Hello !
Le bonus-faux-chapitre-cadeau-de-nowel est arrivé ! Petite explication :
Un matin, je me suis réveillée gaie comme un pinson. Et pourtant le réveil sonnait toujours aussi tôt, j'avais trois tonnes de boulot mais… J'avais fait un rêve super chouette, un de ceux dont on voudrait bien qu'ils soient prémonitoires. Voyez le genre ? Du coup, j'ai eu l'idée de cet interlude. Une sorte de chapitre « bonus », qui n'influencera pas la fic mais dont l'idée m'a plu. Suffisamment pour la partager avec vous…
22. [BONUS] 'Tie'Rosie – Partie 2 : Songe d'une nuit d'automne
Je n'ai aucune idée du pourquoi ni du comment je me suis retrouvée à vivre une telle aventure. Je n'en ai, à dire vrai, que de vagues souvenirs. Flous. Très flous. Tout est flou.
Je crois que j'étais seule dans mon dortoir, dans la salle de bains, sous une trombe d'eau bouillante. Je songeais à la vie, aux sentiments, à l'amour. Et comme bien souvent, lorsqu'il m'arrive de songer à l'amour, mes pensées étaient tournées vers deux êtres : le parfait Dan Evans et le beaucoup-moins-parfait-mais-très-attirant Scorpius Malefoy.
Dan et Scorpius sont deux opposés. Physiquement, tout les oppose. Dan est brun et athlétique, Scorpius a les cheveux plus clairs que quiconque en ce château, il est fin, squelettique, limite maladif. Leur attitude, leur personnalité diffèrent tout autant. Dan se comporte comme un préfet en devenir, il est bon, franc, serviable et fin psychologue. Scorpius est vil, sournois, méfiant, individualiste, compétitif. Là où le premier n'est qu'écoute et partage, Scorpius avance seul au risque, si besoin, d'écraser toute âme sur son passage.
Natasha les appelle « les antipodes ». Quand on arrive en cours de Métamorphoses, elle dit « tiens, voilà tes antipodes » et dans sa voix je peux percevoir l'incompréhension. Déjà, ni l'un ni l'autre ne pourrait l'intéresser. Dan lui paraît sans doute bien trop fade et Scorpius bien trop fier. Je crois surtout que ni l'un ni l'autre ne ressemble à James et que c'est là tout ce qui les sépare de Natasha. Mais je n'oserai jamais le lui faire remarquer, elle brandirait sa batte bien trop vite pour mes maigres réflexes. Et puis, pour Natasha, qui n'a jamais eu d'yeux que pour James, le simple fait de ressentir exactement la même attirance, le même feu, pour deux personnes, demeure incompréhensible. Sans doute n'est-elle pas la seule à ne pas comprendre comment on peut aimer deux personnes à la fois.
J'aimerais, parfois, connaître le souffle du grand amour. Il me serait alors inconcevable d'être attirée par un autre être que l'élu de mon cœur et tout serait bien plus simple. Je me désespère, parfois. Pas totalement, bien sûr, parce que je sais qu'il est parfaitement normal d'être attirée par deux personnes. L'idée qu'il n'existe qu'une seule âme sœur pour chacun ne me parait pas réaliste. C'est pourquoi je m'imagine vivre une passion ardente, mais brève, avec Scorpius Malefoy avant de trouver le chemin de la raison et d'épouser Dan Evans, de lui donner six enfants et de mourir très vieille entourée de rires et d'amour.
Je prends du recul, j'essaie de comprendre, de distinguer quels sentiments j'éprouve vraiment, pour me décider. Parce que, non, je n'ai pas définitivement tiré une croix sur Scorpius. Il est bien trop beau et mystérieux et captivant et séduisant pour que je le fasse. Et non, si Dan me proposait de m'embrasser là, tout de suite, je ne lui répondrai pas « t'es mignon Danny mais je préfère connaître le feu brûlant de la passion torride avec Scorpy avant de jouer au scrabble devant la cheminée en charentaises avec toi ».
Ma mission est donc d'en choisir un, de jeter mon dévolu total et sans hésitations sur l'un d'eux, et de tout faire pour oublier le second. J'ai bien conscience que ressentir une attirance, ou de l'amour, pour quelqu'un n'est pas un état d'esprit permanent et que je dois établir clairement quelle relation doit, peut, être approfondie par la suite. Je suis sûre que trouver qui de Dan ou Scorpius est fait pour moi est possible. Même si c'est vraiment pas gagné. Et puis… Je ne suis pas dupe. Même si j'arrive à me fixer sur l'un d'eux, même si je trouve une manière de me rendre intéressante et séduisante, si j'occulte ma peur et ma timidité, si je bois une potion de voix-claire-et-douce-qui-les-trémousse, c'est pas dit que l'un d'eux veuille bien de moi.
Les livres ont beau prétendre que la période de l'adolescence rend ce phénomène parfaitement naturel, je n'arriverai certainement jamais à saisir la logique d'être sans cesse partagée entre ce que je cherche et ce qui me surprend. Depuis la rentrée je lis en cachette ce manuel explicatif des croisements des épanchements hormonaux et des flux magiques. Je me situe parfaitement, selon ce manuel, dans la normale. L'affect que je recherchais, je l'ai trouvé en James et en Natasha. Mais cet affect-là ne suffit pas. S'ajoute à cet affect des émotions, survenues par surprise. C'est, en gros, de cette manière que le manuel explique que je me sois prise d'intérêt pour Dan Evans et Scorpius Malefoy. Et que mon corps réagisse bizarrement quand ils sont dans les parages. Et que je me mette à bafouiller et à grogner dès qu'ils envahissent mon espace vital. C'est, toujours si l'on en croit ce manuel, des stimuli habituels synonymes d'apprentissage de la vie. Normal et habituel, je veux bien, mais me montrer odieuse ne me rend pas particulièrement attirante ou sexy à leurs yeux.
Toujours selon ce manuel – je l'appelle secrètement « le MEC » - l'adolescence est cette période effroyable où l'on exagère ses défauts tant et si bien que l'on ignore ses qualités. Quelque chose dans ce goût-là. Mais « le MEC » se trompe. Je pourrais citer des centaines de contre-exemples à sa théorie. La visite du Temple, par exemple. Dan Evans était tout grognon, parce qu'Océane Donovan n'était pas là. Et Scorpius Malefoy s'est moqué de moi. Encore et toujours. Il ne loupe pas une occasion de se moquer de mes cheveux, de mes notes parfois inférieures aux siennes, du bouton qui trône sur mon menton, de mes joues rougies lorsque je bégaye. Il a beau prétendre chercher à me faire réagir, il a beau dire qu'il fait ça pour mon bien, il me donne parfois tellement envie de pleurer que je mens à Natasha pour m'isoler. Elle n'est pas dupe, mais elle ne dit rien, surtout parce qu'elle profite de mon absence pour me venger. Même James est intervenu, une fois. Mais rien n'y fait, Scorpius Malefoy continue de se moquer de moi. Qu'est-ce qu'il peut se montrer blessant ce serpent médisant et séduisant… Un jour je ferai exploser son chaudron en cours de Potions.
Je ne vois vraiment pas ce qui me retient de le faire. Quelques points retirés à ma maison, une retenue avec Hagrid dans la forêt interdite, voilà ce qui me retient de le faire. Ce serait grotesque de me faire punir pour si peu de choses alors que je suis sortie en douce du château pour me rendre en toute illégalité à Sainte Mangouste sans punition.
Il me faudrait trouver un moyen de faire exploser le chaudron de Scorpius Malefoy sans éveiller les soupçons des professeurs. Mais en lui montrant bien, à lui, que je suis capable de me venger toute seule, sans que James et Natasha jouent les parents protecteurs. Il faut que je trouve une astuce.
La bibliothèque me semble une bonne alliée. Le dortoir est vide, les filles sont sorties, Natasha est occupée avec sa sœur, personne ne me demandera quoi que ce soit.
Une fois descendue du dortoir, je traverse la salle commune en redoutant qu'un préfet ne m'arrête. Mais Nalani doit être dans les bras de Fred et Keanu est plongé dans une pile de parchemins. Consciente de ma chance, je parcours au pas de course plusieurs couloirs de l'école, ravalant mes larmes et pestant silencieusement contre ce stupide Serpentard qui fait de ma vie un enfer. Comment puis-je éprouver des sentiments pour un être aussi vil et cruel ?
Ses railleries, ses reproches, ses excuses s'entrechoquent dans ma tête, si vite et si fort qu'elles me rendent folle de rage. Oui, c'est forcément la rage qui m'oblige à me laisser tomber contre un mur et à fondre en larmes, abandonnant toute retenue.
Plusieurs minutes s'écoulent et je reste là, assise à même le sol, étourdie d'avoir trop pleuré. Puis soudain je prends peur. A cette heure-ci tous les élèves de Poudlard arpentent les couloirs et pourtant je n'en ai croisé aucun. Où suis-je ? Je ne reconnais ni les fleurs sur cette tapisserie ni cette gargouille en forme d'hippogriffe. J'ai presque envie d'implorer Natasha de me venir en aide, je le pourrais en pensant très très fort à elle mais… Elle parle à sa sœur aînée alors que leur benjamine est à l'hôpital et puis… Il faut bien que je grandisse un jour et que je me prenne en main.
Je sèche mes larmes d'un revers de marche et me met en marche. J'avance encore et encore dans les couloirs sombres. J'essaie de réfuter mes pensées et mes peurs. Mais je dois me rendre à l'évidence, je me suis perdue, ça ne fait aucun doute. Pourtant j'avance encore. Peut-être rencontrerai-je un professeur ou un préfet qui pourra me ramener vers une partie plus rassurante du château.
Un bruit me fait sursauter. Il provient d'une salle au fond du couloir d'où émane une douce lumière bleutée. Quelques lettres sont gravées sur une pierre. Uertit Temporis. Les torsions du temps. Sans trop savoir pourquoi je m'avance, espérant rencontrer quelqu'un, une présence qui me rassurerait. Mais la pièce est vide. Et la lumière s'éteint.
Je suis déçue et rassurée à la fois. J'aime les mystères, comme tout le monde, mais je préfère les lire que les vivre. Je ressors dans le couloir et ne fais pas trois pas avant de voir une nouvelle lumière. Verte en l'occurrence. Rien de mystérieux, cette fois, je reconnais sans mal le résultat de l'adjonction des scarabées pilés aux racines de gingembre et à la bile de tatou. Une potion d'Aiguise-Méninges.
Quelqu'un est en train de préparer une potion d'Aiguise-Méninges dans un couloir inconnu. Au beau milieu de la nuit, si j'en crois la perfection de la lune à travers la lucarne la plus proche. Et quelque chose me dit que le professeur Wine n'a rien à voir avec tout ça. Et comme si la situation n'était pas suffisamment bizarre, des voix se font entendre. Des voix plutôt jeunes, qui me sont totalement inconnues.
- … intérêt il peut y avoir à nous les voler pour préparer une potion ?! Une potion qui n'est même pas au programme ! Au beau milieu de la nuit !
Une voix pressée, ahurie, curieuse, contrariée. Une voix de garçon.
- Ça ne te regarde pas, je fais ce que je veux à ce que je sache !
Une voix qui se voudrait ferme. Une voix de fille.
- Il est tard, Billie et tu n'as rien à faire là. Pas plus que Gaétan et moi, je le conçois, mais nous ne fabriquons pas une potion à l'abri des regards, nous visitons le château pour... Est-ce un défi ? Quelqu'un t'a obligée à faire ça ? Tu sais bien que le couvre-feu est en vigueur depuis une heure...
Encore un garçon. Sa voix à lui est mesurée, mais inquiète.
- Au risque de me répéter ça ne vous regarde pas. Et je n'ai rien volé, la cape et la carte m'appartiennent autant qu'à vous !
La cape et la carte ? La cape d'invisibilité et la carte du Maraudeur ? Il doit s'agir de Lily ! De Lily et ses amis de Gryffondor ! Peut-être que les murs sont empreints de magie et qu'ils déforment les voix ou que...
- ...quelqu'un dehors ! Là !
- Ne raconte pas de bêtises Gaétan.
- Regarde la carte, Billie ! Je te dis qu'il y a quelqu'un !
- Le... Le point est comme effacé. Je n'arrive pas à lire le nom...
Oh Merlin... Je n'ai pas le temps d'esquisser le moindre geste que la porte s'ouvre sur... le néant. La lumière verdoyante de la potion a disparu, volatilisée. Le feu, éteint à la va-vite, fume encore légèrement. Ils sont là, quelque part. Je sais qu'ils sont là.
- Tirosi ?
Je suis ridicule. Je me tiens immobile, retenant même ma respiration, comme si ça pouvait les empêcher de me voir.
- Crétine ! Bonjour la discrétion, Billie !
- Ça ne t'arrive jamais d'être surpris !?
- Les représentants de la Gouape savent se maîtriser, figure-toi !
- Mais, c'est...
- C'est pas Tirosi. Ça ne peut pas être elle !
Je ne respire toujours pas. C'est décidé, je vais m'inscrire en cours d'apnée. Oh Merlin... Un visage vient d'apparaître ! Un visage constellé de taches de rousseur, un visage entouré de mèches fauves. Un visage sans corps !
Je suis tombée. Sur les fesses, bien sûr. Le visage sans corps tend sa main vers moi. Le garçon se dégage d'une cape d'invisibilité, ignorant les deux voix qui lui conseillent de fuir. Le garçon est plus petit que moi, il doit avoir onze ans. Il porte les couleurs de Gryffondor. Sûrement un petit nouveau à qui je n'ai pas prêté attention. Il a un sourire doux qui paraît sincère, mais je suis sûre que ce n'est qu'apparence. Sans doute un manipulateur qui a peur que je les dénonce, lui et ses petits copains.
Je me redresse avec ce qui me reste de dignité, feignant d'ignorer le mal qui envahit mon postérieur. Je lève à peine les yeux vers le garçon et je sursaute, reculant contre le mur, effrayée. Deux têtes flottent derrière lui, à peine visibles dans la pénombre ambiante. Le garçon n'avait pas tort, le couvre-feu est sans doute en vigueur. Il fait nuit noire, les torches sont éteintes, un froid glacial s'engouffre dans le couloir.
Je n'ai sans doute jamais eu aussi peur. Jamais je n'enfreins le règlement, jamais je ne sors après le couvre-feu, jamais je... Mais ces trois élèves semblent bien plus jeunes que moi, eux aussi sont dans leur tort, peut-être qu'en feignant d'être préfète ou d'avoir une autorisation quelconque je pourrai m'en tirer sans mal.
La cape glisse au sol. Au premier garçon s'ajoute un second, plus petit encore, et tout aussi mal coiffé que peut l'être James. Il porté également les couleurs de Gryffondor. La fille paraît encore plus menue, encore plus fluette. Sa peau, hâlée, est, comme celle des deux garçons, constellée de taches de rousseur. Son visage, maigre et allongé, comme légèrement souffrant, est encadré d'une épaisse chevelure ébène. Elle me fixe de ses yeux vert sombre, me dévisageant tout autant que je le fais. Sur sa cape froissée, je reconnais le blason de la maison Serpentard et mon sang se glace. Jamais une Serpentard ne laissera une Weasley s'en tirer sans mal.
Le garçon mal coiffé à ses côtés ne cesse de regarder autour de lui. Je crois qu'il a plus peur que moi, même s'il cherche à me prouver le contraire. Je sens que je reprends l'avantage de la situation lorsque la fillette murmure :
- Iris, c'est toi ?
- Oh Merlin, soupire le garçon mal coiffé. Pas une préfète, ajoute-t-il la voix suppliante. Même la plus barge des préfètes nous...
- Je ne suis pas sûr que ce soit elle, intervient le garçon aux cheveux fauves. Je suis même certain que ce n'est pas elle.
Paniquée, je recule encore de quelques pas. Il faut que je disparaisse. Derrière moi le couloir semble plus long que tout à l'heure et l'obscurité est bien plus dense. Même la salle à lumière bleue semble avoir disparu. Les trois gamins se concertent, je pourrai profiter de leur inattention mais ils me semblent vifs d'esprit et, même s'ils ne sont qu'en première année, j'ai bien l'impression qu'ils savent très bien se servir de leurs baguettes brandies vers moi.
- ...Billie t'es sûre que...
- Je te dis que c'est Tirosi !
- Mais enfin, c'est impossible, Billie !
Le garçon aux cheveux fauves soupire, comme résigné, et garde les yeux rivés vers la fille qui s'avance vers moi d'une démarche si souple, si aérienne, qu'elle me paraît se déplacer en volant. Tout aussi paniqué que moi, le garçon aux cheveux emmêlés essaie de la retenir.
- BILLIE ! Qu'est-ce que tu fais ?! Faut y aller, on va avoir des ennuis !
- Tirosi, qu'est-ce que tu fais là ?
Tirosi ? C'est censé être un nom, un surnom ? Pourquoi m'appelle-t-elle comme ça ? On dirait qu'elle me connaît, elle a même l'air vexé – et légèrement suspicieux -, comme si elle m'en voulait de ne pas la reconnaître. Peut-être l'ai-je rencontrée par le passé, il arrive que des enfants nous suivent pendant des heures avant que mes parents daignent leur signer un autographe, mais ça n'explique pas l'utilisation de ce surnom.
- Ecoute, Tirosi… Ne va pas croire qu'on… Je ne sais pas ce que faisaient les garçons mais moi, j'ai juste vu qu'ils étaient dehors alors que le couvre-feu est…
- Menteuse !, proteste le mal coiffé. J'en reviens pas que tu oses…
- Mais c'est vrai, insiste la fille. J'étais dans mon dortoir, je regardais la carte, comme ça, avant de m'endormir et j'ai vu qu'ils étaient dehors, j'ai eu peur pour eux, je ne voulais pas qu'ils aient d'ennuis, tu comprends…
C'est au-delà du mensonge. La fille, Billie, sait parfaitement que je ne la croirai pas. J'ai vu la potion, j'ai entendu leur conversation, elle le sait. Mais elle témoigne d'une auto-persuasion et d'une mauvaise foi qui dépassent tout ce que j'ai pu connaître. Quoique… Natasha aurait pu inventer une histoire semblable. Mais Natasha n'a pas de carte du Maraudeur. Ni de cape aux couleurs de Serpentard.
- … ne faisais rien de mal, ok ? Oh, s'il te plaît, ne dis pas à maman que je suis sortie après le couvre-feu, m'implore la dénommée Billie.
Elle est presque parvenue à m'attendrir avec son toupet enfantin cette Serpentard rusée. Mais ça supplication me surprend. Que veut-elle dire par là ? Suis-je censée connaître la mère de…
- Par le boxer de Dumbledore, voilà Sirius !
Je sursaute. Ça ne doit faire que dix fois en dix minutes, après tout. Les deux garçons s'immobilisent, terrifiés et Billie… Billie a disparu. Billie a profité de mon sursaut de recul et de la frayeur de ses deux compagnons pour disparaître sous cape. Verts de rage et amusés à la fois de s'être fait si bien berner, les deux garçons s'enfuient à leur tour, s'élançant à perdre haleine dans les dédales du château.
- Je ne resterai pas là si j'étais toi.
Je reconnais la voix de la dénommée Billie.
- Quoique tu fasses ici, tu n'as visiblement pas envie que ça se sache. Y a un passage secret derrière cette tapisserie, elle t'amènera au premier étage. Sois prudente. Et ne dis rien à maman par…
La voix s'estompe. Un bruissement de cape plus tard, je comprends qu'elle a disparu. Des bruits de course se font entendre, de plus en plus près. Celui qui a fait peur aux trois jeunes élèves s'approche de moi, et, sans trop savoir pourquoi, je soulève la tapisserie sans aucune forme d'hésitation, persuadée de rejoindre plus rapidement et plus discrètement la Grande Salle.
Le passage secret est sombre et humide mais relativement court, et je surgis rapidement dans l'aile ouest du premier étage, comme l'avait prédit Billie.
- Rose ? C'est bien toi ?
Je sursaute. Encore. Neville Londubat se tient devant moi, sa baguette l'éclairant dans un diamètre restreint, constituant comme un halo amusant autour de lui. Je jette un œil à droite à gauche, nous sommes seuls.
- Bonsoir Neville.
Il ne me sourit pas, l'air soucieux. Je l'appréciais énormément, avant. J'ai même débarqué à Poudlard en étant heureuse qu'il soit là. Je me disais que je pourrais toujours compter sur lui en cas de problème. A cette époque, James n'était à mes yeux qu'un garçon un peu bête et terriblement prétentieux, Malefoy un nom haï par mon père. Je débordais de préjugés, de connaissances sans fondement. Et Neville n'a jamais rien fait pour que ça change. Bien au contraire.
- Que… Que t'est-il arrivé, Rose ?
- Je me suis plus ou moins perdue. Je pensais à… aux cours, voilà, je pensais aux cours et je n'ai pas prêté attention aux couloirs, aux escaliers, à…
- Et avant ça ?
- Que veux-tu dire ?
- Où étais-tu avant de te… perdre ?
- Dans mon dortoir, pardi ! Je sais que j'aurais dû y rester, rapport au couvre-feu, tout ça, mais il fallait absolument que je me rende à la bibliothèque pour trouver… quelque chose. Pour les cours, bien sûr. Et je sais que…
- Viens, Rose, je t'amène chez le directeur.
- Chez le directeur, rien que ça !?, je m'exclame, outrée. Tu ne pourrais pas me donner une retenue et garder ça pour toi, non ? Tu connais maman, elle va me tuer ! En plus…
- Seul le directeur est en mesure de… trouver une solution à… notre problème.
Oh Merlin… Mes parents vont me tuer. Ma mère, surtout. Mon père sera ravi que j'écope une retenue à coup sûr.
- Et euh… Hum. Tu n'aurais pas croisé deux… jeunes garçons ? De Gryffondor ? Un brun et un roux ?
Je repense au doux sourire de l'un, à l'air coquin du second et à la troisième, cette fille maligne et vive qui m'a aidée, alors qu'elle s'en tirait visiblement très bien sans moi.
- Non, Neville, je n'ai croisé personne.
- Hum. Je vois. Tant mieux. Enfin, je veux dire… Ils sont quelque part dans le château, bien sûr, mais nous ne pouvons décemment pas leur retirer cinquante points tous les soirs… Le sablier de Gryffondor est vide et…
- Il ne l'était pas ce matin, je songe tout haut en lui emboîtant le pas.
- Oh… Il… a été vidé, depuis.
Je n'ai jamais vu Neville si mal à l'aise. Il a l'air franchement bizarre. Bizarre, ouais. Bizarre parce que je l'ai vu hier et il me semble qu'il a drôlement grossi depuis. Et qu'il n'avait pas tant de rides autour des yeux. Bizarre parce qu'il détourne le regard mais n'arrête pas de poser les yeux sur moi. Bizarre comme il se trompe de chemin, emprunte des raccourcis inutiles, alors que nous ne sommes pas si loin de notre destination. Bizarre parce qu'il me semble qu'il fait exprès de ne rencontrer personne. Il ne serait pas ami depuis toujours avec mes parents je le prendrai volontiers pour un psychopathe pédophile assassin d'adolescentes rousses.
On rejoint enfin le hall d'entrée de Poudlard, passage obligé pour se rendre au bureau du directeur. Et c'est au tour de Neville de sursauter. Car, malgré la nuit avancée, le hall d'entrée est envahi par plusieurs dizaines d'élèves de ma promotion, si j'en crois leur taille, leur apparence. Parce que, étrangement, je ne reconnais personne. Certains sont adossés à un mur et parlent avec animation, d'autres franchissent les portes du château en riant aux éclats, un garçon semble éreinté, une fille est beaucoup trop maquillée pour être honnête, tous portent les couleurs des quatre maisons de Poudlard et je n'en connais aucun.
- Professeur, que…
Neville sursaute à nouveau. J'ai dû le contaminer de ma sursautine contagieuse.
- Je me suis déshabitué à ce que tu m'appelles « professeur », murmure-t-il avec un semblant de tristesse.
- Ah… euh… Désolée ? Et eux ? Que…
- Oh, ne t'inquiète pas, ce sont seulement les élèves de l'option de Pégalitation qui avaient un cours nocturne.
- Un cours de…
- De vol sur Pégases. Iris ne t'a pas dit qu'elle le suivait ? C'est curieux, normalement il faut une autorisation pour ça. Attends-moi là je vais la chercher. Mais avant, permets-moi de te métamorphoser le visage. Si Iris te voit comme ça, elle va poser des questions. Voilà, tu as retrouvé ton visage normal.
Iris, à nouveau. L'un des garçons a déjà prononcé ce prénom. Jamais entendu parler d'une Iris. Je dois être en train de rêver. Ou alors quelqu'un m'a empoisonnée. Ou alors… Il y a un truc pas net dans ma tête. Et sur ma tête, visiblement, puisque Neville a utilisé un enchantement sur mon visage. Je cherche un miroir, une vitre, une fenêtre, n'importe quoi mais mes yeux ne voient que Neville Londubat, qui discute avec cinq filles de mon âge. Et je me sens mieux, d'un coup, parce que Roxanne est là, juste devant moi. Et même si je trouve la situation complètement dingue – que fait ma cousine Roxanne au milieu d'élèves que je ne connais pas ? – je me sens rassurée de ne pas être totalement seule.
Je me concentre sur les quatre filles qui entourent Roxanne. Ça n'a pas l'air d'être une bande d'amies. Roxanne se dispute avec trois autres filles et la dernière ne cesse de lever les yeux au ciel. Elles viennent peut-être d'Irlande… Oui, c'est ça, les Irlandais ont dû arriver sans qu'on…
- Voilà, Iris a bien sa fiche d'autorisation. Tu as dû oublier que tu l'avais signée.
Je suis le regard de Neville que je n'avais même pas vu revenir près de moi. Il me montre une jeune fille qui… me ressemble énormément. Légèrement plus petite que moi, ses cheveux sont tout aussi épais que les miens mais d'un blond si clair qu'on dirait une… Malefoy. Mon cœur s'emballe plus vite que jamais. Cette fille, c'est un peu comme si c'était moi. Un « moi » différent. La fille qu'aurait pu avoir ma mère avec Drago Malefoy. Et pourtant, elle n'a ni les yeux bruns de ma mère, ni le regard gris des Malefoy. Elle a… mes yeux. Deux yeux ronds d'un bleu profond. Les yeux de mon père.
C'est impossible que ce soit une Irlandaise. D'ailleurs, elle a un insigne de préfète. Et sa cape et sa cravate témoignent de son appartenance à la maison Gryffondor. C'est la situation la plus improbable qu'il m'ait été donné de vivre.
- Rose, ça va ?
Je jette à peine un regard à Neville avant que mes yeux ne retrouvent cette Iris. Elle aussi me dévisage avec surprise, puis tourne les talons non sans m'avoir lancé un regard furieux. Les quatre filles restantes me détaillent sans gêne. L'une d'elles rougit dès qu'elle croise mon regard, hausse les épaules, et s'enfuit. Une autre, visiblement d'origine asiatique, se fatigue de moi rapidement, questionnant la dernière, celle que j'ai vu lever les yeux au ciel plusieurs fois. Elle lui murmure quelque chose et s'approche de moi, Roxanne la suivant de près.
Je me détends d'un coup. Roxanne va sans doute me présenter à ces personnes que je ne connais pas et surtout, surtout, elle va m'expliquer ce qui se passe. Ce que je ne comprends pas. Et peu m'importe à présent que Neville me somme d'aller voir le directeur, il a beau insister, je veux parler à ma cousine, je veux qu'elle m'explique que… Je sursaute pour la treizième fois. Roxanne a changé. Son visage est plus fin, plus carré. Elle semble avoir grandi de quelques centimètres. Pourtant je l'ai croisée au petit déjeuner, elle ne peut pas avoir tant changé en si peu de temps !
C'est comme si Roxanne… n'était pas vraiment Roxanne. Cette Roxanne ressemble à la Roxanne que je connais, un peu comme cette Iris me ressemble mais…
- Salut 'tie Rosie, s'exclame l'autre fille, miss-je-lève-les-yeux-au-ciel-en-continu, avec un sourire désarmant.
Qu'est-ce qu'ils ont tous avec ce « Tirosi » ? C'est qui encore cette fille qui croit me connaître ? Elle est plutôt grande pour une fille de notre âge. Presque autant que moi. Une taille bien trop élevée à cet âge où les garçons entament à peine leur croissance et lorgnent sur des attributs dont je suis dépourvue. Bizarrement ça lui va bien, à elle. Bien que plutôt maigre, son physique reste harmonieux, ses yeux d'un vert brillant sont magnifiques, ses cheveux sont naturellement colorés d'une magnifique teinte fauve qui me rappelle l'un des garçonnets que j'ai croisé un peu plus tôt.
Cette fille est solaire, sublime. Plus encore que Victoire et Fiona Barber. Plus que toutes les filles que j'ai rencontrées dans ma vie. Elle a parlé avec un accent que je ne saurai identifier, mais je ne l'aime pas. Sa voix éraillée me déplaît tout autant. Cette façon qu'elle a de sourire avec tendresse et dédain à la fois m'oblige à rester sur mes gardes. Elle est… Je ne sais pas ce qu'elle est justement. Et je n'aime pas ça.
- T'inquiète pour Iris, tu la connais, elle est juste surprise de te voir.
- Comme nous tous d'ailleurs, lâcha Roxanne d'un air froid. Qu'est-ce que tu fais là ? On te croyait en Colombie…
- En Colombie ?, je murmure d'une voix éteinte. Mais… Roxanne on s'est vues ce matin dans la Grande Salle et … Quoi ?
- Comment l'as-tu appelée, 'tie Rosie ?
- Roxanne ! Et toi pourquoi m'appelles-tu Tirosi !?
- Ce n'est pas Roxane, voyons, c'est Malika. Et on t'appelle comme ça parce que c'est ton surnom mais je…
- Jamais de la vie ! Et toi qui es-tu ?
Elle a l'air peiné. Et résigné. Peinée que je ne la reconnaisse pas alors que ça lui semble être une habitude. Une habitude lourde à porter. Un sentiment qui la rend plus solaire, plus attrayante encore.
- Je… Je suis juste… Alix. Ta… Ta nièce. Enfin tout comme.
- Tout… tout comme ?
- Elle a pas l'air de comprendre ce qu'on lui dit, grogne Malika.
Cette Malika n'est définitivement pas Roxanne. Ma cousine parle normalement, se tient normalement, se comporte normalement en société. Cette Malika semble avoir été élevée par un ogre. Elle bougonne des grognements sans aucun sens que seule cette Alix semble comprendre.
- Potter !
Je sursaute pour la quatorzième fois. Le même nom est appelé, crié plusieurs fois. Je tourne la tête très vite, à la recherche de James, Albus, Lily ou même mon oncle, mais je ne vois que ce garçon qui s'approche d'une démarche pressée.
J'en ai le souffle coupé. Cette voix fuyante, c'est celle des Malefoy. Celle de Scorpius Malefoy. Mais en y regardant bien, il ne ressemble pas à tout à fait à Scorpius finalement. Il est plus petit que lui et ses cheveux sont moins clairs. Il s'immobilise, essoufflé, devant nous, sans arrêter de fusiller du regard la fille qui dit s'appeler Alix. Celle-ci croise les bras et lui lance un regard furieux.
- Quoi Malefoy ?
- On a un match de quidditch demain matin je te signale ! Tu devrais aller te coucher !
Malika intervient, sort un grognement si fort qu'il ferait trembler une famille entière de dragons. Elle a dit « Dégage Malefoy » à ce que j'ai compris. Le Malefoy en question semble bouillir de rage mais tourne finalement les talons et gagne les sous-sols du château.
- Malefoy ?
Les deux filles échangent un regard entendu et me font face à nouveau. Malika caresse une batte imaginaire, l'air féroce, et Alix a toujours cet air triste qui ne devrait pas m'attendrir. Elle semble éprouver un sentiment étrange et lancinant que je n'arrive pas à interpréter, comme un poids énorme, bien trop lourd à porter sur de si frêles épaules, et pourtant, elle me répond avec un léger sourire, comme si la souffrance faisait partie de sa vie depuis tellement de temps qu'elle ne la perçoit même plus.
- Ben, oui, tu sais, je t'ai parlé de lui cet été… Lizard Malefoy.
Oh Merlin… Je ne sursaute plus. Ça ne m'a pas servi à grand-chose depuis tout à l'heure, autant que je tente une nouvelle approche. Les onomatopées par exemple.
- Liz… Malef… A griffe… A Gryffondor ?
Malika grogne et la fenêtre tremble derrière moi. Son corps doit être partiellement constitué de roche pour parvenir à faire jaillir des sons aussi tonitruants. Ça n'a rien de très séduisant mais elle semble en être très fière, comme d'une arme secrète et protectrice. Son bras droit se dresse et retombe avec force, et la batte imaginaire qu'elle empoigne s'abat dans le mur si fort que je croirai qu'elle est réelle. Cette fausse Roxanne est dingue. Complètement dingue. Pire que Natasha, c'est dire.
- Non, soupire Alix un peu plus intelligiblement. Lizard est à Serpentard. Et demain on joue contre lui… Premier match de l'année, Gryffondor contre Serpentard, la sempiternelle…
Je ne comprends pas pourquoi cette Alix dit tout ça. Je le saurai s'il y avait un match, demain, Natasha n'aurait parlé que de ça pendant des heures… Les sélections ont à peine eut lieu ! Et je crois bien que l'équipe de Serpentard n'est pas totalement formée, c'est impossible qu'un match ait lieu si tôt dans l'année… Et cette fille ne fait pas partie de l'équipe, par Merlin ! Je le saurai si James… Oh Merlin…
- Attends… Ce… Malefoy, j'articule difficilement. Il t'a bien appelée Potter ?
- Ouais, je ne comprends pas non plus pourquoi les gens continuent de s'appeler par leur nom de famille, ici. Ça fait tellement vieux-jeu ! C'était différent là-bas…
- Mais lui il… Tu… Il t'a… Toi et lui…
- Oh, on n'est pas vraiment amis, tu sais. Et puis c'est l'habitude des Serpentard, quoi. Je pensais vraiment qu'avoir Billie avec eux les calmerait, mais non. Même elle qui est à Serpentard doit supporter leurs sarcasmes. On reste des Potter, quoi.
Je me colle au mur et prends mon visage entre mes mains, profitant de l'inattention d'Alix et Malika qui observent en riant le professeur Londubat gronder un Serdaigle. J'inspire un bon coup. Soit je rêve, et mon rêve est particulièrement flippant. Soit je suis… dans le futur ? Et alors je viens de rencontrer la fille de Roxanne ainsi que le fils de Scorpius Malefoy. Qui ne m'a pas reconnue. Donc je ne suis pas sa mère. Non pas que cela me surprenne, vu l'aversion que me porte Scorpius Malefoy, il aurait été plus que surprenant que je sois la mère de son fils. En revanche, la petite Iris… Mais non, mieux vaut éloigner son image de ma tête…
- Alix, Malika, regagnez vos dortoirs.
Neville est de retour, visiblement pressé de voir cette journée se terminer pour de bon. Malika acquiesce et rejoint la fille d'origine asiatique qui porte également les couleurs de Gryffondor. Je les vois échanger quelques mots sans entrain et s'éloigner un peu, pas trop loin, comme pour attendre la dénommée Alix. Les joues de celle-ci ont perdu toute couleur. Neville l'observe avec sévérité mais elle l'ignore avec superbe. C'est le genre à faire fi de l'autorité et des règles. C'est le genre solaire, tout feu tout flamme, capable du meilleur et du pire, quitte à se brûler les ailes. Un vrai soleil, oui. Comme je n'en ai jamais vu.
- J'imagine que tu vas voir maman demain, souffle-t-elle avec tout autant de bonheur que d'hésitation.
- Maman ?
- Ben ouais. Tu sais Natasha Potter, ta meilleure amie, bafouille-t-elle.
Sous le choc je ne peux m'empêche de hurler.
- Natasha ?! Natasha POTTER ?! Natasha avec…
Le prénom de mon presque-frère, celui que le destin s'acharne à éloigner de ma meilleure amie, s'éteint dans ma gorge. Parce qu'Alix ne ressemble pas à James. Parce qu'Alix a les yeux verts, bien plus clairs que ceux de Natasha. Parce qu'Alix a les yeux d'Albus.
- Oh là là, professeur faut faire quelque chose là, je pensais qu'elle plaisantait mais elle ne se rappelle même pas de qui est mon… mon père !?
- Alix, je ne veux pas que la situation s'ébruite ! J'ai prévenu l'infirmerie, Rose, ils vont nous envoyer quelqu'un.
- J'espère que le quelqu'un en question n'est pas en train de marcher vers nous, murmure Alix avec un sourire légèrement amusé.
Un adolescent un peu plus âgé que nous et à l'allure élégante s'approche de nous. Il hoche la tête à l'adresse d'Alix et murmure quelques mots au professeur Londubat. Une discussion à propos de rondes qu'il a entreprises et d'élèves qu'il a surpris hors des dortoirs. Il semble ne pas m'avoir vue. Mais moi je le reconnais. C'est lui qui a fait fuir les trois gamins qui…
- A part cela, rien à signaler, professeur.
- Tu plaisantes ?, intervient Alix.
Le jeune homme la regarde, étonné, puis suit son regard jusqu'à moi. Et son sourire s'agrandit dès qu'il m'aperçoit. Tout comme le mien. C'est James. Là, devant moi, c'est James. Mon James. Sa cravate et sa cape aux couleurs de Gryffondor, ses cheveux indomptables, ses yeux rieurs si étrangement colorés de noisette et de bleu nuit. C'est James. Sauf que James n'est pas préfet. Encore moins Préfet-en-chef.
- Oh salut 'tie Rosie ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu étais en Colombie ? C'est maman qui va être contente…
- Elle ne se souvient pas de qui est ta... notre mère, souffle Alix.
- Hein ?
- Sûrement un pépin avec une goyave, ajoute-t-elle avec un clin d'œil pour son…. Frère ?
Il y a une telle alchimie entre eux deux qu'ils semblent bien être les seuls à ne pas la voir. Lui aussi, comme Alix, et certainement comme cette Billie que j'ai rencontrée plus tôt, est donc un de mes « neveux ». Un des enfants de James et Natasha Potter. Je ne sursaute plus, non, je tremble. De tous mes membres.
- Tu… Tu es…
Un bruit effroyable. Le retour de Malika. Elle grommelle à Alix qu'elle a froid – « on se pèle la cuissarde et les concierges ont éteint toutes les torches Scandix ! » puis se tourne vers moi avec une condescendance qui m'oblige à reculer.
- C'est Sirius, voyons ! Tu n'as quand même pas pu oublier Sirius James Potter !?
Je jette un regard alarmé à Neville. Celui-ci me renvoie un sourire navré, triturant sa montre et attendant avec tout autant d'impatience que moi que quelqu'un vienne nous porter secours. Quelques élèves s'agglutinent autour de nous. Une fille, qui a le même insigne que ce Sirius, incite les élèves à regagner leur salle commune, implorant son aide à son homologue masculin. Mais celui-ci ne me quitte pas des yeux.
Il me scrute avec tant d'insistance que je détourne le regard, posant mes yeux sur les autres élèves, sans doute à la recherche d'un air de famille, d'une explication. Du retour d'Iris, aussi, sans doute. Les portes s'ouvrent à nouveau, laissant entrer l'équipe de quidditch de Poufsouffle. Je ne suis pas spécialiste, mais je reconnais quelques joueurs d'ordinaire, les adversaires de Natasha, Oscar Dubois... Bien évidemment, soit tous les anciens joueurs ont quitté l'équipe, soit l'imaginaire de mes rêves est particulièrement bien fourni.
Alors que l'équipe de Poufsouffle que je connais s'est habituée à finir dernière de la coupe de quidditch, ces « nouveaux » joueurs que je découvre sont extatiques, les plus âgés apparaissent confiants, sûrs d'eux et sont précédés d'un petit groupe de garçons beaucoup plus jeunes, sûrement en deuxième ou troisième année. Quatre d'entre eux portent l'uniforme de l'école, le dernier, au centre du groupe, semble être l'attrapeur de l'équipe. Tous les regards sont rivés sur lui, et Alix et Sirius le regardent avec tendresse.
Soudain, c'est comme si je n'existais plus, me faisant voler la vedette par ce petit Poufsouffle aux cheveux chocolat et aux yeux noisette. Et lorsqu'il me regarde, je comprends que nous sommes liés et que, dans ce rêve de toutes les bizarreries, James et Natasha ont un fils à Poufsouffle.
Sirius lui fait signe de suivre les élèves de sa maison, et ceux-ci ne manquent pas de m'observer avec insistance. Comme tous les élèves présents dans le hall. Je suis devenue un animal de foire, pour eux. Ils ne se gênent pas pour me détailler et, en même temps, je comprends pourquoi. C'est une situation plus que bizarre.
- Tu crois qu'elle a été ensorcelée ?
Alix nous a entraînés, Sirius et moi, à l'écart des autres, comme s'il lui était naturel de donner des ordres et de voir tout un chacun lui obéir. Malika est restée en retrait et la surveille. Ou la protège. Ou les deux. Je ne parviens pas à trouver à ces filles l'équilibre dont témoignent habituellement les filles de notre âge.
- Tu crois qu'elle a fait un voyage temporel, comme Yulia ?
Sirius jette un regard derrière lui, pour s'assurer que personne n'a entendu sa sœur et secoue la tête, l'air incertain. Un voyage temporel ? C'est impossible… Je suis sûre d'avoir lu quelque part que c'était impossible.
- Un… quoi… qui ?, je bafouille.
- Notre grande sœur, Yulia. Yulia Rose. Ta filleule, ajoute Alix avec un semblant d'inquiétude mêlé à de grandes pincées de fascination.
Mais, par Merlin, combien d'enfants ont eu James et Natasha !? Et que suis-je supposée faire en Colombie ? Suis-je mariée ? Iris est-elle vraiment ma… ma fille ? Ai-je eu d'autres enfants ? Il faut que j'en sache davantage mais mon neveu, Sirius, semble être vexé que je ne le reconnaisse pas, alors qu'il est préfet-en-chef de Poudlard et sa sœur se moque ouvertement de lui en prétendant qu'i aucun intérêt à être préfet avant de me jeter un regard alarmé et de dire que c'est différent pour Iris parce qu'elle est cool, pas prétentieuse et… « pas comme sa mère », en me faisant un clin d'œil.
Je lutte pour ne pas m'évanouir. Qu'entend-elle par-là ? Se peut-il que j'aie réellement voyagé dans le temps ? Et qu'Iris soit ma fille ?
C'est impossible. Je vais me réveiller à l'infirmerie et Natasha m'apprendra que Scorpius Malefoy m'a ensorcelée, c'est tout. Je vais juste passer quelques heures à l'infirmerie, on va bien rigoler avec Nat quand je lui parlerai de « ses enfants », une fille à Serpentard – elle va en faire une syncope – deux enfants à Gryffondor – elle va hurler, et lui dire qu'elle les a eus avec James ne la consolera qu'à moitié. Il lui aurait fallu un enfant à Serdaigle, tiens.
- … mon frère jumeau, le Serdaigle de la famille...
La voix d'Alix me ramène à la réalité. Deux garçons se tiennent à ses côtés. Plus jeunes que Sirius, l'un est le portrait craché de Mael Thomas, le meilleur ami de James et le second est... le frère jumeau d'Alix. Raphael. Il me semble avoir entendu ce prénom. Un Serdaigle. Très semblable à son frère aîné, bien plus qu'à sa jumelle, ses cheveux sont nettement plus longs et son visage plus allongé, beaucoup moins carré. Il ressemble énormément à James. Mais il a les yeux de sa mère. Les yeux de Natasha. Comme cette fille, Iris, qui a les mêmes yeux que...
- … Ok. Là je crois franchement qu'on a un problème. Rose, t'as quand même pas oublié qu'Iris est ta fille ? Rose ? Rose!
C'est trop, beaucoup trop. Sans être particulièrement fragiles, le corps et l'esprit ont leurs limites. Les miens ont plus que dépassé les leurs. Je tombe lourdement sur le sol, n'entendant plus que l'écho de mon prénom qui raisonne à l'infini dans ma tête.
ooOOoo
- Rose ?
Je rouvre les yeux péniblement. Mon esprit est si embrumé que la douce lumière diffuse parvient à m'éblouir. J'ai un mal de crâne à pleurer. Je me concentre sur mes membres, rendus douloureux par ma chute, mais la douleur est amoindrie par la douceur des draps et la chaleur de l'épais plaid qui repose sur mon buste. Je suis dans un lit. Dans une chambre. Dans un dortoir. Celui dans lequel je vis quand je suis à Poudlard. Oui, voilà, je suis à Poudlard et quelqu'un a tiré les rideaux autour de mon lit. Quelqu'un qui me secoue doucement pour me réveiller.
- Réveille-toi ma puce, on a cours de Sortilèges dans une heure et tu connais la prof, elle va nous tuer si on arrive en retard.
Je secoue péniblement la tête. Je me sens harassée. Tout un tas d'images voguent sous mes paupières, me donnant une migraine si forte que j'en ai les larmes aux yeux. Je me racle la gorge, me demandant à qui appartient cette voix douce qui me conseille de me lever.
- Nat ? C'est toi ?
- Ben oui… qui veux-tu que ce soit ?
- Oh ! Comme je suis soulagée, tu n'imagines même pas !
- Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
- J'ai fait un rêve… trop étrange… je…
- Ça m'étonne pas, t'étais déjà agitée quand ils t'ont amenée ici.
- Qui ça ?
- Le professeur Londubat et le…
- Quoi !? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- J'espérais que tu me le dises. Ils m'ont conseillé de te laisser te reposer. Ils n'ont rien voulu me dire. Je ne suis pas de la famille, tu comprends, ajoute-t-elle d'un air peiné, et tu es une fille de.
Je me laisse tomber sur les draps. Qu'est-ce que tout ça signifie ? Soit je me suis égarée dans un couloir et j'ai rêvé, soit Malefoy ou quelqu'un d'autre m'a jeté un mauvais sort. Soit... Soit j'ai vraiment voyagé dans le futur.
- Ce n'était peut-être pas un rêve alors…
- Hum ?
- Tu m'as entendue parler ? Dans mon rêve ?
- Non, t'étais juste agitée, c'est tout. Enfin si… tu disais un truc à propos d'une Alix je crois, m'apprend Natasha. J'adore ce prénom d'ailleurs. Pas toi ?
- … si.
Je profite de l'arrivée de Fiona Barber et Chandika Goldstein pour stopper net notre conversation. Hors de question de parler de mon « rêve » devant ces filles. J'en profite pour gagner la salle de bains, mon esprit encore et toujours voué à cette folle nuit. Je ne suis pas près de me remettre de mes émotions.
Tout me paraît si réel, si possible. Qui peut prétendre pouvoir dire de quoi sera fait le futur ? Celle que j'étais quatre ans auparavant n'aurait jamais cru pouvoir compter sur James, ni même se prendre d'amitié pour une fille comme Natasha, encore moins ne pouvoir un jour se fier qu'à ces deux seules personnes. Le futur est ce monde qui nous apparaît, à tous, d'où que nous venions, étranger, inconnu, impalpable, une terre de tous les possibles, un univers que nous découvrirons tous, qui que nous soyons. L'avenir est riche de mille promesses, et celui que je crois avoir entrevu me donne envie de le parcourir, de le découvrir, de m'y plonger toute entière sans nulle forme d'hésitation.
Encore faudrait-il que James et Natasha se rapprochent. Pour de vrai, je veux dire. Pas ce semblant de relation vouée à l'échec qui les sépare et les étreint si brièvement qu'il n'en résulte que cette fatalité qu'ils portent tous deux avec abdication.
Encore faudrait-il que j'en apprenne davantage sur Iris et « mon moi du futur ». Qui est cet homme que je vais aimer et qui va m'aimer, suffisamment pour engendrer un enfant ? Iris a-t-elle des frères, des sœurs ? Pourquoi était-elle si furieuse contre moi ? Qu'étais-je censée faire en Colombie ?
Un bruit sourd me sort de mes pensées. Natasha, qui ne cesse de tester sa nouvelle batte, m'offre un sourire d'excuses et s'empresse de ranger « sa merveille » au fond de sa malle. Elle esquisse un faible sourire, bien trop fragile pour occulter ces cernes lourds et sombres qui dénotent sur son visage d'ordinaire débordant de joie et de vie.
- Tu m'as attendue ?
- Ben oui, me répond-elle avec évidence. Je meurs de faim, pas toi ? Avec ce que t'as remué cette nuit, tu dois...
Nous nous mettons en marche et je n'écoute que d'une oreille son discours surfait sur la qualité du petit-déjeuner servi à Poudlard. Elle se force. A parler, à sourire, à avancer. Et ça fait des semaines que ça dure. Comme moi. Comme James.
- Nat' ?
- Oui ?, répond-elle par habitude, sans entrain.
- Si t'avais une fille, tu l'appellerais Alix ?
Elle saute les quatre dernières marches de l'escalier, salue deux coéquipiers qui végètent dans la salle commune, jette un regard nostalgique au sofa qu'occupaient quotidiennement son frère Isidore et son regretté capitaine Malek Lespare, et se tourne vers moi, perplexe.
- Mmh. Ouais. J'aime vraiment ce prénom mais bon… Encore faut-il que je devienne mère. Et que ce soit une fille.
Je profite qu'elle contemple le parc pour en étudier la force du vent et la pesanteur de la brume, comme chaque matin, pour dissimuler un petit rire. J'ai envie de lui parler de Sirius le Gryffondor préfet-en-chef, des jumeaux Alix et Raphael qui se ressemblent si peu, de l'attrapeur des Poufsouffle, des petits garnements qui ne font fi ni du règlement ni du couvre-feu et de cette Yulia Rose pour qui les voyages temporels semblent monnaie courante. J'ai envie de lui dire que peut-être plus tard, dans un avenir hypothétique ou une dimension parallèle, elle aura des enfants dans chaque maison de ce château. J'ai envie de lui parler d'Iris, d'imaginer avec elle d'autres enfants. J'ai envie de lui faire croire que je n'en aurais qu'un, une en l'occurrence, alors qu'elle devra élever des enfants aux caractères si différents… Et si trempés. J'ai envie de la distraire, de faire disparaître ses cernes, de lui faire oublier ne serait-ce que quelques heures que sa petite sœur a été grièvement blessée et que son histoire avec James est vouée à l'échec. J'ai envie de l'égayer, de la surprendre. Mais, comme d'habitude, elle anticipe la moindre de mes actions.
- Ou Yulia, lâche-t-elle les sourcils froncés, en pleine réflexion. C'est beau Yulia aussi, tu ne trouves pas ?
Ça faisait longtemps que je n'avais pas sursauté, tiens.
- … si. Si, c'est très joli.
- Vendu, si j'ai une fille, un jour, je l'appellerai Yulia. Yulia Rose. Parce que tu seras sa marraine bien sûr ! Bon, tu viens ?
Elle s'arrête pour m'attendre. Son sourire est un peu plus grand, un peu plus prononcé. Un sourire communicatif et engageant. Là, au beau milieu d'un couloir du septième étage, alors que je me moque de me perdre car je suis avec elle, j'ai envie d'y croire.
- Oui, Nat, je viens.
Je m'approche et m'accroche à son bras, lui tirant un sourire éclatant et ému. Moi qui suis si avare lorsqu'il s'agit de montrer mes sentiments, je n'hésite pas à presser son bras et à avancer collée à elle. Oui, j'ai envie d'y croire. J'ai envie de croire qu'un jour, les deux personnes que j'aime et qui m'aiment en retour sauront trouver la paix et le bonheur, ensemble.
- Au fait, je me disais… Entre James et toi…
- Oh ne me parle pas de lui, ton cousin m'exaspère ! C'est un petit crétin prétentieux, arrogant, qui accumule les bêtises, il m'énerve !
Sa diatribe, qu'elle a apprise par cœur et répète inlassablement depuis quelques années, est récitée avec toute la mauvaise foi du monde. Et à travers cette voix hypocrite au possible c'est la petite Billie qui se dessine. Son sourire, qu'elle offre toujours malgré sa détresse, est celui du petit Poufsouffle qui aime son balai autant que Natasha adore sa batte. Cet air soucieux avec lequel elle me couve est celui du petit garçon aux cheveux fauves et de ce grand dadais de Sirius. Cette élégance qu'elle porte en elle malgré sa cape froissée et ses cheveux attachés à la va-vite, c'est celle de ce garçon qui sera un jour réparti à Serdaigle pour la plus grande fierté de sa mère. Et de sa 'tie Rosie.
- Les choses changent, Nat. James t'énerve peut-être mais ça va… ça peut changer. Qui sait ce que nous réserve l'avenir ?
- Pourquoi tu dis ça ?!
Je me contente de sourire. Un sourire sincère, loin de ce sourire discret et guindé de « fille de » responsable et soignée qui ne me sied guère. Quoi que je fasse, quoi que je dise, je ne saurais pas avant longtemps si ce que j'ai vécu était un rêve ou non. Au moins en serai-je certaine si – quand ! – Natasha donnera naissance à la petite Yulia Rose.
- Yulia Rose Potter Kandinsky ?! Mais enfin Rose, pourquoi associer Potter à… Il est hors de question que lui et moi ayons un enfant !
- Je pensais plutôt à sept ou huit enfants, moi…
- Quoi !? Tu es complètement folle !? Tu cherches à me rendre dingue, pas vrai ? Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit pour que tu me sortes des trucs aussi…. Dingues !?
Le dernier mot, Natasha ne le crie pas. Au contraire, elle le soupire, tel un murmure qu'elle ne peut pas retenir, mais qu'elle ne peut pas hurler non plus. Parce que James est juste là, de l'autre côté du couloir, et qu'il nous observe avec ce mélange de bonheur et de tristesse qui traverse ses yeux chaque fois qu'il les pose sur Natasha.
Je le salue, avec toute la tendresse possible et inimaginable. A lui aussi j'ai envie de tout raconter. Mais lui remplacera les cris de Natasha par un malaise. C'est même pas dit qu'il s'en relève un jour. Et je pèse mes mots.
James répond à mon signe sans conviction, peiné de voir que Natasha l'ignore avec superbe.
Tous deux sont si prévisibles, si semblables que cette vie que j'ai entraperçue me semble possible. Oui, j'ai vraiment envie d'y croire.
J'ai envie de croire à cette vie qui ne nous séparera pas et aux sourires de leurs enfants, simplement heureux de me voir, moi.
J'ai envie de me plonger dans cette vie où il semblera si normal que je voyage en Colombie et si étonnant que je sois à Poudlard.
J'ai envie de rencontrer le père d'Iris, de savoir de qui elle héritera ses magnifiques cheveux blonds.
J'ai envie de tenir dans mes bras la petite Yulia Rose, ma filleule, le symbole de cet amour qui me liera à tout jamais à James et Natasha.
J'ai envie d'entendre James encourager les quatre équipe de Poudlard dans le but de rester impartial, par amour pour ses chérubins.
J'ai envie d'entendre Natasha se plaindre d'être une mauvaise mère, la mère d'enfants si différents qu'ils appartiendront à chaque maison de Poudlard.
J'ai envie d'entendre dans la voix de ces enfants si différents le même bonheur, la même chaleur, quand ils m'appelleront 'tie Rosie.
Il est de ces moments où l'on a envie d'espérer. Un signe encourageant, un rêve que l'on veut voir se réaliser. On a alors deux choix : attendre avec impatience qu'il se réalise, sans pour le moins rien changer dans sa vie ou tout mettre en œuvre pour « forcer le destin ».
Alors, certes, ce texte était un « interlude », un faux-chapitre, un bonus revendiqué et, la suite étant déjà écrite, il n'est pas censé interférer dans l'évolution de l'histoire principale. Mais qui sait. Connaissant Rose comme je la connais, têtue et passionnée, elle ne risque pas d'oublier de sitôt son « rêve ». Alors quel choix fera-t-elle selon vous ? Laissera-t-elle la vie s'écouler normalement en espérant un jour tenir la petite Yulia-Rose dans ses bras, ou forcera-t-elle le destin dans le but de rapprocher définitivement les deux piliers de sa vie, au moins aussi têtus et passionnés qu'elle ?
Moi j'ai déjà ma petite idée. J'ai hâte de connaître la vôtre ! :)
