Salut !

Un grand merci à Cat, nAIf, Asterie et Clem pour vos retours ! Vos avis vont me permettre de (d'essayer de) progresser et m'ont permis de sourire bêtement et de façon totalement ridicule en mode défoncée de la review...

C'est parti pour le neuvième chapitre, histoire d'en apprendre davantage sur David Dursley et la fratrie Donovan. Quoi d'autre au menu ? De l'amouuuuuuur, des poils, quelques bégaiements et une rencontre au sommet (sans mauvais jeu de mot).

Bonne lecture !


9 La motte et la meute

Le réveil moldu de Maël réveilla les cinq Gryffondor à sept heures précises. Nolan se réveilla péniblement, cherchant des yeux un point de repère avant de se rappeler qu'il était dans son nouveau dortoir, dans sa nouvelle école, dans sa nouvelle vie à Poudlard, en Angleterre. Il tira doucement les rideaux et vit trois oreillers voler vers un lit où un garçon mat de peau se débattait avec ses draps pour pouvoir éteindre son réveil. Deux autres garçons en avaient profité pour se jeter sur son lit et tenter de l'étouffer avec des oreillers.

– T'inquiète pas, c'est leur manière de se dire bonjour.

Nolan sourit au garçon au visage d'ange qui lui tendait la main. Les trois autres se levèrent du lit et celui qui l'avait accueilli la veille, James Potter s'approcha de lui.

– Salut Nolan ! Bien dormi ? Hey Fred non c'était mon tour pour la salle de bains !

Un bruit de douche se fit entendre et James grommela. Maël entra à son tour dans la salle de bains, suivit de Louis. Nolan resta seul avec James qui hésitait toujours à entrer et à laisser Nolan seul dans la chambre.

– Y a de l'ambiance ici !

– C'était différent à Beaux-Battons ?

– On n'avait pas de dortoirs là-bas, que des chambres individuelles. Vous êtes tous les quatre amis ?

– Bien sûr ! Maël, le fou du réveil c'est mon meilleur ami. Fred et Louis sont mes cousins.

– Des Weasley, hein ?

– Oui.

– Lequel est le fils de Ron Weasley et Hermione Granger ?

James le dévisagea avec surprise. Mais évidemment Ron et Hermione, comme son père, étaient célèbres.

– Aucun. En fait les Weasley, mes grands-parents, ont eu plusieurs fils et fille. L'aîné, Bill a eu trois enfants : Victoire qui a quitté Poudlard, Dominique qui est en septième année chez les Poufsouffle et Louis que tu viens de rencontrer. C'est le blond. Mon oncle Charlie n'a pas eu d'enfant. Percy a eu deux filles, Molly et Lucy. Georges est le père de Fred et de Roxanne qui est à Gryffondor aussi mais en troisième année. Et Ron et Hermione ont eu une fille qui est à Serdaigle et un fils qui est en première année à Gryffondor.

– Ok… Quelle famille !

– J'ai cru comprendre que vous aussi vous avez une famille nombreuse.

– La meute…oui. On a quoi comme cours aujourd'hui ?

– Ça dépend de tes options. Nous on a seulement défense contre les forces du mal ce matin. Mais Louis a choisi la divination, comme option et il a cours cet après-midi.

– La divination ? C'est une option ici ?

– Oui.

– Cool. Pas obligé de suivre cette fichue matière !

Ils éclatèrent de rire ensemble. Après s'être tous préparés ils descendirent ensemble dans la salle commune. Louis les quitta et partit à la recherche de David Dursley. Maïwenn, la sœur aînée de Nolan l'attendait et ils partirent tous les deux retrouver leur fratrie.

– Alors cette première nuit ?

– Bien, j'ai rencontré les filles de mon dortoir. Olivia et Vaïtu sont plutôt sympas. Les trois autres sont de pures imbéciles. Elles m'ont posé des tas de questions mais les autres les ont fait taire, j'en pouvais plus. Et toi ?

– Je partage mon dortoir avec James, le fils de Harry Potter et deux de ses cousins et un ami à eux. Ils ont l'air très unis et très sympas.

– Cool, on va retrouver les autres ? Ou tu veux rester avec tes amis ?

– Non je te suis.

Il fit un petit signe à Fred et James qui attendaient un peu plus loin. Lily s'approcha d'eux. En la voyant Louis courut vers eux.

– J'attends Lorcan, il avait oublié un truc en haut.

– Lily, dis-moi tu as vu David ?

– Non Louis, mais je sais qu'il est parti déjeuner.

– Et tu sais si ça s'est bien passé pour lui cette nuit ?

– Lorcan m'a dit que David s'était couché sans un mot. Hugo a fait pareil. Et ce matin Hugo est allé voir David et l'a amené à la Grande salle.

– Hugo ? Aïe… Bon j'y vais.

Les autres le regardèrent partir et Fred lança comme à son habitude une petite blague sur les défauts des préfets. Mais James et Lily ne trouvaient pas cela amusant et compatissaient avec un air grave. A leurs yeux, Louis faisait du bon boulot et sa première année en tant que préfet ne lui avait pas laissé beaucoup de répit. Ils parlèrent un peu de David et des Donovan jusqu'à ce que Dona Cole n'arrive et saute dans les bras de James sous le regard furieux de Lily. La jeune fille savait que son frère aîné était sorti avec Susie Finigan, une fille plutôt sympathique dont le père travaillait avec Harry et Lily aurait préféré que son frère sorte encore avec elle ou avec une fille plus digne de lui comme Alice ou Yelena Crivey. Mais Dona était jolie et Fred lui expliqua que James n'avait pas très bien compris comment il s'était retrouvé en couple avec elle. Lily fut surprise de s'en amuser et se dit qu'en définitive son frère n'avait que quinze ans. Elle aurait tout le temps de lui trouver la bonne personne et de lui faire regagner le droit chemin.

Le petit déjeuner fut tout aussi animé que le repas de la veille. Les Donovan au complet s'était regroupés au bout de la table des Serdaigle et les élèves ne cessaient de les regarder en chuchotant. Olivia suivait tout cela d'un œil soucieux en parlant à voix basse avec son amie Vaïtu, la préfète-en-chef.

– Faudrait que j'aille les voir, disait cette dernière. Mais ils m'impressionnent.

– Bon on va prendre les choses en main, trancha Olivia. James ! Suis-moi.

– Mais je n'ai pas fini de manger…

– Tout de suite ou je te vire de l'équipe, ajouta Olivia en souriant.

James avala avec un soupir son toast et suivit Olivia, non sans échanger un regard faussement furieux avec Maël. Ils s'approchèrent des Donovan.

– Salut à tous ! Maïwenn, ce matin les septièmes années n'ont pas cours mais on a tous rendez-vous avec le professeur Glacey. Il donne ses cours normalement mais souhaitait quand même nous voir. J'imagine que le fonctionnement n'est pas le même à Beaux Battons mais ici, en septième année, on finit notre mémoire et on prépare nos derniers examens, les ASPICS. Tu verras, les profs ne parlent que de ça. Je vais t'attendre et rejoins-moi quand tu auras fini de déjeuner, je te montrerai la salle. Maelis, je pense qu'il faudrait que tu voies avec Sandra ou Malek… Où il est encore passé celui-là… Lespare ! Salut, vous avez un truc de prévu ou pas ce matin ?

– Bonjour mademoiselle je-suis-attrapeur-mais-j'attrape-jamais-le-vif-d'or ! Salut James, ça va ?

– Réponds-moi monsieur j'attrape-le-vif-d'or-mais-mon-équipe-ne-gagne-jamais !

– Veux-tu que je te remémore qui a gagné la coupe l'an dernier ?

– Réponds-moi au lieu de te vanter.

– Non on a rien du tout, on prépare nos ASPICS, c'est tout. Enfin, si... Slopa veut nous voir a priori.

– Bon ben je compte sur toi pour accompagner Maelis jusqu'au bureau de Slopa.

Malek se tourna vers Maelis avec un sourire charmeur.

– Aucun problème. Je suis préfet en chef en plus.

Olivia et James échangèrent un sourire entendu. En plus d'être un élève doué et un excellent joueur de quidditch, Malek était un des élèves les plus séduisants de l'école et il savait jouer de son charme.

– Nolan, si tu veux je peux t'attendre pour aller au cours de défense. Noélia je pense que tu suis le même cours que nous.

– Ok James on a fini toute façon.

– Super, mais je pense que je vais aller bouffer un ou deux muffins de plus. A tout' !

– Potter, passez-nous les détails !

Le professeur Glacey, suivi de près par le professeur Slopa avaient rejoint les enfants Donovan. Ils étaient venus leur donner leur emploi du temps et leur demandaient quelles options ils souhaitaient choisir. Ils furent surpris d'apprendre que les deux sœurs aînées suivaient douze cours pour l'équivalent français de leurs ASPICS.

Non loin de là, Lily mangeait avec ses amis en jetant de fréquents coups d'œil à Hugo et David. Le pauvre Hugo tentait de faire la discussion à son nouvel ami qui n'ouvrait toujours pas la bouche. Louis les surveillait aussi, prenant très au sérieux son poste de préfet.

Le début des cours arriva. Les cinquième année se rendirent à leur cours de défense contre les forces du mal. Le professeur Gash les accueillit avec sa bonne humeur habituelle et sembla en avoir fini avec le sujet de prédilection des professeurs : les Buses. Il leur apprit qu'ils allaient travailler intensivement cette année sur les principaux sortilèges de défense et d'attaque.

– Le but du jeu sera de diviser comme toujours les cours en deux parties, théorie et pratique avec cette année des duels à chaque fin de cours. Je désignerai deux élèves qui devront soit se défendre soit attaquer. On va donc revoir le sort que vous devez tous désormais connaître : le charme du bouclier.

Après une bonne demi-heure de théorie et vingt points de gagnés pour chaque maison les élèves étaient impatients de passer à la pratique.

– Très bien, pour ce premier cours pratique on va faire simple. Potter, Ganesh, Londubat et Jordan venez par ici. Thomas, Crivey, Corner et MacMillian vous vous placez en face. La première équipe se défend, l'autre attaque. Potter et MacMillian vous commencez.

Aldo tenta de désarmer James puis lui lança des sorts basiques dont le professeur Gash avait parlé. James avait dévié tous les sorts.

– Allez une dernière tentative.

Aldo tenta de pétrifier James et celui-ci lui lança le contre sort qu'ils avaient créé et mis en place avec ses amis durant l'été.

– Protego Mirus !

Le sort que lui avait lancé Aldo se retourna contre lui et Aldo se retrouva pétrifié et tomba par terre sous les applaudissements des autres élèves.

– Très bien Potter mais vous deviez seulement vous défendre et non attaquer. Vous resterez me voir à la fin du cours. Londubat, Corner, à vous !

Au lieu d'avoir gagné des points, James récolterait sans aucun doute une retenue et ses parents recevraient encore une fois une lettre leur expliquant comment leur fils s'était encore mis en avant. Décidément, James n'appréciait pas cette nouvelle année.

ooOOoo

Plus loin, les premières années tentaient de métamorphoser une aiguille en allumette. Comme à son habitude, Glacey avait séparé et mélangé les élèves. Lily se retrouvait avec Serena Velsen, Lysandre Scamander et Sullivan Donovan. Celui-ci parvint dès son premier essai à obtenir une allumette plus que satisfaisante. Serena le suivit de près et Lily et Lysandre y arrivèrent quelques minutes plus tard. Le professeur Glacey les félicita avec enthousiasme et leur demanda de continuer le test. Il les avait volontairement mis à quatre pour réussir à remplir avant la fin du cours une boite d'allumettes chacun. Le groupe de Lily était bien parti pour réussir avant les autres. A la table d'à côté, Hugo et Lorcan faisaient équipe avec Adelaïde Lespare et Anastasia Kandinsky, deux élèves timides et sérieuses qui ne semblaient pas vouloir participer aux pitreries de Lorcan ni aux crises d'humeur d'Hugo. Celui-ci enragea de plus belle lorsque Lorcan eut réussi la première métamorphose.

David faisait équipe avec Annie Londubat et Paul-Arthur Perks. Les deux garçons étaient tétanisés mais Annie et sa bonne humeur légendaire réussissait à faire régner un très bel esprit d'équipe. Ils talonnaient donc de très près l'équipe de Lily qui l'emporta finalement.

Pendant que les élèves travaillaient leur métamorphose, le professeur Glacey accueillait les élèves de sixième et septième année de Gryffondor pour faire un point avec eux sur l'avancée de leur mémoire et sur leurs choix d'ASPICS. Ce rendez-vous aurait dû avoir lieu la semaine précédente mais les élèves de septième année avaient eu leur première visite de l'année au Temple. En effet, depuis l'ouverture du Temple, chaque promotion de septième année était invitée régulièrement au Temple pour approfondir ses connaissances et travailler au mieux ses ASPICS.

Le professeur Glacey félicita Olivia, Vaïtu et Liko Jordan qui partirent travailler à la bibliothèque. Clark MacLaggen qui n'avait semble-t-il pas poursuivi son travail de tout l'été se fit passer un savon et rejoignit ses amis en sortant d'un air penaud. Glacey questionna Maïwenn sur ses études et fut très impressionné par ses réponses. Son travail était très avancé et suffisamment à la hauteur des ASPICS.

En se rendant à son cours de potions, Lily croisa son frère James, entouré de ses amis qui riaient à ses blagues comme toujours. Celui-ci s'arrêta pour embrasser sa sœur. Alice était également restée près de James pour saluer sa petite sœur Annie. James fut déçu de voir que Hugo les ignoraient toujours, il passa devant eux sans un regard et appela David à le suivre. Celui-ci et à la grande surprise de tous lui répondit par la négative.

– Non, je préfère rester avec Annie, Lily et les autres.

Hugo partit furieux. James le regarda partir puis continua sa route. Alice et lui avaient décidé de les accompagner aux cachots.

– Ça va David ? Moi c'est James, tu te souviens, on s'est croisé hier soir. Je suis le frère de Lily.

– Oui je me souviens. Vous… tu vas bien ?

– Oui merci. Tu sais que si t'as un problème on est là bonhomme, on est cousins ne l'oublie pas.

David lui lança un sourire émerveillé et tous lui sourirent. Il était facile de comprendre combien cela pouvait être déstabilisant d'arriver à Poudlard sans avoir jamais entendu parler de magie.

– Merci James. Tout le monde est très sympa avec moi. J'ai juste… un peu de mal.

– C'est normal c'est le début.

– Oui, en plus… Je pensais que j'allais tout rater et puis… Tout est spécial et nouveau pour moi.

– Je comprends. Mais tu sais t'es pas tout seul. Beaucoup d'élèves ici sont enfants de moldus. De personnes qui n'ont pas de pouvoir magique.

– Moi par exemple !, ajouta Serena Velsen qui les suivait. Les premiers jours c'est bizarre mais au bout d'une semaine tu te sentiras chez toi ici et... comme les autres élèves.

Elle regarda Lily timidement. James la dévisagea et se rappela l'avoir vu quelques jours auparavant dans la salle commune de Gryffondor.

– T'as parfaitement raison Serena. En tout cas David, sache qu'on est très heureux de t'avoir parmi nous.

– Merci Lily. Euh… en revanche, on ne va pas un peu trop loin, là ?

– Non, t'inquiète c'est normal, lui répondit Annie. Les cours de potions ont lieu dans les cachots. C'est une vieille tradition. Mais tu verras la prof est super sympa. Et puis c'est très marrant de faire des potions, on va…

James et Alice échangèrent un sourire. Ils saluèrent les autres et partirent en direction du parc.

– Je suis heureuse pour Annie, c'est la première fois que je la vois vraiment sourire depuis la distribution.

– Ouais faut dire que Lily n'est pas très cool avec elle. Elle traîne beaucoup avec Lorcan et d'autres mecs parait-il.

– Ouais c'est ce que m'a confié Annie. Elle aimerait beaucoup retrouver ta sœur.

– Les autres filles ne sont pas sympas ? Cette Serena me semblait cool, non ?

– Ben les deux autres sont des chipies. Et Serena ne s'intéresse qu'à Lily.

– Ah bon ? Je ne les ai jamais vues ensemble.

– Non je crois bien que Lily veut faire confiance à personne. Rappelle-toi notre rentrée, tout le monde voulait être ami avec le fils du survivant. Tu soupçonnais tout le monde à l'époque, à part Maël avec qui ça a collé tout de suite. Et moi bien sûr parce qu'on se connaît depuis toujours, sans parler de Fred et Louis. Mais les autres… Regarde ce qui s'est passé avec Hugo… Lily ne veut faire confiance à personne et Hugo veut à tout prix un ami. Je pensais qu'il allait se rapprocher de ma sœur, elle l'a toujours beaucoup aimé. Mais a priori il la snobe car elle a pris le parti de Lily. Oh elle ne se souvient de rien, ne t'inquiète pas, c'est juste que connaissant ta sœur elle s'est dit que Hugo avait dû faire une grosse connerie pour qu'elle en vienne à le provoquer en duel. Depuis il ne lui adresse plus la parole.

– Pfff… Ces jeunes… Enfin, espérons que tout se passe bien pour eux. Bons ils sont où nos potes à nous là ?

– Là-bas près de la cabane de Hagrid. Les troisièmes années ont cours avec lui et le premier cours c'est…

– Hippogriffes ! Albus et Franck doivent être contents ! Salut les gars, alors combien de morts ?

– Tu ne crois pas si bien dire, y en a déjà deux qui sont à l'infirmerie.

– Non ? Qui ?

– Deux Serpentard, se réjouit Fred.

– Albus n'a rien, dit rapidement Maël pour rassurer son meilleur ami. C'est les jumeaux Nott..

– De notre année ? Qu'est-ce qu'ils faisaient là ?

– Venus troubler le cours. Ça n'a pas plu à Buck !

James repéra Albus qui prenait des notes contre un arbre. La voix bourrue de Hagrid se fit entendre.

– Ah nous avons de la visite. Venez par ici la canaille de Poudlard.

James et ses amis s'approchèrent, non sans saluer très bas les trois hippogriffes qui se tenaient tranquille dans le parc artificiel fabriqué par Hagrid.

– Salut Buck ! murmura James en caressant le vieil hippogriffe, pour qui il avait une affection toute particulière depuis que Hagrid lui avait raconté son histoire.

– Aller je veux trois volontaires. Très bien Roxanne, Jalil super approche toi et ? Personne ? Albus et Rose venez par là.

– Apprenez à compter vieil imbécile ! dit une voix plus loin dans la forêt.

La bande de Nott et Screta qui étaient dans la même promotion que James et ses amis, n'avaient pas cours non plus et étaient venus en nombre troubler le cours après que les deux frères de Nott furent blessés.

– Ferme-là Scretin, espèce de lâche, tu t'adresses à un professeur ! Caché en plus !

– Un professeur ? Ce monstre ? Mais tu aimes ça les monstres, hein Potter ! Ah ah, voilà la petite sœur monstrueuse de ce cher Potter !

– Que fais-tu là Lily ?, chuchota James en voyant arriver Lily et toute une bande de première année.

– Madame Wine est absente, il fait beau, je me suis dit qu'on pourrait rendre visite à Hagrid et voir quelques animaux, je ne savais pas s'il avait cours ou pas…

Après quelques allusions douteuses, Screta et sa bande quittèrent la forêt sans se faire voir. Hagrid demanda aux élèves de première année de se tenir derrière les autres élèves. David et Serena étaient tétanisés devant Buck et ses deux fils. Ils suivirent Lily, Annie, Lorcan, Sebastian et Colin au fond du parc artificiel. La confusion régnait, il y avait beaucoup trop d'élèves présents et soudain Buck s'envola pour se poser aux pieds de Lily. Les première année crièrent mais Lily leur fit signe de se taire et ne pas bouger. Elle avança vers Buck en murmurant des paroles inaudibles. Celui-ci se cambra arrachant encore quelques cris mais Lily ne cessa pas d'avancer vers lui.

– Lily ! recule tout de suite ! Baisse toi, il va penser que tu le défies !

James ne savait pas quoi faire et regardait Hagrid d'un air suppliant. Mais Buck baissa la tête et finit même par se coucher aux pieds de Lily qui s'appuya sur lui et le caressa doucement. Elle enfonça sa main dans l'oreille de Buck et en sortit un étrange animal qui ressemblait à une sauterelle mais couleur bois. Hagrid s'approcha alors que Buck poussait un gémissement de bonheur.

– Un delcope ! Comment as-tu su qu'il avait ça, Lily ?

– Je ne sais pas. Ça me paraissait évident c'est tout.

Tous les élèves la dévisagèrent en silence. Hagrid leur demanda ensuite de s'éloigner davantage et il reprit le cours non sans difficulté. Lily était prostrée dans le silence et observait son frère et ses amis qui tentaient de communiquer avec les hippogriffes. Albus put très vite monter sur Citron le plus jeune des animaux présents. Jalil était déjà sur le dos de Réglisse. Ils furent les seuls à pouvoir monter sur le dos des animaux, à l'exception de Sally-Ann et Scorpius qui y arriva très bien aussi, ce qui surprit beaucoup Hagrid. Les Serpentard eurent donc quarante points alors qu'aucune autre maison n'en obtenait davantage. Seuls dix points avaient été attribués à Serdaigle en raison des bonnes réponses données par Rose et Natasha. Elles avaient en revanche totalement échoué au niveau pratique. Réglisse avait même eut un comportement très agité face à Natasha qui n'avait pas insisté.

Alors que sonnait la fin des cours, tout le monde repartit en direction du château. Seule Lily resta auprès de Hagrid après avoir salué ses amis et ses frères. James marchait silencieusement aux côtés de ses amis.

– James, il ne faudrait pas que tu perdes tes habitudes ! Tant de silence de ta part ce n'est pas courant, faudrait pas que tu te mettes à réfléchir quand même…

Ses amis continuant de le charrier, James choisit rapidement ses proies. En effet Rose et Natasha marchaient à quelques mètres d'eux.

– Ben alors les petites rates, on a toujours pas compris qu'il n'y avait pas que de la théorie à Poudlard ?

Rose le fusilla du regard mais préféra ne pas répondre.

– Kandinsky ! Oh eh Kandinsky ! Tu n'aimes pas les animaux ?

– Juges-en par mon comportement à ton égard Potter !

James fut scotché par tant de répartie. Ses amis se moquèrent gentiment de lui jusqu'à ce qu'ils rejoignent la Grande Salle. Les Donovan restèrent encore une fois groupés, mais Louis paraissait content. Il regardait David et Annie qui étaient en grande conversation. Alors que ses amis s'asseyaient près de lui, la bande de Nott et Screta s'arrêta entre les tables de Gryffondor et de Serdaigle. A priori ils les avaient suivi de près et vu la façon dont ils regardaient Natasha, ils n'avaient pas perdu une miette de leur échange.

– Bravo Kandinsky, t'as su remarquer que les Potter sont tous des êtres hybrides, des petits monstres sans cervelle qui..

– Ne te sers pas de mes petites critiques amicales envers James pour faire de mes dires une généralité. En gros et pour parler ta langue, je t'emmerde !

– Fais gaffe à ton langage fillette ! Il vaudrait mieux pour toi que tu sois auprès des puissants qu'auprès de la famille dégénérée de Potter !

– Si lui est un petit prétentieux toi tu n'es qu'un idiot ridicule. Je préfère Potter à toi ! Maintenant laisse-moi manger en paix.

A la table des Gryffondor, James et ses amis regardèrent en souriant la bande de Nott et Screta rejoindre la table des Serpentard.

– Quel cran cette fille ! remarqua Fred. Pas mal en plus, elle est super mignonne.

– Ouais ben elle est prise mon vieux, répondit Maël en souriant.

– Bah ça change rien ça !

– Sauf si elle est déjà prise par un ami à toi.

– De qui tu parles ? questionna Fred sans comprendre.

James se tourna vers Maël qui lui fit un imperceptible clin d'œil. Leur échange n'avait pas échappé à Alice qui souriait ouvertement. Fred avait heureusement rapidement changé de sujet mais James continuait de laisser ses pensées voguer vers Natasha. Il avait été quelque peu blessé lorsqu'elle l'avait comparé à un animal mais il s'était surtout montré troublé et touché lorsque la Serdaigle avait pris sa défense face à Nott.

– Ça va mon chéri ? demanda Dona en s'asseyant près de lui après l'avoir brièvement embrassé.

Il acquiesça et rougit. La jeune fille prit ça pour un signe d'affection mais James savait très bien pourquoi il rougissait. Pour la première fois il avait réellement envie d'un baiser. Mais ce n'était pas sa petite amie qu'il rêvait à ses côtés mais la jeune fille qui, devant lui, lançait des sourires flamboyants et posait ses magnifiques yeux verts de plus en plus souvent sur la table de Gryffondor.

ooOOoo

Il s'appelle Hugh. Pas Hugo, mais Hugh. Juste Hugh. Il s'appelle Hugh Irving, il n'est ni roux ni brun, et pourtant… On lui demande sans arrêt son lien de parenté avec les Weasley. Ça n'a rien à voir avec ce garçon empoté arrivé plus tard que les autres élèves, ce garçon qui avance toujours voûté et dont le nez forme une motte peu séduisante. Lui aussi est constamment harcelé par ceux qui lui parlent de la famille Potter-Weasley mais ça n'a rien à voir avec lui. Non, ça n'a rien à voir. C'est juste cette ressemblance entre le prénom de Hugh et celui du dernier héritier des Weasley. Trois lettres communes, une qui diffère, et ça suffit pour que chaque élèves qui vient le voir lui parle de cet Hugo Weasley à qui lui-même n'a jamais parlé.

Il s'est renseigné à leur sujet, il a tout entendu de la guerre et de leur place dans la communauté sorcière britannique. Mais Hugh se moque de la guerre, des responsabilités, de l'héritage et de la communauté sorcière. Ce qui intéresse Hugh c'est la musique. Ici, à Poudlard, i pas de musique. Hugh n'a même pas eu le droit d'emporter son ordinateur, ses logiciels, son casque sans fil bleu qui ne quitte pourtant jamais ses oreilles. Hugh est né moldu et, dans l'ancienne école qu'il fréquentait, il était considéré comme le plus grand des geeks. Un féru d'informatique, un musicien du numérique. Hugh veut travailler dans un studio, jouer avec les sons, arranger les mélodies. Sébastian Rafa a beau dire que ça prendrait sans doute moins de temps de le faire d'un coup de baguette magique, Hugh s'en fiche. Il préfère son fidèle ordinateur à sa baguette. Il n'a jamais aimé le fantastique, ne s'est jamais intéressé à ce que les moldus prennent pour de la magie. Il n'avait pas envie qu'un professeur au regard lunaire surgisse dans son salon, encore moins envie de le suivre jusqu'à Poudlard.

« I même pas de connexion internet. »

Le professeur Londubat soupire. Il ne comprend pas que Hugh ne soit pas comme Serena Velsen et Sebastian Rafa. Eux semblent ravis de voir que la magie existe, eux voient tout ce qu'elle a à leur offrir, eux font déjà partie du monde magique. Hugh, lui, ne doit sa présence à Poudlard qu'à l'émerveillement loufoque de sa mère.

« Rien ne t'empêche de te professionnaliser dans le domaine de ton choix, qu'il soit moldu ou sorcier. »

Oscar Dubois, le Préfet de sa maison, a une voix douce et rassurante. Mais même lui ne parvient pas à calmer Hugh. Et puis il y a toutes ces bagarres qui l'inquiètent. Il a même cru, au début, que les suicides allaient reprendre. La préfète-en-chef lui a interdit d'en parler, sous prétexte que c'est un sujet délicat, trop pour être abordé par un jeune garçon. « Tu n'es qu'un enfant, tu ne peux pas comprendre. »

– Il n'est pas plus jeune que certains cadavres retrouvés aux pieds de la Tour d'Astronomie.

Susie Finigan a ce courage qu'il n'imaginait pas chez elle, ce tempérament de feu dissimulé derrière un regard d'ange et un visage un peu lunaire, enfantin, naïf.

Susie Finigan prend toujours la défense de Hugh. Susie Finigan prend toujours la défense de tout le monde, en vérité. Elle fait partie des justiciers masqués que Hugh suit de loin, la bande de James Potter, ceux qui suscitent tant d'admiration que d'effroi. Ils mettent fin à la moindre bagarre, le regard vif et décidé. Ils font partie des quatre maisons de Poudlard, il y en a donc toujours deux ou trois qui sont sur place, quand un petit plaisantin s'en prend à David Dursley, voulant vérifier qu'il est bien en famille avec Harry Potter, ou à la fratrie Donovan, qui se défend en silence, d'un coup de baguette sec et acéré.

« Ça fait beaucoup à gérer, surtout en si peu de temps, j'en ai conscience, mais tu t'y feras vite, Hugh. Tu verras alors à quel point la vie peut être merveilleuse à Poudlard.

– Je suis certaine que Poudlard va te manquer cette semaine...

Hugh ne répond ni à Oscar, ni à Susie. Il sait, depuis la veille, que le directeur a pris la décision de renvoyer les élèves chez eux le temps d'une semaine, le temps que les choses se tassent. Hugh s'en fiche pas mal de cette histoire de concours dont tout le monde parle et des arrivées tardives de ces élèves que tous dévisagent.

« Ça va aller, bonhomme. »

Oscar Dubois se veut être comme un frère pour Hugh. Mais Hugh ne veut pas de frère, il veut seulement qu'on lui rende ses affaires, son matériel, sa passion. Et une connexion internet.

ooOOoo

«... et puis... on pourrait s'écrire pendant les vacances. Enfin si tu en as envie aussi. Enfin, c'est pas que j'en ai vraiment envie, tu vois, mais ce sont des choses qui se font, entre amis. »

Voilà plusieurs jours que Nalani Jordan était rentrée passer les fêtes de fin d'année en famille mais, quoi qu'elle fasse, elle ne pouvait oublier les mots bégayés par Maël Thomas à la sortie du Poudlard Express. Ce n'était pas tant la maladresse du jeune homme, ni sa touchante lenteur d'esprit, qui agaçaient Nalani, plutôt son audace de prononcer ces mots en présence des parents de la jeune fille, deux joyeux trublions que rien ne gênait jamais et qui aimaient rire de tout, au dépend de la gêne de leur fille.

Liko aussi avait tout entendu. « Maël est vraiment un bon gars. Incompris, comme peut l'être James, et seulement parce qu'il est son meilleur ami... Mais c'est un bon gars.

– Ses parents ont l'air charmants, se réjouissait la mère de Nalani.

Ils les voyaient déjà mariés. Dans une de ses précieuses lettres, Solenne avait confirmé les soupçons de Nalani : « Vous êtes un peu le couple parfait, deux aimants destinés à ne faire plus qu'un. » Mais Nalani n'aimait pas le destin. Il la déstabilisait, lui faisait peur. Elle aimait que la vie la surprenne, elle aimait l'idée de faire ses propres erreurs, d'apprendre, de se relever. Elle voulait qu'on la surprenne. Et Maël Thomas, tout aussi sympathique et génial qu'il puisse être, ne la surprenait pas suffisamment.

« Tout va bien, jeune fille ? »

Nalani se tourna vers l'homme qui venait de l'apostropher. Un homme à qui elle n'aurait su donner d'âge, mais qui n'avait pas l'air bien méchant. Il tirait sur sa cigarette comme on profite jusqu'à la dernière seconde d'une pause. Derrière eux, un chantier colossal de bruits et de poussière.

Loin devant elle, Liko n'appliquait pas les consignes - « ne laisse pas ta sœur seule ! » - de ses parents et riait à gorge déployée avec quelques jeunes de son âge que Nalani avait déjà vu dans la Grande Salle. Des Gryffondor, pensa-t-elle. Elle n'avait nulle envie de les rejoindre et de les entendre la questionner au sujet de Maël. Elle avait quinze ans et ses camarades de dortoir regardaient de moins en moins discrètement les garçons et les filles qui leur plaisaient. Elle avait quinze ans et tous s'attendaient à ce qu'elle se trouve un petit ami. Tous s'attendaient à ce qu'elle choisisse Maël. Face à elle, l'horloge géante qui surplombait l'entrée de King's Cross annonçait qu'elle avait une bonne demi-heure avant le départ du Poudlard Express.

La malle s'écrasa lourdement sur les pavés, dans un bruit ahurissant. Elle s'assit près de l'homme sans trop savoir pourquoi elle plaçait sa confiance en lui. Sa première discussion sérieuse avec Solenne lui revint en mémoire, alors que sa « future » meilleure amie lui disait avoir besoin de se confier et qu'il était souvent plus aisé de le faire avec quelqu'un de neutre, d'extérieur, de pas trop proche.

« Il y a ce garçon qui m'a toujours plu et tous les autres qui disent qu'on est faits l'un pour l'autre. Je l'aime beaucoup mais i pas d'effet de surprise, j'ai l'impression qu'il croit qu'il n'a aucun effort à faire pour se rapprocher de moi, que c'est du tout cuit. Et puis il y a tous ces gens qui parlent de mes amis et moi, sans même chercher à nous connaître. Ils parlent de nous parce que le père de James est célèbre, parce que nos parents à tous, ou presque, le sont. J'aimerais qu'ils voient James comme je le vois, un gars normal et vachement sympa, un ami formidable. J'aimerais que les élèves cessent de vouloir faire tomber Keanu dans les escaliers, juste parce que son père est prof et qu'ils trouvent tous qu'il est favorisé alors qu'en fait, pas du tout. J'aimerais qu'ils arrêtent de voir Alice et James mariés, tout comme Oscar et Susie. J'aimerais qu'ils arrêtent de croire qu'on se sent supérieurs aux autres, alors qu'on est juste des adolescents comme les autres.

– L'adolescence, murmura l'homme, pensif. Une période complexe...

– Je vous gave avec ça alors que, bon, je suis sûre que vous avez connu des problèmes plus graves, coupa Nalani brusquement.

– Ça avait besoin de sortir, voilà tout. Tu vas à quelle école ?

Soudain, Nalani prit peur. Voilà qu'elle parlait à un moldu, risquant à chaque phrase de mettre en péril le secret magique de sa maladresse habituelle. Les yeux de l'homme étaient rivés sur sa malle, un sourire énigmatique traversant son visage fatigué.

– Poudlard, hein ? Ça ne devrait plus m'étonner. Tes parents ne t'ont pas accompagnée ?

– Vous êtes un...

– Oh, non. Je ne suis pas un sorcier. Mais je connais Poudlard.

Nalani le dévisagea, sentant le malaise la gagner. Peut-être avait-elle tort, peut-être cet homme avait-il un frère, un cousin, un proche qui soit sorcier. Mais un mauvais pressentiment subsistait en elle.

« Nal ? Tout va bien ? »

Trois visages à la fois inquiets et souriants. Trois cousins célèbres. Trois amis.

– Tout va très bien, mentit la jeune fille. Merci James, ajouta-t-elle à la main qui l'aidait à se relever. Au-revoir monsieur, bonne fin de journée.

– Te tracasse pas trop, jeune fille. Tu sembles bien entourée, c'est là l'essentiel dans la vie, tu peux me croire.

Elle acquiesça gauchement, suivant les cousins Potter-Weasley vers la gare, sans se retourner.

– Alors Peter ? Tu as appris quelque chose qui pourrait m'intéresser ?

– Ça dépend. Tu es prêt à sacrifier quelques mornilles pour moi ? J'aurais bien envie d'un café.

Elvis Zigaro hocha la tête. Tous ceux qui entouraient la Clef du Rassemblement l'intéressaient. A n'importe quel prix.

ooOOoo

Hugh est de retour à Poudlard. Il a passé ses vacances les yeux vrillés à son écran, il n'a jamais eu si mal aux yeux qu'en cette semaine. Il n'aurait jamais cru pouvoir se déshabituer si vite. Physiquement, du moins. Sa mère ne comprend pas pourquoi il aime si peu Poudlard, il lui a tout raconté et elle reste émerveillée. Même lorsqu'il parle de la forêt interdite, de la vague de suicides dont tout le monde parle, des héritiers qui font leur loi... Elle n'avait de cesse de sourire, elle disait « montre moi ce que tu peux faire avec ton bout de bois » et Hugh d'expliquer qu'il n'avait pas le droit de faire de la magie en dehors de l'école. Pas l'envie, surtout. Il a retrouvé son ordinateur, sa connexion, ses amis. Ça n'avait plus rien d'évident, son avatar manquait d'entrain, sa « team » ne l'avait pas attendu pour gravir les échelons de l'univers médiéval qui faisait finalement pale figure face à Poudlard. Alors Hugh a cherché. Il a passé quatre heures à taper tous les mots qui lui venaient en tête, mais nulle trace du monde magique sur la toile.

« J'imagine que les Oubliators du Ministère doivent y veiller », a dit James Potter. Et Oscar et Susie d'acquiescer, comme à chaque fois que le chef de bande parle. Hugh aussi a acquiescé mais lui, personne ne l'a vu. Il s'est mis à suivre le Préfet partout, parce que celui-ci dévoile bien plus d'informations que les élèves de première année. Alors Hugh prend des notes, il retient tous les mots, toutes les formules, toutes les idées et met en place un langage nouveau, un code qui lui permettra de passer outre les Oubliators. Bientôt, grâce à Hugh, le secret magique ne sera plus. Bientôt tout le monde saura la vérité.

ooOOoo

Ils avaient le même âge, fréquentaient la même école, avaient été répartis de façon peu commune. Là s'arrêtaient leurs ressemblances. L'un avait hérité du cheveu parfaitement lisse et cuivré caractéristique de sa mère, l'autre possédait le cheveu dru quelconque de son père. Le premier avait les yeux pétillants et vifs de son père, le second trouvait ses yeux sans éclat. Le premier faisait naître les sourires, les soupirs, le second n'avait pour effet que de faire rire les élèves moqueurs. L'un faisait jallir milles étincelles de sa baguette quand le second faisait passer la sienne d'une main à l'autre, redoutant l'immensité des pouvoirs qu'elle lui conférait.

Ils étaient pourtant assis l'un à côté de l'autre, écoutant depuis près d'une heure leur professeur de Botanique. C'était lui qui les avait placés ainsi, fatigué d'entendre dire que tous se battaient pour s'asseoir aux côtés de Sullivan Donovan et que le moindre élève hurlait son désaccord lorsqu'on lui désignait la chaise vide aux côtés de David Dursley.

L'un attirait, l'autre repoussait. « Ça changera », avait soupiré James Potter. « Ça changera et tu regretteras cet instant. Ça changera parce que tu es notre cousin. Ça changera parce que tu seras à tout jamais lié à mon père, un homme que tu n'as rencontré qu'une fois et dont tu n'avais jamais entendu parler. Mais tu ne dois pas avoir peur, David, parce qu'on sera là pour t'aider. On est déjà là. Tu n'es pas seul. »

Sullivan n'était pas seul non plus. Il avait son frère, ses sœurs, les lettres de sa mère, les visites récurrentes de son frère aîné et de son père. Et Lysandre Scamander.

« Lysandre ?

– Mmh ?

– Qu'est-ce qu'il voulait ton frère ?

– Oh... Lorcan et ses amis ont entendu des rumeurs.

– Quelles rumeurs ?

– Machiavec ou Medor ou... Tu sais ce garçon qui dort dans le même dortoir que nous et qui porte un prénom de chien ?

Sullivan Donovan sourit. Lorcan était tonique, dynamique, il riait fort et très souvent, il courait, se bagarrait, se débattait. Lysandre, lui, était le calme personnifié. Un garçon doux et rêveur qui parlait sans vraiment réfléchir, parce qu'il n'en avait pas besoin, parce qu'il n'avait que onze ans.

– Il s'appelle Mériadec.

– Voilà. Eh bien il dit à tout le monde que nous dormons dans le même lit, toi et moi.

– Ah. Et tu as dit quoi à Lorcan ?

– Que c'est la vérité. Ça t'embête?

Sullivan réfléchit. Bien sûr il lui faudrait en parler à sa famille, il préférait qu'ils l'apprennent de lui, plutôt que par un quelconque élève de ce château.

– Non ça ne m'embête pas.

Lysandre sourit et Sullivan sut qu'il avait donné la bonne réponse. Tous deux s'approchèrent l'un de l'autre, scellant cette discussion comme toutes les autres, d'un chaste baiser.

ooOOoo

Les jours filaient et le froid s'installait sur Poudlard. James ne voyait pas le temps passer, les cours étaient plus difficiles que jamais, même pour lui, et les professeurs commençaient à les effrayer à force de leur parler des BUSES. Les rumeurs continuaient à aller bon train sur la fratrie Potter et aucun des trois ne réagissait de la même manière. James qui avait toujours eu beaucoup de facilité et d'avance sur ses camarades était désormais terriblement stressé par ses résultats et n'arrivait plus à réussir ses devoirs. Il ne s'inquiétait pas d'avoir perdu de l'avance sur ses camarades, cela devait arriver et il trouvait normal que son « don » soit rattrapé par ceux qui travaillaient activement. Non, il s'inquiétait plutôt du fait qu'il n'arrivait plus à se concentrer en cours, il n'arrivait plus à éprouver de plaisir à comprendre et découvrir, ni à faire ses devoirs comme il aurait dû, avec patience et sérieux.

– C'est normal James, tu as eu une rentrée mouvementée.

– Mais Alice, un D en potions ! Un D en potions !

– Oui et bien ça m'arrive très souvent à moi et regarde Fred, il n'a que des P ou des T en potions, lui il aimerait bien avoir un D, ça serait déjà du progrès.

– Mais…

– Oui je sais, tu es habitué à mieux mais c'est un fait tu n'arrives plus à te concentrer en ce moment.

– Tu crois que c'est… hormonal ?

– Peut-être, pouffa Alice. Mais je pense surtout que tu manques de reconnaissance. De tes parents par exemple, qui ne voient que tes bêtises et non tes résultats brillants. Alors pour un gars comme toi c'est compliqué à gérer. Forcément, tu doutes par rapport aux BUSES parce que tu sais que si tu as de mauvais résultats tu vas les décevoir.

– …

– J'ai touché le point sensible ?

– Oui. C'est exactement ça.

Réaliser qu'il avait peur de décevoir une nouvelle fois ses parents rendit James encore plus soucieux. Bien sûr il y avait le quidditch, les petites piques lancées à Natasha sous les regards furieux de Rose, mais James passait le plus clair de son temps dans ses pensées. Il attendait une solution qui ne venait pas à un problème qu'il ne comprenait pas. Et son air grave eut autour de lui un impact qu'il avait sous-estimé. Les filles ne parlaient plus que du nouveau James, celui qui était définitivement passé du petit garçon turbulent au « MSV ».

– MSV ?

– Mâle Sexy Viril, lui apprit Alice. Ton nouveau surnom. Dans les toilettes des filles en tout cas…

Du côté de Lily tout était aussi compliqué. Elle faisait mine de se moquer totalement des rumeurs, des chuchotements des élèves à son passage, des yeux rivés sur elle dès qu'elle faisait quoi que ce soit… L'épisode avec Buck avait alimenté les conversations, tout le monde désirant connaître le secret de Lily Potter. Elle avait rapidement classé les élèves de première année. Il y avait les personnes de confiances, ses amis qui étaient présents à ses côtés il y avait ceux qui parlaient derrière son dos, qui semblaient croire les rumeurs, voire les alimenter et puis il y avait ceux qui voulaient être amis avec elle, comme avec ses deux frères, pour leur nom.

Les Serpentard avaient lancé les hostilités. La guéguerre entre les deux maisons était une tradition et Lily en était désormais la principale cible. Les Serdaigle prenaient un malin plaisir à l'ignorer, comme pour lui prouver qu'elle ne méritait pas son statut, elle qui était capable de tant de bassesses. Tous la regardaient avec mépris, à l'exception de Lysandre Scamander qui se montrait toujours très sympathique et de son ami Sullivan, le seul membre de la famille Donovan qui se mêlait aux élèves de Poudlard. Les Poufsouffle la dévisageaient en chuchotant à part Marco Boot qui prenait toujours le temps de venir les saluer tous, Lily et ses amis. Pas comme cette stupide Janice Chelsea, pensa Lily, qui tentait de faire amie-amie avec la nouvelle célébrité ou Eva Abercrombie qui, sous prétexte que leurs parents se connaissaient, laissait entendre qu'elles étaient les meilleures amies du monde et qu'elle connaissait ses plus sombres secrets.

Chez les Gryffondor, Lily faisait confiance à Lorcan et à Annie, à David aussi qui découvrait le monde magique avec insouciance et semblait si heureux de son nouveau statut de « cousin ». Lily faisait également confiance à Sébastian Rafa, élève né moldu, qui s'était rapidement intégré au sein du cercle pourtant très fermé Lily-Lorcan. En revanche, Lily ne savait que penser de Colin Crivey. Celui-ci était doux et discret, il les suivait avec un grand sourire mais Lily ne parvenait pas à savoir s'il était simplement heureux d'avoir une bande d'amis ou si son bonheur ne concernait que Lily. Il y avait bien sûr le « problème Hugo » qui ne pouvait s'empêcher de prononcer quelques mots, quelques phrases sur sa cousine, déclenchant plusieurs exclamations de la part des Poufsouffle mais Sébastian qui mesurait dix centimètres de plus que Hugo arrivait petit à petit à le calmer par ses regards noirs qui en disaient long sur ce qu'il pensait de lui. Lily était heureuse auprès de lui et Lorcan, ils riaient beaucoup et s'entraidaient pendant les cours. Chacun avait ses matières de prédilection, la défense et la métamorphose pour Lorcan, les sortilèges et la botanique pour Lily, l'histoire de la magie qui fascinait Sébastian et chacun prenait à cœur de partager sa facilité avec les autres. Seules les Potions leur posaient problème. Ils étaient pourtant tous les trois doués pour cette matière mais passaient le plus clair de leur temps à faire des expérimentations loufoques qui ne faisaient rire qu'eux.

Lily s'entendait si bien avec les deux garçons qu'elle redoutait chaque soir de regagner son dortoir. Annie était très gentille mais sa timidité l'empêchait de se sentir à l'aise alors que Jessy Khrid et Mary Lywood passaient leur temps à se moquer de sa petite taille ou de son ami David ou de sa sœur Alice qui n'arrivait pas à conquérir James Potter… Le beau James Potter, le si drôle Fred Weasley, tels étaient les principaux sujets de conversation de Jessy et Mary, les deux filles faisaient semblant de s'intéresser à Lily mais celle-ci les détestait. Voilà pourquoi elle fuyait son dortoir et spécialement ces deux filles. Et cela ne s'arrangeait pas à mesure que s'intensifiaient la nouvelle guerre entre Lily et Serena Velsen. Lily vouait une indifférence totale à la jeune fille et ne se l'expliquait pas. Serena trouvait toujours un moyen de s'incruster dans la bande de Lily, pour parler à Lorcan, rendre à Annie une écharpe que celle-ci avait oubliée, expliquer à Colin tel ou tel point du cours…

Oui, Serena Velsen était gentille, attentionnée, sérieuse, travailleuse, elle souriait toujours, était sans arrêt de bonne humeur et était d'une beauté à tomber par terre. Elle était née moldue mais était une élève talentueuse, elle était généreuse et proposait toujours son aide et puis elle ne cessait de poser des questions à Lily, de s'intéresser à elle plus qu'aux autres, de l'attendre lorsque Lily prenait du retard pour observer telle ou telle chose, de la rattraper lorsqu'elle allait trop vite…

Lorcan et Sébastian parlaient très peu à Serena, Annie ne semblait pas du tout l'apprécier mais David et Colin commençaient à sympathiser avec elle. Le premier était heureux de partager sa découverte du monde magique avec elle et Colin semblait fou d'elle. S'il semblait lui préférer Lily il la trouvait cela dit belle et ravissante et ne tarissait pas d'éloges à son sujet. Serena était sans conteste la future bombe de Poudlard mais ce n'était pas pour cela qu'elle dérangeait Lily. Celle-ci ne comprenait justement pas pourquoi Serena ne tentait pas de se faire d'autres amis que ceux de Lily, après tout elle n'aurait aucun problème à rentrer dans n'importe quelle bande, vu ses innombrables qualités et sa beauté.

Pas à la manière sophistiquée de Jessy et Mary, non, Serena était un soleil, elle illuminait le dortoir de son sourire et de ses si jolis yeux gris. Elle était destinée à être appréciée de chacun et pourtant, tous lui tournaient le dos. Et Lily savait que c'était de sa faute. Mais elle n'y pouvait rien car elle était persuadée que la belle Serena n'était pas quelqu'un de bien.

ooOOoo

Les élèves n'avaient toujours pas rencontré Kéran Donovan, ni reçu de nouvelles du tournoi mais plusieurs imprévus ne tarderaient pas à rompre la monotonie automnale.

Les frères Zigaro, secondés par l'horrible bande des frères Nott et Screta avaient recommencé à sévir. L'allégeance d'Albus, Jalil et Scorpius s'était intensifiée sans que quiconque puisse soupçonner leurs réels sentiments. L'effroi et la résignation avaient pris Jalil, comme l'on enferme un oiseau dans une cage. Scorpius s'armait de patience et d'un regard de pierre, impénétrable. Quant à Albus... Son double jeu le satisfaisait, sans que nul ne sache quelle part en lui prenait le pas sur la seconde.

Bob Screta et Théo Nott avaient pris la tête de la bande et ordonnaient désormais aux deux leaders des « exceptions » et à Scorpius de mener des actions spéciales et très difficiles. Ils devaient par ailleurs punir chaque élève qui manquait de respect à leurs deux chefs. Leurs premières victimes furent des élèves de première année qui avaient, sans le savoir ni le vouloir, énervé Nott et Screta.

Mais nul n'était à l'abri de leur brutalité et certainement pas ceux qui avaient un jour osé leur manquer de respect.

ooOOoo

La porte du dortoir s'ouvrit en tirant Lily de ses pensées. Ce soir-là elle avait décidé de s'isoler un peu et de profiter de l'absence de ses camarades de chambrée pour lire un livre épais que lui avait donnée Hagrid. Elle s'attendait à entendre les voix criardes de Mary et Jessy ou la voix fluette de la douce Annie, alors Lily tourna le dos à la porte.

– Hey Lily…c'est.. moi, Serena.

– Hum…

– Excuse-moi de te déranger mais Colin m'a dit que… enfin…

– Abrège, coupa Lily d'un ton froid en se retournant vers Serena.

– Et bien je voulais te proposer de revoir le cours de Défense.

– Et c'est quoi le rapport avec Colin ?

– Il… Il m'a dit que tu n'avais pas tout compris. Et comme…

– Il a dit ça ?

– Oui, enfin, ce n'était pas méchant du tout, c'est juste qu'on faisait nos devoirs ensemble et il m'a laissé entendre que tu…

– Velsen, tu sais qui est mon père, n'est-ce pas ?

– Euh… oui. Enfin de nom..

– Et tu sais ce qu'il a fait ? A Voldemort ?

– Oui, mais…

– Donc tu sais que je n'ai pas besoin d'une cruche pour …

– Je ne dis pas ça, on aurait juste pu... et puis, j'en ai marre… Arrête de toujours me parler ainsi !

Lily s'était levée et tentait depuis plus d'une minute de faire transparaitre tout son énervement dans ses yeux et sa voix et visiblement ça ne plaisait pas à Serena. Depuis le début de l'année, Serena faisait preuve de beaucoup de patience avec la lunatique et agressive Lily Potter mais comme tout le monde, Serena avait ses limites.

– J'entends bien comment tu parles avec les autres, Colin, Sébastian, Lorcan..

– Et ?

– Et tu leur parles différemment.

– C'est normal, ce sont mes amis.

– Nous aussi, on…

– Aha ha ha !

– Tu me détestes à ce point ?

– Attends, laisse-moi réfléchir… Oui !

– Mais pourquoi ? Mary et Jessy je comprends, elles sont nulles mais…

– Toi aussi.

Lily s'en voulu dès qu'elle vit la mine peinée de Serena. Mais elle ne pouvait s'empêcher de continuer.

– T'es comme les autres, à vouloir être mon amie parce que je suis célèbre.

– Non !

– Mais si, tu veux juste…

– Tu n'es pas célèbre, Lily !

– Quoi ?

– Ton père est célèbre pour avoir fait quelque chose d'exceptionnel mais toi tu es juste célèbre pour être née. C'est tout. Tu n'as rien d'extraordinaire, sauf ton nom. Ta mère et tes frères…

– Ne t'attaque pas à ma famille Velsen !

– Laisse-moi parler Lily ! Je me suis renseignée sur ta famille ! Ta mère est devenue une grande joueuse de Quidditch et ça l'a rendue célèbre. Ton frère James est un élève brillant, Albus…

– C'est bien tu connais tout le monde, t'es la petite groupie parfaite !

– Non ! Je suis juste née moldue et je n'ai pas compris pourquoi tu te méfiais de tout le monde à la rentrée, pourquoi tu restais seulement avec Lorcan, pourquoi le moindre de tes faits et gestes était détaillé, commenté à chaque fois !

– Et c'est bon, t'as compris ?

– Oui, j'ai compris que tu ne faisais pas attention aux autres ! Je comprends que tu sois méfiante mais tout le monde n'est pas vil ou envieux, Lily ! Je t'ai trouvée géniale dès le premier soir et…

– T'as voulu…

– Mais laisse-moi parler ! Tu es stupide d'agir ainsi ! Parce que tu es vraiment géniale, Lily.

Lily dévisagea Serena quelques instants. Géniale, elle ? C'est ce que répétait à longueur de journée Colin et elle avait compris pourquoi. Toute sa famille était fascinée par les Potter, soit. Mais elle ne voulait pas d'amis qui ne s'intéressent qu'à la célébrité de son père. Elle était bien avec les siens, des amis sympas et normaux qui la traitaient comme n'importe-quelle fille de son âge.

– Stupide et géniale, c'est tout moi… Pourquoi tu me parles alors ? Pourquoi t'es tout le temps en train de trainer avec nous, pourquoi tu parles avec mes amis ? Tu veux me les piquer, c'est ça ?

– Te les piquer ? Franchement ? ça ne se pique pas un ami ! Tes amis sont avec toi parce qu'ils t'apprécient, et si je voulais autant entrer dans ta bande c'est parce que je voulais être ton amie, à toi et pas forcément à eux !

– Ah tu…

– Pas pour ton père ! Pas pour m'approcher de tes frères !

– Pourquoi alors ?

– Parce que tu es bourrée de qualités et que j'avais envie d'avoir une amie ! Voilà pourquoi ! Je ne pense pas être stupide comme Mary ou nunuche comme Jessy, je ne pense pas t'avoir déjà méprisée comme le font Adelaïde Lespare et Anastasia Kandinsky, je ne crois pas avoir répandu des rumeurs sur toi comme le font Abercrombie et Chelsea, je ne pense pas te dévisager comme le fait Colin ou te vénérer comme Annie ou Andy Mac Milian. Je t'apprécie pour ce que tu es, une fille franche, directe, sympa et drôle, qui n'a pas peur d'un hippogriffe qui fait trente fois son poids, qui fait exploser des chaudrons par envie et non pas par manque d'attention ! Une fille qui a de la répartie et de l'esprit, une fille qui est tout bonnement mille fois plus intéressante que les autres filles de ce dortoir réunies !

– …

– Je suis née moldue. Je ne connaissais pas l'existence du monde sorcier jusqu'à mes onze ans et figure toi que ça a été une belle surprise pour moi d'apprendre début août qu'un mois après j'irai dans une des plus grandes écoles de magie d'Europe ! Jusque-là, à l'école j'étais la meilleure, j'avais plein d'amies qui m'aimaient parce que j'étais célèbre ! Et oui, la célébrité ça existe aussi chez les moldus ! J'habite un tout petit village et mon père est commissaire de police et a arrêté un tueur en série. Ça n'a rien à voir avec la fin de Voldemort et de la guerre mais… Je suis célèbre pour ça, je sais donc ce que c'est que d'être entourée de gens qui n'en veulent qu'à ta célébrité, je sais ce que sont les rumeurs, dès que ta mère parle à un autre homme on parle d'adultère, dès que tu sors en famille on t'aborde dans la rue, dès que tu as une mauvaise note on plaint tes parents ! Alors oui, j'étais ravie de venir ici, j'étais l'inconnue, j'avais tout à apprendre et je rencontre cette fille géniale qui… qui me ressemble et que j'aimerais connaître. J'ai juste voulu être ton amie, Lily ! Et vu que tu n'acceptes même pas de faire tes devoirs avec une fille comme moi, c'est sans doute que je me suis trompée sur ton compte et que tu ne mérites pas d'avoir des amis comme les tiens ! Mais ne t'inquiète pas, je ne te les « piquerai » pas comme tu dis, ce sont tes amis et ils t'aiment comme tu es, j'espère que je me trouverai des amis aussi et qu'ils seront plus ouverts que toi !

Serena claqua la porte du dortoir, laissant Lily complètement abasourdie et déçue. Déçue de n'avoir rien compris, déçue de n'avoir rien vu, déçue d'elle-même comme jamais.

Lily n'était pas descendue du dortoir après son altercation avec Serena. Elle était restée couchée sur son lit à réfléchir sur ses mots, ses actes et sur ce que les uns et les autres devaient penser d'elle. Elle s'était ensuite endormie, n'entendant pas ses camarades rentrer et s'était levée après être sûre et certaine qu'il n'y avait plus aucun bruit dans le dortoir. Dans la salle commune, elle vit Lorcan et James en pleine discussion.

– Ah te voilà, on t'attendait !

– Ça va Lilou ?

– Oui, oui, j'étais juste fatiguée hier soir. On y va ?

Serena était absente à la table des Gryffondor et Lily suivit Lorcan et les autres dans le parc. En effet, le soleil était présent ce jour-là et les élèves en profitaient avec joie.

– T'es bien soucieuse aujourd'hui, Lil.

– Me suis disputée avec… Serena, chuchota-t-elle à Lorcan.

– Encore ? Pourquoi cette fois-ci ?

– Ce n'était pas pareil… On s'est dit des choses… Je me suis trompée sur elle. Et elle est partie avant que… Annie !

– Oui ?

– T'aurais pas vu Serena ?

– Velsen ? Non… Pas depuis hier quand elle révisait avec Colin. Pourquoi ?

– Pour rien, t'inquiète.

– C'est pour ça que t'es pas redescendue hier ? reprit Lorcan.

– Ouais…

– T'as loupé un truc.

– …

– Seb… Il s'est fait attaquer par des Serpentard. Tu sais la supposée haine de certains pour les nés moldus, tout ça… Ton frère et tes cousins étaient là donc ça a bien fini, mais j'ai quand même eu la trouille pour lui. Hé ! Où tu vas ? Lily !

ooOOoo

Lily courrait vers le terrain de Quidditch aussi vite qu'elle le pouvait.

– James !

– Hey sœurette, qu'est-ce qu'il y a, t'as pas l'air…

– Viens ! James, c'est important !

Un peu plus loin, Rose et Natasha observèrent les deux Potter quitter rapidement le terrain sous le regard inquiet d'Alice et Maël. Rose vérifia que Hugo était toujours assis à quelques mètres d'elle et qu'il avait l'air en pleine forme et se rassura avant de commencer à imaginer ce qu'avait bien pu faire la mystérieuse Lily.

Au même moment, au bord du lac, Albus tomba sur l'herbe froide. Il était épuisé par les deux heures qu'il avait passées dans le lac, seul, à nager comme un forcené. Ura Jerks, une élève de septième année, lui avait expliqué qu'il avait été longtemps interdit de plonger dans le lac l'hiver. Depuis, les professeurs avaient adopté la solution des combinaisons moldues qui étaient désormais agrémentées d'algues épaisses et ultra résistantes qui permettaient aux élèves du club de plongée de nager toute l'année. Mais l'eau n'en était pas moins glacée et Albus avait du mal à se réchauffer. La plongée était comme un exutoire pour lui. Dans l'eau il pouvait crier sans que personne ne le soupçonne.

– Tu ne connais pas les sorts chauffants, Potter ?

– Q-q-quoi ?

– Les sorts chauffants. Tu vas mourir gelé si tu restes comme ça.

Scorpius Malefoy s'approcha de son camarade et Albus observa, inquiet, la vapeur qui sortait de la baguette. Quelques secondes après, il se sentit beaucoup mieux.

– M-merci.

– Pas de soucis. Ça fait du bien, hein ? Plonger, nager, tout oublier…

Albus se demanda quelques secondes si Scorpius savait, comme l'avait fait bien avant lui Tom Zigaro, lire dans ses pensées.

– Moi j'adore ça. Remarque je préfère le vol, mais quand tu accélères et que tu fonces partout alors que t'es tout seul, les autres te regardent bizarrement. C'est difficile de passer inaperçu. Sauf le soir. Moi je vole le soir. C'est autre chose que les entrainements de l'autre crétin, tu peux me croire.

– …

– Tu joues pas mal d'ailleurs.

– T-toi tu joues su-super bien.

– C'est marrant quand tu bégayes.

– J'ai f-froid.

– Raison de plus pour apprendre les sorts chauffants.

– …

– Tu n'es pas très causant.

– Ben.. Je n'ai pas trop l'habitude de parler avec toi.

– Potter, je te l'ai montré à plusieurs reprises, on est du même côté tous les deux. Faut pas que ça se sache, on est assez malins tous les deux pour ça mais ça n'empêche que…

– Que ?

– Rien. On aurait pu être amis dans une autre vie.

– Même dans celle-ci, Scorpius, dans deux ans plus aucun Basilics ne sera à Poudlard, on sera libre.

– N'y crois pas trop. Je ne pense pas qu'ils sévissent uniquement ici. Oh arrête tu sais très bien de quoi je veux parler. Ils ont d'autres objectifs. Faudrait être très malin pour leur échapper.

– Comme tu l'as dit, on est malins tous les deux.

– Ouais… L'avenir nous le dira. Aller je rentre retrouver mes amis, j'espère qu'ils m'auront gardé un peu de sang de dragon ou un truc encore plus horrible à avaler… Quoique je doute qu'il existe quelque chose de plus horrible…

Albus était très étonné de sa conversation avec Scorpius Malefoy. Agréablement étonné. Il était préférable de remplacer l'indifférence polie qui l'unissait au jeune Malefoy par une amitié intéressée. Albus n'était pas certain que Sally-Ann et Jalil voient d'un très bon œil un rapprochement avec Scorpius mais qu'importe... Albus saurait les manipuler. Il en allait de la bonne réalisation du plus précieux de ses plans.

Il sentit le sommeil le gagner et s'allongea sur l'herbe. Immédiatement les souvenirs de la veille lui vinrent en mémoire mais il n'en avait cure. Il commençait à s'habituer à réaliser avec brio les missions que lui donnaient les frères Zigaro, encore plus à feindre la triste obligation auprès de ses amis, la gêne et les regrets auprès de son frère. Albus ne regrettait rien. Il avait des objectifs à atteindre, il était normal qu'un tel plan provoque quelques dommages collatéreaux.

ooOOoo

A l'autre bout du parc, James tentait de calmer sa sœur.

– Attends Lily, je ne comprends rien de ce que tu me racontes !

– Quand t'avais mon âge t'as dit à papa qu'il se passait des choses bizarres au château. Des choses graves.

– Lily… Qu'est-ce…

– Certains élèves font mal à d'autres, n'est-ce pas ?

– Pourquoi me demandes-tu ça ?

– Réponds !

– Lily, quelqu'un t'a fait mal ?

– Non, pas à moi.

– Qui alors ? Annie ? Hugo ? David ?

– Non. Mais t'étais là hier quand… Lorcan m'a expliqué pour Sébastian.

– Oui, c'est l'habituelle querelle entre Gryffondor et Serpentard. Mais tu dois apprendre à te défendre avant d'y participer Lily.

– Une fille a disparu, James.

Le regard plus sérieux que jamais, les questions mécaniques, quand et où l'avait-elle vue pour la dernière fois... Mais Lily connaissait bien son frère. Il était plus soucieux qu'il ne le laissait paraître.

– Ben… j'en sais rien, hier soir on s'est disputé dans le dortoir et depuis personne ne l'a vue.

– C'est qui ?

Il avait prononcé ces deux mots au prix d'un effort immense.

Serena Velsen. Une fille de onze ans. Une fille de l'âge de sa petite sœur.

– Merlin… Ça ne va pas recommencer…

– Quoi ?!

– Viens, faut trouver Albus.

– Al ? Mais pourquoi ? Attends, tu ne crois tout de même pas que… James, attends !

ooOOoo

« Salut fils !

Comme je suis heureux d'avoir de tes nouvelles ! Ne prête pas trop attention aux élèves qui continuent de te regarder, reste discret et sérieux dans tes cours et tout se passera bien. Sache que nous sommes très fiers de toi, maman et moi.

Tes grands-parents continuent de jurer qu'ils n'ont pas caché la première lettre de Poudlard... Je ne sais si je dois les croire ou non. Après tout, comme le dit si bien maman, qui aurait bien pu le faire à part eux ?!

Ton frère continue de râler, il meurt d'envie de te rejoindre à Poudlard mais le professeur Londubat pense qu'il n'a pas de pouvoir magique. Mon cousin, Harry, pense la même chose. Maman et moi essayons de faire entendre raison à Jérémy, mais tu connais ton frère...

Nous t'embrassons très fort tous les trois,

Prends bien soin de toi et si tu as le moindre problème parles-en à Albus Potter. Harry m'a dit qu'il était plus fiable que son frère.

A bientôt, David.

Papa »

ooOOoo

James cherchait des yeux son frère. Il faisait relativement beau temps ce jour-là et Albus ne manquait pas une occasion de s'éloigner de la salle commune des Serpentard où il y avait toujours des sales besognes à réaliser pour les Basilics. Cependant, James ne voyait Albus nulle part et il dut se résoudre à aller se renseigner auprès d'une personne qu'il n'avait franchement pas envie de voir.

– Salut Rose, je sais que tu me détestes mais est-ce que tu aurais vu Albus ?

– …

– Rose, s'il te plaît. C'est important.

– Va voir ailleurs, James.

– Rose ! supplia Lily.

– On ne l'a pas vu, Lily, les informa Natasha. En revanche, Jalil est là-bas, sur le terrain, peut-être qu'il…

– Merci Kandinsky.

– James !

Hugo s'était approché et pressa le pas.

– Oui Hugo ?

– J'ai… j'ai vu Albus. Il allait vers le lac.

– Le club de plongée est fermé non en hiver ?

– Les élèves ont quand même le droit de se baigner, c'est noté sur les panneaux dans les salles communes.

– Ok merci Natasha et merci à toi Hugo, viens Lily. Écoute, je dois parler à Albus mais tu ne dois pas venir, vas rejoindre Lorcan et attends-nous là-bas ok ?

– Non, je viens avec toi, je ne suis plus une gamine James !

– Lily !

– Non !

– C'est un ordre !

– T'as pas à me donner d'ordre je suis ta sœur !

– Ne m'oblige pas à sortir ma baguette !

– Genre tu vas jeter un sort à ta propre sœur ?

– Je vais me gêner !

– Bon vas-y mais sache que je te déteste !

James parcourut au pas de course le chemin jusqu'au parc. Il chercha Albus des yeux et le vit couché dans l'herbe, les cheveux encore ruisselants et se tortillant dans tous les sens.

– Al ! Albus, réveille-toi. Al !

– …

– Ça ne va pas ?

– Si… Si, mais toi ça n'a pas l'air d'aller.

– Les disparitions ont repris.

– …

– Une copine de Lily, Serena Velsen, en première année, née moldue.

– …

– Ça n'a pas l'air de te surprendre ! Oh non, Al… ne me dis pas que…

– …

– Mais parle, par Merlin !

– Oui c'est moi. Ordre de…

– Putain mais ce n'est pas vrai ! Tu vas faire ça encore longtemps ? Albus, je croyais que c'était fini ces conneries.

– Tu crois que ça m'amuse ?

– Bon, elle est où ? Albus, elle est où ?

– Dans un cachot, au sous-sol.

– Viens, on va la chercher.

– Non, James tu sais que.. tu connais les risques !

– T'étais seul ?

– Non, Jalil était…

– Bon, on va le voir, faut trouver un truc là, tout de suite, en espérant que ça ne soit pas trop tard.

– Non, on ne lui a rien fait, juste la procédure habituelle, elle ne se souviendra de rien.

– Toujours les mêmes tests ?

– Oui mais James, je t'assure que je n'en sais pas plus, j'obéis juste aux…

– Ouais je sais, viens, suis moi, elle est en première année quoi ! A Gryffondor, avec Louis et Rita comme préfets, tu croyais vraiment que sa disparition…

– Il est là. Jalil !

– Un problème ?

– Un sérieux ouais, Serena Velsen ça te dit quelque chose ? Laisse tomber, tu vas aller voir tes basilics ou je ne sais quoi et tu dis qu'on vous a vu Albus et toi.

– Non, ils vont nous tuer !

– Laisse-moi finir, on va aller chercher Serena avec Al et on dira que… que c'est Lily.

– Quoi !?

– Que je lui ai demandé de lui jouer un tour ou un truc du genre, on va trouver.

– Mais les Basilics vont savoir et après rien ne les arrêtera et c'est toi qui sera accusé !

– Y a aucun risque, t'inquiète, je quitterai plus la bibliothèque, je ne serai plus jamais seul, bref, je trouverai un moyen.

– Tu oublies Serena, les parents seront au courant, ils vont te…

– Ca ne sera pas la première fois, Al ! Vaut mieux moi que toi ! Je ne risque rien à faire ça alors que toi… Et puis j'en parlerai àmes amis et on surveillera les Basilics. Avec vous. On va faire ça ensemble, tous ensemble, contre eux, ok ? Bon, Jalil, tu sais ce qu'il te reste à faire, toi Al tu m'amènes là-bas. Après on aura une discussion avec Lily, faut la mettre au courant.

ooOOoo

C'était reparti. Combien de fois Albus avait-il vu son frère ou l'un de ses amis se précipiter dans les pièges qu'il leur tendait ? Il observa le « W » intensément et hocha la tête. Là, quelque part dans ce monde, Tom Zigaro comprendrait le message. Il saurait qu'Albus avait accompli sa mission, il savait que la frêle armée que montait James sans même le soupçonner serait à nouveau à la merci des frères Zigaro. Il saurait également remercier Albus, le jeune garçon n'en doutait pas. C'est pourquoi Albus avança serein vers le groupe constitué d'enfants de son âge. Tous observaient leurs aînés voler au-dessus de leur tête, tout en riant à une blague de Sally-Ann.

Natasha Kandinsky s'approcha en même temps que lui et il répondit timidement à son sourire. Elle n'était pas désagréable à regarder, c'était indéniable, mais elle n'avait rien de plus que toutes les filles qui les dévoraient du regard, James et lui. Peut-être était-ce pour cela que James en pinçait pour la jeune fille, parce qu'elle ne le préférait à personne, parce qu'il n'était à ses yeux qu'un garçon prétentieux sans grand intérêt.

« Salut Albus.

Salut Na-Natasha.

Se forcer à bafouiller, baisser le regard, rougir. Faire croire à de l'intimidation, de la timidité alors qu'il bouillait de honte. Elle n'était rien. Elle ne serait jamais rien. Ça n'avait rien à voir avec son sang, ses yeux ou son travail scolaire, non, mais Natasha Kandinsky n'avait pas l'ambition de prétendre être ce qu'elle ne serait jamais.

Il bouillait de se rabaisser ainsi, de lui laisser croire qu'il éprouvait tant de gêne à parler avec une fille, mais il devait tenir son rôle. Elle plus que quiconque devait croire qu'il était le bon, l'innocent, le parfait petit Albus, bien loin du prétentieux crétin qu'était son frère.

– J'ai vu ton frère partir en courant. Il avait l'air inquiet.

– J'ai cru comprendre qu'un de ses amis a vu Dona Cole parler avec un autre garçon.

– Et ?, s'étonna-t-elle, dubitative.

– Ça ne lui a pas plu. Comment il dit déjà... Voilà, il n'aime pas qu'on touche à ce qui lui appartient.

Albus se força à grimacer, singeant une gêne qu'il ne ressentait pourtant nullement. Jamais il n'entendrait son frère prononcer de tels mots, et pour cause... James prônait l'égalité parfaite, il n y avait nul meilleur à l'autre, personne ne méritait d'être moins écouté, moins respecté qu'un autre. En outre, James n'était pas amoureux de Dona Cole. Il s'était retrouvé à tenir sa main maladroitement et à se laisser embrasser par inadvertance. Tout ce qu'Albus abhorrait, en somme. Lui voulait décider. Lui voulait commander, ordonner. Et non pas se laisser manipuler par une blonde sans cervelle.

– … crétin. C'est bien que tu ne soies pas comme lui, Albus.

– Il n'est pas méchant.

– C'est normal que tu le défendes, répondit Natasha avec douceur.

Naïve. Il le pensait si fort qu'elle devait l'entendre également. Il haïssait la naïveté, l'innocence, l'ignorance. Des traits de caractère qu'il devait simuler pour avancer, pour gravir les échelons. Pour amadouer les filles sans intérêt comme Natasha Kandinsky. Il y arrivait très bien. Du moins le pensait-il en s'asseyant près de Sally-Ann. Dans son dos le sourire de Natasha s'était comme figé, alors que son instinct reprenait doucement ses droits.

ooOOoo

« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises »

Elles ne l'étaient pas. Mais quel autre choix avait-il ? « Laisse tomber cette fille, elle n'a rien à t'apporter », avait dit Alice.

– Ça, c'est à lui d'en décider, avait répondu Maël.

James était intervenu, il se devait, parfois, de calmer ses amis dont l'amitié s'étiolait autant qu'elle se renforçait. « Il ne sera jamais mon meilleur ami. Il ne sera jamais toi. », disait Alice constamment. Certes, Maël et Alice s'étaient découvert des affinités, certes leur maturité grandissante les aidait à supporter ce que l'un n'aimait pas chez l'autre mais Maël résumait parfaitement la situation, parlant d'un désir mutuel d'équilibre à préserver. « On fait partie d'un tout et puis c'est important d'apprendre à vivre en communauté, avec des gens avec qui ça ne passe pas de façon évidente. »

James acquiesçait mais il n'en pensait pas moins. Si ses amis faisaient des efforts, c'était seulement parce qu'ils commençaient à croire en cette Clef du Rassemblement qu'il était censé être ou devenir. Et si James appréciait sincèrement la confiance qu'ils plaçaient en lui, il ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu triste. Et inquiet.

Mais d'autres inquiétudes prenaient le pas à cet instant présent, alors qu'il parcourait les couloirs d'un pas rapide, les yeux rivés sur la Carte du Maraudeur.

Il ne l'avait pas vue de la journée. Bien sûr, il avait été fort occupé avec ses amis. Les regrouper n'avait pas pris plus de vingt minutes, les réflexes étaient revenus comme on monte sur un balai, le cas Serena Velsen s'était réglé rapidement, presque sans le moindre effort. L'inquiétude s'était à peine estompée qu'elle avait ressurgi, alors que James, cherchant comme chaque jour Natasha du regard, ne la vit nulle part. Pendant plus de cinq heures. Rose ne voulait plus lui parler, mais elle aussi semblait inquiète. Et seule. Il arrivait, parfois, que Rose reste solitaire, le temps que Natasha, beaucoup plus sociable que sa meilleure amie, passe du temps auprès d'élèves de sa promotion avec lesquels elle s'était découvert des affinités. Mais jamais Natasha ne laissait Rose seule très longtemps. Voilà pourquoi James s'inquiétait autant.

Il la chercha partout, dans la Tour de Serdaigle, à la bibliothèque, dans chaque lieu commun, chaque couloir, chaque recoin, même ceux que tous deux ne devaient pas connaître. Il la chercha des yeux pendant des heures, tenta moult sortilèges et enchantements et, même s'il leur demanda leur aide plusieurs fois, les Maraudeurs ne purent l'aider. Mael, puis Louis, prirent la relève, sous les yeux furibonds d'Alice.

« Je pensais que tu l'appréciais, nota Nalani.

– Elle me déplaît moins que toutes ces filles qui lui tournent autour pour son nom, sa célébrité. Mais elle le regarde avec mépris alors que, bon, elle est quoi, elle, pour le traiter comme ça ?

– Une fille avec des idées, une pensée propre et des sentiments ?, proposa Nalani.

– Si tu penses comme elle tu ne mérites pas d'être son amie. »

La voix d'Alice aurait dû alarmer James, il savait qu'il devait intervenir mais il était trop inquiet pour se disputer avec Alice. Les disputes qui les animaient tournaient vite court, de part leur stérilité. Et c'était justement ce que reprochait Nalani à Alice.

– Tu es intransigeante et obtuse, conclut-elle, avant de lancer un Charme du Bouclier au sort que lui lançait Alice.

Ce furent Oscar, Susie et Keith qui prirent le relais, séparant les deux filles alors que Solenne, dont la confiance en Nalani était totale, se rapprochait de James.

– Tu as essayé l'extérieur du château ? Natasha s'y rend très souvent, pour...

– Voler, oui, je sais. Mais elle n'est pas sur le terrain, ni dans les vestiaires, ni près de...

James, qui avait modifié l'agencement de la Carte pour signifier ses paroles à Solenne, fixa son regard sur la forêt interdite. Un point immobile attirait son attention. Positionné au beau milieu de la forêt.

Maël surgit près de lui avec vivacité.

« On y va, murmura-t-il.

– Non, coupa James. Reste ici avec les autres.

– Tu ne devrais pas y aller seul, souffla Solenne, partageant l'avis de Maël.

– Je sais ce que je fais, répondit James. Mais je n'ai pas le temps de vous en convaincre.

– Tu as ma confiance, mon pote, assura Maël.

– Et la mienne, confirma Solenne. On s'occupe des autres.

James savait qu'il s'épuiserait vite mais il était trop inquiet pour changer d'avis. Il se transforma dès l'orée de la foret atteinte et appela, avec tout le vocabulaire animal qu'il maîtrisait, son meilleur ami non-humain. Vénézio ne tarda pas à le rejoindre et tous deux galopèrent pendant plus d'une heure, le premier rassurant avec patience le quadrupède qui trébuchait par manque d'habitude.

« Je sens sa présence, murmura Vénézio en stoppant net. Tu devrais continuer seul. Je ne serai pas loin.

James acquiesça et le malaise le gagna dès qu'il se transforma. Ses jambes flageolantes refusaient de le porter, sa tête lui tournait, le sang tambourinait contre ses tempes. Mais un cri, un appel, fut plus fort que son mal-être.

Il n'eut à parcourir que quelques mètres à travers les bois étouffants avant de la voir. De l'entendre, du moins.

« Potter !? »

Il leva la tête, mi rassuré de l'entendre parler, mi effrayé de la voir si haut. Elle était là, assise sur la plus haute branche d'un énorme chêne. Assise et effrayée. Ses vêtements élimés, sa peau diaphane, les sillons qu'avaient creusé ses larmes sur ses joues. James n'eut aucun mal à la reconnaître et pourtant... Où était passée la fille pleine de vie qui ne se plaignait jamais de rien ?

« Ne bouge pas, j'arrive !

– Tu es doublement crétin. Si je pouvais bouger, je ne serais pas là. Et si tu me rejoins, on ne pourra plus rien faire, ni toi, ni moi. Potter ! Cesse de grimper comme un imbécile !

– Tu as raison, lâcha James en se laissant tomber au sol après avoir seulement gravi deux mètres. Accio Nimbus !

– J'ai déjà essayé, figure-toi, on est dans une zone de gravité non-magique.

James la fixa du regard, tentant de ne pas communiquer à la jeune fille les signes de son ignorance et de son ébahissement.

– Ne va surtout pas chercher de l'aide, c'est pas comme si j'avais hâte de rentrer au château.

– Je ne partirai pas d'ici. Pas sans toi.

– Super, râla Natasha.

– Si tu te laisses tomber, je...

– T'es dingue ! Je ne suis pas un souaffle !

– Il n'y a qu'une solution, alors, marmonna-t-il, plus pour lui-même que pour elle.

Natasha eut beau lui hurler qu'il était abruti et qu'il ne servait à rien qu'il la rejoigne, il faisait mine de ne pas l'écouter, concentrant le moindre de ses sens sur son ascention. Il mit plus de temps qu'il ne l'aurait voulu, mais le regard agréablement surpris de Natasha le rassura. Avant qu'elle ne se mette à lui hurler dessus à nouveau.

– Et on fait quoi, maintenant ?

– Qu'est-ce que...

– J'en sais rien, râla-t-elle. Si je le savais... Mais je me suis réveillée là, ok ? Sans...

– Calme-toi, conseilla James en tendant une main rassurante vers elle.

Natasha sursauta et manqua de tomber en reculant. Entre deux cris, James comprit qu'elle n'avait aucun souvenir précédant son réveil et qu'elle avait manqué de tomber en se réveillant.

– Heureusement que tu as de bons réflexes, souffla-t-il.

– Garde tes compliments pour Cole, marmonna-t-elle. Bon, au risque de me répéter, on fait quoi maintenant ?

– Je pourrais en profiter pour te demander pourquoi tu me détestes autant et pourquoi tu n'essaies pas d'apprendre à me connaître mais je pense que si tu ne le fais pas, c'est que tu n'en as pas envie, alors...

– Tu te la racontes tellement, James Potter. Y a qu'à écouter Nalani ou Keith... Toujours à parler de toi et de oh combien tu es gentil, altruiste et toutes ces conneries. Tu as tout ! Tu...

– Est-ce que tu te rends compte d'à quel point tu peux être blessante, parfois ?

– C'était notre jeu, t'as oublié ?

Il semblait à James qu'il y avait comme un soupçon de tristesse dans la voix de la jeune fille et, s'il avait cru qu'il ne pouvait se sentir plus mal, son cœur lui rappela qu'avec Natasha, il n'avait encore rien vu.

Il s'accola au tronc de l'arbre, collant son épaule à celle de la jeune fille. Dissimulé derrière un bosquet, Vénézio sourit en voyant combien l'un et l'autre frissonnaient de ce contact.

– J'aimerais bien passer plus de temps avec toi, souffla James en maudissant ses joues qui devaient rougir plus que de raison.

Comment faisaient les garçons comme Malek, Isidore ou Liko pour parler aux filles avec tant d'aisance ? L'assurance s'acquérait-elle avec le temps ?

– Je voudrais, murmura Natasha. J'aimerais. T'a-t-on déjà refusé quoi que ce soit, James Potter ?

– Pourquoi m'appelles-tu ainsi ?

– Où que je sois je n'entends parler que de toi et de ton frère. Mais Albus, au moins...

James se figea. Sans comprendre ce qui se passait, il sentit ses oreilles se métamorphoser et fixer leur attention sur les bruits alentours. Rien de dangereux, rien d'alarmant, seulement quelques oiseaux qui chantaient au loin, un bruit de fête provenant de la salle commune des Poufsouffle, des sons plus ou moins joyeux qui n'avaient d'autre intérêt pour lui que d'omettre que celle qu'il aimait lui préférait son frère.

– Tu ne m'écoutes même pas, en fait !

– Ce que tu dis, je l'entends depuis toujours, murmura-t-il, la voix plus grave que jamais. Viens.

– Quoi ? Où ça ?

Il se releva souplement, étirant ses muscles rompus par son ascension, et lui tendit la main. Elle l'observa longuement, ses yeux sombres pétillant de mille lueurs et finit par glisser sa main dans celle de James, les faisant à nouveau frissonner.

– J'ai froid, dit-elle inutilement, tentant de calmer sa respiration hésitante.

– Ce sera bientôt fini. Je sais que tu ne me fais pas confiance, mais tu n'as pas le choix.

– Le choix de ?

– Viens, répéta James.

Il accompagna sa prière d'un mouvement leste du bras, ancrant sa deuxième main dans le dos de la jeune fille, la collant à lui lentement. Il ne vit pas son trouble grandissant, occupé qu'il était à calmer le sien. Nul ne pouvait dire quel cœur battait le plus fort, eux seuls ne semblaient s'apercevoir de la réciprocité de leurs sentiments.

Il semblait à James que Natasha était trop choquée par son audace pour s'apercevoir de quoi que ce soit, ça lui fit mal qu'elle ne sente pas cette plénitude qui l'envahissait lui, comme s'il avait en fait trouvé un équilibre, un sens à sa vie.

Il en profita pour métamorphoser ses jambes, prit de l'élan et se laissa tomber dans le vide, maintenant Natasha plus près encore de son corps.

Elle ne vit pas ses pieds se métamorphoser, elle était trop bouleversée par l'odeur du garçon, la douceur de ses mains, le trait bleu foncé qui entourait ses iris. Elle sentait les muscles tendus, voyait les poils hérissés de sa nuque et ce fin médaillon dont elle avait vu le double, accroché au cou de Maël Thomas. L'odeur boisé envahissait ses poumons à mesure qu'elle inspirait de toutes ses forces, sans être totalement consciente de ses faits et de ses émotions.

Le temps semblait s'étirer. Au-dessus de l'épaule gauche du garçon, quelques oiseaux prirent leur envol et Natasha se sentit bizarrement plus légère. Si elle n'avait pas été aussi choquée, elle aurait vu les sourcils du garçon se froncer.

Leurs pieds touchèrent enfin le sol, ceux de James reprenant une forme humaine sans pour autant que Natasha s'en aperçoive, ni ne quitte ses bras. Il eut l'envie soudaine de l'embrasser mais les yeux de la jeune fille étaient bien trop inquiets, ses frissons palpables, sous les doigts du garçon.

« Ça va aller, murmura-t-il, essayant de rendre sa voix grave et rassurante. Je te ramène au château.

Natasha fixa longuement la cime du chêne, totalement perdue dans ses pensées. Il lui semblait qu'elle était devenue si légère qu'elle aurait pu s'envoler. Ce n'était pas la première fois qu'elle ressentait cela mais jusqu'alors elle n'avait eu cette sensation que lors de rêves intenses.

– Tu veux que je t'accompagne jusqu'au bureau du professeur Ganesh ?

Elle se tourna enfin vers lui, plongeant à nouveau son regard dans ces yeux qui l'avaient tant envoûtée quelques minutes auparavant. Il aurait été logique qu'elle accepte. Il n y avait rien de normal à se retrouver en haut d'un arbre sans en connaître les raisons, elle vivait dans le monde de la magie, elle savait que tous les sorciers n'étaient pas bons, elle savait qu'elle devait en parler, en référer à son directeur de maison, écrire à ses parents, aller voir le directeur peut-être. Mais que pouvait-elle leur dire, à tous ? Qui pouvait-elle incriminer ? Elle n'avait vu personne, n'avait aucune preuve, pas même un quelconque indice à leur donner. Et puis il y avait James Potter. James Potter surgi de nulle part, James Potter qui s'était occupée d'elle, qui l'avait rassurée, qui l'avait aidée. Il risquait de gros ennuis si elle décidait de parler. Et puis, bien sûr, il y avait cette sensation étrange qu'elle voulait comprendre mais dont, bizarrement, elle ne voulait parler à personne.

– Je préfère rentrer au dortoir.

– Je comprends. Tu as l'air épuisé. Et tu es gelée.

Surprise, elle prit conscience de leur rapprochement. Elle avait collé son bras à celui du garçon qui marchait sereinement parmi la foret, tournant parmi les sentiers comme s'il connaissait la foret depuis toujours.

– C'est vrai tout ce qu'on raconte, alors. Tes copains et toi... Les sorties nocturnes... les punitions. Vous vous croyez au-dessus de tout ?

– Tu poses la même question à Ura Jerks ? Ou à Malek ? Eux aussi font des escapades nocturnes. Et puis j'ai arrêté.

– Oh, ça n'amuse plus James Potter ? T'es pas obligé de me raccompagner, hein, je connais le chemin maintenant.

Les portes du château n'étaient plus très loin mais pour rien au monde il ne voulait se séparer d'elle.

– I pas moins de risques à l'intérieur du château. On est plus fort à deux.

– Et on fera quoi une fois devant ma salle commune ? Je te raccompagne dans la tanière des lions ? Puis tu me...

– Mes amis m'attendent devant ta salle commune. Nalani voulait s'assurer que tu rentres en un seul morceau.

– Tu... Vous...

– Ne me pose pas de questions. Je n'ai pas envie de devoir te mentir.

– Oh parce que James Potter fait des mystères, maintenant ? Dis moi la vérité !

Elle eut beau hurler à nouveau, il n'eut aucune forme de réaction, même lorsque le professeur Londubat vint les punir car, entre temps, le couvre-feu était passé.

Nalani les attendait bien devant la salle commune des Serdaigle, riant à une blague de Maël. D'un accord qui ne nécessitait aucune parole, James et Natasha ralentirent le pas, leur laissant quelques secondes supplémentaires à partager. Cependant l'instinct de préfète de Nalani Jordan reprit le dessus et James vit un éclair de déception traverser les yeux chocolat de son meilleur ami. Le même éclair qui jaillissait dans ses propres yeux.

ooOOoo

Son père portait sa cape d'Auror et sa mine des mauvais jours. Renfrogné, comme lorsqu'il était obligé de quitter son travail pour des obligations familiales qu'il abhorrait. Sa mère avait relevé ses cheveux en un chignon souple mais soigné. Elle qui détestait secrètement prendre soin de son image le faisait volontairement, pour son mari, pour tenir leur rôle.

– Bonsoir monsieur et madame Potter. Je dois vous apprendre que James et Lily ont « joué un tour » à une de leur camarade, Serena Velsen. Ils l'ont apparemment endormie et enfermée dans un cachot des sous-sols de l'école. A priori, James aurait trouvé ça amusant de donner cette petite mission à sa sœur. Attendez, monsieur Potter, je vous ai demandé de venir parce que c'est la procédure et je viens de vous exposer la version officielle de l'histoire. Cela dit, je préfère que vous sachiez que je ne crois pas en cette version. Pour moi, ni James, ni Lily ne sont impliqués dans cette histoire. Votre fille a eu une altercation verbale et sans conséquence avec mademoiselle Velsen mais je ne crois pas qu'elle ait participé à ce petit jeu. Je crois au contraire, que comme son frère aîné, elle couvre le véritable coupable. Lily ?

James resta immobile. Il ne servait à rien de bouger, de se tourner vers elle. Il culpabilisait suffisamment de l'obliger à mentir. « On couvre Albus, c'est ça ? Réponds-moi, James, je ne suis pas débile ! »

Elle avait son caractère, elle n'était plus une enfant, elle voulait faire ses propres choix, ses propres erreurs, les assumer, même. Mais certainement pas assumer les erreurs d'un autre.

Et pourtant...

– Vous en tenez-vous tous les deux aux faits qui vous accusent ?

– Oui, professeur, affirma James.

– Oui, répondit timidement Lily.

– James. Je tiens sous mes yeux votre dossier scolaire. D'un côté des notes plus que brillantes, d'un autre des dizaines et des dizaines de retenues, de punitions et de notes telles que « J'ai fait exploser le chaudron de mon camarade car je voulais exploser le record de retenues détenues par mon grand-père et son meilleur ami ». Je vous vois rougir, James, je sais que vous avez été un élève très turbulent, faisant perdre beaucoup de points à Gryffondor. Je sais aussi que vous avez toujours tenu à rattraper ces points, en classe comme au quidditch. Je sais enfin que votre comportement a beaucoup changé depuis quelques temps. Vous évitez les bêtises, vous vous faites plus discrets et vous semblez soucieux. Toujours. Comme si vous portiez un poids immense sur vos épaules. James, si vous êtes au courant de quelque chose qui vous dépasse, si vous cherchez à couvrir quelqu'un…

La panique le gagna mais il n'en montra rien. Il n'était pas un Maraudeur pour rien.

– Je ne couvre personne, professeur. J'ai juste voulu faire une blague mais elle était de mauvais goût et je m'en veux d'avoir entraîné Lily avec moi. Elle n'a rien à voir dans tout ça.

– Vous non plus.

– Si. Mais je vais changer. Je suis en train de changer…

– Je sais James mais votre humeur aussi change. Faire des bêtises vous donnait le sourire, et jamais vous ne vous êtes montré violent. Sauf contre les Serpentard ce qui est malheureusement une tradition pour la plupart des élèves et je dois bien reconnaitre que la plupart du temps vous ne faisiez que répondre à une attaque. Alors pourquoi vous en prendriez-vous à Serena Velsen, une jeune Gryffondor, née moldue qui plus est et je sais très bien que vous défendez les nés moldus. Votre haine pour la logique sang pur est connue de tous.

– J'ai fait une erreur.

– En effet, vous auriez du venir me parler au lieu de vous accuser.

Quelque part, tout au fond de lui, il était profondément heureux que son directeur de maison le croit innocent, bien qu'il clame le contraire. Mais il devait protéger Albus. Coûte que coûte.

– La personne que vous couvrez, serait-ce… votre frère ?

– Albus n'a rien à voir avec ça, professeur !

– James. James ! Je sais que vous n'avez rien fait. Si Albus…

– Ce n'est pas Albus ! C'est moi, ok ? Laissez-le en dehors de tout ça !

– Très bien, puisque vous le prenez ainsi. Vous aurez une retenue. Tous les deux. Mais comme je suis sûr de votre innocence, vous la passerez avec Hagrid et quelques unes de ses créatures. Oh, ne souriez pas mademoiselle Potter !

– Pardon, professeur.

– La discussion est close. Je me dois cela dit de souligner à vos parents que vos résultats sont en baisse, monsieur Potter. Rien d'alarmant mais peut-être devriez-vous vous détacher de ce poids que vous portez. Ce qui m'amène à mon conseil, si vous souhaitez parler de ce qui vous tracasse, je suis à votre écoute.

– Merci professeur. Je vais tacher d'avoir de meilleures notes à l'avenir. Surtout que c'est les BUSES et tout ça…

– C'est très bien. Autre chose, montrez vous le plus possible dans les pièces communes, si le coupable que vous couvrez s'en prend encore à un élève il ne faut pas que vous soyez accusé à nouveau. Sinon je me verrai dans l'obligation de vous renvoyer de l'école. Et j'aimerais ne pas en arriver là, vous êtes un de mes meilleurs élèves, James.

– Bien. Merci professeur.

– Au revoir.

Évidemment, Harry et Ginny étaient persuadés de la culpabilité de James et ni les cris de Lily, ni le sourire innocent d'Albus lorsqu'il était venu les saluer ne pouvait leur faire changer d'avis. James aurait du se sentir satisfait que son frère n'ait plus aucune crainte à avoir mais il était totalement démoralisé. Ses parents ne le regardaient plus avec déception mais avec résignation, comme s'il était dorénavant sûr et certain que leur fils aîné ne leur apporterait jamais aucune fierté. Était-ce vraiment la peine de se remettre au travail, d'étudier « la dérive du poursuiveur endiablé », cette figure de quidditch ardue mais autrefois prisée par les Harpies, équipe dans laquelle sa mère avait joué se devait-il de continuer à défendre les valeurs de son père si plus aucun dialogue n'était possible avec lui ? En croisant le regard satisfait de Rose et celui, déçu, de Natasha, James sentit une vague de tristesse supplémentaire l'atteindre. L'affaire devait être sur toutes les lèvres. Serait-ce toujours ainsi ? Etait-il destiné à toujours décevoir les personnes qu'il aimait ?

ooOOoo

« J'ai hâte de voir les nouveaux »

C'était ce que le jeune daim avait compris. La panthère marchait près de lui, sereine et plus que familière de l'incongruité de la situation.

« Nous allons désormais centrer ta formation sur la communication, James, et Liko va te servir de cobaye. »

Voilà ce qu'il faisait depuis qu'il se transformait en daim. Et en chien. Un jeune chien de berger, fou comme le sont les chiens lorsqu'ils n'ont pas encore enterré le chiot qui sommeille en eux. Un daim majestueux, qui peinait à tenir sur ses fines jambes et dont le pelage duveteux faisait parfois frémir la peau de l'adolescent lorsqu'assis en cours, son regard était comme attiré vers le parc du château.

Voilà près de deux mois qu'il avait obtenu l'autorisation de se transformer. Les professeur Glacey et Gash n'avaient pas paru très surpris qu'il puisse se transformer en deux animaux distincts, ce t'était pas banal mais ça n'était pas si rare qu'il l'avait cru. Et il en était plus que soulagé. Un autre élève, désormais en sixième année, se transformait en trois sortes de rongeurs. James avait un peu parlé avec cet élève de Serpentard qu'il croisait rarement dans les couloirs du château et celui-ci n'avait pas été surpris d'entendre le jeune Potter se satisfaire de ne pas être un cas à part.

Il était un Deus, un Animagus double, tout comme le professeur Gash, qui se transformait tantôt en lion, tantôt en buffle.

« L'animal qui s'éveille en toi fera tout pour prendre le contrôle. A toi de le contrôler en gérant la part animale et la part humaine. »

Le daim voulut répondre mais seul un bruit étrange sortir de sa gorge. Un bruit incroyable. Un bruit qui l'aurait effrayé, s'il n'avait émané de lui-même. La panthère se mit à rire. Liko était devenu un véritable Animagus, déclaré auprès du Ministère et surtout auprès des parents du jeune homme qui en avaient été très surpris, à ce qu'avait compris James, qui se faisait petit à petit à ce langage animal et qui peinait encore à lier les sons et à à les interpréter sous formes de mots, de phrases.

Tous deux revenaient de ce que le professeur Glacey nommait « la ballade du soir », se promenant entre les arbres, humant l'herbe fraîche de la clairière. Ils tombèrent nez à nez avec une jeune adolescente dont les yeux vert sombre reflétaient les étoiles de la nuit noire.

Elle les détailla tous deux, sans gêne et sans surprise. Non loin derrière elle, le professeur Glacey souriait, serein. Plus loin, encore, une loutre faisait la course avec un jeune lynx, sous le regard laconique d'un chat persan. Nul autre élève que la fille aux yeux vert sombre, qui s'approcha du daim, pour mieux le détailler. Le moindre poil du daim se hérissa en un doux murmure. La panthère, à qui rien n'échappait jamais, partit d'un grand rire qui fit sursauter la jeune fille. D'un coup d'épaule bien placé, Liko bouscula James et le laissa en compagnie de la jeune humaine. Compagnie dont le jeune homme ne se serait passé pour rien au monde.

« J'aimerais bien savoir qui tu es, murmura la jeune fille.

Stoïque, le daim souffla quelques volutes d'air frais.

– Je vais essayer de deviner, d'accord ?, reprit la jeune fille. Alors... Déjà... Est-ce que nous nous connaissons ?

Le daim baissa la tête, en un signe de révérence qui fit sourire la jeune fille.

– Alors, soit tu es à Serdaigle, soit tu es de mon année. A moins que... On s'est peut-être croisés à la bibliothèque...

Le daim ne put retenir le son qui ressemblait, à s'y méprendre, à un éclat de rire. Ce son fit rire la jeune fille qui approcha sa main de l'encolure du daim. Celui-ci baissait doucement ses paupières, près à recevoir un geste qu'il attendait depuis plus de temps qu'il n'aurait su le dire. Pourtant, lorsqu'il ouvrit les yeux, la main de la jeune fille était figée devant ses yeux, plus sombres que jamais.

– Potter ?, murmura-t-elle, éberluée. Faut-il vraiment que tu sois partout, que tu aies tout, marmonna-t-elle.

Le son de sa voix était à la limite de l'inaudible, pourtant James en perçut chaque nuance de rancœur, de déception, d'amertume. Et puis, bien sûr, il n y eut bientôt plus qu'un seul bruit, alors que Natasha Kandinsky lui tournait le dos, celui de son cœur meurtri qui battait fort dans sa poitrine. James se métamorphosa, délaissant ce daim majestueux qui avait fait sourire l'élue de son cœur, revenant cet adolescent qu'elle haïssait de tout son être.

« Pas mal, lâcha Liko avec une œillade suggestive. Je vais essayer de garder le secret, Olivia serait capable de te virer de l'équipe si elle savait que tu en pinces pour une adversaire... »

James ne répondit pas. Natasha évitait son regard, et pourtant il sentait tout au au fond de lui qu'elle avait tenu à vérifier que c'était bien lui, l'héritier du Survivant, qui venait de lui prouver une nouvelle fois qu'il avait droit à tout.

ooOOoo

« Je n'ai rien demandé. »

Aucune réaction. Pas même un sursaut de surprise. Elle le détestait. Il l'aimait et elle le détestait, la vie reprenait son cours, sans ce changement qu'il avait tant espéré. Ses amis le voyaient et l'appréciaient tel qu'il était. Il devrait s'en suffire. Il n'avait ni cette chance avec sa famille, ni avec cette fille incroyable qui faisait battre son cœur plus vite.

– Je sais. C'est peut-être injuste mais je ne trouve pas normal que tu aies tout alors que certains ont si peu.

Sa voix n'était même pas cassante. Elle avait juste cette troublante sincérité qui lui donnait envie de pleurer. De rage, d'incompréhension. Pourquoi ne voyait-elle pas qu'il n'était pas ce James Potter dont tous parlaient à outrance ? Pourquoi ne percevait-elle pas ce que Maël, Nalani ou Oscar avaient mis si peu de temps à comprendre ? Pourquoi sa simple négation, son simple refus le rendaient-ils si malheureux ?

– J'en donne peut-être l'impression mais je n'ai pas tout. Tu ne me connais pas, Nat...

– J'en sais suffisamment. Ou peut-être pas d'ailleurs, déclara-t-elle en se tournant vers lui. C'est bête de te juger pour ce que je ne sais pas. Mais j'ai aucune envie de te connaître mieux. Tu ne m'intéresses pas, tu ne m'as jamais intéressé. Et les problèmes que tu t'inventes ne m'intéressent pas davantage.

C'était clair, sans détour, sans compromis. C'étaient à quelque chose près les mots qu'avait prononcé la sœur de Natasha, Irina, lorsqu'elle avait signifié à James qu'elle ne voulait plus être son amie. Leur famille ne faisait pas de bruit, pas de grabuge les quatre frères et sœurs étaient soudés, ils n'avaient pas besoin de se protéger d'entités mystérieuses qui les effrayaient, encore moins de mentir pour se couvrir. Ils n'étaient liés à aucun groupe secret de Poudlard, n'avaient d'autre responsabilité que celles qu'ils se créaient. Ils étaient de bons élèves, de bons joueurs de quidditch, de bons camarades, des jeunes sans histoires contre qui l'on ne colportait nulle rumeur.

Natasha, plus encore que son frère et ses deux sœurs, ne rougissait pas, ne baissait pas le regard. Elle avançait avec cette fierté saine, cette sérénité, cette liberté qui la rendait si belle. James comprit à cet instant précis qu'il ne se passerait jamais rien entre eux deux, parce qu'elle était libre et parce qu'il ne l'était pas, parce qu'elle avait décidé d'être celle qu'elle était alors que lui se pliait à des règles dictées par il-ne-savait-qui, parce qu'elle se jetait avec audace dans une vie pleine de surprises, une vie à laquelle il n'appartiendrait jamais.

Il aurait pu insister. Elle méritait qu'il se batte, qu'il affronte mille dragons pour un seul de ses sourires. Il en avait l'envie, il savait qu'elle lui donnerait tout le courage dont il était dépourvu, il savait que, pour elle, il était prêt à tout. Il était plus difficile de renoncer. Et pourtant... Il ne chercha pas à lui répondre, encore moins à la retenir près de lui. Elle aurait une belle vie, il s'en faisait la promesse. Mais jamais il n'en ferait partie. Elle était trop précieuse pour qu'il la précipite dans ce mal-être dans lequel il évoluait depuis qu'il savait ce qu'être le fils de son père signifiait.

Il lui tourna le dos, comme on tourne le dos à l'amour de sa vie. Jamais il ne s'était senti si malheureux.

ooOOoo

Le professeur Glacey finit par annoncer la fin du cours. La nuit noire entourait le groupe d'élèves qui rentrait au château et eux demeuraient là, entourés de bosquets et d'un halo magique qui les avait préservé du flair et de l'instinct animal.

« Tu avais raison, murmura la louve.

– Je n'aurais jamais cru qu'il y en aurait tant à Poudlard.

– C'est assez impressionnant, en effet. Mais leur apprentissage n'est pas très évolué.

Le loup resta silencieux quelques secondes. Derrière eux le reste de la meute jouait, hurlait, se défoulait. Le halo puissant protégeait la meute unie, que rien ne semblait pouvoir séparer.

– Leur volonté est présente, reprit le loup.

– Je la sens aussi. Il faudra que je garde un œil sur Liko Jordan. Et toi sur James Potter.

– James pourrait être mon premier ami ici, à Poudlard. Je ne veux pas gâcher ça.

– Nous sommes des prédateurs, Nolan. Contrairement à James qui n'a dû s'apercevoir de son don qu'une fois élève de cette école, tu sais qui tu es depuis toujours.

– Nous sommes une meute, oui, je sais Maïwenn.

– Non, Nolan. Nous sommes « LA » meute. J'ai bien conscience de ton désir de liberté, je sais que Sullivan et Océane le partagent mais, en l'absence de notre frère, je me dois de te rappeler le poids de nos devoirs. Nous ne sommes pas là pour rien, Nolan. Nous sommes missionnés, nous avons accepté le rôle que nous devons jouer et jamais nous ne devons oublier les mots de notre père. Jamais.

Nolan finit par acquiescer. Il n'était pas chef de meute, il ne le serait jamais. Mais il était un loup. Et rien n'empêchait un loup de devenir ami avec un daim.

ooOOoo

« C'est ignoble ce que tu fais.

Albus sursauta. Il faisait nuit noire autour du lac et il ne le voyait nulle part. Il ne doutait pourtant nullement de l'identité de celui qui venait de l'apostropher. Cette voix, il en connaissait la moindre nuance.

– J'ai mis mon temps mais je suis enfin parvenu à comprendre ton petit jeu. C'est ignoble. Ignoble.

Il essuya la moindre goutte glacée d'un coup de baguette, sans se presser, enfila son pull soigneusement, noua sa cravate en soie sans prononcer le moindre mot. Ce n'était pas à lui de parler.

– Le double-jeu ne te sied pas, Albus. Tu n'est pas assez malin pour cela.

– Je suis à Serpentard.

– Mais tu n'en es pas plus rusé.

Quelques volutes de fumée, crachées par cette bouche aux lèvres fines. Un corps qui se dessine dans le froid de la nuit noire. Deux perles grises, amandes taillées dans le plus pur des aciers.

– L'ambition ne suffit pas, reprit Scorpius.

Des accents suaves et délicats qui chatouillaient l'âme du brun. Un cœur qui battait lourdement. Un amour impossible. Personne ne comprendrait. Son destin était de devenir ami avec le blond. Ami et allié. Et de trouver une jeune femme d'une beauté farouche et d'une intelligence sans pareille. Un peu comme cette Kandinsky qui laissait Albus indifférent alors qu'elle plaisait tant à son aîné.

– Tu n'as pas l'étoffe des grands hommes, Albus. Tu n'en as ni l'intelligence, ni la carrure.

– Je fais pourtant la même taille que mon père au même âge et j'ai, à quelque chose près, les mêmes notes que lui.

Le rire transperça la nuit. Un rire aussi froid que le vent glacé qui faisait frémir Albus.

– Ton père n'a pas choisi son destin. Il est devenu un héros malgré lui, sans le vouloir, parce que lui seul pouvait faire ce qu'il a fait. Toi tu veux seulement prendre sa place, comme un jeune fermier prendrait la suite et l'élevage de son père. Mais on parle d'êtres humains, Albus. On parle d'âmes que tu es prêt à sacrifier pour...

– A sauver, pas à sacrifier.

– Mais les sauver de quoi !?, s'exclama Scorpius, hors de lui.

– Peu importe. Les dangers ne manquent pas. Je trouverai.

– Tu prendrais le risques de mettre des vies humaines en danger juste pour avoir le plaisir d'essayer de les sauver ?

– Pas d'essayer, non, mais de le faire.

– Je n'aurais jamais cru dire ça en arrivant à Poudlard, parce que je me basais sur ce que me disait mon père, sur ce que je lisais dans les journaux mais... Ton frère est bien meilleur que toi. Tu es pathétique. Et tu n'en as même pas honte, alors que je pourrais tout dire au professeur Slopa.

– Tu ne le feras pas. Parce que sinon...

– Non, je ne le ferai pas. Je ne sais pas sur quoi repose ton pacte avec les Zigaro mais je sais que tu es lié à eux. Encore plus que moi. Alors je ne dirai rien. Mais cesse de vouloir te rapprocher de moi, je ne serai jamais ton allié, encore moins ton ami.

– C'est toi qui voulais te rapprocher de moi...

– Je ne faisais que te jauger. Et j'en ai vu suffisamment. Tiens-toi loin de moi.

– Je pourrais t'épargner. Tu...

– Les Potter ne sont pas tous des héros. Et les Malefoy ne sont pas tous pourris jusqu'à la moèle. Je ne suis pas à vendre. Désormais, à mes yeux, tu n'existes pas.

Albus demeura seul près du lac noir. Seul et hors de lui. Scorpius Malefoy, celui qui devait devenir son allié le plus précieux, celui pour qui il ressentait ces sentiments qui le faisaient rougir, lui préférait son frère. Albus attrapa un crapaud et le lança de toutes ses forces sur le premier rocher acéré. Le sang gicla jusqu'à lui sans qu'il n'en ressente le moindre remord.

Quelques mètres sous la surface de l'eau, sans qu'il ne la voit, une sirène l'observait avec une moue dépréciative.

« Eh bien, Lehtahsser, qui observes-tu ?

– Le plus des jeunes des garçons Potter. Figure-toi qu'ils sont tous deux épris de quelqu'un qui leur préfère leur frère.

– Ah, les joies et les peines de l'amour... Les humains en font toute une vague.

– Ils étaient déjà instables... ça ne laisse rien présager de bon.

– Tu es bien pessimiste, ce soir, Lehtahsser.

– Réaliste, plutôt, répondit la sirène, le regard suivant le cadavre du crapaud sombrant dans le lac noir.

ooOOoo

Éreinté par son apprentissage, déçu par sa discussion avec Natasha, James fit un bref signe à Maël et Louis avant de regagner le dortoir. Alors qu'il se préparait à se coucher, Nolan entra à son tour dans le dortoir.

« Ah, salut James, déjà rentré ?

– Oui, je suis crevé ce soir. Ça va, toi ?

– Je viens d'avoir une petite discussion avec mon frère et mes sœurs, avoua Nolan en se laissant glisser contre son lit. Y a plein de rumeurs qui courent sur nous et en même temps, c'est en étant constamment ensemble tous les six qu'on alimente ces rumeurs. On a décidé de davantage se mêler aux autres.

– Très bonne idée !

– Content que ça te fasse plaisir. En plus... Vous êtes cool tous les quatre.

– T'es cool toi aussi !

– Merci. Au fait, tu faisais quoi dans le parc ? Je t'ai vu rentrer au château...

– Ah... euh...

Nolan se mordit la langue, ébahi par sa propre stupidité. Il appréciait la bouille constamment joyeuse de James, la sensibilité de Louis, la malice de Maël, l'humour constant de Fred, ils étaient des repères parmi les dizaines d'élèves qu'ils croisaient et qu'il ne parvenait pas encore à dissocier. Mais lui... Lui était le nouveau dont on ne sait rien. Lui voulait aller trop vite.

– T'es pas obligé de répondre, tu sais, je te demandais ça comme ça.

James sourit et Nolan se sentit un peu moins mal. Il s'imaginait déjà explorer la forêt interdite, courant entre les arbres aux côtés du daim.

– T'inquiète... C'est juste que je participe à des cours particuliers. Et ça se passe dehors. Et c'est super crevant, ajouta James en se couchant. Bonne nuit, mec.

– Bonne nuit, James.

Il était temps qu'il en parle. Il ne pourrait cacher longtemps qu'il était en train de devenir un Animagus. Mais il se devait d'en parler d'abord à Maël, Alice, Louis et Fred. Ensuite viendrait Nolan. Il faudrait aussi faire en sorte de bien intégrer le nouveau venu. Mais pour cela James ne se faisait pas de souci, il avait les meilleurs amis du monde.

C'était là sa seule certitude, son seul réconfort.


Et... voilà !

Comme dit une très bonne amie qui lit les chapitres au-dessus de mon épaule quand je fais ma correction, "toujours pas beaucoup de réponses mais toujours plus de nouvelles questions". J'avoue qu'elle n'a pas tort. Mais tout est calculé par mon esprit machiavélique et les questions que vous vous posez auront toutes une réponse. Pas toujours super joyeuse, d'ailleurs...

Que pensez vous des petits nouveaux? Qui vous effraie le plus, Hugh le geek qui se croit capable de googliser la magie ou les frères Zigaro? Étonnés par la petite discussion de l'un d'eux avec ce cher Peter ? Quelqu'un me l'a demandé alors au cas où... Ce Peter-là n'est pas Pettigrow ressuscité, il n'a aucun lien avec lui, promis juré. Mais c'est bien le Peter énigmatique qui fumait sa cigarette en observant James Potter, lors du premier chapitre (je le précise pour celles du fond qui observent l'entrainement de l'équipe de quidditch de Poufsouffle!)

Que pensez-vous de ces 18345 mots ? Vous n'êtes pas obligés de les commenter tous, une petite review me suffira ^^

Je ne sais jamais quoi dire dans mes "notes d'auteur" alors je vais parler du prochain chapitre, qui sera publié dans sept à dix jours. Ce sera un chapitre assez différent des derniers, parce que davantage centré sur un évènement que sur les personnages. Et la fin... Bah la fin... Oh la la, la fin... On a le temps d'en reparler ! En attendant, portez-vous bien !