Salut !
Merci à Cat240, Asterie, Clem2605, Imthebest (merci pour ta review, ravie que ça te plaise ;) et TonieK (merci, à bientôt!)
Au menu de ce chapitre... Une introduction un peu bizarre, des cognards, la famille Potter au grand complet, des étincelles, des grosses bêbêtes, de l'altitude et... une fin, au sens propre comme au figuré.
Bonne lecture à tous !
10 Le concours des quatre écoles
De l'indifférence. Une indifférence non dissimulée, à peine forcée. Une indifférence pure et limpide. Une indifférence non réciproque.
Serena Velsen soupira. Voilà plusieurs jours qu'elle essayait de parler à Lily Potter. En vain. La petite rousse à la taille de guêpe et au ton acéré ne la regardait plus, ne lui répondait plus. Elle n'osait même plus respirer en présence de Serena Velsen. Voilà ce qui intriguait le plus la jeune blonde qui avançait toujours seule dans les couloirs, suivant de quelques mètres Lily Potter et sa bande.
De l'indifférence. Une indifférence volontaire qui semblait ne rien coûter à la jeune Serdaigle aux cheveux d'ébène. Une indifférence douloureuse que subissait le garçon aux cheveux ébouriffés qui, pourtant, ne la quittait pas des yeux.
James Potter ferma les yeux. L'image de Natasha Kandinsky flottait allègrement sous ses paupières, se jouant de l'amertume qui grandissait en lui. Elle passait devant lui sans le voir, souriait à ses amis en omettant jusqu'à sa présence. Elle rendait son cœur lourd de remords et de cette envie qui naissait parfois en lui. L'envie d'oublier ses résolutions, l'envie de la charmer, l'envie d'avoir une voix plus grave, de gagner quelques centimètres, de paraître plus fort, plus beau, plus séduisant. Plus intelligent et sage, surtout. L'envie d'être un autre, en somme.
De l'indifférence. Une indifférence naturelle, à peine soulignée, comme pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucune importance dans sa vie.
Scorpius Malefoy était conscient de susciter l'intérêt d'Albus Potter. Peut-être avait-il même deviné qu'il plaisait au garçon à lunettes. Mais il n'éprouvait pour lui que du dédain. Albus Potter était prêt à tout pour éradiquer le mépris et le remplacer par une entente cordiale basée sur des ambitions communes. Il était prêt à s'investir dans le quidditch, de loin l'exutoire favori de Scorpius, à s'intéresser à la musique, car Scorpius était un pianiste brillant, à cesser de voir les camarades qu'il s'était choisis, et à bien d'autre choses encore. Il était prêt à tout tenter, tout entreprendre. Il le devait. L'indifférence de Scorpius Malefoy ne pouvait rien lui apporter, pas plus que son dédain. Seule leur entente serait bénéfique à Albus, seule leur entente pouvait nourrir son ambition démesurée. Il avait besoin de Scorpius, besoin qu'on les voit ensemble, besoin que tous cessent de vanter la tolérance de James, besoin que tous ne parlent plus que de la bonté d'Albus, de sa capacité désintéressée à distribuer des secondes chances, à tendre la main à ceux qui en avaient besoin. Oui, pour cela, il était prêt à tout. Il ne comprenait justement pas que c'était là tout ce que Scorpius abhorrait. Scorpius aimait le naturel, le spontané, les rapports clairs, sincères, évidents. Albus s'approcha de lui, travaillant son regard timide, sa moue d'enfant solaire, sa voix douce et hésitante et lui proposa de faire leurs devoirs ensemble. Scorpius ricana. Albus le manipulateur, Albus le calculateur. Albus qui avait tellement besoin de lui. Scorpius tourna le dos au jeune Potter. Il préférait passer pour le méchant de l'histoire qu'entrer dans le jeu d'Albus Potter. Il ne voulait pas lui donner de faux espoirs. Il préférait être clair, sincère, droit. Tout ce que ne serait jamais Albus Potter.
De l'indifférence. Une indifférence étonnante, presque troublante. Une indifférence qui ne leur ressemblait pas. Rose referma doucement la porte de la bibliothèque et s'approcha de deux de ses cousins. Le regard perdu de Lily rencontra les yeux tristes de James et Rose comprit.
Elle qui gardait toujours un œil sur son petit frère s'était aperçu du changement de comportement de Lily. Et de celui de James.
James avait joué un tour à sa sœur, sous-entendant qu'elle n'était pas digne d'être sa sœur si elle n'enfermait pas l'une de ses camarades dans les cachots de l'école durant toute une nuit. Piquée dans son orgueil, Lily s'était exécutée et la pauvre Serena Velsen avait fait les frais des deux maillons faibles de la famille Potter. Ça c'était la version officielle de l'histoire, songeait Rose, soucieuse.
Depuis, Serena Velsen et Lily Potter s'ignoraient, la plupart des élèves de première année avaient changé d'opinion sur la fille du Survivant et la vénération avait laissé place à la peur. Seuls les amis qu'elle s'était choisis continuaient de la suivre sans la moindre réserve. De son côté, Serena avait envoyé valser les curieux et demeurait seule, ce qui l'amenait souvent à partager son bureau avec l'autre solitaire de sa classe, Hugo Weasley, cousin de ses prétendus tortionnaires. De ce qu'elle avait pu observer, Rose voyait que Serena n'était pas de celles qui se laissaient faire, encore moins de celles qui se laissent impressionner par la célébrité. Elle n'avait de cesse de se disputer avec Hugo qu'elle voyait comme un « idiot vantard, pathétique, et inapte ». Rose avait parfois l'impression d'entendre Natasha parler de James.
Hugo n'impressionnait pas Serena. Ses cris la laissaient de marbre, son nom l'indifférait. Voilà pourquoi Rose s'étonnait de la voir si insistante avec Lily et James. Mais ce qui intriguait surtout la jeune fille, c'était le manque de réaction et de chaleur de ses cousins. Lily avait beau avoir de l'égo, elle n'en était pas moins une adorable petite fille qui savait présenter ses excuses et se faire pardonner. Quant à James... Rose lui en avait voulu injustement et voyait bien qu'il se souciait jour après jour de Hugo tout autant qu'il se souciait d'Albus et de Lily. Tout autant qu'il se souciait de Rose.
Elle s'approcha d'eux, souriant à un James inquiet, le rassurant d'un regard. Il sembla profondément soulagé que la crise soit enfin passée et lui pressa affectueusement l'épaule, dans un geste tendre qui fit naitre des éclairs dans les yeux de Lily la jalouse.
« Je sais que vous n'avez rien fait à la gamine blonde de ta classe. Et je sais que vous couvrez Albus. »
Elle aurait pu s'y prendre autrement, se réconcilier avec James et lui en parler discrètement, se rapprocher de Lily et l'amener à se confier, comme lorsqu'elles étaient enfants. Mais Rose sentait l'urgence de la situation.
Le visage de James se décomposa, celui de Lily se ferma. L'indifférence n'était pas loin mais Rose la repoussa, volontairement. James la considérait comme sa sœur, une place qu'elle avait jaugée longtemps et dans laquelle elle se sentait enfin à son aise. Quant à Lily... Rose l'appréciait sincèrement, assez pour trouver révoltant qu'une petite fille de onze ans endosse la responsabilité d'actes cruels perpétrés par son frère.
« Natasha n'est pas avec toi ?
– Le professeur Gash voulait lui parler. Et ne change pas de sujet, je te dis que...
– Ne t'énerve pas comme ça, Weasley, j'ai envie de te prendre dans mes bras.
Il sembla à Rose que son cœur cessait de battre. Après trois ans de pure indifférence, il venait de lui adresser la parole. C'était sa voix qui s'adressait à elle, ses yeux d'acier qui la fixaient, tout son corps lui faisait face. C'était à elle qu'il s'adressait. C'était elle qu'il voulait prendre dans ses bras.
– Je ne savais pas que tu rougissais autant quand tu es en colère. On dirait un souaffle.
Quelques Serpentard ricanèrent avant d'emboiter le pas de Scorpius Malefoy. Rose trembla des pieds à la tête, alors que James et Lily échangeaient un regard, se demandant sûrement s'ils devaient ou non intervenir.
– Tu devrais lui présenter tes excuses, Scorpius, ce n'est vraiment pas gentil.
Scorpius Malefoy ne prit pas le temps de répondre à Albus. Il semblait même ne pas l'avoir entendu, comme si l'existence du jeune Potter l'indifférait totalement. Un éclair de frustration traversa les yeux d'Albus, alors que tous, autour de lui, vantaient son altruisme et son désir de communion pacifiste.
– Et toi tu devrais te regarder dans une glace, cousin, cracha Rose.
Le mode « face » se déclencha immédiatement, alors que les plus communs des élèves s'éloignaient d'eux, leur laissant la quiétude que tout fils de héros mérite.
– Albus, intervint James, sentant que le vent tournait.
– Laisse, coupa Rose. Je sais tout, mon pauvre Albus. Oh, ils ne m'ont rien dit, ne t'inquiète pas, James préfèrerait mourir que te trahir, mais je vais te donner un petit conseil...
– Les souaffles n'ont aucun conseil à me donner.
Sa voix tranchante, ses yeux aussi froids que le vent glacial d'hiver. Rose s'en voulait d'avoir aussi peur.
– Satané Gash, il m'a retenue vingt minutes ! Oh salut Albus !
Les yeux humides, timides, le retour de la face « pile » et cette gêne qu'il affichait toujours en présence de Natasha Kandinsky. Simulait-il ? N'était-il réellement que manipulation et froideur ? Rose l'ignorait. Mais elle ne voulait plus laisser Lily et James gamberger seuls.
– Tu t'es réconcilié avec J... Potter ?
– Je me suis réconciliée avec lui, oui. D'ailleurs tu aurais pu lui répondre, il t'a saluée et toi tu ne voyais qu'Albus. Il te plaît ou quoi ?
– Que... quoi... qui ?!
– Ben, Albus.
– Oh... Non. Enfin il est sympa. Enfin c'est ton cousin, quoi.
Rose tiqua. Déjà que sa meilleure amie sortait deux nuits par semaine du dortoir sans jamais lui dire où elle allait, voilà que son comportement l'intriguait d'autant plus. Elle n'était pas près de sortir le strangulot de l'eau, se dit-elle en soupirant.
ooOOoo
Pour la première fois ce matin-là Nolan gagna la Grande Salle en compagnie de ses camarades de chambrée. Il en avait longuement discuté avec ses frères et sœurs et leur conversation avait porté ses fruits puisqu'il fut heureux de les croiser en compagnie d'autres élèves. S'ils devaient rester plusieurs mois à Poudlard, autant essayer de se faire des amis plutôt que de passer pour des associables. Mais leur intégration était presque passée inaperçue tant l'école brûlait d'impatience de voir le premier match de quidditch de l'année qui opposerait Gryffondor et Serpentard. Ce serait aussi l'occasion de voir pour la première fois les nouveaux « princes des ténèbres » qu'étaient Scorpius et Albus et le choc que tout le monde attendait entre les deux frères Potter.
– Quel engouement ! Tout le monde semble ne parler que de ça, remarqua Nolan.
– Le quidditch avait moins d'importance à Beaux-Battons ?
– Là-bas c'est une option, un cours de sport comme un autre.
– Y a pas de match ? s'offusqua Fred.
– Rarement. Si tu veux, en dehors des cours normaux, on peut choisir des options de loisirs. Etudier les arts ou faire du sport par exemple. Si l'on prend l'option « sports », on a trois sports différents dans l'année, un par trimestre en fait. Et généralement il s'agit d'un sport magique, d'un sport moldu collectif et d'un sport individuel, vol sur un pégase ou…
– C'est l'horreur ton truc ! Pas de match de Quidditch ! Je n'aimerais vraiment pas être là-bas !
– C'est pas si mal, tempéra Louis. Et c'est bien de sensibiliser les sorciers aux sports moldus.
– Y a beaucoup d'autres choses qui diffèrent entre les deux écoles ?, demanda James. Au niveau des cours, du fonctionnement de l'école ou du…
– On s'en fout, Jamesie ! Beaux-Battons, c'est nul…
– C'est différent, Fred, c'est tout.
– Ce n'est pas la première fois que je note que tu t'intéresses aux différences entre les différents pays. Tu envisages de travailler dans l'international ?
– Euh... peut-être, bafouilla James, l'air incertain. Ça m'intéresse beaucoup.
– Moi aussi, on pourra en parler si tu veux.
James sourit franchement à Nolan. Il avait déjà parlé avec ses amis de leur choix d'études. Mael souhaitait travailler sur les rapports entre les sorciers et les moldus, Louis voulait partir à l'étranger travailler avec certaines créatures magiques, comme son oncle Charlie. Fred ne parlait que quidditch. Alice était bien plus embêtée, elle aimait plusieurs choses mais avait peur de faire le mauvais choix. C'était souvent le cas pour les enfants des professeurs. Pour la première fois, James caressait l'espoir de pouvoir parler de ce qu'il désirait étudier avec quelqu'un qui partageait sa passion. Il fut tiré de ses pensées par Olivia Dubois qui paraissait plus inquiète que jamais.
– Le match n'aura lieu qu'en fin d'après-midi. Le premier match a toujours lieu le samedi matin. J'ai peur que ça nous porte malheur. En plus le temps va se gâter, je le sens. On pourrait peut-être s'entrainer maintenant ?
– Olivia, s'entrainer avant le match ne nous apportera rien de plus, sinon du stress. On est super bien entrainés, on va gagner, la rassura Liko.
– Il faut quand même que je prévoie une cinquième tactique au cas où les quatre premières échouent.
Et elle se leva précipitamment en faisant voler l'assiette de Louis qui s'écrasa violemment sur le sol. Quelques secondes après, l'assiette avait disparu et une nouvelle s'était posée automatiquement devant Louis qui ne put s'empêcher de souligner en souriant :
– J'espère qu'ils ne vont pas retarder encore le match, sinon les elfes auront beaucoup de boulot en plus…
ooOOoo
Le brouhaha, commun à chaque repas se déroulant dans la Grande Salle, s'arrêta net quand le professeur Briscard prit la parole.
– Bonjour à tous. Il est temps désormais que j'aborde à nouveau le sujet du tournoi des quatre écoles. Une réunion a été organisée hier entre les juges du tournoi. Les sélections de chaque école auront lieu… aujourd'hui même. Silence, s'il-vous-plait ! Le jury a décidé que chaque école sera non pas représentée par un seul élève mais par une équipe de sept élèves. Silence ! Voulez-vous que je joigne sur le champ les autres écoles pour les avertir que Poudlard ne participera pas au Tournoi ? Non ? Bon. Je vais vous expliquer comment seront organisées les sélections ! Seuls les élèves de cinquième, sixième et septième année pourront les passer. Quatre élèves seront choisis en septième année, deux en sixième année et un ou une élève sera choisi en cinquième année. Les sélections se dérouleront sans la salle des sortilèges pour les élèves de cinquième année, dans la salle de métamorphose pour les élèves de sixième année et dans la salle d'histoire pour les élèves de septième année. Les sélections commenceront à onze heures. Les résultats vous seront communiqués prochainement. Merci et bonne journée à tous !
Le brouhaha reprit, plus fort que jamais. Le professeur Glacey s'approcha de la table de Gryffondor et repartit très vite avec Maiwenn et Nolan.
– Ils vont sans doute passer les sélections pour Beaux-Battons.
– C'est dégueulasse. Imagine qu'on soit pris dans l'équipe et que lui aussi, on va être obligé de continuer à partager notre dortoir avec l'ennemi.
– Fred ! C'est notre ami ! T'es fou ou quoi ?
– A partir de maintenant c'est notre adversaire, Louis ! Bon dépêchez-vous, c'est bientôt onze heures.
– Tu veux passer les sélections ? s'étonna Louis.
– Bien sûr ! On a nos chances !
– Mais Harry nous a dit…
– Au diable ce qu'il nous a dit, Louis ! Et je vois mal comment la famille Weasley pourrait justifier que personne parmi la dizaine de cousins n'ait passé les sélections ! Tout le monde va se présenter !
Fred n'avait pas tort. Quand ils arrivèrent devant la salle de sortilèges quelques minutes après, la quasi-totalité de leurs camarades attendaient devant la porte close. Le professeur Slopa arriva quelques minutes plus tard avec trois personnes que James ne connaissait pas. On leur fit remplir une fiche et chacun fut appelé par ordre alphabétique. Les élèves entraient dans la salle toutes les dix minutes mais personne ne les vit ressortir. Lorsque ce fut au tour de James, il s'aperçut qu'il n'avait rien préparé et qu'il n'avait aucune idée de ce qu'on allait lui demander.
Le jury lui faisait face et il avança doucement vers eux, en tirant sa baguette, regardant autour de lui avec intensité.
– Bon réflexe, monsieur Potter mais vous n'allez pas être attaqué ici. Nous allons seulement vous poser quelques questions. Premièrement, si vous étiez attaqué, là tout de suite par une chose que vous ne voyez pas, qu'elle serait votre réaction ?
– J'utiliserai le sort Impedimenta pour ralentir l'attaque et un charme du bouclier amplifié pour nous protéger tous les cinq.
– Nous vous faisons passer un test, nous ne risquons rien.
– On n'est jamais trop prudents, je préfèrerai vous protéger plutôt que perdre du temps à me demander si vous avez prémédité l'attaque ou pas.
– Hum… Passons. Vous marchez dans une forêt sombre avec deux amis. L'un d'eux est touché par un sort et s'effondre, que faites-vous ?
– Je crée un charme amplifié ou un dôme magique pour nous protéger tous les trois et j'envoie une akrichienne.
– Une ?
– Une akrichienne. C'est le sort du vert luisant personnel. On envoie un vert luisant qui illumine le lieu mais seul le sorcier qui a envoyé le vert peut voir ce qu'il éclaire.
– Comment connaissez-vous ce sort ?
– Je l'ai découvert dans un livre qui traitait de différentes formes de magie en Europe Ancienne.
– Bien. Vous nous avez dit qu'avant de jeter ce sort vous protégeriez vos deux camarades et vous avec. Pourquoi protéger celui qui est déjà à terre ?
– Ne connaissant pas le sort qui lui a été envoyé, je ne sais s'il est vivant ou mort. Assurer un charme amplifié ou un dôme magique me permet de me concerter avec mon ami toujours valide et de mettre le blessé à l'abri ou lui porter secours si je le peux.
– Quel sort utiliseriez-vous pour le mettre à l'abri ?
– Un sort de lévitation, pour être sûr qu'aucun dommage ne soit porté à son corps.
– Vous parlez de secours, a quoi pensez-vous en particulier ?
– Je ne connais que des sorts basiques. Revigor, mais je ne l'ai jamais utilisé. Et le sort du bandage express si mon ami s'est blessé en tombant ou s'il a une plaie. Je vérifierai son pouls et s'il a de la fièvre. Je pense aussi utiliser des pratiques moldues, comme le bouche-à-bouche ou la position latérale de sécurité. Et puis, si je devais participer au tournoi ou si je devais aller dans un lieu risqué, je garderai dans ma bourse amplifiée un flacon d'essence de dictame et un bezoard. Juste au cas où.
De temps en temps, les membres du jury échangeaient des regards, faisaient un signe de la tête ou prenaient des notes. James dut répondre encore à quelques questions puis vint la fin de l'entretien.
– Dernière chose, Potter. Si vous deviez citer cinq sorts essentiels ?
– Au risque de me répéter, le charme du bouclier. Le sort de stupefixion qui est quand même très pratique. Le patronus qui peut autant déstabiliser un adversaire quel qu'il soit qu'être utilisé comme messager. L'impedimenta pour ralentir une attaque. Et le sort de désarmement.
– De désarmement, vous êtes sérieux ?
– Ce n'est pas mon préféré, mais… Il a déjà fait ses preuves.
Le jury échangea des regards éloquents. Le professeur Slopa lui avait ensuite indiqué une petite salle où attendaient tous les élèves qui avaient déjà passé l'entretien. En s'asseyant près d'Alice, James était déçu. Il s'en voulait cruellement d'avoir fait référence à son père. Cette chose qu'on lui reprochait sans cesse à tort. A chaque bêtise qu'il faisait, à chaque avantage auquel il avait droit, on l'accusait d'avoir obtenu tout ce qu'il avait, grâce à son père.
Il avait patienté pendant des mois, des années, s'était entêté à faire les choses par lui-même pour gagner le respect de ses professeurs, de ses amis, de sa famille. Et il venait de faire allusion à son père en pleines sélections. Le jury allait-il penser qu'il avait fait ça uniquement pour être pris dans l'équipe ? Il s'était muré dans le silence et ses amis avaient seulement pensé qu'il avait complètement raté sa sélection.
De retour dans la Grande Salle, il apprit par Olivia que tous les élèves de septième année s'étaient présentés aux sélections. Celles-ci avaient été similaires pour les trois années mais avaient duré plus de temps pour les élèves plus âgés. Il nota également que sa cousine Molly arriva très tard au repas et qu'elle avait dû également passer les sélections pour le tournoi, comme tous ses amis de sixième année. Les élèves ne parlaient pratiquement plus du match, les plus jeunes voulaient en savoir plus sur les fameuses sélections et les plus âgés faisaient des pronostics sur les futurs représentants de Poudlard.
– Alors, Potter, tu stresses ?
James leva la tête et sourit à Natasha qui s'était rapprochée de la table des Gryffondor avec Rose. Il fut heureux de constater que celle-ci lui souriait aussi et semblait avoir définitivement tiré un trait sur leur animosité familiale.
– Bizarrement, moins que d'habitude. Avec tout ce qui se passe en ce moment…
– Ton entretien pour les sélections s'est bien passé ?, lui demanda Rose.
– Non, pas trop. J'ai dit une connerie en fin d'entretien.
– Ça ne veut rien dire, tu seras peut-être pris.
– Il n'a aucune chance, Rosie, c'est moi le futur champion ! s'exclama Fred.
– Tu as réussi ?
– Mieux que ça ! Je les ai fait rire, je les ai surpris, ils sont fous de moi ! Quand je leur ai demandé si j'étais pris..
– Tu leur as carrément demandé ?
– … ils m'ont répondu : « Vous connaissez déjà la réponse, M. Weasley », d'un ton… hum… bref… Ça n'a rien d'étonnant, je suis le meilleur !
– Et toi Louis ? Ton entretien s'est bien passé ?
– Je pense. Aucune idée en fait, ils nous ont posé pas mal de questions ouvertes, on ne connait pas les réponses des autres, donc on ne peut pas vraiment savoir.
– N'espère pas trop quand même cousin ! Le champion, c'est moi !
– En attendant, champion, tu devrais peut-être mettre ta tenue, James aussi d'ailleurs, je vous attends sur le terrain dans demi-heure !
– Ok Olivia, ça roule, on va gagner en plus, donc t'inquiètes pas !
– Arrête Fred, tu vas nous porter malheur !
Les garçons se levèrent et partirent tous les quatre en direction de la salle commune de Gryffondor. Ils croisèrent Nolan, qui revenait déjà des sélections de Beaux-Battons. Son entretien s'était bien passé, il avait eu le même type de question que ses amis et ne connaissait pas encore les résultats. Alors qu'ils gravissaient les escaliers rapidement, Fred ne cessait de parler.
– Vivement qu'on remporte ce match, les gars, deux victoires en un jour, c'est juste la classe !
– Deux ? s'étonna Nolan.
– Les sélections du tournoi, c'est du tout-cuit mon pote, ça se jouait forcément entre nous trois. Pour James, désolé cousin, c'est mort, y a plus que toi et moi, Louis. Et si tu es le meilleur en théorie, en pratique je suis le plus fort.
– Ne t'emballe pas trop vite.
– Je te dis que c'est mo.. nous.
– Où est Mael ? demanda James en s'arrêtant.
– Il a bifurqué vers la bibliothèque, répondit Nolan.
James haussa les sourcils, étonnés, mais alors qu'il ouvrait la bouche, Fred se mit à gesticuler dans tous les sens.
– Quoi ? Mais Nolan, on a un match à jouer ! Va le chercher au lieu de rester planté là ! Pourquoi il est parti aussi celui-là, on a un match à jouer !
– Vous êtes quatre, Fred.
– Quatre ?
– Oui. Tu as dit que tout se jouait entre vous trois, Mael s'est senti exclus.
– Mais non, pas du tout le genre de Mael. C'est le bon pote, lui, plus un suiveur qu'un leader, mais il en faut aussi et puis…
– Oh mais arrête Fred ! s'exclama James, indigné par les mots de son cousin.
– C'est bon cousin, allons nous préparer, il va revenir, il ne va pas louper le match…
– Y a vraiment que ça qui t'intéresse !
– Mais où tu vas, James ?
– Je vais le retrouver !
– Le match est plus important ! Faut qu'on gagne si on veut remporter la coupe !
– Et sans lui, on fait comment ?
– On fera jouer un remplaçant. Allez, viens, vaut mieux un remplaçant que deux, sinon j'aurais vraiment trop de boulot. James ! Reviens, je plaisantais ! Il est vraiment susceptible aujourd'hui !
– Et toi tu es surtout très arrogant.
– Tu ne me connais pas Nolan. Et ce n'est pas moi qu'on traite de roi des prétentieux !
– Si tu parles de James, tu te trompes. C'est peut-être ce que pensent les autres mais pas moi.
– Tu ne nous connais pas.
– Tu viens de me le dire et je ne suis pas stupide.
– Non mais t'es chiant ! Si tu crois que je n'ai pas remarqué ton petit jeu…
– Fred, n'oublies pas le match, lui rappela Louis.
Nolan n'en pouvait plus d'entendre parler seulement du tournoi et du quidditch et partit rejoindre James d'un pas rapide. Il se dépêcha et retrouva James en train de chercher Mael vers la bibliothèque.
– Tu l'as vu ?
– Non. Je ne sais pas comment tu fais pour le supporter. Il a un de ces égos…
– Fred ? C'est ce tournoi qui lui monte à la tête.
– Et le quidditch aussi.
– Aussi, oui.
– Il n'aime pas Mael ?
– Si mais… En fait je ne sais pas trop. Quand j'y pense on est tellement différents tous les quatre…
– Louis est plus calme.
– Ouais il est vraiment cool. Ah voilà Mael ! Ça va, mon pote ?
– Oui, j'avais juste un bouquin à voir à la bibliothèque.
– Ok. On retourne au dortoir ou… Tu veux parler ?
– De quoi ?
– De ce que Fred a dit.
– Non, c'est bon, j'ai l'habitude.
Fred était déjà parti quand ils regagnèrent le dortoir. Ils revêtirent leur tenue et se dépêchèrent de rejoindre le terrain.
ooOOoo
Olivia faisait les cent pas en élaborant une énième stratégie. Chaque joueur s'échauffait dans son coin et James jetait de fréquents coups d'œil à Fred et Mael qui se tenaient éloignés loin de l'autre.
– Bon, Liko, tu ne changes rien. Trois nouveaux poursuiveurs chez les Serpentard que tu as bien observé pendant leurs entrainements, tu sais ce que tu as à faire. Maggie tu tentes de perturber le vol des batteurs adverses, comme prévu. Lucy tu t'occupes des cognards. Le trio d'or… Nott n'est pas un super gardien mais méfiez-vous quand même de lui. Surtout que ses petits frères sont des gros balourds qui vont tenter de vous faire tomber de votre balai. On reste concentré, on ne tente rien d'impossible et on reste tenace. Le principal c'est de rester en place le temps qu'ils se fatiguent. Aller, on y va.
La foule acclama les joueurs qui s'avançaient pour se mettre en place. James vit qu'Albus était très pâle. Lily arborait les écharpes de Gryffondor et Serpentard, signe qu'elle soutenait ses deux frères. Rose et Natasha en avaient fait de même et ce simple signe remplit James de fierté et de bonheur. Les capitaines échangèrent une poignée de main féroce, le souaffle fut lancé…
– Et c'est parti, Fred Weasley s'est emparé du souaffle ! cria la voix magiquement amplifiée de Guillaume Green. Il file vers les buts aux côtés de ses acolytes du trio d'or ! Les Serpentard tentent de lui voler le souaffle, mais il tient bon. Le chemin est libre, il va.. non il passe à Thomas…qui rate la passe.
– Et un des Nott reprend le souaffle, fait la passe à Scorpius Malefoy qui accélère.
– Il esquive Potter et passe devant Weasley qui semble hurler sur Thomas. Malefoy évite un cognard de Towler, il est très rapide, il arrive devant les buts…
– Et il marque ! Dix points pour Serpentard !
– La nouvelle recrue des Serpentard semble très en forme.
– Et c'est Jordan qui a récupéré le souaffle, il fait la passe à Potter qui file vers les buts et… aïe. Il s'est pris un Nott.
– Le souaffle à nouveau dans les mains de Malefoy. Weasley et Towler lui envoient deux cognards, Thomas est face à lui, Jordan est devant les buts, heureusement un de ses coéquipiers est là.
– Mais Malefoy ne semble pas vouloir passer le souaffle, il file, tire et… marque ! Un cognard magnifique d'Albus Potter a troublé Jordan ! Dix points de plus pour Serpentard.
– L'Héritier du Survivant et le Prince des Ténèbres semblent très bien s'entendre ! Ok j'ai rien dit professeur, pardon, aïe !
Le professeur Glacey était effectivement près des commentateurs où il jouait le rôle de grand modérateur. Et a priori, les professeurs ne voulaient pas laisser s'officialiser le surnom de Scorpius et Albus.
Sur le terrain, James eut à peine le temps de féliciter son frère d'un sourire qu'il reçut le souaffle de Liko qui semblait très énervé. Olivia leur criait d'accélérer leur jeu et James ne se fit pas prier. Il slaloma entre les poursuiveurs adverses pour les fatiguer et évita les cognards de Jalil et Albus qui furent perdus au profit des batteuses de Gryffondor. Il fit la passe à Mael et fonça vers les buts. Malefoy le suivait de près et Fred était libre mais Mael choisit quand même de lui rendre le souaffle et Malefoy, très rapide s'en empara avant lui. Alors qu'il le suivait de près, James vit les deux cognards voler dangereusement vers Scorpius et lui, il s'écarta à peine et vit que Malefoy ne faisait pas la passe à ses coéquipiers. Il récupéra le souaffle et le passa à Mael qui fila en sens inverse. Il avait vite compris la tactique de James et épuisait à son tour les joueurs adverses. Fred, quant à lui, hurlait à gorge déployée. Cette tactique, ainsi que les deux passes ratées de ses deux compères ne lui convenaient pas.
– Thomas a toujours le souaffle. Il continue de déployer ses talents, comme Potter avant lui.
– Aller, il faudrait marquer maintenant.
– C'est ce que pense Weasley, semble-t-il.
– Thomas passe à Potter qui est toujours suivi de près par Malefoy mais cette fois-ci Potter récupère le souaffle. Il file vers les buts de Nott, tire et… rate son but.
James entendait un son strident retentir dans sa tête. Il ouvrit les yeux à deux mètres du sol, retenu par Mael, Lucy et Olivia.
– Ca va aller ?
– Ouais.
– Deux cognards en même temps, ils y vont fort. On les a peut-être sous-estimés.
– Mais non, on va gagner Olivia. J'aurais dû être plus attentif, désolé.
Ils repartirent vite se mettre en place pendant que Serpentard en avait profité pour marquer trois nouveaux buts. James regarda son frère lancer un nouveau cognard vers Liko. Il venait de réaliser que les deux cognards qui avaient failli le faire s'écraser sur le sol avaient été envoyés par Albus et Jalil et il en fut troublé. Fred qui avait récupéré le souaffle et était suivi de près par Malefoy, le lança à James qui reprenait difficilement son souffle, il fonça quand même, ne regardant pas au-dessus de lui, faisant confiance à son équipe. Un cognard siffla et il baissa la tête pour l'éviter. Décidément, soit son frère et Jalil avaient reçu pour ordre de ne pas le louper, soit ils ne l'aimaient vraiment pas. Il préféra n'envisager que la première solution et passa à Mael qui ralentit, fit une parade et partit en sens inverse, sous les cris de Fred. James le suivit et récupéra rapidement le souaffle. Filant aux quatre coins du terrain, il distança rapidement les jumeaux ainsi que les deux batteurs qui n'avaient pas leur expérience de vol. Seul Malefoy le suivait de près. Il fit mine de chercher Fred pour lui passer le souaffle et sa tactique fonctionna, Malefoy se positionna d'une certaine façon que James n'eut qu'à faire la passe à Mael pour que celui-ci marque librement.
– Et dix points pour Gryffondor !
Fred râlait ouvertement de n'avoir pas marqué le premier but de son équipe alors qu'il aurait pu en avoir largement l'occasion. Mais peu à peu, le trio d'or reprit ses marques. Fred comprit que la tactique de ses coéquipiers fonctionnait très bien en voyant les jumeaux ralentir pour souffler. Ils furent assez de trois pour contrer l'indéniable talent de Malefoy. Albus et Jalil leur donnèrent du fil à retordre. James ne savait pas s'ils avaient eu pour ordre de les maltraiter ou s'il s'agissait simplement de leur jeu mais leur technique payait. Maggie avait beaucoup de mal à les suivre et seule Lucy faisait des merveilles. Plus rapide que les attrapeurs, plus tenaces que ses adversaires, plus fluide que les poursuiveurs, elle excellait davantage de match en match.
– Et dix points de plus pour Gryffondor ! Gryffondor mène 120 à 60 ! J'en profite également pour donner le nom des gagnants. Les deux joueurs du match sont Lucy Weasley et Scorpius Malefoy.
– Regardez ! Vaisey et Dubois filent côte à côte ! Le vif d'or est en vue !
– Le balai de Vaisey est très rapide mais Olivia est la meilleure, alors qui va l'emporter ?
– Jordan en profite pour arrêter un autre tir de Malefoy !
– Quel gardien exceptionnel, bravo Liko ! Et oui ! Olivia Dubois s'empare du vif d'or ! Gryffondor l'emporte ! 270 à 60 !
– Et ça ne plait pas aux Serpentard qui s'attaquent à leurs adversaires.
James n'eut pas le temps de féliciter Olivia. Deux cognards volaient vers lui et un des jumeaux venait de percuter violemment Mael. Le professeur Brinks dû intervenir pour calmer les joueurs et chacun s'apprêtait à regagner son vestiaire lorsque James sentit une brûlure atroce dans le dos.
– James !
Son balai lui échappa des mains et il sombra vers le sol. Lucy, Albus, Jalil et Scorpius tentaient de l'asseoir sur le balai d'Albus quand Nott leur ordonna de le lâcher.
– On est trop haut, il n'a aucune chance de s'en sortir.
– Lâche-le Potter, c'est un ordre !
– C'est son frère !, cracha Jalil.
Nott attrapa la batte de Maggie et la lança violemment sur Albus qui la reçut en plein ventre et tomba à son retour, retenu par son frère qui se tenait difficilement au balai pas très stable d'Albus. Scorpius semblait vouloir les aider mais était tenu à l'écart par sa propre équipe. Jalil et Lucy se battaient à présent avec un joueur que ne pouvait voir James. Celui-ci sentait son corps pendre dangereusement dans le vide, seulement retenu par une main attachée solidement à son balai et l'autre qui tenait fermement Albus dont le visage se décomposait en regardant le sol.
– James…
– Ne t'en fait pas Al, tiens bon, on va nous sortir de là.
ooOOoo
Lorsqu'ils sortirent un peu plus tard de l'infirmerie ils furent heureux de n'avoir que quelques égratignures. Leurs amis les attendaient et Albus partit avec les « exceptions ». James étreignit Alice, Louis et Mael. Nolan lui serra la main, visiblement très heureux de voir qu'il n'était pas blessé.
– Mais quelle brutalité !
– Ca ne te donne pas envie de rejoindre l'équipe, alors ?
– Pour rien au monde ! Au risque de me répéter, vous jouez vraiment comme des brutes…
– Dites-lui qu'il a très bien joué, sinon monsieur Potter-le-potiron-prétentieux va se vexer.
– Tiens tiens, Kandinsky, pas trop effrayée ?
– Effrayée ? On ne va faire qu'une bouchée de votre trio d'or !
– Il est où d'ailleurs Fred ?
– En train de se préparer, précisa Nolan. Il veut être, je cite, « présentable » lorsqu'il deviendra le champion de Poudlard.
– Il n'a aucune chance, répondit Mael. Pour gagner il faut penser collectif et il joue de plus en plus perso.
– Je l'ai trouvé moins bon que d'habitude, nota Alice.
– Oui, pourquoi ne vous a-t-il pas suivi ? Ta tactique était bonne, James, et tu ne faisais que mettre en pratique les consignes d'Olivia.
– Ils nous ont surpris. On ne les attendait pas aussi forts. Al et Jalil ne nous ont pas loupé et Malefoy… Il joue vraiment très bien.
– Il m'a impressionné, ajouta Mael. Mais il n'a pas été le seul, ajouta-t-il en observant James. Si tu ne m'avais pas montré l'exemple j'aurais fait comme Fred et j'aurais essayé de marquer dès le début du match. Et Malefoy aurait récupéré tous les points et on aurait sûrement perdu. Bravo James. Et merci.
James rougit et tapa dans le dos de son meilleur ami.
– Ça ne m'étonnerait pas qu'Olivia te nomme meneur, James. Elle voulait attendre de voir ce match pour prendre sa décision et tu as justement été décisif.
– Je ne sais pas. Mael et Fred peuvent prétendre au poste aussi.
– Je sais que tu dis ça par loyauté et je t'en remercie mon pote mais on n'a pas le même niveau. Et Fred… Franchement il est beaucoup trop perso. Il veut trop accélérer, trop attaquer…
– On verra bien… Quelqu'un a récupéré mon balai ?
– Oui, on est allé le ranger, t'inquiète il est en parfait état.
– Je suis mort de fatigue, s'exclama Mael. Si je m'écoutais je n'attendrai pas et j'irai me coucher tout de suite.
– Et rater le sacre de monsieur Fred-le-crâneur ? plaisanta Nolan.
– Vous avez une idée de qui ça va être ? questionna Rose.
– James, proposa Mael. Ou Louis.
– Et pourquoi pas toi ? insista James. Ou Alice ? Ou Oscar, Yelena, Solenne… Ça peut être n'importe qui, trancha James. On verra bien au diner. D'ailleurs je meurs de faim…
Alors que ses amis riaient il marcha en direction du château. Un doux parfum le rendait particulièrement heureux et il fut décontenancé de voir Natasha marcher près de lui.
– Ça va ? Pas trop amoché ?
– Non, juste quelques égratignures.
– Ce n'était pas ton meilleur match. Tu t'es bien débrouillé mais on voyait que vous manquiez de stratégie face à eux. C'était la surprise, vous étiez les premiers à y passer. Mais bon, t'as fait du bon boulot. C'était intéressant de les épuiser, ça a marché mais tu aurais pu augmenter la différence de points en allant à l'essentiel.
– Tu as parfaitement résumé la situation… Mais je ne pense pas qu'ils n'aient préparé qu'une seule tactique. Vaisey leur a sonné les cloches, il n'est peut-être pas le meilleur attrapeur mais il est bon en tactique. Meilleur que l'autre nouille de Nott. Ils s'adapteront à chaque équipe. Ils vont être beaucoup plus défensifs contre vous, ils savent que votre arme c'est Malek, s'ils arrivent à vous empêcher de marquer, ils libèreront Malefoy pour qu'il marque un max de buts. Et alors, Malek ne pourra rien faire que se dépêcher d'attraper le vif pour combler le score. Préviens Isidore, ils ne vont pas le louper. C'est un super gardien mais Liko aussi et t'as bien vu le début de match. Ils vont le cribler de cognards.
– Pas bête, je vais y réfléchir et en parler à mon frère. J'ai hâte de jouer contre toi en tout cas.
– Tu me feras tomber de mon balai ?
– Tu y arrives très bien sans moi. Ce n'est pas trop mon truc la violence.
– Tu es plus intelligente que ça, c'est sûr.
– Merci Potter.
– De rien, Kandinsky.
– Hum… Tu crois qu'un jour on s'appellera normalement ? Par nos prénoms par exemple ?
James avait du mal à suivre les sautes d'humeur de la jeune fille. Tantôt à poursuivre leur amicale rivalité, tantôt à le rabrouer violemment. « Injustement », disait parfois Mael, avant d'ajouter que les filles étaient ainsi, insaisissables et incompréhensibles.
– Faudrait qu'on s'apprécie pour ça, répondit-il d'un air rieur.
Le sourire qu'ils échangèrent en disait pourtant long sur la façon dont ils s'appréciaient.
ooOOoo
Seules les équipes de Gryffondor et Serpentard firent honneur au repas, ce soir-là. Le match avait été relativement court mais très intense et les joueurs avaient besoin de reprendre des forces. Ils avaient été moins félicités que lors de leurs précédentes victoires, car tout le monde n'attendait qu'une chose, la révélation des élus qui représenteraient Poudlard lors du tournoi.
Le brouhaha fit place à un silence de plomb lorsque le directeur se leva pour un discours plus qu'attendu.
– Bonsoir à tous ! Et bien je ne peux que souligner et apprécier votre impatience, mes chers amis. Je profite de vous faire languir un peu et je félicite les équipes de Gryffondor et Serpentard pour le match haut en couleur qu'elles nous ont offert. Je tiens cela dit à souligner que le quidditch est une discipline et que ça implique des règles qu'il faut respecter. A chaque rencontre des joueurs sont blessés et nous ne sommes pas passés loin d'un drame. Faites attention à vous, sinon il se pourrait bien que j'annule le reste de la compétition. Revenons-en au tournoi. Aujourd'hui se sont tenues les sélections du tournoi des quatre écoles. Nous accueillerons nos adversaires dès le week-end prochain et vous pourrez profiter des vacances pour apprendre à les connaitre. Ce sera également pour nous l'occasion de vous dévoiler les différentes équipes du tournoi. En ce qui concerne les élèves qui représenteront Poudlard, une présélection a été faite aujourd'hui. Les élèves concernés passeront un ultime entretien dans une semaine, jour pour jour. Je vais maintenant annoncer les noms des six élèves sélectionnés en cinquième, sixième et septième années. Liko Jordan, Jin Huang, Isidore Kandinsky, Malek Lespare, Vaïtu Ganesh et Olivia Dubois ! En sixième année, cria le directeur pour couvrir les applaudissements, Shannon Rush, Owen Pold, Molly Weasley, Paul Odon, Oliver Koppe et Victor Rosebury. Enfin, en cinquième année, six candidats pour une seule place et ont été choisis Fred Weasley, Solenne Oranche, Louis Weasley, Jean-Paul Sphère, Alice Londubat et James Potter. Les élèves concernés devront rencontrer leur directeur de maison qui leur communiquera la marche à suivre. Bonne soirée à tous !
A la table de Gryffondor, les amis de James étaient partagés. Si Fred rayonnait, Louis gardait sa discrétion légendaire. Alice parlait avec ses amies de la future sélection et James était perdu, tant il avait été surpris d'entendre son nom. Il croisa le regard déçu de Mael et se promit d'être très attentif envers son meilleur ami. Nolan, quant à lui, observait Fred avec beaucoup d'énervement, tout comme Mael qui semblait pour la première fois réellement jaloux et cela inquiéta davantage James. Se pouvait-il que leur cinquième année voit la fin d'une si belle amitié ? Devrait-il désormais choisir entre son meilleur cousin et son meilleur ami ? Et qu'en était-il des autres ? Cela énerverait Alice, Louis resterait impartial et Nolan… Le nouveau-venu avait été rapidement accepté par la bande d'amis mais avait-il assez de recul pour juger de la situation ? C'est à tout cela que James médita… toute une semaine.
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Ni les cours, ni la reprise de leur entrainement de quidditch ne firent descendre Fred de son trône. Il avait fini par agacer Alice et Yelena qui semblaient ne plus le supporter. Filippa, en revanche, semblait sous son charme et buvait ses paroles. James ne savait s'il devait intervenir et parler à Fred, ce genre de choses était davantage l'affaire de Louis en temps normal mais celui-ci semblait avoir démissionné. Les querelles et les énervements l'avaient éloigné de ses amis. Il préférait passer les cours auprès de son ami Jean-Paul alors que Mael retrouvait avec beaucoup de bonheur l'amitié infaillible de Keith, Keanu et Oscar, leurs amis de toujours.
Cette cinquième année les avaient à la fois séparés et soudés plus que jamais et la compétition qui aurait pu les séparer n'était jamais abordée. James passait beaucoup de temps avec Nolan, dont l'esprit mystérieux n'était pas très apprécié par ses amis des autres maisons. James avait ainsi pu faire davantage connaissance avec Noelia, la sœur jumelle de Nolan qui ne s'était pas encore très bien intégrée chez les Serdaigle. Sa supériorité en cours avait attisé la jalousie d'Irina Kandinsky et de son amie Sandra et la solide amitié qu'avaient tissée Nalani et Solenne, comme celle qui unissait Keith et Keanu, ne laissait pas de place à une troisième personne.
James avait également sympathisé avec les autres membres de la famille Donovan. Il avait appris que le fils ainé de la famille, Killian avait rejoint le centre de formation des Aurors. Maiwenn, qui était en septième année, à Gryffondor, s'était bien intégrée à la bande de Liko, Guillaume, Olivia, Vaïtu et Allison. Sa sœur jumelle, Maelis, semblait avoir toujours fait partie des Serdaigle. Océane, la plus jeune des sœurs, ravissait tous les cœurs et avait donné du fil à retordre à Natasha et Rose qui voyaient en elle leur digne rivale. Sullivan, quant à lui, ne se séparait jamais de Lysandre. Des rumeurs courraient sur leur amitié ambiguë, on disait même qu'ils partageaient le même lit mais à onze ans et en pleine découverte du monde de la magie rien ne semblait perturber les deux garçons.
La semaine passa très vite et James reçut les résultats de ses derniers examens scolaires et il avait été déçu de constater que les récents évènements l'avaient beaucoup éloigné de ses devoirs. Habitué aux O et aux E, il n'avait obtenu que des A. Ce n'était pas très alarmant car la moyenne de la classe avait beaucoup chutée à cause de la complexité des études de l'année des BUSES et du Tournoi qui troublait tout le monde. James restait cela dit en haut du classement et s'il avait l'habitude de partager son trône avec Louis et Irina, il devrait désormais également le partager avec Nolan et Noelia. Les ultimes sélections qui eurent lieu le samedi matin ne furent pas très différentes des précédentes et c'est le cœur libéré qu'il retrouva ses amis pour assister à l'écrasante victoire de Serdaigle sur Poufsouffle.
Fred s'était encore une fois fait remarquer en encourageant comme un forcené l'équipe de Poufsouffle. En effet, Fred vouait une haine immense à l'équipe de Serdaigle qui remportait la coupe depuis plusieurs années. Mael et Louis avaient décidé de rester impartiaux car ils avaient des amis dans les deux maisons. James restait un fervent supporter de l'équipe de Serdaigle qui excellait, même s'il s'en était caché, félicitant et encourageant les deux équipes. Il fallait après tout faire autant d'honneur à la titularisation de Nalani comme nouvelle meneuse de Serdaigle qu'à la confirmation d'Oscar au poste de gardien de l'équipe de Poufsouffle.
Ses coéquipiers étaient très inquiets au vu de la qualité de jeu des Serdaigle qui paraissaient imbattables. Ils jouaient avec un formidable esprit d'équipe et ne commettaient aucune faute. Ce n'était malheureusement pas le cas de l'équipe de Poufsouffle qui usa des pires idées pour déstabiliser l'adversaire. Marcus Belby reçut un horrible cognard alors qu'il n'était pas en position de jeu et fut accompagné, inconscient, à l'infirmerie alors que Keith Corner, suppléant batteur, prenait sa place pour la plus grande joie de James qui encouragea son ami. Natasha montra ses progrès, Isidore ne laissa rentrer le souaffle dans ses buts qu'une seule fois et Alfie, Nalani et Jin marquèrent but sur but. Malek attrapa le vif d'or en devançant d'une bonne dizaine de mètres l'attrapeur adverse, offrant cent cinquante points supplémentaires à son équipe qui en avait déjà marqué deux cent dix.
Encore une fois, le match qui avait tant passionné le public fut rapidement oublié et chacun attendait la prise de parole du directeur. Celui-ci se leva enfin, à la fin du repas, pour annoncer qu'ils attendaient un représentant du ministère. Les élèves protestèrent de plus belle, et seuls les plus concernés attendaient dans un silence stressé. Enfin, Théodore Form, le secrétaire de Percy au département de la coopération magique internationale arriva dans la Grande Salle. Après quelques minutes de discussion avec le directeur de Poudlard, ils s'avancèrent tous deux devant un auditoire muet d'impatience. Après de brèves présentations, Théodore Form prit enfin la parole.
– Nous connaissons désormais les noms des représentants du premier tournoi des quatre écoles. Exceptionnellement, je me dois d'apprendre à mesdemoiselles Maiwenn et Maelis Donovan, ainsi qu'à monsieur Nolan Donovan qu'ils ont été sélectionnés dans l'équipe qui représentera Beaux-Battons. Plus d'informations vous parviendront par hibou dès demain.
– Silence ! intervint le directeur, alors que les Donovan se faisaient à la fois applaudir et huer.
– Je vais maintenant appeler les sept membres de l'équipe de Poudlard. Au vu de l'extrême dangerosité des quatre tâches du tournoi, nous avons décidé de nommer également des suppléants. Quand je citerai votre nom, vous viendrez me rejoindre. En septième année, ont été choisis pour représenter Poudlard au tournoi des quatre écoles : Malek Lespare !
La table de Serdaigle se leva d'un seul mouvement pour applaudir et féliciter son plus digne représentant.
– Liko Jordan !
James et ses amis firent autant de bruit pour féliciter leur ami, juste avant de recommencer après la nomination de Vaïtu. Ce fut ensuite aux Poufsouffle d'applaudir chaleureusement Jin Huang, la seule « divinité » de leur maison. Le directeur de Poudlard semblait extrêmement fier de voir qu'à chaque annonce d'un champion des élèves des quatre maisons applaudissaient en chœur.
– Je vais maintenant appeler les deux élèves de sixième année. Rejoignent l'équipe, Shannon Rush et Molly Weasley !
James fut surpris par cette annonce, il avait toujours considéré sa cousine comme une élève particulièrement sérieuse et ne savait pas qu'elle pouvait être réellement intéressée par ce type de tournoi, mais fut un de ceux qui encouragea le plus fort sa cousine. Elle sembla d'ailleurs s'en rendre compte puisqu'elle lui lança un sourire éblouissant.
– Et enfin, l'élève de cinquième année qui représentera Poudlard est… James Potter !
James fut totalement sonné. Ses amis lui donnaient de grandes tapes dans le dos et l'aidaient à se lever alors qu'autour de lui les mêmes applaudissements se faisaient entendre aux tables de Serdaigle et de Poufsouffle. Certains Serpents ignorèrent les Basilics et leur loi pour se joindre à la liesse. James rejoignit sa nouvelle équipe avec beaucoup de fierté et fut encore plus heureux lorsqu'ils furent rejoints par Olivia, Owen Pold et Louis, leurs suppléants.
James et son équipe rejoignirent une petite pièce adjacente à la Grande Salle où ils apprirent qu'ils allaient être encadrés par le professeur Brinks pour toute la durée du tournoi. Après quelques indications que James n'entendit même pas, tant sa surprise était grande, ils regagnèrent la Grande Salle où une petite fête était organisée. Les tables avaient disparu et James et Louis rejoignirent leur groupe d'amis. Mael, Alice, Yelena, Keanu, Keith, Oscar, Susie, Nalani et Solenne étreignirent James tour à tour en le félicitant chaleureusement. Fred avait disparu, certainement très déçu de n'avoir pas été retenu dans l'équipe. Bon nombre d'élèves de toutes maisons vinrent féliciter Louis et James et celui-ci eut même l'immense privilège de recevoir plusieurs bises de ses camarades féminines, dont Natasha ce qui le fit rougir et déclencha un immense fou rire de la part de ses meilleurs amis. Lorsque la fête prit fin, le directeur demanda aux champions de rester dans la Grande Salle. Ils furent rejoints par leurs parents qui avaient été invités à venir les féliciter. Il eut beaucoup de plaisir à voir arriver Bill et Fleur avec qui il passa un agréable moment. Ses parents arrivèrent peu après et lui annoncèrent qu'ils avaient tenu à voir Albus et Lily avant de le féliciter. Ils s'assirent tous les trois dans un coin, n'échangeant que des banalités.
– Vous n'avez pas l'air très heureux.
– On a vu le professeur Glacey qui nous a reparlé de tes résultats, mon chéri, répondit sa mère. C'est l'année des BUSES. Et …
James tiqua. La façon dont sa mère avait ajouté « mon chéri », d'une voix forcée, voyant que la famille la plus célèbre était épiée par quelques élèves peu discrets, remuait le ventre du jeune homme. S'habituerait-il un jour aux sentiments faussés de sa mère ?
– Je sais, ils sont en baisse, mais le début d'année a été chargé. Avec le Tournoi…
– Justement, pourquoi t'es-tu inscrit?
– On t'avait conseillé de te tenir éloigné du Tournoi, ajouta Harry. Comme d'habitude, tu ne nous as pas écoutés.
– Tout le monde a voulu passer les sélections, on s'est dit avec Fred et Louis que ça ferait bizarre qu'aucun de nous tente sa chance !
– Je pense, répondit Harry, que Louis aurait eu sa place dans l'équipe.
– Un seul élève de cinquième année pouvait faire partie de l'équipe.
– C'est bien ce que je dis.
– Harry…
– Il se passe quoi encore ? Tu n'es pas content ? Tu n'es pas fier ? Je n'ai rien fait de plus que les autres, j'ai passé les mêmes sélections qu'eux !
– Ah oui ? Parlons-en des sélections ! Tu n'as pas pu t'empêcher de parler de moi ! Un de mes collègues, et un de ceux qui m'apprécient le moins, était présent ! Tu as cité l'expelliarmus pour que le jury te choisisse par rapport à notre célébrité !
– Non ! J'ai cité l'expelliarmus, oui, mais je ne voulais pas…
– Arrête de mentir, James ! Quand grandiras-tu, par Merlin ?
– Et toi ? I pas que toi, dans la vie ! Je n'existe pas qu'à travers toi ! Mon ami Keanu a lui aussi cité le même sort ! Es-tu allé le voir pour le lui reprocher ? Fred s'est vanté d'avoir tout réussi haut la main, il pensait que c'était du tout-cuit, Georges lui en veut-il d'être prétentieux ? Non ! I que toi qui me fasses des reproches, et comme par hasard, toujours à moi, jamais aux autres !
– Dois-je te rappeler ce que tu as fait à cette pauvre élève de première année ?
– Mais ce n'était pas moi papa et tu le sais très bien ! J'en ai marre de t'expliquer que j'ai changé ! Je regrette de t'avoir déçu étant enfant mais si tu n'es pas capable de pardonner à cet enfant et de voir qu'il a évolué, alors…
– Tu parles de toi à la troisième personne, maintenant ?
James sursauta, se levant d'un bond de sa chaise. Son père allait-il l'accuser de tous les maux ?
– J'en peux plus ! Pourquoi m'as-tu gardé ?
– Quoi !?
– Pourquoi faut-il que je sois encore ton fils alors que tu me détestes ?
– Tu es une victime, c'est ça ?
– Ça parait si incroyable ? Je n'existe plus pour toi, avant tu étais bien obligé de me voir quand nous vivions sous le même toit, maintenant tu ne fais plus attention à moi ! Sauf pour m'engueuler ! J'aime Albus plus que tout au monde, plus que Lily, plus que toi, plus que maman, je m'en veux de lui avoir mené la vie dure quand on était enfants, mais maintenant je le protège, je lui ai donné la cape, je lui ai montré la salle sur demande, je lui ai prêté mon balai, je lui ai même proposé de prendre le mien pendant le match parce que c'était son premier match ! S'il avait accepté j'aurais joué avec un balai de l'école mais il a refusé. On est plus soudés que jamais ! Tu lui as écrit pour le féliciter, je le sais, il me l'a dit. Et moi ? Je n'ai pas bien joué ? Mon équipe n'a pas gagné ? Je comprends que tu aies voulu acheter un balai à Al et pas à moi, je lui ai conseillé d'accepter et je sais que s'il ne l'a pas fait, c'est uniquement pour moi. Je n'arrive pas à te prouver que j'ai changé alors écoute ton fils ! Ecoute Albus ! Rien ! Plus une lettre, plus rien ! Tu sais ce que c'est, papa, tu n'as pas eu cette chance, toi. Moi j'ai des parents, une famille et mon frère et ma sœur reçoivent des lettres de toi… Tu crois qu'on ne se parle pas ? Tu crois qu'ils ne me racontent pas ce que tu leur écris ? Tu crois que ça ne me fait pas mal ? Non, toi tu t'en fous, tu t'es fait une opinion sur moi et qu'elle soit vraie ou fausse tu t'en fous, tu ne cherches pas à me connaitre, tu ne… Et tu restes comme ça sans rien dire, tu t'en fous que je… C'est fini, je ne veux plus te voir.
– James…
– Non, maman. J'en ai assez. J'irai passer les vacances chez mes amis, je ne reviendrai plus à la maison.
– Tu es mineur et sous ma responsabilité, James, tu n'iras pas embêter nos amis avec…
– Embêter, toujours des défauts, i que ça que tu vois… Tu ne m'empêcheras pas de faire ce que je veux désormais. Je ne veux plus te voir. Je suis désolé, maman, mais en même temps… tu ne prends pas souvent ma défense. A croire que je vous ai toujours déçus. Tous les deux. Ce ne sera pas une grande perte.
– Que se passe-t-il ici ? demanda Bill. James ? James !
James ne se retourna pas et quitta la Grande Salle en pressant le pas. Le temps que ses amis s'aperçoivent de son départ, il était déjà trop tard. Leurs efforts demeurèrent vains, à mesure que la nuit reprenait ses droits et engloutissait le château de sa pénombre. Maël parcourait chaque couloir, chaque recoin du château, fidèlement encadré de leurs amis de toujours. Et pourtant, lorsque l'aube leur rappela que le temps ne s'était pas arrêté, James était toujours absent.
« Jean-Paul dit qu'on devrait rentrer, murmura Oscar, profondément inquiet. Que s'il ne se montre pas c'est qu'il veut être seul.
– Je reste, affirma Mael, l'air résolu. Je continue. Lui n'aurait pas abandonné. »
Ses amis acquiescèrent, décidés à retrouver James. Mais celui faisait visiblement tout pour ne pas l'être.
ooOOoo
Le lendemain, James ne quitta la salle qu'à la nuit tombée. Il partit s'asseoir dans un coin calme du parc sans croiser personne. Quelques minutes après, il entendit des pas et fut rejoint par Alice et Mael qui s'assirent à ses côtés en silence.
– Tu nous as fait une belle peur. On s'inquiétait de ne pas te voir revenir et on a cherché sur la carte. Mais tu n'étais nulle part. Et puis on t'a vu sortir du château. La salle sur demande, hein ?
– Oui, répondit-il en se raclant la gorge.
– On a essayé de t'y rejoindre hier soir, mais la salle ne nous a pas laissé entrer.
– Louis… Il nous a dit que tu t'étais disputé avec tes parents. Ils ne veulent pas que tu participes au tournoi ?
– Mon père m'en veut parce que j'ai parlé de lui. Aux sélections.
– Keanu aussi en a parlé, s'énerva Alice qui était restée muette jusqu'alors.
– Je sais mais ça n'excuse pas tout. Je fais tout pour regagner leur respect et leur amour et là, faut que je fasse une connerie et que je tombe sur un de ses collègues qui va tout lui répéter. Tout ça pour un sort… Tout ça pour rien.
– Vous allez vous réconcilier, tu…
– Vous pensez que je pourrais passer les grandes vacances chez l'un d'entre vous ? A Noël je pourrai rester ici mais ce n'est pas possible pour les vacances d'été…
– C'est si grave que ça ?, demanda Alice.
Maël vit une tristesse et une déception immense dans les yeux de con meilleur ami. Alors il fit ce qui lui paraissait naturel, il entoura ses épaules de son bras.
– Tu sais que tu peux compter sur nous. Je pense que tu devrais venir chez moi. Les parents d'Alice sont vraiment proches des tiens…
– C'est «mon » meilleur ami, Thomas, ne l'oublie jamais !
– C'est également le mien Alice, et ce n'est pas le moment de...
– Ton père connait le père de James, et étant mineur, où qu'il soit, ses parents seront au courant. Enfin, on n'en est pas là…
– C'est juste une couverture. Je ne pense pas aller vraiment chez l'un ou chez l'autre. Vagabonder pendant deux mois, ça ne me fera pas de mal. Je pourrai commencer à bosser mon mémoire ou potasser les bouquins de l'an prochain.
– Enfin, si tu survies au tournoi.
– Alice ! s'indigna Maël.
– Merci les amis…
– Avec plaisir, Jimmy boy.
– J'ai raté quelque chose ?
– Pas vraiment, on sait juste que les élèves des trois écoles viendront à Poudlard demain mais sinon, rien, tout le monde ne parle que de l'équipe, de ceux qui ont été choisi, pourquoi eux et pas d'autres…
– Pour certains c'était juste une évidence.
– Oui, Malek, Jin, Liko… Mais Molly ne fait pas l'unanimité. C'est injuste parce que Lucy est très appréciée mais Molly aussi est très sympa.
– Pour Shannon, les avis sont partagés.
– Les mecs sont ravis. Et une rumeur court à son sujet comme quoi elle serait en partie vélane, d'une de ses grands-mères. Ca expliquerait pas mal de choses…
– Du coup, les filles crient à l'imposture, elles sont toutes jalouses !
– Pas toutes, Mael, c'est absurde, elle a beaucoup de talent et est très sympa aussi.
– Et Louis et moi ?
– Bizarrement, à part les Serpentard, ça n'étonne personne. D'ailleurs Rose et sa copine Natasha sont venues nous voir ce matin, elles voulaient te féliciter, précisa Alice.
– Un des Nott s'en est pris à toi mais Liko et Guillaume ont pris ta défense et en moins de deux, c'était réglé.
– Il n'est pas trop déçu ? Guillaume ? De ne pas faire partie de l'équipe ?
– Tu parles, il va pouvoir commenter les tâches ! Donc il est ravi ! Un étudiant bilingue de Beaux-Battons sera là aussi et des élèves des trois écoles viendront écrire des articles et prendre des photos. Owen, puisqu'il est dans l'équipe, sera remplacé par Brooke Cole.
– En parlant de Brooke, sa sœur Dona m'a demandé cent fois où tu étais… Vous sortez toujours ensemble ?
– Je n'en sais rien… On s'est embrassé quelques fois, au début de l'année mais avec tout ce qu'il s'est passé entre Lily et Hugo, les entrainements de quidditch, on ne s'est pas beaucoup vus. Et Fred, au fait, comment il va ?
– Oh, il ne digère pas son échec. On ne lui a pas beaucoup parlé.
– Nolan s'est inquiété pour toi, au fait, se rappela Alice.
– Ah… On en a pas trop parlé, vous pensez quoi à son sujet ?
– Oh… Ben il est sympa, répondit Mael d'un ton faussement dégagé.
– Je ne sais pas trop, réfléchit Alice. Il est à Gryffondor mais est-ce suffisant pour...
– Ouais on le connait moins bien que toi, coupa Maël, c'est ton pote.
– Mon pote ? Je ne sais pas, je pense qu'il faut être cool avec eux vu qu'ils sont nouveaux, ils débarquent d'une façon peu habituelle, faut les aider à s'intégrer.
– Oui, mais vous vous entendez bien. Super bien même. Vous avez des tas de points en commun…
– Mael… Nolan et moi on veut à peu près étudier la même chose l'année prochaine, c'est tout. Il est très sympa mais toi… t'es mon meilleur ami. Toi, pas lui.
– Ouais. Ouais je ne disais pas ça pour… enfin si mais bon…
– Ah les garçons… Vous êtes incroyables… Bon, tu arrêtes de bouder alors ?
– Je ne boude pas, Alice, ça m'a juste foutu un coup. Enfin, faut que je m'y fasse…
– Tes parents t'aiment, James, c'est juste qu'ils ne te le montrent pas.
– On peut dire ça, oui.
– Mais nous, on est là. Nous, on t'aime tel que tu es.
– Prétentieux ?
– Tu n'es pas prétentieux. Un peu vantard, parfois… Et têtu aussi.
– Et cool, altruiste, généreux, poursuivit Mael.
– Et brillant.
– Et tu es notre petit champion maintenant.
– Vous croyez que ça va être quoi les tâches ?
– Des trucs horriblement compliqués et dangereux, avec des créatures avides de sang et des énigmes qu'il te faudra résoudre au péril de ta vie.
– Et si on retournait au château ? Tu vas risquer ta vie, perdre un ou deux membres, alors ça serait bête de ne rien avoir dans l'estomac.
ooOOoo
James fit largement honneur au repas ce soir-là. L'ambiance n'avait pas réellement changé et ses amis se comportèrent normalement avec lui. Il n'avait pas donné d'explications à Lily et Albus sur son absence mais il savait qu'il devrait bientôt le faire. Les élèves commençaient à quitter la salle et alors qu'il jouait les retardataires et qu'il engloutissait une troisième cuisse de poulet rôti, Rose et Natasha vinrent s'asseoir près de lui.
– Potter, on dirait que t'as pas mangé depuis plusieurs jours !
– Ben j'ai quand même sauté deux repas.
– T'étais où d'ailleurs ? Louis m'a dit que… enfin avec tes parents…
– Ouais. Je n'ai pas envie d'en parler, Rose, désolé.
– Ok. Félicitations en tout cas, j'espère que tout se passera bien !
– Merci ma cousine adorée !
– J'imagine que tu vas devenir encore plus insupportable ?
– J'y pensais justement, Kandinsky, je sais que tu aimes beaucoup ça mais… malheureusement je préfèrerai profiter de mes derniers jours pour réviser tranquillement à la bibliothèque. J'aimerais mourir intelligent.
– Ne plaisante pas avec ça ! Ce type de tournoi est très dangereux et…
– Je ne savais pas que tu te souciais autant de moi.
– Ça n'a rien à voir ! C'est à Rose que je pense, elle est tellement « famille », je ne voudrais pas avoir à sécher ses larmes. Surtout pour toi, Potter !
James regarda Natasha partir en souriant.
– Et bien je vois que ça s'arrange drôlement entre vous, nota Mael.
– C'est pour bientôt tu crois ?
– Alice !
– Oh ça va…
– En même temps, elle a raison, mec, autant de tension entre vous ça veut seulement dire que… ok j'arrête.
Mais Mael et Alice continuèrent d'échanger des regards complices et James s'empara d'une quatrième cuisse de poulet pour détourner leur attention. Il ne pouvait nier que le rapprochement entre ses deux meilleurs amis le rendait heureux, il avait difficilement supporté les piques à répétitions d'Alice envers Mael. Il abordait souvent le sujet avec Alice, depuis l'été, et espérait avoir réussi à lui faire entendre raison à propos de Maël.
– Ah James tu es là.
– Salut Louis, ben qu'est-ce qu'il t'arrive ?
– Ne m'en parle pas… J'en peux plus… Encore Hugo. Lily et ses amis sont allés voir Hagrid aujourd'hui. Ils te cherchaient. Bref, Lily a volé sur Buck.
– Et ?
– Bon, déjà, c'est interdit. Mais bon y avait Hagrid et puis c'est Lily, donc je ne dirai rien mais… Bref, un élève de Poufsouffle l'a vu et en a parlé à ses amis et … Hugo a voulu faire la même chose pour se mettre en avant. Sauf qu'il a fait ça sans Hagrid et qu'il a été blessé et qu'il.. oh il n'a rien, il est déjà sorti de l'infirmerie. Mais bon… J'ai été obligé de le dire à Glacey et il est furieux. Trop de problèmes avec notre famille, apparemment, j'ai bien peur qu'on ait encore droit à une réunion familiale.
– Oh non…
– Et maintenant je dois aller avertir Rose, tu la connais, si je ne…
– James ! Chéri ! Où étais-tu passé ?
– Ah, salut Donna, ça va ?, eut-il le temps de demander avant que celle-ci ne fonce sur lui pour l'embrasser.
– Je n'avais pas encore eu le temps de te féliciter mon beau doudou.
James avala de travers son jus de citrouille, rougissant à vue d'œil.
– Ah, ben.. Ce n'est pas grave, c'est fait maintenant. Tu m'excuses, je dois… enfin… on a un entrainement… enfin une réunion et… je dois y aller, on se voit plus tard.
James dut subir les moqueries de ses amis toute la soirée et le lendemain l'information avait si vite circulée que l'officialisation du couple formé par James et Donna était sur toutes les lèvres, évinçant quelque peu l'arrivée imminente des élèves d'Alborg, Durmstrang et Beaux-Battons.
ooOOoo
« Il faudrait nommer un capitaine, proposa Tim Brinks après mûre réflexion.
La salle se voulait spacieuse, confortable, chaleureuse. James l'avait découverte en même temps que ses coéquipiers alors qu'il avait parcouru les couloirs avoisinants pendant des mois, des années même. Comme il l'avait expliqué à ses amis, la salle des Champions avait été aménagée spécialement pour eux, afin qu'ils puissent se retrouver, interagir et préparer au mieux le Concours dont la Première Tâche approchait à grands pas. C'était parfois en ces lieux que Tim Brinks, professeur d'Arithmancie et de vol sur balais, retrouvait ceux qu'il appelait « mes petits poulains ».
Il s'était vu proposer d'entrainer les sélectionnés et alternait les retrouvailles entre profondes discussions, débats et entrainements physiques. Ceux-ci avaient pour mérite de laisser James sur les rotules et de lui montrer oh combien il était loin d'avoir le niveau requis pour combattre créatures dangereuses et plantes tueuses.
Comme à leur habitude, Liko et Olivia étaient vautrés dans d'énormes fauteuils, la pose nonchalante et le regard vague. A l'autre bout de la salle, Jin Huang, seul Poufsouffle sélectionné, écoutait sérieusement Tim Brinks, le dos parfaitement parallèle au dossier droit de la chaise rustique qu'il avait choisie. Les Serdaigle s'étaient éparpillés et arboraient la même mine enjouée et sereine. James leur enviait leur éternelle quiétude, lui qui dansait sur un pied puis sur l'autre, n'osant que très rarement prendre la parole.
James se sentait pourtant bien intégré parmi eux. Tous l'avaient accepté malgré son jeune âge, son nom et sa célébrité. Tous l'avaient accepté tel qu'il était réellement, le vrai James, celui que seuls ses amis connaissaient.
Cette salle les protégeait, leur permettait de vivre une expérience unique et de comprendre les enjeux et les responsabilités qui reposaient désormais sur leurs frêles épaules.
En dehors de cette salle, ils étaient observés, jaugés, critiqués. Ils étaient les Champions de Poudard.
– Je croyais qu'on avait dit qu'on devait prendre les décisions à l'unanimité ?, s'étonna Liko.
– L'un n'empêche pas l'autre, contra Tim Brinks. Un capitaine peut et doit écouter tous les membres de l'équipe. C'est pour cela qu'il faudrait nommer quelqu'un qui soit capable de faire fi des rivalités entre maisons, quelqu'un qui remotive tout le monde, qui prenne les meilleures décisions, quel qu'en soit le prix.
Ils échangèrent quelques regards, pensifs. Eux ne se jugeaient pas. James en avait pris conscience dès leur premier entrainement, alors que Malek et Jin lui avaient tendu la main, souriants, après qu'il soit tombé dans la boue. Chacun avait un mot gentil pour les autres, un encouragement et un désir de partager ses compétences et tous avaient à cœur de convaincre le plus jeune d'entre eux que lui aussi avait des compétences. James, pourtant, se sentait fragile, bête et inapte, surtout lorsqu'il se comparait à ses coéquipiers.
Et puis, bien sûr, il y avait le quidditch. Il n'était pas rare que quelques Gryffondor, qui avaient pris l'habitude de siffler Malek dans les couloirs, se montrent plus blessants et irrévérencieux que jamais. Les Serdaigle se comportaient relativement mieux, les Poufsouffle soutenaient les Champions, toutes maisons confondues et les Serpentard se partageaient entre ceux qui étaient révoltés qu'aucun Champion n'ait été nommé parmi les serpents et ceux qui accusaient le coup avec lassitude, sans faire de vague, pensant qu'il était légitime de payer pour des fautes commises des années avant leur naissance.
– Pourquoi pas James ?, proposa alors Malek.
Celui-ci en tomba des nues. Olivia et Liko étaient également profondément étonnés.
– Moi ?
– Tu as des amis dans chacune des maisons de cette école, tu es ouvert, sociable et tolérant et ce que j'ai pu voir lors de nos matchs, poursuivit Malek, tu es fairplay.
– Mais je suis le plus jeune, contra James qui rougissait à vue d'œil.
– James n'a pas tort, songea Tim Brinks. Son jeune âge fait qu'il est moins expérimenté que la plupart d'entre vous.
– Je pense que tu feras l'affaire, Lespare, grogna Liko.
Malek haussa à peine les sourcils. Olivia étouffa un juron. Jin Huang hocha la tête, suivi de près par l'ensemble de l'équipe.
Il n'en fallut pas davantage pour que Malek Lespare soit nommé capitaine de l'équipe de Poudlard. Les dix prochains jours, il serait pris pour cible par les remplaçants des équipes venant de France, de Bulgarie et d'Islande mais il prouverait à tous qu'il était le meilleur choix de l'équipe.
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Le jour de la première tâche arriva beaucoup trop vite selon James. Il était plus que paniqué, ce matin-là, lorsque le réveil de Mael réveilla la chambrée. Il jeta un œil au lit vide de Nolan avant de gagner la salle de bain. Nolan avait dormi avec ses camarades, dans l'aile du château qui accueillait les champions des trois écoles. Ses cousins et ses amis tentèrent de lui donner confiance, Donna l'embrassa avec conviction, sa sœur et son frère vinrent lui témoigner leur soutien mais James ne put qu'avaler un toast sous la pression d'Olivia, qui n'avait pourtant rien mangé. James suivit ensuite ses coéquipiers à l'extérieur du château, où le jury les attendait sous une tente. Ils attendirent quelques minutes que le public de Poudlard et les visiteurs invités s'installent, puis Théodore Form prononça quelques mots avant d'inviter les champions à sortir. A chaque fois qu'une équipe sortait, présentée par Guillaume, la foule hurlait des noms ou des encouragements. Le soleil éblouit James alors qu'il levait la tête comme ses camarades. Le public était installé sur de hauts gradins ouatés qui ressemblaient à de gros nuages.
– Sonorus ! Bonjour à tous ! La première tâche du tournoi des quatre écoles va débuter. Un parcours a été créé spécialement pour l'occasion. Les quatre équipes vont partir de quatre points différents et devront sortir du parcours le plus rapidement possible. L'équipe qui totalisera le plus de point en un moins de temps remportera cette tâche. Les champions préparez-vous. Que le tournoi commence !
James observa le parcours qui volait à quelques mètres du sol. Il utilisa un ascendio pour s'élever en même temps que ses coéquipiers. Ils devaient évoluer sur des dalles à moitié cachées par des nuages artificiels. Beaucoup de brume les entourait et bientôt ils ne virent ni entendirent plus rien.
– Allez, faut se bouger les gars, sortez vos baguettes et on y va, tous ensemble, commença Malek.
Mais à peine eurent-ils le temps de marcher que la dalle sembla s'affaisser sous eux. James attrapa la main de Liko au vol à temps. La dalle venait de disparaitre et laissait un trou béant d'une profondeur vertigineuse.
Il apparut rapidement que le plus dur était d'avancer tous en même temps pour éviter de tomber des dalles, le tout en traversant les épais nuages glacés. James regardait tout autour de lui sans savoir quoi chercher.
– Un coffre, cria Shannon. Là !
Tous se précipitèrent vers elle et tentèrent de l'ouvrir. Mais James était nerveux et un éclat lumineux troubla son attention. Il avança et manqua de tomber dans le trou qui venait d'apparaitre.
– James, qu'est-ce qui se passe ?
– Y a un truc qui brille. Je crois… je crois que c'est une clef.
– Elle est beaucoup trop haute, faut tenter un sortilège. Bon, Liko tu aides James avec la clef, Jin et Molly vous partez devant, Shannon, Vaïtu, vous tentez d'ouvrir le coffre.
Pendant que Liko tentait absolument tous les sorts qui lui passaient par la tête, James continua d'avancer sur les maudites dalles. Il trouva rapidement l'objet de toutes les convoitises, un balai magique. Sans réfléchir, il l'enfourcha et partit à la recherche de la clef. Mais soudain, des centaines d'oiseaux vinrent troubler sa course. Pris de panique, il vira de bord mais les oiseaux le suivirent en tentant de l'attaquer. James se débâtit un moment avant de lancer un sort d'immobilisation, les oiseaux furent stoppés en plein vol et James repartit en quête de la clef. Une fois acquise il la lança à Liko et atterrit près de son équipe.
– Bien joué, James, garde le balai, on sait jamais, il peut nous servir à nouveau.
– Y a un parchemin dans le coffre, attendez, je regarde, commenta Shannon. 150 points !
– Super, trouvons d'autres coffres, alors, mais restez sur vos gardes.
L'équipe se lança rapidement sur le parcours, par mini équipes de deux ou trois et trouvèrent quatre nouveaux coffres, empochant par la même occasion six cent nouveaux points. Un grognement exaspéré se fit entendre. Liko s'était débattu avec une créature étrange qui gardait un coffre, mais à l'ouverture, celui-ci ne comportait aucun parchemin. Les trois trouvailles suivantes furent du même acabit.
– Les autres équipes ont dû tout rafler. Je crois qu'il faut essayer de monter plus haut.
– Faudrait se séparer, que deux d'entre nous restent ici, Shannon, Liko, vous parcourez tout cet étage le plus rapidement possible, James et Jin vous montez de deux étages, nous on s'occupe de l'étage supérieur.
Deux ascendio après, James et Jin se retrouvèrent face à l'équipe d'Irlande qui filait plus vite que son ombre. Ils en firent de même et tombèrent rapidement sur plusieurs nouveaux coffres. Ils furent ensuite rejoints par le reste de leur équipe et se séparèrent à nouveau pour gravir au plus vite les étages. Trois heures après, James ne savait plus à quel niveau il se trouvait, si ce n'est qu'il avait horriblement froid et qu'il n'y voyait presque rien. Il n'avait eu à vaincre que des choses basiques et Jin s'était occupé des sorts et créatures les plus dangereux. L'équipe devait avoir près de quatre mille points désormais et avançait toujours séparément.
– James derrière toi !
James se tourna et eut l'horrible impression de revivre un terrible cauchemar. Un détraqueur lui faisait face et Jin était en train de se débattre avec cinq autres de ces horribles créatures. Il fallait qu'il vienne en aide à Jin mais il était terrifié. Le froid l'empêchait de se concentrer et peu à peu ses souvenirs les plus sombres l'envahirent.
– James, aide moi je t'en prie…
La voix de Jin semblait si faible, si suppliante qu'elle tira James de ses cauchemars. Il se rappela que pour combattre un détraqueur il fallait se rappeler un souvenir heureux mais il ne savait pas lequel choisir. Une victoire de quidditch ? Un après-midi à Pré-au-lard avec ses meilleurs amis ? Rien ne marchait suffisamment. James pensa alors à sa maison, aux rires mêlés de son frère et sa sœur et emplit tout son être de ces rires.
– Spero Patronum !
Un sublime chien noir vint chasser le détraqueur et se lança à l'aide de celui, affaibli, de Jin.
– Merci… Je n'y arrivais plus.
– Jin, James, ça va ? cria Malek en les rejoignant. On a vu un patronus. Un gros chien.
– C'est celui de James, le mien n'y arrivait plus… Enfin je n'y arrivais plus.
– C'est bon, ils sont partis. Allez les gars, faut qu'on continue, ça va aller ? Ok, alors on continue.
L'équipe au complet monta encore d'un étage. Il y faisait terriblement froid et un lourd nuage obstruait leur vue. Malek fit de nouvelles équipes en donnant des directives très précises. Quelques minutes après, James avait parcouru plusieurs passages avec Shannon et Vaïtu.
– Là ! Un coffre !
– Il est suspendu, comment faire pour l'atteindre ?
Le balai de James avait disparu depuis longtemps et il cherchait une réponse autour de lui, laissant les filles jurer à voix basse. La réponse arriva très vite et James cria de toutes ses forces en revenant près de ses amies.
– Un… ogre des mers !
Les filles crièrent à leur tour en voyant arriver la créature qui semblait faire plusieurs mètres de haut et arborait de dangereuses écailles taillants sur tout le dos ainsi qu'une queue de dragon. Vaïtu tenta de le stupéfixer, Shannon tenta de métamorphoser des parties de son corps, les trois réunirent leurs forces pour tenter plusieurs choses, en vain. L'Ogre était de plus en plus énervé et accueillit férocement Jin et Molly qui venaient de les rejoindre, alertés par leurs cris. Jin se prit un coup de queue et fut envoyé loin du parcours sans que ses amis ne puissent l'aider. L'Ogre blessa à leur tour Molly et Vaïtu et soudain, James eut une idée.
– Les filles ! Faudrait faire diversion, écartez-vous, encerclez le et moi je vais… lui monter dessus.
– Quoi !? s'exclama Molly. Non, James, non…
– Si, il est pile à la hauteur du coffre, si je lui monte dessus j'atteins le coffre. Aller !
Il ne fallut que quelques secondes pour que les filles coordonnent leurs mouvements.
– James !, cria Shannon. Utilise le sort Resert ! C'est un sort de ressort…
– Resert !
James rebondit et s'attrapa à une écaille de l'Ogre et faillit perdre l'équilibre. L'Ogre avait senti sa présence et James remercia ses réflexes de joueur de quidditch pour éviter les coups de poing de l'Ogre. Il parvint à trouver une posture désagréable mais pratique pour ouvrir le coffre. Il jeta un coup d'œil à ses amies. Molly semblait exténuée, Vaïtu tenait l'Ogre en respect et Shannon s'activait avec hargne, repoussant toutes les attaques de la créature. Il fallait faire vite, et à nouveau un éclair éblouit James.
– Une clef… La clef est sur sa massue ! Je vais essayer de…
– Non ! James, reste où tu es, c'est assez dangereux comme ça ! Molly, en retrait, tu te reposes un peu, je nous protège toutes les trois et toi, Shannon…
– Je lui coupe le bras !
Shannon courut vers l'Ogre à toute vitesse et lui lança sort sur sort. James aidait Vaïtu à faire diversion en lançant un de ses sorts préférés – le sort du coup de poing – sur la tête de l'Ogre. Une magnifique bosse d'un demi-mètre s'était créée mais l'Ogre ne perdit pas de temps avec ça. Un dernier sort de Shannon entailla son bras et l'Ogre rappliqua en l'envoyant valser au loin.
– Wingardium Leviosa ! s'écria Molly en empêchant le corps de Shannon de tomber dans le vide.
– Vaïtu, mets-toi à l'abri, il est devenu fou !
James tentait tous les sors qui lui venaient en tête, tout en s'accrochant de toutes ses forces. Son dernier sort parvint enfin à couper le bras de l'Ogre.
– James, protège-moi le temps que je trouve la clef !
Elle trouva rapidement et la lui lança. James ouvrit le coffre qui contenait mille points.
– Descend maintenant ! Faut trouver un moyen de quitter cet endroit, les dalles ont disparues…
– Eloignez-vous !
James cacha le parchemin dans sa poche, attrapa le coffre, le transforma en bloc de glace et le propulsa sur la tête de l'Ogre en se jetant sur le sol.
– Vaïtu, Molly, avec moi, faut bouger ce monstre, on marchera sur lui pour atteindre l'autre rive. Aller, Wingardium Leviosa !
La manœuvre prit plusieurs minutes et l'Ogre était presque réveillé lorsqu'ils purent rapatrier le corps de Shannon, qui ne s'était toujours pas réveillée. Ils se dépêchèrent tous les trois de traverser et partirent à la recherche de leurs co-équipiers. Ils les trouvèrent à l'étage supérieur dans une mauvaise posture. Une immense roche surplombait trois coffres, gardés par trois créatures ressemblant étrangement à des ptérodactyles. Liko et Malek tentaient de les combattre avec l'équipe de Beaux-Battons. Après avoir laissé Shannon à l'abri, James, Molly et Vaïtu vinrent les aider.
A plusieurs mètres de là, un jeune garçon aux cheveux bruns ébouriffés avait ses yeux verts rivés sur James. Il ne prêtait guère attention aux exclamations de la foule et se concentrait uniquement sur son frère ainé. Il pouvait voir qu'il en était de même pour sa sœur assise sur le gradin d'à côté. Les amis de celle-ci, Lorcan, Colin et Sébastian s'égosillaient pour encourager l'équipe de Poudlard. Avant que la Première Tâche ne commence, Albus avait repéré les membres de sa famille éparpillés dans les différents gradins, grâce à ses multiplettes. Il avait observé Hugo, ébahi par le spectacle, tenant compagnie à un Fred furieux et plus loin Roxanne et ses amis de Gryffondor brandir une grande banderole. Il avait vu Lucy se ronger les ongles en observant, soucieuse, sa sœur ainée et Albus se rappela que d'habitude, c'était Molly qui se rongeait les sangs en regardant sa sœur jouer ses matches. Il vit enfin sa cousine Rose, assise aux côtés de sa meilleure amie Natasha et Albus ne put savoir laquelle des deux était la plus anxieuse. Louis, quant à lui, observait la Première Tâche avec le reste des suppléants, aussi inquiet que les autres, sursautant à chaque attaque.
Des cris fusèrent de partout. Un ptérodactyle avait été touché et les deux autres s'étaient vengés en attaquant les deux équipes. Les plus jeunes et les moins rapides avaient été touchés et Albus vit son frère, le bras en sang, se jeter sur son ami Nolan pour le protéger d'une nouvelle attaque. Les équipes de Poudlard et Beaux-Battons avaient combattus l'une avec l'autre pour cette épreuve et chacune voyait ses combattants s'affaiblir. Mais un second volatile tomba et le troisième préféra abandonner les coffres. Un membre de l'équipe de Beaux-Battons se précipita alors sur les coffres, suivi de près par Liko Jordan. Comme à la fin de chaque épreuve, Albus reprit sa respiration. Il semblait se retenir de respirer à chaque fois, tellement il était tétanisé.
– Elle n'était pas facile, celle-ci, nota Benoit.
– Vous avez vu ce couillon comme il s'est précipité sur les coffres ? s'indigna Jalil.
– C'est le but du jeu, Jalil… Ca va Al ?
Albus ne savait quoi répondre. Il avait vu son frère combattre des détraqueurs, des dalles magiques, des fumées étranges, un Ogre, trois ptérodactyles… A ce rythme-là, James ne survivrait pas longtemps et Albus ne savait quoi en penser.
James récupéra le parchemin que lui lançait Liko et s'élança avec lui pour ouvrir le dernier coffre. Les duels commencèrent entre les adversaires et si Nolan était toujours inconscient, de leur côté, Shannon était incapable de se battre et ils n'avaient pas de nouvelle de Jin. Bientôt Molly, peu habituée aux duels, tomba à son tour d'un éclair de stupéfixion. James et Liko combattaient chacun deux adversaires et Malek parvint à se défaire du sien avant de se jeter sur le dernier coffre. Vaïtu écrasa à son tour son adversaire et vint l'aider d'un sort d'explosion. Le parchemin vola et Poudlard obtint mille points supplémentaires.
L'équipe de Beaux-Battons préféra revenir aux étages inférieurs pour récolter de nouveaux points.
– Qu'est-ce qu'on fait on y retourne nous aussi ? demanda Vaïtu.
– Il n'y a pas d'étage au dessus, souligna Liko. Jin a essayé tout à l'heure avec Malek mais on dirait que c'est bloqué.
– Les Bulgares sont passés par là-bas, ajouta Malek. Allons-y, je crois que les Irlandais sont encore dessous, mais je ne crois pas qu'il reste beaucoup de coffres, on est passés à peu près partout. On a beaucoup de blessés, vaut mieux arrêter. Vaïtu, tu t'occupes de Shannon, Liko de Molly, James tu vas devant.
Lily observa son frère prendre la tête de l'équipe de Poudlard.
– T'inquiète Lil, ta cousine va vite être soignée.
– Je sais, Lorcan, mais là… Lespare a mis mon frère en première ligne, c'est du suicide.
– Pourquoi ? s'étonna Colin.
– Tu ne comprends pas ? Malek est le meilleur, Liko et Vaïtu s'occupent des blessés. Si un nouveau truc apparait, mon frère sera le premier à être attaqué…
Lily échangea un regard inquiet avec Albus. Lui aussi avait vite compris. Et il retenait difficilement un sourire victorieux. Les autres n'auraient pas compris. Qui pourrait comprendre que le bon, l'altruiste, le parfait Albus Potter puisse se réjouir de voir son frère en si mauvaise posture ? Personne. Car personne ne soupçonnait la rancoeur, l'amertume, la douleur que ce pouvait être, pour lui, de voir son frère encouragé, ovationné, alors qu'il n'était rien. Ce serait une nouvelle fois à Albus de leur montrer, à tous, que James n'était rien, et surtout, qu'il n'était rien face à Albus.
Du côté de James, la marche fut de courte durée. L'équipe tomba sur un précipice qui marquait à coup sûr la fin du parcours. Des lianes pendaient au loin mais personne ne savait où elles les mèneraient. D'un accio!, James attrapa une des lianes et se jeta dans le vide, comme le faisaient ses camarades derrière lui. Soudain la corde lâcha et James se sentit tomber dans le vide alors que Malek et Liko lui lançaient des sorts pour le rattraper. Il se sentit remonté puis ramené sur la Terre ferme. Puis ce fut le noir complet.
ooOOoo
Lily frissonna tant les exclamations de la foule étaient fortes. L'équipe de Poudlard avait franchi l'arrivée en troisième position, derrière l'Irlande puis la Bulgarie alors que les Français étaient toujours dans le parcours. Le vainqueur ne serait désigné qu'après que les juges aient comptabilisé les points de chaque équipe. Les juges comptabilisaient les points, les secouristes amenaient les blessés à l'infirmerie et les champions qui étaient encore sur pieds regagnèrent la tente. Lily se leva pour aller acclamer son frère. Avec ses amis, elle rejoignit Lucy, Albus et Rose près de la tente des champions. Là ils embrassèrent Molly, fatiguée mais guérie et virent les amis de Shannon la féliciter. Celle-ci allait bien mais paraissait également exténuée.
Beaucoup d'évènements se produisirent dans les deux heures qui suivaient. Lily apprit dans le désordre que l'équipe de Beaux-Battons avait finalement terminé le parcours en ramenant quelques milliers de points supplémentaires, que Jin Huang et Nolan Donovan avaient été transférés à Ste Magouste dans un état grave, que la Bulgarie, la France et Poudlard étaient premiers ex aequo, que le meneur de l'équipe d'Irlande en avait pleuré de rage, qu'un bal serait organisé avant les vacances de Noël, que la seconde tâche aurait lieu en Février et qu'Owen Pold avait tellement eu peur pour Shannon qu'il s'était rendu compte qu'il l'aimait.
En revanche, Lily n'avait pas de nouvelles de son frère ainé et cela l'inquiétait énormément.
Le parcours avait été fermé, les gradins avaient disparu et les tentes aussi. La foule s'était dispersée mais une bande nombreuse entourait Albus et Lily. Soudain, Harry Potter apparut quelques mètres plus loin et attendit que ses enfants viennent le rejoindre.
– Papa ! T'es venu voir l'épreuve ?
– Lily…
– T'as vu James ? Il s'est super bien débrouillé…
– Lily…
– Je suis trop fière de lui ! Là, je ne sais pas où il est mais …
– Lily !
– Quoi ?
– James est à l'infirmerie. Le directeur vient de me joindre. Votre mère est à ses côtés. A priori c'est assez grave.
Lily écarquilla les yeux. Son père avait prononcé ses mots d'une traite, sans ciller.
– Mais…
– Venez.
Ginny patientait à l'entrée de l'infirmerie. Ils ne pouvaient pas voir James. Le professeur Shitaké les reçut dans son bureau.
– Bien. Je vais tenter de vous expliquer ce qui s'est passé, même si je ne le sais pas vraiment moi-même. Il y a deux mois, en Irlande, un homme a été retrouvé dans son jardin. Ses cris avaient alerté ses voisins. Il était inconscient et semblait très malade. Trois jours après la même chose se produisait au Pays de Galles. Il semblerait que votre fils ait été touché par le même mal. Il développe les mêmes symptômes. Le problème c'est que nous ne savons pas quelle est la source de ce mal. En revanche, vu l'état dans lequel il se trouve nous ne pouvons le transférer à Ste Magouste.
– Vous allez le soigner ici ? demanda doucement Ginny.
– Nous allons tout tenter pour sauver votre fils.
– Le sauver ? C'est… c'est vraiment grave ?
– Oui.
– Mais comment ? Comment a-t-il été… blessé ?
– Il n'a pas été blessé. Enfin, il a subi plusieurs blessures lors de l'épreuve qui ont été soignées mais au moment de revenir près des juges il s'est simplement évanoui. On n'en connait pas la cause si ce n'est qu'il n'a pas reçu de sort, pas été empoisonné… I pas vraiment de raison et c'est ce qui nous a permis de faire le lien avec les deux cas précédents. Vous avez des questions ?
– Quelles sont ses blessures ?
– Vu de l'extérieur, il n'en a aucune. Il est plongé dans un sommeil très profond et parait très agité. L'homme que l'on avait retrouvé dans son jardin vivait des cauchemars horribles où il était torturé. Un de mes collègues m'a indiqué que son corps subissait réellement cette torture. Aussi, lorsque dans son cauchemar, son « ennemi » lui administra le sortilège Doloris, son corps se déchira et il ne parvint pas à supporter plus longtemps la torture.
– Il est… mort ?
– Oui, madame.
– Mais vous êtes sûr que James est atteint de la même maladie ?
– Malheureusement, oui.
– Et le second… L'autre, il est…
– Il s'est réveillé après plusieurs heures de cauchemar. C'est un Chevalier Irlandais, un guerrier chargé de la protection du Prince d'Irlande, autant dire qu'il est très résistant… Il a ainsi pu témoigner et nous expliquer point par point ce qu'il avait vécu. Je me dois cela dit de vous apprendre qu'il… il a failli y passer. C'est pourquoi nous vous avons prévenu.
– Peut-on le voir ?
– Bien sûr. Je préfère vous dire tout de suite qu'il ne vous entendra certainement pas mais vous pourrez rester près de lui. Nous avons soigné au mieux ses autres blessures afin que son corps soit résistant au cas où… Venez, allons le voir.
Lily suivit son frère et ses parents jusqu'au lit où reposait James. Près de lui, Malek, Liko et Vaïtu, leur laissèrent la place, gênés. James était endormi mais semblait paisible. Lily garda les yeux rivés sur lui un long moment. Elle ne savait pas combien de temps s'était écoulé jusqu'à ce que la porte s'ouvre et que Teddy arrive près d'eux. Lily ne se serait sans doute pas rendu compte de son arrivée s'il ne l'avait pas prise dans ses bras, le visage grave. Elle vit alors qu'ils n'étaient plus seuls autour de James. Victoire parlait à voix basse avec Rose, Lucy, Louis et Molly. Teddy, Ron et Harry parlaient près de la porte. Ginny avait, comme Lily, les yeux rivés sur son fils, entourée des bras d'Hermione. Albus était assis sur un lit. Lily se rapprocha de lui et se blottit quelques secondes dans les bras de son frère.
– Il faudrait qu'on prévienne ses amis… Alice, Mael… Il voudrait qu'on le fasse.
Son frère ne répondit pas, son visage fermé ne trahissait aucune de ses émotions.
– J'y vais, reprit Lily. J'ai besoin de me dégourdir les jambes.
Louis se leva également et accompagna Lily sans un mot. Dans le hall de l'infirmerie, Alice et Mael les attendaient ainsi que certains de leurs camarades mais aussi Lorcan, Sébastian, Colin, David et Annie, ainsi que Sally-Ann, Jalil et Benoit, et Natasha. Alice vint rapidement vers eux.
– Alors qu'est-ce qu'il a ?
– Il… développe une … une maladie rare, murmura Louis en regardant Lily. Il… On ne sait pas comment il a attrapé ça mais ça l'a plongé dans un sommeil profond et il risque de faire beaucoup de cauchemars. Le problème… C'est qu'il risque de vivre des trucs horribles dans ces cauchemars et que … je ne sais pas comment expliquer…
– S'il se fait torturer dans son cauchemar, reprit Lily, il subira réellement cette torture. Si quelqu'un venait à le tuer dans son cauchemar… Il mourra. Alice, Mael, venez, il voudrait vous savoir auprès de lui.
Elle fut suivie par les deux meilleurs amis de James ainsi que Fred, Roxanne, Jalil, Natasha et Lorcan.
Chacun s'installa auprès de James et attendit dans un silence total. Les guérisseurs s'activaient, tentant de réveiller leur patient et de calmer sa fièvre. Plusieurs heures après être « tombé malade », l'état de James avait empiré. Il était très agité mais respirait très légèrement et sa fièvre était montée très haut. Lily avait terriblement peur mais elle ne pleurait pas. Comme à chaque fois qu'elle avait peur ou mal, elle était prostrée mais ne pleurait pas.
Soudain, le corps de James se tendit et il fut pris de violentes secousses. Ses yeux clos semblaient rouler sous ses paupières, il se tournait et se retournait encore et encore dans son lit et se mit à murmurer des paroles sans sens.
– La seconde phase commence, nota la professeur Shitaké.
Au fil des minutes, James semblait au plus mal. Lily s'étonnait de l'intensité de ses cauchemars lorsqu'il commença à murmurer dans son sommeil.
– N-n-non… Non… P-pas vous… Où… Où suis-je ? Comment êtes-vous revenu ?
James semblait totalement désemparé. Ses amis et sa famille s'étaient rapprochés de lui. Le professeur leur expliqua que durant la seconde phase, James allait commencer à réellement « vivre » ses cauchemars.
– Vous êtes mort…. Mon père vous a tué… Comment…. Stupéf… Ahhhhh !
James se débattait dans son lit et semblait beaucoup souffrir.
– Mael, Alice, il faut partir d'ici, il va nous faire du mal, il a reformé son armée, les Mangemorts… Non ! Laissez-le ! Pitié, laissez-le ! N-non Mael ! Non, oh non pitié pas elle, pas Alice, va-t'en, pars Alice, viens, non ! Pas Alice ! Non !
James bougeait de plus en plus fort dans son lit alors que des larmes coulaient sur son visage. Ses amis se précipitèrent sur lui, démunis. Ils essayèrent, en vain, de le réveiller. Lily connaissait bien Alice et jamais elle ne l'avait vue pleurer, pas même lorsqu'elle était tombée du toit du manoir Potter, lorsqu'elle avait huit ans. Ses larmes coulaient pourtant inlassablement, alors qu'elle criait à James de se réveiller. Stoïque, Maël n'était plus que l'ombre de lui-même.
– Il ne peut pas vous entendre. Il passe directement en phase trois. Ce qu'il vit et ce qu'il va vivre… Je préfère vous prévenir, ça va être de plus en plus horrible.
– Rose !? Que fais-tu ? Rose va-t'en, tu as vu ce qu'il a fait à… Oh, je m'en veux tellement Rose, tout ça c'est… de ma faute… Mais il faut que tu partes. Elle va t'aider, je vais essayer de… le retenir.
Lily se tourna vers Rose. Celle-ci était profondément choquée et fixait James de ses yeux larmoyants.
– Cache-toi ! Rose, cache-toi il revient, n'aie pas peur, nos pères viendront bientôt nous chercher, cache-toi, ne fais pas de bruit, je m'occupe de tout. Toi, va avec elle ! Ne reste pas là ! Vite, il arrive !
– …
– Non ! Je vous jure que je suis seul ! Non ! Je ne vous rejoindrai jamais ! Mon père va venir et… nooooon !
James semblait souffrir horriblement. Une plaie déchira son bras et le sang commença à couler. Alors que les guérisseurs cherchaient la nature du sort qu'il avait reçu, d'autres plaies apparurent, provoquant d'autres cris de souffrance. Autour de lui, sa mère pleurait, soutenue par Hermione et Harry. Lily voulait agir, aider son frère, le soigner, lui enlever toute cette souffrance. Victoire l'éloigna de James et elle se laissa faire, se serrant à Albus. Mais où qu'elle soit, elle souffrait des plaintes abominables de James.
– Non pas elle ! Pas elle, pitié ! Laissez-la, s'il vous plait, criait-il, pitié pas elle…Nooon ! Natasha ! Pitié ne me laisse pas… Non, ne meurs pas. Rose a besoin de t-toi… J'ai besoin de t-t-toi… Pas elle, prenez-moi, tuez-moi mais ne lui faites pas de mal, pas à elle, je vous en prie…
Lily jeta un regard affolé à Natasha dont les yeux étaient plus sombres que jamais, tranchant avec la pâleur cadavérique de sa peau. Rose, ainsi que Ginny et Hermione la regardaient également bizarrement mais Natasha s'approcha de James, s'asseyant près de lui et lui prit tendrement la main. Il sembla se calmer un moment puis recommença à bouger, sa poitrine se relevait, son corps était secoué de spasmes. Il semblait se défendre avec force face à son ennemi.
– Je ne vous rejoindrai jamais ! Mon père sera bientôt là ! Il est plus puissant que vous ! Non ce n'est pas un lâche, c'est le plus puissant sorcier au monde, il vous combattra ! Et moi aussi ! Jamais je ne vous rejoindrai !
– …
– Oui, j'ai fait des erreurs, mais je ne suis pas mauvais. Je ne suis pas comme…vous. Protego ! Non ! Pas ça… Nooon !
Le professeur Shitaké et un guérisseur s'approchèrent de James, tentant de le calmer, essayant de lui faire boire une potion. Mais James souffrait atrocement et il était difficile de le maintenir étendu tant il se débattait avec force.
– Le sortilège Doloris.
– Non, murmura Harry.
– Si, Monsieur Potter, c'est indéniable. Votre fils est exténué, la torture pour lui semble être de perdre des êtres chers. Cela ajouté à la torture physique… Je ne suis pas sûr qu'il puisse survivre à ça.
James sanglotait à présent, il semblait si seul, si faible.
– Papa… Papa, je suis là, viens m'aider, je t'en supplie, je ne suis pas assez fort, je suis désolé… Non ! Papa revient ! Ne me laisse pas…
– …
– Non, il n'est pas lâche ! Non, non, tiens bon, je vais t'aider… Non Papa !, hurla James.
– …
– Papa, ne meurt pas, on a besoin de toi, pense à maman, Lily, Albus. J'ai besoin de toi, ne me laisse pas…
Il se retourne violemment dans son sommeil, transpirant comme un fou, agité comme jamais, pleurant la mort de son père.
– Je ne vous laisserai pas, vous ne tuerez personne d'autre, vous ne toucherez pas à ma famille !
Lily vit horrifiée le corps de son frère se tordre de douleur. Le Doloris encore. Une fois, deux fois, trois fois de suite. Puis son corps sembla lâcher prise et James sombra dans un sommeil profond. Autour de lui les guérisseurs s'activaient, des renforts venaient de toutes parts mais aucun des spécialistes semblaient pouvoir guérir leur patient, ses amis se regardaient, démunis, sa mère était pétrie de chagrin.
ooOOoo
C'est la première fois que Lily voit sa mère ainsi. Dans les bras d'Albus elle sent son corps parsemé de frissons. Elle n'a jamais vraiment compris les rapports qui unissent son frère ainé à leurs parents. A la maison, elle a toujours entendu qu'elle ne devait surtout pas faire comme lui, suivre son exemple, donner foi à ses paroles. Des mots sans aucun sens pour une jeune fille qui a toujours voulu se faire sa propre idée. Sur tout et tout le monde.
Lily espère, de tout son cœur, que ce cauchemar est fini. Que pourrait-il arriver de pire à James que voir ses meilleurs amis et son père, son héros, mourir sous ses yeux de la main d'un Voldemort ressuscité ? Les conversations reprennent autour de James, chacun semble espérer une rémission mais leurs paroles sont immédiatement interrompues par une nouvelle transe de James.
– Non, maman, pourquoi es-tu là ? Repars, retrouve Lily et Albus, fuyez, n'importe où, loin d'ici. Préviens Ron et les autres, fuyez tous, mets tout le monde en sécurité, je vais rester là pour le ralentir, vite, il arrive, va-t-en, nooon ! Maman ! Non ! Pourquoi ? Pourquoi elle ? Laissez-la, pourriture, non ! Tuez-moi à sa place, tuez-moi, pas elle ! Non !
– Encore un Doloris, il faut arrêter ça ! crie un des guérisseurs.
James hurle de toutes ses forces, il souffre et pleure la mort de sa mère en même temps. Encore et encore. Celle-ci est près de s'évanouir mais ne veut pas quitter son fils. Lily la comprend, elle ne supporte pas ce qui arrive à son frère, son James qui souffre tant. Ron se tient près de son meilleur ami, Harry, Teddy soutient à son tour Ginny avec Hermione. Rose pleure en serrant Hugo dans ses bras. Celui-ci est terrifié. Derrière eux, les cousins, Fred, Roxane, Louis, Lucy, Molly accueillent tristement les adultes de la famille, ainsi que leurs grands-parents. Ron a dû prévenir toute la famille au cas où… Alice pleure dans les bras de Mael. Lorcan, Sally et Jalil tentent de réconforter Albus et Lily, en vain. Natasha, elle, tente de garder un contact avec James. Tous ses proches sont horrifiés de voir ce qu'il subit. Puis, soudain, d'un seul coup, James semble se reprendre.
– Fred, il est parti mais il va revenir, on n'a pas beaucoup de temps. Fred, mon vieux, n'aie pas peur. Rejoins ton père, fuyez, protèges bien ta sœur, dit à ton père d'amener ses frères et toute la famille, protégez bien mamie et papi. Je ne peux pas venir avec toi, je suis trop faible. Pars. Prends le corps de Mael, rapporte-le à ses parents et… Louis… Il est là, n'est-ce pas ? Dis-lui de faire pareil avec…Alice et… Natasha. Il revient, pars. Pars Fred, je ne pourrai pas supporter de perdre un proche de plus, je t'en prie, pars.
– …
– Non !, hurla-t-il, le corps plus secoué que jamais. Reste derrière moi, pars ! Non, vous ne tuerez personne de plus, je ne vous laisserai pas ahhhh….
Son cri est plus froid, plus glacial, plus désespéré. Lily ne compte pas mais elle sait, avant que le guérisseur ne prononce ces mots horribles que son frère vient de subir quatre nouveaux Doloris. La voix de son frère devient glaciale tant elle est aigüe, tant il se tord de douleur.
– Non… Rien n'est pire… Rien n'est pire… que ça. Mais vous avez perdu. Quelqu'un a survécu et il va protéger ma famille. Et je meurs heureux de savoir que des gens que j'aime vous aient survécu. Désormais vous ne pouvez plus m'atteindre…
Le corps de James se repose doucement sur le lit. Mais le répit est de courte durée, déjà James hurle à nouveau alors que ses muscles tremblent, qu'il s'arrache la peau avec ses ongles, qu'il se donne des coups et que son corps témoigne des blessures qu'il s'inflige.
– Non ! Je ne vous rejoindrai pas ! Jamais ! Arrête de rire, enfoiré, arrê… ahhh !
– Encore un Doloris, ce n'est pas possible, il faut qu'il se réveille !
– Que fait-il ?
James s'était soudain calmé, son buste se leva comme tiré par des fils imaginaires, ses bras se levèrent à leur tour et ses mains avancèrent vers sa gorge. Mais James semblait hésiter à faire ce qu'il avait à faire.
– Il est sous Imperium ! Il va se suicider !
Lily se laissa tomber sur le sol. Pas l'Imperium, suppliait-elle silencieusement. Comme tous les élèves de Poudlard, Lily Potter connaissait l'existence des trois sortilèges impardonnables. Les utiliser menait quiconque à la prison. L'Avada Kedavra, le sortilège de la mort, le Doloris, celui de la torture et l'Imperium qui permettait de mettre la victime totalement sous le contrôle de l'auteur du sort. La victime ne pouvait de ce fait agir par elle-même et ne faisait qu'obéir aux ordres de son bourreau. Alors que les guérisseurs tentaient de sauver la vie de son frère, Lily n'entendait que des bribes de leurs mots. Il était possible de résister à l'Imperium, disaient-ils, mais cela était extrêmement difficile et demandait une vraie force de caractère et de surcroît, beaucoup d'entraînement. Un entraînement que n'avait bien évidemment pas James Potter.
– Il recommence, il va s'étrangler.
– Non, il résiste !
James semblait en pleine guerre intérieure. Le James obéissant affrontant le James résistant. Alors que ses mains tenaient plus fort encore sa gorge et que sa respiration se coupait, les guérisseurs tentaient d'empêcher Ginny d'intervenir.
– Non madame, non, vous ne pouvez rien pour lui !
– C'est mon fils ! Sauvez-le !
– Regardez, il résiste, il … oui il s'est fait tomber !
– Ramassez-le, vite !
Les guérisseurs tentaient de le calmer afin de le coucher dans son lit mais James hurlait des sorts de protection et se débattait furieusement.
– Protego ! Protego ! Proteg… Nooooon …
– Encore un Doloris !
– Finissez-en avec moi. Tuez-moi, tuez-moi, je ne vous rejoindrai jamais, tuez-moi maintenant !
Sa prière effraya ses proches plus que ses plaintes. Tous s'étaient regroupés plus près encore de James et se serraient les uns aux autres, soutenant les plus affaiblis, Albus et Lily, Ginny, Hermione et la pauvre Molly qui n'en menait pas large.
– Il faut le transférer à l'hôpital, pria son père.
– Non, monsieur Potter, il est intransférable. Et…
– Tuez-moi !, hurlait James.
– S'il … le tue… il...
– Oui, il mourra vraiment. Vite, de la sauge, il subit un autre Doloris ! Je suis désolé monsieur Potter, nous ne pouvons qu'espérer que votre fils résiste à son cauchemar et se réveille avant qu'il ne soit trop tard.
Lily sentit les mains douces de Fleur la tirer vers elle, elle voulait l'éloigner des tremblements de James qui suppliait désormais d'une voix terriblement faible.
ooOOoo
Encore une fois, son corps se redresse sous l'effet d'un nouvel Imperium mais il résiste à nouveau en suppliant que son ennemi l'achève. Les secousses alors surgissent de nulle part et James repart dans une transe incontrôlée, dans une souffrance abominable, hurlant de douleur et de terreur.
– Non, pas eux ! Laissez-les, ne leur faites pas de mal, je vous rejoins ! Mais laissez-les partir…
– …
– Oui je vous rejoins, je vous le promets ! Je suis avec vous ! Je serai un Mangemort, le plus fidèle, le plus obéissant mais laissez-lez… Non, pas lui, non pas mon frère, pitié, non, pas lui, Albus ! Non ! Je suis à vous, mais pitié pas … Non ! Non, Albus ! Avada Ke… ahhhh !
– Encore un Doloris, de la sauge, encore…
– Laissez partir ma sœur ! Je ferai ce que vous voudrez, je tuerai pour vous, je … Non, laissez-la, elle est si jeune, je ne la verrai plus jamais, je serai avec vous mais laissez-la… Non, Lily ! Non !
Il cria si fort que toutes les personnes présentes autour de lui purent ressentir sa détresse et étaient horrifiées par ce qu'il subissait. Lily se jeta près de son frère alors que soudain, le corps de James lâcha.
– On le perd ! Vérifie son pouls !
– Eloignez-vous !
– Revigor !
ooOOoo
La confusion, partout, sur le moindre visage. Ils se sont agglutinés contre les murs, laissant un maximum d'espace aux guérisseurs, priant de façon muette mais commune. Maël tourne le dos à la scène, s'appuyant contre le mur, n'écoutant pas les paroles réconfortantes de Louis. Alice s'est assise contre la porte. Elle a vomi. Deux fois. Rose et Lucy ne le quittent pas des yeux. C'est à croire qu'elles l'aiment comme un frère. Comme Lily l'aime. Elle aimerait être dans les bras de sa mère, qui écarquille les yeux, comme si elle prenait conscience seulement maintenant du lien de parenté qui l'unit à son fils. Harry ne réalise pas. Hermione ne cesse de le répéter. « Je crois que tu ne réalises pas que ton fils est en train de mourir, Harry ! ». Ron est sonné. Ce n'est pas auprès d'eux que Lily obtiendra du réconfort.
Elle se blottit contre Albus. Lui la comprend. Lui se doit de la comprendre. Lui devrait être pétri par l'effroi, tout comme elle. Mais son visage reste fermé, ses yeux secs. Son manque de chaleur à l'égard de sa sœur la surprend. Quand elle pense à ce qu'ils ont fait, James et elle, pour leur frère... Comment peut-il rester si figé, si indifférent, si... inhumain.
Albus ne semble réagir qu'à l'intervention du professeur Shiitaké, Guérisseur de Poudlard.
– Ça ne sert plus à rien.
Les hommes et femmes en blouse blanche stoppent leurs gestes. Lily les voit se tourner vers leur supérieur. Puis vers eux. Le professeur Shiitaké s'avance vers Harry et Ginny.
– Je suis désolé.
Lily ne comprend pas. Maël se laisse tomber contre le mur, sa tête cogne contre le mur sans qu'il n'y prête attention. La porte s'ouvre. Alice s'est enfuie en courant. Louis tend sa main pour la retenir. Ses yeux clairs renvoient la même horreur que ceux de Lucy. La main de Lorcan trouve sa place sur l'épaule de Lily. Elle se veut rassurante, compatissante. Mais Lily n'en veut pas. Lily ne veut pas entendre, Lily ne veut pas comprendre. Lily ne veut pas que les guérisseurs baissent les bras. Lily ne veut pas regarder le corps de son frère.
– Mais... Et James ?, s'entend-elle murmurer d'une voix aigue.
– On ne peut plus rien pour lui, répond le professeur Shiitaké. C'est fini.
C'est fini. Voilà.
Des avis ?
Je m'en retourne manger du chocolat en corrigeant le prochain chapitre qui porte un titre de circonstance, "quelques larmes de glace". (et non ce ne sont pas les miennes. Pas seulement. C'est que je l'aimais bien, moi, James...)
