Je ne possède pas Vampire Knight, je ne tire pas profit de cette fanfiction, et seuls mes OC m'appartiennent.

Merci à PaulToretto pour son gentil review, cela fait toujours plaisir !

Le conte ensanglanté, secundo nocturno


Putain, si je m'attendais à cela en arrivant ici…

Sarah resta sans voix pendant 2, 3 minutes. Bon sang. Zero Kiryu, ici ? Le retrouver là relevait de la coïncidence la plus improbable. Ou de la plus mauvaise plaisanterie de mauvais goût dont elle avait dû être témoin. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais il fut plus rapide, retrouvant un air fermé et peu avenant.

« Alors c'est toi la nouvelle dans la Night Class ?

Je… Oui, c'est ça. »

Comme si la réponse ne pouvait pas plus le dégoûter, il plissa légèrement le nez, avant de se retourner, indiquant seulement d'un coup de tête sec qu'elle devait le suivre. La jeune femme en resta quoique, avant d'avancer rapidement pour le rattraper.

« Zero, attends !... Je, je suis désolée, vraiment ! »

Je sais que j'ai merdé, mais je t'en prie. Ne me regarde pas comme ça !

Il se stoppa net, ce qui permit à la rousse de le rejoindre. Puis le gardien de l'académie tourna le regard vers elle. Toujours aussi petite. Ces cheveux rouges, comme si elle les avait plongés dans un bain de sang, ces yeux… Elle n'avait pas changé. Ça ne le rassurait pas, loin de là, surtout avec l'air qu'elle avait. L'homme grinça des dents en entendant ses mots. Non, il ne voulait rien entendre d'elle.

« Désolée ? T'es sûre que cela suffit, Sarah ? Moi pas, en tout cas. »

Son expression se fit blessée. Tiens ?... Elle avait des remords ? Il voulut presque en ricaner, tellement il les trouvait lamentables, à cet instant. Si Ichiru voyait cela….

Zero se renferma encore plus à cette pensée, alors que Sarah manifestement ne savait pas quoi dire. Au moment où la femme voulut rouvrir la bouche, il la coupa sèchement.

« Parler ne servira à rien Sarah. Allez viens. Je t'emmène chez le directeur. »

Et encore une fois, il se détourna. La jeune fille le regarda faire, pas vraiment surprise par cette brutalité. Elle l'avait mérité, la rousse supposait. Ce n'est pas comme si les erreurs du passé étaient réparables, pas après quatre ans sans rien se dire. Ses pieds se mirent à suivre l'homme machinalement, alors qu'elle garda les yeux à terre. Puis, quelque chose la frappa. Cette odeur, c'était celle d'un vampire, non ?

Sarah releva la tête, regardant autour d'elle. Ah, oui, c'est vrai. Elle devrait s'habituer. Sûrement un vampire « matinal ». C'était bientôt le crépuscule, après tout. Elle aurait juré que l'odeur venait de Zero, mais c'était impossible, n'est-ce pas ?

Le sourire nerveux qu'elle eut à cette pensée disparut à la seconde où Zero ouvrit la porte du bâtiment. Ça y est, il fallait passer aux choses sérieuses. Elle allait rencontrer dans quelques instants le chasseur de vampires dont se méfiait tant son père. L'écho des bruits de pas que Zero et elle faisaient en parcourant ce couloir lui sembla insupportable. Mais cette fois, c'est Sarah qui ouvrit la porte à la fin du corridor, bien déterminée à voir qui donc avait mérité le titre de « Vampire sans crocs ».

S'il y a une chose dont elle était sûre, c'est que la rousse ne s'attendait pas à ce que ledit chasseur soit en train de chercher dans le bordel qu'était son bureau après une lotion pour le visage. Et qu'il ait une serviette mise en turban autour de sa tête. Et c'est bien un tablier rose avec des dessins de chatons qu'il portait ?

Le sourcil de Sarah tiqua à la vue, et elle se força à ne pas s'écrouler en pleurant. Ou en riant. Ou les deux. Pendant les 10 dernières années, on lui avait raconté que ce retraité avait été une véritable terreur pour les vampires, le pire des chasseurs. Un véritable héros, quoi. Et maintenant, voilà qu'on détruisait de cette façon son mythe ?

Elle se racla la gorge, ayant du mal à accepter la vérité. Et un mythe de brisé, un ! Le directeur se redressa vivement, ses yeux s'écarquillant légèrement en la voyant.

Ah. Il n'a pas l'air ravi de me voir.

En même temps, bien que son père ait accepté que Kaien Kurosu ouvre son projet de Night Class, ils s'étaient longtemps querellés. Pas de doute qu'il se disait que la recevoir ici devait cacher quelque chose. Il n'avait peut-être pas tort, d'ailleurs.

« Directeur. C'est un honneur de vous rencontrer. »

Tablier rose et serviette en turban ou non, c'était une légende. Même si elle s'imaginait un peu quelqu'un d'autre. Enfin ! Sarah revint sur terre en entendant sa chaise grincer. Le directeur s'était assis, un petit sourire aux lèvres.

« Si ce n'est pas la Princesse Sarah Darkwing. Tu as drôlement grandi. »

La jeune femme eut envie de froncer les sourcils. Elle l'avait déjà vu ? … Peut-être qu'elle était trop petite pour s'en souvenir. Ou alors, c'est parce qu'elle ne portait aucune attention lors des bals entre Hunters. Avant qu'elle n'ait pu répondre poliment, le directeur reprit :

« Cependant, même si c'est un honneur de vous recevoir ici, cela m'étonne beaucoup que votre père ait ordonné votre transfert. Surtout dans la Night Class. »

Derrière elle, Zero s'étouffa à la dernière phrase, encore une fois. Tu m'étonnes, elle non plus ne s'en était pas remise. Bref… Sarah resta bien droite, en répondant de façon neutre :

« Tout comme moi, directeur. Il a dû penser que ce serait une preuve de bonne volonté d'ajouter un Hunter de la famille royale ici. »

Elle haussa les épaules, regardant par la fenêtre. Il commençait à faire sombre. Mince. Les vampires seront réveillés quand elle sera amenée dans le dortoir. Elle qui avait espéré les éviter pour ce soir … Elle secoua de manière bref la tête, pour chasser la petite déception à cette idée, avant de reprendre :

« Je pense que vous savez quelles sont les conditions de mon intégration ?

Bien sûr. Ne rien révéler sur ton identité ni tes facultés. Rien de bien difficile. Il n'y a que les sang-purs et les hauts membres en fonction du Sénat qui savent pour toi et ta famille. »

Ça n'étonnerait pas Sarah que ce soit le directeur lui-même qui ait proposé. Il avait beau avoir l'air d'avoir perdu les instincts d'Hunter, il savait quand même comment éviter un véritable massacre entre ses étudiants. La fille aux cheveux rouge sang examina rapidement le directeur. D'ailleurs son sourire sincère et son attitude extravertie, il y avait un penseur et un stratège. C'est peut-être pour ça que son père lui demandait expressément de le surveiller. Sarah soupira intérieurement. Elle en verrait toujours partout, des gens qui se sentent obligés de cacher leurs véritables buts aux autres personnes ?

Enfin. Elle était mal placée pour critiquer cela.

« Tu dois être fatiguée. Zero va te conduire au dortoir de la Nuit. Kaname a bien été informé de ton arrivée, et doit en ce moment t'attendre. Il n'y a pas cours aujourd'hui, tu as bien choisi ton jour ! » s'exclama joyeusement le Directeur Cross.

Magnifique.

« Très bien, merci de votre hospitalité. Passez une bonne soirée. » dit-elle, s'inclinant un peu en avant, pour ensuite lui tourner le dos et quitter le bureau. Zero était déjà à l'extérieur. Elle entendit un raclement de gorge, et retourna un peu la tête, haussant un sourcil.

« Sarah-chan, je voudrais que tu n'oublies pas qu'on est en terrain neutre, ici. Y menacer des vampires avec des armes ne seraient pas très bien vu. »

Cela surprit Sarah de le voir, pour un instant bref certes, aussi sérieux sur une chose. Comme si son masque amical tombait. Elle comprit alors que s'il y avait bien une chose à ne pas faire avec l'ancien Hunter, c'est de venir déranger la paix de cette académie. Après un moment, elle hocha la tête :

« Vous pouvez compter sur moi. »

Du moins, tant que les vampires ne me montrent pas leurs crocs.

Le trajet vers le dortoir des vampires fut horriblement court, contrairement au chemin précédent. Zero la laissa à la porte, se contentant de vite décamper. Il ne lui avait plus adressé la parole après qu'ils soient sortis du bureau du directeur, mais elle savait qu'il n'en pensait pas moins.

« Je t'ai écrit, tu sais ? Des tonnes de lettres. Je sais que j'aurai dû être là pour toi, quand …tout ça est arrivé. Mais je ne t'avais pas oublié, loin de là. »

Sans ouvrir la porte, elle observa la figure du préfet se figer, en plein chemin. Sarah eut un regain d'espoir à ce moment-là. Il avait réagi, c'est que malgré tout, il avait dû les lire...

« Je ne les ai jamais reçues, Sarah. Passe une bonne soirée. »

Elle resta figée, en le voyant disparaître dans la noirceur de la nuit. Que ? Comment ça, il ne les avait jamais reçues ? Elle baissa un peu la tête, comprenant alors pourquoi il n'avait jamais daigné lui répondre. Elle avait pensé qu'il lui en voulait trop pour cela, voire même qu'il n'avait jamais voulu ouvrir une seule de ces enveloppes après avoir vu l'envoyeur… Maintenant elle savait la vérité.

Elle se doutait bien que cette première entrevue depuis l'accident, si par coïncidence elle arrivait, ne serait pas heureuse. Malgré tout, elle avait envie de se faire pardonner. Zero avait été un ami proche, et sa perte ne lui avait pas fait que du bien, loin de là.

Tu parles. Peut-être que lui a pu souffler un peu, en perdant contact avec la famille royale.

Ah. Pas faux… Sarah eut un mauvais rictus à cette pensée, avant de regarder une dernière fois derrière elle. Elle devrait quand même réessayer de lui parler, un jour. D'en discuter. De se racheter.

Dieu seul sait à quel point t'es pas douée pour les relations humaines, Sarah.

La ferme. Sarah secoua la tête, avant de prendre son courage en main et d'ouvrir une des grandes portes du bâtiment. Elle cligna des yeux. Eh ben, pour un dortoir d'académie, c'était richement décoré... Un escalier majestueux, un salon tellement grand qu'on se serait cru dans un véritable manoir, le bois de l'escalier était ciré, toutes les bougies sur leurs perchoirs en or allumées… Et elle crut même voir une femme de ménage passer furtivement dans une autre salle, qu'elle devinait être la cuisine.

Ben oui, faut pas leur imposer un changement de logement trop radical, ces pauvres chéris aristocrates.

Nan, franchement, ça concordait si peu à la notion standard de dortoir d'étudiants que ça lui donnait envie de rire… Ou de pleurer, au choix. Elle posa sa valise doucement, se décidant à pénétrer dans la salle. C'était… Bien calme, comme endroit. La jeune femme regarda sa montre. 19h15. Le soleil d'hiver s'était couché depuis un petit moment déjà, comment ça se fait qu'elle n'ait pas vu de dents longues ?

« Tu t'es perdue pendant ta chasse, Hunter ? »

Il suffisait de demander.

Sarah se tourna vivement vers le haut de l'escalier. Deux vampires, tout ce qu'il y a de plus aristocrates. Ses souvenirs récents du dossier lui rappelèrent qu'il s'agissait d'Hanabusa Aido et d'Akatsuki Kain. Bon, ça, c'est fait. Elle haussa un sourcil à cette provocation cachée sous une question. Bien. Son père avait bien dit de ne pas faire de vagues… Ce serait dommage de se faire remarquer dès le premier jour.

« En réalité, je suis bien au bon endroit. Sauriez-vous m'indiquer le bureau de votre président de dortoir ? Je crois bien devoir lui payer mes respects, en tant que future élève. » dit-elle, d'un ton normal.

Bien entendu, elle voulait juste les faire réagir. Mais au moins là, on ne pourra pas dire qu'elle avait tiré les armes la première, ah !
Comme prévu, les vampires furent quelque peu surpris. Le plus petit s'apprêta à parler, probablement pour s'insurger de sa présence, mais une aura imposante se fit maintenant sentir.

« Aido, veux-tu bien te calmer ? Ce n'est pas une manière d'accueillir une jeune femme. »

Ah, j'aurais dû m'en douter. Bien sûr que le grand Kaname Kuran serait un véritable gentleman.

Elle dût relever les yeux pour voir qui s'avançait. Un grand brun, aux yeux rouges bien mélancoliques. Une expression un peu épuisée, on dirait. Il n'était pourtant pas le plus vieux des Sang-Purs, mais voilà qu'il avait l'air tout aussi fatigué que les autres. Sarah s'en méfia à l'instant.

Les Sang-purs fatigués s'amusaient un poil trop à jouer avec la vie des autres à son goût.

Tout d'un coup, le salon fut rempli de personnes. Ils devaient bien être une vingtaine au total, mais leurs présences firent bourdonner les instincts de Sarah, qui se tendit en réaction. Elle fit de son mieux pour ne pas toucher à son arme. Pourtant eux, les sangsues, avaient l'air… parfaitement détendues, comme si le territoire leur appartenait.

En même temps, ce dortoir leur appartient bien. T'es sûre de pouvoir dormir sur tes deux oreilles avec eux dans les parages ?

Comme si elle pouvait ne serait-ce qu'une seconde baisser sa garde. Sarah revint à la réalité, quand elle vit tout le monde s'agenouiller. Hein, quoi ?

Tout devint silencieux, puis, le poids d'un mauvais regard me fit tourner vers la gauche. Une brune aux yeux quasiment mauves, ayant l'air un poil coincée, me jetait un regard de l'enfer.

« Dépêches-toi et inclines-toi devant Kaname-sama » souffla-t-elle agacée.

Elle rigole là ?

J'eus du mal à retenir un rire sarcastique à ça. Je crois même que j'avais un sourire là, vu comment elle me fusilla -encore !- du regard. Je lui répondis, essayant de ne pas éclater de rire :

« Bah non, je ne vais pas m'agenouiller, c'est pas mon roi quand même. »

Elle n'eut pas l'air de trouver ça marrant, tiens. Vu sa bouche ouverte, je crois qu'on aurait pu y passer un citron entier. Oups ? Je retournai mon attention vers le haut de l'escalier. C'est un peu malaisant, d'être une des seules personnes à ne pas ployer le genou. J'eus un sourire contrit :

« Kaname Kuran. Un plaisir, vraiment. »

C'est ça, fais ton petit numéro.

Le Sang-pur, en grand seigneur qu'il était, hocha simplement la tête, ne tardant pas à diriger ses paroles vers toute la classe :

« Mes amis, voici Sarah. Une Hunter qualifiée venue ici pour représenter la Guilde des Hunters dans le projet humano-vampire. J'attends de vous une amabilité sans failles. Ce serait dommage d'abîmer l'image de la Night Class pour une simple mésentente de dortoirs. »

Il se tourna ensuite vers moi, ses yeux rouges ayant une lueur indescriptible. En tout cas, elle ne me plut pas du tout :

« Puis-je compter sur vous pour ne pas créer de bagarres ? »

Elle hocha sèchement la tête, un peu énervée par son ton quelque peu autoritaire. Pour qui il la prenait ? Elle avait quand même assez de self-control pour ne pas faire de vagues. On est de grandes personnes, matures et tout le bazar. Même si on est pas de la même espèce, on ne va pas se fritter comme des gamins à l'école primaire ?

Dis-moi, tu te trouves crédible quand tu te racontes ça ?

Pas du tout mais on se rassure comme on peut, en terrain ennemi. Mais Sarah devait bien faire avec. Kaname appela un blond, qui comme tous les autres vampires, était incroyablement beau. Celui-ci se rapprocha avec un sourire, qui à son grand étonnement, semblait sincère.

«Takuma, veux-tu bien montrer à notre invitée sa chambre ?

-Bien entendu. Si tu veux bien me suivre … »

Il eut un sourire radieux tout en montant l'escalier, après lui avoir fait un signe de le suivre. Sarah resta quoique quelques secondes, surprise de trouver un vampire qui avait pas l'air dérangé d'avoir une Hunter dans les parages, avant de le suivre rapidement. La jeune fille fut plus qu'heureuse de quitter cette sale où régnait une pression immense… Bon dieu. Elle espérait que ce ne serait pas comme ça toute l'année, quitte à bel et bien faire tapisserie.

Dans les couloirs, elle se concentra sur le vampire, qui semblait être le bras droit du Sang-pur flippant. Takuma Ichijo. Petit-fils du tout aussi effrayant Ichio, qui dirigeait d'une main de fer le Sénat. Plutôt marrant, que l'héritier du Sénat et le plus bel espoir de la monarchie vampirique soient si proches… Enfin, elle n'était pas ici pour penser politique. Elle sortit de ses pensées en entendant la porte s'ouvrir :

« J'espère que tu y seras bien. »

Tu parles, tout le monde serait à son aise dans une telle chambre princière. Elle cligna des yeux en voyant l'endroit spacieux. Elle aurait certainement de la place pour tout son bazar… Et se faire un petit chez-soi. Sarah sourit un peu à cela :

« Pas de doutes là-dessus. Merci de m'avoir montré le chemin. »

Elle se retourna tout en parlant, surprise de voir le vampire sembler gêné. Qu'avait-il donc ? Il prit alors la parole :

« Je voudrais m'excuser pour le comportement de certains. Ce n'était pas très poli de faire cette comédie juste pour te faire plier le genou devant Kaname. »

Ah, ça ? Elle cligna des yeux. Ce n'était pas à lui de s'excuser pour les autres. C'est qu'il avait l'air sincère en plus… Elle eut un micro-sourire à cela. Enfin, elle lui était reconnaissante pour une chose : lui, il ne la regardait pas comme un extra-terrestre venu d'une civilisation ennemie.

« Ce n'est rien. Ça doit leur faire bizarre, de devoir habiter avec un non-vampire. Je m'y attendais. »

Et personnellement, Sarah était bien contente que les vampires ne lui aient pas montré plus d'animosité que ça. Elle aurait dû s'en douter, c'étaient quand même des aristocrates… Mais, comment dire, la jeune femme n'aimait pas évoluer dans un lieu où la méfiance régnait. Ce n'était pas bon pour les nerfs. Et pour ses pouvoirs. Le blond sourit un peu, avant de la laisser pour retrouver les siens.

Sarah se retourna pour regarder sa chambre, posant enfin sa valise sur le lit. Elle devrait écrire à son père, pour lui signaler qu'elle était bien arrivée et qu'elle avait rencontré les deux « cibles ».

Mais d'abord, déballage de valises !


Très cher Père,

Vous devez vous en douter si je vous écris, je suis installée dans le dortoir de la Night Class. J'ai pu rencontrer Kaien Kurosu et Kaname Kuran. Bien que je ne ferais pas confiance – par instinct, sûrement- à ce dernier, je ne dirai pas qu'ils cachent quelque chose à la Guilde, comme vous semblez le soupçonner.

Puis-je par contre vous demander pourquoi ne m'aviez-vous donc pas dit que Zero Kiryu se trouvait dans cette académie ? Vous deviez le savoir, n'est-ce pas ?

Je vous fournirai un nouveau rapport quand j'aurai plus d'informations,

Cordialement,

Sarah Jin Pyrrha Darkwing,
Héritière de la Guilde.


Dans le salon aristocrate, l'élite des vampires s'était réunie, discutant tout en mangeant leurs petits biscuits. Enfin, discuter était un bien grand mot :

« Non mais, vous vous rendez compte ? Une Hunter, dans la Night Class ! Et quelle malpolie, en plus ! »

Ruka n'en revenait toujours pas. C'était une Hunter, d'accord, elle n'aurait jamais espéré qu'une chasseuse puisse avoir d'aussi bonnes manières qu'eux, mais elle pouvait quand même bien reconnaître qu'elle devrait s'incliner devant un être aussi puissant que leur chef ! Aido, lui, se retint juste de lever les yeux au ciel, n'essayant même pas de débattre. Au moins, cette Hunter-là n'avait pas levé une arme vers Kaname. Si elle s'y tenait, il pourrait l'ignorer sans lui causer de problème. Enfin. Il ne décida pas de relever la pique de sa cousine.

Il était un fervent défenseur de Kaname-sama, mais là… Malheureusement, son cousin trop gentil voulut calmer les flammes de Ruka. Depuis le temps, il devrait savoir que c'était une chose risquée à faire :

« Ruka, inutile de t'enflammer pour cela.

-Elle a bien eu raison de ne pas s'incliner.

-Shiki ! »

Celui-ci qui avait soutenu Akatsuki ne leva même pas le regard de sa boîte de Pocky, quand on l'interpella. Il était crevé et avoir autant de monde autour de lui l'énervait. Mais il n'était pas du genre à se retenir d'être franc, aux dépens de l'opinion des autres. C'est pour ça qu'il continua, sous le regard attentif du mannequin à côté de lui :

« Kaname-sama n'est pas son roi. Bien sûr qu'elle n'avait pas à plier le genou, elle ne lui doit rien, contrairement à nous. »

Il se tut alors, préférant observer à nouveau la salle. Takuma montait discrètement l'escalier. Pour échapper au débat ? Nan, il était le premier à essayer de mettre tout le monde d'accord. Il avait dû être convoqué par leur chef de dortoir. Espérons qu'il ne rentrerait pas quand lui, serait en train de dormir…

Ruka soupira à cette phrase, avant de se reprendre comme toute bonne aristocrate qu'elle était :

« Mmh. Espérons juste qu'elle ne nous fera pas la misère

-Elle n'a pas l'air d'une idiote. Elle ne fera sans doute rien tant qu'elle ne sera pas provoquée. » répondit Kain, regardant Ruka avec un air pensif, heureux que son humeur soit redevenue normal.

Ah. Encore faut-il savoir ce qui peut bien passer pour une provocation avec les Hunters. Ils ont tous le sang chaud, ceux-là…

C'est ce que se dit Senri, bien content que le ton soit redescendu dans cette salle. Dodo…

Puis une chose en lui tilta. C'est vrai, en parlant de sang.

« C'est quand même bizarre, que son sang n'ait pas d'odeur… » dit-il mine de rien.


Du côté de Takuma, celui-ci attendait patiemment que son meilleur ami de toujours parle enfin. Le blond resta droit, un sourire un peu amusé aux lèvres alors que Kaname réarrangeait ses pièces d'échec. C'était un excellent stratège, pas de doutes là-dessus.

Mais Takuma n'était pas assez crédule pour ignorer le fait que lesdites pièces qu'il bougeait à sa volonté, c'étaient eux. La Night Class, Les gardiens, le Sénat, possiblement les autres sang-purs même.

Et voilà qu'un autre cavalier était rajouté à la ronde sans fin... Le brun cassa enfin le silence :

« Takuma. Je voudrais que tu fasses attention quand tu es près de la nouvelle… »

Tiens, un ordre contraire l'aurait étonné. Le blond eut envie de pousser un soupir. Kaname se méfiait-il à ce point des Hunters ?... Ils n'oseraient pas toucher à l'académie, il devait bien le savoir, non ? Néanmoins, le vice-président n'était pas en position de refuser un ordre. Takuma tenta toutefois d'en demander les raisons :

« Tu penses déjà qu'elle va être une gêne pour le projet de l'académie ? »

Son interlocuteur ne fit qu'humer en approbation, faisant tourner une pièce entre ses doigts. Takuma ne put s'empêcher de suivre le mouvement de celle-ci… Un tour entier à droite, encore un à droite, puis un demi-tour à gauche…

« Je crois qu'elle cache beaucoup de choses, comme par exemple la véritable raison de sa présence ici. C'est un peu trop soudain comme transfert… Peut-être pourrais-tu essayer de savoir ce qui l'amène vraiment ici ? »

Les yeux rouges se posèrent enfin sur lui. Ah. Une requête. Takuma sourit un peu plus. C'était donc cela qu'il voulait depuis le début. Faire en sorte d'avoir quelqu'un qui lui rapportera toute information sur la nouvelle.

Il avait bien conscience d'être utilisé, à ce moment précis, comme un pion, un maigre outil dans la cour princière de Kaname. Mais ça ne le dérangeait pas, loin de là. Il ferait tout pour son ami :

« Entendu, Kaname. »


Anya,

Je suis vraiment désolée de ne pas avoir pu te prévenir de mon départ, ça a été si soudain que même moi, je ne l'ai pas vu venir. Une seconde j'étais convoquée dans le bureau de Père, celle d'après, j'étais avec ma valise, forcée d'entrer dans une voiture.

L'Académie Cross n'est pas totalement accueillante, mais il fallait bien s'y préparer, quand tu es une Hunter dans un projet de cohabitation entre Humains et Vampires. On est un peu le Mal Nécessaire, qui permet de faire tampon entre ces deux sociétés, quitte à en tuer les membres déviants. S'il y a bien une organisation qui ne serait pas totalement contente du succès de cette Académie, ce sera la nôtre.

J'appréhende un peu les prochains jours. Bon sang, la cohabitation va être dure. J'espère juste à assez me contrôler pour pas en envoyer valser un qui aura eu le malheur de me titiller sur le mauvais sujet. J'aimerai tellement que tu sois là. Tu sais toujours t'y faire, pour développer des relations amicales.

Je m'inquiète, Anya. Père m'a envoyée bien trop rapidement dans cette Académie, lui qui d'habitude rechigne à me faire sortir. Ça ne sent pas bon du tout, j'ai peur qu'il ne se prépare à une situation critique. Et le problème viendrait peut-être de l'Académie Cross. Pourrais-tu, si tu as le temps, essayer d'aller le questionner là-dessus. Je suis désolée de te le demander, alors que tes relations avec lui ne sont pas au bon point, mais Hélène, bien que m'aimant beaucoup, ne questionnera ô grand jamais les plans de Père, et Kai… Je n'oserai pas lui demander.

J'espère que tu te reposes bien dans ce manoir de vacances, même si tu y as été envoyée pour être éloignée de la Guilde. Kai prend-t-il soin de toi ? Je suis sûre que oui. Je vais devoir te laisser, malheureusement, la paperasse d'entrée et le rangement de la chambre n'attendent pas. Tu verrais d'ailleurs le dortoir, tu en serais choquée. On dirait un mini-château ! Ce n'est pas aujourd'hui qu'on apprendra aux vampires l'austérité !

Avec tout mon amour,

Sarah

Sarah posa finalement son stylo, la page devant elle étant remplie à ras bord. Elle espérait qu'Anya lui répondrait rapidement. Elle était inquiète quant aux plans de son père. Et elle l'était d'autant plus maintenant qu'elle savait qu'il lui avait caché pendant des années le fait que Zero se trouvait là… Ah. Elle n'avait pas parlé de lui dans sa lettre. Elle grimaça un peu. Elle avait peur que le récit de la journée se rallonge indéfiniment si elle devait tout raconter, y compris son ressenti. Secouant la tête en abandonnant l'idée, elle plia le papier doré, une fois sûre que l'encre noire n'allait rien tâcher, avant de le ranger dans une enveloppe, prête à l'envoi.

Voilà qui était fait. Elle s'en voulait un peu de mêler Anya à cela. Elle avait ses propres problèmes, pourtant il faudrait toujours que son enquiquineuse de petite sœur lui en demande plus… Elle eut un sourire amusé à cela. Le bon vieux temps… Tout ça lui semblait loin, maintenant. Pourtant, elles en avaient fait, des bêtises, des jeux et des chasses ensemble.

Elle rangea son matériel d'écriture, avant de se relever de la chaise, regardant aux alentours. Elle avait une assignation à remplir… Et une valise à finir de ranger. Sarah sourit un peu.

Ce ne serait peut-être pas si mal, cette vie à l'académie…


Voilà, deuxième chapitre publié. Cette version-là de la fanfiction contiendra beaucoup de lettres, alors attendez vous à en avoir au moins une par chapitre. J'espère que l'histoire vous plaît jusqu'ici, n'hésitez pas à donner votre avis, cela fait toujours plaisir de connaître les failles et les qualités de son travail.

Sur ce, à la prochaine !