Salut !

Désolée pour le retard, je me retrouve à devoir réécrire le prochain chapitre alors que j'avais un peu d'avance… Bref, je râle un peu… Heureusement que vous êtes là, quelque part derrière votre écran, vos reviews m'ont redonné le sourire ! Merci à Keloush, Cat240, Imthebest (merci, merci, moi aussi je suis contente que James soit vivant :) La confrontation entre James et ses parents risque de te décevoir… j'attends ton avis !) et Asterie pour leur review !

Au menu de ce nouveau chapitre : les retrouvailles familiales de Noël, une bagarre sur le Chemin de Traverse, une rencontre haute en couleurs (avec deux personnages qui ont assez peu d'importance mais que j'adoooore), du quidditch à profusion, une victoire aux doux accents de revanche, la fin de vie d'un chaudron en étain… bref, de quoi mouvementer la vie de nos petits « fils de » Et vous verrez que leurs parents ne seront pas épargnés…

Bonne lecture !


13 Secrets de famille

« C'est ton fils, Harry. Et il a failli mourir ».

Hermione Granger avait toujours raison. Ron Weasley le savait mieux que personne, lui qui s'en était souvent plaint durant sa scolarité, s'en plaignait désormais de façon quotidienne.

Il esquissa une grimace compatissante à son meilleur ami tout en songeant à sa vie. Une vie bien plus terne qu'il ne l'aurait cru.

« Tu ne devrais pas laisser tes affaires comme ça, tout le monde a les capacités requises pour laver un bol et une assiette. Même toi. » Tous ces détails qui ponctuaient leur vie faisaient peur à Ron et soupirer Hermione. Voilà plus de dix ans qu'il ne l'avait plus vue rire de ses blagues, voilà plus de dix ans qu'il ne la touchait pas, voilà plus de dix ans qu'ils ne partageaient plus rien. Deux enfants, tout au plus. Deux enfants qui étaient les siens, des Weasley, deux frimousses rousses qui lui ressemblaient bien plus à lui qu'à leur mère.

Ce n'était pas un manque d'amour, Hermione aimait Rose et Hugo, Ron n'en avait jamais douté. Mais elle vivait avec eux, passait à côté d'eux, elle cohabitait plus qu'elle n'aimait.

« Elle n'a jamais su aimer », marmonna-t-il. Hermione, à qui rien n'échappait, lui jeta un regard assassin. Il se ratatina, penaud et soumis, comme il l'avait toujours été. La vie avait fait qu'il était tombé amoureux de sa meilleure amie. Facilité, diraient certains. Des gens qui ne connaissaient pas Hermione comme il la connaissait.

Et pourtant, celle-ci avait soudain pris conscience de sa vie, de l'importance de la famille, de l'empreinte que le temps laissait désormais dans son esprit. A toujours vouloir courir après les lois, les revendications, l'application de valeurs qui la constituaient, elle avait oublié de regarder grandir ses enfants. Mais ça, c'était avant que James ne manque de mourir.

Moralisatrice comme elle seule pouvait l'être, elle s'était mis en tête d'en faire prendre conscience Harry et Ron, ses meilleurs amis, ses acolytes de toujours. Et non son mari et son beau-frère. Ils ne l'étaient plus depuis longtemps. Ils ne l'avaient sans doute jamais été.

Ginny fixait Hermione avec plus d'élégance que son mari. Elle écoutait patiemment ce que lui contait celle que tous voyaient comme sa meilleure amie, son modèle. Elles s'entendaient bien, parce qu'il le fallait, parce que Ginny n'aurait supporté de les voir parler et rire, tous les trois, en se contentant de bailler et d'attendre patiemment que les retrouvailles quotidiennes du célèbre trio se terminent. Elle était la pièce rapportée, celle qui n'avait pas vécu ces évènements qui les avaient rapprochés, qui les rapprocheraient toujours, qui les tiendraient à tout jamais isolés du reste du monde. Elle était une pièce rapportée, une ancienne joueuse de quidditch, l'épouse du plus célèbre sorcier de Grande-Bretagne et la mère de deux enfants et demi.

Albus avait toujours été le fils de son père et, en tant qu'épouse de celui-ci, Ginny s'était toujours considéré comme sa mère. Elle était également la mère de cette petite fille qui était son portrait, mais James... Non, James n'avait jamais vraiment été leur fils. Et pourtant, il portait leur nom et même le prénom de son grand-père, il avait grandi parmi eux, sans qu'ils ne s'aperçoivent de ses besoins, de ses envies, de ses bras tendus, de ses sourires.

James n'avait été gardé par ses grands-parents qu'à la naissance d'Albus. Avant cela, c'étaient des jeunes filles sans le sous, sans formation, sans habitude et quelques elfes de passage. Les parents de Ginny avaient été occupés, puis gardaient leurs autres petits-enfants... Il y avait toujours une bonne raison de ne pas leur confier James, comme il y avait toujours une bonne raison de ne pas l'amener au ministère, alors qu'Albus, de deux ans son cadet, y avait droit.

James attendait, James patientait, James lisait silencieusement pour ne pas déranger. James criait et cassait tout ce qui lui tombait sous la main, pour se faire remarquer et eux fermaient les yeux. Sur son éducation, sur une quelconque transmission, sur lui, leur fils, qui ne l'avait jamais vraiment été.

« Il a été agressé, Harry. Il a été agressé parce qu'il porte ton nom. Il a été agressé parce qu'il est ton fils. Ils ont failli le tuer. Il n'a que quinze ans, Harry. Toi, au même âge, tu luttais contre la mort parce que tu étais l'Elu. Lui n'a rien demandé...

– Je n'avais rien demandé non plus.

– Tu es justement bien placé pour le comprendre.

– Comprendre James ? Voyons, Hermione...

– C'est un enfant. Un adolescent avec ses doutes, ses passions, ses tests. Il idéalise la vie, le quidditch, ses amis et... toi. Pas parce que tu es un héros mais parce qu'il te trouve formidable. Je l'ai entendu dire à Louis que tu étais un père formidable. Et quand Louis a dit que c'était faux, que tu n'étais jamais là pour lui, James a rétorqué que tu étais un père formidable pour Albus et Lily, que ça lui suffisait.

Harry ouvrit la bouche, sans trop savoir pourquoi. Il n'avait jamais su quoi répondre, lorsqu'il s'agissait de James. Mais, heureusement pour lui, Hermione ne lui laissa pas le temps de trouver.

– Je te connais, Harry, tu aimes ton travail plus que tout et tout ce que tu vois dans cet événement c'est que quelqu'un a été agressé et qu'on ne sait absolument rien sur la nature de l'agression, encore moins sur l'agresseur. Le fait que d'autres aient subi le même mal te donne plus de crédit, encore. Pire, le fait qu'on s'en soit pris à l'Héritier de l'Elu fait que l'opinion publique s'attend à te voir courir le monde à la recherche de celui qui a essayé d'ôter la vie à ton fils. Ce qui est horrible c'est que tu vas chercher cet individu par amour du métier, et non par amour de ton fils. Il fut un temps où tu combattais Voldemort pour venger la mort de tes parents, et non par amour du duel. Il n'a rien demandé, Harry. Il n'a pas demandé à naître ce jour-là, encore moins à vous avoir pour parents. Il... Il n'a pas demandé à interrompre ta carrière, Gin, ajouta-t-elle d'une voix douce et conciliante.

– I pas que ça, se défendit Ginny. Il est... bizarre. Tu ne peux pas dire le contraire. Toi non plus, tu...

– Je sais, coupa Hermione. A chaque question de sa part sur des lois ou des livres qui... j'ai toujours cru qu'il blaguait, qu'il se moquait de moi. Le fait est qu'il est bon élève, qu'il s'intéresse à l'Histoire de la Magie, qu'il est tolérant et que sa curiosité n'a rien de malsain. Le fait est qu'on s'est trompé. Tous les quatre.

– Tu oublies un détail, Hermione, nota Ron. James a quinze ans. Dans deux ans il sera majeur, ça laisse peu de temps pour le redécouvrir, pour...

– Sauf que lui ne demande que ça. Et nos enfants aussi, Ron. Je sais que tu es un bien meilleur parent que moi mais je suis bien décidée à changer. Rose sera bientôt une adulte...

– Elle n'a que treize ans !

– J'ai bien vu comment se regardaient James et Natasha.

– Comme deux adolescents en rut, ricana Ginny. Voyons, Hermione, ils sont jeunes tous les deux, ils...

– Ils s'aiment plus que nous nous sommes aimés. Il y a quelque chose de tellement fort entre eux, que ça en est réconfortant. Et terrifiant en même temps. Parce que leur bonheur ne tient qu'à nous, parce que James – et Rose, de la même manière – n'accepteront jamais d'être heureux, de vivre leur vie, tant qu'ils se croiront responsables de choses qui devraient leur passer par-dessus la tête... Ils se croient missionnés, comme tous les fils de le croient. Dean m'a dit qu'il en était de même pour son fils, Lee m'a dit...

– Depuis quand tu vois Dean et Lee, toi ?, releva Ron.

– Depuis que tu rentres tard le soir et que tu portes le parfum d'une autre. Je ne couche pas avec eux, Ron, je m'intéresse à ce que vivent nos enfants.

– C'est nouveau ça, grommela Ron, rouge de confusion.

– C'est nouveau, oui, acquiesça Hermione. Les fils de n'existent qu'à travers nous. C'est parce que nous avons fait la guerre qu'ils existent et qu'ils en paient les conséquences. Ils sont les fils et les filles de deux camps et tentent de cohabiter sans s'entre-tuer, contrairement à nous...

– C'est pour qu'ils vivent dans la paix qu'on s'est battus !

– C'est vrai, Harry. Pour Albus, pour Lily. Mais James ? Quelle paix connait-il ? Quand a-t-il pu se confier à toi ? Quand a-t-il pu te parler de ses doutes, de ses craintes ? Jamais. Je l'affirme car il en est de même pour Rose. On a laissé la communauté parler d'eux, leur confier des responsabilités qu'ils ne comprennent pas et on ne les conseille même pas ! Ils grandissent avec difficulté, ils connaissent des troubles que nous préférons ignorer sous prétexte que ceux que nous avons vécu étaient plus durs, plus sombres encore. Mais de quel droit nous permettons-nous de les juger ? Qui sommes-nous pour le faire ?

– Leurs parents. Ça compte suffisamment pour...

– Leurs parents ? Vraiment, Ginny ? Quel est le plat préféré de James ? Son idole de quidditch ? Sa couleur préférée ? Sa matière préférée ? Quand est-il tombé amoureux ? Pourquoi préfère-t-il Mael Thomas à Fred ? Quand lui as-tu dit que tu étais fière de ses notes, d'une victoire, d'être champion de Poudlard ? Quand lui as-tu dit que tu étais heureuse qu'il ait autant d'amis, qu'il ne renie jamais ceux qui partent... Cette Juliet dont parlaient ses amis est une ancienne Serpentard qui étudie à l'Institut de Salem depuis des années et James lui écrit une fois par semaine ! Tout comme il continue d'écrire à ses correspondants, alors que je vous entends encore ricaner, tous les trois, parce que vous pensiez qu'il s'en lasserait au bout d'un mois !

– Moins d'un mois, reconnut Harry. Je ne savais pas qu'il leur écrivait toujours.

– Ils voulaient venir le voir à Poudlard. Ces deux gamins qui vivent à l'autre bout du monde se sont suffisamment attachés à votre fils pour vouloir le voir à l'infirmerie de Poudlard ! Et tous ceux qui pleuraient dans la pièce adjacente à l'infirmerie, des Serdaigle, des Poufsouffle, des Serpentard qui ont eu peur de le perdre ! Des gamins de son âge qui pleuraient davantage que vous ! Même les garçons, d'habitude si pudiques à cet âge-là, ne se cachaient pas pour pleurer ! Mael Thomas était plus triste qu'Albus ! Alice était tout aussi désespérée que Louis ! Susie Finigan, Nalani Jordan, Oscar Dubois... Des fils de mais pas que ! Ces Serpentard, ce né moldu de Poufsouffle, ces gamins qu'on ne connait pas mais qui font partie de sa vie ! Je me suis fait le même reproche l'été dernier, lorsque Rose a répondu « non » sans réfléchir, alors que sa meilleure amie lui proposait de se voir durant l'été. Rose savait que je dirais non sans même écouter sa question, c'est pour ça que nous avons invité la petite au Terrier, pour la connaître, parce qu'elle passe ses journées et ses nuits avec notre fille, dix mois par ans ! Parce que ces jeunes dont nous ne savons rien passent dix fois plus de temps avec nos enfants que nous et qu'ils les connaissent bien plus que nous ! »

Hermione ne s'était pas arrêtée là, comme pour toute chose qui lui tenait à cœur, elle avait un argumentaire plus épais encore que sa chevelure broussailleuse. Elle ne sut quel argument l'emporta sur les autres mais le fait est que ses amis finirent par acquiescer et promettre d'agir. Elle ne chercha pas à savoir comment, savourant une première victoire qui la satisfaisait.

Elle aurait pu les abrutir de reproches et de conseils mais elle sentait au plus profond d'elle-même qu'elle n'en avait pas le droit. N'avait-elle pas négligé son fils et sa fille tant d'années durant ?

ooOOoo

« Il serait peut-être temps de parler, tu ne crois pas ? »

La cheminée s'était éteinte depuis près d'une heure et le couple demeurait seul. Assis l'un face à l'autre dans leur chaleureuse cuisine, ils ignoraient le regard de l'autre. Hermione sentait les effluves de mandarine qui émanaient du cardigan de son mari. Quelques années auparavant, il se serait douché et changé avant qu'elle n'arrive mais depuis qu'il s'était aperçu qu'elle savait, rien qu'en lavant son linge, distinguer les jours où il lui était fidèle de ceux, beaucoup plus fréquents, où il ne l'était pas, il préférait rester tel qu'il était et ne la trahir qu'à moitié. Il la trompait régulièrement, il n'allait pas en plus lui faire l'affront de lui mentir.

Hermione, elle, n'avait jamais eu d'aventure extra-conjugale. Elle n'avait jamais connu que Ron et cela lui convenait. Rencontrer un autre homme lui semblait trop compliqué, la presse s'emparerait de leur histoire, elle était encore assez jeune pour qu'il lui demande de fonder une nouvelle famille... Tout ceci n'était pas pour elle. Elle avait déjà dû refuser à Ron d'agrandir la famille, lui qui rêvait d'avoir « sept enfants, au minimum » elle avait supporté le regard lourd de reproches de sa belle-mère, celui, déçu, de son beau-père elle entendait la voix railleuse de Fleur l'encourager « aller, un petit dernier, comme moi ! ». Hermione avait assez à faire avec ses deux enfants. Un garçon, une fille. Comme Ginny, pensa-t-elle avant de se gifler mentalement. Il était si facile d'oculter James que c'en était devenu une habitude. Une habitude qu'elle voulait perdre, coûte que coûte.

– Hermione..., insista Ron.

– Une conversation ne nous mènerait à rien, Ron. Au mieux nous allons nous crier dessus, au pire tu quitteras la maison pour aller dormir chez ta mère. Elle s'inquiètera, les voisins vendront l'info croustillante à la presse et nous causerons du tracas aux membres de l'Ordre pour rien...

– Ils sont payés à rien faire, autant leur donner du...

– Ils n'ont pas eu notre chance, nuança Hermione. Kingsley ne pouvait embaucher tout l'Ordre au Ministère, il aurait donné l'impression à ses assaillants de...

– Pitié, tais-toi. On dirait Percy.

– Je vais me coucher. Tu n'as qu'à t'installer sur le sofa, tu...

Ron se leva avec tant d'empressement que sa chaise tomba au sol dans un bruit sourd. Lasse, Hermione la ramassa avant de mettre un peu d'ordre dans la cuisine. Le lendemain, Molly n'hésiterait pas à surgir dans la cheminée et poserait ses yeux alertes sur la vaisselle empilée, les miettes sur la table et la décoration qu'elle trouvait terne et peu avenante. Elle plaindrait son fils tout en souriant de façon hypocrite à Hermione. Comme tous les matins.

Hermione prit garde à se déchausser et à traverser le salon discrètement, afin de ne pas réveiller Ron, qui s'était déjà endormi et ronflait bruyamment. Il portait cet infâme caleçon de soie grise qu'elle lui avait offert, voilà des années. Il lui allait plutôt bien, à l'époque. C'était avant que Ron prenne autant d'embonpoint, avant que son crâne ne se dégarnisse, avant qu'il accepte de porter des vêtements usés, distendus, « périmés », aurait dit Rose. Elle non plus ne prêtait grande attention à son apparence, et pourtant, quels fous-rires elle avait partagé avec sa meilleure amie, l'été dernier, lorsqu'elles s'éta ient accoutrées de mille façons en usant les vieux pots de maquillage d'Hermione. Désormais Rose détachait les deux premiers boutons de ses chemisiers et acceptait parfois de se défaire de ses collants. Etait-ce là l'influence de la téméraire et tout aussi mature Natasha, celle qui courait si vite qu'elle en tombait, qui jouait à tout et se jouait de tout, qui riait lorsqu'elle s'égratignait le genou et n'hésitait pas à porter les vieux shorts de son frère et les débardeurs délavés de sa sœur ?

Hermione avait peu parlé à Natasha Kandinsky mais ce qu'elle avait entendu l'avait rassurée. Rose s'était choisi une meilleure amie pleine de vie et de qualités, quelqu'un de confiance, quelqu'un d'attachant, quelqu'un qui la tirait toujours vers le haut, qui ne l'abandonnerait jamais. Natasha était forte, modeste, travailleuse et sensible. Drôle, enthousiaste, sociable et attachante. Souriante, ravissante, douée et courageuse. A ses côtés, Rose paraissait plus joviale, plus souriante, plus heureuse. Natasha lui donnait une confiance que Hermione n'avait jamais eue. Rose avait ce qu'Hermione n'aurait jamais. Une meilleure amie.

« Je crois que je l'aime un peu comme James aime Maël.

– Ah. Et... c'est bien, ça, j'imagine ?

– Bien sûr que c'est bien !

Rose et James s'étaient rapprochés, comme deux adolescents qui se découvrent frère et sœur, comme deux jeunes gens qui s'avouent leurs sentiments, sans peur, avec une infinie pudeur et des flots de tendresse.

– Il est toujours là pour moi, il est toujours là pour Hugo. Et je te parle même pas de ce qu'il ferait pour Lily. Je crois bien qu'il la protégerait de tout, d'un dragon, d'une chimère et même du professeur Slopa. Quant à Albus... James serait prêt à tout endurer. Il le fait déjà, d'une certaine manière. »

« Albus n'est pas celui qu'il prétend être, maman. »

Hermione frissonna. Rose lui avait pourtant murmuré ces mots quelques mois auparavant mais rien n'y faisait, Hermione frissonnait toujours. Elle l'avait appelé « maman » pour la première fois depuis des années, elle avait parlé d'un ton grave, sincère, sérieux, inquiétant. Hermione avait perçu son inquiétude, basée sur des faits concrets que Rose n'avait pas abordé. Mais Hermione commençait à bien la connaître, à force de l'observer, et elle savait que Rose n'aurait pas incriminé Albus sans preuve.

Bien qu'elle n'en parle que très peu, Rose laissait des pistes à sa mère. Un livre volontairement oublié, une page arrachée posée sur la table du salon, des dessins magnifiques, représentant un pendentif que Hermione avait souvent vu pendre au cou d'Albus.

« Elle est douée pour le dessin », avait dit Harry sans plus jamais reparler des soupçons de Rose. Albus lui ressemblait, Albus avait tous les droits. Harry ne remettrait jamais cela en question, pas plus que Ginny qui adorait l'un autant qu'elle adorait l'autre, c'est-à-dire plus que James mais toujours moins que Lily et le quidditch. « Chacun ses priorités », songeait Hermione.

Alors Hermione menait son enquête en douce, fascinée par la bipolarité, l'auto-persuasion et tant d'autres complexes qui faisaient d'Albus un « fils de » bien différent de son frère.

« James est bon et généreux, avait dit Rose.

– Rose le voit comme un justicier des temps modernes.

– Et toi, Natasha ? Qu'en penses-tu ?

– Je... Il est généreux, c'est certain. Mais c'est normal, il a tout, c'est le contraire qui aurait été choquant.

– Il n'a pas tout, avait nié Rose. Il lui manque l'essentiel.

– L'essentiel pour Potiron, c'est ses amis. Et Dona Cole. »

Rose avait souri, sans même qu'elle s'en aperçoive. Et Hermione avait également souri mais, à la différence de sa fille, elle en connaissait les raisons. James ne connaissait pas l'amour façon fascination exacerbée de sa mère, ni celui ambigu de son père.

Ginny avait grandi en posant Harry sur un piédestal, elle avait aimé le héros-malgré-lui, l'orphelin talentueux, le petit garçon nostalgique, l'élève controversé, l'adolescent qui sauvait Poudlard tous les ans, le jeune adulte qui n'hésita pas à se sacrifier pour sauver le monde. Elle l'adulait comme un enfant adule une célébrité, comme une adolescente adule un acteur. Elle l'adorait plus qu'elle l'aimait. Comment aurait-elle pu l'aimer ? Elle ne connaissait de lui qu'une image, des apparences.

Harry, non plus, n'aimait pas Ginny en tant que femme mais pour ce qu'elle représentait. Une famille nombreuse qui avait toujours accueilli Harry, une passionnée de quidditch, la sœur de son meilleur ami. La facilité. Elle le vénérait et lui rêvait d'une famille.

James, lui, vivait l'amour comme une aventure unique et passionnée. Il aimait Natasha, Hermione avait ressenti la force des sentiments de son neveu. C'était la définition même de l'amour. Immatériel, indescriptible, et pourtant si fort...

Et quelque chose lui disait que Natasha ressentait exactement la même chose pour James.

ooOOoo

Loin de se douter de la discussion qu'avaient partagée ses parents, son parrain et sa marraine, James profita du voyage pour aller saluer tous les élèves qui étaient venus à la soirée de la veille. Il commença par Roxanne, Kena et Franck qu'il rencontra dans le compartiment d'à côté. Il chercha ensuite ses amis de Poufsouffle qui le rassurèrent. Jean-Paul était ravi d'avoir pu assister à sa première soirée et était impatient de remettre ça. Susie et Oscar, dont l'amitié comptait beaucoup aux yeux de James l'avaient également rassuré, confirmant une amitié apparemment sans limites. Il tomba sur Jalil dans le couloir qui l'amena dans leur compartiment. Ceux-ci le partageaient malheureusement avec trois autres Serpentard, dont Scorpius Malefoy. Albus était bizarrement très silencieux et regarda James d'un air soucieux. Celui-ci préféra saluer tout le monde pour ne pas créer de conflit.

– Bonjour la joyeuse bande ! Salut Malefoy et.. tes amies, ajouta-t-il en regardant les deux filles dont il ignorait le nom, avant se tourner vers Albus. Je voulais vous présenter mes excuses pour la petite blague d'hier…

– C'est bon Potter ! Tu peux parler librement ici, on est tous au courant de ce qui s'est passé !

James se tourna vers Malefoy et le regarda longuement.

– Scretin comme tu l'appelles a donné sa propre version de l'histoire.

– Et tu le crois ?

– Je hais ce type contrairement à ce que tu penses, et je sais quand il ment et quand il dit la vérité. Simple protection quand on est à Serpentard.

– Personne ne doute ici de ta non-allégeance à cette bande, Scorpius.

Bizarre, depuis quand Albus appelait-il Malefoy par son prénom ? Jalil trouvait aussi tout cela bien curieux et préféra mettre un terme à tout cela.

– James, personne ne t'en veut ici. Rassure-toi.

– Merci Jalil. Bon ben passez de bonnes vacances tous !

– Potter ! Qu'est-ce que tu fous dans un wagon de Serpentard ? Tu recrutes de nouveaux éléments ?

Boris Screta et sa bande étaient de retour. L'affaire était délicate, il fallait que James sorte au plus vite, tout en protégeant son frère et ses amis.

– Non, Boris, je voulais saluer mon frère mais il m'a fait comprendre qu'il préférait rester avec ses amis, j'ai compris le message, on règlera ça à la maison, Albus et moi. Et puis franchement qui voudrait trainer avec cette vermine ? ajouta-t-il en désignant Scorpius.

Screta le regarda sans répondre et fit signe à sa bande de le suivre. James sourit une dernière fois à Albus et ses amis avant de partir. Il lui semblait que Scorpius l'avait remercié d'un signe de tête et, bizarrement, alors que tout Poudlard semblait s'attendre à ce qu'il déteste le garçon aux cheveux pâles et ce qu'il s'oppose à une probable amitié avec Albus, Scorpius lui était sympathique et James aurait été heureux de le compter dans les amis de son frère.

James avait gardé ses amis de Serdaigle pour la fin car il redoutait son face à face avec Rose et avec Natasha. Si Aldo MacMillian revivait en boucle la soirée de la veille, faisant trembler de jalousie Feodor et Marius, il lui sembla que Keanu et Keith avaient l'air attristés. Pourtant, il eut beau les interroger, ceux-ci n'eurent pour lui que de molles excuses avant de s'enfermer dans un compartiment.

Plus loin Nalani et Solenne étaient en compagnie de Fred et de Hugo. James se dit que les deux membres de la famille esseulés s'étaient donc rapprochés. Mais en vérité Hugo lisait le journal, la mine triste, pendant que Fred faisait le pitre devant les deux filles qui riaient. Qui faisaient semblant de rire plutôt, se dit James en observant d'un air inquiet les yeux fatigués de Nalani et la mine sombre de Solenne. Le comprenant d'un regard, Solenne lui adressa un petit sourire et un hochement de tête censés le rassurer. En temps normal, James se serait inquiété pour ses amis les Aigles, mais Rose entra dans le compartiment, suivie de près par Natasha. Et Fred en profita pour se mettre en avant. Une fois de plus.

– James ! Tu n'es pas avec Mael-je-tombe-dans-les-paumes-pour-rien ?

– T'es vraiment irrécupérable mon pauvre Fred. Ça va Hugo ?

– Ouais, merci.

– Je ne sais pas si t'es au courant mais Lily et ses amis ont complètement oublié cette histoire du début de l'année. Je les entends souvent parler de toi mais contrairement à ce que tu penses, ils disent que tu es très sympa, intelligent et tout et qu'ils aimeraient bien que tu traines un peu avec eux…

– C'est vrai ?

– Mais oui. Seulement Lily pense que tu la détestes, elle a envie de venir vers toi mais elle a peur que tu la rejettes. Ça m'embête que tu sois seul dans ton coin alors que t'as une flopée de copains qui attendent que toi.

– J'ai d'autres copains !

– Ok Hugo. Je te demande juste d'y penser, ok ? Tu pourrais peut-être passer des bons moments avec Lily aussi.

– Ouais. Peut-être…

– On pourra en parler ensemble pendant les vacances si tu veux.

Hugo lui rendit un sourire timide et Rose était radieuse. James se tourna ensuite vers Nalani et Solenne qui le rassurèrent sur la soirée de la veille, bien que James remarqua que Nalani évitait son regard. Rose anticipa les excuses de James en lui disant que de temps en temps ça ne faisait pas de mal d'enfreindre les règles. Bien sûr elle avait peur de la réaction de ses parents mais bon… Elle sortit en même temps que lui du compartiment et le remercia doucement d'avoir été si gentil avec Hugo. Et puis, soudainement, elle prétexta l'envie pressante d'acheter des caramelors à dents de castor et traversa le wagon à toute hâte, à la recherche du chariot de friandises, sans même attendre sa meilleure amie. En temps normal, James se serait aperçu de l'espièglerie de sa cousine et de son regard entendu. Mais Natasha était restée près de lui.

– A propos d'hier soir..

– Oh cesse de t'excuser tout le temps, Keanu nous a dit que c'était leur idée et pas la tienne cette soirée ! Tu ne peux pas porter toute la misère du monde sur tes épaules. Et puis j'ai passé une très bonne soirée !

– Ce n'était pas de ça dont je voulais te parler.

– Ah…

– Je ne sais pas si tu te souviens, parce qu'on avait un peu bu, mais toi et moi…

– Je me souviens très bien.

Elle avait cette voix grave et matûre qui impressionnaient le jeune homme. Il se sentit rougir mais, heureusement, Natasha fixait les rideaux d'un compartiment.

– … Tu veux faire quoi ?

– C'est-à-dire ?

– Tu sais bien... pour nous deux.

Ses yeux, sombres et envoutants rencontrèrent ceux de James. Il avait tellement envie de plonger dans ces yeux-là, de s'y noyer, même...

– Il n'y a pas de nous-deux, James. T'es avec Towler, moi avec Aldo et c'est très bien comme ça. Ecoute, je suis attirée par toi, je ne peux le nier mais ça ne mènera nulle part cette histoire.

– T'en sais rien.

– S'il te plait, ne complique pas tout. C'était agréable, c'était... Une pause, une parenthèse. Mieux vaut en rester là, ok ?

Dans les films moldus qu'il regardait antant, attendant avec inquiétude le retour de son père toute la nuit durant, les héros répondaient toujours par la négative. Ils avaient ce courage que James leur enviait, celui de prendre l'héroïne dans leur bras et de répondre « non, on n'en restera pas là ». Il y avait tant de mots qui se bousculaient en lui, tant de gestes tendres qui ne demandaient qu'à éclore...

– T'es sûre ? C'est vraiment ce que tu veux ?

– Oui. On en reste là.

Alors que James repartait d'une démarche hésitante, Solenne observa Natasha à travers la vitre du compartiment. La jeune Serdaigle semblait plus triste que jamais et, bizarrement, cela fit naitre un sourire sur le visage de Solenne. Le premier véritable sourire depuis la veille. Un sourire plein d'espoir.

ooOOoo

A l'arrivée du train, les enfants Potter-Weasley eurent la surprise de voir qu'aucun de leurs parents n'était présent. Seuls Teddy et Victoire les attendaient. Ils les amenèrent au Terrier où toute la famille s'était réunie.

Molly questionna Victoire sur la raison de cette réunion familiale mais n'obtint pas de réponse. A leur arrivée, leur grand-mère vint les saluer puis les fit attendre dans le salon. Percy vint à son tour.

– Dominique et Molly, vous suivez Victoire dans la cuisine, vous allez aider votre grand-mère. Les autres, tenez-vous contre le mur, ici.

Percy n'était pas le membre le plus apprécié de la famille, mais il avait le mérite, par ses longs discours moralisateurs et sa grande sévérité de faire peur aux plus jeunes. Conscients de l'effet de leur mise en scène, Arthur, Ron, Hermione, Audrey, Angelina, Georges, Bill, Fleur, Ginny et Harry entrèrent à leur tour, les yeux fixés sur l'étrange paquet que Percy tenait dans ses mains.

– Quinze lettres ! On a reçu une quinzaine de lettres, non pas en un mois, non pas en une semaine mais en deux jours ! Récapitulatif des évènements ! Samedi soir a eu lieu le bal de Noël. Lucy, ta mère et moi t'avions demandé de ne pas y aller...

– Mais papa je suis en …

– Ne m'interromps pas ! Roxanne, tu es en troisième année, tu n'avais donc pas à y aller non plus ! James, Fred, Louis, vous étudiez actuellement vos BUSES, je m'attendais donc à ce que vous restiez dans la salle commune de Gryffondor également ! Fred tu as provoqué en duel M. Mael Thomas devant tout le monde ! Qui est Mael Thomas ?

– C'est le meilleur ami de James, répondit Fred d'une voix hésitante.

– Donc vous faites partie de la même bande d'amis ?

– Oui mais il a invité Roxanne au bal et je lui ai simplement dit de faire attention à ma sœur et de ne pas aller trop loin avec elle !

– Aller trop loin ? Mais enfin, elle n'a que treize ans ! s'exclama Angelina.

– Revenons-en aux faits, reprit Percy, tu t'es battu avec lui à mains nues, devant tout le monde. Le professeur Glacey a donc décidé de vous punir et c'est là qu'intervient le petit chef des maraudeurs qui décide de contredire son professeur !

– Ce n'est pas exactement ça, oncle Percy. Le professeur Glacey m'avait demandé de séparer Fred et Mael, ce que j'ai fait, i pas eu de blessé et j'ai juste suggéré au professeur que c'étaient les vacances de Noël et…

– Il vous a puni à juste titre ! Vous avez rangé la salle Mael et toi, n'est-ce pas ?

– Oui.

– Fred ne vous a pas aidé ?

– Euh... Il était fatigué et…

– Vous êtes rentré à quelle heure ?

– On s'est couché vers six heures.

– Et à huit heures Fred a lancé un sort de stupéfixion à ce pauvre Mael Thomas qui dormait depuis seulement deux heures !

– Il m'avait cherché, il m'a traité de lâche et de..

– C'est ce que tu es ! crièrent Roxanne et Georges en même temps.

Fred regarda son père, penaud. Cependant il en fallait plus pour calmer l'oncle Percy qui se prépara à reprendre sa diatribe.

– On était tous fatigués d'avoir dansé toute la soirée, coupa Fred, on n'allait pas faire le sale boulot en plus ! Je me suis dit qu'il devait plaisanter et qu'on aurait une punition plus cool à la rentrée…

– Plus cool ? Qu'est-ce qui est « cool » dans une punition ?, s'offusqua Percy. Ou dans le fait de jeter un sort à son ami ?

– …

– Passons ! Ce matin nous recevons tous une lettre nous annonçant que Lucy, Roxanne, Louis, Rose, Albus et James ont été retrouvés avec vingt de leurs camarades dans le château à quatre heures du matin ! Et ne racontez pas que vous avez déjoué les plans diaboliques d'une bande de Serpentard ! Georges nous a parlé de la fameuse carte des maraudeurs qu'utilise désormais James et de la fête de fin d'année que vous avez organisée en juin. James ? Tu as organisé une fête c'est ça ?

– Ben… En quelque sorte oui.

Les adultes échangèrent des regards furieux en soupirant, exaspérés. James se ratatina et sans se concerter Rose, Lucy et Louis s'approchèrent de lui.

– En quelque sorte ? reprit Percy.

– Oui, deux amis m'ont proposé d'organiser une soirée sans alcool, juste pour être ensemble et fêter la fin du trimestre.

– Et ils avaient besoin de toi pour organiser ça ?

– …

– Et vous avez fait ça où ?

James échangea un regard avec Louis. Tous deux avaient peur des représailles mais ils se devaient de dire la vérité.

– Dans… La cabane hurlante.

– Quoi ? Vous êtes sortis de l'enceinte du château ?

– Non on s'est servi de la carte pour connaitre les passages secrets et en passant par le saule cogneur on arrive directement à la cabane hurlante.

– Par la barbe de Merlin, James ! On aurait pu vous voir, vous auriez pu vous faire virer ! Des moldus auraient pu vous voir ! Je vous signale que certains moldus habitent désormais à Pré-au-Lard !

– On était tous désillusionnés et habillés en tenue moldue juste au cas où parce qu'on n'a pas eu besoin d'aller à Pré-Au-Lard. Et avec la carte on pouvait vérifier si quelqu'un arrivait vers nous… C'est là qu'on est tombés sur les autres puis sur le professeur Brinks. Et un des jumeaux Nott a essayé de le stupéfixer et on l'en a empêché, Keanu et moi.

– Et tu n'as pas vu les Nott arriver sur ta carte ?

– Euh… je parlais avec une… amie à ce moment-là et j'étais distrait.

– Celle avec qui tu étais dans la salle de bains des préfets la veille ?

James rougit. Ils étaient vraiment au courant des moindres détails…

– Non ce n'était pas la même.

– D'ailleurs qui t'a donné le mot de passe ? Louis ?

– Non, c'est elle, ma copine, qui l'avait.

– Elle est préfète ?

– Non, une copine lui a donné le mot de passe.

– Ah bravo ! Dans tous les cas je vais écrire tout de suite une lettre aux professeurs Glacey, Slopa, Brinks, Wine et Ganesh pour leur apprendre la vérité !

– Papa, non ! s'exclama Lucy, horrifiée.

– Oncle Percy, il y a des préfets parmi nous et…

– Et bien certains vont perdre leur titre ! Et d'autres seront certainement ravis de recevoir un insigne et s'en montreront plus fiers et dignes ! Enfin pour Gryffondor vous semblez être toute une bande de délinquants, mais peut-être y a-t-il des élèves normaux dans les autres maisons ! Lucy, Rose, Roxanne, je suis profondément déçu par votre attitude. Toi aussi Louis.

– Et bien moi je ne regrette rien ! s'écria Lucy.

– Moi non plus, ajoutèrent Roxanne et Louis.

– Moi non plus, dit enfin Rose en baissant la tête.

– Mais enfin, Rose une élève aussi brillante que toi !

– Ma mère aussi a enfreint le règlement plus d'une fois ! Sans parler de mon père et Harry !

– Le contexte était différent Rose ! Tes parents et Harry étaient en guerre et s'opposaient à Tu-sais-qui, ils n'organisaient pas des fêtes privées pour se pavaner !

– James ne se pavane pas, papa ! C'est un élève brillant, le meilleur de sa promo !

– C'est vrai, ajouta Rose. Il a d'excellents résultats, il est apprécié pour sa personnalité et son intelligence et non pas pour ses bêtises, comme tu le prétends toujours !

– Ne réponds pas à ton oncle ! s'emporta Ron.

– Je pensais que vous étiez en froid tous les deux ! reprit Percy, énervé. Il sous-estime les élèves studieux !

– Il n'aurait pas autant de bons résultats s'il n'étudiait pas ! D'accord il a beaucoup de facilité mais il est excellent dans toutes les matières ! Et on a jamais vraiment été en froid, on se taquinait beaucoup, c'est tout. Même Natasha l'admire beaucoup.

– Ils ne se détestent plus ? demanda Hermione en fixant sa fille et James.

– Non, ils s'aiment beaucoup et c'est leur façon à eux de se le prouver.

– On est là pour rendre hommage à James, là ? Non !

– Et c'est reparti… C'est sûr que ce n'est pas toi qui va me rendre hommage, répliqua James à son père.

– Qu'importe, coupa Percy, ce n'est pas le plus important ! Je m'en vais de ce pas écrire à vos professeurs. Ils doivent connaitre la vérité. Audrey, va chercher Molly. Lucy, on part.

Sur ce il quitta la pièce. Petit à petit chaque famille rentra chez elle. Lily, Albus, James et leurs parents regagnèrent leur maison par la poudre de cheminette.

– Diba ! Kreattur !

– Oui maîtresse Ginny ?

– Le repas est prêt ?

– Oui, souhaitez-vous vous mettre à table ?

– Oui, merci. Les enfants, montez vos affaires dans vos chambres et redescendez tout de suite !

James, Albus et Lily se firent les plus discrets possibles, allant rapidement déposer leurs affaires sans échanger un mot. Mais avant de revenir dans la cuisine, Albus donna une tape amicale à son frère et Lily lui ébouriffa les cheveux, preuve de leur solidarité. Pourtant, alors que les deux garçons descendaient le grand escalier du manoir, Lily fronça les sourcils, les yeux rivés sur le pendentif d'Albus.

ooOOoo

A table, la tension était palpable. Ils mangeaient en silence sous le regard surpris des deux elfes qui partageaient leur table et semblaient brûler d'envie de questionner leurs jeunes maîtres sur leur trimestre. Consciente de la lourdeur du silence, Ginny tenta d'engager la conversation.

– Lily, comment ça se passe pour toi à l'école ?

– Bien maman. Hugo fait toujours la tête mais je ne perds pas espoir. David fait beaucoup de progrès. Il est très gentil. Lorcan a passé les tests de recrutement pour intégrer l'équipe de quidditch mais n'a pas été pris. Il a quand même eu les meilleures notes lors de notre examen de vol. On n'arrête pas de se battre pour avoir les meilleurs résultats dans toutes les matières donc du coup on progresse vite, c'est cool. Et puis quand j'ai un souci, James m'explique comment y arriver.

– Et Lysandre ?

– Ben il était toujours un peu bizarre au début de l'année mais là il s'est fait un copain, un des fils Donovan. On étudie ensemble quelques fois ou on va voir les entrainements de quidditch.

– En parlant de quidditch, Albus comment ça se passe pour toi ?

– Pas mal. La plupart des joueurs sont des crétins mais Jalil est vraiment bon. Scorpius Malefoy est assez doué aussi.

– A quel poste joue-t-il déjà ? demanda leur père.

– Poursuiveur.

– Jalil et Albus forment une équipe à eux tous seuls ! On a galéré pour éviter leurs cognards pendant le match !

A nouveau Lily tiqua. En observant son frère aîné, elle eut une sorte de révélation. James soutenait toujours Albus, le valorisait sans cesse, lui trouvait des excuses, des qualités, des compétences qu'Albus ne possédait pas, ne méritait pas. Et loin de tomber dans la réciproque, Albus se jouait de son frère, profitant avec aisance de la situation.

– Ouais mais vous avez gagné ! Vous êtes bien partis pour remporter la coupe !

– Les Serdaigle sont très bons aussi. Certainement meilleurs. Ils ont écrasé les Poufsouffle !

– C'était facile. Je sais que tu aimes bien Dubois mais… Oscar est un bon gardien mais ses débuts sont difficiles. Et puis MacLaggen n'avait aucune chance d'attraper le vif d'or contre le frère de Jalil.

– Ouais lui il me fait vraiment peur ! Olivia est super mais elle rame derrière Malek. Et lui, il fait accélérer le jeu pour en finir rapidement. Heureusement Liko laisse rarement passer le souaffle et nous on va tout faire pour enchaîner les buts !

– Tu oublies les Kandinsky ! Isidore est un super gardien ! Et Natasha une super batteuse !

James frissonna. Albus souriait, rêveur. « Il doit éprouver les mêmes sentiments que moi », se dit l'aîné. Ça lui paraissait normal, évident, que tous les garçons ressentent cela pour Natasha qu'il avait tendance à idéaliser, mais il n'arrivait pas à se faire à l'idée. Et si Natasha succombait au charme de son petit frère ? James supporterait-il de les voir ensemble ?

– Ca ne risque pas d'arriver, murmura Lily en le regardant discrètement. Elle ne s'intéresse pas à lui.

Il semblait que la voix de sa sœur tremblotait légèrement et qu'elle évitait de regarder Albus trop longtemps. Celui-ci, s'apercevant de l'attitude de sa sœur, lui lança un regard noir. Bref, éphémère, suffisamment pour que les parents ne remarquent rien. Mais pas assez pour que Lily en fasse de même.

– J'espère déjà qu'on va écraser les Poufsouffle !, se reprit Albus.

– Faudrait déjà virer les Nott !, répondit James après quelques secondes d'hésitation.

– Au fait, enchaîna Lily, c'est vrai maman que tu vas faire partie des juges pour la sélection de l'équipe du tournoi ?

– Lily ! C'est une info confidentielle !

– Ah… J'ai entendu les professeurs Glacey et Brinks en parler…

– Quoi ? C'est quoi cette histoire maman ?

– Les quatre écoles vont devoir s'affronter également dans des épreuves annexes, en plus des tâches des champions. Il y aura plusieurs épreuves annexes, dont le quidditch, le vol, la plongée, mais aussi les échecs, les sortilèges et l'expression artistique. Ils vous expliqueront tout cela à la rentrée. Des sélections seront ensuite organisées en février pour désigner les meilleurs élèves de chaque discipline, toutes maisons confondues.

– Génial ! s'écria James en tapant dans le dos d'Albus ! Là mon frère y a une chance pour qu'on joue enfin ensemble !

– Je ne sais pas James, y a de la concurrence quand même…

Lily observa ses parents sourire, attendris, devant la moue modeste, timide, hésitante de leur fils. En bout de table, comme une pièce rapportée, James ne remarquait rien. Etait-ce conscient ou inconscient ?, se demandait Lily. Comment James, d'habitude perspicace et plutôt intelligent, pouvait-il à ce point ignorer que leurs parents ne l'avaient jamais autant aimé qu'Albus ?

– A nous de tout déchirer pendant les sélections ! J'imagine que tu ne vas pas nous avantager maman ?

– Je vais surtout vous interdire d'y participer.

– Quoi ?! Mais maman…

– Vu ton attitude de ces derniers jours, il vaudrait mieux ne pas la ramener James ! On reparlera de tout ça plus tard. Et n'ébruitez pas cette information, pour le moment tout ça est confidentiel, ok ? Lily ?

– Oui maman, y a juste Lorcan qui est au courant parce qu'il était avec moi. On n'en a parlé à personne, je voulais le dire à James mais vu que je n'étais pas invitée à la soirée, j'ai gardé ça pour moi…

– Lily il est hors de question que tu participes à ce genre de soirée ! Ni tes frères d'ailleurs ! J'espère que cette histoire est close !

Ils acquiescèrent en silence. A la fin du repas, tous étaient fatigués et Ginny les envoya commencer leurs devoirs de vacances.

– Pas toi James. Ton père et moi avons à te parler.

– Très bien.

– C'est donc vrai tout ce dont on accuse ? Le bal, la fête et la salle de bains des préfets ?

– Oui papa.

– James… On a reçu beaucoup de lettres de Poudlard te concernant. Mais jamais autant en si peu de temps. Pour le bal on a bien compris que ce n'était pas de ta faute. La fête, tu sais très bien ce qu'on en pense. On est très déçus par toutes tes bêtises car tu pourrais être un bon élève. Et c'est ce que tu nous sers toujours comme excuse. Tu voudrais qu'on remarque tes qualités, plus que tes défauts. Pourtant tes résultats ne sont pas très bons cette année.

– Je n'ai eu que des A !

– Et deux D, James ! Pas un seul O, ni un E !

– Je n'ai pas été noté dans mes matières préférées… Et puis le niveau a augmenté et franchement, avec tout ce qui se passe cette année… Entre le tournoi, l'arrivée de David et des Donovan, le quidditch et… puis je suis un peu… Enfin j'ai beaucoup de choses en tête en ce moment.

– Tu as quinze ans, James, c'est normal, affirma sa mère. Mais tu ne dois pas oublier tes études. Tu as peut-être de l'avance, mais en période de BUSES…

– Je vais me reprendre, maman. Franchement, je suis sincère, je vais travailler davantage, je vous le promets.

– Bien James, on préfèrerait que tu n'apparaisses plus sur le tableau du professeur Slopa.

– Je n'y suis plus, papa et je ferai tout pour ne pas y être, promis.

– James, on n'en a jamais vraiment parlé tous les trois mais tu es en âge de … sais-tu ce que tu aimerais faire plus tard ?

S'intéresser. Le voir comme un enfant. Comme leur enfant. Harry rassurait régulièrement Albus sur son avenir, lui prédisant bonheur et épanouissement, lui promettant d'être toujours là pour lui. Quand avait-il dit cela à James ? L'avait-il dit un jour ? Ginny, elle, noua ses mains derrière son dos, prenant une posture figée qui lui était peu naturelle, signe qu'elle aussi s'efforçait d'appliquer les recommandations de sa belle-sœur.

– J'hésite encore, murmura James, gêné. Pourquoi pas Auror comme toi, j'aimerais aussi beaucoup continuer le Quidditch. Mais ce qui me plairait vraiment c'est de continuer mes études dans l'international. J'ai une idée de projet sur lequel je vais sans doute travailler l'an prochain et pour les ASPICS et que je souhaiterai développer ensuite, en faisant peut-être une formation au Temple plutôt qu'au ministère.

– Tu sais qu'il te faut d'excellents résultats pour cela. Et on regardera aussi ton dossier scolaire, sur lequel figureront toutes tes retenues. Si tu continues d'enfreindre le règlement tu ne seras pas accepté. Percy n'accepte que les plus sérieux dans le département de la coopération magique internationale. Et je fais de même pour la formation des Aurors. Dans quelle branche voudrais-tu te spécialiser ?

– Les relations internationales, plus précisément la différence des cultures magiques, notamment entre occident et orient.

– Je n'y connais pas grand-chose mais ça m'a l'air très ambitieux, James. J'espère que tu tiendras compte de ton avenir désormais au lieu d'enfreindre encore et toujours le règlement.

Ginny et Harry échangèrent quelques mots à demi voix et Ginny quitta la pièce, laissant seuls James et son père.

– Il y a encore une chose dont je veux te parler. Cette fille avec qui tu sors, c'est Alice ? Ou Susie?

– Non, Alice est ma meilleure amie et Susie… C'est une amie. On est sortis ensemble un moment mais on préfère rester amis. C'est Maggie Towler. Elle est en sixième année et joue au poste de batteur dans l'équipe.

– Et vous vous êtes bien rendus à la salle de bains des préfets après le bal ?

– Oui.

– Seuls ?

– Oui.

– C'est sérieux entre vous ?

– Non… Enfin… On est allé assez loin tous les deux, je veux dire, on l'a fait, murmura James honteusement. Mais j'aime une autre fille.

– Qui ?

– Ça… ça me regarde. Et de toute façon elle ne veut pas qu'on soit ensemble.

– C'est important James. Ecoute, je ne veux pas que tu t'inquiètes pour rien mais il y a quelques troubles en ce moment, tu es déjà au courant. Je sais que ce n'est pas facile, tu n'as pas choisi d'être mon fils mais il faut que tu fasses attention à toi. Et à ton frère et ta sœur. Les élèves de Poudlard ne sont pas tous des saints. Et je ne parle pas seulement des Serpentard. Albus est bien dans cette maison, d'autres élèves qui ont un penchant pour la magie noire peuvent également avoir été envoyés dans d'autres maisons. Es-tu sûr de cette Maggie ?

James était tellement choqué qu'il dévisagea son père longuement. Venait-il d'admettre la vérité ? Venait-il de prononcer ces mots que James attendait depuis des années ?

– Sûr de... Papa, quand tu parles de troubles...

– Je n'ai pas envie d'aborder ce sujet avec toi, James, tu es trop... jeune, se rattrapa Harry maladroitement. Ce qui s'est passé avec Hugo au début de l'année... Je ne veux plus entendre qui que ce soit parler de reliques ou de...

– Mais enfin, papa, je ne lui raconterai jamais quoi que ce soit d'important sur toi, sur notre famille. Et puis... Je ne pense pas que ça va durer avec elle.

– Et l'autre fille ? Celle que tu aimes ?

– C'est… c'est quelqu'un de confiance. J'en suis certain. Elle est brillante, talentueuse, merveilleuse...

– Ah... Tu as l'air de tenir beaucoup à elle.

– Oui. Enormément, c'est bien ça le problème.

– Ça te … perturbe ?

– Un peu, oui mais il n'y pas que ça. On est différents, tu sais papa. J'ai appris que tu avais participé au Tournoi des Trois Sorciers quand t'avais mon âge, moi je ne le vis pas très bien. Tu faisais plein de cauchemars à mon âge et moi je ne supporte toujours pas celui qui…

James se tut, cherchant ses mots. Il n'était pas évident de se confier à son père, surtout quand on était censé être en froid avec lui depuis plusieurs mois et que l'on ne devait sa réconciliation qu'à un cauchemar particulièrement éprouvant.

– Mael et Fred ne se supportent plus, j'essaie d'être présent pour Al et Lily et aussi pour mes amis, mais je n'arrive pas à tout concilier. Et y a le quidditch, Olivia est très exigeante avec nous, on a une chance de gagner la coupe et elle est en dernière année alors tu comprends… Elle en a envie de cette coupe. Et puis le niveau des cours a augmenté et avec tout ça… Je n'y arrive plus papa…

– Ah…

– J'ai l'impression parfois que je vais exploser… Mais je ne vais rien arrêter du tout. Je ne peux pas. Le quidditch me fait beaucoup de bien, tu sais. Mais bon c'est sûr que l'histoire avec Natasha ne facilite rien.

– Natasha Kandinsky ? La meilleure amie de Rose ? Qu'on a rencontré au Terrier cet été ?

– Ouais.

– Je pensais que vous vous détestiez…

– Ron et Hermione se disputaient tout le temps quand ils étaient jeunes, tu le répètes souvent.

– C'est vrai. Et puis… pendant ton cauchemar tu… Enfin, à ton réveil vous sembliez très heureux de vous retrouver.

– Ouais j'y ai cru un moment mais… Bref.

– Elle… Tu lui as parlé ?

– Ouais mais pour des tas de raisons elle ne veut pas…

– Bon, très bien. Enfin, non, mais… Y a-t-il quelque chose que tu voudrais me dire ou me demander ? A propos des filles, par exemple, je ne sais pas si … enfin, bref.

– Non pas sur les filles. Maggie s'est chargée de m'apprendre certains trucs… En revanche y a quelque chose que vous devez savoir, maman et toi.

– Très bien. Ginny !

– Oui ?

– Je dois vous dire quelque chose. Je ne sais pas si je fais bien mais… je m'étais promis de ne jamais vous le dire. Mais bon…

James s'interrompit et jeta un œil à ses parents. Ceux-ci tâchaient au moins de se montrer concernés par son air sérieux, c'était déjà ça, se dit-il. Il reparla alors de son cauchemar, il l'appelait ainsi faute de mieux et s'il y pensait toujours autant il ne se confiait pas à ses amis depuis que la bande était déchirée. Bien sûr il avait eu très peur et quelques matins en se réveillant il n'osait croire en sa chance d'être sain et sauf et de n'avoir perdu aucun être cher. Et puis il y avait eu cette étreinte à son réveil, le soulagement et le bonheur, cette impression de retrouver ses parents. Ceux-ci l'écoutèrent sans l'interrompre et James eut beaucoup de mal à retenir ses larmes. Il préféra clore le sujet et en aborder un autre, une chose très importante qu'il s'était pourtant juré de ne jamais dévoiler à ses parents.

– Depuis deux ans… Je suis des cours un peu particuliers. En troisième année, le professeur Gash nous a enseigné toute l'année pas mal de choses sur les créatures magiques, les strangulots, les loups-garous, les animagus, tout ça. Et il fait passer tous les ans une sorte de test pour étudier les aptitudes de chacun. Lily, par exemple développe certains dons avec les créatures magiques.

– Oui, on est au courant. Où veux-tu en venir ?

– Le professeur Gash m'a appris que j'avais un don prédisposé moi aussi.

– Lequel ?

– Je suis un animagus en devenir. C'est-à-dire que j'ai une sorte de prédisposition à devenir un animagus, j'ai ça dans mes gênes en quelque sorte.

– Mais qui a bien pu te les transmettre ?, demanda Harry, effaré. La réglementation...

– Mais enfin, Harry !, s'exclama Ginny. Ton père, Cornedrue, tu...

– Mon père ?, s'étonna James. Quel rapport avec James ?

– C'était mon grand-père aussi, murmura James d'une voix triste.

– Ah oui, c'est vrai, bien sûr, je...

– Je suis donc des cours supplémentaires avec le professeur Gash et d'autres élèves ayant ce don, coupa James qui n'avait pas envie d'entendre son père sous-entendre que James n'était pas son fils. Depuis deux ans. Pour le développer et pour arriver à le contrôler. Et j'y arrive maintenant de mieux en mieux.

– De quel animal prends-tu la forme ?

James ferma les yeux et brandit sa baguette vers lui-même. Lorsqu'il ouvrir les yeux vers ses parents éberlués, il était un magnifique chien de berger. Il reprit forme humaine et avant que ses parents ne puissent ouvrir la bouche il s'était retransformé, en daim cette fois-ci.

– Deux ?

– Oui. C'est un peu rare, ça s'appelle un Deus. Le professeur Gash dit que j'ai encore des progrès à faire mais que ça me sera certainement très pratique plus tard. J'arrive mieux à prendre la forme du chien que du daim, mais je m'exerce encore.

– Qui d'autre a ce… don, à Poudlard ?

– Eh bien, le professeur Gash, bien sûr et le professeur Glacey aussi. Et Liko Jordan qui se transforme en panthère. Et quelques autres, toutes maisons confondues, des élèves nous rejoignent petit à petit. Je n'ai pas le droit d'en parler normalement donc il faut vraiment que vous gardiez ça pour vous. Il y a Natasha, qui semble devoir prendre la forme d'un volatile mais elle ne sait pas encore lequel, Max Letter, un né-moldu, je pense que son animagus est un rongeur de petite taille mais on ne sait pas bien encore. Y a aussi un garçon de Poufsouffle qui n'est venu qu'une fois et quand il a vu Liko se transformer, il… bref il a eu vraiment peur et il est parti.

– Et Albus ?

James garda le silence. Il n'en avait aucune idée, n'ayant jamais osé aborder ce sujet avec son petit frère et puis... Si Albus était comme lui, ce n'était sûrement pas à James de le dévoiler.

– Je pense qu'ils ont tous les deux une prédisposition. Après, personne n'est obligé de développer ce don. Et Albus n'est jamais venu en cours d'animagus mais je pense qu'il…

Harry se précipita vers l'escalier pour appeler Albus et Lily. Ceux-ci jetèrent des regards inquiets à James en entrant.

– Albus, Lily, votre frère vient de nous apprendre qu'il est un… animagus en devenir.

– Yes je le savais ! Moi aussi James ! cria Lily.

– Toi ? Mais tu n'es qu'en première année ?!

– Oui mais le professeur Gash s'est rendu compte que j'avais certains dons avec les créatures magiques.

– Quels dons Lily ?

– Et bien, y eu l'histoire avec le lazaro bien sûr, les scrouts à pétard d'Hagrid m'adorent, les hippogriffes s'inclinent alors que je n'ai rien fait pour ça, et j'attire les sombrals que je peux voir alors que je n'ai jamais vu la mort et puis j'ai une prédisposition au dressage aussi. Il parait que je communique avec certaines créatures alors que je ne m'en rends pas spécialement compte... Et puis...

– Et toi Albus ?, coupa Harry, les yeux brillants de hâte.

ooOOoo

L'écœurement. Un écœurement profond, tenace. Un puits sans fond d'écailles brûlantes qu'il rêvait de planter dans le cœur de son frère. Et ce sentiment, enfoui quelque part au fond de son cœur que son frère le méritait, qu'il méritait d'exister par lui-même, sans qu'on le compare sans cesse à son père. Mais Albus ne pouvait se réjouir pour James. C'était à lui d'atteindre les sommets, à lui d'en chasser le Survivant, à lui de s'assurer que James ne prenne jamais sa place. Et pour cela il avait des armes infaillibles.

Des yeux humides, timides, hésitants. Un don du mensonge inégalé. Une imagination débordante. Une cruauté sans pareille.

– Le professeur Gash m'a dit que j'avais aussi un don pour devenir animagus.

– Comme je suis fier de toi, mon fils, sourit Harry. Quel animal ?

– Je n'assiste pas directement à son cours pour le moment. Mais a priori ce serait un mammifère assez haut, à bois.

– Un cerf ?

– Sans doute.

La facilité. Albus ne savait pas quelle forme animale prenait son frère, mais quoi de mieux que le cerf, emblème des Potter, pour écraser James ? Il avait failli lâcher qu'il se transformait en lion. Rien que pour l'énerver. Un animal puissant, un Roi. Mais le cerf avait bien plus d'importance aux yeux de Harry.

Et James plongea, comme Albus s'y attendait, se réjouissant du don qu'Albus s'inventait.

– Wahou, Cornedrue ! s'écria James.

« Où est passé ton instinct animal, crétin ? », pensa Albus de toutes ses forces.

– Pourquoi ne pas suivre les cours mis en place pour...

– Je ne me sens pas prêt, papa, mentit Albus, prenant un air penaud. Les cours sont denses, je viens d'intégrer l'équipe de quidditch et puis... Je ne veux pas paraître présomptueux mais mes camarades comptent sur moi, il faut que je sois un bon exemple, un exemple à suivre pour remettre Serpentard dans la lumière.

– C'est merveilleux, Albus ! Tu as hérité des plus belles qualités de mon père et de ma mère!, s'enthousiasma Harry avec fierté.

– Harry...

– Ah, oui Ginny, euh... Et toi Lily ?, reprit Harry.

Celle-ci lança un sourire navré à James avant de répondre à son père.

– Euh… Ben je ne peux pas m'entrainer pour le moment, je n'ai pas l'âge légal, mais a priori le professeur Gash m'a dit que je pourrai me transformer en plusieurs animaux. C'est plutôt rare mais il y a un autre élève dans Poudlard qui peut le faire.

– C'est ton frère, ajouta sa mère en désignant James. Quels animaux ?

– Deux pour le moment. Le lion, le roi des animaux, ce qui expliquerait pourquoi les créatures me respectent et m'obéissent et la licorne, ce qui expliquerait comment j'arrive à communiquer avec autant de facilité avec eux.

– Trop bien ! s'exclama James.

– Le cerf aussi, c'est très bien, sourit Harry en ébouriffant les cheveux d'Albus.

– Le professeur Gash m'a dit qu'en progressant vite il se pourrait que je puisse me transformer en davantage d'animaux, continua Lily. Il me tarde de pouvoir suivre ses cours, en plus je crois que Lorcan sera assez doué pour m'accompagner. Il veut devenir centaure.

– Tu lui en as parlé ?, s'étonna James.

– Ben oui. Pas toi ?

James ne répondit pas. Il n'avait repris ses cours d'Animagus qu'au bout d'un mois de rémission et l'idée-même d'en parler à ses amis ne s'était pas imposée à lui tant son esprit était saturé. Mais le simple fait que Lily se soit confiée à Lorcan le rassurait et, à son tour, il avait hâte de pouvoir le partager avec ses meilleurs amis.

La famille parla encore un moment des animagus puis tous partirent se coucher. James avait bien fait de parler de tout ça ce soir-là, ses parents avaient été tellement surpris qu'ils en avaient oublié leurs bêtises. Il n'était pourtant pas au boût de ses peines.

En arrivant dans sa chambre, James trouva deux hiboux à sa fenêtre. Il déplia la première lettre, impatient d'en connaître le contenu :

« Chéri,

Nous nous sommes séparés aujourd'hui et tu me manques déjà.

Ces vacances vont me sembler une éternité, loin de toi.

Je t'aime,

Maggie. »

Honteux, il posa la lettre sur son bureau et lut rapidement la seconde lettre.

« James,

Je préfère t'écrire dès ce soir, histoire que tu ne reçoives pas cette lettre entouré de ta flopée de cousins… J'ai pas mal réfléchi à ce qu'il s'est passé ces derniers temps, depuis ton attaque, en fait. Le fait d'avoir entendu mon nom, alors que je te croyais en train de mourir… ça m'a perturbée. Mais je ne suis pas amoureuse de toi. Ca me plaisait de voir qu'un élève aussi célèbre et puissant que toi s'intéresse à moi. Mais c'est tout. On ne fera pas notre vie ensemble, on n'est vraiment pas faits pour être ensemble.

Joyeux Noël

N. K. »

Il posa la lettre près de la seconde et se coucha sans leur répondre, l'esprit partagé entre Maggie et Natasha. Se pouvait-il que lui aussi ait exagéré ses sentiments ? Se pouvait-il qu'il soit davantage « destiné » à une fille comme Maggie ?

Maggie était sympathique et, s'ils ne se connaissaient pas encore très bien, ils avaient en commun leur passion pour le quidditch. Ils se voyaient régulièrement, plusieurs fois par semaine, mais courir dans la boue et voler sous la pluie ne les avait pas vraiment rapprochés, se dit-il. Alors que Natasha... Il se sentait proche d'elle. Plus proche qu'il ne l'était avec qui que ce soit, même avec Maël. Il aimait la guetter, la chercher du regard, et lorsqu'elle apparaissait au détour d'un couloir, il lui semblait que le bonheur s'introduisait en lui, par vagues immenses. Il n y avait rien de plus simple, de plus ordinaire que de croiser une élève dans une école et pourtant... « Les plaisirs les plus simples peuvent aussi être les plus forts », avait dit Maël, compréhensif. Alice avait ri, comme à chaque fois qu'elle lui reprochait d'essayer « de comprendre les filles et les sentiments, parce que tu n'y arriveras jamais ».

James secoua la tête. Il ne trouverait pas le sommeil ce soir. Une petite ballade s'imposait. Mais cette fois, c'est transformé en chien qu'il la ferait.

ooOOoo

La veille de Noël, Harry réussit à prendre une demi-journée de congés et la famille se rendit sur le chemin de traverse, effectuer les derniers achats de Noël. Comme chaque année, ils passeraient la veille de Noël avec Molly et Arthur, les frères de Ginny célébrant toujours cette soirée chez leur belle famille. Le jour de Noël, en revanche, la famille au complet se retrouvait au Terrier.

Il faisait très beau ce matin-là, lorsque les cinq Potter franchirent le mur qui les menait sur la rue commerciale préférée des sorciers. Les enfants avaient hâte de rendre visite à leurs oncles et de découvrir les nouveautés inventées par les facétieux Weasley. Sur le chemin, Ginny rencontra Audrey, l'épouse de Percy et elles allèrent toutes les deux boire un verre. Il était toujours délicat pour la famille Potter de se promener en public, les personnes qu'ils croisaient voulaient toujours les saluer, leur demandant parfois des autographes ou des photos.

– On aurait dû se métamorphoser, grommela Harry.

L'attroupement qu'ils créaient était tel qu'ils avaient du mal à rester tous les quatre côte à côte.

– Je pensais bien que tu devais être là Harry, vu le monde agglutiné !

– Salut Hermione ! Je regrette le temps où on pouvait se balader tous les trois incognitos et où tu me réparais mes lunettes, plaisanta Harry. Tu es seule ?

– Non Rose est juste ici, elle parle avec une amie. Hugo est au magasin, avec Ron.

– Albus...Enfin, je veux dire, les garçons meurent d'envie d'y aller !

– Salut parrain, salut les cousins !

– Bonjour Rose, comment vas-tu ?

– Très bien merci.

– Monsieur Potter ! Quel plaisir de vous rencontrer ! Mes enfants étudient à Poudlard et m'ont beaucoup parlé de votre fils ainé !

James, qui était en retard pour avoir pris le temps d'expliquer à un touriste Américain pourquoi il refusait de poser pour une photographie, eut la surprise de voir son père en pleine discussion avec une dame qui semblait être la mère de Natasha.

– Bonjour, tu dois être James !

– Bonjour madame.

– Quels beaux enfants vous avez monsieur Potter ! Et brillants à ce qu'il parait. James tu es parait-il le meilleur élève de cinquième année. Ma fille me parle sans arrêt de toi !

James en eut le souffle coupé jusqu'à ce qu'il comprenne que seule Irina avait parlé de lui à ses parents, et non Natasha, comme il l'aurait souhaité.

– Euh… oui enfin ça dépend des cours. Et puis Irina me talonne de très près, ajouta-t-il en souriant à la sœur ainée de Natasha. Isidore est également un des élèves les plus brillants de l'école et c'est un super joueur de quidditch. Et puis Natasha…

– Oh, elle s'attire des ennuis en ce moment. Je ne t'apprends rien, je sais que tu étais aussi à cette fête…

– Mais c'est la meilleure élève de sa promotion. Avec Rose. Elle est très talentueuse dans tout ce qu'elle entreprend.

James n'avait pas oublié leur discussion dans le train ni la lettre qu'il avait reçu le premier jour des vacances, cela faisait maintenant trois jours qu'il s'était empressé de terminer ses devoirs et qu'il ruminait de sombres pensées. Et la voyant là devant lui, James devait bien avouer que Natasha était bien plus qu'un flirt. Visiblement ravie que James la complimente, la jeune fille lui lança un sourire flamboyant.

– Merci James.

– C'est très aimable James, je vois que tu es le digne fils de ton père.

Madame Kandinsky se tourna ensuite vers Hermione et Rose, Natasha et Irina semblaient très intéressées par un nouveau livre qui était exposé dans une vitrine. Harry posa sa main sur l'épaule de son fils ainé et se pencha vers lui.

– Dis-donc tu es bon à marier...En tout cas tu t'es mis ta future belle-mère dans la poche !

– Papa !

– Oh ça va, on peut plaisanter quand même.

– Ouais ben ça fait tellement de temps qu'on n'a pas plaisanté tous les deux que je suis un peu surpris.

– James... Où sont ton frère et ta sœur ?

– Bah les formules de politesse ont dû les ennuyer, ils doivent être à la boutique Weasley.

– Hermione, tu as vu partir Albus et Lily ?

– Non Harry, ils ont dû aller rejoindre Hugo je pense, la boutique est juste à côté.

Soudain, le médaillon d'Auror d'Harry le brûla.

– Mince. Il faut que je parte au bureau. James, tu ne restes pas loin d'Hermione et tu vas chercher Albus et Lily, ok ? Je ne pense pas en avoir pour longtemps, certainement un petit problème administratif. Sinon je vous envoie Teddy. Préviens ta mère. A tout de suite.

Il transplana immédiatement. La foule se dilua alors très vite. James expliqua à Hermione les raisons du départ d'Harry et alla rejoindre les filles devant la vitrine. Soudain, plusieurs cracs se firent entendre et les quelques personnes présentes poussèrent un hurlement avant de s'enfuir en courant. Quatre personnes masquées venaient de transplaner devant la librairie et encerclaient James. Les masques des quatre individus ressemblaient beaucoup à ceux que l'on voyait désormais dans les livres d'Histoire, ceux qui faisaient encore peur tant aux adultes qu'aux enfants. Ceux que portaient autrefois les Mangemorts.

Le vide s'était fait alors que deux des hommes masqués créaient des barrières magiques autour d'eux. Hermione fut celle qui réagit le plus vite. Elle poussa madame Kandinsky et les trois filles pour qu'elles se mettent à l'abri dans la boutique et James tira immédiatement sa baguette.

– Stupéfix !

Son sort toucha l'un des inconnus masqués, les deux qui se tenaient près de lui attaquèrent à leur tour James qui, prudent, avait lancé un charme du bouclier amplifié, protégeant ainsi en plus de lui-même les trois Kandinsky, Rose et Hermione. Celle-ci criait à James de venir se mettre à l'abri. Il allait les suivre lorsqu'il vit que le dernier inconnu masqué tenait Lily et Albus, inconscients, tout contre lui.

– Fait le ménage toi, lui cria un de ses acolytes, nous on s'occupe du troisième. Alors petit Potter, on a appris à se battre à l'éco..

– Stupéfix !

Son sort fut dévié et il dut se projeter sur le sol pour éviter les nouvelles attaques. Un bruit sourd à côté de lui se fit entendre. Hermione était à terre. Sa marraine avait certainement voulu l'aider. Effrayé, il regardait son corps, inerte.

– Maman !

– Rose, non, reste à l'abri ! cria-t-il en se protégeant pour les rejoindre. Madame Kandinsky, transplanez avec vos filles et Rose. Rose ne t'inquiète pas, je m'occupe de ta mère. Fais-moi confiance ma puce, je te promets que… arg, mets-toi à l'abri, pars avec Natasha et sa famille, on viendra te chercher !

La mère de Natasha les prit par la main mais au moment où elles allaient quitter la rue, Natasha se jeta en avant pour venir en aide à James. La voyant arriver, il la tira vers lui pour l'abriter derrière un abri de fortune.

– T'es inconsciente !

– Attention !

– Rejoins-les Natasha, va te mettre à l'abri…

– Je ne veux pas que tu te battes !

– Ils ont mon frère et ma sœur !

– Tu ne peux pas y arriver seul !

– Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit Natasha !

– Moi non plus je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit !

– Oh faudrait vraiment savoir ce que tu veux !

Il eut à peine le temps de la pousser derrière lui pour les protéger tous les deux d'un mauvais sort. Il lui tendit la main pour l'aider à se redresser.

– Tu crois franchement que c'est le moment de parler de ça Potter ?!

– Peut-être pas ! Mais t'es difficile à suivre !

Un nouveau sort fit exploser leur abri et James se leva avec adresse et jeta un nouveau sort qui atteint un de ses adversaires. Il n'en restait plus que deux, malheureusement il devrait faire vite car il ne savait pas combien de temps les deux autres resteraient stupéfixés.

– Tu ne connais que ce sort Po… ?

– Expelliarmus !

– Raté ! Endoloris !

James se jeta sur Natasha les faisant rouler sur le sol pour éviter le sort.

– Reste là ! lui dit-il avant de se relever. Incarcerem !

– Raté !

– Expelliarmus !

– Encore ra…

– Stupéfix !

Le troisième tomba sur le sol mais comme dans un mauvais rêve le premier se relevait déjà. James ne l'avait pas vu et s'avançait, prêt à se jeter sur le dernier homme masqué qui surveillait Albus et Lily. James dut à nouveau se jeter au sol pour éviter un sort mais ne fut pas assez rapide pour éviter le second. Il sentit une profonde entaille sur son bras gauche qui faillit le faire hurler. Il lança un nouveau charme du bouclier avant de regarder derrière lui. Hermione était toujours sur le sol, Rose, Irina et sa mère étaient tétanisées et avaient encore reculé et l'homme qui tenait Lily et Albus avait semble-t-il lancé un sortilège qui empêchait quiconque de s'approcher d'eux. Il était seul contre eux deux, avant que les deux autres ne se relèvent. Il fallait qu'il trouve quelque chose, et vite. Soudain il vit Natasha, sans protection, se lever et lancer à son tour un sort de stupefixion, certainement le premier de sa vie.

– Stupéfix !

– Ah ah ah ! Tu les prends au berceau mon petit Potter ! Miss, je vais t'enseigner comment on lance un vrai sortilège ! Endoloris !

– Protego ! cria James en brandissant sa baguette vers Natasha.

Malheureusement il ne fut pas assez rapide pour en créer un second et fut lui-même frappé par le sortilège doloris. Il tomba au sol en hurlant de ce cri que l'on n'oublie jamais, de cette souffrance irrémédiable, ressentant à la fois la puissance du sort et le souvenir douloureux de son attaque passée lors de son horrible cauchemar après la première tâche du Tournoi.

– Attrape le toi, dépêche-toi, je vais faire un peu de ménage derrière n…

– Stupéfix !

Le sort de Natasha atteignit son adversaire qui tomba à son tour. Mais son sort n'avait pas atteint toute sa puissance et il leur restait peu de temps. Elle se jeta au sol en évitant le sortilège du dernier adversaire et le vit s'avancer vers James qui peinait à se relever. Sentant plus qu'il ne vit son ennemi approcher, James se jeta sur lui et lui enfonça son point dans l'estomac. Il parvint à dégager son frère et sa sœur qu'il jeta dans les bras de Natasha. Il arriva à dévier le sort que lui lançait son ennemi qui s'était vite remis de son coup de poing.

– Protego Miro !

– Petrificus Tottalus !

Le sort de miroir lancé par James fit renvoyer le sort de son adversaire qui tomba, pétrifié, sur le sol. James accourut en lançant aux quatre inconnus des sorts pour les attacher mais l'un d'eux se releva rapidement, fit un mouvement avec sa baguette et transplana en amenant avec lui, deux de ses compères. James attacha le dernier avant de se tourner vers Natasha, Albus et Lily. Après s'être assuré qu'ils étaient seulement sous le choc, il s'agenouilla près d'Hermione et fut soulagé en voyant qu'elle avait juste subit un sort pour l'attacher et la bâillonner. Il mit fin aux deux sorts et vit que par bonheur elle se relevait rapidement. Elle était cependant profondément choquée.

– Hermione, il faut que je prévienne mon père, comment envoie-t-on un message par patronus ?

– Il faut créer un patronus avec la formule « spero messengere patronum » mais c'est trop difficile, James, je vais le faire…

– Non tu es à bout de nerfs, je vais le faire. Spero Messengere Patronum !

Un magnifique cerf argenté apparut. James n'avait pas le temps de s'étonner et s'approcha en lui dictant un message. Le cerf acquiesça et disparut. Il s'était intéressé aux Patronus depuis longtemps, mais son patronus avait jusqu'alors été un chien. Cette fois, c'était un cerf majestueux, preuve sans doute de sa réconciliation avec son père et de son attachement à son frère. Albus et Lily semblaient se réveiller d'un sommeil profond et consolaient Hermione qui pleurait. Il s'approcha doucement de sa marraine en sentant que son bras le lançait violemment. Il avait perdu beaucoup de sang.

Soudain cinq personnes transplanèrent en même temps sur les lieux. James, qui avait brandi sa baguette par précaution, soupira de soulagement en voyant qu'il s'agissait de cinq Aurors.

– James ! Que s'est-il passé ?

James raconta à son père tout ce qui s'était passé pendant que les quatre autres Aurors inspectaient les lieux et capturaient l'inconnu masqué. Il s'avérait que Harry avait de suite tenté de revenir car ils avaient rapidement été prévenus de l'attaque mais si les personnes présentes sur le chemin de traverse ne pouvaient approcher à cause du sortilège qui les en empêchaient, les adversaires de James avaient également mis en place un sortilège d'anti –transplanage.

– On a reçu un message par Patronus et on..

– Oui c'était moi, coupa James.

– Toi ? s'étonna Ron qui les avait rejoints. Mais… Tu maitrises déjà le Patronus ?

– C'est une longue histoire…

Harry parut plus que surpris par cette annonce et James regretta son geste dès qu'il vit un semblant de déception dans les yeux émeraude de son père. Le cerf était le signe de son père, son propre Patronus, la forme animale d'Albus. Harry finit par se détourner de son fils aîné et parla un moment avec Hermione, pendant que Ted Lupin interrogeait avec délicatesse Lily et Albus. Natasha se rapprocha de James.

– Comment tu te sens ?

– Ça va, mon père m'a dit qu'un médicomage va venir soigner mon bras.

– Tu t'es incroyablement bien battu. Sans toi on y serait tous passé.

– Sans moi vous n'auriez pas été attaqué.

– James…

– J'en ai marre d'être toujours la cible de toutes ces conneries. Entre ceux qui veulent des autographes et ceux qui veulent nous tuer… Y a personne qui nous apprécie vraiment pour ce qu'on est, on restera toujours soit une proie, soit une cible, soit une sorte de bon parti qu'il vaut mieux fréquenter au cas où…

– Tu es quelqu'un d'exceptionnel. Et si y en a bien un seul qui ne le sait pas c'est toi.

– Natasha ! On peut y aller, monsieur Potter vient de me dire qu'ils n'ont pas besoin de nous. Rentrons, ton père doit se faire un sang d'encre, on aurait déjà dû rentrer depuis un moment et ta sœur est sous le choc. On parlera de ta réaction à la maison, je t'avais demandé de rester près de nous et tu m'as désobéi...

– Tu pensais peut-être que j'allais laisser James risquer sa vie pour nous protéger sans rien faire !?

– Mais tu n'as que treize ans !

– Quatorze dans quelques jours et lui n'en a que quinze !

– On parlera de tout ça à la maison. James, merci, tu es un bon garçon. Et tu t'es très bien battu. J'espère que ta blessure ne sera pas trop grave. Nous vous écrirons pour vous inviter à venir prendre le thé à la maison, ta famille et toi. Merci encore, James. Vraiment. A bientôt.

– Au revoir madame Kandinsky. Salut Irina. Salut Nat'… et… merci mon petit rat préféré ! ajouta-t-il à voix basse.

– Passe un bon Noël J... Potiron.

James regarda Natasha partir en souriant. Sa blessure fut soignée en quelques minutes et Ginny vint les rejoindre, complètement affolée. Elle les prit dans ses bras chacun à leur tour – « même moi », se dit l'aîné, plus heureux que jamais - jusqu'à ce que James se rappelle pourquoi ils étaient ici.

– Eh ! J'aimerais quand même aller à la boutique moi !

– James il serait préférable qu'on rentre à la maison.

– Mais maman, je viens de me battre seul contre quatre zigottos masqués et je n'ai même pas le droit d'aller acheter des baguettes farceuses à mes potes pour Noël !

Tous rirent et Harry trancha qu'ils allaient se rendre tous les cinq à la boutique Weasley et qu'ils rentreraient tout de suite après. Ginny était inquiète mais James s'aperçut que Teddy Lupin et Killian Donovan, qui était en formation d'Auror dans l'équipe d'Harry les escorteraient, simulant une envie de voir les nouveautés de la boutique.

Ils firent leurs achats rapidement et rentrèrent chez eux avant qu'Harry ne parte pour le bureau rejoindre son équipe qui menait une enquête sur l'attaque. Ginny insista pour que les enfants se reposent avant le repas du soir et ceux-ci ne se firent pas prier pour accepter.

ooOOoo

Lily se réveilla tôt ce matin-là. C'était une tradition familiale, Lily était toujours la première levée le jour de Noël. Elle descendit dans la cuisine et parla un moment avec Diba qui préparait le petit-déjeuner. Lily raconta à Diba que le repas de la veille avait été plutôt calme. Ils avaient été rejoints par Georges, Angelina, Fred et Roxanne à cause d'un petit litige familial qui opposait Georges à la famille d'Angelina. Celle-ci avait raconté les derniers évènements à sa famille devant un Georges hilare et fier des bêtises de son fils. Les parents d'Angelina avaient hésité à réprimander leurs petits enfants en voyant l'indifférence totale de Georges. Fred en avait profité pour raconter sa version des faits concernant son altercation avec Maël et Georges y voyait désormais une marque de bravoure et de ruse, alors qu'Angellina n'acceptait pas que son fils ait manqué de loyauté. Chez les Potter, le repas avait donc manqué d'animation, Fred était silencieux, James lui en voulait toujours, Harry et Ginny étaient préoccupés par l'enlèvement de leurs enfants et Molly et Arthur ne purent redonner joie à toute la famille.

Ginny et Harry descendirent à leur tour, suivis de près par Albus et James. Ils prirent leur petit déjeuner en reparlant des évènements de la veille. Seamus Finnigan, Auror travaillant avec Harry vint lui communiquer les dernières nouvelles de l'enquête. Ginny lui proposa de boire un thé avec eux avant qu'il ne parte retrouver sa famille.

– Merci Ginny, dit-il en prenant sa tasse de thé. James je te félicite pour hier ! Tu ferais un excellent Auror !

– Oh non pitié pas un nouvel Auror dans la famille, s'exclama Ginny d'une voix forcée.

– Je ne pense pas devenir Auror, répondit-il, pensif.

Malgré ce qu'il avait raconté à son père, James n'avait jamais réellement eut envie de devenir Auror. Enfant, c'était surtout une manière pour lui de se rapprocher de son père, il rêvait de travailler avec lui et de passer le plus de temps possible en sa compagnie mais depuis quelques mois il commençait vraiment à réfléchir à sa vie professionnelle. Un souci de plus qui accaparait ses pensées.

– Et puis j'ai eu de la chance, papa m'a dit que c'étaient des jeunes sorciers pas très puissants...

– Ils l'étaient plus que toi, normalement, et je trouve que tu t'es bien débrouillé, seul contre quatre. Et crois-moi ton père n'est pas le seul à être très fier de toi ! Nous le sommes tous au bureau !

– Merci Seamus, c'est cool.

La brève enquête avait en effet démontré qu'il s'agissait d'une bande de sorciers adeptes de magie noire mais pas très puissants qui souhaitaient recréer une armée de mangemorts. Ils avaient tenté de convaincre les anciens mangemorts en vain et avaient pensé qu'en enlevant et en torturant les enfants de Harry Potter ils auraient trouvé grâce devant l'ancienne armée de Voldemort. L'homme qui avait été arrêté avait tout avoué et avait communiqué aux Aurors le nom de ses trois compères. Ça avait facilité la tâche des Aurors car Albus et Lily n'avaient aucun souvenir de leur enlèvement. Ils avaient été plongés dans un sommeil profond et ne s'étaient réveillés qu'à la fin du combat. Ils ne gardaient heureusement aucune séquelle.

Pourtant l'affaire était fraichement présente dans l'esprit de James. Il avait eu du mal à trouver le sommeil et de nombreux hiboux avaient frappé à sa fenêtre, tout au long de la nuit. Ses amis, alertés par la dépêche spéciale de la Gazette s'étaient empressés de le contacter, afin de s'assurer qu'il se portait bien, mais pas seulement. Un mot, une phrase bien tournée, une inquiétude à peine subtilement dissimulée. Ses amis avaient peur, et James partageait leur sentiment.

– Enfin, grâce à toi, tout le monde est en vie et l'affaire est close.

– Je ne pense pas Seamus. Il souffle comme un vent de révolte et de trouble en ce moment.

– Tu parles des attaques et des disparitions inexpliquées ?

Harry fit taire Seamus d'un regard. Ginny et les enfants étaient toujours à table et les regardaient désormais d'un air inquiet.

– Je dis juste que nous devons rester sur nos gardes.

– Ca fait plus de vingt ans que la guerre est finie, la majorité des anciens mangemorts est à Azkaban et…

– Il n'empêche que nous devons rester sur nos gardes, Seamus. Toujours. C'est notre devoir d'Aurors.

Le ton du Survivant fit comprendre à tous que la conversation était terminée. Seamus partit peu après et la famille gagna le salon car Lily trépignait d'ouvrir ses cadeaux. Des dizaines de cadeaux cachaient le pied du sapin. Harry et Ginny avaient offert un boursoufflet à Lily, son premier balai volant à Albus et un nécessaire à balais à James. Albus eut un sourire d'excuse en exhibant son Eclair de Feu mais James lui répondit d'un air coquin que le balai ne faisait pas tout et qu'il s'en rendrait compte lors des prochains matchs de quidditch. Les trois frères et sœur s'étaient également offert des cadeaux, très loufoques. Ils rirent en ouvrant de nouveaux paquets contenant les cadeaux de leurs meilleurs amis. Enfin, Albus, Lily et James offrirent à leurs parents un cadeau très particulier.

– Alors ça, c'est un cadeau unique ! dit James avec emphase. On l'a créé nous-mêmes. Tous les trois.

– Ginny, je devrais peut-être l'ouvrir, à mon avis ça va soit exploser soit me transformer en écureuil, sache quand même que je t'aime et que j'aurais adoré vivre longtemps auprès de toi.

Toute la famille éclata de rire, sauf Albus qui observait discrètement son frère. « Tous les trois » signifiait en réalité que James s'était empressé de terminer ses devoirs de vacances pour travailler pendant des jours sur un cadeau qu'il souhaitait inoubliable et révélateur de l'amour que se portait la petite famille. Lily avait accepté de l'aider comme elle le put et Albus, bien que rechignant, avait joué le jeu. Le bon et parfait garçon qu'il était aux yeux des autres aurait participé à ce cadeau qu'il considérait pourtant, au fond de lui, comme ridiculement pathétique.

Harry ouvrit le cadeau avec une crainte simulée. C'était un bocal contenant un fond étrange, mi aérien-mi liquide, d'un bleu très pâle teinté de paillettes d'or. Lily posa en son centre une petite fleur. Ginny et Harry se regardèrent, surpris par la poésie qui émanait de cet étrange présent. James se racla la gorge puis pris la parole d'un air solennel.

– Ceci représente en quelques sortes notre famille. Le bocal c'est la vie, la plante c'est vous. A la fin des vacances, lorsque nous partiront à Poudlard, la plante se démultipliera et créera trois nouvelles plantes, nous, ajouta-t-il en désignant son frère, sa sœur et lui-même. Chaque plante évoluera dans le liquide bleu et doré qui est une potion concoctée par Albus.

Albus ne trembla pas, ni lorsque son frère prononça ce mensonge, ni lorsque Harry le regarda avec fierté, le comparant à Lily Evans et le prenant pour le génie qu'il n'était pas. C'était James qui avait concocté cette potion, c'était lui qui avait échangé par cheminée avec Solenne Oranche, c'était lui qui avait lu trois vieux livres, c'était lui qui avait fait en sorte de réussir cette potion délicate. James. Pas Albus. Mais Albus avait touillé la potion deux fois et ça, en dehors de James, personne n'avait besoin de le savoir.

– La plante est en fait un animal, continua James, une algue spéciale, dressée par Lily. Chaque plante est connectée à l'un d'entre nous et agira en fonction de ce que l'on vit, de notre état nerveux, en fait. Si nous courrons un risque, vous le verrez au comportement de la plante, par exemple. Grâce à un enchantement, chaque plante portera un signe distinctif nous ressemblant, vous n'aurez donc aucun mal à nous reconnaitre. Et si nous souhaitons vous faire passer un message, l'eau deviendra plus claire, la plante en question s'y engouffrera et dans ce gouffre vous verrez notre message. Voilà. Joyeux Noël de notre part à tous les trois.

ooOOoo

L'ahurissement était total. Contrairement à ce que croyait Albus, ses parents avaient compris que seul James était à l'origine de ce cadeau inestimable. Lily avait aposé sa patte, grace à son don, mais seuls les efforts de James avaient permis une telle création. Albus n'avait pas besoin de briller à leurs yeux, ils l'aimaient, il était leur fils. Il en était de même pour Lily.

Pour la première fois, James venait de leur démontrer qu'il pouvait se montrer intelligent, modeste et généreux. « Qui ne rêverait pas de l'avoir pour fils ? », songea Ginny avant de se gifler mentalement. Il avait quinze ans, bientôt seize. Il n'était plus un enfant, presque un homme. Il allait passer ses Buses, il avait des envies, des ambitions, des amis, une petite amie. Il avait fait ses preuves, bien plus qu'il ne l'aurait dû.

Il avait quinze ans, bientôt seize et elle ne le connaissait pas.

Il avait quinze ans, bientôt seize et elle prenait seulement conscience de sa valeur.

Quinze ans, presque seize, après l'avoir mis au monde.

Quinze ans, presque seize qu'elle simulait, qu'elle se forçait, qu'elle chassait le naturel.

Quinze ans après, presque seize ans après, elle pouvait enfin lui sourire spontanément, sans creuser ses joues de manière ridicule, sans se forcer.

ooOOoo

– C'est magnifique mes chéris !

– C'est de la très belle magie. Merci les enfants. C'est peut-être vrai que vous êtes si brillants, ajouta Harry d'un air maladroit.

Alors que chacun s'extasiait encore sur ses cadeaux, le pendentif d'Harry se mit à brûler. Il lut : « attaque sur famille sorcière, 123, rue goudron cramé, Bellsingtown ». Il regarda Ginny qui semblait profondément déçue de le voir partir et il transplana aussitôt.

Mark Evans était déjà là ainsi que deux autres Aurors.

– Salut Harry, on a reçu un étrange message par hibou ce matin, au ministère. Une jeune fille écrivait que ses parents étaient sujets à des hallucinations étranges. Un médicomage est tout de suite venu et nous a prévenus. Il est là-bas, suis moi.

Entre-temps, Owen, Teddy, Killian et Seamus étaient arrivés. Le médicomage ne leur donna pas de bonne nouvelle. Un couple avait été transporté à Sainte Magouste dans un état très grave. Ils étaient atteints d'un mal inconnu et le mari était proche de la mort.

– Vous n'avez aucune piste ? Le sortilège Doloris ou un maléfice de magie noire ?

– Rien Monsieur Potter, leur corps ne témoigne d'aucun sort reçu. On continue nos recherches mais je dois vous avouer qu'on n'est pas très optimistes.

– Vous dites que le transport à Sainte Magouste s'est mal passé ?

– Oui a priori ils étaient en pleine transe quand on a décidé de les transférer et c'est pendant le transport qu'ils ont le plus soufferts. Leur état a beaucoup empiré pendant le voyage.

– Est-ce qu'il pourrait y avoir un rapport avec l'attaque de ce... de mon fils lors du Tournoi ?

– Il y a des similitudes en effet.

– Où sont leurs enfants ? Ont-ils été interrogés ?

– C'est déjà fait, répondit Mark. Euan, Luaine, Talulah et Stephen étaient de garde cette nuit et ont accompagné le médicomage. Le couple a eu deux enfants, un garçon et une fille qui dormaient au moment de l'agression. Ils ont passé la veille de Noël ensemble, tout se passait bien, ils ont tous mangé la même chose puis se sont couchés. C'est en se levant pour aller ouvrir ses cadeaux que la jeune fille a trouvé ses parents inanimés dans le salon. Le garçon est sous le choc mais ne s'est rendu compte de rien.

– Un topo sur la famille ?

– Sans histoire, la femme est l'unique héritière d'une grande famille, elle a épousé un né-moldu et n'a plus de relations avec sa famille depuis. Ils n'ont pas davantage de relation avec la famille du mari. Les enfants sont là-bas.

– Quel âge ?

– Treize et onze, tous deux scolarisés à Poudlard.

Teddy prit Harry par le bras.

– Parrain... Je connais les enfants, je les ai rencontrés pendant la première tâche du tournoi. La fille, c'est la meilleure amie d'Albus, Sally-Ann Perks. Son frère doit être dans la même promotion que Lily.

– Allons les voir tous les deux.

Harry trouva Paul-Arthur en état de choc. Sally-Ann avait la mine assombrie, comme si elle se retenait de dévoiler ses sentiments devant son frère. Ils confirmèrent ce qu'ils avaient dit lors de l'interrogatoire.

Harry alla parler à son équipe. Il fallait protéger les enfants le temps que l'enquête en dise plus sur les raisons de l'agression. Mark Evans prit Harry à part :

– Harry, ça serait bien qu'ils soient en protection chez un de nous. Je connais un peu Paul-Arthur, il est ami avec ma fille Rita, elle me l'a présenté à la gare il y a quelques jours. Je propose de m'en occuper jusqu'à la rentrée. Tu pourrais peut-être en faire de même avec Sally-Ann, après ils seront en sécurité à Poudlard.

– Oui tu as raison. Allons les voir et ensuite nous enverrons un message à nos femmes, même si je pense qu'Anaïs et Ginny seront d'accord.

Après une brève visite au ministère avec la personne chargée de la protection des jeunes sorciers mineurs, Harry et Mark s'arrêtèrent au bureau des Aurors où Harry chargea deux Aurors en service de travailler sur l'enquête. Ils rentrèrent ensuite chez eux, chacun avec un des enfants de la famille Perks.

– Ginny !

– Oui ? ah enfin tu es rentré, remarqua-t-elle en entrant dans la cuisine, suivie de près par ses trois enfants, je commençais à me demander si… Oh Bonjour !

– Bonjour madame Potter.

– Ginny je te présente Sally-Ann Perks, une amie d'Albus. Ses parents ont été transférés à l'hôpital Sainte Magouste.

Harry expliqua brièvement ce qui s'était passé et leur demanda s'ils étaient d'accord pour accueillir Sally-Ann le temps que ses parents se sentent mieux. Toute la famille acquiesça, souhaitant la bienvenue à Sally-Ann.

Tout d'abord stupéfait par ce revirement de situation qu'il n'avait pu anticiper, Albus vit en la situation de Sally-Ann un excellent moyen de se valoriser. Il allait la prendre sous son aile, montrer à tous oh combien il était prévenant, sensible et généreux. Au fond de lui, il espérait même que les parents de la jeune fille décèdent rapidement. Il deviendrait alors plus qu'un pilier dans la vie de Sally et pourrait la contrôler à loisir.

Et s'ils étaient atteints de la même « maladie » que James, celui-ci serait au plus mal. Il n'aurait de cesse de repenser à cette nuit où il était passé près de mourir, la peur, loin d'être enfouie, resurgirait. Pire, il culpabiliserait d'avoir survécu. Il se dirait qu'il n'était rien, qu'il n'aurait manqué à personne, alors que ce couple sans histoire laissait deux orphelins.

Oui, ce Noël apportait sans doute beaucoup de peine autour de lui mais pour Albus c'était là le plus beau des cadeaux.

ooOOoo

– Tu es la bienvenue ici bien sûr ! Albus va te montrer la chambre d'amis et je vais envoyer un message à mes parents. On devait aller là-bas fêter Noël mais je suis sûre que tu préférerais qu'on reste en petit comité, ici...

– Non madame ! Ne changez pas vos plans pour moi, en plus ça me fera du bien de voir du monde. Albus m'a dit que votre famille est très nombreuse et je serai heureuse de rencontrer tout le monde.

– Tu es sûre ? Bon très bien, Albus va quand même te montrer ta chambre pour que tu puisses t'installer à ton aise et on partira dans vingt minutes.

Albus accompagna Sally-Ann à l'étage. Il lui montra sa chambre, puis ils s'assirent ensemble sur le lit. Bien qu'il se montre soucieux et à l'écoute, Sally, comme à son habitude, ne montrait pas ses sentiments.

– Tu peux compter sur nous, tu sais ? Tu peux me parler quand tu veux, je suis là, ok ?

– Ne t'inquiète pas Albus. J'espère juste que mes parents se rétabliront bientôt. Surtout pour mon frère. Moi… je… Je ne me suis jamais très bien entendue avec mes parents. Et depuis que j'ai été envoyée à Serpentard ils me voient comme une pro-mangemort. Ils se moquent pas mal de mes résultats scolaires ou de mes amis. Ils ont été complètement indifférents à la lettre qu'ils ont reçue au sujet de la soirée qu'on a passée à la cabane hurlante. Je pensais même qu'ils ne l'avaient pas reçue jusqu'à ce qu'on reçoive la seconde. D'ailleurs Slopa est furieuse, t'as vu ?

Albus acquiesça. Ils avaient également reçu deux nouvelles lettres, son frère et lui, signe que Percy avait dit vrai et qu'il avait écrit aux professeurs pour rétablir la vérité. Leur bref enlèvement avait eu du bon, Ginny avait tenu à ce que Harry soit plus souple avec eux étant données les circonstances.

Quelques minutes après avoir fait visiter la maison à Sally, ils descendirent pour partir avec toute la famille au Terrier.

ooOOoo

Molly et Arthur furent on ne peut plus ravis d'avoir une nouvelle invitée. Sally fut très bien intégrée et partit s'amuser dans le jardin avec tous les jeunes, pendant que certains parlaient des dernières attaques et que d'autres discutaient de choses plus légères. Percy semblait toujours très énervé et déçu par la fameuse soirée.

– Mon père est trop furax ! Il ne parle quasiment que de ça ! J'ai hâte de reprendre les cours ! s'exclama Lucy.

James, Albus, Sally, Rose, Lucy, Louis, Lily et Hugo marchaient côte à côte vers le cabanon des Weasley qui contenait les anciens balais de toute la famille. Les plus âgés s'étaient mis d'accord pour faire une petite partie de quidditch, suivis par une Rose sceptique. Lily et Hugo qui se regardaient furtivement sans échanger un mot, fermaient la marche.

– Aurais-je l'honneur de jouer avec mon petit frère et ma petite sœur ?, tenta James.

– Essayons quand même d'équilibrer les équipes, répondit Louis.

– Ben si tu te mets avec Lucy t'as toute tes chances mon pote. C'est une des meilleures joueuses de l'école ! Sally, tu as déjà joué au quidditch ?

– Pas vraiment.

– Mais elle vole très bien, ajouta Albus.

– Ouais enfin ça remonte à la première année les cours de vol.

– La dernière fois tu as volé sur le balai de l'école que j'utilisais et tu t'en es très bien sortie !

– Rose, tu joues ?

– Je ne sais pas trop… Je ne suis pas très à l'aise sur un balai.

– Aller ! On est sept, il manque un joueur !

– T'as qu'à demander à Fred !

– Il boude dans son coin. Dommage que Roxanne ne soit pas encore là, elle aurait été ravie de jouer, elle !

– Bon ok, je fais un essai, James, mais si je suis nulle j'arrête.

– Tu seras pas nulle, t'as ça dans le sang. Lily, Hugo vous faites les équipes ?

– Je peux jouer ?

– Ben ouais, cousin, tu ne vas pas nous snober toute ta vie !

– Merci James, ça marche. Lily tu veux commencer ?

– Je choisi James.

– Lucy !

– Albus !

– Louis !

– Sally !

– … Rose.

– Super, les équipes sont faites, je vous propose de ne pas lancer de vif d'or, on risquerait de le perdre. Deux poursuiveurs, un batteur, un gardien, ok ? Aller, go !

La première équipe se mit de suite d'accord, Lily et James seraient poursuiveurs, Sally, gardien et Albus batteur. Dans la seconde, Louis et Rose furent poursuiveurs, Lucy, batteur et Hugo gardien.

Lily et Hugo se montrèrent très doués, Sally n'eut pas non plus à rougir de sa performance, ni Rose et Louis qui se défendaient plutôt bien. Mais celle qui était au-dessus de tous les autres était bien sûr Lucy. Elle ralentissait cependant son jeu pour ne pas écraser ses cousins. Si l'équipe de Lily était la plus performante collectivement, Lucy savait à chaque fois rétablir l'équilibre et le match fut acharné. La plupart de leurs parents étaient sortis pour regarder leurs enfants jouer et les acclamer.

Angelina, qui n'avait pas vu sa famille la veille et était allée leur rendre visite avec Roxanne mais sans Georges et Fred, venait d'arriver. Roxanne courut vers ses cousins qui faisaient une pause. Rose lui proposa de prendre sa place et Roxanne accepta sans hésitation. Teddy transplana quelques secondes plus tard avec Victoire et Dominique. Jouant son rôle de gendre parfait, il proposa lui aussi de jouer, il manquait à nouveau un joueur et les deux sœurs de Louis refusèrent. Tous les regards se portaient à nouveau vers Rose qui, essoufflée, refusa d'un geste de la main.

– Et Fred, il est où ?

– Il boude.

– James, tu pourrais peut-être aller lui parler. Vous n'allez pas vous faire la tête toute votre vie ! Vous vous adorez !

– Avant oui, mais là il fait trop de conneries…

– En peu de temps, James ! Tout s'est enchaîné très vite parce qu'il a été dépassé par les évènements. Fais le premier pas.

– Il n'a qu'à le faire lui ! Teddy tu sais que je ne suis pas buté, je…

– Toi ? Tu es plus que têtu !

– Les enfants ! A table ! cria Molly.

Les jeunes étaient tous d'accord pour manger rapidement et revenir jouer. Seuls Teddy et James se fusillaient du regard.

– Va chercher Fred.

James regarda Teddy, qui lui avait fermé le clapet, avec rage et déception. Et si James était convaincu que Fred avait dépassé les bornes, il alla quand même à la rencontre de Fred car il aimait et respectait trop Teddy qu'il considérait comme un frère, un ami et qui était aussi son parrain de cœur, son exemple. En effet, si Teddy était très jeune à la naissance des enfants de Harry, celui-ci avait souhaité lui témoigner qu'il faisait partie intégrante de la famille en le nommant parrain de cœur de James et Albus et parrain tout court de Lily. James avait également comme marraine Hermione et comme parrain Ron Albus avait comme parrain Neville et comme marraine Victoire, qui toute petite avait trouvé Albus si mignon à sa naissance qu'elle avait supplié sa propre marraine, Ginny de la faire marraine à son tour. Harry et Ginny avaient accepté avec joie. Lily quand à elle avait comme marraine Luna, la meilleure amie de sa mère et comme parrain Teddy. Ginny et Harry étaient également les parrains et marraine de Rose et Hugo, et Ginny était la marraine de Victoire, Lucy et Roxanne.

James trouva Fred assis, seul, regardant deux gnomes se battre. C'était leur petit passe-temps à eux, habituellement.

– Salut James, tenta timidement Fred.

– Écoute je t'en veux toujours autant pour ce que tu as fait mais on ne va pas s'ignorer toute notre vie. Teddy m'a demandé de t'inviter à jouer avec nous après le repas. Il nous manque un joueur et Rose, même si elle a très bien joué tout à l'heure, ne veut plus jouer.

– Et toi ?

– Quoi moi ? Ben je jouerai moi !

– Ouais, je veux dire, ça t'embête si je viens jouer ?

– Non tant que tu n'es pas dans mon équipe.

– Faudra bien que tu changes d'avis à la rentrée, je te rappelle que là on sera dans la même équipe.

– Ça n'a rien à voir. Bon moi je vais manger, fais comme tu veux.

– James… je suis désolé, ok ?

– On verra ça plus tard, viens manger.

Le repas se passa comme toujours merveilleusement bien. On oublia les attaques et les mésententes, tout le monde riait, même Percy qui rendait honneur à la trêve de Noël. James, qui d'habitude faisait le pitre avec Fred et Teddy mangeait pour la première fois entre son frère et sa sœur. Ces trois-là semblaient plus proches que jamais et à voir les francs sourires qu'ils recevaient, toute la famille en était profondément heureuse.

Georges était aussi bien plus silencieux que d'habitude. Son fils lui faisait la tête et sa femme restait très froide avec lui. C'est donc Ron qui blaguait et répandait la bonne humeur autour de lui. Avant que le dessert ne fût servi, il se leva pour porter un toast.

– Je lève aujourd'hui mon verre à James sans qui nous ne serions pas tous réunis aujourd'hui. Il a protégé quatre membres de sa famille vaillamment, prouvant ainsi qu'il est le digne fils de son père ! Tu sais James que ton père est mon meilleur ami, mon seul véritable ami devrais-je dire et je le retrouve en toi comme les amis de son père retrouvaient ton grand-père en lui. Tu as su libérer ton frère et ta sœur et je ne peux que te remercier d'avoir protégé ma fille et ma femme. James, de la part de toute la famille qui est très fière de toi, gloire au nouveau survivant, notre nouvelle célébrité ! ajouta-t-il en plaisantant, sentant certainement son ton trop solennel.

Tout le monde leva son verre à James qui rougissait. On n'avait que brièvement abordé ce sujet-là, car ni Harry, ni Ginny et Molly ne voulaient s'étendre sur la question. La présence des plus jeunes, et de Sally-Ann y étaient pour beaucoup. Cependant, James fit bien de baisser la tête, gêné, il ne put voir ce qui aurait ôté toute joie en lui, à savoir le regard satisfait de sa marraine, félicitant Ron, Harry et Ginny, tel un metteur en scène congratulant ses comédiens pour la bonne tenue de leur rôle.

La conversation s'orienta ensuite vers la future carrière de Victoire qui allait bientôt partir sur les traces de son père, en Egypte comme conjureur de sorts. Chacun félicita une nouvelle fois Victoire pour son premier poste. Celle-ci était radieuse même si elle regardait tristement Teddy, qui continuait sa formation d'Auror en Angleterre.

Sally-Ann, qui avait le regard neutre que tout étranger pouvait avoir, voyait bien que Teddy n'était pas triste à l'idée de se séparer de celle que tous nommaient sa fiancée, tout comme elle voyait comment les parents d'Albus le regardaient avec fierté et se forçaient à en faire de même avec son frère. Mais, comme toute invitée respectable, elle n'osa troubler ce qui semblait être habituel pour la famille la plus célèbre de la communauté magique britannique.

– Ça tourne bien, on est très content, affirma Georges. Plus que deux ans et mon fils viendra nous rejoindre, et là ça tournera encore mieux, dit Georges en souriant à Fred.

– Parce que tu veux qu'il reprenne la boutique ? demanda Percy d'un air incrédule.

– Bien sûr ! Pourquoi es-tu aussi surpris ? C'est une bonne affaire.

– Je ne suis pas sûr que ça soit un bon avenir c'est tout. Tu sais que les fils Zonko ont repris la boutique de leur père et que ça marche très bien. Si je me fie aux chiffres ils ont fait une meilleure année que vous.

– C'est temporaire. Et lorsque mon fils m'aura rejoint, Fred et Georges Weasley règneront de nouveau !

– Tu oublies Ron, protesta Hermione.

– Et Ron bien sûr, mais les créateurs c'est Fred et moi !

– Et si Ron n'avait pas été là, la boutique serait fermée depuis longtemps, Georges tu le sais très bien.

– Hermione ! coupa Ron. Laisse-le tranquille, ok ? Il n'a jamais prétendu le contraire. Stop, le sujet est clos.

Hermione qui souhaitait répliquer se renfrogna. Tout le monde savait que les jumeaux Weasley avaient créé la boutique et qu'à la mort de Fred Senior, Georges avait été si anéanti que Ron avait pris les choses en main à la boutique. Il ne l'avait jamais plus quitté et l'affaire tournait très bien. Mais, depuis quelques temps, Georges ne parlait que de l'arrivée prochaine de son fils à la boutique, ce qui énervait un peu Ron, qui passait alors logiquement au second plan. Percy continuait de donner son avis selon lequel d'autres carrières valaient mieux que celle-ci.

– Fred fera ce qu'il voudra, coupa Angelina.

– Oui d'ailleurs Fred, on ne t'a pas entendu. Que voudrais-tu faire ?, interrogea Percy.

– Je verrai, ce n'est pas pour tout de suite.

– Mais tu vas devoir réaliser ton travail de recherche l'année prochaine, c'est généralement ce qui détermine l'avenir professionnel du sorcier. Sur quoi vas-tu travailler ?

Georges hocha la tête, pensif, et répondit à la place de son fils.

– Il faudrait que tu travailles soit sur une nouvelle recette de furie, soit sur l'expansion du magasin ou un moyen d'exportation de nos produits… quelque chose comme ça.

– Euh… Ben je ne sais pas trop encore, répondit Fred en détournant les yeux.

– Comment ? s'insurgea Percy. Mais il faut vite y penser, tu as bien une petite idée…

– Ben on en a parlé avec James, Mael et Louis, oui. Je veux travailler sur un sujet qui m'intéresse vraiment, c'est pour ça que je réfléchis encore pour prendre la bonne décision. Le Quidditch ou ...

– Le Quidditch ?

– Oui je me débrouille bien au poste de poursuiveur à Poudlard et j'aimerais bien tenter de faire une carrière, comme Ginny.

– Mais il faut que tu prépares ton avenir Fred ! Le quidditch ? Mais quelles matières vas-tu choisir pour tes ASPICS ?

– Ben … les mêmes que James sans doute.

– Non ! Il faut que tu travailles pour ton avenir, on ne choisit pas ses matières en fonction de ses amis, on les choisit pour consolider une future carrière qui…

– Percy, calme toi, il n'a que quinze ans, il va passer ces BUSES cette année, il a du temps devant lui encore.

– Moi à son âge je savais déjà ce que je voulais faire depuis longtemps, Audrey.

– Tu n'es pas un exemple à suivre Pierce ! Fils, le quidditch c'est très dur mais tu pourras jouer les jours où tu seras en congés. Moi, avec ou sans BUSES je te prends comme associé, direct !

– Bon laissez-le un peu tranquille, coupa Audrey. Et toi James ?

– J'imagine que tu veux devenir Auror, comme ton père ? insista Percy.

Une nouvelle fois, James se tourna vers ses parents. Leur récente réconciliation était très importante pour lui mais il savait aussi qu'ils pouvaient basculer à tout moment dans de nouvelles disputes. Aussi il tenta se garder son calme et ne pas se montrer trop téméraire.

– Je ne pense pas, oncle Percy. La bataille d'hier m'a un peu refroidi justement. Je préfèrerai m'orienter vers la coopération magique internationale. Enfin, pour le moment, je vais tenter de réussir mes BUSES.

– Bien parlé, lui répondit sa grand-mère avec un beau sourire.

– C'est très ambitieux James, confirma Hermione, et très bien mais il te faut d'excellents résultats. Enfin, je suis sûre que tu feras de ton mieux.

– Il a déjà d'excellents résultats, répondit Lucy.

– James, la coopération magique internationale, c'est mon rayon, je pense que tu le sais très bien. Tu sais également qu'on accepte au ministère que les meilleurs élèves, et certainement pas les élèves qui ont un comportement, disons, critiquable. Et puis il te faut un excellent sujet de mémoire, ce qui ne se décide pas au dernier moment, donc à moins que tu…

– Je pense axer mes recherches sur les relations magiques internationales et notamment les différences de pratique magique entre Orient et Occident, en comparant les lignes de transmission sorcières et la géographie moldue.

Autour de lui, à l'exception de Percy qui fut le seul à comprendre à l'exactitude les paroles de James, les autres le regardèrent en riant, pensant qu'il plaisantait comme toujours. Il en avait toujours été ainsi. James n'avait jamais été timide lors des repas familiaux, il attirait l'attention et personne ne pouvait en placer une. Fred, en revanche, était, en famille, à l'opposé total de ce qu'il était à Poudlard. Tous deux jouaient un rôle, attendaient quelque chose, un signe, une réaction qui ne venait jamais. Mais James en avait assez de passer pour le pitre que l'on envoyait au coin.

– Non sérieusement. Cette année, entre le tournoi, l'arrivée des Donovan et des autres élèves, je me suis rendu compte que chaque communauté a sa propre perception et sa propre pratique de la magie. Durant les premiers entraînements, le professeur Ganesh nous a montré d'autres formes de magie, inconnues ici mais très courantes en Inde, par exemple. Finalement c'est la peur de l'inconnu qui crée l'intolérance. Les mystères autour de Durmstrang font qu'on les assimile à des adeptes de magie noire. Mais ils ne sont pas tous comme ça et la plupart sont bien plus fréquentables que certains élèves de Poudlard, toutes maisons comprises. En Orient, les sorciers n'ont pas la même conception de la magie, ni la même sensibilisation autour des magies blanches et noires. Là-bas tout est beaucoup plus subtil. Et il y a beaucoup d'exemples, certaines communautés n'utilisent pas les mêmes intermédiaires ou mediums magiques que nous. La baguette par exemple est très peu utilisée en Asie. Certains utilisent des pierres, des bracelets, des bijoux… Et comme on ne le sait pas, ça nous fait peur. Bref je pense que lorsqu'il y aura plus de rencontres, d'échanges, d'interactions entre les différentes communautés et cultures magiques, on s'apercevra qu'on peut faire de grandes choses ensemble et surtout que l'on peut apprendre les uns des autres. Chaque culture a des particularités propres mais notre ministère par exemple est très peu ouvert aux autres cultures. C'est pourquoi je ne pense pas étudier au ministère mais faire une double formation au Temple avec peut-être, si je suis pris, des stages à l'étranger. Je rêve d'une ouverture et d'une envie commune de connaître, de rencontrer l'autre. Je suis sûr que la communauté sorcière serait pour, il faut juste que quelqu'un organise ces échanges, ces interactions. Et c'est ce que je veux faire.

Autour de lui tout le monde était bouche bée. James avait certes de très bonnes notes en cours mais tout le monde mettait ça sur le compte de la facilité. Là il venait de leur prouver sa vocation, son sérieux. Même Percy en resta muet de surprise.

Le silence s'installa, l'atmosphère était dense, tendue. D'un point de vue extérieur, Sally-Ann ne comprenait pourquoi l'intervention de James mettait tout le monde mal à l'aise. Elle l'avait toujours connu ainsi, curieux et tolérant, pourquoi sa famille semblait-elle douter de ses dires ? Et pourquoi Albus semblait-il aussi enragé ?

Petit à petit, la conversation s'orienta vers les autres jeunes. On laissa tranquille Rose, Dominique, Molly et Louis qui avaient de très bons résultats scolaires. Audrey, qui interrogeait chaque jeune, laissa également Lucy de côté car elle voulait calmer Percy.

– Et toi Roxanne ? s'intéressa Audrey. Tu as déjà réfléchi à ton avenir ?

– Moi je veux travailler avec papa à la boutique. J'ai déjà pas mal d'idées et pour mon sujet d'études, je voudrais par exemple…

– Il te faut d'autres pistes, Roxanne. Si Ron continue à travailler avec nous on sera déjà trois associés quand Fred nous rejoindra. Je pense qu'on te trouvera facilement un poste de vendeuse mais …

– Mais papa ! Fred ne sait même pas s'il va vous rejoindre…

– Il le fera.

– Tu préfères compter sur lui qui a d'autres envies plutôt que sur moi qui n'ai qu'une envie, te rejoindre et travailler avec toi ! Je suis ta fille aussi !

– Tu dis ça parce que tu as des résultats très moyens et que tu sais que toutes les portes ne vont pas s'ouvrir à la fin de tes études.

– Voyons Georges, elle a des notes correctes et n'est qu'en troisième année, protesta Audrey.

– J'ai de meilleurs résultats que Fred !

– Fred n'a pas que les cours en tête, il a le quidditch et …

– Tu ne veux pas travailler avec moi ?

Tout le monde se tourna vers Roxanne. Elle d'habitude si enjouée, si enthousiaste, si souriante avait les larmes aux yeux et un ton suppliant.

– On verra. Mais je ne suis pas sûr que ce soit un travail pour toi. Fred en revanche…

– Je ne travaillerai jamais à la boutique ! C'est Roxanne qui a raison, elle c'est sa vocation, moi j'ai d'autres rêves.

– Laisse tomber Fred, papa n'a jamais eu qu'un fils. Moi je peux crever il s'en fout !

Roxanne quitta la table en courant, suivie de près par sa mère. Audrey tenta de détendre l'atmosphère.

– Et vous ? Lily, Hugo ?

– C'est encore tôt, ils ne sont qu'en première année.

– Oui, enfin moi, j'ai déjà ma petite idée, rétorqua Lily.

– Ah oui ? l'encouragea Hermione, surprise.

– Les créatures magiques. Monter un élevage ou écrire là-dessus, enfin les étudier en tout cas. Comme Luna, par exemple.

Hermione ne put cacher sa déception.

– Et devenir veterimage, tu y as pensé ?

– Ouais, bof…

– Et tu as d'autres pistes ?

– Je verrai mes notes en DCFM mais pourquoi pas Auror. Enfin je pense que je m'ennuierai très vite à ce poste mais bon…

– Et toi Hugo ?, demanda Audrey, voyant que son mari allait intervenir.

– Aucune idée.

– La boutique ne te tente pas, fils ? Tu ne veux pas travailler avec ton père ?

– Enfin Ron, le coupa Georges. La boutique a été montée par Fred et moi, elle doit passer de père en fils ! Tu m'as beaucoup aidé, certes, mais on ne va pas reprendre tous les cousins et les ….

– Et vous Albus, Sally ? coupa Molly qui voyait la situation s'envenimer entre ses deux fils.

– Je serai Auror ! affirma Sally sans hésitation.

– Moi je pense travailler dans la culture. La culture moldue et la culture magique. Les arts plutôt, la musique, tout ça… Il faut encore que je réfléchisse.

Il n'aimait pas ça. Il aurait voulu avoir le temps de se préparer, imaginer une vocation plus digne d'intérêt que le discours passionné de son frère. Mais l'inspiration lui faisait défaut et il ne pouvait tout bonnement avouer qu'il voulait diriger le monde.

– Ça ne va pas t'apporter grand-chose ça Albus. Je sais que vous avez de l'argent chez les Potter mais enfin, il faudra bien que tu trouves un métier viable par la suite !

– Je ne me vois pas au ministère si c'est ce à quoi tu penses Percy. Mais le Temple m'attire beaucoup, il y a beaucoup de recherches à faire dans ce domaine, y en aurait pour des années.

– Tu ne vas pas faire des études toute ta vie !

– Non mais monter des projets avec des étudiants, des étrangers… Enfin je te dis, c'est trop tôt pour en parler.

– Enfin pense un peu à tes parents, entre une fille qui veut élever des chèvres, un fils qui veut organiser des rencontres avec des enchanteurs tibétains et un dernier fils qui veut jouer du piano dans une université…

– Ça me conforte encore plus dans mon envie, Percy, fanfaronna James. Quand je vois le manque de subtilité et d'ouverture d'esprit dont tu fais preuve, je me dis qu'il y a vraiment des milliers de choses à faire. T'inquiète pas, tu nous remercieras plus tard.

Percy se tut, profondément vexé tant par les propos de son neveu que par les regards amusés de ses frères et belles-sœurs. Ginny, elle, était furieuse. Elle était très fière et protectrice envers ses enfants et n'aimait pas la concurrence que Percy tentait d'établir entre les jeunes. Harry voyant sa femme très nerveuse se tourna vers Hugo qui comme à son habitude depuis quelques mois ne décrochait pas un mot.

– Ne sois pas inquiet pour ton avenir, moi non plus à onze ans je ne savais pas ce que je voulais faire. Sers-toi de tes passions, de tes envies, tu trouveras avec le temps.

Percy haussa les sourcils d'un air sceptique mais le regard meurtrier de Ron le fit taire. La conversation reprit pendant que chacun goûtait aux différents desserts concoctés par Molly.

Alors que les adultes buvaient un digestif, les plus jeunes se regroupèrent dans le jardin pour une nouvelle partie de quidditch. Roxanne ne voulait pas jouer dans la même équipe que son frère, celui-ci joua donc avec James, Albus, Lily et Sally, pendant que Roxanne et Teddy rejoignaient Louis, Lucy et Hugo.

Le match fut nettement plus rapide que le précédent, les trois poursuiveurs de chaque équipe augmentant radicalement la cadence. James et Fred, malgré leur animosité, retrouvèrent leurs habitudes et firent d'incroyables parades, marquant but sur but. Lily remplaçait leur habituel acolyte Maël de façon très convaincante. Elle avait un style, une classe naturelle, une facilité déconcertante qui émerveilla sa famille. Hugo eut beaucoup de difficultés à parer les coups des poursuiveurs adverses et Lucy éprouvait beaucoup de peine à les toucher. L'équipe de Lily remporta le match haut la main sous les applaudissements des adultes.

ooOOoo

Le reste des vacances passa très vite et Harry fut souvent absent. Une autre attaque avait eu lieu mais cette fois le manque de témoin avait fait qu'on avait retrouvé les cinq corps trop tard. James était plus inquiet qu'il ne le montrait à sa mère. Il se sentait coupable de n'avoir pu arrêter les quatre hommes qui avaient voulu enlever son frère et sa sœur, bien que son père lui ait assuré qu'il n y avait aucun lien la tentative d'enlèvement des enfants Potter et ces corps que l'on avait retrouvé. L'affaire avait vite été classée. Quatre jeunes adultes, qui avaient quitté Poudlard (et Serpentard) récemment et qui n'ayant pas eu d'assez bons résultats scolaires, n'avaient pas de travail et ont vu une belle opportunité d'enlever les enfants de Harry Potter afin de demander une rançon. C'était la version officielle et les attaques plus sérieuses qui survenaient occupaient assez les aurors. La presse, elle, s'était emparée du scoop de l'année, parlant d'une petite querelle entre un Gryffondor prétentieux et quatre Serpentard qui passaient par là.

Heureusement, les amis de James lui assuraient leur soutien par d'épaisses lettres qui se succédaient, jour après jour, lui apportant le réconfort dont il avait besoin.

Mais James pensait aussi à la reprise des cours et du tournoi, l'inimité entre Maël et Fred, sa relation avec Maggie… Perdu dans ses pensées, il n'avait pas vu Albus s'asseoir près de lui.

– Ben alors, frangin, ça va ?

– Ouais. Bof. Un peu stressé par la rentrée.

– Tu m'étonnes…

– Ça ne va pas être facile pour toi non plus, avec les Scretin qui t'ont vu avec nous…

– J'ai l'habitude tu sais. Et puis quoi qu'ils me fassent, je commence à connaître plein de contre sort, j'ai jamais mal très longtemps… Le plus dur c'est de faire du mal aux autres, à Franck, Natasha… Mais bon, je ne suis plus seul maintenant, mes amis sont près de moi, je t'ai toi et tes amis, Lucy, Roxanne, Lily et ses potes… Je ne suis plus seul.

– Tu ne l'as jamais été.

– Si. A un moment c'est vraiment ce que je croyais, donc je l'étais. Par ma faute, mais je l'étais. Mais maintenant j'ai Sally, Jalil, Benoit.

– Et Malefoy ?

– Quoi ?

– Il était avec vous dans le train.

– Ouais, on n'a pas le choix, James, mais on ne s'apprécie pas.

– Je trouve qu'il a changé.

– …

Albus n'osait pas regarder son frère. Se pouvait-il qu'il… Non, il ne le fallait pas. Il se devait de tout dissimuler, de ne rien laisser paraître, de continuer à jouer son rôle sans jamais laisser voir ni ses ambitions, ni ses sentiments.

– Et Sally ? Elle se confie un peu à toi ?

Sally avait été une hôte exceptionnelle, aidant Ginny à la cuisine, posant mille questions à Harry sur le métier d'Auror, embêtant James du matin au soir et apprenant à Lily à en faire de même, elle semblait avoir toujours fait partie de la famille, si bien qu'il leur arrivait parfois d'oublier la tragédie qu'elle vivait.

– Ça va. Elle ne veut pas me parler. De ses parents, tout ça. Mais elle sourit beaucoup et elle semble s'amuser comme une folle avec Lily.

– Elle me fait penser à Tallulah.

– Ils te manquent, hein ? Ted, Talou, Milo, Luaine…

– Ben… Oui et non. Je suis bien avec Lily et toi. Mais en ce moment, je n'ai pas très envie de voir les parents, par exemple.

Parfait. C'est exactement ce que je veux, ce que je cherche, ce que j'attends.

– Tu leur en veux encore ?

– On n'en a jamais vraiment parlé. Ils ne veulent pas reconnaître que... Bref, je m'en fous mais en même temps, non, ça fait mal… Avant la maison c'était le réconfort, le lieu où je n'avais jamais à faire mes preuves, où quoi que je fasse, que je chamaille Lily, que je moque de toi, on m'aimait quand même. Et puis c'était quand même vachement plus agréable quand y avait toujours du passage ici. Teddy était là, Tallulah mangeait souvent avec nous, Milo passait de temps en temps nous voir, Luaine était juste trop cool avec nous… Là ils étaient tous au boulot, on ne les a pas vus des vacances, même pour Noël… Sauf Teddy qui est passé au Terrier et … on s'est engueulé. A cause de Fred. Ils me manquent tous un peu. La famille c'est pareil, avant Georges et Ron passaient tout le temps après le boulot boire une bierraubeurre, maintenant c'est la merde entre Angelina et Georges, on dirait qu'il veut virer Ron de la boutique…Et à Poudlard c'est la merde aussi.

– Fred ?

M'intéresser à toi me coûte tellement. Suivre ton charabia, tes idées qui s'enchaînent, cette façon que tu as d'aimer tout le monde, de faire confiance à tout le monde. Tu ne comprendras jamais à quel point tu te fourvoies, à quel point tu es idiot de leur confier tant d'importance.

– Ouais et puis Louis. Je crois que Louis est amoureux de Marcia Evans. Ils étaient ensemble au bal et à la fête et … et il en a tellement marre de ce qui se passe entre Mael et Fred qu'il traîne davantage avec Marcia et ses amis qu'avec nous.

– Tu as toujours Alice et Maël.

Ton fidèle labrador et cet idiot d'asperge qui te suit partout.

– Oui. Et Keanu, Keith, Oscar… Mais ça me fait un peu bizarre de me dire que... C'est la fin des maraudeurs.

– Quand même pas.

Je l'avais prédit. J'ai tout fait pour que ça arrive. Et Fred a répondu à mes attentes. Il est aussi bête que toi.

– Si Al. En plus je dois vraiment me mettre à bosser là si je veux avoir mes BUSES…

– T'es le meilleur, James !

Le meilleur et le pire. Cruelle ironie.

– Mais faut que ce soit marqué sur un document officiel pour que la famille comprenne…

– Ah vous êtes là les garçons, allez tout de suite vous préparer, nous aurons des invités pour votre dernier repas de vacances. Non, non, je ne dirai rien, surprise ! Dépêchez-vous !

– Alors beau gosse, t'essaie de me piquer mon job ?

James, qui s'était lancé dans les escaliers avec Albus, se tourna et se jeta dans les bras de…

– Talou !

– Visez un peu ce jeune homme les gars ! Il fait ma taille ! Et ces yeux, et ces cheveux…

– Arrête Talou, tu me décoiffes ! Hey Milo ! Salut… Teddy.

James rayonnait en serrant chaque nouvel arrivant dans ses bras. Le sourire que lui rendit Teddy le mit en confiance et il fut plus qu'heureux de voir arriver Luaine, l'assistante de son père et proche amie de la famille.

– Salut bonhomme.

– Bonhomme ? Lu', t'as vu comme il a grandi ? C'est un homme maintenant !

– Talou arrête, laisse-moi dire bonjour !

Tu les appelles notre « famille ajoutée », tu te crois proche d'eux, tu penses que s'ils viennent à la maison c'est aussi pour nous voir, pour te voir. Mais seule la position de notre père les attire. Tes sentiments ne seront jamais réciproques et je ris de te voir si ridicule.

– Parrain !

Lily se jeta dans les bras de Teddy puis fit le tour des convives en aidant généreusement Tallulah à charrier James. Mais soudain Milo jura en tirant son médaillon d'Auror.

– « Trois attaques. Transplanez au bureau immédiatement ».

– Merde…

– Ce n'est pas grave, je file et je vous tiens au courant, tout le monde sait que vous êtes de repos ce soir. Lilou, Al, Jamesie… à très vite j'espère !

Ils n'attendirent pas Harry pour se mettre à table et si Tallulah faisait tout pour égayer le repas en riant avec James, la mine assombrie de Ginny et celles inquiètes de Teddy et Luaine pesaient sur la tablée. Alors que Diba leur servait le dessert, Ron arriva par la cheminée.

– Bonsoir, Harry n'est pas là ?

– Non, il est au bureau. Un problème ?

– Il y a eu une attaque à la boutique et on a dû attendre deux heures avant que quelqu'un ne vienne. Et c'était la brigade magique !

– Ce n'était peut-être pas trop important alors, tempéra Teddy.

– J'aurais préféré que quelqu'un vérifie !

– Tu sembles bien soucieux, frérot, reste manger le dessert avec nous…

– Tu ne sembles pas comprendre Ginny ! Deux heures en moins pour nous, c'est un paquet de gallions ! Qu'est-ce qu'il se passe en ce moment chez les Aurors ? Les choses ne semblent pas s'arranger depuis que Harry est seul à la direction, bien au contraire !

– Ron !

– Quoi ?

– Pas devant les enfants ! Surtout depuis que la moitié d'entre eux sont devenus Aurors !

– Ben ça ne doit pas très bien recruter alors !

– Ron !

– Qu'est-ce qui se passe ici ? questionna Harry en arrivant par la cheminée. Ron, ça n'a pas l'air d'aller mon vieux ?

– Il se passe que j'ai eu une attaque à la boutique ! Et tu m'as envoyé la brigade magique alors que j'avais appelé les Aurors !

– Écoute Ron, on a eu une journée difficile au bureau, on a eu pas mal d'affaires à régler…

– Et alors ? C'est mon problème ? Nous on avait un olibrius qui se baladait dans un sale état et qui faisait fuir les clients !

– Nous avons eu des affaires importantes à régler, Ron.

– Je suis ton ami, et ton beau-frère, tu aurais pu te déplacer ! Ou m'envoyer Seamus ou…

– Nous étions occupés, Ron ! Et je ne vais pas me déplacer en personne parce que c'est toi qui le demande ! J'ai un poste à tenir !

– Oh loin de moi l'idée de déplacer le Survivant !

– Harry, Ron, calmez-vous !

Itsion !

Devixia !

Le sort lancé par Ron surprit tout le monde, mais le fait que ce soit James qui l'ait dévié les étonna davantage. Ginny se jeta entre son mari et son frère qui se fusillaient du regard, alors que Teddy et Talulah se tenaient prêts à intervenir.

– Sors de chez moi ! Je ne veux plus te voir ici tant que tu ne te seras pas calmé !

– Tant mieux ! J'en ai assez de voir monsieur le Survivant se pavaner dans son manoir rempli d'enfants qui ne sont même pas à lui !

– Et Albus ? Et Lily ?

– Oh oui le parfait petit Albus, le héros sacrifié, tiens ça ne te rappelle rien ? Et tu oublies sans doute que tu as une fille qui tient plus du dragon que de toi ! Et ton délinquant de fils aîné, tu en fais quoi ? C'est parce que tu es affreusement déçu que tu t'inventes une autre vie ? Potter l'Auror, entouré du demi-loup-garou, de l'orpheline esseulée et de ta folle maîtresse ? T'en avais pas assez d'être en première page tous les jours, fallait que tu tombes dans le cliché de te taper ta secrétaire !?

– Ron, arrête !

– Sinon quoi ? Ta femme et tes enfants ne sont pas au courant que tu fricotes avec elle !?

James était désemparé. Pourquoi son père ne mettait-il pas un terme à tout cela ? Pourquoi Ron ne partait-il pas de lui-même ? Pourquoi restaient-ils ainsi à se disputer devant un Albus incrédule et une Lily au bord des larmes ? Et pourquoi, pourquoi, fallait-il que Harry l'ait oublié ? Pourquoi n'avait-il nommé qu'Albus et Lily ? N'était-il pas son fils lui aussi ?

– Assez ! coupa Ginny.

– Non, Ginny, je ne laisserai pas ce type continuer à se payer ta tête ! Harry Potter, le Survivant, volant au secours de la veuve et de l'orphelin ! Créant une grande et belle famille alors qu'il n'est même pas capable de s'occuper de ses vrais enfants ! Sa fille est folle, son petit fiston adoré ressemble plus à tu-sais-qui qu'à son père, et l'autre, le pauvre James, qui se vante toujours d'être le fils de son père n'a même pas compris que son père ne l'aime pas ! Ouvre les yeux James ! Tu ressembles autant à ton père qu'à un véracrasse ! C'est pour ça que tu te tapes cette pute ? Pour te prouver que…

Silencio ! jeta Teddy. Ron, je pense sincèrement que tu ferais mieux de rentrer chez toi. Je vais retirer mon sort pour que tu puisses clairement t'annoncer en prenant la cheminée, ajouta-t-il et d'un mouvement de baguette il mit fin à son sort.

– T'es un idiot Lupin ! C'est à cause de ton cher parrain que tes parents sont morts, un peu comme cette chère Tallulah Mitchell d'ailleurs ! Potter a toujours eu tendance à laisser les autres mourir pour lui !

– C'est faux ! s'exclama Lily avant que James ne se positionne devant elle.

– Arrête, oncle Ron, va-t'en de chez nous, pria James calmement.

– Chez nous ? Parce que tu crois être chez toi ? Petit imbécile ! Tu es tellement fier de ton père que tu es aveuglé par ce…

– Je ne suis pas seulement fier de lui ! C'est mon père et je le respecte, je me moque de ce qu'il a fait quand il était…

– C'est faux petit menteur. Tu crois que je ne sais pas ce que tu fais là-bas ? Ce que tu dis ? Comment tu te mets constamment en avant ?

– Non tu ne sais pas !

– Au lieu de sauter des idiotes dans des salles de bains tu ne pourrais pas surveiller ta sœur la criminelle ?

– Lily n'a rien fait, si Hugo n'avait pas…

– Laisse mon fils tranquille !

– Laisse ma sœur tranquille !

– James ! Tais-toi ! Va dans ta chambre et vous, vous le suivez ! De suite !

James était furieux mais quitta la pièce à contrecœur, entraînant son frère et sa sœur derrière lui. Ils entrèrent tous les trois dans la même chambre, et Lily se précipita vers l'armoire de son frère aîné. Elle en sortit rapidement des oreilles-à-rallonge et ouvrit discrètement la porte avant de laisser glisser l'objet subrepticement.

– Je ne ferai pas ça, si j'étais toi, Lilou, glissa doucement Teddy qu'ils n'avaient pas vu arriver.

– Tu es doué pour qu'on ne te remarque pas, discerna James.

– Ça fait partie de la formation, en effet.

– Bon ça va les gars, arrêtez de faire cette tête, tout va bien se passer, les rassura Tallulah en claquant la porte derrière elle.

– C'est la première que je vois Ron et papa… comme ça…

– Lily, n'aie crainte, Ron et Harry s'adorent, mais il leur arrive de s'énerver, comme tout le monde.

– Oui mais là… Ron a dit des choses… horribles.

– Oui, avoua James, et maman faisait une de ces têtes…

– Vous croyez que c'est vrai ?, demanda Lily. Ce que Ron a dit sur papa et… Luaine.

– Non ! Lily tu ne dois pas douter de lui ainsi. Ton père est un homme bien et..

– Pourquoi Ron raconte-t-il ça alors ?

– Parce que c'est lui qui a des vues sur elle, lâcha James.

– Ron et Luaine ?, souffla Lily, abasourdie.

– James ! réprimanda Teddy.

– Quoi ? On les as vus ensemble, Ted !

– Ça ne te regarde pas !

– Si ! Du moment qu'il fout la merde chez nous, ça me regarde !

– Qu'est-ce que vous avez vu ?

– Albus, je te dis que ça ne nous regarde pas !

– C'est notre famille, Ted, pas la tienne !

James regarda ses deux frères avec terreur. Teddy jeta un regard déçu à Albus et quitta la pièce. Lily se mit à pleurer, fait assez rare pour que Tallulah la prenne dans ses bras. Albus se sentait observé par son frère et préféra fuir son regard. James fut sorti de sa stupeur par un hibou qui venait de déposer une lettre sur son lit avant de s'enfuir. Il se précipita sur la lettre, plus pour s'occuper que par réel intérêt. L'écriture sur l'enveloppe lui était totalement inconnue.

« James,

Ma famille m'a demandé de t'écrire pour vous inviter tous les cinq à venir prendre le thé à la maison. Ma mère vous fait savoir que nous voulions vous inviter bien plus tôt mais nous avons été très occupés toute la semaine par des problèmes familiaux.

Si vous le souhaitez, venez à la maison demain après-midi, nos familles auront un peu de temps pour se rencontrer et nous partirons ensuite tous ensemble pour la gare. Rose, ainsi que son frère et ses parents sont également invités.

Affectueusement,

Irina Kandinsky. »

A la grande surprise de James ses parents acceptèrent tous deux l'invitation. Lorsqu'ils avaient pu regagner la cuisine, leur oncle ainsi que Luaine avaient quitté les lieux. Leur mère avait les yeux gonflés d'émotion mais plus personne ne reparla de ce qu'ils s'étaient dit pendant le repas. Teddy et Tallulah avaient également pris congés sans avoir échangé de mots avec James.

Celui-ci était profondément perdu. Que se passait-il donc en ce moment ? En avait-il toujours été ainsi ou la situation de la famille était en train d'évoluer ? Se pouvait-il qu'il se rende désormais compte de choses diverses en grandissant ? Mais James n'était certainement pas au bout de ses surprises et s'il redoutait la rencontre du lendemain, il ne savait pas encore à quel point celle-ci le chamboulerait.

ooOOoo

La famille Kandinsky habitait Londres, à quelques pâtés de maisons de celle des Potter. Le cœur de James n'avait cessé de battre plus fort depuis que Rose le lui avait appris. Et dire qu'il avait passé des journées entières à ne penser qu'à Natasha, à ressentir le manque, à rêver de la retrouver alors qu'en quelques enjambées, il aurait pu l'apercevoir. Peut-être même lui parler...

La rencontre imminente avec sa famille l'angoissait. Comment se comporterait-elle en sa présence ? Comment devait-il se comporter en leur présence ? Arriverait-il à regarder le père de famille dans les yeux après avoir volé tant de baisers à sa fille ?

Harry avait été absent tout le matin et tardait à rentrer. Lily, qui s'était habillée à la mode moldue durant toutes les vacances, avait omis de dire à sa mère que ses robes de Poudlard ne lui allaient plus et c'est dans un état de stress très avancé que Ginny amena sa fille sur le Chemin de Traverse. Albus avait tenu à les accompagner pour une raison qui ne plaisait pas du tout à sa mère et James était resté seul à la maison. Il avait pris son temps pour rassembler les quelques affaires éparpillées et avait relu ses devoirs de vacances. Ils étaient mauvais, il en était sûr. Il n'arrivait tout simplement plus à se concentrer sur ses études.

– Salut James, on est rentrés, Diba prépare des sandwiches, on part dans vingt minutes.

– Ok, Al.

– Tiens, regarde, je voulais te montrer…

Albus avait cette moue timide, cette voix touchante qui émouvait son aîné. Et lui ?, pensa James, quelle image allait-il montrer aux Kandinsky ? Ceux-ci seraient fous de lui, songea l'aîné, comme tout le monde, comme le méritait Albus. Peut-être même les Kandinsky verraient en Albus le gendre parfait. Jour après jour James tombait dans la résignation. Lui n'avait rien à apporter à Natasha, lui ne la méritait pas. Il devait se rendre à l'évidence. Pourtant, lorsqu'il s'imaginait la voir marcher dans une somptueuse robe blanche vers Albus, leurs familles et leurs amis les aclamant, son cœur se serrait. Il culpabilisait de ne pas se réjouir pour son frère, qui d'autre qu'Albus méritait le plus beau bonheur du monde ? Il méritait d'être le chouchou, le fils préféré, l'héritier légitime. Il méritait de recevoir les plus beaux cadeaux, la reconnaissance de Sally, un Eclair de Feu...

– J'ai changé mon balai.

– Quoi ?!

– Je t'avais dit que je voulais le même que le tien. L'Eclair de Feu ne m'intéressait pas…

– Mais enfin… Le tien était vachement mieux !

– Ouais mais bon… Je ne veux pas posséder ce que tu n'as pas, ce ne serait pas juste. Aller viens, faut qu'on se dépêche.

En descendant les escaliers du sombre manoir, Albus sentit la fierté de son frère et son amour sans limite. James irradiait de bonheur, pour la simple raison qu'il s'estimait chanceux d'être le frère d'Albus. Il culpabilisait aussi, comme l'avait prévu Albus. Le plus jeune des frères Potter, lui, irradiait de l'intérieur, satisfait de ne connaître aucun échec. Ses parents avaient tout d'abord cru que James l'avait obligé à changer son balai, puis avaient félicité son altruisme, sa modestie, sa générosité. Et James était tombé dans le panneau. Comme d'habitude.

ooOOoo

A leur arrivée, les Weasley étaient absents. Madame Kandinsky vint leur ouvrir la porte et fut charmante et accueillante. Près de sa mère, Isidore souriait à James. Il avait beau être l'adversaire direct de Liko Jordan, et donc de toute l'équipe de quidditch de Gryffondor, Isidore était apprécié de nombreux élèves, lions compris. Le Tournoi et le fait que Malek Lespare s'arrête saluer James dès qu'ils se croisaient dans les couloirs étaient pour beaucoup dans leur rapprochement.

– Installez-vous, je vous en prie, mon mari ne va pas tarder à arriver.

– Il est au travail ?, s'intéressa Ginny.

– Malheureusement, non, madame. Mon mari a eu un petit souci de santé et… enfin… il ne travaille plus. C'est pour ça que nous vivons ici. Mais enfin, c'est temporaire, nous cherchons encore un…

James regarda discrètement autour de lui. De taille modeste, la maison s'étalait sous leurs yeux, sans les étages à profusion, les sous-sols et greniers, escaliers majestueux et antres de cheminées immenses auxquels ils étaient habitués mais les couleurs vives et chaleureuses rendaient la maisonnée magnifique. Ginny fut attirée par un triptyque de tableaux accrochés au mur.

– Ah, je vois que vous vous intéressez à l'art, madame Potter.

– Oui beaucoup. Mais oh voyons, appelez-moi Ginny.

– Très bien… Ginny. Moi, c'est Katarina.

– Vous avez décoré votre maison avec beaucoup de goût, Katarina. Ces tableaux sont des tableaux moldus n'est-ce pas ? Ces couleurs… Mais je … Je les connais, ce sont des…

– Des Kandinsky, oui. Mon mari est l'un de ses descendants.

– Je ne savais pas que Vassily Kandinsky avait des souches sorcières.

– Oh il n'en avait pas. Enfin je crois. Mon mari est né de parents moldus. Tout comme moi, rougit-elle. On s'est rencontré en Russie où je travaillais comme assistante galeriste. Nous avions reçu plusieurs peintres pour une exposition en hommage à Kandinsky et nous avions invité les membres restants de sa famille. Et c'est ainsi que j'ai rencontré Ivan.

– Quelle histoire surprenante ! s'extasia Ginny.

– Oh, elle l'est bien moins que la vôtre, bien sûr, mais elle nous convient, ajouta Katarina timidement. Veuillez m'excuser, l'heure tourne et je ne vous ai même pas servi votre thé. Isidore, tu devrais aller chercher tes sœurs...

– Ok. James, tu me suis ?

– Euh… oui, bien sûr.

James se leva tel un automate. Il était profondément stressé depuis leur arrivée et se retrouver dans la chambre de Natasha n'allait pas l'aider à se détendre. En montant les escaliers, des éclats de rires se firent entendre, tant au salon qu'à l'étage. Cela n'empêcha pas Isidore d'arrêter James.

– Faut que je te dise un truc. Je t'apprécie beaucoup mais… J'aimerais juste que tu saches que s'il te prenait l'envie de faire du mal à mes sœurs, il y aurait des représailles.

– Du mal à... mais... Pourquoi me dis-tu ça ?

– Irina et Natasha n'ont pas cessé de se disputer ces derniers jours. Et a priori tu en étais la cause.

– Moi ?

– Ne leur fais pas de mal, c'est tout.

– Ouais, mais y a pas de raisons, je…

– Ok, James, sache juste ça. Aller viens, la chambre des filles est juste là.

– Hey Zidou, fit la plus jeune des sœurs en envoyant un oreiller vers son frère ainé, avant de s'arrêter de rire, paniquée, en voyant James.

– Euh… Salut. Je vais peut-être vous attendre en bas, finalement.

– Non, James c'est bon, reste. Dépêchez-vous les filles, maman veut que vous descendiez.

James détourna les yeux des trois sœurs mais où qu'il pose les yeux il voyait des sous-vêtements féminins, des piles de livres échoués sur le sol, un livre de potions sous des peluches d'enfant… La chambre semblait si exiguë pour accueillir trois sœurs de onze, treize et quinze ans.

Anastasia semblait totalement obnubilée par James, Irina tremblait de timidité et Natasha… James refusait de croiser son regard. Elle le retint alors que chacun descendait les escaliers.

– Qu'il ne t'arrive jamais de parler de ce que tu viens de voir, ok ?

James croisa alors pour la première fois le regard furieux et gêné de Natasha.

– De quoi tu parles ?

– Tu m'as bien comprise.

– Non ! Attends Natasha, arrête, qu'est-ce que tu as, je vois bien que ça ne va pas…

– Ne fais pas l'idiot, Rose m'a invitée chez elle dans leur grande maison mi moldue mi sorcière, elle m'a parlé du fameux manoir Potter où chacun a sa chambre, j'ai bien vu le Terrier, à côté de ça, nous on vit dans… Je ne sais pas pourquoi tu es monté, mais si c'était de la curio…

– C'est ton frère qui me l'a demandé, c'est tout. Je me fous pas mal de savoir où vous vivez, ta mère est juste géniale, elle semble s'entendre à merveille avec la mienne, Isidore est un mec sensas, et vous, toutes les trois on voit que vous avez toujours su ce que c'est que d'avoir une fratrie. Peut-être que si j'avais partagé la chambre d'Albus je l'aurais su … Non, ne te méprends pas, y a rien de mal ou gênant là-dedans. Natasha, par Merlin, tu me prends vraiment pour un être sans cervelle ?

– …

– Super, merci, ça fait toujours plaisir.

Elle esquissa enfin un sourire et le cœur de James rata un battement. Ou plusieurs. Il n'arrivait plus vraiment à faire le décompte, les yeux de Natasha occupaient à cet instant précis la moindre de ses pensées.

– Tu n'as pas à avoir honte ma belle, ta famille a l'air super.

– Ce n'est pas facile pour nous en ce moment. Ça ne l'a jamais été mais là… Je comprends que mes parents soient exigeants avec nous, à Poudlard.

– Les parents sont tous exigeants, regarde les miens franchement…

Il se tut, inquiet d'en avoir trop dit.

– Rose m'a dit qu'ils étaient très durs avec toi. Pourtant ils devraient être fiers… Rien que pour l'attaque du chemin de traverse. Ma mère n'arrête pas d'en parler, tu es la nouvelle…

– Je suis désolé.

– Pour ?

– Ben pour vous protéger j'ai demandé à ta mère de transplaner avec vous… Je ne savais pas qu'elle était née moldue. J'ai vu que tout fonctionnait à l'électricité, en bas et...

– Et alors ?, coupa Natasha en haussant les sourcils.

– La magie et l'électricité ne font pas bon ménage, ça crée des interférences et du coup j'ai compris qu'ils... enfin...

– Mes parents sont des sorciers. D'origine moldue, mais des sorciers quand même. Mais ils n'utilisent plus la magie, c'est tout. Ca rend dingue mon frère. Il a le droit de l'utiliser et il ne le peut pas, sans doute à cause des interférences dont tu parlais... Et puis on est entourés de moldus, alors...

– J'espère qu'elle ne m'en veut pas trop.

– Ma mère ? Tu délires ? Mes parents sont absolument fous de toi, ils ne parlent plus que de toi !

– Au fait… Isidore m'a parlé tout à l'heure et il m'a dit de … ne pas vous faire de mal. Tu lui as dit quelque chose ?

– Non. Je me suis embrouillée avec Irina à ton sujet, après l'attaque de l'autre jour, c'est tout.

– Nat ? Y a un problème ?

– Non, t'inquiète Irina, je parlais juste d'un truc avec James. Sur Rose… enfin laisse tomber, on arrive.

– Elle vient d'arriver. Avec sa mère.

James suivit le dos de Natasha et ne pouvait plus en décrocher ses yeux. Il était toujours sous le charme lorsqu'il sentit un choc.

– Eh bien, jeune homme, on ne regarde pas devant soi ?

– Oh, pardon monsieur. Veuillez m'excuser, je… je suis confus.

– Ivan. Ivan Kandinsky. Ravi de faire enfin ta connaissance James !

– Enchanté, monsieur Kandinsky.

– Appelle-moi Ivan, depuis que je t'ai vu voler et depuis que tu as sauvé la vie de mes filles tu es mon nouveau héros, ajouta-t-il en riant.

– Ah… Oh… Euh…

– Eh bien, on m'avait dit que tu étais plus bavard que ça !

– Laisse le tranquille papa, je venais de lui faire remarquer qu'Irina avait eu de meilleurs résultats que lui aux derniers examens et ça lui a fait un choc.

– Et bien James ne t'en fais donc pas. Tu es champion de l'école, tu joues vraiment très bien et tu restes un excellent élève, tes parents peuvent être fiers de toi !

– Je l'espère, mais c'est vrai que vos enfants me donnent du fil à retordre ! ajouta-t-il faussement agacé.

Les conversations reprirent avec beaucoup d'entrain. James était plus stressé que sur un terrain de quidditch lors d'un match contre Serpentard mais Ivan avait le don de mettre tout le monde à l'aise en tapant dans le dos de chaque jeune en s'écriant « Alors, hâte de retrouver Poudlard ? ». Mais James n'était pas au bout de ses surprises.

– James, reprit Ivan, tu sembles partager avec Natasha un petit jeu.

James eut le souffle coupé un instant alors que toutes les conversations s'arrêtaient pour écouter le père de Natasha.

– Vos petites chamailleries sont arrivées jusqu'à moi, ajouta-t-il en un franc sourire. Il parait que vous êtes sans arrêt en train de vous taquiner !

– Eh bien… Votre fille… Natasha a beaucoup de répartie et est très intelligente. C'est stimulant ce… petit jeu.

Les sourires entendus de Ginny et Hermione firent comprendre à James, qu'une fois encore, il complimentait trop Natasha pour que cela passe inaperçu. Katarina le scrutait à son tour, très étonnée.

– Oui mais si tu veux un conseil d'homme à homme, reprit Ivan, maintenant que tu as une petite amie, fais bien attention. Les femmes ne supportent jamais qu'on parle à d'autres femmes… Elles sont d'une jalousie…

– Ah…

– Et oui, Isidore m'a raconté ton petit exploit le soir du bal. Ah, Harry vous avez un fils qui sait s'y prendre avec les femmes. J'étais moi-même désespéré de voir qu'Isidore… mais il nous a enfin présenté sa petite amie !

James sourit, compatissant, à son ami qui se dandinait nerveusement sur sa chaise en rougissant. Le couple que formaient Isidore et Brooke Cole en avait surpris plus d'un, mais ils semblaient très épanouis ensemble.

– Et, ton mari, Hermione, et le petit Hugo, où sont-ils passés ?

– Eh bien…

– Ivan, cesse de faire ton curieux. Une tasse de thé, Hermy ?

Hermione remercia Katarina du regard. Voilà près d'un an que les Weasley et les Kandinsky avaient sympathisé. Hermione en avait assez d'ignorer le couple alors que leurs filles se retrouvaient avec joie. Elle avait été ravie de voir qu'elle s'entendait très bien avec Katarina qu'elle avait plaisir à voir de plus en plus souvent.

Ginny s'était également très bien intégrée et les relança dans une conversation typiquement féminine. Voyant qu'il n'était plus le centre d'intérêt, James se permit d'observer à nouveau Natasha. Celle-ci était plongée en pleine discussion avec sa meilleure amie, tout en regardant d'un air attendri son frère ainé et sa sœur cadette qui se chamaillaient. Albus et Lily semblaient se demander ce qu'ils faisaient là et Irina… Elle rougit en croisant le regard de James et se plongea dans un magazine. Ils ne s'étaient jamais vraiment reparlé depuis leur première année et, bien qu'il tente de la taquiner tout autant que Natasha et Rose, Irina préférait jouait la carte de l'indifférence. James n'oubliait pourtant pas qu'ils s'étaient appréciés pendant des mois, avant qu'elle ne lui tourne le dos, définitivement. Bien qu'il pensa la connaître assez bien, il n'avait jamais perçu cette gêne en elle, et s'en étonna.

Heureusement, Ivan ne laissait jamais James à part très longtemps. Ils parlèrent de la future carrière d'Isidore à la Justice Magique puis ce fut autour de James de présenter ses désirs d'avenir. Les époux Kandinsky furent étonnamment surpris et le félicitèrent. Isidore lui conseilla un livre, et James apprit que Natasha souhaitait également se diriger vers des études internationales et notamment sur les relations « interalliées » sorciers-créatures magiques.

– Quelles créatures magiques ? s'intéressa Lily.

– Euh… Plus généralement les transformations des sorciers en créatures et …

– Les animagus, coupa Katarina. Vous vous rendez compte ? Je ne savais même pas qu'il en existe assez pour les étudier. Vous en connaissez des animagus, vous ?

James comprit que Natasha n'avait pas encore parlé de sa petite particularité à ses parents. D'un regard, il vit qu'aucun autre enfant Kandinsky ne semblait gêné, elle était sans doute une exception dans la famille. Natasha lui lança un regard alarmé qui confirmait ce que pensait James, personne n'était au courant qu'elle… Avant que Harry, également gêné, ne prenne la parole, James imposa son discours.

– J'en suis un. Enfin… Je suis un animagus en devenir, c'est comme ça qu'on appelle les jeunes sorciers mineurs qui comportent des gênes d'animagus.

Un ange passa. James avait pensé qu'en avouant que le fils du Survivant était un animagus, les parents de Natasha prendraient peut-être mieux le fait qu'elle en était elle-même un.

– Vous étiez au courant ? demanda Hermione, étonnée.

– Il nous l'a appris la semaine dernière.

– Mais comme c'est formidable, James ! s'écria à nouveau Katarina.

– Et en quelle créature de transformes-tu ?

– En chien. Et en daim.

– Incroyable !

– Et tu pourrais nous montrer ?

– Et quand je veux jeter un sortilège, on me l'interdit, bouda Isidore.

– Les sortilèges de chatouillis seront interdits à la maison jusqu'à ce qu'Anastasia ait dix-sept ans et puisse se défendre contre vous, récita Katarina, habituée.

– Ce qui n'arrivera jamais puisque quand Ana aura dix-sept ans, nous aurons tous quitté la maison, intervint Natasha en lançant un regard narquois à sa petite sœur.

– Arrête d'insinuer que j'suis un bébé !

– Insinuer ?, railla Natasha. Mais c'est la stricte vérité...

– La stricte vérité c'est que je serai jeune et belle et que tu seras vieille et...

– Les filles !, coupa Katarina. Vous n'avez pas honte de...

– Natasha et Anastasia n'ont jamais honte de rien, malheureusement, lâcha Irina d'un air faussement dédaigneux.

Son intervention eut le mérite d'attirer l'attention – et les chatouillis – de ses deux sœurs qui se jetèrent sur elle. Katarina, à la fois gênée et attendrie, ne sut que répondre. Et Ivan en profita pour demander à nouveau à James de se transformer.

– Voyons, chéri, il n'a pas le droit de faire de magie en dehors de l'école.

– Oui, mais il est entouré de plusieurs sorciers majeurs, on pourra toujours dire que… Non ? demanda-t-il à Harry.

Celui-ci fit un signe affirmatif à James qui s'exécuta. Deux fois. Les Kandinsky s'extasièrent encore et Natasha ne put s'empêcher de lancer une remarque qui ne passa pas inaperçue.

– T'as vachement progressé !

– Tu étais au courant ? s'étonna Rose.

– Ah ? euh… oui… enfin… je l'ai vu mais je n'avais pas vraiment le droit d'en parler, je pense, c'est confidentiel.

– On peut quand même en parler à ses proches, non ? demanda son père. Si vous étiez des animagus j'aimerais le savoir avant que…

– Le professeur qui nous encadre, je veux dire qui encadre les animagus en devenir nous demande de ne pas en parler avant qu'on ait atteint le maximum de notre potentiel. C'est seulement à ce moment-là qu'on peut rendre ça officiel et s'inscrire au ministère. Mais c'est rarement avant l'âge de quinze ans, c'est pour ça que j'ai dû attendre avant d'en parler à ma famille.

Ils discutèrent brièvement du sujet avant de reparler de la future carrière de James. Celui-ci hésitait à les questionner sur la culture magique Russe mais à peine eut-il posé une question qu'Ivan partit dans de longs discours. Il semblait intarissable sur le sujet et James éprouvait beaucoup de difficultés à se retenir de prendre des notes.

– Comment vous dites ? Le prince Vlado… ?

– Volodia, le frère d'Ivanouchka. C'est lui qui a libéré les minysiks.

– Les minysiks ? Les petits elfes dont vous me parliez ?

– C'est ça ! Les minysiks, une fois libérés, sont devenus les intermédiaires magiques comme tu dis des sorciers nobles. Ils n'avaient plus besoin de baguette.

– Excusez-moi, monsieur, mais… pourrais-je prendre des notes ?

Ivan n'avait jamais paru aussi enthousiaste et heureux Harry et Ginny quant à eux, étaient on ne peut plus surpris.

– Mais bien sûr ! Natasha, donne à notre ami quelques parchemins et une plume. A moins que James préfère un stylo ? Nous avons les deux, classique, et moderne, ajouta-t-il en riant.

– C'est parfait, merci beaucoup Nat'.

La conversation reprit et James et Ivan continuèrent de discuter des minysiks.

– Vous semblez connaitre très bien ce sujet, monsieur Kandinsky.

– Mais c'est normal, mon jeune ami, nous sommes nés en Russie !

– Mais… vous parlez également très bien Anglais, vous…

– Une partie de ma famille vivait à Londres, ici même. En fait, notre famille était propriétaire de tout l'immeuble mais… Nous n'avons pu racheter ma femme et moi que cette maison. Derrière ce mur, mon cousin Sacha habite avec sa toute nouvelle femme. Ils sont bien plus riches que nous et nous n'avons plus du tout de rapports. Figurez-vous qu'il voulait marier son fils à notre Natasha !

– …

– Et oui, des vieux aristocrates pires que des sorciers à la logique sang pur !

– Mais… C'est vraiment votre cousin ? Je veux dire… Natasha…

– Oh ce n'est pas la consanguinité qui les effraie. En revanche, les cris de Natasha…

– Oui, je connais, ajouta-t-il avec un sourire. Et cela ne concernait qu'elle ?

– Oui, selon la tradition familiale, l'ainé de la famille fait des études brillantes et gagne beaucoup d'argent, le second ou la seconde fait des enfants pour perpétuer le nom, le troisième se marie de façon aristocratique et s'occupe des affaires de la famille. Si un couple a d'autres enfants, ils ont le même rôle que le troisième enfant. Mais nous, avec Katarina, nous ne voulions pas entrer dans ces principes d'un autre temps. C'est aussi pourquoi nous avons quitté la Russie.

– Depuis longtemps ?

– James, cesse donc avec tes questions.

– Pardon, monsieur.

– Mais non voyons, je m'amuse beaucoup avec toi petit James ! Tu sais que selon la tradition Russe nous pourrions être frères de nom ?

– Non…

– Oui, de nom. Ton nom Russe est Jakinafvitsvy.

– Javi… ?

– Jakinafvitsvy, répéta Natasha avec un accent Russe irréprochable.

– Fais-lui répéter, ma chérie !

– Plus tard alors, nota Hermione en regardant sa montre. Il faut partir.

– Mais je n'ai pas fini de parler à mon jeune ami, regretta Ivan. Jakinafvitsvy, tu viens avec nous !

– Ah… euh… d'accord, merci.

Hermione partit avec les Potter ainsi qu'Anastasia qui avait, entre temps, sympathisé avec Lily. La vieille voiture des Kandinsky comportaient trois niveaux. Ivan conduisit à côté de sa femme, Isidore, Irina et Rose s'étaient installés tout au fond et Natasha et James s'étaient retrouvés confinés l'un contre l'autre derrière le couple Kandinsky et continuaient de parler tradition Russe. Ivan avait expliqué durant le trajet toutes les modifications qu'avait connu la communauté sorcière Russe à la chute de l'URSS.

A leur arrivée à la gare, les familles Potter, Weasley et Kandinsky se retrouvèrent rapidement sur le quai du Poudlard Express et ce fut très vite le moment de l'au revoir. Entre temps ils avaient été rejoints par Ron et Hugo et entre Hermione et son mari la tension était palpable. Les parents embrassèrent leurs enfants, James fut étreint par les époux Kandinsky et après une brève accolade avec son parrain, Hermione le prit à son tour dans ses bras.

– Je suis très fière de toi, James. Et tes parents aussi. Quoi que tu puisses penser, n'oublies jamais ça. Et – elle s'approcha plus près encore de lui de manière à ce que lui seul entende – tu as été juste parfait chez les Kandinsky, je pense même que tu as gagné des points…

– Mais…

– Oh arrête, je suis une femme ! Aller, file maintenant James.

– Jakinafvitsvy. C'est Jakinafvitsvy maintenant, dit-il avec fierté.

– Bonne prononciation, tu apprends vite.

– Merci Nat' ! Comment c'est, Natasha en langue traditionnelle ?

– Nataliashen'ka.

– Oh la la… Va falloir tout le trajet jusqu'à Poudlard pour que j'y arrive.

Alors que Lily partait présenter Anastasia à ses amis, Sally-Ann était arrivée à temps pour faire ses adieux à la famille Potter. Elle avait rejoint pendant quelques jours la famille Evans car son petit frère n'allait vraiment pas bien mais tenait à remercier les Potter qui l'avaient si gentiment accueillie. Elle fila ensuite rapidement avec Albus, tandis que James suivait Rose, Natasha et Irina. Ils furent rejoints par Mael et Alice et passèrent un excellent moment.

Maggie était venue couvrir son « chéri » de baisers et s'était montrée frustrée de voir qu'il s'amusait avec les sœurs Kandinsky. Alors qu'ils s'expliquaient à l'écart des autres, James était à deux doigts de rompre avec elle. Il était sûr et certain désormais des sentiments qu'il éprouvait à l'égard de Natasha et la rencontre de sa famille l'avait conforté dans ce sens. Mais Aldo venait d'arriver et était en train d'offrir son cadeau à Natasha. James avait du mal à calmer son trouble et étrangement, Maggie prit cela pour une preuve de la passion qui dévorait son « chéri » et partit en lui donnant un rendez-vous coquin.

Une nouvelle fois, James se sentait idiot. Il aurait dû mettre un terme à cette relation, avoir le courage de formuler ses sentiments, avoir la maturité nécessaire et au lieu de ça... Il courrut vers le compartiment des « Exceptions » où Albus accepta de lui céder la Cape d'Invisibilité.

Les couloirs étaient emplis d'élèves qui se poursuivaient en riant, échangeaient les dernières nouvelles ou quelques friandises qui explosaient près de lui, manquant de mettre feu à la cape et de le découvrir. Heureusement pour lui, Maël et son impressionnante carrure, eurent vite fait de lui créer un chemin sans embuche. James ne savait comment son meilleur ami avait compris qu'il se trouvait sous la cape, ni s'il savait pourquoi il s'y trouvait mais l'essentiel était là, Natasha et Aldo n'étaient plus qu'à quelques pas de lui et, s'il se maudissait de les espionner, il ne trouvait la force de faire demi-tour.

– Mais… ça ne te plait pas ?

– Si, si, c'est très gentil.

– Non, tu sembles contrariée depuis tout à l'heure. Tu l'avais déjà ce livre ?

– Mais non, Aldo, je te dis que ça me fait plaisir !

– Mais qu'est-ce que tu as ? Pourquoi tu t'énerves ? C'est Potter, c'est ça ?

– Quoi, Potter ?

– Je vous ai vu sur le quai de la gare. Il faisait le beau avec tes parents.

– C'est faux.

– Qu'est-ce qu'il foutait avec vous alors ?

– Mais rien, il s'est passé un truc sur le Chemin de Traverse la semaine dernière…

– La bagarre avec les Serpentard ? T'as rien à voir avec ça !

– Si, j'étais là, avec ma mère et ma sœur et ces mecs nous ont attaqué et James nous a défendu.

– C'est lui qui a causé l'attaque !

– Tu crois vraiment les conneries racontées dans la presse ? James n'y était pour rien, il...

– Y a pas que la presse ! Mon père travaille au ministère, figure-toi, et Harry Potter lui-même n'a pas démenti ! Je ne dis pas qu'il soit méchant mais James fait tout pour attirer l'attention, c'est comme ça, ça a toujours été comme ça...

– C'est faux je te dis !

– Et c'est pour ça qu'il était fourré avec toi ?

– Mes parents ont invité les siens pour les remercier, oui. Et c'était très sympa.

– Il te plait c'est ça ?

– Quoi ? Non, je l'aime bien, c'est le cousin de Rose.

– Je suis sûre que tu voudrais être avec lui ! Comme toutes les autres.

– Arrête…

– Laisse-moi te dire que tu n'as aucune chance.

– C'est comme ça que tu parles à ta copine ?

– T'es une fille bien mais pas pour lui. Lui, il peut avoir n'importe qui, les sœurs Donovan ou cette Towler qui a trois ans de plus que toi et franchement… à part te dépuceler en quoi tu pourrais l'intéresser ? Ahhh… cria-t-il en tombant sur le sol.

– Bien fait pour toi, va-t'en maintenant.

James n'avait pu s'empêcher de faire taire Aldo. Il était tout simplement révolté. Mais en même temps, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux que leur couple batte de l'aile.

– Potter ! Potter, sors de sous ta cape. Potter, je sais que tu es là !

– C'est bon…

– Non mais ça ne va pas !

– Je n'ai pas aimé ce qu'il a dit sur toi, Nat' !

– Tu n'avais aucun droit de nous observer comme ça ! Non mais ça t'arrive souvent de faire ça ?

– Jamais, je te promets mais… Par Merlin tu sais que tu me plais. Vraiment. Et… Mais quoi, je croyais que j'avais marqué des points !

– Quoi ?!

– C'est Hermione qui m'a dit ça…

– La mère de Rose ? Non mais t'as parlé de moi à combien de personnes ?

– Zéro, mais je n'arrive pas à cacher mes sentiments pour toi, c'est plus fort que moi…

– Arrête ! J'en ai marre de tout ça, j'en ai vraiment assez ! Je… Faut qu'on arrête ce jeu, ça peut plus durer.

– Ce n'est pas un jeu, Natasha. Ecoute…

– Non.

– Si ! Natasha, je suis amoureux de toi.

– …

– …

– Arrête. Franchement Potter, je croyais que tout ça était réglé !

– Non ! Tu te fais de fausses idées sur moi !

– Tu sors toujours avec Towler.

– Un mot. Un mot et je la quitte.

– Pour m'ajouter ensuite à ton tableau de chasse ? Franchement je vaux mieux que ça. Et puis je ne veux pas sortir avec toi, ok ? Je-ne-veux-pas-sortir-avec-toi ! Alors laisse-moi tranquille maintenant !

Alors qu'elle parcourait le train à la recherche de David, Lily rencontra James et Natasha en train de se disputer. Une nouvelle fois. Elle ralentit le pas pour ne pas les déranger mais dès qu'ils la virent ils rentrèrent l'un après l'autre dans le compartiment qu'ils partageaient avec leurs amis.

– Qu'est-ce que vous faites avec les Kandinsky ?

– Oh, on était avec eux aujourd'hui, ils nous ont invités à boire le thé chez eux.

– Je ne savais pas que vous étiez proches.

– On ne l'est pas mais le truc dont je te parlais qui s'est passé sur le Chemin, tu sais ?

– L'attaque, chuchota Annie, comprenant que Lily ne veuille pas ébruiter ça.

– Oui. Ben y avait Natasha et Irina et leur mère. Du coup, comme mon frère s'est battu tout seul, ils les a protégées et donc voilà.

– C'est pour ça qu'Anastasia était avec nous ? Je croyais que tu la détestais…

– Sa famille est plutôt sympa. Ma mère a bien accroché avec la sienne, Natasha est la meilleure amie de Rosie… Et je crois bien que…

– Que quoi ?

– Que James en pince pour elle.

– Ah oui c'est ce que croit Alice aussi. Elle m'en a parlé pendant les vacances.

– Salut les filles !

– Salut Fred. T'aurais pas vu David ? David Dursley ?

– Non, moi je cherche James.

– Il est juste là.

– Ok salut les filles !

Dans le compartiment, James, assis entre ses deux meilleurs amis, se murait dans le silence, lançant des regards furieux à Natasha qui faisait mine de ne rien voir, plongée dans une conversation avec Rose sur la prise d'indépendance des centaures en Espagne au siècle dernier. L'arrivée de Fred fit l'effet d'une bombe. Il avait repris sa casquette d'arrogant et attaqua d'emblée Mael. Il continua par quelques sous-entendus bien placés pour mettre Hugo mal à l'aise et même Rose bouillait de rage. Ce fut un soulagement pour tout le monde quand le train s'arrêta enfin en gare de Pré-Au-Lard.

ooOOoo

Le directeur de Poudlard prit la parole durant le premier repas de la rentrée. Comme prévu, il annonça que des tâches annexes allaient être organisées pendant le Tournoi des Quatre Ecoles. Il leur apprit que les matchs du championnat de Quidditch de Poudlard allaient tous êtes disputés avant la fin du mois de janvier afin qu'un jury puisse sélectionner les joueurs qui représenteraient Poudlard pour cette épreuve. Il y aurait également des sélections de Vol sur Pégases, de Plongée, d'Echecs Magiques, de Sortilèges, de Duels par équipe et d'Expression Artistique. Il apprit également aux élèves que le nom des représentants de Poudlard pour chacune des Tâches Annexes serait dévoilé pendant la Seconde Tâche du Tournoi qui se déroulerait début février.

Une fois encore, cette nouvelle annonce occupa l'esprit de l'ensemble des élèves. Même les élèves les plus jeunes caressaient l'espoir d'être sélectionnés pour représenter l'école. Les clubs d'échecs et d'expression artistique, d'habitude désertés, furent pris d'assaut.

Lily reprit les cours en partageant pour la première fois l'engouement commun pour le Tournoi. Elle et ses amis étaient bien décidés à être sélectionnés dans l'équipe de Poudlard. Elle était très intéressée par le vol sur pégases qui n'était pas enseigné à Poudlard. En revanche, c'était une discipline très prisée par les Irlandais et les Français qui avaient insisté pour l'inclure au Tournoi. Chaque école avait ainsi pu apporter ses idées et le Conseil du Tournoi avait validé leurs propositions. Beaucoup d'élèves vinrent observer les sélections mais peu d'élèves se présentèrent. Lily qui avait déjà volé sur un pégase lors de vacances passées chez les Scamander qui en avaient plusieurs spécimens, fut sélectionnée tout comme Lorcan et Lysandre qui étaient de loin les plus doués de l'école. Gildas Azilis, un Poufsouffle de quatrième année et Megan Grick, une Serdaigle de sixième année complétèrent l'équipe.

Les jours passèrent et Lily n'avait pas oublié le changement d'attitude de Hugo pendant les vacances de Noel. Elle faisait beaucoup d'efforts à son égard mais celui-ci restait sur ses réserves. Lorcan tentait d'aider Lily à sa manière, en lui donnant des conseils à foison, même s'il ne s'approchait pas d'Hugo tant il savait que celui-ci ne l'appréciait pas. Un soir, alors que la bande était réunie dans la salle commune de Gryffondor, il finissait son devoir de Botanique en regardant Colin remporter haut la main une partie de bataille explosive devant un Sébastian hilare. Colin avait été très patient avec son ami et Sébastian acceptait désormais toute partie de cette discipline dont raffolait tant Colin. Cela donna une idée à Lorcan.

– Lil.

– Hum, grogna-t-elle sans lever la tête de son devoir.

– Il a des passions Hugo ?

– Des passions ?

Elle sembla réfléchir un moment en regardant son cousin, seul, de l'autre côté de la salle.

– Il adore les échecs.

– Les échecs magiques ?

– Magiques ou moldus, il adore ça, il bat même son père et Fleur. Et Victoire. Bref, il joue super bien. Pourquoi ?

– Regarde ces deux malins, continua Lorcan en montrant leurs deux meilleurs amis rigolant malgré leurs cheveux brûlés, ils se sont vachement rapprochés depuis qu'ils jouent ensemble à la bataille.

– Tu voudrais jouer avec Hugo aux échecs ?

– Non. Je n'aime pas trop les échecs. Mais y a un club. Tu pourrais lui conseiller de s'inscrire. Il s'y ferait des amis.

– Bonne idée ! Et tu sais quoi ? On va s'y inscrire aussi, comme ça on ira avec lui.

– Je te dis que je suis nul.

– Justement ! Il nous battra à plate couture et c'est bon pour son égo.

– J'aurais mieux fait de me taire, ronchonna Lorcan.

Lily dut ruser pour faire accepter Hugo. Elle insista auprès de James, Louis et Rose afin qu'ils viennent aussi et réunit tout le groupe dans le club. Hugo, qui n'avait accepté de venir qu'après un discours de trente minutes de sa sœur, gagna tous ses matches et Brenda Morris, l'élève qui s'occupait de la vie du club le supplia de s'inscrire. Deux heures après et armé de courage il vint parler à Lily alors qu'elle était entourée de sa bande d'amis.

– Lily, excuse-moi de vous déranger tous mais…

– Tu ne nous déranges pas Hugo !

– Ah… euh… Ben en fait Rose m'a dit que c'était ton idée, le club d'échecs et… Enfin, j'ai accepté la proposition de Brenda et… je vais même passer les sélections et Brenda pense que j'ai mes chances. I que trois élèves de chaque école qui pourront participer mais i pas beaucoup d'inscrits au club et… bref, on verra bien.

– C'est génial ! Je suis sûre que tu seras pris, Hugo, t'es le meilleur !

– Merci Lily. Vraiment, merci.

– Tu restes avec nous ? On bosse le devoir de Potions.

– Non, merci, je dois… je vais retrouver Rose.

– Ok, comme tu veux. A plus alors, cousin !

Quelques jours après, alors que Lily s'apprêtait à rejoindre ses amis sur le terrain de quidditch pour voir les matches du week-end, c'est un Hugo rayonnant qui lui apprit qu'il avait été sélectionné.

– Génial ! Tu viens voir le match avec nous ?

– Non, Rose doit m'attendre, on va encourager son amie Natasha et puis… je vais vite envoyer une lettre à mes parents pour leur annoncer la nouvelle.

– Ils vont être super fiers de toi !

Albus se tenait dans les vestiaires et tremblait de peur. Ce second match de la saison était très important et l'équipe de Serdaigle l'effrayait. Il savait que sa mère faisait partie du jury des sélections de l'équipe qui représenterait Poudlard pour l'épreuve de quidditch du Tournoi. Le Ministre de la Magie faisait également partie du jury et était escorté par l'équipe d'Aurors d'élite et donc par Harry Potter. La présence de ses parents stressait énormément Albus et il savait qu'il en était de même pour James qui affronterait en fin de journée l'équipe de Poufsouffle.

Depuis la rentrée, Albus n'avait pas vu le temps passer. Entre les cours, les entrainements intensifs de quidditch et les missions qui avaient repris, il avait très peu de temps libre et voyait donc ses amis au compte-goutte. Lui qui aurait voulu participer aux sélections d'Expression Artistique avait dû renoncer sous l'ordre des Basilics.

Les frères Zigaro, malgré leur départ de Poudlard, avaient gardé leur mainmise sur certains Serpentard. Chaque année, ils choisissaient quels élèves de première année passeraient une batterie de tests horribles afin de rentrée dans la JAT, la Jeune Armée des Ténèbres. Les serfs avaient donc deux choix. Se rebeller, désobéir et subir les foudres de la JAT ou être docile et serviable et espérer devenir un Shantak. Les castes inventées par Elvis Zigaro n'avaient pas changé. Il y avait les Basilics, bras droits et exécuteurs principaux des Zigaro, c'est eux qui dictaient la loi. Ensuite venaient les Cocatrix, des élèves de confiance qui avaient fait leurs preuves. Au-dessous, les Shantaks avaient plusieurs missions à réaliser sous la vigilance des Basilics. Enfin, les serfs étaient les plus jeunes élèves à qui l'on faisait passer des tests.

De sa promotion, très peu d'élèves avaient rejoints la JAT. Certains élèves n'avaient jamais été approchés, d'autres comme Sally-Ann et Jalil étaient observés mais ne faisaient pas partie de la JAT. Benoit, par son nom, était détaché de tout soupçon, même si ses fréquentations étaient examinées. Seuls Albus et Scorpius avaient été admis à entrer dans la JAT où ils étaient devenus Shantaks.

Les Basilics avaient eu pour ordre de faire en sorte qu'un membre de la JAT participe à chaque épreuve du Tournoi. Ils n'en connaissaient pas la raison mais avaient fait en sorte que leurs supérieurs soient satisfaits. Scorpius jouait à merveille de plusieurs instruments de musique et avait rejoint les autres sélectionnés de l'équipe d'expression artistique de Poudlard. Outre Scorpius pour la musique, Yelena Crivey présenterait ses photographies et Christine Thomas et Ellen Frage leurs dessins. Un thème leur avait été imposé et chacun devait travailler dessus. Poudlard n'avait pas beaucoup de chance de remporter cette épreuve face à l'école de Beaux-Battons dont on connaissait la supériorité dans ce domaine. Albus, quant à lui, rejoindrait l'équipe de plongée, avec notamment Sally-Ann et trois autres élèves, tous à Serpentard comme le voulait la tradition.

Bien sûr, les Basilics espéraient que certains Serpentard intègrent l'équipe de Quidditch et avaient bien insisté sur ce fait, ce qui avait d'autant plus angoissé Albus car ils seraient évalués sur leur match face à Serdaigle. Au moment de rejoindre le terrain pour le début du match, Albus jeta un œil à ses coéquipiers. Jalil était sur motivé, Scorpius gardait son indifférence, comme toujours. Les autres n'intéressaient pas Albus qui prit son balai et quitta les vestiaires avec ses camarades.

Dans les gradins, James attendait patiemment de voir arriver les joueurs. Il avait vu de loin ses parents, ainsi que le ministre de la magie mais il était resté avec son équipe. Olivia tenait à ce qu'ils soient tous ensemble jusqu'à leur propre match contre Poufsouffle qui se tiendrai juste après. L'obligation de finir le championnat de quidditch de Poudlard en moins d'un mois avait beaucoup perturbé Olivia. C'était sa dernière année en tant que capitaine et elle tenait à ce que Gryffondor remporte la coupe même s'il fallait pour cela organiser des entrainements tous les jours et jouer les deux matchs les plus importants de sa jeune carrière en moins d'une semaine.

Pour James le temps n'avait jamais filé aussi vite. Or les entrainements quotidiens de quidditch, il avait décidé de rehausser la barre et ce dans tous les sens du terme. Il travaillait plus sérieusement en cours et avait retrouvé le haut du classement, faisant ses devoirs et ses recherches avec Alice et Mael, au calme, dans un recoin de la bibliothèque ou mieux, dans la salle sur demande. C'était le seul endroit où ils ne risquaient pas d'être dérangés par Fred – qui était intarissable sur leurs nouvelles techniques de jeu au quidditch – et par Maggie qui ne lâchait plus James. Celui-ci avait fini par comprendre que rien n'était possible avec Natasha et tachait désormais de l'oublier, notamment grâce à Maggie qui le laissait rarement s'échapper. L'équipe de Gryffondor s'entrainait tous les soirs assez tard car ils devaient également laisser les autres équipes s'entrainer. James avait le temps de travailler ses cours avant l'entrainement ou de passer un peu de temps avec sa sœur. Il ne voyait pratiquement plus Albus sauf lorsqu'ils se croisaient dans la Grande Salle ou sur le terrain. Son frère était alors constamment entouré de personnes qui n'acceptaient pas la réconciliation des deux frères. La plupart du temps, après l'entrainement, Maggie proposait à James de se retrouver « en amoureux ». Ils rejoignaient souvent la salle de bains des préfets ou quelques placards à balais isolés. Leur relation évoluait doucement mais sûrement et James commençait à réellement apprécier Maggie. Il n'était pas rare que le couple, avançant main dans la main dans un couloir, croise alors Natasha et Aldo. Le pincement au cœur que James ressentait ne s'atténuait pas mais il savait qu'il devrait désormais faire avec.

Son cœur fit un bond lorsque les joueurs arrivèrent sur le terrain. Natasha semblait plus belle que jamais et James dut faire très attention de ne pas dévoiler ses sentiments devant Maggie qui lui tenait étroitement la main.

Le match commença sous les acclamations du public et les commentaires toujours parfaits de Guillaume Green, Owen Pold et Brooke Cole.

– Et c'est Scorpius Malefoy qui s'empare du souaffle ! s'écria Guillaume. Il file à toute vitesse, marqué par Zoey Grick.

– La tactique défensive des Serdaigle fonctionne à merveille.

– Malefoy évite de justesse un cognard de Natasha Kandinsky.

– Et Grick récupère le souaffle ! Elle passe à Jordan !

– Grick, Jordan, Towler, Grick, Jordan, elle tire et… marque !

– Dix points pour Serdaigle !

– Et Malefoy récupère le souaffle.

Malefoy continuait à exceller mais ne passait jamais le souaffle à ses coéquipiers. Aidé par Jalil et Albus qui se démenaient il essayait tant bien que mal de réduire le score. Mais l'équipe de Serdaigle était meilleure que jamais. A chaque prise de souaffle, Natasha et Keith criblait Malefoy de cognards, les poursuiveurs jouaient de façon très technique et Malek encourageait son équipe tout en guettant l'apparition du vif. Seul Isidore semblait passer à côté de son match et Scorpius marqua ses deux seuls buts avec une facilité déconcertante.

– Vingtième minute de jeu et la tactique collective des Serdaigle paye.

– Alors que deux superbes cognards empêchent Malefoy de marquer, Grick récupère le souaffle, elle passe à Jordan qui repasse à Grick qui tire…

– Et elle marque ! Serdaigle mène 110 à 20 !

– Et Lespare part comme une fusée !

– A-t-il vu le vif d'or ?

– Il semblerait bien, Guillaume, et Vaisey part à son tour mais il semble bien loin…

– Et Lespare est sur le point d'attraper le vif d'or ! Mais que fait-il ?

– Il attend ! Il attend que son équipe marque davantage de points !

– Mais Vaisey arrive à son tour. Que va décider l'attrapeur de Serdaigle ?

– Lespare attrape le vif ! Serdaigle gagne par 260 à 20 !

Alors que les applaudissements fusaient, Olivia fit signe à son équipe de quitter les gradins. Les deux matchs devaient avoir lieu à une demi-heure d'intervalle et ils gagnèrent les vestiaires pour une dernière prise de parole.

– Bon, les gars, maintenant c'est à nous d'assurer. C'est un match très important. Les Serdaigle ont pour le moment 620 points, nous seulement 270. Il faut marquer, marquer et encore marquer aujourd'hui ! Profitons de la mauvaise entente de l'équipe adverse ! La précipitation des matchs ne leur a pas laissé le temps de recruter de nouveaux joueurs, ils n'ont pas eu l'occasion de beaucoup s'entrainer alors que nous… Les gars je compte sur vous pour que tous nos entrainements n'aient pas eu lieu en vain, je compte sur vous pour leur mettre trois cent points dans les dents, je compte sur vous pour que le week-end prochain, lorsqu'on jouera notre dernier match tous ensemble, alors qu'on affrontera les Serdaigle, on ait toutes nos chances ! Oubliez le Tournoi, oubliez le jury, oubliez tout et concentrez-vous sur ce match ! Liko, à chaque souaffle qui rentrera dans tes anneaux tu feras quinze tours de terrain à poil après le match ! Maggie, Lucy, s'il reste un seul Poufsouffle non touché par vos cognards je n'ose même pas vous dire ce qui vous attend. Le Trio d'Or… Je sais que ce n'est pas la joie en ce moment entre vous trois mais si vous m'énervez je n'hésiterai pas à vous remplacer. C'est compris ? Alors on y va.

A quelques mètres de là, l'analyse d'après match était terminée pour les deux équipes qui venaient de finir leur match. Si les Serpentard voyaient partir toutes leurs chances de gagner le championnat, les Serdaigle avaient eu une discussion houleuse. L'équipe aurait aimé avoir plus de temps pour marquer des points avant d'attraper le vif d'or et pour eux cette victoire avait un goût d'échec. Malek, comme à son habitude, remotiva les troupes.

– On a gagné, c'est le principal. Maintenant, allons voir les Gryffondor jouer, on étudiera bien leur jeu et la semaine prochaine, on les gagnera. Aller !

Nalani et Keith étaient allés rejoindre Solenne et Keanu et Natasha avait retrouvé Rose. Celle-ci félicita sa meilleure amie et les deux jeunes filles se concentrèrent sur l'entrée des joueurs.

– Et voici l'équipe de Poufsouffle ! Les trois poursuiveurs sont Allan Macmillan, Cameron Maclaggen et Zoé Smith ! Le gardien Oscar Dubois, les batteurs Alize Macmillan et Zaria Smith et….l'attrapeur Connor Maclaggen !

– Les Gryffondor arrivent à leur tour ! Le Trio d'Or d'abord : Mael Thomas, Fred Weasley et James Potter ! Le meilleur gardien du monde, Liko Jordan ! Les batteuses les plus sexys Maggie Towler et Lucy Weasley ! Et enfin, l'attrapeur et capitaine de l'équipe… Olivia Dubois !

Sur le terrain, Olivia Dubois sourit à son frère Oscar avant de serrer la main de Zoé Smith. Les joueurs s'envolèrent, Tim Brinks siffla le début du match en jetant le souaffle et le match commença.

– Et Zoé Smith s'empare du souaffle ! Elle passe à Cameron Maclaggen qui file vers les buts…

– Incroyable cognard de Lucy Weasley et James Potter récupère le souaffle, il passe à Thomas, Potter, Thomas, Potter, Thomas, Potter…

– Et but ! Dix points pour Gryffondor !

– Bravo James !

James se repositionna rapidement sur le terrain, il ne servait à rien d'essayer de fatiguer les joueurs de Poufsouffle, seule la rapidité pouvait les perturber. Et le Trio d'Or avait tout intérêt à se dépêcher de marquer un maximum de points. Au bout d'une vingtaine de minutes et contre toute attente les deux équipes étaient aussi mal organisées l'une que l'autre. La plupart des joueurs de Poufsouffle se disputaient en jouant et laissaient de côté toute idée collective. Du côté des Gryffondor la pression pesait sur les poursuiveurs. Fred ne passait jamais le souaffle à ses coéquipiers et Mael ne jouait qu'avec James. Liko subissait sans raison la rage d'une des batteuses, et l'autre batteuse s'acharnait sur Lucy qui excellait comme d'habitude. Maggie ne supportait pas cette mauvaise attitude et s'acharnait à son tour sur les joueurs adverses.

– Gryffondor mène 90 à 20 et Olivia Dubois demande un temps mort, accordé par Tim Brinks.

Les deux équipes se posèrent et Olivia commença à réprimander ses camarades mais James la coupa.

– Fred, je sais que tu veux être sélectionné pour le Tournoi et tu en es capable ! On pourrait tous y être même mais faut qu'on montre qu'on est unis ! Les Poufsouffle n'ont jamais été si mal organisés, il faut qu'on en profite les gars ! Jouons fair-play, restons concentrés, oublions la mauvaise ambiance et les fautes de l'équipe adverse ! C'est en jouant ensemble, en collectif qu'on pourra y arriver ! Franchement ils sont complètement dépassés, profitons-en ! Désolé Olivia…

– Non, tu as raison James et tu ferais un très bon capitaine ! Aller les gars, le Trio d'Or reprenez…

– Ouais, Fred, Mael, c'est en jouant à l'instinct, au feeling qu'on a toujours réussi, c'est comme ça qu'on doit jouer !

– James a raison ! Liko, concentre toi sur le souaffle, oublie la bêtise de nos adversaires ! Maggie idem ! Aide Lucy au lieu de t'acharner bêtement sur ceux qui ne jouent pas ! Les gars, ce match c'est notre match !

Les Gryffondor avaient tellement profité de leur temps mort qu'ils n'avaient pas vu que les Poufsouffle s'étaient à nouveau disputés. Le match prit alors une toute autre dimension. Olivia positionna James officiellement comme meneur de jeu. Celui-ci était chargé d'intercepter le souaffle à chaque attaque adverse et de relancer son équipe. Maggie défendit ses poursuiveurs alors que Lucy attaquait leurs adversaires. Liko ne laissa plus le souaffle entrer et Olivia s'égosilla pour motiver ses troupes. En acceptant de jouer collectif, Fred montra l'étendue de ses compétences et il était indéniable qu'il avait fait d'immenses progrès.

– Et un nouveau but de Fred Weasley !

– Potter récupère le souaffle et passe à Thomas. Il slalome et passe à Potter qui aïe !

Sous les cris du public, James se sentit tomber dans le vide. Il avait vu le regard mauvais de Cameron qui s'était littéralement jeté sur lui et il n'avait pas pu l'éviter. Il se redressa tant bien que mal en sentant sa tête le cogner douloureusement. Alors que Mael le vengeait et s'en prenait à Cameron, Fred n'avait pas perdu de temps et continuait à marquer devant les buts vides car Oscar s'était précipité sur James pour l'aider. Maggie hurlait des « Non mais ça va pas d'attaquer mon doudou ! » et le regard de James se posa sur Lucy qui était à deux doigts d'être attaquée par Zaria Smith.

– Lucy derrière toi !

Il reçut en même temps le souaffle des mains de Fred qui flanchait sous les coups d'Allan et Alize Macmillan. James attendit qu'Oscar, bien que visiblement dégouté, ait rejoint ses buts pour lancer le souaffle et fila vers Lucy. Il la vit écarquiller les yeux en le voyant arriver si vite sur elle et eut à peine le temps de la tirer sur le côté pour qu'elle ne se fasse pas percuter par Cameron. James ne put éviter le choc et Lucy l'aida à se maintenir sur son balai. Les minutes qui suivirent furent si confuses que Guillaume et Owen eurent beaucoup de mal à les commenter. Tim était intervenu et avait réussi à calmer les animosités en excluant dix minutes Cameron Maclaggen. Le vif d'or n'était toujours pas apparu et le match reprit comme si de rien était.

– Nouveau but de James Potter ! J'en profite pour vous dire qu'après Natasha Kandinsky et Tiffany Grick pour le match précédent, les deux meilleurs joueurs de cette rencontre sont une nouvelle fois Lucy Weasley et James Potter !

– Et Olivia Dubois s'échappe ! Elle a vu le vif !

– Connor Maclaggen semble se réveiller et la poursuit. Mais Olivia attrape le vif !

– Gryffondor l'emporte 360 à 20 !

– Bravo Gryffondor et à la semaine prochaine pour les derniers matchs de l'année !

Les Gryffondor n'eurent pas le temps de fêter leur victoire car Fred avait un peu trop montré sa joie et se battait désormais avec Cameron. James, Oscar et Liko se dépêchèrent de les séparer sous l'œil réprobateur du jury.

La semaine qui suivit fut tout aussi animée par le Tournoi. Les plus jeunes élèves de Gryffondor et Serdaigle tentaient de blesser les joueurs des deux équipes et tous leurs efforts n'étaient pas vains. Au grand regret de certains, certaines amitiés furent également touchées par l'enjeu du match qui les opposerait. Si Malek et Isidore étaient toujours aussi souriants, Liko ne pouvait s'empêcher d'être crispé quand il les voyait et Olivia était complètement sous pression. Alors que Maggie était venue l'attendre à la sortie d'un cours, James l'avait vu s'en prendre à Keith qui jouait lui aussi au poste de batteur. James ne savait pas comment réagissait Natasha puisqu'il tentait de l'éviter au maximum, en revanche il était très fier de Lucy qui restait imperturbable. Ce n'était bien sûr pas le cas de Fred qui fut intenable. Nalani lui avait même proposé qu'ils rompent temporairement jusqu'au match tant l'enjeu semblait important pour lui. Plus rien n'existait, ni sa petite amie, ni ses coéquipiers et encore moins les cours. Malheureusement s'il s'en prenait à tous les Serdaigle, il passait aussi beaucoup de temps à mépriser les Poufsouffle. Oscar ne lui avait pas pardonné le fait qu'il ait préféré enchainer les buts plutôt qu'aider James lorsqu'il avait été blessé. Oscar, lui, avait laissé son poste pour secourir son ami et Fred en avait profité pour marquer plusieurs buts devant les cercles vides.

Les autres activités furent également prises d'assaut et après avoir intégré brièvement le club d'échecs pour participer à la stratégie d'intégration d'Hugo, James devait à présent intégrer le club de Duels pour faire plaisir à Alice.

– S'il te plait James ! Si tu ne viens pas, Keanu sera pris et je ne veux pas faire équipe avec lui…

– Mais mes résultats ont chuté Alice, je ne suis pas sûr de…

– James, on est les meilleurs en Duels toi et moi ! Aller…

Par amitié, James et Alice avaient convaincu Mael de se joindre à eux et ils avaient normalement réussi leurs épreuves. James s'était retrouvé à devoir combattre Aldo et s'était fait un plaisir de l'écraser. Mael en avait fait de même avec Fred et Alice s'était défaite d'un Keanu franchement surpris. Leurs amis Solenne et Oscar avaient également de bonnes chances de représenter Poudlard.

Leur journée de cours terminée, James et Mael rejoignirent leur équipe sur le terrain de quidditch. Olivia avait réussi à le réserver pendant deux heures et s'était acharnée et égosillée sur ses joueurs.

James était exténué et la douche brulante qui l'attendait après leur entrainement de quidditch lui serait bénéfique.

– James ! Attends…

Maggie l'attendait à l'embranchement des vestiaires pour filles et pour garçons. Alors qu'Olivia et Lucy se pressaient de rejoindre le château, non sans jeter un œil inquiet au terrain où l'équipe de Serdaigle venait de s'échauffer, Maggie attira James dans le vestiaire pour filles. Similaire à celui qu'il connaissait, James comprit que Maggie l'entrainait vers les douches. James était toujours très étonné de voir combien Maggie était ingénieuse lorsqu'il s'agissait de leur trouver des moments d'intimité. Il est vrai qu'il quittait peu ses amis, s'enfermant dans la bibliothèque avec eux pour rendre à temps leurs devoirs mais Maggie trouvait quelques fois des astuces pour le trouver seul et en profiter. Il n'était pas contre, bien sûr, mais entre les cours, le quidditch et sa vie sentimentale, James avait très peu de repos et il craignait que sa forme physique ne s'en ressente. Cela n'inquiéta pas Maggie et ils se retrouvèrent bientôt sous l'eau brulante dans des ébats qui détendirent James après sa folle journée. Il ne savait plus depuis combien de temps ils étaient là mais fut vite rappelé à l'ordre lorsqu'il commença à se vêtir. Il n'avait enfilé que son caleçon et son jean lorsqu'une voix le sortit de ses pensées.

– On peut savoir ce que tu fais là Potter ? Ce sont les vestiaires des filles je te signale !

Natasha se tenait devant lui, entourée de Nalani et de leurs coéquipières.

– Ça va Kandinsky, il est avec moi.

– Et c'est censé me rassurer, Towler ?

– Excuse-nous d'avoir troublé ton petit monde de vierge effarouchée, gamine.

– Maggie…

– Quoi ?

– Laisse Potter, ta gourgandine de copine n'a rien trouvé de mieux pour…

– Dentesaugmento !

– Finite ! s'écria James. Maggie, tu es… arrêtez ! C'est bon on ne va quand même pas tous se battre !

– C'est elle qui a commencé, Potter ! répondit Tiffany Grick.

– Elle m'a traité de…

– Maggie ! C'est bon ! Arrête maintenant. Kandinsky, viens, je t'amène à l'infirmerie.

– Non !

– C'est bon, James, merci, je l'accompagne. On se voit demain en cours.

– Merci Nalani.

Le week-end arriva et la tension était plus que jamais palpable. Olivia ne faisait plus que des ultimes recommandations à ses joueurs, notamment à Fred qu'elle suppliait de jouer collectif. Le premier match fut joué et Serpentard écrasa Poufsouffle malgré les efforts d'Oscar. Scorpius Malefoy marqua l'intégralité des buts et offrit deux-cent cinquante points à son équipe. Vaisey attrapa le premier vif d'or de sa jeune carrière et offrit cent-cinquante points de plus à son équipe. Puis ce fut l'heure pour Gryffondor et Serdaigle de se préparer à entrer sur le terrain.

Albus et ses amis s'étaient assis près de Lily et tous arboraient les couleurs de Gryffondor ainsi qu'une immense banderole d'encouragement. Rose les avait rejoint et par souci d'équité familiale portait également les couleurs de Gryffondor, en plus bien évidemment de celles de sa maison. Molly avait suivi son exemple et sa meilleure amie Megan supportait fièrement sa jeune sœur Tiffany qui jouait depuis peu dans l'équipe. Oscar rejoignit Susie, Keanu, Solenne, Alice, Louis et Marcia qui s'apprêtaient à encourager leurs meilleurs amis des deux équipes sous les yeux de Ginny Weasley qui reprenait sa place parmi le jury du Tournoi.

– Le jury se remet en place, nous aussi, l'arbitre est sur le terrain et nous nous apprêtons à accueillir comme il se doit les joueurs des deux équipes qui nous ont fait vibrer cette saison ! Ce match est synonyme de finale ce soir et on a une pensée particulière pour quatre joueurs d'exceptions qui tireront leur révérence cette année !

– Alors bravo à Liko Jordan et Isidore Kandinsky, deux gardiens d'exception !

– Et surtout bravo à Olivia Dubois et Malek Lespare, les deux meilleurs attrapeurs de Poudlard !

– Et désormais place au match ! Voici les joueurs ! Pour Serdaigle, Grick ! Jordan ! Jirdenn ! Corner ! Kandinsky ! Lespare et…. Kandinsky !

– Et pour les Gryffondor, Thomas ! Weasley ! Potter ! Towler ! Weasley ! Jordan et… Dubois !

– Les deux capitaines se serrent la main, l'arbitre lance le souaffle…

– Et le match commence !

– Et c'est Weasley qui s'est emparé du souaffle, il file à toute allure, il évite un cognard de Corner et esquive Grick et Jirdenn

– Ses camarades sont derrière lui…

– Mais Weasley fonce toujours, il ne passe pas, il tire et…

– Il rate les buts. Jordan récupère le souaffle, elle passe à…

– Et Weasley lui fonce dedans ! Il écope d'un avertissement de l'arbitre et de sa capitaine qui est complètement furax.

– Grick avance vers les buts et wow, un sublime cognard de Lucy Weasley ! Et c'est Potter qui récupère le souaffle, il file et passe à Thomas.

– Potter – Thomas – Potter à nouveau

– Il esquive le cognard de Corner mais aïe celui de Kandinsky a du faire mal !

– Mais Potter conserve le souaffle, il passe à Thomas..

– Potter à nouveau… il tire…

– Et il marque ! Dix points pour Gryffondor !

James tapa dans la main de Mael et se dépêcha de regagner le terrain en remotivant ses coéquipiers. Les Serdaigle étaient très doués et jouaient de manière très fluide, les poursuiveurs avaient une réelle complicité mais James était sûr qu'ils pouvaient les gagner à ce jeu-là. Il fila prêter main forte à Liko et récupéra le souaffle, empêchant ainsi Nalani de marquer.

– Fred ! Mael ! Avec moi ! Vous vous souvenez l'épouvantard dans l'armoire du cachot ? cria-t-il en accélérant. Et le porc-épines ? Tiens Fred, imagine que tu tiens le porc-épines.

Il vit Fred esquisser un sourire en renvoyant le souaffle à Mael qui l'effleura à peine en le renvoyant à James, leur complicité revenait et avec elle leurs automatismes. James se positionnait comme centre, faisant des passes somptueuses et attirant tous les cognards. Il était le plus rapide et le meilleur finisseur de l'équipe, il pouvait marquer dans n'importe quelle position et jouait de manière naturelle, fluide, si bien que les batteurs adverses n'arrivaient pas à le toucher. La rapidité de Fred et la précision de Mael faisaient le reste du boulot.

– Le Trio d'Or a encore marqué ! 80 à 20 pour Gryffondor !

– Alors que le vif d'or est en vue !

– Non !

Le cri de James passa inaperçu mais les comptes étaient vite faits. Malek était le meilleur à son poste et s'il s'emparait maintenant du vif d'or, Serdaigle gagnerait la coupe.

– Lucy ! File aider Olivia ! Je m'occupe de Liko ! Fred, tu restes au centre, je te renvoie la balle, tu files et tu passes à Mael qui est le plus précis. Maggie, protège-les tous les deux ! Aller !

En effet, Lucy s'acharna suffisamment sur Malek pour qu'il ne puisse attraper le vif mais celui-ci réapparaissait de temps en temps donnant ainsi du fil à retordre aux trois joueurs. Natasha et Keith étaient restés près de leurs poursuiveurs et empêchaient les garçons de marquer.

– James ! Va leur prêter main forte ! Je peux y arriver seul, ne t'inquiètes pas ! C'est le match de ma vie !, hurla Liko.

James se rapprocha de ses amis à temps pour récupérer le souaffle et faire exploser la défense de Serdaigle.

– Aller les gars, les trois M ! La pyramide ! L'avalanche du paresseux !

James criait des tactiques et lorsqu'elles ne fonctionnaient pas, l'individualité de Fred était tout aussi efficace.

– Nouveau but de Fred Weasley ! Gryffondor mène 180 à 70 !

– Et les deux attrapeurs filent ! Ils ont vu le vif !

– Et Kandinsky vient troubler le plan de vol d'Olivia Dubois.

Tous les supporters avaient les yeux rivés sur eux et même leurs camarades avaient du mal à s'intéresser à autre chose qu'à leurs attrapeurs. Alors que Malek se rapprochait dangereusement du vif, il esquiva un cognard de Lucy que récupéra Natasha. Elle le renvoya sur Olivia qui perdit du terrain. C'en était trop pour James qui fonça sur Tiffany Grick et récupéra le souaffle. Il fila vers Isidore et fit une ultime roulade pour marquer librement devant un des cercles laissés vides par le gardien épuisé. Mael s'élança aux côtés de Nalani pour récupérer le souaffle et Fred barra la route de sa petite amie. Mael lança le souaffle à James, qui encerclé, le rendit à Fred. Il n'attendit pas de voir si le souaffle était entré dans les cercles et se lança à son tour pour le récupérer, il fit la passe à Mael qui marqua à son tour.

– Et trente nouveaux points pour Gryffondor mais Lespare va…

James, Mael et Fred foncèrent en même temps sur Isidore et parvinrent à récupérer le souaffle, les trois poursuiveurs faisaient un véritable mur face à eux et James vrilla vers le sol à toute vitesse, il parvint à effectuer le lobé-lob et remonta vers les cercles en se penchant comme un fou sur son manche, il fallait qu'il marque ce dernier but, c'était devenu vital pour lui. Il ne sentit pas arriver le cognard qui le rattrapa et il lança le souaffle à toute puissance avant de tenter de se rattraper. Mael fonça, Liko rattrapa les garçons et Keith vint à son tour aider son ami en s'excusant de toutes ses forces. Qu'importe se dit James, il venait de marquer son dernier but, l'ultime et le plus important but de sa très jeune carrière.

– Un nouveau but de Potter !

– Très difficile celui-là, bravo James !

– Et Lespare attrape le vif d'or ! Bravo Malek !

Olivia enrageait et fusillait Natasha du regard. Celle-ci vola vers son capitaine qui ne partageait pas la joie de ses amis.

– C'est la confusion sur le terrain, car les équipes sont à égalité ! 220 partout !

– Il faut donc revoir le classement d'avant match. Serdaigle avait 620 points et Gryffondor avait… 630 points ! C'est Gryffondor qui remporte la coupe !

James pleurait de joie en serrant Mael et Fred dans ses bras. Il avait offert les dix points de la victoire à son équipe, cette équipe qui avait tout donné pour gagner ce match. Lucy et Maggie tentaient de faire comprendre à Olivia qu'ils avaient gagné, Liko était parti embrasser le professeur Glacey et Mael et James souriaient moqueusement à Natasha et Nalani qui se retenaient à grand mal de pleurer. Ce match était leur revanche. Et quelle revanche !

– Bravo aux joueurs de Gryffondor qui ont livré un sublime match !

– Et le professeur Briscard s'apprête à donner la coupe à Olivia Dubois, capitaine de l'équipe depuis cinq ans !

Olivia n'en revenait toujours pas. Elle criait à son Trio d'Or qu'elle les aimait plus que tout et eux pleuraient de joie en s'étreignant avec force. Au moment de brandir la coupe, Olivia partagea son sacre avec Liko et tous les supporters de Gryffondor leur firent honneur. D'un commun accord, le Trio d'or s'en empara ensuite, ensemble, sous les cris chaleureux de leurs amis. James ressentit des milliers de frissons parcourir son corps et en regardant le visage radieux de ses deux acolytes il se dit qu'ils avaient encore fait du bon boulot et que l'année suivante, même sans Olivia et Liko, il faudrait conserver cette coupe coûte que coûte.

Les joueurs de Gryffondor furent rejoints par leurs amis et James, comme les autres, fut porté par une foule en délire. Il prit dans ses bras sa sœur et son frère ainsi qu'Alice et Sally et s'approcha de Rose qui réconfortait Natasha.

– Allons ! Tu as entendu Malek, tu as très bien joué, sans toi il aurait sans doute raté le vif !

– Oui mais j'ai vraiment cru qu'on avait gagné. C'était sans compter le trio d'or…

– Natasha...

– Ce n'est pas le moment, Potter, bravo tu as très bien joué mais…

– Toi aussi. Vous méritiez de gagner et ça s'est joué à peu de choses. Je voulais juste te féliciter.

– Merci. Bravo à toi en tous cas.

Sans plus attendre, James la prit dans ses bras. Il pensait qu'elle se dégagerait, qu'elle s'éloignerait de lui mais elle plongea contre lui et lui rendit son étreinte. Il laissa la place à Aldo qui fulminait et partit rejoindre Mael et Fred qui étaient tous deux félicités par Nalani. En voyant Mael en rage face au baiser qu'échangeaient Fred et sa petite amie, James lui promit que la prochaine coupe qu'ils gagneraient ensemble verrait également leurs espoirs amoureux comblés.

ooOOoo

Le championnat de quidditch et sa fin accélérée ne furent que brièvement commentés car, très vite, le Tournoi occupa à nouveau toutes les conversations. Chacun tentait d'imaginer quelle forme prendrait la Seconde Tâche du Tournoi et les tâches annexes qui alimentaient également nombre de sujets. Les entrainements des Champions reprirent et James n'en fut que plus occupé. Il était appréciable de ne plus entendre les cris stridents d'Olivia mais les professeurs de Poudlard étaient bien décidés à ne pas laisser leurs champions se reposer. Chaque professeur avait également à sa charge l'une des tâches annexes, aussi Lily se retrouva donc obligée d'assister trois fois par semaine à un cours sur les Pégases avec Hagrid pendant qu'Albus suivait le professeur Ganesh, seul professeur de Poudlard à connaître la langue des sirènes. James, quant à lui, déployait de lourds cernes dans les cours de Duel que leur prodiguait le professeur Gash.

Les champions des autres écoles firent un retour très remarqué à Poudlard, certains subissant quelques mesquineries. La fratrie Donovan, qui n'avait jamais vraiment été intégrée à Poudlard, était l'objet de rumeurs et d'actions plus que douteuses. On murmurait à propos de Sullivan, on prêtait aux jumelles de septième année frasques et mœurs légères et uen bande d'élèves de Poudlard avait instauré un nouveau jeu, jeter les sortilèges les plus farfelus à Noélia et Océane, qui, étant de jeunes sorcières brillantes, parvenaient à contrer le plus ardu des enchantements. Bien évidemment, Nolan ne dérogeait pas à la règle. Hospitalisé durant plusieurs semaines, il avait fait l'objet d'une pression journalistique sans précédent. Agacés d'être sans cesse repoussés par les médicomages et la famille du jeune garçon, les journalistes avaient laissé entendre que Nolan se trouvait à l'hôpital à cause d'un duel qui avait mal tourné. Pour plus de poids, les journalistes avaient incriminé James, et le jeune homme s'était vu accusé d'avoir blessé celui qui était pourtant devenu son ami.

Mais les Champions ne subissaient pas tous la pression de la presse, certains se jouant d'elle avec une facilité désarmante. C'était le cas des jumeaux Parish, fiers représentants de l'équipe de l'Irlande, qui enchainaient les interviews et n'en finissaient pas de se moquer de l'équipe de Poudlard.

La tension était palpable et l'attente de la deuxième tâche était quasi insoutenable. Toute cette agitation avait mené les champions sur un piédestal. Il n'était pas rare, lorsque l'un d'eux arpentait un couloir, d'entendre des dizaines d'élèves scander son nom des banderoles étaient déployées dans la Grande Salle et dans certaines salles de cours, ils étaient devenus de véritables vedettes.

Quelque peu habitué à cela, James préférait l'ignorer et passer du bon temps avec ses amis de toujours. Il suivait ses cours en compagnie de Mael et retrouvait sa petite bande tous les soirs dans la bibliothèque pour des révisions plus importantes que jamais.

– Les profs vont nous tuer ! se lamentait Alice. On n'arrivera jamais à tout faire !

– Mais si, la consolait Mael. Regarde, on a déjà fini les devoirs de demain et on a même pris de l'avance sur jeudi et vendredi.

– Ouais ben moi je m'arrête…

– Alice… ajouta James avec douceur, on a un devoir de défense lundi, il faut qu'on prenne de l'avance sur nos devoirs pour qu'on ait le temps de bien réviser ce week-end. C'est sur cet ultime devoir que Gash sélectionnera définitivement les représentants de Poudlard à la tâche des Duels. Plus qu'une semaine et ça ira mieux…

– Mais non, James ! cria Alice. Ça sera comme ça jusqu'aux Buses !

Lucy laissa échapper un petit gloussement et échangea un regard complice avec son cousin.

– C'est dingue ce que tu es devenu sérieux Jamesie.

– Comme nous l'a fait très discrètement remarquer Alice, c'est l'année des Buses.

– Ouais mais quand même… Et dire que tes parents pensent que…

Le coup de coude d'Alice la stoppa net mais le sourire de James s'était déjà éteint. Lucy s'en voulut immédiatement mais il était trop tard pour revenir en arrière. Elle était ainsi, nature et spontanée, quoiqu'un peu trop directe, comme le lui rappelait souvent Marcia. Celle-ci était justement en train de lui lancer un regard lourd de reproches et tenta de détendre l'atmosphère en changeant de sujet.

– Vous savez qui sera capitaine de l'équipe l'an prochain ?

– Ah oui, tiens, c'est vrai qu'Olivia et Liko quittent Poudlard à la fin de l'année ! répondit Alice avec enthousiasme.

– Ça ferait plaisir à Fred d'être nommé capitaine, nota James.

– Si c'est lui je quitte l'équipe, s'emporta Mael.

– Et pourquoi pas l'un de vous deux ? Vous avez l'esprit beaucoup plus collectif que Fred, ajouta Lucy.

– Et vous croyez que l'un d'entre vous intègrera l'équipe de Poudlard ?

– On ne peut pas parler d'autre chose ? grommela Louis qui peinait à se concentrer sur son manuel de Potions. Quidditch, Tournoi, bal, y a donc que ça qui vous intéresse ?

Louis rangea ses affaires avec rage et les laissa en plan.

– Qu'est-ce qui lui arrive ? questionna Lucy.

– Il est stressé, c'est tout. Ce week-end il voulait réviser mais je lui ai demandé de m'aider pour un devoir d'Arithmancie et il a pris beaucoup de retard sur son programme. A ce que j'ai compris sa mère lui fait la morale tous les jours pour qu'il ait des meilleurs résultats que toi, ajouta Marcia en regardant James.

Celui-ci baissa la tête, penaud, et attendit que Marcia aborde à nouveau l'équipe de quidditch de Poudlard. C'est ce moment que choisirent Rose, Roxane et Natasha pour venir les rejoindre.

– … tu crois vraiment qu'Oscar a une chance de jouer dans l'équipe ? s'étonnait Mael.

– Oscar Dubois ? s'exclama Roxanne. James t'es cinglé ! C'est évident que Liko sera pris !

– Le frère de Natasha aussi est très bon, tiqua Rose.

– Et pour les attrapeurs ?

– Malek, c'est évident, répondit Natasha d'un ton blasé. Olivia a l'air très sympa et c'est une bonne joueuse mais Malek… C'est un autre niveau.

– T'en pense quoi, James ? insista Alice.

– Je suis d'accord avec Natasha. Je pense qu'Isidore et Malek seront dans l'équipe. Ce sont les meilleurs, même si c'est vrai que…

– Alors pourquoi tu parles d'Oscar ? attaqua Natasha. Jordan, à la rigueur, mais lui il…

– C'est un bon gardien.

– Tu dis ça seulement parce que c'est ton ami.

– Et ?

– C'est naze.

– Calmez-vous tous les deux, tempéra Rose.

– D'ailleurs tu penses avoir une chance, toi, Kandinsky ? la taquina Alice.

James soupira discrètement pour que seule Alice l'entende même s'il savait que c'était plus fort qu'elle, il fallait toujours qu'elle le défende envers et contre tout.

– Y a une sacrée concurrence donc je ne pense pas. Pour moi ça ne fait aucun doute que Lucy sera prise. Après…

– C'est évident que tu seras prise Natasha, la coupa James, tu es la meilleure après Lucy !

– Arrête de raconter n'importe quoi Potter ! La paire de Poufsouffle est très expérimentée et…

– Ils n'ont aucune chance, rappliqua James. Jalil et Albus non plus. Les premiers sont trop habitués l'un à l'autre et manquent d'envie, quand à mon frère et Jalil, ils manquent d'expérience.

– Donc Lucy et Natasha ? résuma Marcia.

– Il reste Keith, nota Natasha.

– Et Maggie, répliqua James.

– Bien sûr, elle joue tellement bien et elle est tellement peu transparente que je l'avais oubliée !

– Tu devrais faire attention, coupa Alice, prenant James de court, à bien y penser on dirait de la jalousie.

– Pardon ?!

– Et pour les poursuiveurs ? coupa Rose. James, Mael, votre avis ?

James tenta de se calmer et évalua la situation. Bien sûr, depuis le dernier match, il se forçait à ne pas y penser, mais il connaissait parfaitement les douze poursuiveurs de Poudlard.

– James, Fred et Nalani, lâcha Mael.

– Pourquoi pas toi ? s'étonna Rose. Tu es un bon joueur, non ?

– Le meilleur, répondit James par amitié.

– Oh cesse donc de faire ton beau ! Tu sais très bien que c'est faux ! Mael est bon mais Fred est arrivé bien avant lui et marque beaucoup plus que lui !

– Parce qu'il joue perso !

– Ça paye on dirait !

– Mais le quidditch est un sport collectif !

– Et un poursuiveur doit marquer des buts ! C'est bizarre mais j'ai la nette impression que tu l'oublies très souvent ! D'ailleurs Fred tombe beaucoup moins de son balai que toi !

James accusa le coup. Il fallait reconnaitre que Fred était le meilleur marqueur de l'équipe et que James passait souvent son temps à empêcher les joueurs adverses de marquer ou à …

– La plupart du temps, James tombe en essayant de protéger quelqu'un, affirma Alice.

– Exact, confirma Lucy.

– Mais ce n'est pas son rôle !

– Lâche-moi Natasha !

– Tu n'as aucune chance d'être pris.

Elle avait prononcé ces derniers mots d'une voix calme, sans excès, sans colère et James en fut encore plus touché. Sentant Rose confuse et ses amis s'agiter, James les interrompit.

– Je ne serai pas dans l'équipe, non. Je pense que Fred y sera car il a un style très personnel et qu'il est le plus rapide je pense également que Nalani sera prise, ce n'est pas la meilleure finisseuse de votre équipe mais elle est capable de rattraper n'importe quel souaffle. Et je pense que Malefoy sera également pris. Il est exceptionnel depuis le début et son agressivité pourra jouer en la faveur de l'équipe. Moi c'est le trio que je mettrai.

– Sauf que ce n'est pas toi qui choisis, rétorqua Natasha.

– On me demande mon avis, je le donne.

Ils se fusillèrent du regard, ignorant leurs amis qui cherchaient un autre sujet de conversation susceptible d'adoucir les mœurs. Seule Lucy restait concentrée sur la future probable équipe qui représenterait Poudlard.

– Il manque un meneur, nota Lucy. Fred et Malefoy ont le même style, ça m'étonnerai que…

– Nalani le fera très bien. Et puis Serdaigle est une très bonne équipe au sens global, ils sont les plus réguliers aussi et avoir plusieurs membres qui viennent de Serdaigle, c'est s'assurer d'un jeu régulier, fairplay, construit.

– C'est pas faux. Mais je persiste à dire que si tu n'avais pas été là au dernier match, on aurait perdu et le match et la coupe. Et Fred était bien parti pour bousiller le match à lui tout seul.

– Lucy a raison, ajouta Mael. Et tu as marqué les dix points de la victoire.

– Et pendant les temps morts, Olivia reconnait toujours que tu sais parler à l'équipe. En plus tu connais bien les joueurs des autres équipes. Et ça me ferait bizarre de jouer sans toi…

– Merci Lucy mais…

– Cesse de faire le modeste !

– Et toi, arrête de m'agresser ! C'est toi qui disais que je ne serai pas pris dans l'équipe !

– Et ?

– Je ne fais que confirmer ce que tu dis ! Pourquoi tu t'énerves pour ça ?

– James… calma Rose.

– Parce que tu es prétentieux de nature, tu débordes de suffisance, tu en as tellement en toi que ça en devient pathétique, tu es un…

– Idiot pathétique et arrogant, ça va je crois que j'ai saisi.

– Ça te va bien de jouer les victimes, tu…

– Mais tu vas le lâcher, oui !? s'énerva Mael. Ça fait six mois que tu agis comme ça, t'en as pas marre ?! Par Merlin j'ai l'impression d'avoir une gamine de sept ans en face de moi ! ça l'amusait peut-être quand on avait treize ans ce petit jeu mais je te signale qu'il en a quinze maintenant, t'as pas compris que tu deviens lourde ?!

Abasourdie et rouge de honte, Natasha s'apprêtait à se lever lorsque Maggie arriva à son tour et embrassa James d'une façon peu équivoque.

– Beurk, lâcha Natasha en récupérant ses affaires.

– Elle est encore là la vierge effarouchée ?! se moqua Maggie. Tu viens, mon amour ? On a le dortoir pour nous tous seuls…

Très inspiré, James se leva comme un automate en lançant un sourire charmeur à sa petite amie.

– Dépêchons-nous d'en profiter alors, dit-il d'une voix grave.

– Quel romantisme, grommela Natasha.

– Le romantisme c'est sans doute très bien pour les petites filles dans ton genre, se moqua Maggie. Toi tu es du genre à te satisfaire de Mac Millan, c'est certain qu'avec lui ça doit pas être l'éclate tous les jours. Moi j'ai un homme, un vrai, un de ceux que tu n'approcheras jamais à moins de dix mètres.

– C'est bien, tu deviens aussi prétentieuse que lui. Un vrai miracle que vous…

– Un conseil Kandinsky… Fiche-nous un peu la paix. Je te tolère car tu es l'amie de Weasley et…

– Oh ça y'est c'est officiel ? dit Natasha d'un ton ironique.

– Quoi ?

– Tu fais partie de la famille ? Genre tu me tolères car je suis amie avec la cousine de ton futur mari ?

– J'ai bien compris que James considère Rose comme ça sœur, elle compte beaucoup à ses yeux et je le respecte. Je sais aussi qu'il te supporte seulement pour cette raison et…

– C'est cela, oui, lâcha Natasha en riant.

– Ma patience a des limites.

– Je suis morte de trouille !

– Tu peux, vu la taille de tes dents l'autre jour…

Ce fut sur ces dernières paroles que, bras dessus, bras dessous, James et Maggie quittèrent la bibliothèque de Poudlard pour une sieste bien méritée.

ooOOoo

– Natasha, calme-toi, je te répète pour la dixième fois que cette armoire ne t'a rien fait !

Cela faisait plus d'une heure que Rose tentait de calmer Natasha. Elles avaient trouvé refuge dans leur dortoir qui, heureusement, était désert. Océane était rarement présente et Fiona et Chandika devaient être en train de draguer, pensa Rose, et elle en était satisfaite. Il était préférable que personne d'autre qu'elle ne soit témoin de la colère de Natasha.

– Viens t'asseoir, on va parler.

– Je range mes affaires ! rétorqua sa meilleure amie.

– Ça fait dix fois que tu ranges tes chaussettes, elles peuvent difficilement être mieux rangées que maintenant.

– Ça me calme.

– Parler aussi te calmerait.

– Sûrement pas. Cette fille est aussi bête qu'une poêle à frire les botrucs. Je la hais ! Elle est là à se pavaner au bras de ce crétin comme si c'était la huitième merveille du monde !

Enervée de ne pas trouver ce qu'elle cherchait dans sa malle, Natasha envoya valser un vieux chaudron en étain.

– Ça ne sert à rien de t'énerver contre elle. En plus elle a trois ans de plus que toi et…

– Tu crois qu'elle me fait peur ? Tu crois que cette cruche m'impressionne ?

– Nat…

– Elle n'existait pas avant ce stupide épisode de la salle de bains des préfets ! Elle est horrible et…

– Je la trouve plutôt jolie et je…

– Elle est horrible ! Et elle se maquille comme une… Je suis sûre qu'ils la gardent dans l'équipe seulement parce qu'elle couche avec monsieur-j'ai-des-relations et qu'elle…

– Dois-je te rappeler que tu la craignais avant le dernier match ?

Le chaudron atterrit cette fois-ci contre la porte de la salle de bains en un bruit terrifiant. La porte s'ouvrit à la volée et apparurent les mines étonnées de Nalani et Solenne.

– Vous vous disputez ?

– Non, répondit Rose.

– Qu'est-ce qui t'arrive Natasha ? Ne me dis pas que c'est ton altercation avec Maggie qui…

– Elle en a parlé ?! Par la barbe de Merlin je vais lui passer l'envie de…

– Non c'est Keith qui vous a entendu à la bibliothèque. Qu'est-ce qui se passe entre vous ?

La pile de livres que Natasha tentait de tenir en équilibre s'effondra lourdement sur le sol. Natasha n'avait pas pour habitude de laisser parler ses émotions et peu d'élèves l'avaient déjà vue en colère, autant dire que Nalani et Solenne étaient troublées de voir cette nouvelle facette de sa personnalité.

– T'es amoureuse de James ? demanda Solenne avec un petit sourire en coin.

– Pardon !? Non mais ça va pas la tête !? Vous êtes tous devenus fous par Merlin !

– Hé ! Calme-toi, je demandais juste.

– Et puis n'oublie pas que James est notre ami, ajouta Nalani. C'est un type cool, franchement et il…

– Arrêtez toutes de parler de lui comme d'un Dieu ! Ce type est horriblement chiant et vaniteux !

– Tu te trompes, rétorqua Nalani. Nous on l'apprécie mais visiblement ce n'est pas ton cas. Pourquoi tu ne l'ignores pas, alors ?

– Et puis qu'est-ce que ça peut bien te faire qu'il sorte avec Maggie ?

– Je me fous de Towler.

– Ben non, répondit Nalani. L'autre jour dans les vestiaires vous avez déjà failli vous battre et…

– Elle m'a jeté un sort ! Et puis c'est les vestiaires des filles, pas un baisodrome !

Nalani et Solenne étaient plus que choquées de voir Natasha dans cet état. Pour la plupart des Serdaigle, Natasha était une fille pleine de vie et très sympathique mais certainement pas une boule de nerfs. Elles finirent par écouter Rose qui affirmait qu'elles préféraient être seules pour parler mais la fureur de Natasha était toujours aussi présente.

– Tu pourrais m'en parler, à moi. Je suis censée être ta meilleure amie, t'as oublié ?

– Bien sûr que non Rosie. Mais je…

– Alors explique-moi ce qui te met dans cet état ! L'autre jour quand tu es revenue de l'entrainement tu étais dans le même état. Pourquoi tu ne m'as pas dit qu'elle t'avait envoyé un sort ? Qu'est-ce qu'elle faisait dans les vestiaires ?

– Elle était avec James.

– Mais…

– Rose, tu veux vraiment que je te fasse un dessin ? Cette idiote a voulu pimenter leur vie sexuelle, ok ?

Pour la première fois une émotion autre que la colère s'emparait de la jeune fille et Rose y vit une ouverture. Bien que profondément choquée par ce qu'elle venait d'apprendre, elle s'approcha doucement de sa meilleure amie et la fit assoir sur son lit.

– Tu l'aimes, n'est-ce pas ? Nat, s'il te plait, écoute-moi. Juste une minute. Tu vas me dire que non, que James est un crétin, qu'il t'insupporte, que Maggie est une idiote qui se maquille trop et qui se prend pour une déesse depuis qu'elle sort avec la célébrité de Poudlard mais… Il y a autre chose. Sinon tu ne te mettrais pas dans cet état-là.

– Je suis énervée c'est tout. Et l'autre idiot de Thomas qui…

– Il défendait James. Et il n'avait pas tort, Nat ! Tu l'attaques dès que tu le croises, il ne peut rien dire sans que tu le casses.

– C'est comme ça depuis toujours.

– C'est vrai et faux en même temps. Vous le faisiez avant mais cette année… Ecoute, je vois bien que ça te chamboule mais ne me mens pas à moi. Je sais que vous vous êtes embrassés à son réveil, après la première tâche. Ce soir-là tu étais dans un état pas possible. Et pendant le bal, vous… Enfin, j'imagine qu'il a dû se passer quelque chose parce que le lendemain tu faisais franchement la gueule à chaque fois que les autres en parlaient. Je sais qu'il a fait un truc avec Maggie mais toi… Tu sortais avec Aldo, tu aurais dû être heureuse et pourtant, chaque fois qu'on était seules je voyais bien que ça n'allait pas. J'ai compris pendant la fête de James…

– Je n'ai pas envie de parler de ça.

– On fera comme tu voudras. Mais peut-être que ça te ferait du bien de vider ton sac… Si t'es attirée par lui, tu…

– Non ! Ce type me révulse, il…

– Arrête ! Que tu n'aies pas envie d'en parler, soit, mais ne parle pas de lui comme ça. C'est mon frère.

– Je sors, j'ai besoin de voler un peu.

– Nat…

– Rose, je t'assure que je ne ressens rien pour lui, ok ? Tu connais ma situation, ce type a tout ce qu'il veut, il est riche, beau, célèbre et oui, oui, très attirant. Mais jamais je ne ressentirai autre chose que de l'attirance. Il représente tout ce que je déteste. Quant à Towler… Y a des personnes comme ça, qu'on ne peut pas saquer. Ben elle c'est le cas. Et en plus elle est mon adversaire au quidditch.

– Mouais. Et pour Dona Cole, c'est quoi l'excuse ?

– …

– Je vois. Vu ta réaction je ne parlerai pas de Susie Finigan, hein ? Une fille qui semble très sympathique mais que tu as toujours détesté… Surtout quand elle était en couple avec James, n'est-ce pas ? Aller viens… Je t'accompagne jusqu'au terrain, j'en profiterai pour saluer Hagrid quand tu voleras…

Leur petite sortie les revigora et toutes deux étaient beaucoup plus calmes lorsqu'elles franchirent les portes de la Grande Salle où le professeur Briscard s'apprêtait à faire un discours. C'est à ce moment-là que les Champions de Poudlard firent une entrée fracassante sous des applaudissements toujours plus forts.

– Alors c'était comment cette réunion ? s'intéressa Alice.

– Inutile, répondit James d'une voix blasée. Juste quelques recommandations sur le fairplay, l'esprit d'équipe, tout ça mais expliqué par Slopa…

– Je vois le genre. Et avec Maggie, tout s'est bien passé ?

– Oh elle était remontée contre Kandinsky.

– Et toi ?

James se passa une main dans les cheveux et lança un bref regard à Natasha avant de se pencher vers Alice et Mael afin qu'eux seuls l'entendent.

– Honnêtement je n'y comprends plus rien. J'ai cru un moment que… Mais enfin, elle me déteste. Mais pourtant elle n'arrête pas de…

– Autrement dit, tu pensais tellement à elle que tu n'en as pas profité avec ta chérie ?

James rougit et fit mine de s'intéresser au directeur de Poudlard qui s'apprêtait à prendre la parole. Il détourna les yeux au bon moment, évitant de peu le regard entendu qu'échangeaient Alice et Mael.

– Mes chers élèves, un sorcier accompli doit savoir faire preuve de patience et de retenue, mais il doit également toujours se tenir prêt à agir. Ce soir les réflexes de nos Champions vont être mis à rude épreuve. La deuxième Tâche, l'épreuve du feu commencera dans une heure. Champions, supporters, spectateurs, rendez-vous sur le terrain de quidditch dans une heure.

Sonné, James observa, stoïque, la liesse autour de lui. Les élèves s'élançaient, raclant les bancs de la Grande Salle, faisant voler assiettes, piches de jus de citrouille et autres couverts, les uns couraient rejoindre un ami, les autres criaient pour se faire entendre au-delà le brouhaha ambiant.

James les observait, ne partageant ni leur bonheur, ni leur hâte. Il ne les comprenait pas et se contentait de regarder les uns et les autres, toutes maisons confondues, les yeux figés pour repousser l'angoisse qui montait en lui. A la table de Serdaigle, Molly hocha la tête en croisant son regard. Elle semblait relativement plus sereine que lui mais détonait parmi ses amis turbulents. Non loin de James, Olivia et Liko s'étaient rapprochés et se parlaient à voix basse, plus calmes que jamais. James se nourrissait de cette vie foisonnante autour de lui, trop sans doute. Le vertige le happa, mais il ne ferma pas les yeux, enivré par la transe et le bruit. Et puis il ne vit plus que Malek Lespare, droit devant lui.

– Aller, Potter, viens. Il ne manque plus que toi.

– Mais Malek…

– Je sais, soupira le plus âgé. C'est une surprise dont je me serais également passé. Mais Poudlard a besoin de nous. Et nous, on a besoin de toi.

La main de Louis, sur son épaule, tremblait légèrement. Pourtant le regard gris de son cousin était confiant et serein, alors James se leva, se laissa étreindre par ses amis et suivit ses coéquipiers.

Dehors, le terrain de quidditch avait laissé place à une fosse embrasée. Dragons, salamandres, êtres de feu attendaient les Champions.

La Seconde Tâche pouvait commencer.


Et voilà... Alors, qu'est-ce que vous pensez de ce chapitre ? De la prise de conscience de cette chère Hermione Granger ? De la famille Kandinsky ?

Des pronostics pour cette deuxième tâche du Tournoi ? Des attentes, remarques, conseils ? Je prends tout et vous donne en échange de beaux et chauds rayons du soleil du suuud :)

A très vite !

Mlle P-d-C