de Hugo. Cadeau de ses parents pour sa rentrée. Il n'a pas arrêté d'en parler de l'été… Fracaso veut dire « échecs » en espagnol… Bref, aucune lettre…
Albus et James se regardèrent un moment en silence.
– On a vraiment tous trouvé des noms pourris pour nos animaux…
– Patmol c'est sympa.
– Oui… Enfin, papa me le reproche tout le temps. Il aurait dû m'appeler autrement, à chaque fois que je fais une connerie il me dit que je ne suis pas digne d'eux. James et Sirius… Bref…
– James…
– Laisse tomber.
– …
– …
– Bon ce n'est pas que je m'ennuie avec toi mais le couvre-feu ne va pas tarder… Qu'est-ce que tu voulais me montrer ?
Son frère avait paru si triste à cet instant qu'Albus aurait dû l'épauler, le réconforter, s'affirmer solidaire, chaleureux... Fraternel comme seul James l'était vraiment. Et c'était bien tout le problème, James avait ça en lui, ça lui était inné mais Albus... Albus était différent. Albus était unique. Et James aimait Albus tel qu'il était.
Tant qu'il lui légua la cape d'invisibilité des Potter, la seule relique qui le ratachait à sa famille, qui lui prouvait qu'il était un Potter, lui aussi. Il aborda ses longues séances d'apprentissage du Charme de Désillusion, raconta à Albus quelques anecdotes qui faisaient qu'il n'oublierait jamais la Cape et tout ce qu'il avait pu faire grâce à elle et, alors qu'il parlait en riant et en gesticulant dans tous les sens, tout simplement heureux et fier d'être avec son petit frère, Albus l'écoutait patiemment, en silence, le suivant jusqu'au septième étage, serein et confiant. Il avait compris où James le menait et s'efforça de paraître surpris. Ses yeux, en revanche, ne se forçaient pas à briller. Il avait passé deux ans à la chercher et elle était enfin là, devant ses yeux. Comment James avait-il pu la trouver avant lui ? Il l'ignorait mais ce n'était plus important. Il la voyait, désormais. Elle était là, devant ses yeux et James lui expliquait tout à son sujet, de la manière d'y entrer à tout ce qu'elle proposait. La Salle sur Demande. Enfin.
Et comme si cela ne suffisait pas, James sortit une vieille plume de son sac.
– Je l'ai ensorcelée. Ce sont deux plumes d'un même hibou, Patmol. Lorsque tu voudras me contacter, caresse la plume comme ça. Attend que le mouvement se répète sans que tu ne la touches. A ce moment-là tu pourras te confier en chuchotant à la plume et je l'entendrai.
– Mais c'est brillant James !
– Non pas vraiment et ça reste possible qu'ici mais c'est discret et c'est tout ce qui compte. Je pense qu'il vaut mieux jouer profil bas avec Nott et tous ces Scretin.
Albus ne répondit pas. Il était trop surpris pour pouvoir à la fois contrôler ses émotions et répondre à son frère. Plus que l'amour qu'il voyait dans les yeux de son frère depuis quelques temps, il avait gagné son respect et sa confiance, suffisamment pour qu'il lui lègue un objet qui avait si peu sa place dans un dortoir Serpentard. Ils sortirent ensemble de la salle et James regarda la carte avant de se désillusionner. Albus mit la cape et ils se quittèrent en silence.
Quelle riche journée pour Albus ! La réunion familiale, son recrutement dans l'équipe et maintenant ça... Enfin seul, il tâta son pendantif, dissimulé sous une fine écharpe de soie verte. Même seul, il n'avait pas besoin de le sortir. Il sentait la face argentée contre sa peau, nettement plus froide, nettement plus agréable. Il était en mode « pile », il aurait dû courir après James, le serrer dans ses bras, ne pas feindre la surprise mais lui sourire, avec reconnaissance, avec tendresse.
Pourtant il rentra dans les cachots, dissimulé sous la cape, et alla directement dans son dortoir. Il y retrouva Jalil, qui paraissait seul.
– Bouh !
– Putain Albus tu m'as fait une de ses peurs ! C'est quoi ce truc ?
– La cape d'invisibilité de mon père ! James vient de me la léguer.
– Génial !
Ils se turent en voyant Scorpius Malefoy arriver. Celui-ci ne sut ce qu'Albus dissimulait avec tant de hâte dans sa malle, encore moins à quel point il en ferait les frais.
ooOOoo
Le lendemain, dans la Grande Salle, la rumeur s'était encore amplifiée. Les amis de Lily étaient sortis de l'infirmerie et lorsqu'ils arrivèrent pour prendre leur petit déjeuner, tout le monde s'écarta en détournant les yeux. Fred les regardait s'asseoir alors qu'il tentait d'avaler trois croissants en même temps.
– Ce n'est pas croyable, même ce type de sixième année s'est écarté en voyant ton frère, Yelena. Ton frère ! Mais il m'arrive aux genoux !
– Oui bon n'exagère pas non plus !
Sa voix fut couverte par des éclats de rire qui fusaient de toute part. Hugo venait de réapparaître, plus pâle et plus chétif que jamais. Il cherchait une place à table mais personne ne semblait vouloir lui en faire une.
– Viens avec nous Hugo, y a une place juste là, à côté de Seb'...
– Ta gueule Lily ! Ne m'adresse plus jamais la parole, héritière de Serpentard !
Hugo avait parlé fort et il quittait désormais la salle en courant. Certains avaient recommencé à rire, d'autres regardaient Lily avec anxiété.
– Silence !
La voix amplifiée du directeur de l'école se fit entendre.
– Bonjour à tous ! Ce soir, soyez tous dans la Grande Salle dès dix-neuf heures. Les professeurs et moi-même aurons des choses importantes à vous apprendre. Bonne journée à tous !
Soudain le courrier arriva. Des centaines de hiboux et de chouettes entraient de toutes parts et virevoltaient vers des élèves heureux. Certains se plongeaient dans des lettres, d'autres ouvraient avidement des paquets, colis ou autres friandises, certains, enfin, avaient droit à des beuglantes particulièrement mauvaises. James cherchait des yeux son bel hibou couleur ébène qu'il avait nommé Patmol. Il jeta un coup d'œil à Albus qui cherchait également des yeux Tyto sa petite chouette rayée, en vain. Flakes, la magnifique chouette blanche et grise de Lily n'était pas là non plus, ni le hibou de leurs parents. James regarda ses cousins un par un mais ni Fred et Roxanne, ni Molly et Lucy, ni Rose et Hugo, ni Dominique et Louis n'avaient reçu de courrier. Que se passait-il donc chez les Weasley ?
Les Gryffondor se rendirent voir les sélections de quidditch de Serdaigle tout en se demandant à la fois ce qui les attendait ce soir et pourquoi ils ne recevaient pas de nouvelles de leurs parents.
James eut beaucoup de plaisir à voir l'équipe de Serdaigle voler sous un soleil éclatant. Natasha était devenue titulaire après le départ de Peter Jirdenn. L'équipe menée par Isidore, le frère de Natasha et par leur attrapeur fétiche Malek Lespare, excellait. Ils étaient bien partis pour gagner la coupe mais James n'aurait jamais avoué ça à Fred. Celui-ci comme à son habitude ne parlait que de quidditch. Mais il était bien le seul. Maël était inquiet par rapport à ce qui les attendait le soi-même et Louis et James ne comprenaient pas pourquoi aucun des cousins n'avaient reçu de nouvelles. James décida de se rendre directement à la volière, envoyer Patmol à ses parents. Celui-ci ébouriffa les cheveux de son maître comme toujours et partit avec la lettre. Elle était expéditive et James s'était trop précipité mais il était désormais trop tard.
Maman, papa,
Ne vous inquiétez pas pour nous, tout va bien. Nous sommes ravis d'être les seuls à ne pas avoir de nouvelles de nos parents. Lily est ravie de ne pas avoir été félicitée d'avoir été envoyée à Griffondor et Albus se réjouit de fêter seul son entrée dans l'équipe de quidditch. Quant à moi, rien de nouveau si ce n'est que je suis adolescent lambda, avec ses doutes et ses faiblesses, et que j'aurais bien besoin de conseils !
On se voit à Noël
James (votre fils au cas où vous l'auriez oublié)
C'était puéril et inutile. James pensait bien que ses parents devaient être occupés pour les avoir oublié mais en tant que frère aîné il se devait de faire quelque chose. Il rejoignit ensuite ses amis et passa un agréable moment en leur compagnie, faisant mille pronostics sur l'annonce tant attendue du soir.
James, Louis ou même Keanu avaient bien essayé d'aborder le sujet des recherches qui les avait tant occupés l'année précédente, mais le groupe ne partageait plus la même ferveur. Les Buses arrivaient et, lorsqu'ils avaient un peu de temps à passer ensemble, ils préféraient rire et passer du bon temps, plutôt qu'occuper une salle isolée et poussiéreuse jusqu'à tard le soir à la poursuite de réponses qu'ils ne trouveraient sans doute jamais. L'adolescence était également passée par là, les cours, les sentiments et même le quidditch avaient désormais plus d'importance à leurs yeux. Ils ne se sentaient plus enfants, pas tout à fait adultes non plus, ils voulaient seulement profiter de ces années qu'on avait volé à leurs parents, profiter d'une adolescence normale, sans guerre et sans mage noir. Au fond de lui, James n'aimait pas ce qu'il faisait. Il avait conscience de fermer volontairement les yeux et de remettre à plus tard des problèmes sur lesquels il aurait dû travailler pendant des heures. Mais le rythme intense de la cinquième année, le manque de temps libre, le fait qu'il voyait peu ses amis et sa nouvelle relation amoureuse avaient eu raison de ses principes.
ooOOoo
Il régnait une ambiance très agitée dans la Grande Salle ce soir-là. Les élèves ne cessaient de faire part de leurs idées et brûlaient d'impatience. Soudain une porte située derrière la table des professeurs s'ouvrit, laissant apparaître le directeur de l'école ainsi que les professeurs Glacey, Gash et Slopa et d'autres personnes que les élèves ne connaissaient pas. Le silence se fit immédiatement. Le directeur Briscard ne tarda pas à prendre la parole :
– Bonsoir à tous. Aujourd'hui est un jour très particulier. Je dois vous dévoiler des bonnes et des mauvaises nouvelles. La Gazette du Sorcier n'en a pas beaucoup parlé mais certains pays d'Europe connaissent depuis quelques mois certains troubles. La France, l'Autriche et quelques autres pays d'Europe ont subi des accidents étranges et inexpliqués. Malheureusement, il semblerait que ces maux aient également touché la Grande Bretagne cette semaine. Ne vous inquiétez pas, cela ne perturbera en aucun cas votre scolarité, ni les projets que nous avons prévu pour cette année. Nous recevons aujourd'hui Kieran Donovan, célèbre Auror Français qui travaille sur cette affaire depuis le début et qui vient d'être muté au ministère de la magie britannique. Il travaillera en étroite collaboration avec le bureau des Aurors et viendra assurer une intervention dans un de vos cours pour vous expliquer la situation et vous parler de sa carrière. Autre chose, des rumeurs courent depuis une semaine sur la réouverture du Tournoi des Trois Sorciers. Autant vous le dire tout de suite, nous avons pris la décision de mettre un terme définitif à ce Tournoi historique.
Le directeur se tut pendant que les protestations fusaient de partout. Il prit un malin plaisir à se délester des vagues de déception de ses élèves avant de reprendre la parole.
– En revanche, Poudlard et le ministère de la magie souhaitent depuis plusieurs mois organiser le premier Tournoi des Quatre Écoles. Nous avons joint nos collègues de Beaux-Battons, Durmstrang et Ree Tunnel et après plusieurs rencontres et séances de travail, j'ai l'honneur de vous apprendre que la première édition de ce nouveau Tournoi se déroulera cette année, à Poudlard ! Une équipe formée par de brillants sorciers, dont Kieran Donovan, ainsi que des professeurs des quatre écoles et des membres des ministères, encadrera ce tournoi. Vous en apprendrez davantage dans les jours qui viennent sur les modalités du Tournoi. Les élèves de Beaux-battons, Ree Tunnel et Dumstrang qui seront sélectionnés pour participer au concours nous rejoindront pendant les vacances d' élèves sélectionnés arriveront avec leurs professeurs le premier week-end des vacances et passeront toutes leurs vacances à Poudlard. Nous organiserons une fête pour Halloween où nous vous donnerons plus d'indications sur la première tâche que devrons réaliser les concurrents. Les élèves de Ree Tunnel, Beaux-Battons et Durmstrang ne resteront pas à Poudlard tout le temps. Ils suivront l'essentiel de leurs cours au Temple où plusieurs salles de cours leur seront réservées. Ils rentreront également très souvent chez eux.
Le directeur marqua une nouvelle pause pour laisser le temps aux élèves d'exposer leur joie, puis reprit la parole.
– Enfin, la famille de M. Donovan s'installe temporairement en Angleterre et ses enfants, qui sont scolarisés à Beaux-Battons, vont intégrer dès ce soir Poudlard. Exceptionnellement, un autre élève n'a pas pu faire sa rentrée avec vous pour des raisons personnelles et intègre ra l'école ce soir également. Je demande à chacun des préfets mais aussi à tous les élèves d'accueillir comme il se doit vos nouveaux camarades. Mrs Slopa, le Choixpeau magique, s'il vous plaît.
Le professeur Slopa alla chercher le Choixpeau posé un peu plus loin. Kieran Donovan discutait avec Briscard. Les élèves ne le quittaient pas des yeux. Fred se tourna vers ses amis.
– Donovan, ce n'est pas l'Auror qui a mis fin à la guerre civile des géants y a dix ans ?
– Si. C'est un peu le Harry Potter Français quoi, ajouta Louis en faisant un clin d'œil à James.
Donovan disparut et Briscard fit entrer les nouveaux élèves. Ils étaient sept. Alice les compta puis se tourna vers ses amis :
– Ils sont pire que les Weasley, les Donovan ! Six frères et sœurs !
– L'autre n'a pas l'air rassuré.
– Il est carrément traumatisé tu veux dire !
– C'est lequel qui ne fait pas partie de la famille à ton avis ?
James ne put que sourire devant le manque de perspicacité de Fred. Il ne faisait aucun doute que le petit garçon brun au visage arrondi n'avait rien en commun avec les autres. Les frères et sœurs avaient tous les cheveux longs, ils étaient plutôt grands et possédaient un charme fou.
– Les élèves de première année d'abord. David Dursley !
James se tourna immédiatement vers Lily et Albus. Dursley ! Comme la famille adoptive de leur père ! David avança timidement vers le Choixpeau et fut envoyé à « Gryffondor ! » James participa à l'applaudissement général habituel. David approcha de la table et Lily et Lorcan se poussèrent pour lui faire une place.
– Sullivan Donovan !
Le plus jeune des Donovan s'approcha un peu plus confiant du Choixpeau qui l'envoya à Serdaigle. Sullivan se guida aux applaudissements pour rejoindre sa table.
– En troisième année, Océane Donovan !
Une jeune fille sublime s'approcha du Choixpeau avec grâce. Elle rejoignit son frère à la table des Serdaigle.
– En cinquième année, Noelia et Nolan Donovan !
Les jumeaux s'avancèrent d'un même pas, leurs cheveux flottant autour de leurs visages harmonieux. Ils avaient l'air identique, seule leur coupe de cheveux les différenciait. Noelia fut également envoyée à Serdaigle, et Nolan à Gryffondor. Alors que James applaudissait poliment Nolan qui s'asseyait au bout de la table, Fred se pencha vers lui :
– Un cinquième année ! Les gars on a un nouveau dans notre dortoir ! ça va être sa fête, ce soir c'est bizutage assuré.
– Fred ! T'as pas entendu le directeur ? On doit les accueillir…
– Mais oui petit préfet, t'inquiètes.
– Enfin, Maiwenn et Maelis Donovan, en septième année !
La première fut placée à Gryffondor et la seconde à Serdaigle. Les Serpentard arboraient des mines envieuses, six célébrités et pas une seule dans leur maison ! Mais ce n'était rien face à la déception des Poufsouffle. Ils n'avaient jamais de célébrités parmi eux et depuis le départ de Teddy Lupin et ses amis, aucun réel leader n'auréolait la maison. Le reste du repas fut très agité. Les élèves s'approchaient des tables de Gryffondor et de Serdaigle pour dévisager les nouveaux venus. David Dursley s'était levé sans avoir rien avalé et avait quitté la Grande Salle. James vint s'asseoir près de sa sœur :
– T'as pu lui parler ?, demanda James.
– Oui mais il n'a pas prononcé un mot.
– Potter ! Venez par ici tous les deux.
Le professeur Glacey leur fit signe de le suivre. Lily leva les yeux au ciel et suivit son frère. Louis et Fred les rejoignirent, ainsi que Roxanne, Lucy, Molly, Dominique, Albus, Rose et Hugo. Arrivés devant son bureau, le professeur Glacey les fit patienter un moment et entra dans son bureau. Les cousins se dévisagèrent et Lucy prit la parole.
– Qu'est-ce qui se passe à votre avis ? Vous croyez qu'il est arrivé quelque chose à l'un de nos parents ?
– Tu crois ?
– Ça expliquerait pourquoi on n'a pas reçu de courrier depuis la rentrée.
– Nos parents nous ont écrit à Lucy et moi.
– C'est vrai ?
La question de James resta sans réponse, le professeur Glacey les invita à le rejoindre. Il n'était pas seul, James reconnu le jeune David Dursley assis face au bureau puis il fut surpris de voir son père ainsi que sa marraine Hermione et son oncle Georges qui parlaient un peu plus loin. Glacey fit apparaître deux bancs qu'il plaça contre un mur. James vit que David était très nerveux.
– Asseyez-vous tous. On vous a demandé de venir pour plusieurs choses. Je vais vous laisser en famille une heure. A tout de suite.
Dès que la porte fut fermée, Harry lança un sort à David et les questions fusèrent de toutes parts :
– Qu'est-ce qui se passe ?
– Quelqu'un est mort ?
– C'est un Dursley comme ta famille ?
– Silence ! Hermione, Georges et moi n'avons pas beaucoup de temps à vous accorder et il y a plusieurs choses dont on doit vous parler. Nous sommes furieux. Il y a certaines choses que vous avez apprises sur la mort de Voldemort et que vous ne devriez pas savoir. J'imagine en vous regardant tous que vous êtes tous au courant. Qui l'a su en premier ? James !
– C'est oncle Ron qui nous en a parlé, Albus, Rose et moi. Hugo et Lily ont tout entendu. J'en ai parlé à Louis et Fred et…
Harry et Hermione échangèrent un regard. Celle-ci se tourna vers son fils.
– Hugo, est-ce que tu as vraiment dévoilé une partie de cette histoire à des élèves que tu ne connais pas ? Ne baisse pas la tête, réponds-moi !
– Maman, Hugo n'a pas fait exprès et l'affaire a été étouffée…
– Tais-toi jeune fille ! Tu ne sembles pas te rendre compte de la gravité de la situation ! C'est très important, cette histoire ne devait être connue que par quatre personnes ! Il ne faut surtout pas en parler ! Hugo, réponds-moi !
– Oui j'en ai parlé.
Hermione bouillonnait, Harry la fit taire d'un geste et se tourna vers son neveu d'un air strict.
– Hugo, que ça ne t'arrive plus jamais. Lily, as-tu provoqué ton cousin en duel, seulement quelques jours après ton arrivée à l'école ?
– Oui mais je voulais le faire taire ! C'était justement pour préserver ton secret, papa…
– Tais-toi ! Ta mère et moi sommes très déçus de ton comportement ! Rien, rien ne t'autorisait à enfreindre le règlement ! Et vous deux, vous avez intérêt à surveiller les agissements de votre sœur au lieu de jouer les jolis cœurs romantiques ! James sert toi un peu de ta cervelle au lieu d'envoyer des lettres aussi bêtes !
Albus lança un regard furtif à James qui rougit violemment.
– Si jamais l'un de vous parle encore de tout ça nous serons obligés de vous jeter le sort d'amnésie ! A tous ! Est-ce que c'est bien compris !?
Tous acquiescèrent en silence. Ils n'avaient jamais vu Harry et Hermione dans cet état-là.
– Hugo, à la prochaine lettre que je reçois de Poudlard, je te désinscris de l'école ! Et que je n'entende plus dire qu'un de mes enfants ou un de mes neveux se soit vanté d'une victoire qu'il n'a pas lui-même gagné ! Ni Harry et Ginny ni Ron et moi ne vous avons élevé comme ça ! A votre âge nous avons eu à traverser des épreuves terribles ! Si aujourd'hui on est célèbres c'est parce qu'on a fait preuve de courage ! Mais jamais on ne s'est vanté de quoi que ce soit ! Si Harry n'avait pas été tel qu'il est, aucun de vous ne serait né ! Alors respectez-le, respectez-nous au lieu de vous pavaner et de colporter des informations que nous vous avons ordonné de garder secrètes ! Rose, j'ai également appris que tu as tenté de stupéfixer James ?
– Oui je lui ai jeté un sort, maman.
– Non tu ne lui as pas jeté de sort, tu as essayé, ce qui est tout aussi grave mais surtout désolant. Savoir lire des livres ne t'apportera ni le courage ni le talent. Tu me déçois énormément.
Harry fit signe à Hermione de se calmer. Georges prit la parole.
– Maintenant que vous avez bien compris qu'il faut garder certaines choses secrètes je vais vous expliquer pourquoi. Les temps sont durs. Il y a eu des accidents et peut-être même pire. Notre famille en sera certainement la cible. Nous n'avons aucune piste quant aux coupables mais ils utilisent la magie noire. Il se passe la même chose en France et dans d'autres pays. Nous pensons qu'il va se passer la même chose ici et c'est pourquoi il faut que vous gardiez le silence sur certaines choses.
– Désormais vous ne savez pas comment Voldemort est mort, vous ne savez pas ce qu'on a fait Ron, Hermione et moi. Vous ne savez rien, vous ne parlez de rien, et surtout vous jouez profil bas. Tenez-vous éloignés le plus possible de tous ces évènements qui vont être organisés. Je parle bien sûr du Tournoi des quatre écoles, auquel nous sommes totalement opposés. La dernière fois qu'un tel tournoi a été organisé, quelqu'un est mort. Un élève. Comme vous.
– Pourquoi le tournoi est-il à nouveau organisé, alors, oncle Harry ?
– Molly tu n'es pas sans savoir que les élections approchent. Kingsley se sent désormais trop vieux pour se représenter et une dizaine de candidats sont prêts à tout pour prendre sa place. Maintenant chacun doit prouver qu'il est apte à diriger notre communauté. Ce tournoi a donc été créé pour des raisons politiques. Si tout se passe bien, le Conseil qui a proposé le Tournoi sera auréolé de son succès. Si tout se passe mal, les Conseils adverses s'empareront de l'affaire pour le décrier. Donc vous avez grand intérêt de vous tenir éloignés de tout ce qu'il se passe. N'est-ce pas James ? C'est bien compris ?
Il laissa passer quelques secondes de silence puis dirigea sa baguette vers David. Celui-ci se réveilla du sort que lui avait jeté Harry pour qu'il n'entende pas la conversation.
– Je vous présente David Dursley, le fils de mon cousin. Il a reçu sa lettre de Poudlard mais un membre de sa famille l'avait cachée à ses parents. L'école s'est inquiétée de ne pas le voir faire sa rentrée normalement et Briscard m'a contacté. Les parents de David ont accepté qu'il étudie à Poudlard. Le professeur Glacey nous a appris que David a été envoyé à Gryffondor. Lily, Hugo, je compte sur vous pour veiller sur David. Il ne connaît rien du monde sorcier et je sais très bien, étant moi-même passé par là, combien ça peut être difficile. Mais heureusement j'étais très bien entouré et je souhaite que David le soit à son tour.
Lily sourit à David qui la regardait timidement.
– Et bien ce sera tout pour ce soir. Retournez dans vos dortoirs respectifs.
Les cousins se regardaient sans trop savoir s'ils devaient ou non saluer leurs parents ou oncles. Molly les salua de la main et sortit la première. Lucy la suivit, ainsi que Dominique. Louis s'approcha de David et lui proposa de le conduire à la salle commune des Gryffondor. David se leva sans un mot et sortit de la salle, suivi par Lily et James qui n'accordèrent aucun regard aux adultes présents dans le bureau ni au professeur Glacey qui les avait rejoints.
Il ne restait plus que Rose, Hugo, Albus, Roxanne et Fred. Georges s'approcha de son fils avec un grand sourire mais Fred quitta les lieux en lui lançant un regard si dur que Georges fit un pas en arrière. Roxanne regarda son père prendre la poudre de Cheminette et disparaître. Encore une fois il l'avait ignorée. Elle sortit à son tour avec Albus.
– Albus !
– Oui, papa ?
– Viens un moment. Ecoute Albus je voulais te féliciter pour ta place dans l'équipe. Ta mère est très fière de toi. Albus regarde-moi…
– Non ! Lily n'a rien fait de mal, ce qu'elle a fait elle l'a fait pour toi ! Et James a changé. Beaucoup. Il ne se pavane pas pour rien, il ne l'a d'ailleurs jamais fait ! Il porte peut-être son nom mais il n'est pas comme ton père ! Il prend soin de nous et nous soutient. Bien plus que toi en tout cas. Et ce soir je suis plus fier de mon frère que de mon père !
Albus claqua la porte sans attendre, laissant Harry seul dans son coin. Hermione discutait avec le professeur Glacey.
– Merci de votre accueil professeur. Nous allons partir. Harry tu es prêt ?
– Maman…
– Rose il me semble que le sujet est clos. Il nous faudra du temps à ton père et à moi pour pardonner vos agissements.
– Tu oublies que c'est justement papa qui vous a balancé ! »
Le professeur Glacey regarda Harry et Hermione qui préférèrent disparaître dans la cheminée puis renvoya Hugo et Rose dans leurs dortoirs. Ceux-ci se séparèrent sans un mot. Rose était abasourdie par la déception et la violence des propos de sa mère et de son oncle. Elle tomba sur Albus qui était assis dans un coin de l'escalier.
« J'ai entendu ce que tu as dit à propos de James. J'étais tellement surprise...
– Je n'ai pas envie d'en parler. »
Il la fusilla du regard et elle préféra ne pas insister. James avait beau prétendre le contraire, Rose doutait qu'Albus ait cessé son manège. Il ne portait sans doute plus son pendantif, mais continuait d'alterner les jours « pile » et les jours « face » et, Rose avait beau en ignorer la raison, elle demeurait inquiète.
De leur côté, James, Lily et Fred suivaient Louis qui tentait de faire la conversation à un David intimidé. Il lui montrait le chemin, le prévenait du caractère incontrôlable des escaliers et lui conseillait de suivre ses camarades de dortoir le lendemain pour ne pas se perdre en se rendant à son premier cours. Après avoir donné le mot de passe à la Grosse Dame, Louis fit visiter la salle commune à David. James et Fred le laissèrent finir sa visite et montèrent directement dans leur dortoir. Maël les attendait.
– Alors ?
– Pff… Mon père, le père de James et notre tante Hermione sont venus nous taper sur les doigts à propos de l'histoire de Hugo et Lily.
– Et Louis ?
– Il s'occupe du petit nouveau, David qui est le cousin éloigné de James.
– Sérieux ? Côté moldu donc j'imagine ?
– Oui c'est le fils du cousin de mon père. Donovan n'est pas là ? demanda-t-il en fixant le cinquième lit installé dans la chambre.
– Non quand je suis arrivé son lit était là. Ainsi qu'une armoire et du linge supplémentaire. Mais j'ai parlé vite fait avec Keanu et Keith et ils n'ont pas vu sa jumelle non plus. Je n'ai pas vu non plus ni son frère ni ses sœurs. Ils doivent tous être ensemble quelque part j'imagine.
La porte s'ouvrit sur un Louis exaspéré.
– Pas un mot. Pas une question, pas une réponse, rien ! On ne peut pas dire qu'il soit loquace lui ! Je l'ai laissé avec Lily qui l'a présenté à sa petite bande jusqu'à ce que Hugo arrive. Je ne crois pas qu'il ait bien intégré ce que sa mère lui a dit. Il a d'entrée fait son malin en jouant au petit prince avec David.
– Et il a fait quoi David du coup ?
– Il a ouvert la bouche pour la première fois de la soirée et m'a demandé de lui redire où était son dortoir. Quand je l'ai laissé, Lorcan et Hugo se proposaient de l'y accompagner. J'ai pensé qu'il était temps de prendre congés ! Au fait, il n'est pas là le nouveau ?
– Non. Mais comme tu le vois, ses affaires sont déjà là.
– Ils l'ont installé entre toi et moi, nota Louis en s'adressant à Maël.
– Sage décision, répondit celui-ci en fixant avec méfiance ses deux meilleurs amis.
Ceux-ci ne tardèrent pas à se jeter sur lui en faisant mine de vouloir l'étouffer et pactisèrent ensuite pour s'en prendre à Louis. Les garçons se détendirent un peu puis un on tapa à la porte. James, qui était le plus proche de la porte, se leva pour ouvrir.
– Salut ! Entre !
– Merci. Bonsoir.
– Tu parles anglais sans accent ? C'est cool ça. Voilà ton lit. Ce n'est pas énorme mais on y est bien. Et en plus on peut décorer à notre goût. Si tu veux on pourra te filer un ou deux sortilèges pour changer les couleurs des rideaux. Hideux, tu ne trouves pas ? Bien sûr il vaut mieux ça plutôt que les affiches de soccer moldu de Maël. C'est un passionné, nous avec Fred on préfère le quidditch, Louis il préfère être préfet, chacun ses défauts ! Sinon la salle de bains est là et puis… ben c'est tout. Ah si j'oubliais le plus important, il faut que tu saches que les filles ont le droit de venir dans nos dortoirs mais pas nous ! Impossible pour un mec d'aller chez les filles ! Ce n'est pas du sexisme ça ? Au fait, moi c'est James, content de te rencontrer.
– Nolan, répondit le jeune homme en souriant. Merci pour toutes ces infos James. Tu es le fils de Harry Potter, n'est-ce pas ?
– Oui.
– Mon père m'a beaucoup parlé du tien. Ils font le même job.
– Je sais. Tu nous raconteras un peu ce qu'il se passe en France ?
– Oui mais pas ce soir. Je suis fatigué, vous ne m'en voulez pas…
– T'inquiète on a eu une longue journée aussi.
Nolan ne dormit pas tout de suite cette nuit-là mais sourit en entendant les blagues étouffées qui lui provenaient des autres lits. Il repensa à cette semaine étrange qu'il venait de vivre, se remémorant l'inquiétude de ses parents et la décision de son père de quitter la France en famille. Kieran aurait très bien pu travailler en Angleterre et revenir le soir dans leur jolie maison de Bretagne. Mais il avait préféré amener toute la famille avec lui, même Killian son fils aîné qui avait terminé ses études. Le directeur Briscard avait tout de suite accepté que ses enfants suivent leur scolarité à Poudlard.
Poudlard… cette école était vraiment très différente de Beaux-Battons. Ni Nolan ni ses frères et sœurs ne s'étaient jamais senti chez eux là-bas. On les regardait avec dédain et il y régnait un profond esprit concurrentiel. Nolan s'était toujours senti à part, rejeté et ils préféraient de loin rester unis comme s'ils avaient toujours su que c'était du provisoire. Et là encore la célébrité de Kieran les avait précédés. Tous les élèves les avaient dévisagés. C'était un peu normal mais Nolan espérait juste que ça soit temporaire et qu'ils puissent se faire oublier dans quelques temps. Et puis ici ils partageraient la vedette, les rumeurs et les moqueries avec d'autres enfants de gens célèbres. Épuisé, Nolan finit par trouver le sommeil et un cinquième ronflement se fit entendre pour la première fois dans le chaleureux dortoir.
Ahhhh Nolan... Je suis un peu comme lui, là, épuisée et pressée de me vautrer - humm de me glisser avec grâce - dans mon lit (sans baldaquin) mais si VOUS n'avez pas sommeil, vous pouvez toujours me laisser une petite review ;-)
