Salut à tous !

Mardi était un jour particulier. Le 1er septembre est toujours un jour particulier mais cette année, parmi la foule de nouveaux élèves de Poudlard, James Sirius Potter a fait sa rentrée à Poudlard. Vous le saviez peut-être ou simplement l'avez-vous appris sur les réseaux sociaux. Je le savais, je l'avais oublié, je l'ai lu et j'ai eu envie d'écrire quelque chose, une sorte de chapitre qui n'en est pas un, un interlude, un one-shot déguisé.

J'ai écrit ça en une heure, c'est le « chapitre » le plus court – hors prologue – que j'ai publié jusque-là, c'est un peu brouillon, un brin différent et je voulais le publier mardi, pour célébrer la première rentrée de James mais le site ne fonctionnait pas bien.

Alors voilà, je n'étais pas à Londres, sinon j'aurais fait un tour du côté de King's Cross pour apercevoir ce petit bout qui est, sans le savoir, le personnage principal de mon imagination. Je n'étais pas à Londres mais quelques-unes de mes pensées y étaient, elles ont pris le train avec lui, avec Mael, Irina, Louis, Fred et tous les autres, elles ont volé au-dessus des barques et ce sont planquées sous le plafond magique de la Grande Salle. Je crois même qu'elles ont applaudi quand le Choixpeau a hurlé « Gryffondor ! ». Notre reine, J.K. Rowling, a confirmé que James avait été réparti à Gryffondor – sans grande surprise – et que Ted Lupin était un Poufsouffle (pour ma plus grande joie, puisque cela coïncide avec ce que j'ai « inventé »). Malheureusement, elle a également dit que Ted était préfet et, bon… Je ne suis définitivement pas « canon ». Je n'ai ni le courage ni l'envie de changer les choses, Elvis Zigaro restera donc préfet à la place de Ted.

Bonne lecture !


Je me souviens

« Je me souviens de tout. Malgré l'âge, malgré les années, malgré la vie qui file sans nous attendre.

Je me souviens des mots de ta mère. Je me souviens de la peur dans ses yeux, des tremblements de ses membres.

Je me souviens des questions muettes qui me taraudaient. Elle paraissait si effrayée, si fragile que je n'ai pas osé les lui poser. Je ne suis pas un lion, après tout, et le vil serpent en moi a préféré attendre, taire, fermer les yeux. Pourtant je ne cessais de penser à toi, à elle, à nous. Surtout à elle. Surtout à toi. Surtout à nous. Tout se mélangeait. La peur, l'incertitude, l'envie de fuir, le besoin de rester.

Je me souviens de l'effroi qui ne cessait de s'accroitre en elle, de son souffle court, de ses gestes saccadés. Elle n'avait jamais été aussi tendue qu'en ce moment, elle la joueuse professionnelle.

Je me souviens de la résignation qui se mêlait à l'effroi et des mots qui mourraient dans ma gorge.

Je me souviens de ces textes passionnés que j'apprenais par cœur, mais qui ne sortaient jamais au bon moment. Je voulais la rassurer et lui faire plus peur encore, lui dire « on s'en va, on s'en fout », lui prendre la main et transplaner. Je savais qu'elle n'abandonnerait pas ses parents, sa famille. Je savais qu'elle n'abandonnerait pas Harry.

Je me souviens avoir compris en cet instant précis qu'elle ne l'aimait plus depuis longtemps. Je l'avais déjà soupçonné lors de nos premières rencontres, lorsque nous étions devenus plus intimes que nous ne le serions avec personne. Je savais qu'elle ne l'aimait pas. Pas vraiment. Pas comme elle m'aimait moi. Mais qui était-elle pour oser abandonner le héros national ?

Je me souviens des articles, des gens qui la suivaient dans la rue. Je me souviens des regards, des reproches, des conseils qu'elle n'écoutait pas. Je me souviens des hormones qui la changeaient, de ses sautes d'humeur, de son envie de grimper sur un balai. Je me souviens m'être demandé mille fois si elle aurait préféré fuir, voler pendant des heures, des jours, sans se retourner ou glisser de son balai, de très haut, et se laisser tomber. Je me souviens m'être maudit de ne pas l'enlever, une bonne fois pour toute, et la garder pour moi tout seul. Je me souviens avoir espéré si fort de la partager avec toi.

Je me souviens de sa main diaphane et raide, accrochée à la mienne. Je me souviens de l'engourdissement de mes doigts, des os de mes phalanges qui craquaient sous la pression des siennes. Je me souviens de ses hurlements, si forts, si effrayants et pourtant si doux à mes oreilles.

Je ne me souviens que vaguement de la bourse de mille gallions et du contrat que mon avocat a fait signer au Guérisseur. Tout ce manège, pourtant crucial, avait soudain si peu d'importance à mes yeux.

Je me souviens du dernier cri qu'elle a poussé et de ce silence de plomb qui s'est installé.

Je me souviens de ces quelques secondes qui m'ont paru des heures, des jours, des siècles. Et enfin ce son, cristallin, doux, euphorisant. Tes pleurs. Ta voix. La preuve de ta vie, de ta santé.

Je me souviens des pleurs de ta mère, de ses yeux qui refusaient encore de quitter cette fenêtre, qui refusaient déjà de te regarder. C'était injuste, bien sûr. Injuste pour toi, injuste pour elle. Elle n'est pas méchante, mais elle avait d'autres rêves, et tu les as brisés, sans même le savoir.

Je me souviens de ses premiers mots, dès que le Guérisseur est revenu vers nous. « Prends-le toi, je ne veux pas le voir. » J'ai compris à cet instant précis qu'elle ne partageait pas mon impatience, qu'elle se moquait, finalement, de savoir si j'étais ton père. J'ai compris qu'elle ne t'aimerait jamais plus que les balais, jamais autant que le vent dans ses cheveux.

Je me souviens que tu n'étais pas très lourd mais que ce petit poids représentait déjà la vie.

Je me souviens de tes mains qui bougeaient très vite, tu ne cessais de les plier et de les déplier. Tu faisais connaissance avec tes doigts, tu as même caressé ma chemise.

Je me souviens de tes courts cheveux bruns, trop courts pour savoir qui te les avait donnés.

Je me souviens de tes yeux qui me regardaient, de ton odeur et de tes pleurs qui ont cessé.

Je me souviens de ta bouche, qui s'est doucement étirée.

Je me souviens des larmes qui coulaient sur ma joue, moi qui n'avais jusque-là jamais pleuré.

Je me souviens des vieilles photographies, de celles où je ne suis qu'un enfant. Je me souviens de cette éducation stricte qui a fait de moi ce que je suis. Je me souviens qu'un garçon se doit de ne jamais se montrer faible et d'être un héritier digne. Je me souviens d'avoir balancé toutes mes certitudes au moment où nos regards se sont croisés.

Je me souviens de ce qu'a dit ta mère. « Ne dis rien. Ne le dis surtout pas. Pas à voix haute. Rien qu'à voir ta tête, je sais la vérité. Mais ne la dis pas. Parce que c'est lui qui va l'élever. Parce que c'est lui qu'il va appeler papa. Alors ne me dis rien, Blaise. Et ne te le dis pas à toi-même. Il ne s'appelle pas Joshua. Il s'appelle James. James Sirius Potter. N'en parle jamais à personne. Ni à lui, ni à qui que ce soit. »

Je me souviens avoir songé une dernière fois à l'amener avec moi. A vous prendre tous les deux et à partir loin, tous les trois. Je me souviens être parti, seul. Je me souviens de ce manoir luxueux que j'habitais et où je n'ai jamais remis les pieds. Je me souviens être parti sans affaires, sans prévenir personne. J'avais les poches emplies de gallions, je n'avais besoin de rien de plus. Je pensais n'avoir besoin de rien de plus.

Je me souviens du vent Irlandais, puissant, et de la mer qui cognait les falaises. Je me souviens du vieil homme à qui j'ai racheté sa maison, du visage juvénile de la vendeuse que j'ai pris contre un mur, après lui avoir acheté des litres d'alcool fort. Je me souviens avoir bu et dormi pendant des jours.

Je me souviens m'être réveillé un matin, la dernière bouteille vide à mes côtés.

Je me souviens n'avoir rien bu d'autre, ni même mangé.

Je me souviens être sorti, je titubais, emporté par les vents violents. La vendeuse n'était pas là mais d'autres bouteilles m'attendaient.

Je me souviens de la visite de mon avocat, qui voulait me rassurer, m'expliquer qu'il avait la situation bien en main, que mes affaires étaient florissantes.

Je me souviens de ces journaux qu'il avait amenés avec lui, de ta photo qui faisait la première page.

Je me souviens d'elle, de son faux sourire, dans les bras sur Survivant. Je me souviens des titres.

« Harry Potter nous présente enfin son héritier. »

Je me souviens d'avoir hurlé, d'avoir mis mon avocat à la porte, d'avoir bu encore et encore. Je me souviens de la porte qui s'est ouverte, bien des jours après, de la jolie vendeuse qui hésitait à entrer. Je me souviens des mots qu'elle a prononcés.

« Je suis enceinte. Je suis enceinte de toi. Non, Blaise, je n'ai eu aucune autre... Je n'ai aucun doute. C'est toi le père. »

Je me souviens que c'est à ce moment précis que j'ai refusé qu'elle avorte. Je l'ai suppliée de garder ce bébé, elle qui revendiquait le fait que ce soit mon bébé. Je me souviens l'avoir demandée en mariage peu de temps après.

Je me souviens m'être promis que ça changerait tout. Ça a changé beaucoup de choses, bien sûr, mais je me souvenais toujours de toi, de tes yeux, de ton odeur, de tes mains qui se pliaient et se dépliaient. Le temps est passé, j'ai refait ma vie, comme disent les moldus. Mais je me souviens.

Je me souviens de l'interminable attente de cet été-là. Je me souviens de cette excuse que j'avais inventée pour quitter l'Irlande une journée entière. Je me souviens avoir deviné que je ne pourrais me satisfaire que d'un instant.

Je me souviens du bruit et des gens, de la rumeur qui ne cessait d'accroître, des regards qui se sont tournés vers vous, vers lui, vers toi. Je me souviens aussi que je ne t'ai pas regardé tout de suite. Je l'ai vue, elle, et je ne comprenais pas pourquoi les gens continuaient de marcher, de courir, de parler, de vivre. De le regarder lui alors qu'elle était là, juste à côté de lui, belle à en crever. Je me souviens l'avoir regarder si fort que ses yeux ont fini par rencontrer les miens. Je me souviens que la terre s'est arrêté de tourner, que l'air s'est épaissi, que plus rien n'avait la même odeur, le même goût.

Je me souviens de ses yeux qui se sont détournés de moi pour se poser sur toi. Je me souviens du choc, de la surprise, de la joie et de la déception. Je me souviens du mal lorsque tes yeux le regardaient lui, avec amour, avec adoration. Je me souviens du bonheur de te voir heureux, en bonne santé et empli de cette impatience propre aux enfants qui pensent découvrir le monde en découvrant un château. Tes vêtements n'étaient pas aussi élégants que ceux que tu aurais porté si tu avais été mon fils, ta démarche aurait été plus mesurée, ton port de tête plus hautain. Mais jamais je n'aurais cru pouvoir t'aimer autant, tel que tu étais. Trop vite, tu as disparu. Tout aussi vite, elle a disparu.

Je me souviens avoir hésité. Je voulais la suivre elle, je ne voulais pas te quitter. Les remords étaient là, me rappelant comme il aurait été plus simple de vous enlever quand il était encore temps. Pour la première fois je t'ai choisi toi. Une poignée de gallions plus tard, j'entrais en toute illégalité dans le Poudlard Express. Un Charme de Désillusion plus tard, je passais et repassais devant ton compartimentent, m'emplissant de ton rire, de ta voix, de ce que tu m'offrais. Tu t'étais déjà choisi un ami, trop grand, dégingandé, bien loin de ceux qui avaient été mes alliés lorsque j'avais ton âge. Tu étais un lion parmi les lions, bien avant de passer sous le Choixpeau Magique. J'étais là, tu sais. Il n'a pas été difficile de convaincre les concierges. L'Héritier des Zabini dissimulé derrière une tapisserie poussiéreuse pour observer de loin l'héritier du Survivant. J'ai lu dans tes yeux que ta maison était un choix, bien plus que pour tes camarades. J'ai compris que tu t'y rendais pour lui, toi qui avais ta place partout. J'ai eu mal. Plus mal que lorsque Amycus Carrow m'avait jeté un Doloris pour me punir d'avoir protégé ta mère. Plus mal que jamais.

Je me souviens de ce mal qui se rappelle à moi chaque 1er septembre. Je me souviens des mensonges que j'invente pour rester seul, des sortilèges que je me lance pour ne pas venir te voir, de l'alcool que j'ingurgite par litres entiers ces jours-là, pour m'abrutir, pour ôter ton image de mon esprit.

Je me souviens de toi. Chaque matin, chaque lever de soleil, chaque rafale de vent me rappelle ce petit être que j'ai autrefois porté dans mes bras, ce petit être que je n'ai porté qu'une seule fois.

Je me souviens de cet amour qui m'a lié à ta mère. Je me souviens que c'est toi cet amour qui me liera toujours à elle.

Je me souviendrai toujours de toi. »

L'homme prit son temps pour plier les feuillets avec soin. L'enveloppe était déjà prête, le hibou prêt à partir pour un long voyage.

-Tu sais à qui tu dois porter cette lettre, Aristote. Attends. Reste avec lui quelques jours. Ni trop près, ni trop loin. Laisse-lui le temps de... Peut-être me répondra-t-il... Tu as bien compris, Aristote ? Donne-lui la lettre directement et attend qu'il soit seul. Ne la donne à personne d'autre, c'est bien...

-Tu fais quoi, papa ?

Blaise Zabini s'immobilisa, certain que toute la discrétion du monde ne l'aiderait en aucune façon à dissimuler la lettre aux yeux de sa fille aînée.

-Je ne dis rien à maman si tu me donnes deux sacs de sucreries, proposa la jeune adolescente.

-Un, négocia Blaise, certain que son épouse le tuerait si elle voyait Hadiya manger autant de sucre.

-Deux, répliqua sa fille. Tu entends ce bruit ? C'est Tisha qui monte. Si tu tentes de négocier, tu échoueras par deux fois. D'une, je dirais tout à Tisha et elle voudra deux sacs elle aussi. De deux... Tu sais bien qu'il est inutile de négocier avec moi, papa. Je suis une Zabini, affirma-t-elle avec évidence.

Blaise acquiesça, en une promesse muette à laquelle sa fille sourit, avant de disparaître en entraînant sa sœur avec elle. Blaise observa la lettre longuement. Un simple carré de parchemin qui menaçait de tout détruire. La presse s'emparerait du scoop, la communauté prendrait le parti du Survivant, le garçon serait décrié. Une fois de plus. Blaise avait souvent pensé à cela. Il aimait se dire qu'enfin quelqu'un prendrait le parti du garçon, quelqu'un serait là pour prendre soin de lui, pour le réconforter, pour le défendre.

« C'est ce que ferait un père », se répétait Blaise, inlassablement.

Mais le garçon ne serait pas le seul à voir sa vie chamboulée. Et Blaise avait déjà des responsabilités. Blaise avait déjà une famille.

Le hululement d'Aristote mit fin au silence pesant qui entourait Blaise Zabini. D'un enchantement informulé il ouvrit un fin tiroir dissimulé sous son bureau. A l'intérieur s'étalaient quelques coupures de presse et une vieille photographie d'une ancienne joueuse de quidditch, alors à l'apogée de sa carrière.

Il se souvenait. De cette promesse qu'il se faisait tous les sois de tout avouer au garçon. De cette promesse de veiller sur lui, d'entrer dans sa vie pour le protéger, pour lui donner ce qui lui faisait défaut.

Il se souvenait. De cette fossette sur la joue droite, de la moindre ride sur son front, de l'or dans ses yeux lorsqu'elle riait. Il se souvenait d'à quel point il pouvait se montrer ridicule seulement pour la faire rire. Il se souvenait de cette promesse qu'il lui avait faite, de ne jamais la trahir.

Il n y eut bien qu'en ce 1er septembre 2015 qu'il le choisit lui. Chaque jour, précédent ou suivant cette date, Blaise Zabini préféra la choisir elle, Ginny Weasley. Parce qu'elle était l'amour, l'amour d'une nuit, l'amour de toute une vie. Parce qu'il n'avait pas plus de courage que le Survivant et qu'il avait sacrifié le garçon, pour mieux s'occuper de ses deux demi-sœurs et de son demi-frère.

Résigné, Blaise Zabini déplia la lettre qu'il avait rêvé d'envoyer à son fils et y apposa un paragraphe. L'ultime.

« Je me souviens de toi, James Sirius Potter. Je me souviens avoir rêvé de t'appeler Joshua, de t'enseigner l'élégance et la noblesse. Mais tu t'appelles James Sirius Potter et tu es son fils.

Je me souviens, James. Je me souviens de cette lumière si vive dans tes yeux quand tu le regardais. Ce n'était pas une fierté surfaite d'être le fils d'un héros, non, c'était bien plus que ça. Cette lumière, j'ose espérer qu'elle séjourne dans les yeux de mes enfants, lorsqu'ils me regardent. J'ose espérer qu'ils m'aiment autant que tu l'aimes.

Moi, tu ne m'aimeras jamais. Tu ne me rencontreras jamais. Cette lettre n'a aucun sens, cette lettre ne serait que trahison et j'aime trop ta mère pour la trahir. Je ne voudrais pour rien au monde la blesser. Je ne voudrais pour rien au monde te blesser. C'est lui que tu aimes, James, et c'est bien normal. Il est le seul père que tu n'aies jamais eu. Et toi, pour moi, tu as été, es et seras toujours ce petit être qui plie et déplie ses si petites mains. Ce petit être que j'ai aimé si fort et à qui j'aurais voulu tout léguer. Tu aurais été heureux, mon garçon. J'aurais fait en sorte que tu le sois. »

-Papa ? Tu te souviens quand tu m'as dit que les garçons ne pleuraient jamais ?

Blaise se tourna vers son fils. Son second fils. Il acquiesça, sans même essayer de lui cacher ses larmes.

-Je suis triste que tu pleures mais un peu content aussi parce que moi aussi je pleure des fois et ça me rassure drôlement que toi aussi tu pleures des fois.

Blaise sourit et serra son fils contre lui. Il aurait tant aimé lui présenter ce grand frère qui était là quelque part, vivant sa vie loin d'eux. Il aurait tant aimé voir son garçon se chamailler avec Hadiya, se montrer un peu trop protecteur avec Tisha et être un modèle pour le petit Haïdar.

-Dis papa, on est d'accord que ça reste entre nous, hein ? On dit rien aux filles !

-Ne t'inquiète pas, bonhomme, on ne dira rien à personne.

-On dira pas que tu m'appelles bonhomme aussi, ça fait bébé et je suis grand.

Le sourire de Blaise s'agrandit à mesure que ses larmes coulaient plus fort encore. Ses enfants grandissaient si vite qu'il ne se passait pas un jour sans qu'il ne pense à son garçon qui avait déjà seize ans. James serait bientôt majeur, il n'aurait bientôt plus besoin de lui. Mais Blaise ne cesserait jamais de se maudire de son absence. De son abandon.

-Je t'aime papa.

-Moi aussi je t'aime mon... mon grand.

-Un jour tu me diras pourquoi tu pleures ?

-Un jour, oui. Un jour je te le dirai et je le dirai à maman et à tes sœurs aussi. Et peut-être qu'il y aura quelqu'un avec nous. Quelqu'un que tu ne connais pas encore.

-Un garçon ou une fille ?

-Un garçon.

-Tant mieux. Y a déjà trop de filles dans la famille. Il est comment ce garçon ?

-Grand. Et beau.

-C'est un Zabini, donc, releva le jeune garçon avec évidence.

Blaise ferma les yeux très fort, comme pour puiser au plus profond de son être les gouttes de courage qu'il avait trop longtemps cherché à assécher. Elles étaient là, quelque part, taries dans l'ombre de ses vieilles promesses, prêtes à ressurgir pour lui insuffler ce qui manquait à sa vie.

D'un mouvement leste, tel un serpent fin prêt à muer, Blaise sécha ses larmes et regarda son jeune fils droit dans les yeux.

-Oui, Haïdar. C'est un Zabini. »


TADAAM

Voilà voilà. J'espère que ce petit texte vous a plu (des reviews, des reviews !) et je vous dis à bientôt pour le prochain chapitre qui sera un peu beaucoup bizarre lui aussi. Je sais que j'ai pris beaucoup de retard mais le prochain chapitre avance et les suivants sont bien avancés aussi donc... à tout bientôt !