Salut !
Nous revoilà donc à Poudlard avec un chapitre assez conséquent...
Ce chapitre marque un « petit » tournant, avec l'arrivée des Irlandais et d'une jeune fille particulière, dont nous suivrons le point de vue en des passages en italique assez différents de ce que j'ai écrit jusque-là. Ce nouveau personnage, c'est « le pantin sans nombril » d'Amalthéa Delanikas. Vous vous souvenez d'elle ? Je l'ai déjà pas mal malmenée dans les précédents chapitres, cette pauvre petite sans-nombril-mais-avec-un-tatouage-en-forme-de-W, et elle n'a pas fini de souffrir. Un peu comme James, quoi. Après tout y a pas de raison qu'il soit le seul à s'en prendre plein le chaudron.
Tous mes remerciements à Mayoune, FILK, Cat240, Inlo21, Nezumibook et Imthebest (on se rejoint tout en bas)
Et bonne lecture !
23. Comme un parfum d'Irlande
Sixième journal de Daniel Redox.
« Cher journal,
Me revoilà, juste pour cette fois. Ils ont fermé l'école. Ils disent qu'il faudra plusieurs mois avant de la reconstruire. Certains partent en Espagne ou en France, la plupart vont avoir des précepteurs mais moi, comme la majorité, je vais découvrir Poudlard.
William dit que c'est une nouvelle vie, que nous devons nous réjouir.
Dana espère qu'on nous fasse passer les Buses ou des examens encore plus compliqués.
Billie a déjà bouclé sa malle.
Et moi j'ai envie de croire que ce changement est la représentation de ma décision.
J'ai décidé de poser toutes mes questions à papa. Je veux savoir d'où je viens, je veux savoir si la pureté du sang a réellement quelque chose à voir avec la méchanceté dans ce monde de fous, je veux savoir qui a attaqué mon école, comment aider Trisha, si les fils de sont vraiment privilégiés. Je veux savoir si ceux qui ont accusé James de tricherie et lui ont fait repasser ses Buses avaient raison. Je veux savoir si Billie changera d'avis et me considèrera un jour comme plus qu'un ami.
J'ai pris ma décision, cher journal. A partir d'aujourd'hui, je vais te ranger avec ceux qui t'ont précédé. J'arrête. Je veux me consacrer à mes recherches. Je veux comprendre, je veux savoir. Je crois que c'est ce qu'on appelle quitter l'enfance et passer à l'âge adulte. Dans ces moments-là on fait une sorte de bilan, mais je n'en ferai pas. Je ne suis pas très fier de moi et je n'ai pas beaucoup grandi. En taille, du moins. Au revoir, cher journal. Et merci. »
ooOOoo
Appartement 13, Daenery Rd, Bristol
Du bruit dans mes oreilles qui bourdonnent. Le bruit est un son indésirable, me dit-on. On l'oppose au plaisir que procure la musique. Je ne sais pas ce qu'est la musique. Ça me semble beau mais incompréhensible. Je ne me souviens pas avoir connu le bruit, avant. Avant il n'y avait que le silence. Le silence et le néant. Le néant c'est l'absence d'existence, me souffle la machine à définition dans ma tête. Le néant c'était ce que j'étais avant.
J'ouvre les yeux. Elle est là. Elle s'affaire dans ce qu'elle appelle la cuisine. Elle ne me regarde pas, ne me parle pas. Elle ne le fait jamais. D'habitude, je dors. Et quand je me réveille, elle me verse quelque chose dans la bouche, c'est liquide et froid, et je m'endors aussitôt. Elle s'appelle Amalthéa, je l'ai lu sur cette chose rêche et fine qu'elle appelle une lettre. C'est sa sœur qui lui écrit, une fille aux cheveux très clairs et aux yeux doux. J'aurais préféré que ce soit cette fille que me réveille et m'endorme, plutôt qu'Amalthéa.
Amalthéa ne parle pas, et tout ce qu'elle cuisine a mauvais goût. Elle dit que c'est normal, que je ne mange que depuis quelques jours, que le goût s'apprend, que ça changera. Elle dit ça au vieil homme qui est là souvent et à ses chiens qui lui répondent. Pourtant, je sais qu'un chien ne parle pas. Je ne l'ai pas lu, pas appris, personne ne me l'a dit, mais je le sais. Ça et tout un tas de choses.
Je sais que je n'aime pas la tarte à la mélasse. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais même pas quel goût ça a mais il y a cette case dans ma tête qui me le dit. Je n'aime pas la tarte à la mélasse.
Je n'aime pas marcher sous la pluie. C'est la même case qui l'a dit. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais même pas à quoi ressemble la pluie, ce doit être comme un robinet qui coule partout, et c'est vrai que je n'ai pas très envie de marcher sous un robinet qui coule.
- Mange.
Je regarde ce qu'Amalthéa pose devant moi. Il y a ce rond dur que j'ai essayé de manger, une fois, ça s'appelle une assiette et je sais maintenant que je ne dois pas le manger, même si on me dit de manger. Je dois manger ce qui est à l'intérieur, c'est mou et plein de couleurs. La masse informe et jaune c'est des œufs. C'est marrant, les œufs, ça a plein de formes différentes, je le sais parce qu'Amalthéa en cuisine tout le temps. Elle dit qu'elle ne sait rien faire d'autre. La preuve, la mini chaussette sèche et dure qui patauge dans le jus des œufs est un morceau de bacon qu'elle ne sait pas cuisiner. J'aimerais bien voir à quoi ressemble une mini chaussette bien cuisinée.
Je sais plein de choses et Amalthéa me dit que ça me servira, un jour. En attendant que ce moment arrive ça me fait mal, toutes ces choses passent devant mes yeux et ça cogne fort dans ma tête. Je sais compter les heures et différencier les fleurs de l'herbe, je sais ce que veulent dire des mots comme mythe et paradigme, je sais que je vais devoir mentir sans arrêt, dire que je lis des livres, que je vois des films, que j'ai des amis, même si je ne sais lire que depuis deux jours et que je ne sais ni à quoi ressemble un film ni à quoi sert un ami. Je sais que je dois oublier Amalthéa et que son souvenir sera remplacé par plein de souvenirs qui me feront mal à la tête. Tout ça parce que je vais à Poudlard.
ooOOoo
Énonciatrices d'un automne rugueux, les feuilles mortes terminaient leur chute dans le parc ensoleillé de Poudlard où nombre d'élèves profitaient de leur dernière journée de liberté.
Les rattrapages ainsi que les cours de soutien aux Buses et les initiations aux options n'intéressaient plus vraiment les élèves qui attendaient impatiemment de voir arriver les Irlandais.
James en profitait pour entraîner son équipe. Le remaniement de l'équipe fragilisait beaucoup certains postes. Yelena Crivey était encore hésitante au poste de gardienne et Hugo, son suppléant, tremblait dès qu'il quittait le sol. Lucy, qui maniait la batte mieux que personne à Poudlard, n'avait pas encore de binôme officiel, trois filles et un garçon se livrant une compétition plus acharnée et moins saine que ne l'aurait voulu James.
Il demanda à Hugo de venir s'entraîner au poste de gardien et fit beaucoup voler les postulants au poste de batteur. Comme Lucy l'avait prédit, Soizic Azilis était excellente et Roxanne et Kena Jordan se débrouillaient très bien, James les garda donc comme suppléantes.
Évidemment cela ne fit plaisir ni à Fred ni à Stan Finnigan qui supporta très mal son éviction de l'équipe et se disputa avec ses amies. Roxanne, Kena et Stan faisaient partie de la même bande d'amis et tous autour d'eux étaient tristes de voir leur amitié ternie par une histoire de quidditch.
Malgré tout, James était satisfait de son équipe et il voyait une sérieuse alliée en Lucy qui souhaitait s'impliquer davantage dans l'équipe pour se vider la tête au mieux. En effet, elle passait ses Buses à la fin de l'année et la discipline du quidditch était nécessaire, selon elle, à son équilibre. Elle proposa donc à James d'organiser des séances d'entraînement supplémentaires avec ses « pouliches » Soizic, Kena et Roxanne. James, en retour, lui avait proposé de se joindre à elles pour entraîner spécifiquement Yelena et Hugo.
Si Liko Jordan et Olivia Dubois manquaient à Gryffondor, l'absence de Malek Lespare et d'Isidore Kandinsky chez les Serdaigle était tout aussi dramatique. Nalani avait été nommée capitaine de l'équipe et avait conservé le même trio de poursuiveurs ainsi que Natasha et Keith au poste de batteur. Paul Jirdenn avait été nommé comme gardien et Dan Evans, bien qu'il ne se soit pas montré très convaincant, fut pris comme attrapeur. L'ensemble de l'équipe avait espéré pouvoir recruter Adélaïde Lespare, dont on disait qu'elle brillait encore plus que Malek sur un balai, mais celle-ci n'était toujours pas sortie de l'hôpital Sainte Mangouste. Son hospitalisation ainsi que le retour d'Anastasia Kandinsky furent passés sous silence par des élèves impatients de voir arriver ceux que tout le monde attendait, les Irlandais.
Cependant sur le terrain de quidditch, l'heure était aux pronostics. Après avoir donné rendez-vous à Yelena et Hugo pour leur premier entraînement de gardiens, James se posa auprès de ses amis. Il lui semblait que ça faisait une éternité qu'ils ne s'étaient pas retrouvés, tous ensemble, et James fut surpris de ressentir une gêne, comme s'il hésitait à les rejoindre alors qu'il avait jusqu'à présent profité de chaque instant passé auprès d'eux.
Alice écoutait d'une oreille distraite les autres filles parler de l'arrivée des Irlandais et ne cessait de jeter des coups d'œil à Keanu qui faisait le malin avec les garçons de la bande. Mael, lui, était occupé à dévorer du regard Nalani qui riait de la dernière blague de son meilleur ami Keith. Les rires étaient moins spontanés que d'ordinaire, comme si les amis avaient tout perdu de l'évidence qui les avait tant soudés par le passé. La petite bande n'avait pas pu passer beaucoup de temps ensemble mais à chaque fois qu'ils se retrouvaient, l'absence de Fred entraînait souvent celle de Nalani, sa petite amie, et de Solenne.
- Ça va James ?, s'intéressa justement celle-ci.
- Bah je m'ennuie un peu sans le Tournoi !, répondit-t-il, faute de mieux.
Le Tournoi, bien que terminé, continuait de le tourmenter. Il avait forcé sa voix et son sourire, pour ne pas laisser Solenne sans réponse, parce qu'il lui était plus facile de détourner l'attention de lui que de répondre à cette simple question. Allait-il bien ? Il n'en savait rien, au juste.
L'an passé, Solenne s'était montrée très intéressée par le Tournoi des Quatre Écoles et, lorsque Mael et lui rencontraient leurs deux amies de Serdaigle, James tentait toujours de le laisser seul avec Nalani. Il s'était donc naturellement rapproché de Solenne qui était toujours très drôle et sympathique. Et pourtant, lui qui avait toujours parlé librement devant ses amis, sans même s'en apercevoir, courait après cette évidence qui les avait tant rapprochées et dont l'absence se faisait lourdement ressentir.
- On parlait de la Coupe de quidditch avant que tu arrives. Ton pronostic ?
- Alors là…, fit James pensif.
- Je pensais que tu allais t'exclamer « Gryffondor ! » maintenant que tu es capitaine, rétorqua Nalani.
- C'est pas le genre de James, on voit que tu ne le connais pas, répondit Mael d'une voix dure.
Nalani échangea un regard avec sa meilleure amie mais ne répondit pas. Depuis la rentrée, dès que Mael avait l'occasion de lui parler, il le faisait toujours avec colère, bien loin de la douceur qui le représentait. Pour le moment Nalani ne pipait mot mais James connaissait son caractère bouillonnant et essayait toujours de calmer son ami.
- Je pense qu'on a nos chances, reprit James. Mais comme pour vous, l'absence d'Olivia et Liko va peser dans la balance. Surtout au début.
- Je ferai de mon mieux James, assura Yelena.
- Je n'en doute pas, Yel, mais ils avaient l'avantage, en plus d'être d'excellents joueurs, d'avoir de l'expérience. Et de ton côté ?, demanda-t-il à Oscar.
- On a trois nouveaux poursuiveurs. Sinon l'équipe reste inchangée et je trouve ça vraiment dommage qu'on ne cherche pas à remplacer MacLaggen.
Les amis approuvèrent copieusement, sauf Mael qui s'était crispé dès qu'Oscar avait ouvert la bouche. Depuis qu'il avait accusé Susie d'avoir menti, depuis qu'il avait compris que seul Dean Thomas, son père, avait menti, Mael était dévoré par la honte. Son père avait osé le regarder dans les yeux, lui promettant d'envoyer un message à Susie et Mael avait préféré le croire, lui, plutôt que Susie. Il avait profité des trois jours où tous s'étaient retrouvés pour aider James à repasser ses Buses pour s'excuser, mais ne se sentait pas mieux en la présence de Susie et Oscar pour autant.
Il n'ouvrait plus les lettres que lui envoyait sa famille, ne donnait aucune nouvelle, n'en parlait à personne.
Honteux d'avoir douté de la sincérité de Susie, Mael préférait éviter ses amis de Poufsouffle et James ne s'en était même pas aperçu, voué qu'il était à être à la hauteur des responsabilités qu'il s'était fixées.
- Je pense qu'on va surtout profiter de cette année pour consolider l'équipe, en profiter pour faire jouer des jeunes, histoire de faire perdurer l'équipe plus longtemps. Mais c'est pas pour ça que je laisserai vos souaffles passer les gars !, ajouta Oscar en regardant tour à tour Nalani et James.
- J'entends bien, sourit Nalani. Je la sens bien pour nous cette année, moi. Avec la paire de batteurs qu'on a et l'attaque exceptionnelle que…
- Retiens-moi si je me trompe mais tu n'avais pas été retenue dans l'équipe de Poudlard, l'an dernier, l'attaqua Mael.
- Et toi non plus Mael. Pourtant tu es un très bon joueur. Tu vises même mieux que James, il me semble. Mais contrairement à nous James est un bon meneur et il a fait plus que son job.
James frissonna. Le moindre détail qui lui rappelait le Tournoi et l'année mouvementée qu'il avait vécue lui donnait des sueurs froides. Il aimait à penser que le pire était derrière lui, que l'année qui commençait s'annonçait bien plus calme, qu'il pourrait mûrir, travailler… devenir un homme, peut-être.
- N'essaie pas de le recruter Nalani, il ne changera pas de maison comme ça, attaqua Alice.
- Pourtant ça serait juste tellement cool !, s'exclama Keith. Franchement on aurait dû tous être dans la même maison…
- Grave, renchérit Keanu. Avec vous tous l'équipe aurait été imbattable !
- J'aurais adoré jouer avec Lucy comme partenaire ! Kandinsky joue vraiment super bien mais Lucy… C'est juste le paradis cette fille !, ajouta Keith en dévorant des yeux la jolie batteuse qui entraînait ses pouliches.
Ce n'était pas la première fois que James notait l'intérêt que portait Keith à Lucy. Il adorait Keith au même titre que Keanu et Oscar mais, visiblement, Lucy n'était pas intéressée, elle ne faisait que repousser avec gentillesse les avances du jeune homme.
- Ne rêve pas trop mon pote, le taquina gentiment Keanu.
- Hep, fais gaffe Ganesh t'es censé jouer la carte du meilleur ami, là ! Vraiment, fais gaffe, sinon on parlera de tu-sais-qui…
La remarque complice de Keith eut l'effet escompté et James perçut le bref regard qu'avait lancé Keanu à Alice avant de se jeter sur son meilleur ami en lui promettant de l'assassiner.
- C'est bien la première fois qu'on est tous célibataires, nota Yelena.
Alice soupira, elle n'aimait pas quand Yelena parlait encore et toujours des affaires de cœur de chacun, lorsqu'elle faisait cela, Alice la laissait avec leur camarade Filippa, experte en la matière et courrait se réfugier auprès de James.
Oscar et Susie sourirent à la nouvelle gardienne des lions, plus par politesse que par réelle amitié. Tous connaissaient bien Yelena, au bout de six ans de cours communs, mais elle restait une camarade de Gryffondor et non un membre à part entière de leur « bande ».
Quelque peu hésitante, Nalani fit remarquer qu'elle n'était pas célibataire et James sentit le corps de Mael se tendre de colère. Heureusement Mael parvint à se contenir et James essaya une nouvelle fois de changer de sujet. En vain.
- Vous n'avez personne en vue, vous ?, reprit Yelena.
- Oh Yel arrête un peu avec ça.
- Ça te va bien de dire ça Alice !
- Hein ? Je ne parle pas de ça moi…
- Non mais tu n'en penses pas moins !
- Ah ?, s'intéressa Nalani. Je ne savais pas que tu avais quelqu'un en vue, Alice ?
- Mais… Mais je n'ai personne en vue ! Et puis je vous en pose à vous des questions !? Et toi James au fait ?
James accusa le coup mais n'en voulut pas à Alice. Il ressentait sa gêne et était prêt à changer à nouveau de sujet mais… le souvenir de Natasha restait gravé en lui, plus lancinant que jamais.
- Si c'est pas de l'amour qu'on voit dans tes yeux mon pauvre James !, s'exclama Susie. Qui est l'heureuse élue ?
- C'est vrai ça, Jimmy-chou, qui remplacera la grande Towler ?!, rigola Keith.
- Oh non ne me parlez pas d'elle !, se plaignit James.
- J'ai remarqué qu'elle n'avait pas passé les sélections, nota Nalani.
- Ouais… Ben on ne s'est pas quittés en très bons termes en fait. Et je vous arrête tout de suite, je n'ai personne en vue !
- Et toi, Mael ?, s'intéressa Solenne.
- J'ai déjà quelqu'un, mentit le jeune homme.
Son annonce fut suivie par plusieurs exclamations de joie de la part des garçons et de curiosité de la part des filles. James et Alice échangèrent un regard et d'un commun et muet accord, ne trahirent pas leur ami. Mael raconta qu'il avait rencontré une jeune fille durant l'été et que ce qu'il avait pris pour une amourette de vacances était devenu un peu plus sérieux au moment de leur supposée séparation.
- Et quelle est l'heureuse élue ?, demanda Nalani.
- En quoi ça te regarde ?!
- On est amis Mael, non ? Tu as bien répondu à Solenne, je ne vois pas en quoi…
- Ça ne m'étonne pas que tu ne vois pas, tu ne vois jamais rien.
- Pardon ?
- Et sache que je ne te considère pas comme une amie.
La même phrase dite sur un autre ton aurait pu laisser croire que Mael avait des sentiments pour la jeune fille mais le ton qu'il avait employé était si dur que Nalani se leva et quitta le groupe d'amis sous les yeux surpris de ses amis. Solenne fit un sourire d'excuse à l'assemblée avant de la suivre et Mael partit à son tour.
Ce fut encore James qui détendit l'atmosphère et la petite bande laissa de côté les histoires de cœur pour aborder à nouveau le sujet beaucoup moins épineux qu'était le quidditch.
ooOOoo
Dans la Grande Salle, de vives exclamations fusaient de toutes parts. Les professeurs s'étaient surpassés. La salle était plongée dans une quasi-obscurité, un blason de l'école d'Irlande avait été ajouté à celui de Poudlard et les tables avaient été allongées de quelques mètres, pour permettre aux nouveaux venus de s'asseoir confortablement auprès de leurs nouveaux camarades. Tous les élèves étaient présents et les quatre directeurs de maisons vinrent se positionner devant la table de leurs élèves. Tous attendaient le discours du professeur Briscard et celui-ci ne se fit pas prier.
- Bonsoir mes chers élèves ! Avant d'accueillir vos nouveaux camarades, je me dois de…
- Et c'est parti pour un discours sans fin, se plaignit Fred à la table de Gryffondor.
- Il parait que les Irlandais sont dans une salle à côté, expliqua Dona Cole, les préfets-en-chef les ont vus arriver. Ils vont arriver par promotion et vont être répartis par le…
- Chut !, l'interrompit Louis. Briscard dit exactement la même chose que toi, Cole !
- Accueillons comme il se doit le professeur Patrick, directrice de l'école d'Irlande !
Le professeur Patrick donna elle aussi un bref discours, suivi de près par le Ministre de la Magie. Chacun en apprit ainsi davantage sur les conditions du partenariat mis en place entre les directions des deux pays et le professeur Patrick présenta également dans les grandes lignes le système éducatif Irlandais. Les élèves Irlandais étaient scolarisés de l'âge de douze ans jusqu'à leurs seize ans. Il n'y aurait donc aucun élève à Poudlard réparti en première ni en septième année.
Enfin, le professeur Briscard prononça la phrase que tout le monde attendait.
- Professeur Wine, le Choixpeau Magique s'il vous plait.
Pendant que le professeur Wine s'exécutait, le directeur de Poudlard expliqua aux élèves qu'ils allaient accueillir les nouveaux venus par année, en commençant par les futurs élèves de sixième année.
Le professeur Slopa revint alors avec près de trente nouveaux élèves qui s'installèrent pour attendre leur répartition. Leur arrivée fut bien évidemment plus que remarquée.
- Regardez !
- Ils sont combien ?
- Au moins trente !
- Par le caleçon de Merlin !
- Bienvenue à Poudlard ! Le professeur Wine va vous appeler par ordre alphabétique et vous poserez le Choixpeau Magique sur votre tête. Celui-ci décidera de la maison dans laquelle vous serez envoyé. Bonne chance !
Le silence se fit automatiquement même si bon nombre d'élèves continuaient à échanger quelques murmures.
- Augusta, Dana !
- On risque d'en avoir pas mal des Dana, remarqua Alice.
- Pourquoi ?
- Tu n'écoutes rien en Histoire de la magie, Fred ? Dana était une sorcière très célèbre en Irlande ! C'est un peu comme Merlin qui…
- Serpentard !
- Ça commence bien, grogna Fred.
- Bayard, Oliver !
- Bayard ?, s'étonna Alice. Comme le chevalier Bayard ?
- Qui ?
- Les chevaliers de la cour du Roi sont célèbres, Fred !
- Serdaigle !
- Bell, Billie !
- Quel canon, celle-là !
- Fred…
- Mais quoi ? Tu l'as vue ? Elle est sublime ! Pourvu qu'elle vienne à…
- Gryffondor !
- Yeah!, cria Fred en dévorant la nouvelle Gryffondor des yeux.
Celle-ci fut saluée par le professeur Glacey qui l'envoya s'asseoir au bout déserté car agrandi de la table des Gryffondor où elle fut rapidement rejointe par Sean Bogart alors que Brenda Crome rejoignait les Poufsouffle. Fred, lui, ne cessait de dévorer Billie Bell du regard, ne portant plus vraiment attention au reste de la répartition.
- Cullen, Clara !
- Regarde, ça doit être une amie à elle, murmura Mael à James en montrant Billie du doigt.
En effet, la jeune fille était terriblement crispée et il ne faisait aucun doute qu'elle devait espérer que son amie la rejoigne.
- Serdaigle !
Billie sourit tristement à son amie puis baissa la tête.
- Ça doit être horrible, laissa échapper James. Ils doivent tous avoir peur d'être séparés.
- T'inquiète, rigola Fred, je saurai lui remonter le moral.
- Sérieusement, il faudra qu'on soit très attentifs, rappela Louis alors que Sean Bogart semblait à son tour déçu que Coillin Dinh soit envoyé à Poufsouffle.
- Ferton, Lysa !
James reporta son attention sur la distribution et fut surpris. Il connaissait Lysa Ferton, il en était certain. Mais d'où ? Son nom ne lui rappelait rien et…
- Serpentard !
Il observa la jeune fille marcher vers les Vert et Argent et s'asseoir, comme tous les nouveaux, en bout de table. Elle semblait rassurée. Il n'en fut que plus davantage étonné. Ses parents ne fréquentaient que des ex-Gryffondor ou des membres de l'Armée de Dumbledore et tous parlaient de la maison Serpentard en termes peu élogieux. Cette Lysa ne pouvait être la fille de l'un d'eux. Alors d'où la connaissait-il ?
- Flow, Max!
- Gryffondor!
- Il a l'air cool celui-là, remarqua Mael.
Oui, tout, de sa démarche à sa coupe de cheveux bruns décoiffés, en passant par son sourire et la façon dont il avait salué le professeur Glacey, tout semblait cool en Max Flow. Louis souriait franchement à la dernière remarque de Mael. Maintenant, James en était sûr, les nouveaux venus seraient vite intégrés et de nouvelles amitiés naitraient alors, faisant oublier leurs origines et leurs différences au profit de leurs rapprochements, de leurs affinités et de leurs ressemblances.
Entre temps, une jeune fille blonde à l'apparence maniérée nommée Phoebe Fus avait été envoyée à Poufsouffle et un garçon noir au regard vif et intelligent avait rejoint la table des Serdaigle.
- Harper, Nathaniel !
- Harper ? Ce n'est pas le nom du second de ton père, James ?
- Si, Alice. Il me semble qu'Owen a bien un fils qu'il ne voit pas souvent je crois mais je ne sais pas si…
- Serpentard !
- Jagger, Ben!
- Serpentard!
- Non!?, s'exclama Max Flow, le dernier arrivé des Gryffondor, qui semblait totalement surpris de la distribution de Ben Jagger.
- Encore un Serpentard !, maugréa Fred.
- Parish, Adonis !
Le jeune homme qui s'avançait désormais vers le Choixpeau Magique était connu de tous et les sifflements et autres exclamations envahirent la Grande Salle. Adonis Parish avait été un des adversaires de Poudlard lors du récent Tournoi des Quatre Ecoles et son retour, ainsi que son sourire moqueur étaient loin d'attirer la sympathie.
- Serpentard !
- Tu m'étonnes, grogna Fred.
- Parish, Vivyan !
La sœur jumelle d'Adonis s'avança à son tour. Les jumeaux Parish se ressemblaient encore moins que l'année précédente, les boucles brunes de la jeune fille tranchant totalement avec la blondeur glaciale de son faux-jumeau. James sentit son cœur s'emballer. Comment n'avait-il pas anticipé le choc ? Il se maudissait de n'avoir pas songé qu'en tant que Champions Irlandais, les jumeaux Irlandais feraient certainement partie de la vague de nouveaux élèves.
- Qu'est-ce que tu as ?, s'étonna Mael.
- Je…
- Il va devoir rejouer la comédie des amants maudits, voilà ce qu'il a, marmonna Louis.
- Le Tournoi est terminé, intervint Alice. Il n'est pas obligé de…
- Le Tournoi ne sera jamais fini, Alice. Nous avons fait des choix dont nous porterons la responsabilité toute notre vie.
Louis dissimula ses mains, crispées, parsemées de soubresauts, sous sa cape et ses émotions sous un regard froid, qu'il redirigea vers la répartition, comme pour donner l'exemple.
- Serpentard !
James détourna le regard en voyant Fred s'égosiller en huant comme beaucoup d'autres les jumeaux Parish mais fut vite reprit par le cours des évènements et notamment par une surprise de taille, alors qu'un jeune homme qu'il avait autrefois très bien connu attendait sa répartition.
- Redox, Daniel !
Le cheveu fin, légèrement plus clair que le sien. Les yeux vifs, le sourire bienveillant quoiqu'aisément anxieux. Il avait grandi, bien sûr. Comme la plupart des garçons le faisaient en six ans.
James n'en revenait pas. Daniel Redox, son ami d'enfance avec qui il avait fait les quatre cent coups et qu'il avait eu tant de mal à oublier… James avait très mal vécu le départ de la famille Redox et avait longtemps espéré revoir son ami à Poudlard. Il comprenait enfin pourquoi ils ne s'étaient pas revus avant et redoutait autant qu'il attendait leurs retrouvailles.
Comment allaient-ils se comporter l'un vis-à-vis de l'autre ? Allaient-ils retrouver leur complicité d'antan ? James ne put que ressentir de la déception en voyant son ami d'enfance assis à la table des Poufsouffle. Un cri de son cousin lui fit réaliser que la répartition se poursuivait. A ses côtés, Fred jubilait en bombant le torse.
- C'est une bombe !, s'exclama-t-il en souriant à Zoé Torr qui venait de rejoindre les Gryffondor.
- Verdy, Davida !
- Poufsouffle !
- Weasley, Anton !
Des exclamations, des rires et des soupirs fusèrent à nouveau de toute part, « encore un Weasley ! » entendait-on de ci de là.
- Quoi !?, s'étrangla Fred. Un Weasley ? C'est qui ? Un cousin éloigné ?
- Sûrement, pensa James.
- Ou alors, réfléchit Louis, on n'a pas de lien de famille, ce n'est pas un nom si rare…
- Il est roux, Louis !
- Il est Irlandais Fred, tu sais combien il y a de roux en Grande Bretagne ?
- Pourvu qu'il nous rejoigne ici !
- Poufsouffle !
Alors que Fred lâchait un juron, James et ses amis observèrent Anton Weasley rejoindre sa nouvelle maison. Le jeune garçon était grand, bien bâti et ses cheveux étaient bien évidemment roux. James ne savait s'il ressemblait davantage à son oncle Bill, à son cousin Hugo ou à…
- Weasley, William !
- Non !? Je n'y crois pas… Des jumeaux, comme mon père et son frère !
- Ou peut-être des cousins, Fred.
- Pourvu qu'il nous rejoigne à…
- Poufsouffle !
- Non !, s'égosilla Fred, enhardi par l'idée d'agrandir la famille. Les Weasley à Gryffondor !
- Weasley, Elton !
- Encore un !
- Gryffondor !
- Ouais !, rugit Fred en se levant, plus heureux que jamais.
Son plaisir semblait si réel qu'ils en oublièrent Hadiya Zabini qui rejoignait les Serpentard.
Ainsi fut close la distribution des nouveaux élèves de sixième année. Le professeur Glacey vint demander à Louis et Rita d'aller se présenter et d'accueillir comme il se devait les nouveaux élèves et il dut ruser et faire usage de sévérité pour empêcher Fred de se joindre à eux. Celui-ci était réellement impatient d'en savoir davantage sur les nouveaux Weasley.
A la table des Serpentard, l'agitation des lions attira l'attention d'Hadiya Zabini. Le visage fermé, elle détailla les élèves de son âge avant de s'arrêter sur l'un d'eux. Les yeux qu'elle riva sur James Potter étaient emplis de haine.
ooOOoo
- Merci d'accueillir maintenant les quatre nouveaux élèves de cinquième année !
- Ils ne sont pas nombreux, ceux-là s'étonna Dona Cole.
- Tu n'as pas écouté ? En Irlande, à quinze ans les élèves peuvent prendre une année sabbatique pour étudier un sport ou effectuer un apprentissage…
En effet, après l'obtention de leurs premiers examens, les Irlandais pouvaient choisir de passer un an à l'école à intensifier leurs acquis ou faire le choix d'expérimenter une pratique, un sport ou un domaine artistique.
Le Choixpeau envoya le premier élève à Poufsouffle, la seconde à Serdaigle et le troisième à Serpentard. Enfin, le professeur Wine appela la dernière élève qui serait répartie en cinquième année.
- Weasley, Veronica !
- Gryffondor !
- Ouais !, cria Fred encore une fois.
Cette fois-ci, James détailla tant qu'il le put la nouvelle venue. C'était fou ce qu'elle ressemblait à sa mère et donc, par conséquent, à Lucy et Lily qui ressemblaient beaucoup à Ginny. Il était désormais certain qu'ils appartenaient à la même famille. Et, loin de partager l'enthousiasme de Fred ni même l'intérêt mesuré de Louis, son instinct lui soufflait de rester sur ses gardes.
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Vingt-deux heures. Albus rangea sa montre et soupira. Il mourrait d'ennui. Bien sûr il était intéressant de voir arriver toutes ces nouvelles têtes et il reconnaissait être très intrigué par les nouveaux Weasley ainsi que par le dernier cru Serpentard mais il avait hâte que tout ça se termine. Attentif à montrer à tout Poudlard oh combien il était un bon ami, Albus se tourna vers ceux qui portaient avec honneur l'étiquette de « meilleurs amis du véritable héritier du Survivant ».
A sa gauche, Jalil somnolait et en face d'eux, Benoit tournait le dos à la distribution, ne supportant plus de se casser le cou pour observer le défilé de nouveaux élèves qui n'en finissait pas. En revanche, Sally était très excitée par la répartition des Irlandais.
- Chouette, c'est notre tour !, s'enthousiasma-t-elle en voyant arriver plus d'une vingtaine de nouveaux élèves.
Albus leva les yeux, et secoua la tête comme pour se réveiller, ils allaient quand même voir arriver ceux qui partageraient leurs cours et leur dortoir. En croisant le regard de Rose il vit qu'elle aussi retrouvait une certaine curiosité, examinant les nouveaux visages. La première jeune fille qui allait être répartie dans leur promotion n'avait cependant pas l'air sympathique du tout.
- Abgar, Dalila !
- Serdaigle !
Rose participa aux applaudissements comme la plupart de ses camarades mais elle pâlit en voyant le regard froid de Dalila qui passait devant eux. Celle-ci semblait… fade. Fade, grise et froide, c'est ainsi que l'aurait décrite Rose qui se pencha vers sa meilleure amie.
- Elle n'a pas l'air commode, la Dalila.
- Par Merlin, j'en peux plus !, s'exclama Natasha en prenant sa tête dans ses mains.
- Acteriez, Julian !
- Un petit effort, Kandinsky, la réprimanda Dan Evans en souriant.
- Serpentard !
- J'ai faim, Evans !
- Je comprends mais soit sympa et joue le rôle de la parfaite petite Serdaigle. Prends exemple sur Rose.
- Bell, Mery !
Rose rougit et évita le regard de Dan. Il était si beau… Elle reporta son attention sur Mery Bell qui rejoignait à son tour les Serdaigle et elle eut un choc. Elle savait que c'était impossible, pourtant il était un parfait mélange de ses oncles Percy et Charlie.
- Bergson, Timothée !
- Non !
- Ce n'est pas possible !
- Pas lui !
- Tu crois que c'est qui ? Son petit-fils ?
- Serpentard !
Tout le monde s'exclamait de toutes parts et des centaines de regards étaient rivés sur le jeune homme. Evidemment Rose avait entendu parler de Barthelemy Bergson, mangemort célèbre pour ses attaques dites « groupées ». Il était notamment le meurtrier de toute une famille moldue réunie pour un grand repas de retrouvailles. Il avait tué ce jour-là une vingtaine de personnes, ne laissant la vie sauve qu'aux grands-parents pour leur laisser la peine immense de voir leurs enfants et petits-enfants morts devant leurs yeux. On disait même qu'il avait tué un nourrisson… C'était l'un des plus puissants disciples de Voldemort et les Aurors ne l'avaient jamais attrapé. Rose songea que Timothée devait donc être son petit fils et ne doutait qu'il n'allait pas passer inaperçu à Poudlard. D'autant que Timothée était doté d'un charme fou, se dit Rose bien malgré elle. Pourquoi était-elle toujours attirée par les cruels Serpentard ? Il fallait qu'elle se ressaisisse. Oui, se dit-elle, à partir de ce jour elle allait totalement se consacrer à Dan Evans.
Albus avait également et longuement observé son nouveau camarade. Etait-il vraiment le petit fils du célèbre mangemort ? Si tel était le cas il ne faisait aucun doute qu'il lui faudrait agir rapidement, et subtilement. Lui tendre la main, lui offrir une chance, lui faire la guerre s'il la refusait. « Je dois penser comme un héros, je dois agir comme un héros », se répétait Albus en observant Timothée Bergson.
- Serpentard !
Un nouveau venu attira son attention. Rudy Higgs, comme ce Higgs que son père avait capturé alors qu'il était à la tête d'un commerce illicite d'horribles poisons de torture. A côté des deux précédents garçons, l'arrivée de Jonquille Jill, Jessica Paul et Harold Quick à Poufsouffle et de Grena Torr et Upjohn Thorpe à Serdaigle était passée totalement inaperçue.
- Weasley, Dempsey!
Le jeune garçon qui approcha était très souriant et possédait cette facétie dans le regard, typique de certains Weasley. Albus en était arrivé à la même conclusion que son frère ainé, ils étaient bel et bien de la même famille.
- Serdaigle !
Le jeune homme parut déçu et gagna à contre cœur sa nouvelle maison sous l'œil suspicieux de Rose, alors que Shania Zabini rejoignait les Serpentard d'un air tout aussi déçu.
ooOOoo
La voix dans ma tête dit que je me trompe. Elle dit que les trains sont faits pour transporter les gens, que c'est plus agréable que le portoloin et plus sûr que le transplanage. Je ne connais aucun de ces deux autres « moyens de locomotion », comme dit la voix, mais je ne risque pas de m'en servir un jour, vu l'expérience catastrophique qu'a été mon premier voyage en train.
Ça n'avait rien à voir avec les images que la voix glisse dans ma tête. Je n'étais ni dans un wagon ni dans un compartiment. J'étais dans les toilettes, la tête au-dessus de la cuvette, à rendre mon petit déjeuner. C'est décidé, la prochaine fois, je viendrai à Poudlard en marchant.
ooOOoo
- … les élèves Irlandais ne gagnent l'école qu'à douze ans. C'est la raison pour laquelle les plus jeunes élèves vont être répartis directement en deuxième année. Merci de les accueillir !
Un coup de coude réveilla Lily qui somnolait, les yeux plongés dans l'immensité du plafond magique reflétant un ciel sombre parsemé d'étoiles. Pour la forme, elle fusilla du regard Lorcan Scamander avant de réveiller à son tour Serena Velsen. David Dursley aussi semblait s'ennuyer ferme, et à côté de lui Colin Crivey semblait passablement énervé par les commentaires critiques de Jessy et Mary, deux camarades de leur classe.
Lorcan et Sébastian Rafa tuaient le temps en parlant quidditch, Annie Londubat, en revanche, semblait s'amuser comme une folle, complètement tournée sur sa chaise pour ne rien perdre de la répartition, heureuse d'ainsi tourner le dos à Serena qui s'était assise à contrecœur en face d'elle et donc en face de la répartition. Comme Lily, Serena avait montré un certain intérêt pour la répartition mais la longueur du processus les avait peu à peu plongées dans la faim et la somnolence. A la droite de Lily, ses deux meilleurs amis étaient restés alertes grâce à leur discussion technique sur les différences entre les sports moldus et magiques. Sébastian était en effet un fervent afficionado d'une équipe moldue de soccer où évoluait un sorcier qui avait étudié à Poudlard et qui cachait ses aptitudes sorcières à son équipe. Lorcan, en revanche, était féru de quidditch et il appréciait de pouvoir enfin en parler à loisirs. Sa famille n'avait jamais porté d'intérêt à ce sport mais à Poudlard, il pouvait partager sa passion avec ses amis et il ne s'en cachait pas.
Tous s'arrêtèrent de parler et de gesticuler pour se concentrer sur les nouveaux arrivants qui entraient dans la Grande Salle les uns après les autres et s'installaient sur trois rangs. Lily les observa avec plus d'attention que leurs prédécesseurs, avide de se faire une opinion sur ceux qui partageraient désormais avec elle plus que de simples cours. L'obscurité était telle qu'elle ne pouvait réellement voir que les élèves du premier rang et ce qu'elle vit ne l'enchanta guère. Elle ne savait que penser du garçon qui haussait les sourcils en ne cessant de renifler d'un air pincé et elle n'aimait pas du tout cette fille qui jaugeait tout Poudlard d'un air écœuré. Entre ces deux élèves une jeune fille attira son regard. Une coiffure compliquée, un visage peinturluré de mauvais goût et un sourire de cruche, cette fille semblait un parfait mélange de Jessy et Mary. Au dernier rang, seule une tête sortait vraiment du lot. La jeune fille semblait beaucoup plus grande que ses camarades et ses cheveux semblaient si… étranges. Ils étaient si emmêlés qu'ils tenaient tous seuls sur sa tête. En attendant, le Choixpeau Magique s'était mis à chanter. En effet les nouveaux venus n'avaient eu personne pour leur expliquer l'histoire des quatre maisons de Poudlard et qui mieux que le Choixpeau Magique pouvait accomplir cette tâche ?
- Enfin, s'extasia David. Je ne serai plus le « nouveau ».
- David tu es arrivé à peine quelques jours après nous…
- Oui mais pour beaucoup je suis encore le nouveau !
- Ils ne portent pas leur uniforme, nota Jessy. Les autres portaient leur tenue d'école d'Irlande.
- Normal, expliqua Lorcan, ils n'étaient pas encore scolarisés.
- Mais pourquoi ne vont-ils pas en première année alors ?
- Parce qu'ils ont notre âge Jessy.
- Ils vont être complètement largués ça va être marrant, ajouta Jessy en rigolant avec Mary.
- Plus larguée que toi tu veux dire ?, demanda innocemment Lily. Impossible !
- La ferme, Potter, on ne t'a rien demandé !
- Mais à l'avenir n'hésite pas à nous demander de t'expliquer tout ce que tu ne sais pas, Jessy, ça va prendre du temps c'est sûr mais même si Lily et moi on est très intelligentes, bien plus que tu ne le seras jamais on est aussi deux chouettes filles, tu sais ? Et aider les brebis égarées…
- Velsen, ta gueule !
Lily échangea un sourire avec Serena. Celle-ci semblait être prête à tenir à merveille son rôle de meilleure amie et cela rendait Lily très heureuse. Après quelques applaudissements épars et de plus en plus mous, le professeur Wine revint avec une liste de noms. Du côté des Irlandais la tension était palpable.
- Augusta, Délia !
Enfin, ça démarre. Que c'est long cette répartition. Ridicule d'ailleurs comme processus. Ils se creusent la tête pour rien à Poudlard. Un simple questionnaire aurait fait l'affaire, tous les Irlandais auraient pu le remplir en même temps et le repas aurait été servi depuis longtemps. Je n'ai jamais rempli de questionnaire, je n'en ai d'ailleurs jamais vu, mais la définition que me souffle la voix me plait bien. Mais non, il faut respecter une vieille tradition et porter ce chapeau fripé qui semble avoir toujours existé. Augusta, Délia est morte de trouille. Je ne sais pas ce que veut dire « morte de trouille ». Elle me semble bien vivante pour une morte. Ah, ça veut dire qu'elle a peur. Normal, en même temps, c'est dur d'être la première. Ces centaines de regards rivés sur elle… Elle trébuche et ça fait rire deux garçons qui ressemblent vraiment à des abrutis avec leur cravate jaune et noire. Abruti est une insulte et c'est très mal d'en dire en général sauf à mon âge, parce que les gens qui ont mon âge sont révoltés et attirés par l'interdit. Je ne comprends pas le principe, mais la voix ne m'explique pas. Comme pour toute chose, il faut que je sache, que je fasse, et non pas que je comprenne.
- Poufsouffle !, crie le chapeau.
Pas de chance, la pauvre Augusta, Délia rejoint justement les jaune et noir. Poufsouffle… Quel nom bizarre. Ridicule.
- Bayard, Renaud !
Lui est très différent d'Augusta machin-truc, ses cheveux sont plus clairs, comme ceux de la sœur d'Amalthéa et il n'a pas peur. Un conquérant, voilà de quoi il a l'air. Quelle suffisance, peste une fille du dernier rang. Il semble défier toute la salle d'un seul regard et attend une réponse qu'il ne craint pas. Ce n'est pas de la suffisance, non, mais de l'assurance.
- Gryffondor !
Bayard, Renaud semble extrêmement fier de lui. Un coup d'œil à sa nouvelle table et on comprend vite pourquoi. Ils ont ce regard curieux et vif, cette aisance, cet aplomb. Eux non plus ne quittent pas des yeux celui qui est à présent des leurs. Autant de mots que me souffle la voix. Ça me fait beaucoup de vocabulaire à ingérer en une seule soirée.
Chez les Gryffondor, Lily et ses amis observaient avec beaucoup d'attention leur nouveau camarade. Chacun se posait des questions différentes à son sujet. Est-il sympathique ? Joue-t-il au Quidditch ? Serons-nous amis ?
- Bedon, Sofia !
- Serpentard !
Bedon, Sofia, selon la voix, ressemble vaguement à un croisement improbable entre un yéti et une chèvre. Et quelle lenteur pour marcher… A croire qu'elle n'est pas heureuse de sa répartition. En même temps, ils n'ont pas l'air sympathique ces « Serpents d'or » ou Serpents de… Bref, quel que ce soit le nom de leur maison ils ne sont pas les plus accueillants.
- Bell, Indra !
Tiens, une rousse. On en est encore à la lettre « b » et il est difficile de retenir un soupir d'exaspération, parait-il. J'essaie, et j'expire tellement d'air d'un coup que ça fait un bruit bizarre. Tous ceux qui m'entourent me regardent méchamment. Bell, Indra rejoint cette maison au nom ridicule, les jaune et noir dont le blason montre un chien étrange. Ah non, c'est un blaireau, me dit la voix. Ils sont souriants en plus, non mais franchement, il n'y a pourtant aucune raison d'être fier !
- Chianti, Guillaume !
C'est vrai qu'il a l'air chiant ce Guillaume. Encore un mot interdit, c'est génial, je dois continuer comme ça pour m'intégrer. Je ne sais pas pourquoi mais je dois le faire. A la table des professeurs, tous ou presque ont gardé leur concentration intacte. Ils doivent se poser mille questions sur leurs nouveaux élèves. La vieille qui appelle les élèves un par un a plutôt l'air gentille. Méfiance, donc, la gentillesse cache souvent bien des choses, parait-il. Celui qui porte des lunettes et qui se tient devant la table des fiers a l'air sévère. On ne doit pas beaucoup rigoler dans ses cours. Qu'enseigne-t-il ? Et qu'enseignent les autres ? Qu'apprend-on dans une école de magie ?
- Serdaigle !
Serre de quoi ? Eux ils ont l'air vraiment différent. A quelques exceptions près ils ont tous le même air sérieux et concentré. Une nouvelle fille coiffe le maudit chapeau sur ses beaux cheveux. Ah, celle-là c'est sûr et certain qu'elle n'ira pas là-bas, chez les sérieux serres-de-quelque-chose. Combien de temps a-t-elle mis pour se coiffer ce matin ? Plus que pour étudier le programme scolaire de Poudlard en tout cas… Qu'est-ce qu'elle a l'autre là-bas à regarder par ici comme ça ? Une rousse encore… C'est dingue le nombre de rousses qu'il y a chez les sorciers…
- Gryffondor !
Lily n'en revenait pas. Cette fille si superficielle à Gryffondor ? Même Jessy et Mary regardaient la nouvelle venue d'un œil critique. En les voyant penchées l'une vers l'autre, chuchotant en ne quittant pas des yeux le nouveau pot de peinture de Gryffondor, Lily rigola quand même. C'était l'Amortentia qui se moquait du coquelicot.
- Ça va, Lil ?
- Mouais. Je n'aime pas trop la nouvelle.
- C'est vrai ?, demanda Serena.
- Oui, pourquoi ? T'es étonnée ?
- Soulagée plutôt, lâcha Serena en un murmure que seule Lily pouvait entendre.
- Pourquoi ?
- Ben… Tu pourrais… Enfin je veux dire on va avoir des nouveaux, ils seront tout le temps avec nous et… Ben tu vas sans doute te faire de nouveaux amis. Ils vont tous t'adorer Lily et moi…
- Toi, c'est moi qui t'adore. Comment elle s'appelle au fait ?, ajouta Lily pour mettre fin aux pensées de son amie.
- Amandine ou Amanda je crois.
- Amanda Damiez, souffla Jessy d'un air complice.
Apparemment Mary et elle avaient complètement oublié qu'elles étaient censées en vouloir à Lily pour sa dernière moquerie. L'arrivée des nouveaux allait-il souder les anciens ? Lily secoua la tête, rien n'était moins sûr.
Sa réflexion avait eu du bon puisque entre temps Cassiopée Ferton avait rejoint les Serpentard, Clark Ferry les Serdaigle et Steffi Fus les Poufsouffle. Aucun nom connu pour le moment. Mais bien sûr ça ne pouvait pas durer.
- Harper, Hewie!
- Harper?, s'étonna Annie. Comme Owen ?
- Qui ça ? demanda David.
- Le collègue du père de Lily. Owen Harper est le sous-directeur du bureau des Aurors. Ça doit être sa fille.
- Je ne sais pas, réfléchit Lily en scrutant Hewie qui prenait anxieusement le Choixpeau Magique.
Flegmatique et glaciale. Avec ses cheveux de paille, ses yeux gris et sa démarche raide, cette Harper, Hewie est un vrai iceberg, me décrit la voix. C'est bizarre, je pensais que c'était une fille. J'ai déjà du mal à différencier les filles des garçons, maintenant il va falloir que je distingue les filles des blocs de glace. Le glaçon attrape le vieux chapeau du bout des doigts, elle doit sûrement avoir peur de se salir.
Elle a fermé les yeux et semble se concentrer. On dirait presque qu'elle communique avec le chapeau. En même temps c'est un objet magique qui parle (tout au moins prononce-t-il quatre mots, les noms des maisons de Poudlard) et qui chante alors peut-être communique-t-il avec les élèves ?
A la table des Gryffondor aussi l'étonnement s'était installé. Tous avaient vu Hewie Harper dévisager Lily avec insistance, comment attendant une réaction de sa part. Réaction qui n'était pas venue, car Lily demeurait perplexe.
- Il hésite le Choixpeau, remarqua inutilement Annie. T'es sûre que tu ne la connais pas Lily ? Vous avez le même âge !
- Je connais bien Owen mais il habite à Londres, pas très loin de chez nous et je ne sais pas s'il a de la famille en Irlande…
- Gryffondor !
- Et bien vous aurez bientôt l'occasion de tout savoir, conclut Lorcan avec sagesse.
La reine de glace semble plutôt satisfaite d'elle-même en rejoignant les rouge et or. Elle semble pourtant plus proche des austères Serpents que des chaleureux rouge et or. Enfin, chaleureux… Il y a toujours cette fille-là, la rousse qui regarde souvent par ici et les deux autres pas très loin qui font des messes basses.
- Ion, Taylor!
Celle-ci semble tout étudier depuis son arrivée. Elle regarde tout ce qui l'entoure avec le même regard inquisiteur et supérieur. La rousse de Gryffondor la regarde avec dédain. Elle aussi a dû repérer les grands airs d'Ion, Taylor. Le Choixpeau touche à peine sa chevelure lisse et parfaite qu'il s'exclame et elle part rejoindre les serres d'aigle. Qu'a dit le chapeau ? Les sages et les intelligents. Elle n'a pas l'air bête en effet cette Ion, Taylor. Mais pas le temps de s'épancher trop sur son sort car c'est l'heure pour le professeur Wine de prononcer ces mots qui vont bouleverser tout Poudlard.
- Kent, Kendall !
D'abord il y eut le silence. Un silence ébahi, un silence qui ne voulait pas y croire. Les regards, ensuite, rivés en un même mouvement vers celui dont tout le monde parle, ce héros qui avait été si attendu à Poudlard et dont on avait appris qu'il rejoindrait l'école d'Irlande, son absence douloureuse à la répartition des nouveaux en troisième année et l'étonnement qu'il soit réparti en seconde année, lui, ce héros qui n'avait plus rien à apprendre, ce garçon qui avait prouvé son talent, sa force, sa supériorité, celui qui s'était sacrifié pour sauver tant de vies. Et puis il y avait eu le bonheur et la fierté de l'avoir enfin avec eux, à Poudlard. Et désormais, l'impatience et l'espoir.
Kendall Kent prit le Choixpeau Magique d'un geste hésitant. Où irait-il ? Lorsqu'il sursauta pendant que le Choixpeau démarra sa conversation silencieuse ceux qui rirent n'étaient pas nombreux tant la sollicitude et la compassion planaient autour de Kendall. Après tout on le savait bon, humble et honnête. Il n'était pas appelé « le nouveau Harry Potter » pour rien.
Mais qu'a-t-il fait pour susciter autant d'attention ? Il n'est pourtant pas très beau. Le cheveu court et brun, les yeux d'un bleu angélique et ses oreilles, hum, comment dire… en chou-fleur, me souffle la voix. Pourtant malgré leur taille ce ne sont pas ses oreilles qui attirent autant l'attention sur lui. Il a du faire quelque chose de surprenant. Mais quand ? A douze ans et sans avoir appris à contrôler sa magie… Il semble très petit pour son âge et tout frêle, timide, voire maladif. Bayard, Renaud faisait preuve de plus d'assurance et était plus charismatique, lui.
Comme souvent le chapeau en tissu rapiécé qui parle prend son temps. Bien sûr, il n'est que vingt-trois heures, les estomacs qui crient famine peuvent attendre. Lui ne risque pas de mourir de faim, c'est sûr mais l'autre, là, le garçon à la peau mate avec ses airs de gendre idéal regarde par ici d'un air réprobateur. Lui peut sans doute faire taire son estomac, ce n'est quand même pas le cas de tout le monde. Ah le chapeau a finalement pris sa décision et Kent, Kendall rejoint sa table. C'est marrant, un quart de la salle s'est levé et applaudit plus fort que jamais en criant « Kent, avec nous ! ». Dire que les élèves des trois autres maisons sont déçus serait un euphémisme. Certains pleurent et d'autres crient des phrases dont on n'entend que des bribes comme « ils ont déjà les Potter ! ». Les quoi ? La rousse de Gryffondor s'est baissée d'un coup et elle est devenue aussi rouge que ses cheveux. Ça doit être une Potter. J'ai encore beaucoup à apprendre, je pensais que c'était une fille, comme Harper, Hewie le glaçon. Du côté des professeurs c'est pas le bonheur. Monsieur air sévère et monsieur je-sors-d' une-bataille-de-trois-jours-avec-un-troll se disputent avec le vieux à la barbe blanche et une femme terrifiante. Ils parlent d'un élève qui n'aurait « pas sa place ici », qui est « bien trop dangereux » mais « on ne peut quand même pas le laisser sans enseignement » et « ici il aura un encadrement, on pourra le surveiller », « les gens peuvent changer » affirme un cinquième, plus jeune que les autres, et l'air beaucoup plus sympathique. Qu'ils sont nombreux les professeurs à Poudlard ! Mais qu'enseignent-ils ? Finalement la brave dame qui énonce des noms depuis plusieurs heures reprend sa place et sa liste et bigre, va enfin annoncer qui suscite une telle discussion.
- Kent, Keziah !
De nouveau des exclamations mais bien loin d'être chaleureuses cette fois-ci. C'est plutôt l'hécatombe d'insultes et de gestes grossiers. Qu'est-ce qu'il a fait ce type pour susciter autant d'animosité ? Monsieur barbe blanche râle mais ne montre pas beaucoup d'insistance en quémandant le silence.
- Non !
- Va-t'en !
- Silence !
- On ne veut pas de toi ici !
- Silence !
- Fuyez, il va nous tuer !
Que raconte-t-il cet énergumène là-bas ? Un Poufsouffle, encore, ça m'aurait étonnée. Tuer ? Ce type ? Qui est-il, au fait ? Le jumeau de Kent, Kendall ? Certainement pas, ils ne se ressemblent pas du tout. Ses cheveux d'ébène tombent nonchalamment sur ses épaules, il a la peau plus mate que l'autre, il est plus grand aussi et mieux bâti. C'est marrant, il a l'air plus sympa que son frère, le héros. Lui aussi doit communiquer avec le chapeau vu le temps que ça prend mais il n'en laisse rien paraitre.
- Je ne suis pas certain que…
- Vous savez ce qu'il vous reste à faire.
- Je n'aime pas ça, jeune homme.
- Nous avons un marché, il me semble.
- Le Choixpeau Magique pense par lui-même, il n'obéit à personne. Et…
- Il parle à la troisième personne.
- Serpentard !
Neutre. Pas d'expression. Il avance vers sa table sous des dizaines de sifflements. On lui jette même quelque chose qu'il évite au dernier moment sans pour autant se formaliser. Arrivé en bout de table, il s'assoit près de deux élèves qui s'écartent rapidement de lui. De nouveau les professeurs parlent mais d'un geste barbe-blanche fait signe de continuer la répartition. Ouf. C'est pas que, mais la faim commence à…
- Kubrick, Gwenog !
Ah. Bon, il faut y aller. Marcher dignement, non, on ne tombe pas. Plus difficile à dire qu'à faire, les autres ont bien évidemment reporté leur attention ici. Vite, Kendall, Keziah fait quelque chose, lance une bombe histoire de reporter l'attention sur toi. Raté, l'autre idiot doit regarder aussi. Attraper le chapeau, s'asseoir sur le tabouret, ouf, c'est fait. Reste plus qu'à attendre la sentence de monsieur le rapiécé.
- Mais que fais-tu à Poudlard ? Tu n'as pourtant rien à faire là. Tu n'existes même pas.
ooOOoo
Cinq minutes. Cinq minutes que la fille a sursauté dès qu'elle a mis le Choixpeau sur sa tête. Et depuis, rien. Pas d'annonce.
- Ils se racontent leur vie ou quoi ?, râle Jessy.
- Elle cache peut-être quelque chose, répond Mary d'un air soupçonneux.
- Sous de pareils cheveux, ça se pourrait bien.
Et les messes basses reprennent, typique, pense Lily. Mais elle est intriguée. C'est cette fille rousse plus grande que les autres, celle dont les cheveux tiennent bizarrement sur sa tête. Cinq minutes, c'est long, bien plus que pour tous les autres, même Hewie Harper et les Kent ont mis moins de temps pour aider le chapeau à se décider.
- Gryffondor!
Les applaudissements sont de plus en plus mous. Monsieur lunettes et air sévère me montre le bout de la table d'un air fatigué. C'est bon, on aura compris. Au bout de la table, justement, il y a le héros-Kent d'un côté et la reine des glaces de l'autre. Kent ou Harper ? Ni l'un ni l'autre.
- T'as vu ? La nouvelle s'est carrément assise au bout du bout de la table! Même pas avec Kent !
- Elle ne le connait peut-être pas, Annie.
- Qui ne connait pas Kendall Kent ?
- Les enfants de moldus par exemple.
- Ah oui c'est vrai… Tu as sans doute raison, Lily…
Kudu, Ludmilla arrive à son tour. Elle sourit à Kent et ignore totalement Harper. Une arriviste, sans doute. Elle le connait peut-être. Elle a dû être élevée par des sorciers et ils lui ont dit qu'un gamin de douze ans avait… Qu'a-t-il pu faire ce Kent ? Intriguant, quand même. En tout cas, Kudu machin-chose lance des regards furieux à la reine des glaces. C'est vrai qu'elle semble antipathique mais de là à la mépriser autant…
- Leitrim, Jasper !
C'est vrai, la répartition continue. Cette fois-ci c'est un type. Plus grand que les autres. Très maigre, il ne doit vraiment pas manger à sa faim. Il a d'épais cheveux châtain clair qui lui tombe sur les yeux, des yeux d'un vert très… unique. De ceux que l'on n'oublie pas. Waouh. Etrange. Vraiment étrange. Peut-on reconnaître quelqu'un que l'on n'a jamais rencontré?
- Serpentard !
Est-ce de la déception ? Ou la peur de devoir s'assoir aux côtés de Kent, Keziah ? Le pauvre s'assoit avec prudence et… le Choixpeau s'active, Rick Malone et Pauline Montera filent chez les Poufsouffle, bientôt suivis par Allison Odon. Nick Nerd va à Serdaigle, lui. A nouveau des jumeaux, les Oldman, Neil et Rachel vont tous deux à Serpentard.
- Sieber, Markus !
C'est le gendre idéal à la peau mate qui s'offusquait des estomacs qui criaient famine. Il rejoint lui aussi les Poufsouffle. Bien fait pour lui.
- Watt, Warren !
Marrant celui-là avec ses longs cheveux bouclés. Un nouveau Gryffondor ? Gagné !
- Weasley, Justen !
Lily se tourna vivement vers le nouveau venu. Encore un Weasley. Elle trouva qu'il ressemblait beaucoup à ceux qui l'avaient précédé mais celui-là tremblait de tout son corps. Le seul qui stressait autant que lui était Hugo. Il espérait sans doute que Justen les rejoigne à Gryffondor et Lily le souhaitait aussi. Il avait l'air d'être un bon gars et Lily avait bien vu que Hugo regardait chaque nouveau Gryffondor avec beaucoup d'espoir.
- Poufsouffle !
Hugo baissa les yeux, tentant de cacher difficilement sa déception. Peut-être le prochain, se dit Lily mais il ne restait plus que deux jeunes filles, d'ailleurs elles semblaient complètement terrorisées d'être les dernières à passer.
- Whirpool, Kathleen !
La voix me souffle qu'elle a cette tête qu'ont les filles qui plaisent à tout le monde, aux filles qui veulent s'en faire une amie et aux garçons qui la dévorent des yeux. Moi elle me fait penser à la sœur d'Amalthéa. Ses cheveux blonds et ses yeux clairs la rendent magnifique. Elle a ce petit sourire aussi, à la fois coquin et intelligent. Elle a l'air cool, tout simplement.
- Gryffondor !
ooOOoo
La fatigue et la lassitude étaient telles que personne n'eut la moindre des réactions lorsque le Choixpeau eut réparti la dernière Irlandaise, une dénommée Dolores Zigaro.
Au contraire de ses demi-frères, Tom et Elvis, Dolores prit place à la table des aigles, non loin de Nalani, Solenne, Keith et Keanu, qui discutaient à voix basse.
Rose avait bien remarqué la jeune fille d'apparence frêle et éthérée. Parce que Dan Evans avait souri à la jeune fille, le regard charmé par l'incroyable chevelure d'ébène de la jeune fille.
Natasha Kandinsky, elle, sous des airs irascibles qui maintenaient les autres loin d'elle, détaillait tout à loisir la carrure rassurante de James. La peau du jeune homme portait encore les traces du soleil de Grèce, où il avait passé une partie de ses vacances. Il avait encore grandi, avait encore développé les muscles fins de ses bras, de ses épaules. Et toute résolue qu'elle était à ne montrer à personne ce qu'elle ressentait, Natasha se nourrissait de loin de ce qu'elle ne pouvait approcher de près.
ooOOoo
Barbe blanche ne laisse pas la dernière élève arriver à sa place que déjà il souhaite la bienvenue, donne quelques recommandations, inutiles d'ailleurs, bien sûr qu'il est interdit d'aller dans la forêt puisqu'elle s'appelle la forêt interdite, logique, non ? Il finit par abréger son discours, Merlin merci, comme ils disent ici. Une exclamation de surprise plus tard, les tables sont recouvertes d'assiettes, et je ne reconnais rien de ce qu'Amalthéa cuisine.
- Salut, je m'appelle Kathleen.
En même temps on s'en souvient, c'est la dernière Gryffondor à être passée. Qu'est-ce qu'elle veut d'ailleurs ? Le dernier garçon, monsieur-frisettes, l'ignore et mange silencieusement sa purée. Plus loin la reine de glace déguste précieusement ce que contient son assiette. Une cuisse de poulet ? Elle regrette sans doute les mets gourmets dont elle doit avoir l'habitude. Les deux autres filles dévisagent le présumé-héros. L'autre, le conquérant prétentieux, parle la bouche pleine à quiconque veut bien l'écouter.
- Et vous, c'est quoi vos noms ?, reprend miss « Kathleen-blonde-et-angélique ».
- Warren, répond le bouclé.
- Et toi ?
- Gwenog.
- Hum… Marrant comme nom.
On voit que ce n'est pas elle qui le porte. Et puis ça a quoi de marrant, franchement ? Pas si angélique que ça la Kathleen en fait. Toujours se méfier des angéliques, souffle la voix dans ma tête.
- Tes parents aimaient bien le quidditch sans doute, non ?
Hum. Le quoi ? Jamais entendu parler. Amalthéa ne doit pas connaître. La voix s'emballe, me raconte tout du quidditch, pléthore de définitions, de règles, de couleurs qui me font si mal que de l'eau commence à couler de mes yeux. Et quel rapport avec la choucroute ? Et pourquoi je dis ça, d'ailleurs ? C'est quoi la choucroute ?
- Gwenog Jones, dit Kathleen en articulant bien comme si elle s'adressait à une demeurée.
- Kubrick, je réponds. Gwenog Kubrick, pas Jones.
- Tu ne connais pas Gwenog Jones? C'est une grande joueuse de quidditch. Elle a joué avec les furies de Birkenhead, je crois.
- Les Harpies de Holyhead, corrige monsieur bouclettes sans lever les yeux.
Je ne comprends toujours pas ce qu'est le quidditch. Je refuse d'écouter un mot de plus de la voix qui parle trop vite. Je préfère me concentrer sur la blonde et la bouclette. C'est quoi cette histoire de harpie ? Une équipe de sport ?
- Je suis contente d'être à Gryffondor, pas vous ? Il parait que c'est la meilleure maison. Serdaigle aussi c'est pas mal, il y a de très bons élèves. Poufsouffle a l'air sympa mais la maison a mauvaise réputation il parait. Vous savez pourquoi ?
Le garçon-bouclettes est muet comme une carpe. La pauvre Kathleen se tourne vers l'un et l'autre, totalement désespérée. Allons, un effort, quatre mots, juste pour lui faire plaisir. Il parait que ça se fait.
- Sans doute parce que le nom est ridicule.
Kathleen écarquille les yeux et éclate de rire. Même monsieur-bouclettes ose esquisser un sourire. Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? La voix me dit que les gens ne rient pas seulement de l'humour mais de la bêtise des autres et…
- Vous venez d'où ?
- Swansea.
- C'est où ça, Warren ?
- A l'Ouest de Cardiff.
- Ah, ok, super ! Moi je viens de Belfast, ma famille est d'origine moldue et ça a été la surprise générale quand j'ai reçu la lettre de l'EMI ! Et toi Gwenog ?
- Dublin.
C'est la voix qui le dit. Elle m'envoie plein d'images, pour que je sache répondre si on m'interroge. Il y a beaucoup de bleu et de vert sur les images, c'est plus joli que la cuisine d'Amalthéa.
- Ta famille est sorcière ? Et la tienne Warren ?
- Moitié-moitié, répond bouclettes. Mère sorcière, père moldu.
- Et toi Gwenog ?
Je ne sais que répondre. Suis-je censée avoir une famille dans cette ville nommée Dublin où je n'ai jamais mis les pieds ? Non. Parce que la voix en a décidé autrement.
- Je n'en sais rien. Je n'ai pas connu mes parents. J'ai été élevée dans un orphelinat, à Dublin.
- Oh…
Voilà qui clôt la conversation. Monsieur-bouclettes reprend le cours de son repas en prenant soin de ne pas plonger ses cheveux dans sa purée et l'angélique se tait, pour une fois, ça change. Je ne comprends pas, je n'ai fait que répéter ce que m'a dit la voix. Et quand elle me hurle « mange », je repense à la voix d'Amalthéa et j'ai mal.
ooOOoo
- Les plus sympas sont à Serdaigle et Poufsouffle, c'est bien notre veine, se plaignait Mary à l'autre bout de la table des lions.
- Elle se plaint toujours celle-là, c'est fatiguant, chuchota Colin assis en face de Lorcan.
- On t'a entendu Crivey !
Lily sourit. Mary et Jessy pouvaient bien dire ce qu'elles voulaient, Colin avait des amis fidèles qui l'adoraient. Ce n'était bien sûr par le cas de tout le monde et Lily pensait surtout à Hugo. Le pauvre jetait des regards dubitatifs au bout de la table, où se tenaient les nouveaux Gryffondor. On voyait très peu les plus jeunes, sauf la rousse aux cheveux emmêlés qui semblait murée dans un profond silence.
Dans les quatre maisons le même schéma s'opérait. Chaque bande d'amis observait les nouveaux venus qui, eux, tentaient de se faire les plus discrets possibles. Le repas ne fut finalement pas si différent que les autres, à la différence qu'il était extrêmement varié et abondant, ce qui n'était pas pour déplaire aux élèves qui avaient subi la longue répartition dans la faim.
Quelques minutes plus tard, James observait la conversation qui se tenait à quelques mètres de la table de Gryffondor. Le repas avait été plus copieux et tentant que d'habitude et chacun était enfin repus. Les directeurs des quatre maisons en avaient profité pour demander aux préfets de se joindre à eux.
- J'aimerais bien savoir ce qu'ils se disent, songea-t-il à voix haute.
- Tu connais Louis, il nous dira tout quand il reviendra.
En effet quelques minutes après, Louis revint la mine revêche. Il leur annonça qu'une fête de bienvenue était organisée le soir-même et que les préfets de chaque maison devaient s'occuper des nouveaux arrivants par année. C'était la source du problème de Louis. Il était préfet en binôme avec Rita Coote et Marcia l'était avec Aaron Bethel.
- Tu connais, Bethel, moins il en fait… Il a choisi son année car il n'y qu'une seule élève. Logique. Rita veut prendre notre année, bien sûr, ajouta-t-il en montrant le beau Sean Bogart de la tête.
En effet, Sean Bogart était le stéréotype du garçon parfait et Rita et Dona n'arrêtaient pas de regarder le nouveau Gryffondor depuis qu'il s'était assis à leur table.
- Du coup Marcia et moi on prend les plus jeunes. Mais je vais quand même faire ceux de notre année aussi parce que Rita…
- Oh Weasley, je t'ai entendu !
- Très bien allons-y alors, Coote !, s'énerva Louis.
Très vite les tables disparurent et, avant qu'une quelconque organisation n'ait pu être mise en place, certains nouveaux élèves rejoignaient des amis parmi les autres maisons. La majorité des Irlandais n'avait pas entendu l'annonce de leur nouveau directeur et avaient regagné la pièce adjacente à la Grande Salle. Les préfets tentaient de les faire revenir alors que les professeurs criaient des ordres en tous genres. En voyant son cousin pâlir, James fut heureux de ne pas avoir été nommé préfet.
- Potter !
- Oui, professeur Glacey ?
- Il faut qu'on trouve une solution, et vite ! Il nous faut des sous-préfets temporaires pour leur venir en aide. Au moins la première semaine.
- Euh… Oui, c'est une bonne idée.
- Vous et Londubat ferez très bien l'affaire, ajouta-t-il avant de partir rejoindre Louis. Je vous laisse prévenir votre homologue féminine. Vous avez trente secondes !
James sursauta, il lui semblait avoir raté une marche. Tout un escalier, plutôt. Mais il n'avait pas le temps de le remonter pour s'assurer des paroles du professeur Glacey, celui-ci lui faisait un peu trop peur lorsqu'il était était en colère.
Et c'est ainsi que James et Alice mais aussi Lucy et d'autres élèves de cinquième et sixième année des autres maisons se retrouvèrent à mettre en place la fête avec les préfets et les professeurs. Ceux-ci mettaient à jour leur liste d'élèves et tentaient de séparer les Irlandais qui s'étaient mélangés. L'un d'eux affirma qu'il était à Gryffondor alors qu'il était en fait à Serdaigle et les professeurs Ganesh et Glacey perdirent un temps fou à cause de cet élève.
- Potter ! Londubat ! Allez aider Dubois et Finnigan !
James se surprit à sourire, aussi étonné que satisfait de ce revirement de situation. Même s'il comprenait que le professeur Glacey avait dû prendre sa décision en urgence, il ressentait une grande fierté d'avoir été choisi, et ne pouvait rêver mieux qu'un premier apprentissage avec Oscar et Susie, ses amis profondément bienveillants et altruistes. Même si à l'heure actuelle, c'est un Oscar exaspéré qu'ils trouvèrent à l'entrée de la pièce adjacente.
- Mais si vous vous mélangez, comment voulez-vous qu'on sache qui est qui !, s'emportait Oscar. Ah, salut vous deux, désolé mais ce n'est pas vraiment le moment…
- On est sous-préfets pour l'occasion et on vient justement pour vous aider.
- Tu me rassures James, chuchota Oscar à l'oreille de son ami. Ils sont fous ces Irlandais.
- Toi, là, tu t'appelles comment ?, demanda Susie à une très jolie fille.
- Kathleen Whirpool.
- Quelle maison ?, insista Susie.
- Gryffondor.
- Pourquoi es-tu là alors ?!, s'énerva Oscar.
Et c'est reparti. Mais qu'est-ce qu'il peut être rabat-joie ce préfet. En même temps, quelque part c'est logique. Il doit accueillir les Poufsouffle, pas les Gryffondor. Allez expliquer ça à miss angélique qui a tenu à présenter ses « nouveaux amis de Gryffondor » à ses supers copines. Supers copines qu'elle a rencontrées cet après-midi dans le train. Quel intérêt ? Aucun si ce n'est se faire réprimander par monsieur le petit chef.
- C'est notre amie, défendit une autre élève.
- Et toi tu es ?, insista Oscar.
- Pauline Montera, Poufsouffle.
- Ecoutez-moi, intervint James. On n'a pas du tout envie de vous emmerder, les profs ont décidé d'organiser cette petite sauterie pour que vous rencontriez vos nouveaux camarades, par maison. Vous n'en avez pas envie, ok, mais en même temps vous pourrez vous voir après, ok ? Vous n'avez pas envie de rencontrer ceux avec qui vous allez tout partager ?
Partager quoi ? Pour qui il se prend d'abord ce type ? Il n'a même pas d'insigne de préfet !
- Tu entends quoi par tout partager ?, s'étonna un jeune Irlandais.
- C'est quoi ton nom ?, demanda James avec un grand sourire.
- Markus Sieber.
Bien sûr, monsieur le gendre idéal la ramène. Pas très étonnant.
- Enchanté, Markus. A Poudlard, les quatre maisons sont partagées. Les Gryffondor sont dans leur tour, les Serdaigle dans la leur, les Poufsouffle sont dans les sous-sols, près des cuisines et les Serpentard sous le lac, près des cachots. Chaque maison a une salle commune et des dortoirs. Non mixtes, ajouta-t-il d'un air faussement sérieux qui fit rire les plus jeunes. Vous allez commencer une nouvelle année ici, une nouvelle vie.
Il doit faire de la politique le vrai-faux préfet. Son discours fonctionne en plus, c'est dingue. Tout le monde s'est tût pour écouter monsieur cheveux-en-bataille et la plupart des filles le regardent avec un air rêveur. Je ne comprends pas pourquoi. La voix me souffle que les filles le regardent parce qu'il est mignon. Je connais ce mot, il est en lien avec « chien » et « nourrisson ». Je ne vois pas de rapport avec le préfet-sans-insigne. A par sa coupe de cheveux sauvage.
- Vous allez certainement passer plusieurs années à Poudlard et votre maison sera comme…. Une seconde famille. Je ne sais pas exactement où vous serez installés mais certainement avec les autres élèves de deuxième année. Vous dormirez avec eux, vous irez en cours avec eux, vous jouerez au quidditch avec eux, vous … Vous avez compris, vous les aurez sur le dos pendant six ans.
- James…
- Oui, juste deux secondes s'il te plait, Susie. Mieux vaut vous les farcir dès ce soir, comme ça, vous connaitrez quelqu'un qui connait bien Poudlard pour vous amener en cours lundi et puis ensuite vous pourrez vous retrouver par affinités. En plus, vous avez tout à y gagner. Poudlard est une chouette école mais le château est truffé d'escaliers fous, de couloirs en tous genres et ok, vous aurez tout le temps de faire des sorties nocturnes pour voir ça de vous-même mais au départ, c'est bien d'être avec des gens qui connaissent bien le château. En plus vous vous faites bien voir des profs, alors…
- James…
- Voilà qui est bien résumé, Potter !
- Ah… professeur Glacey, je ne vous avais pas vu arriver.
- C'est ce que j'ai compris, oui. Potter, Londubat, veuillez accompagner les élèves de deuxième année de Gryffondor près de leurs camarades.
- D'accord. Bon. Kathleen, c'est ça ? Y a d'autres Gryffondor ? Toi la rousse tu t'appelles comment ?
Il galère c'est sûr, ça se voit. Mais il est marrant en même temps. La voix m'ordonne de répondre. « Vite ! Réponds ! » répète-t-elle fort dans ma tête.
- Gwenog.
- Comme Gwenog Jones ?
- Il parait.
Ça le fait rire. Il se tourne ensuite vers Warren-la-bouclette et rapatrie les brebis égarées vers les autres Gryffondor. Ils forment tout un groupe autour d'un nouveau préfet. De Gryffondor cette fois. Le préfet-pas-préfet s'en va avec sa copine et laisse le pauvre préfet-vrai-préfet entouré d'élèves nouveaux et anciens qui se jaugent du regard. Ça promet d'être drôle.
ooOOoo
Fatiguée par les épisodes de la soirée, Lily se tenait en arrière, entourée de Serena, Lorcan et Sébastian qui, comme elle, attendaient patiemment la suite des évènements.
- Bon, les nouveaux s'il vous plait, mettez-vous là. Très bien. Bienvenue à Poudlard et surtout bienvenue à Gryffondor. Je suis Louis Weasley, préfet de Gryffondor et voici vos dix camarades de deuxième année. Je vous propose de faire un peu connaissance pendant que je vais voir les autres élèves, ok ?
Tous regardèrent Louis partir et ce fut Mary qui rompit le silence. Elle se présenta aux nouveaux venus et leur souhaita à nouveau la bienvenue. Puis elle donna les noms de chacun de ses camarades. Renaud Bayard avança vers les garçons en tendant la main et Colin fut le premier à la serrer. Les autres suivirent et Kendall Kent avança à son tour. Warren Watt suivit le mouvement naturellement alors que les filles gardaient le silence et que Mary et Amanda Damiez continuaient de se jauger du regard.
- Merci beaucoup Mary pour ta gentillesse. Moi c'est Amanda Damiez. Et elle, c'est Ludmilla Kudu. Mon amie, ajouta-t-elle et les deux filles gloussèrent.
Mary et Jessy les regardèrent un moment puis échangèrent un regard et se mirent à glousser avec elles. Cela amusa particulièrement Lily qui échangea un regard moqueur avec Serena. Mary et Jessy allaient sans doute très bien s'entendre avec ces deux nouvelles pimbêches qui leur ressemblaient beaucoup. Toutes les autres se tournèrent enfin vers Lily, Annie et Serena.
- Les filles, reprit Mary, je vous présente Annie, Serena et Lily qui partagent notre dortoir.
- C'est laquelle la Potter ?, questionna Amanda en les dévisageant.
Génial ! Amanda ne sait pas non plus différencier une fille d'une Potter ! Je ne suis pas seule !
- C'est la rousse.
- Oh !
Oh, en effet. Moi aussi je suis rousse, ça veut peut-être dire que je suis une Potter et pas une fille ?
- Mais oui tu sais Harry Potter s'est marié avec une rousse, une Weasley, murmura Mary, suffisamment fort pour que toutes les filles l'entendent.
- Ah oui, c'est vrai, la chanceuse, j'avais oublié !
- Oh, elle a eu son heure de gloire elle aussi.
- Elle a joué au quidditch, c'est ça ?
- Voilà. Bien sûr ce sont ses connaissances et non son talent qui l'ont menée en haut du classement mais bon…
- Ils ont eu trois enfants, c'est ça ?
- Oui, deux garçons et… Lily.
- Et ses frères ?
Serena sentit son amie se raidir et se rapprocha d'elle pour lui communiquer sa sollicitude. Les autres parlaient d'elles comme d'un animal de foire et Lily ne semblait pas le supporter.
- James est avec nous, à Gryffondor, mais en sixième année comme…
- Ah ! s'écria Amanda. Mais Oui ! C'est ce type super mignon qu'on a vu passer. Il ne sort quand même pas avec cette fille insipide qu'on a vue avec lui ?
- Londubat ? C'est sa meilleure amie, c'est tout. Mais bien sûr elle aimerait bien être plus qu'une amie. Mais elle n'a aucune chance ! Il est célibataire en ce moment et Jessy et moi on est sur le coup bien sûr, ajouta-t-elle en éclatant de rire.
- Et l'autre ?
- Albus ? Il est à Serpentard. En quatrième année.
- Non !
- Si je t'assure ! Certains disent qu'il a mal tourné… Enfin il est pas mal aussi, moins que James mais il ressemble comme deux gouttes d'eau à son père ! Lily, elle, ne lui ressemble pas du tout.
Les quatre filles, ainsi que les trois autres nouvelles qui n'avaient pas ouvert la bouche se tournèrent toutes vers Lily qui bouillait de rage.
- Elle tient plus de sa mère, c'est sûr, acquiesça Amanda. Mais c'est tout de même sa fille. Et dire qu'on va être dans la même classe que la fille d'Harry Potter ! Bonjour Lily Potter ! Je m'appelle Amanda. Amanda Damiez.
- J'avais compris, ça fait deux fois que tu le répètes, répondit froidement Lily en ignorant la main tendue devant elle.
Direct et franc. L'autre ne s'en remet pas on dirait. En même temps si Jessy et Mary sont deux nunuches elles sont accueillantes, elles. Pas comme cette fille. Qui est son père ? Henry Potter ? Un homme célèbre certainement…
- Oh excuse-moi, Lily. Je suis vraiment très heureuse de te rencontrer tu sais. J'ai tant entendu parler de ta famille. Comme tout le monde bien sûr. C'est super qu'on devienne amies comme ça.
- Amies ? Tu vas vite en besogne.
- Tu es amie avec Mary et je suis sûre qu'on est faites pour nous entendre, ajouta-t-elle en riant avec Mary.
- Je n'ai aucune envie d'être amie avec toi, Damiez. Et dorénavant tu m'indiffères autant que le sort de coloration des boursoufflets !
Le sort de quoi ? Pas très sympathique, en tout cas la Lily.
- Mais Lily…
- Ferme là où je te jette un sort de chauve-furie !
Le ton est sans appel. A côté les garçons ont mis fin à leur conversation et regardent les filles, alarmés. La furie-rousse-célèbre s'écarte, suivie par la blonde et la timide, les deux seules qui n'ont pas parlé. La furie fait un signe négatif à quatre garçons qui veulent la suivre. C'est elle la chef de la petite bande on dirait. Et une nouvelle se forme, sans conteste, puisque Mary-et-Jessy-les-deux-cruches et Damiez et Kudu se mettent elles aussi à l'écart. Watt-frisettes est parti. Bayard-le-conquérant et Kent-la-célébrité parlent avec un roux, encore un, décidemment. Il ne reste plus que la reine des glaces et l'angélique.
- Et si on allait boire un verre, Gwenog ?, propose l'angélique.
Ne jamais oublier de boire ce que le verre contient, qu'il soit petit, grand, en verre ou non. Ne jamais mordre le verre.
- Tu as déjà goutté de la bierraubeurre ?
De la bière avec du beurre ? Ça doit avoir un gout horrible…
- Il parait que c'est délicieux. Il doit y en avoir quelque part. Tu veux venir ?, demande-t-elle à la reine des glaces.
Celle-ci est prostrée dans une position beaucoup moins digne qu'avant le repas et ne quitte pas des yeux la furie-Potter.
- Ça ne va pas ? Tu la connais ?
- Vaguement, oui. On s'est connues quand on était mômes. Mais elle est différente de ce que je pensais.
C'est marrant, sa voix n'est pas si froide que ça. Ses yeux sont mouillés, comme les miens quand je pense à Amalthéa et sa bouche est toute tordue. La voix me souffle que son visage est teinté de tristesse et d'amertume, elle semble plus douce, plus fragile qu'auparavant.
- Si elle est célèbre ça doit l'énerver que tout le monde ne lui parle que pour ça, note l'ange blond.
- Kendall Kent ne réagit pas ainsi lui, rétorque l'iceberg.
- Mais lui est célèbre pour ce qu'il a fait. Elle… si j'ai bien compris c'est son père qui a fait quelque chose, non ?
- Tu… Tu ne connais pas Harry Potter ?, s'étonne l'iceberg.
- Euh… je suis née moldue, se justifie l'ange blond. Je n'ai pas encore fini de lire tous les livres et…
- Venez, je vais vous raconter.
Plusieurs choix s'offrent après une telle proposition. On peut suivre ou ne pas suivre, rester seule ou créer des liens. La voix m'ordonne de les suivre, de faire connaissance. Faire connaissance ? Pourquoi ? Avoir des amis ? Le peut-on sans en avoir jamais eu ? Ça s'apprend tout seul ?
- Gwenog, tu viens ? Tu ne veux quand même pas rester avec les cruches ?, se moque Kathleen.
Je regarde autour de moi parce que je meurs de soif, mais je ne vois de cruche d'eau fraiche nulle part. L'angélique doit parler d'un autre type de cruche ou alors…
- Peut-être que Gwenog aime bien rire comme une poule elle aussi, renchérit Hewie.
- Oh, tu veux dire qu'elle rêve d'intégrer le poulailler avec les quatre autres ?
- Je ne suis pas une poule, je suis une fille !
Elles me regardent bizarrement, comme si j'avais un second nez ou trois yeux ou…
- Tu es bizarre, murmure Hewie en fronçant les sourcils.
- Non je suis Gwenog. Et je suis une fille !
- Je crois qu'on avait compris, oui. Aller, viens avec nous, conclue Hewie.
ooOOoo
Dans le parc, seul le vent effleurait les feuilles et l'herbe humide. La pluie était tombée à la fin du repas mais s'était vite estompée. Lily adorait cette odeur si spéciale qui vient après la pluie. Elle ravala ses larmes et inspira de toutes ses forces ce parfum si frais et si réconfortant, auquel s'ajouta celui de Serena, présence discrète et apaisante.
- Merci d'être là, dit Lily d'une voix éteinte.
- Maintenant qu'on a scellé note amitié, commença Serena en riant avant de s'interrompre brutalement. Lily, allons, ne sois pas triste ! Ce n'est pas grave, cette Amanda est comme les deux pestes ! Oh voyons Lily ne fais pas cette tête…
- Mais elles sont nouvelles ! On doit les accueillir et moi je… Et par ma faute ni toi ni Annie n'avez…
- Je m'en fous et Annie aussi. Tu es notre amie à toutes les deux, Lily !
- Elle a raison, affirma Annie derrière elles.
Tous les garçons de la bande étaient là aussi et Lily se sentit un peu mieux. Malgré tout elle n'en pouvait plus de tout ça, des regards, des moqueries et d'être tout le temps le centre de l'univers. Elle n'avait rien fait, elle, c'était son père qui avait terrassé Voldemort. A cette époque, elle n'était même pas née, elle n'était même pas un projet. Elle n'avait su que bien plus tard ce qu'avait fait son père, lorsqu'enfant elle lui demandait comment il s'était fait cette cicatrice et pourquoi la magie ne l'enlevait pas il lui avait promis de lui raconter un jour.
Mais ce jour n'était jamais arrivé. La vérité, elle l'avait apprise à Poudlard. La vérité, était pire que tout ce qu'elle avait pu imaginer.
Longtemps elle y avait pensé le soir avant de s'endormir et savait qu'il en était de même pour ses frères. James était terrorisé par un hypothétique retour de Voldemort, ça se voyait, il avait tant de mal à cacher ses émotions.
Albus, au contraire, semblait espérer que le pire se produise. Pour se battre, sans doute. Pour prouver à tous qu'il n'était pas seulement le fils de son père.
Mais Lily doutait qu'un d'eux trois ait la force de combattre un mage noir.
Et si une horreur pareille se reproduisait, qui les sauverait désormais ? Qui prendrait le risque de mourir pour sauver le monde ? Qui s'opposerait à l'effroyable puissance adverse ?
Alors, ce soir-là, elle défiait le froid en repensant aux exploits de son père, sans savoir que trois autres élèves l'évoquaient, à quelques mètres d'elle.
ooOOoo
Ah oui, quand même. Balèze cet Harry Potter.
- Tout ça c'est dans les livres…
- Non, je t'assure Kathleen, mon père travaille avec Harry et c'est vraiment…
- Il fait quoi ton père ?, je demande.
Les deux autres se tournent à nouveau vers moi avec leurs yeux bizarres. Maintenant que je sais ce que veut dire « bizarre » je trouve tout bizarre. Bizarre, non ? Quoi? On ne peut plus poser de questions ? Je glisse ma main sur mon visage, je compte à nouveau un nez, une bouche, deux oreilles… Kathleen sourie et l'autre continue son inspection. Vas-y ne te gêne surtout pas.
- Il est Auror. Chasseur de mages noirs. A Londres. C'est Harry qui dirige le bureau.
- Tu m'étonnes, ajoute Kathleen.
- Mon père est son second.
- Mais, Hewie… tu vis à Londres ?
- Non, je vis au pays de Galles avec ma mère. Ils sont séparés.
- Oh…
Elles détournent le regard, toutes les deux. Kathleen-marquise-des-anges fait tourner son verre, encore et encore. Et la Reine des Glaces garde sa posture fixe, lointaine, froide. Posera, posera pas ? La voix murmure « Aller, faut se lancer, le silence est trop lourd-là ». Je ne sens pas son poids, moi, au silence, mais je dois écouter la voix. C'est la première règle. Mais je ne sais pas quoi dire. Alors je dis la première chose qui me vient.
- C'est quoi le quidditch ?
C'est à celle qui hausse les sourcils le plus haut. Je fais pareil, ça me fait mal aux yeux mais je dois obéir à la seconde règle : faire comme les autres, se fondre dans la masse.
- Sérieusement, Gwenog ? Tu ne connais pas le quidditch ?
- Quand on pose une question c'est qu'on ne connait pas la réponse.
- Ne t'énerve pas, c'est juste que… C'est le sport préféré des sorciers. Je te montrerai ce week-end si tu veux.
- Tu as un balai ?, s'étonne Kathleen.
- Un balai ? Genre un balai volant ?, je dis en éclatant de rire. Ça existe ? Vraiment ?
C'est sorti tout seul. Et les sourcils aussi se sont haussés tous seuls. Elles se moquent mais ça a l'air gentil. C'est le côté perdu et incertain qui les a rendues soudainement plus douces. Même la reine des glaces. Enfin, Hewie, quoi. Vaudrait peut-être mieux les appeler par leur prénom. Dans tous les cas elles se rapprochent et commencent à me raconter. Dans la foulée on parle de beaucoup de choses, de l'école, des cours - dont les noms me font franchement baliser d'ailleurs, des créatures…
Et puis plus tard, beaucoup plus tard, le préfet est bien obligé de se rendre compte que ses trois protégées, ses trois brebis égarées ont un peu trop goutté à la bierraubeurre et qu'il faudra être très patient pour les mener à bon port.
Les filles ne s'en formalisent pas. Ce soir elles se sont fait des amies. Deux amies chacune, pour des filles qui n'en avaient jamais vraiment eu, c'est quand même pas mal.
ooOOoo
D'autres avaient passé une soirée bien moins agréable. Louis, par exemple, surchargé par ses devoirs de préfet n'en pouvait tout simplement plus. Bien sûr, sous les ordres du professeur Glacey, James et Alice l'aidaient beaucoup mais il avait fallu accueillir les nouveaux, contenter tout le monde et surtout contenir Fred.
Celui-ci avait pris d'assaut les nouveaux Weasley et avait enfin compris le fin mot de l'histoire. Ils étaient tout simplement les petits enfants d'un frère d'Arthur Weasley qui vivait depuis longtemps en Irlande. Oui, ils avaient entendu parler de leur famille, non ils n'étaient jamais venus en Angleterre, oui leurs parents connaissaient très bien certains de leurs oncles ou parents, ils étaient notamment venus au mariage de Bill et Fleur, bien avant que les cousins Weasley-Potter ne naissent.
Elton et Anton étaient de faux jumeaux. Le premier, réparti à Gryffondor était doté d'un caractère très semblable à Fred, tout aussi porté sur l'humour et le quidditch, les filles et les farces, la bonne humeur et le rire facile.
Anton était très différent et ne paraissait pas déçu d'être séparé de son jumeau. A Poufsouffle il retrouvait son cousin, William, un jeune homme doux et attentif au regard profondément intelligent. Il fit très bonne impression à James qui le présenta chaleureusement à Oscar. Les deux garçons s'entendraient certainement très bien.
Les jumeaux Elton et Anton avaient un frère, Dempsey, en quatrième année à Serdaigle et James le vit converser avec Rose. Ils avaient également une sœur, Veronica, qui faisait connaissance avec Lucy et un frère beaucoup plus jeune, en deuxième année, à Poufsouffle. William quant à lui avait un frère ainé qui avait terminé l'école depuis quelques années. Mais ils n'étaient pas les seuls Weasley.
William leur apprit que la jeune sœur de son père, Mafalda, s'était mariée et que les frères et sœurs Bell étaient leurs enfants. Billie, l'ainée était dans la classe de James, Mery était en quatrième année à Poufsouffle et Indra la plus jeune était également à Poufsouffle mais en deuxième année. Fred, empli de joie, préparait déjà une fête secrète et sauvage pour réunir tous les Weasley. Il semblait avoir déjà adopté Elton et les deux garçons attiraient tous les sourires autour d'eux.
C'est en riant à une blague des deux garçons que James vit arriver le moment qu'il attendait tant.
Dans la pénombre de la Grande Salle, non loin d'une fillette sans nombril et des jumeaux Kent qui déliaient les langues et les regards, Daniel Redox se tenait seul face à James.
ooOOoo
De la déception. Un moment trop court, des phrases maladroites, des regards qui s'échappent, loin, trop loin. Les banalités qu'ils échangeaient restaient bloquées dans la tête de l'un, dans la gorge de l'autre. James s'était tourné vers ses amis, prêt à leur présenter Daniel mais celui-ci avait affirmé avec évidence qu'il devait se faire des amis dans la maison dans laquelle il avait été réparti, Poufsouffle, et non à Gryffondor, où James avait les siens.
Daniel mit tant d'assurance dans ses derniers mots que James ne répondit pas. Il était tout simplement déçu mais se fit une raison. Il aurait aimé pouvoir parler davantage avec son ami d'enfance, voir s'ils pouvaient retrouver leur complicité d'antan mais il devait lui laisser le temps de découvrir Poudlard, de faire connaissance avec ses camarades et peut-être, par la suite, pourraient-ils alors se retrouver, songea James en regardant Daniel s'éloigner.
Celui-ci croisa la route de Keziah Kent qui, du haut de ses douze ans, dépassait la plupart des élèves plus âgés qu'il bousculait sans s'excuser. James fronça les sourcils, regardant le nouveau Serpentard quitter la salle sans un regard en arrière.
Non loin de lui, Albus expliquait à qui voulait bien l'écouter qu'il saurait faire preuve de patience et de volonté pour accompagner Keziah tout au long de sa scolarité, s'assurant que le jeune garçon ne penche jamais plus du côté obscur. Et son auditoire de trembler pour Albus, le priant d'être prudent, vantant ses mérites, sa générosité, sa capacité à distribuer les secondes chances…
- Sa voix sonne faux.
James se tourna vers Louis qui haussa les épaules sans quitter Albus des yeux.
- Tout le monde finira par s'en apercevoir. Heureusement que ma mère a gardé des contacts à Beauxbatons…
- Albus n'ira jamais à Beauxbatons, voyons.
- Ça serait pas plus mal qu'il change d'école. Pour vous deux.
- Mes parents ne seront jamais d'accord. Et puis même, la communauté ne l'accepterait jamais. C'est l'héritier du Survivant.
- C'est toi l'héritier du Survivant.
- On sait très bien tous les deux que c'est faux, Louis, soupira James. Besoin d'un coup de main avec les petits nouveaux ? Je suis prêt à obéir à tes ordres, chef !
- Tu peux bien changer de sujet, le nouveau ne va pas plus te réjouir. Tu te souviens de la première conversation qu'on a eue au sujet des frères Kent ?
James fronça les sourcils, en pleine réflexion. La première fois que James avait entendu parler de Kendall Kent, c'était lorsque la presse s'était emparée de son exploit, de son histoire. L'histoire d'un jeune garçon ordinaire qui avait réalisé l'exploit de sauver une cinquantaine d'écoliers sorciers d'une attaque de Détraqueurs, durant une rencontre scolaire.
Les mots de Louis lui revenaient en mémoire. Limpides. Effrayants.
« Les Détraqueurs ont été chassés d'Azkaban mais on ne peut pas les tuer. Ils se nourrissent des malheurs des gens, alors ils ont été confinés sur une île au large. Ils doivent sentir qu'ils dépérissent sans leur… nourriture »
Alors, lorsque tous les écoliers sorciers de Grande-Bretagne s'étaient retrouvés au même endroit, leur jeunesse, leur insouciance, avaient attiré les Détraqueurs.
Et Kendall Kent avait sauvé des dizaines de vies. La presse le surnommait le « Sauveur de toute une génération » ou, à défaut, le « nouveau Harry Potter ».
James et Louis observèrent Kendall Kent qui, au milieu de tous les Gryffondor de deuxième année, regardait autour de lui avec émerveillement.
- Son frère vient de quitter la salle, murmura James. Tout seul.
- Certains disent qu'il sait déjà utiliser la magie noire. Certains disent qu'il est possédé. Certains disent même que c'est lui qui a lancé les Détraqueurs, ce jour-là.
- On sait bien que la presse raconte n'importe quoi.
- Je suis quand même inquiet, affirma Louis. En tant que préfet, j'ai la responsabilité des Gryffondor les plus jeunes, ceux qui ne savent pas encore se défendre. C'est sur mes épaules que repose leur sécurité. Et sur les tiennes désormais.
- Pour une semaine, dix jours tout au plus…
- Tu sais tout autant que moi que ça ne s'arrêtera pas, James. Je te connais. Tu vas te prendre d'affection pour ces gamins, encore plus que moi. Surtout que Lily est dans leur classe.
James s'apprêtait à répondre lorsqu'Oscar, plus échevelé que jamais, s'arrêta en trombe à leur niveau.
- Les gars ! Faut que vous m'aidiez, Fred envisage de faire une fête avec tous les élèves de notre année pour rencontrer les Irlandais. Les Serdaigle sont d'accord et…
- C'est une bonne idée je trouve, annonça Keanu.
Louis soupira, secouant la tête devant ce qu'il prenait pour une défiance absurde des règles, surtout venant d'un préfet. James resta plus mesuré, bien qu'il s'étonne de la réaction de Keanu, toujours sage et réfléchi. Mais les yeux de leur ami de Serdaigle possédaient une étincelle flamboyante, cette étincelle qui brillait lorsqu'il menait une enquête passionnante et souvent périlleuse.
- Faisons ça plus tard, proposa James, un brin inquiet. Ce soir il est tard pour tout programmer Keanu et…
- Justement, James, les profs sont dépassés par les évènements, on peut aller dans la cabane hurlante, personne ne se…
- Si on y va tous comment tu veux que ça passe inaperçu ?
- Aller James !, insista Keanu.
- Oscar est contre. Et apriori Louis et Susie aussi.
- Et bien on fait ça sans eux !
- Ça sera aussi sans moi alors !, répliqua James. On a toujours fait ça tous ensemble !
- Il a raison, nota Keith. De toute manière le préfet en chef vient de me dire que les Irlandais ne dormiront pas dans nos salles communes, ils iront tous dans l'aile du château qu'ils avaient aménagée pour le Tournoi l'an dernier. Faisons ça plus tard les gars.
Cela n'enchanta guère Fred mais ils n'avaient pas le choix et ils durent bientôt se dirent au revoir. Les préfets et sous-préfets accompagnèrent les Irlandais dans l'aile qui allaient les accueillir et les aidèrent à s'installer selon les ordres des professeurs.
James et Louis en profitèrent pour parler un peu avec leurs « cousins Weasley » mais aussi avec les nouveaux Gryffondor. Sur le chemin, Susie enjoignit Alice et Nalani à faire plus ample connaissance avec les Irlandaises de leur promotion, brillant de ce fait telle la porte-parole de l'accueil et de la tolérance. Les nouveaux Serpentard, qui fermaient la marche, envahirent à leur tour l'aile qui leur était consacrée.
Les jumeaux Parish hochèrent discrètement la tête à l'attention de James qui sentit un petit papier effleurer sa main dans sa poche. Comprenant le message, il s'écarta légèrement pour en lire son contenu.
« Rendez-vous dans deux heures, sous l'horloge. »
- James, tu peux venir ?
Il rejoignit Louis qui lui présenta Nathaniel Harper et Ben Jagger, deux nouveaux Serpentard qui paraissaient bien décidés à se montrer agréables et joviaux. Dana Augusta était plus discrète et avançait silencieusement derrière Hadiya Zabini, une jeune fille à la peau mate que James trouva absolument sublime, bien qu'elle l'ait dévisagé avec horreur dès que Louis l'eut présenté. Et elle n'était pas la seule à être sublime, se dit James en reconnaissant la toute dernière Serpentard. Celle-ci attendit que tous ses camarades aient passé la porte pour s'arrêter face à lui.
- Comme on se retrouve, hein ?
James en demeura interdit. La nouvelle venue, d'une beauté froide et énigmatique, l'affubla d'un sourire malicieux avant de le dévisager longuement.
- Tu étais beaucoup plus bavard cet été si je me souviens bien, James. Tu t'appelles bien James ?
- Oui, toujours.
Elle se mit à rire et il la trouva plus belle, encore. Rapidement tous les souvenirs qu'ils avaient en commun lui revinrent en mémoire. L'odeur iodée qui l'avait envahi dès qu'il avait posé les pieds en Grèce. Leur rencontre sur la plage de Kastro-Kyllini, leurs conversations animées en gravissant Chlemoutsi, les longues heures de travail dans la bibliothèque de Clarentza… Quels bons moments ils avaient passés tous les deux, en Grèce. Et dire que James avait cru que la jeune fille était moldue…
- Tu es à Gryffondor, c'est ça ?, s'enquit-elle. Dommage, j'aurais bien aimé qu'on soit dans la même maison.
- C'est bien la première fois que j'entends un Serpentard dire ça. Nos maisons sont traditionnellement ennemies, répondit-il au regard étonné de la jeune fille.
- Et bien j'espère pouvoir compter sur toi pour mettre fin à cette tradition alors.
- Ça va être dur tu sais, ça remonte à longtemps, expliqua James avec regret. Mais je trouve que c'est une excellente idée de vouloir changer les choses.
- Cool alors. C'est dingue quand même… ! Et dire que je pensais que tu étais moldu.
- Moi aussi c'est ce que j'ai pensé !
- Tu étudies l'international alors, je me trompe ?
- Je l'envisage. Toi aussi ?
- Le bassin méditerranéen en particulier, répondit la jeune fille avec sérieux. Au fait… Y a des gens sympas dans ma promo ?
- Des gens sympas, les quatre maisons en sont pourvues, bien heureusement. Je te laisse te faire ta propre opinion, tu les rencontreras bien vite en cours, ceux de Serpentard mais pas seulement. Tu partageras tes cours avec les autres maisons, on aura donc sûrement des cours ensemble.
- J'imagine que tu as déjà tes amis. En six ans…
- Comme tout le monde, oui. Les Serpentard également mais tu n'es pas seule… Les deux garçons qui marchaient devant toi ont l'air…
- Natte et Ben ? Bah… Harper est plutôt cool, on était dans le même pavillon, le Nord, et il est assez sympa ce gars. Et très doué en quidditch. Et Ben… Trop courageux pour moi. C'est le preux chevalier, toujours à défendre une cause ou une autre. C'est une tête aussi. Un des seuls qui arrivent à me tenir tête, justement.
- Mais que fait-il à Serpentard ?, plaisanta James.
- La même chose que moi sans doute. Ils ne pouvaient pas tous nous mettre dans le même pavillon.
- La même maison tu veux dire.
- Oui. En Irlande on est répartis dans des pavillons.
- Ah vous êtes là !, s'exclama Louis. Bonsoir miss…
- Ferton. Lysa Ferton.
- Louis Weasley, mon cousin. Et préfet de Gryffondor. Tu vas voir c'est un des types les plus chouettes de Poudlard. Et Lysa est… Une amie. On s'est rencontré en Grèce cet été.
- Un Weasley, hein ? Toi aussi, tu es… Attends… Ne me dis pas que tu es James Potter ? Enorme !
Lysa éclata de rire devant les deux cousins qui se regardèrent surpris.
- Je croyais que vous vous connaissiez ?, s'étonna Louis.
- Mais on pensait tous les deux que l'autre était moldu, expliqua James. On a juste échangé nos prénoms.
- Un moldu ! J'ai pris James Potter pour un moldu ! Incroyable ! Quand je vais dire ça à mon cousin…
- Et c'est qui ton cousin ? Il est à Poudlard aussi ?
- Oui, vous le connaissez peut-être. Il est à Serpentard aussi. Mais en quatrième année.
- Ah ! Comme mon frère !
- Ouais je sais, grimaça Lysa. Mon cousin est… Il s'appelle Scorpius.
- Malefoy ?
- Pourquoi ? Y a plusieurs Scorpius à Poudlard ?
- Tu es une Malefoy ?
James regretta sa question en voyant son amie pâlir.
- Non, murmura-t-elle la gorge serrée. Ma mère était la cousine de sa mère. Une Grenngrass. Mariée à un Ferton.
- Tu es la fille de Mitch Ferton ?, murmura Louis, effaré.
- J'étais. Mes parents sont morts. Attaque d'Aurors, tu as dû en entendre parler James.
- Non, je…
- Histoire banale. Mes parents se rendaient à un repas chez des gens qui étaient surveillés pour mauvais agissements et suspectés d'utiliser la magie noire. Des Aurors ont débarqué, l'un d'eux a été tué et un autre a dû prendre le commandement. Il est devenu fou et a envoyé des sorts mortels à tout va. L'un d'eux a touché mon père. Puis a ricoché et a tué ma mère. J'avais huit ans. Ma sœur n'en avait que trois. Les Malefoy nous ont recueillis et nous ont scolarisés en Irlande par mesure de sécurité. Ils avaient peur qu'on tombe sur les rejetons des types, des Aurors qui étaient là ce soir-là. Oh, ne t'inquiète pas James, ton père n'y était pas. Il n'y avait pas le père de Nathaniel non plus, Harper.
- Qu'est-il arrivé à… au meurtrier de …
- Il a été jugé, puis acquitté. Au départ il a cherché à se défendre mais comme ils n'ont rien trouvé sur mes parents, il a eu un peu de mal… Mais il a eu du bol. Il a tué une troisième personne, Maria Bergson. La nièce de mon père. Et par conséquent vous l'aurez compris, la petite fille d'un des plus grands criminels de tous les temps, Barthélémy Bergson. Elle n'y était pour rien dans tout ça bien sûr, sa famille avait une vie bien rangée mais elle était là au mauvais moment. Et l'Auror s'en est tiré comme ça. Tuer une Bergson, tu comprends, c'est toujours bien vu.
- Et ce garçon en quatrième année, songea James. Il est à…
- Timothée ? C'est mon cousin, oui. Le frère de Maria Bergson.
- Je vois… il va être content, il est dans la même classe que Scorpius.
- Oh ils se connaissent peu. Les parents de Tim ont sombré après la mort de leur fille. Ils nous ont aidées ma sœur et moi, financièrement parlant mais on les voit très peu. Et Drago, mon « oncle », en quelque sorte, essaie d'éviter au max les gens comme les Bergson. Je ne crois pas que Scorpius et Tim se soient déjà rencontrés. Ça faisait une éternité que je ne l'avais pas vu, moi…
Louis et James échangèrent un long regard. Ils accompagnèrent Lysa dans l'appartement des filles de sixième année et rentrèrent non sans retenir quelques bâillements.
- Elle a l'air sympa, tu ne trouves pas ?
- Hum. Méfie-toi quand même James.
- Toi qui prône toujours la tolérance inter-maison…
- C'est un Auror qui a tué ses parents. Je la trouve louche son histoire. Et puis… Une Serpentard et un Gryffondor, ça fait trop Roméo et Juliette tu ne trouves pas ? Tu connais ?
- Ouais, je connais. Et je sais ce que tu veux dire. Les intrigues Shakespeariennes ne finissent pas toujours bien.
- Elles finissent toujours mal, nuance. Sois juste prudent, James.
En rentrant dans le dortoir, James s'aperçut qu'aucun de leurs amis ne les avaient attendu. Mael et Nolan ronflaient bruyamment et même Fred n'avait pas veillé pour les questionner. Dans chaque dortoir Morphée avait cueilli les élèves qui avaient subi une trop longue répartition et un copieux repas. La soirée avait été riche en évènements et tous pouvaient enfin profiter d'une bonne nuit de répit. Tous, ou presque.
ooOOoo
La salle commune des lions était plongée dans l'obscurité. Le feu s'était éteint depuis longtemps.
- Tu as la cape ?, murmura Louis.
- Oui. Tu veux venir ? T'es préfet, Louis, si on nous trouve en train de rôder dans les couloirs…
- On est dans la même galère, James. Essayons d'en sortir ensemble, tu veux ?
- Ça me fait de la peine, tu sais, avoua James. Avant on sortait en douce par envie, par plaisir, avec Fred, Mael… On retrouvait nos amis, on était persuadés que Nalani tomberait dans les bras de Mael et non de Fred, on…
- Ça fait longtemps que je n'aime plus sortir après le couvre-feu. Je le faisais pour vous surveiller, pour vous protéger. Certainement pas par plaisir.
L'aigreur dans la voix de Louis fit frissonner James. Etait-il le seul à qui ses amis lui manquaient ?
- Faut que tu comprennes qu'on en a bien profité mais qu'on a des responsabilités, maintenant. Avant Victoire et Dominique étaient là, veillaient à ce que rien de mal ne soit dit sur notre famille, sur nos parents. A la fin de l'année c'est Molly qui quittera Poudlard. On a des responsabilités. Et Fred ne nous aidera pas à…
- Je croyais que tu te fichais de tout ça, s'étonna James.
- Moi aussi je le croyais. Mais on n'a pas toujours le choix. C'est comme avec le Tournoi…
- Bien sûr que si, coupa James avec fougue. On a toujours le choix. Et c'est comme ça qu'on est sortis vivants du Tournoi, justement.
- Et c'est par choix que ta petite amie s'appelle Vivyan ?, railla Louis, amer. Tu ne préfèrerais pas qu'elle s'appelle Natasha ? Allons, James, faut que tu laisses tes illusions de côté. T'as seize ans, par Merlin. Tes discours blindés de solidarité et de tolérance nous faisaient peut-être rêver quand on avait douze ans, maintenant ils me paraissent juste… niais. Et peu réalistes.
James baissa la tête, penaud. Il y avait toujours une partie de lui qui rêvait d'un avenir idyllique, avec des enfants heureux qui ressembleraient à Natasha et avec qui il pourrait jouer et rire. Des idées niaises et peu réalistes, certes, mais qui le réconfortaient le soir quand le sommeil l'ignorait.
- Ah enfin, Potter !, ricana Adonis Parish lorsqu'ils arrivèrent au point de rendez-vous. Faut toujours que l'Héritier se fasse attendre. Et voilà qu'il a amené sa petite garde rapprochée.
- Louis faisait partie de l'équipe de Poudlard, rétorqua James.
- Comme suppléant, lâcha Adonis avec mépris. Bon, on va pas parler cent-sept ans. Potter-le-benêt, demain tu viens t'extasier devant ma sœur, tu lui dis bien haut et bien fort qu'elle est la plus belle fleur du parc de Poudlard, et tu la regardes en bavant pendant quelques jours. Elle te quittera dans cinq jours pour un ami à moi qui est dans la confidence. Toi le préfet propre sur toi et inutile, tu réconfortes ton cousin le mal coiffé qui va…
- Je crois qu'on a compris l'idée, coupa James en posant une main amicale sur l'épaule de Louis.
- T'es sûr ? Tu veux pas que je te l'écrive ? Vous êtes tellement pas doués que j'ai encore dû m'occuper de tout alors je voudrais pas que…
- Adonis, stop, intervint sa sœur jumelle. Si James et Louis n'avaient pas été là, on ne serait sans doute jamais sortis de cette maudite forêt interdite, alors laisse-les tranquilles.
- Comme tu voudras, soupira Adonis à contrecœur. Salut les bouseux.
Vivyan emboîta le pas de son frère jumeau en levant les yeux au ciel, laissant James et Louis seuls. Et légèrement perplexes.
- C'est aller vite, finalement, lâcha James, toujours surpris.
- C'était déjà trop long pour moi, rétorqua Louis. Aller, ne perdons pas de temps, une dure journée nous attend demain.
James jeta la cape d'invisibilité sur leurs épaules. Il remarqua avec un semblant de regret que tous deux devaient avancer baissés pour qu'elle les couvre totalement. Il se fit la promesse de la rendre dès le lendemain à son frère. Son instinct lui soufflait qu'il n'aurait guère l'occasion de l'utiliser à nouveau.
ooOOoo
Ce n'était pas le soleil mais la pluie qui réveilla les élèves ce matin-là. Pour leur première matinée de cours avec les Irlandais, les élèves de seconde année de Gryffondor allaient retrouver la salle de Potions et cela n'enchantait personne. Bizarrement, même les élèves les plus sérieux n'avaient pas hâte de commencer leur année scolaire. En revanche, les camarades de Lily étaient impatients de revoir leurs nouveaux camarades.
Assise comme à son habitude avec ses amis pour le petit déjeuner, la jeune fille avait noté qu'aucun Irlandais n'était venu à la Grande Salle. Seule l'agitation des élèves et l'absence de la plupart des préfets lui avaient assuré que l'arrivée des irlandais n'était pas un rêve. James accourut jusqu'à elle, lui fit une bise sur le front et repartit avec trois muffins.
- James, attends !
- Peux pas, Lilou, je dois aller m'occuper des Irlandais.
- Où sont-ils ?
- Dans l'aile Sud, au premier étage, là où s'étaient installés les Champions du Tournoi l'an dernier.
- T'es devenu préfet alors ?, l'interrogea Lily.
- Si tout va bien je recevrai mon insigne ce soir devant la congrégation des préfets qui se sont illustré depuis le treizième siècle, récita James en imitant leur oncle Percy.
- Non sans blague, dis-moi.
- Je suis sous-préfet temporaire, je file un coup de main à Louis, c'est tout. D'ailleurs j'allais oublier… Tenez, c'est votre emploi du temps. On se voit plus tard Lilou !
Après avoir jeté un œil alarmé à leur emploi du temps, Lily et ses amis gagnèrent les sous-sols du château où devait avoir lieu leur premier cours de Potions de l'année. Devant la salle de cours les attendaient James et Alice ainsi que les nouveaux élèves.
- Le professeur de Potions est Madame Wine, expliquait James. Le cours durera environ une heure et demie et vous aurez ensuite quelques minutes de récréation avant d'enchainer avec un cours de…
- Métamorphoses, répondit Alice.
- On viendra donc vous chercher ici et on vous amènera dans la salle de Métamorphose.
Le pauvre il a l'air tout aussi perdu qu'hier. Enfin, il est plutôt sympa c'est déjà ça. Pas comme les cruches avec qui on partage notre dortoir, Kathleen, Hewie et moi. On n'a pas pu trop parler toutes les trois du coup, faut dire qu'il faut beaucoup de patience pour arriver à en placer une face à Amanda Damiez. La voix m'a dit qu'elle était une pipelette, mais que je l'ai répété à Amanda Damiez, elle m'a dit qu'elle ne voulait plus jamais me parler. C'est bien, ça sera reposant… Tiens nos nouveaux camarades arrivent.
- Ensuite vous irez tout simplement à la Grande Salle et l'après-midi vous aurez juste cours de Défense contre les forces du mal.
Défense contre quoi ? Les forces du mal ? C'est une blague ? Kathleen n'a pas l'air étonnée. Elle a eu le temps de potasser ses bouquins, elle. Moi je ne les ai même pas sortis de mon sac. Saperlipopette, le vrai-faux préfet me regarde bizarrement.
- Ça va aller Gwenog ?
- Pourquoi ça n'irait pas ?
- J'ai cru comprendre que tu étais née moldue.
- Elle n'est pas la seule, rétorqua Kathleen.
- De toute façon ça n'a aucune importance les filles. Ici on est tous à égalité.
Sa dernière remarque ne manque pas de faire rire une nouvelle Serpentard. Elle le regarde avec un de ces mépris… Le pauvre. Qu'est-ce que ça change qu'on soit né-moldu ? On a moins d'avance sur les autres, c'est tout, elle pourrait compatir tout de même au lieu de nous regarder comme ça. La voix me conseille de me faire passer pour une née-moldue, elle dit que ça n'expliquera pas toute ma bêtise mais que ça sauvera les meubles. J'ai regardé autour de moi, il n y avait qu'un vieux canapé, je ne vois pas l'intérêt de le sauver mais…
- Bon. Ah, vous êtes là, vous, reprit James en s'adressant aux élèves de seconde année. Le professeur Glacey nous a demandé de choisir des référents pour accompagner vos nouveaux camarades. Colin…
Celui-ci tourne la tête négativement en montrant la furie rousse de la veille. Au choix, soit elle souhaite le job et c'est pour nous martyriser, soit elle lui a interdit de faire ça et c'est pour qu'on ait personne pour nous aider. « Dans les deux cas elle ne peut pas vous voir », me souffle la voix. Pourtant elle a bien deux yeux. La voix m'explique que ça veut dire qu'elle ne nous apprécie pas. Le contraire m'aurait étonné.
- Bien. Lily et Lorcan seront vos référents.
La furie et son poteau écarquillent les yeux et perdent soudain tout leur charme. Reste à savoir lequel est le plus dégouté.
- Et chez les Serpentard… John, c'est ça ? Et toi tu es…
- Chastity, monsieur. Chastity Malbred.
- Ok, mais tu peux m'appeler James, Chastity. Vous vous occuperez d'accueillir vos nouveaux camarades, d'accord ? Ils sont où les six nouveaux Serpentard ? On ne vous a pas donné vos nouveaux uniformes ? Merlin… Bon on va faire le nécessaire. Vous six, vous restez bien avec John et Chastity, au moins la première semaine. Nous on va faire le nécessaire pour que vous ne soyez pas perdus mais c'est bien de pouvoir se référer à quelqu'un de votre classe. Et vous les Gryffondor, vous faites pareil avec Lily et Lorcan, ok ?
- Bonjour tout le monde ! Potter, vous feriez un excellent préfet !
- Bonjour professeur Wine.
Ses joues deviennent toutes rouges, c'est rigolo. C'est fou ce qu'il a l'air beaucoup plus sympa que sa sœur. D'ailleurs elle le fusille du regard. Bien fait pour toi, furie. Aller, hop, hop, on entre dans la salle de… Mais quelle horreur ! J'ai la peau qui réagit bizarrement, la voix me souffle que j'ai froid, parce que la salle est lugubre et humide. J'ai envie de me boucher le nez, aussi, un peu comme dans les toilettes du train…
- Bienvenue à tous pour cette nouvelle année ! Comme peuvent le remarquer certains anciens nous avons changé de salle afin que vous puissiez tous suivre ce cours convenablement. Je vais commencer le cours par un petit test. Vous allez vous mettre par deux et réaliser une potion d'Enflure. Mais avant tout je vais choisir moi-même les binômes. Colin Crivey et Renaud Bayard, Serena Velsen et Ludmilla Kudu, Lily Potter et Amanda Damiez…
Bien fait, ah ah ah. Je jubile et quand je croise le regard de Lily-la-furie, ses yeux semblent vouloir m'assassiner. Hey, ce n'est pas moi qui fais les binômes ! Kathleen est avec un garçon, il a un nom rigolo, la voix me dit que c'est sans doute un espagnol. C'est un ami de la furie et son poteau, un type souriant. Hewie est avec le garçon timide au visage joufflu. Et moi bien sûr je fais équipe avec un roux. Hugo quelque chose qu'il s'appelle. Il a l'air aussi ravi que moi, l'andouille. On est au premier rang en plus. Enfin… lisons plutôt les ingrédients. Racines de topinambour du Tibet, graisse d'hippogriffe, bave de serpents des marécages du Luxembourg… Et quand je regarde les images que m'envoie la voix je suis écœurée. Quelle horreur, je soupire. L'autre a l'air encore plus exaspéré.
ooOOoo
Lily n'en pouvait plus. Quel cours horrible pour commence l'année ! Ils avaient déjà vu la potion d'enflure, en toute fin d'année dernière et elle était plutôt douée dans cette matière. Mais réaliser une potion avec la calamité qu'on lui avait donnée pour partenaire était au-dessus de ses forces. Elle avait essayé de travailler silencieusement, rattrapant les fautes d'Amanda, prenant des notes pour deux, souriant au professeur Wine qui passait voir chaque binôme. Mais Amanda ne s'intéressait absolument pas à sa potion. Elle ne faisait que parler, parler et poser des questions. Sur la célébrité de son père, sur la carrière de sa mère, sur la vie sentimentale de ses frères. Et où que Lily pose les yeux, elle trouvait un de ses meilleurs amis en panique, lui aussi.
Serena avait écopé de l'autre pimbêche, Ludmilla Kudu, l'amie d'Amanda et semblait souffrir tout autant que Lily. Lorcan faisait malheureusement équipe avec un type bizarre dont les longues bouclettes devaient être plus loquaces que lui. Il était plongé dans son manuel et observait à la dérobée les faits et gestes de Lorcan qui excellait, comme à son habitude. Sébastian semblait s'ennuyer à mourir auprès de sa partenaire. Elle voulait tout faire elle-même et il ne faisait que la regarder en soupirant, notant chaque faute de sa camarade qui s'amusait beaucoup de sa potion qui était pourtant devenue irrécupérable. Colin, lui, semblait plus nerveux que jamais, David était tétanisé face à Hewie Harper et Annie était totalement troublée car elle faisait équipe avec Kendall Kent, le héros que tout le monde regardait et qui avait déjà fait fondre trois chaudrons depuis le début du cours. Mais le plus à plaindre était sans doute Hugo, le cousin de Lily qui faisait équipe avec la fille aux cheveux étranges, semblables à des branches. Le pauvre n'avait pas ouvert la bouche de tout le cours et n'avait pas quitté son regard effrayé.
- Bien. L'heure est maintenant écoulée, nous allons donc voir si… Hum. Potter, vous m'avez habituée à mieux. Et vous…
- Je m'appelle Amanda Damiez ! Je suis née en Irlande, de père…
- Et bien miss, je vous ai observée et vous ne vous êtes pas du tout intéressée à votre potion.
Habituée à mieux ? Elle est bonne en cours alors, cette furie ? Arg, la prof arrive. Il parait qu'il faut être « trop dégoûté » quand un adulte approche…
- Weasley vous faisiez équipe avec miss… Kubrick. Ce n'est vraiment pas fameux.
Le professeur Wine continua d'inspecter les chaudrons de ses élèves et ne fut ravie que devant celui de Chastity Malbred qui faisait équipe avec Keziah Kent.
- Excellent, miss Malbred. Dix points pour Serpentard.
- C'est surtout Keziah qu'il faut féliciter, moi j'ai fait une erreur en mélangeant les premiers ingrédients mais il a pu récupérer la potion.
- Très bien. Bravo à vous, monsieur Kent.
Lily ne put s'empêcher d'observer Keziah. Tout le monde avait essayé de s'asseoir au plus loin du jeune homme et Lily avait pu voir que Chastity n'était pas spécialement ravie de l'avoir pour binôme.
- Comme devoirs, vous travaillerez par groupes sur cette potion. Vous aurez un examen au prochain cours et vous avez intérêt à avoir une bonne note ! Sinon vous récolterez tous une retenue !
- Mais, professeur, nous n'avons jamais fait de Potions, nous !, implora Ludmilla Kudu.
- C'est la raison pour laquelle vous serez tous mélangés. Cette Potion est étudiée en première année, miss Kudu elle est donc parfaitement réalisable. Vos sujets ainsi que les équipes sont notés au tableau, ajouta-t-elle d'un coup de baguette.
Pratique, c'est sûr. Hop, un coup de baguette et tout s'écrit automatiquement. Alors… voyons… Sujet : « En quoi est-ce particulièrement logique de trouver ces trois ingrédients dans la réalisation de cette potion ? Argumentez et trouver trois exemples et trois contre-exemples. » Et vive l'équipe. Je garde Hugo-le-roux et j'ajoute Damiez-la-cruche et Potter-la-furie. suis ra-vie. Au moins autant qu'eux.
Les nouveaux et les anciens se fusillèrent du regard alors que les premiers suivaient James et Alice en cours de Métamorphoses et que Lily et ses amis restaient encore quelques minutes dans la cour. Pour leur plus grand bonheur, Mary et Jessy avaient suivi leurs nouvelles amies Irlandaises.
- Bon débarras, lâcha Annie qui détestait les deux filles. Vous avez vu, ce sont les seules à devoir faire leurs devoirs avec des Serpentard.
- On n'est pas mieux lotis, répondit Colin. David et moi sommes avec Harper et cet abruti de Bayard.
- Il a l'air sympa, non ?
- On voit que tu n'as pas été avec lui. Il n'a pas arrêté de parler de son père.
- Qui est ?
- Le chevalier Bayard, chevalier de la cour du Prince d'Irlande, singea Colin. Quel vantard ce type.
Lily fut étonnée du ton méprisant de Colin. Elle restait persuadée que comme sa famille, Colin vouait une adoration sans borne pour les gens célèbres. En continuant leur conversation, il s'avéra qu'il aurait seulement préféré être avec Kendall. En effet, Colin ne parlait que de l'arrivée du nouveau héros qu'il ne cessait de comparer à son frère.
- Il parait qu'ils sont jumeaux. Vous y croyez, vous, franchement ? Quand je pense qu'on l'a autorisé à intégrer Poudlard.
- Il n'a pas l'air si effrayant.
- Détrompe-toi Sébastian, Keziah Kent a déjà été emprisonné pour mauvais agissements. Il est dangereux. Très dangereux. Mieux vaut l'avoir à l'œil.
En regagnant leur classe de Métamorphose, Lily prit doucement le bras de Serena. Celle-ci était silencieuse depuis qu'elle avait appris qu'elle devrait travailler son devoir avec Ludmilla, Annie et Kendall Kent.
- Ce n'est pas de veine, c'est sûr, compatit Lily à voix basse.
- Annie me déteste ! Ça va être l'horreur. L'autre, là, Kudu est vraiment bête. Et Kent… Franchement je me demande si tout ce qu'on dit sur lui est vrai. Sans rire, il a l'air aussi doué qu'un véracrasse.
- Courage ma belle, tu aimes bien la métamorphose…
- On va encore être séparées…
Le professeur Glacey avait en effet pour habitude de mélanger ses élèves et il ne dérogea pas à la règle. Lily passa donc l'heure suivante à tenter de métamorphoser un scarabée en bouton de manchette devant la mine revêche de deux nouvelles filles de Serdaigle.
Annie, au contraire s'amusait comme une folle. Elle partageait son cours avec son amie Rita Evans qui lui présenta une nouvelle à l'air sympathique, Macy Packard.
- Parfait, miss Evans, dix points pour Serdaigle et dix points pour Gryffondor, miss Londubat ! Essayez maintenant de transformer vos scarabées en boutons de manteau, c'est nettement plus difficile mais…
Non mais c'est une blague ? A quoi ça sert tout ça, sérieux ? Mince, les deux garçons avec qui je fais équipe me regardent bizarrement. Ça m'apprendra à penser à voix haute.
- La Métamorphose est un art délicat, expliqua patiemment Lorcan. Il faut commencer avec de petits objets et de petites créatures pour apprendre plus vite. Dans quelques années on pourra métamorphoser des choses plus grandes, tu comprends ?
Ça va je ne suis pas complètement courge non plus. Le poteau-de-Potter n'en est pas si sûr lui, vu comme il regarde par ici. En plus on a récolté l'idiot du village comme partenaire, j'ai nommé Bayard-le-conquérant. Hugo-le-roux, mon ex partenaire de Potions n'arrête pas de le regarder. Il semble si fasciné par Bayard que ça fait deux fois que monsieur-le-professeur-à-l' air-sévère le réprimande.
ooOOoo
La pluie tombait drue sur le parc. Scorpius Malefoy lâcha un soupir en resserrant les pans de sa cape. Il détestait la pluie. Elle le décoiffait et menaçait l'éclat de ses vêtements, toujours élégants et soignés. Non loin de lui, Albus Potter paradait au milieu de sa cour, même s'il jetait quelques regards furieux vers Scorpius.
- T'aurais bien aimé être nommé référent de la classe mais c'est moi qui ai eu le job, marmonna Scorpius, plutôt fier de lui.
- Tu parles tout seul, Malefoy ?
Scorpius fit volte-face. Rudy Higgs s'était détaché des autres Irlandais qui avaient été répartis dans la classe de Scorpius et s'arrêta tranquillement à ses côtés.
- J'étais impatient de le découvrir, continua-t-il en désignant Albus du regard. Mais je suis déçu. Bien moins intéressant que ce que j'imaginais. Toi, en revanche, tu l'intéresses. Il n'arrête pas de te reluquer. Et son frère, le Potter de Gryffondor semble t'avoir à la bonne. Je l'ai vu te sourire ce matin. Pourquoi ?
- Albus devait être derrière moi...
- Tu sais bien que non, Scorpius. Il te sourit comme si vous étiez amis. Et si je l'ai vu, d'autres peuvent également le voir.
- Et ? Tu vas me dénoncer ? Tu vas profiter de la fusion des disciples des Zigaro Anglais et Irlandais pour cracher le morceau ?
- Tu ne devrais pas balancer leurs noms, souffla Rudy Higgs en regardant autour de lui, méfiant. Nombreux sont ceux qui ignorent l'implication des Zigaro.
- Je m'en fiche.
- Qu'est-ce qui te prend, Malefoy ? Tu tournes le dos aux puissants, t'es pote avec James Potter...
- Je ne suis pas « pote » avec J... Potter, comme tu dis. Et je ne tourne le dos à personne. Mais j'en ai ma claque d'obéir bêtement à des ordres tout aussi stupides.
- Je comprends. J'ai eu la chance d'être nommé Coquatrix assez tôt, rapport à ma mère qui a engagé Tom Zigaro au ministère. J'ai une certaine influence sur eux, je peux toujours...
- Non. Personne n'a d'influence sur eux. Laisse-moi gérer mes problèmes.
- Les amis partagent leurs problèmes.
- Les Malefoy n'ont pas d'amis, Higgs. Seulement des alliés. Et c'est là ce que nous sommes.
Rudy Higgs hocha la tête, docile. Ils se connaissaient depuis l'enfance, avaient eu le même précepteur, la même éducation. Les Higgs avaient eu une certaine renommée, sans doute pas autant que les Malefoy, mais leur richesse et leur noblesse étaient connues de tous. Avant la chute de Voldemort, tout du moins.
La mère de Rudy, fatiguée des persécutions des Aurors, avait constamment peur. Un trait de caractère dont n'avait pas hérité Rudy, qui s'accommodait de chaque problème avec un calme défaitisme. Il n'était pas dépourvu d'humour et de joie mais Scorpius n'avait pas suffisamment confiance en lui pour en faire son confident. Scorpius n'était pas de ceux qui ont la chance de pouvoir compter sur un meilleur ami. Et, en ça, il n'aimait pas ce qu'il voyait.
James et Maël marchaient en silence non loin de lui. En silence et sans se regarder. Comme séparés par une barrière invisible.
Et lorsque le premier gagna l'intérieur du château, il ne s'aperçut nullement que son meilleur ami repartait en sens inverse. Scorpius suivit longtemps Mael Thomas du regard, maudissant ces deux adolescents qui semblaient oublier ce qu'ils avaient de plus précieux au monde.
ooOOoo
James et Alice patientaient dans la cour de métamorphoses sous un abri de fortune. Si le garçon prenait des notes sérieusement en vue de ses nouvelles missions de préfet, Alice soupira en s'asseyant contre le mur de pierres brutes.
- La semaine fait que commencer que je rêve qu'elle se termine, grogna Alice. Je ne sais pas comment font les préfets en temps normal.
- C'est exceptionnel Alice, y a pas tant d'élèves d'habitude.
- Hum. On a hérité des plus chiants en tout cas. Entre les deux pimbêches et le muet…
- Monsieur bouclettes ? J'ai entendu Gwenog l'appeler comme ça, ajouta James en souriant.
- Gwenog c'est la rousse qui ne sait pas se coiffer ?
- Ouais. Je la trouve marrante.
- Elle ne parle pas beaucoup.
- Ouais mais elle m'intrigue. Elle semble toujours tout étudier mentalement, tu sais, elle regarde tout et tout le monde…
- Tu penses quoi de Kent ?, coupa Alice.
- Aucune idée. Faudra le surveiller bien sûr, il ne va pas se faire que des amis ici… Mais il a l'air plutôt discret. L'autre a l'air sympa, le blond tu sais…
- Bayard? C'est fou ce qu'il te ressemble.
- Tu trouves ? Mais il est tout petit…
Alice éclata de rire. Merlin, qu'elle adorait son meilleur ami. Et qu'il était facile de le charrier… Il ne s'en formalisa pas et sortit pour la dixième fois de la journée son emploi du temps. Un emploi du temps bien fourni, qui faisait apparaître toutes les matières qu'il pouvait continuer d'étudier en vue de ses résultats de Buses.
- On a Etudes Moldues cet après-midi. Tu continues ?
- Non, répondit Alice en secouant la tête. Le niveau va s'intensifier et j'ai fait le tour de cette matière.
- On ne va pas être nombreux, songea James.
- Y aura sans doute que Mael et toi. Franchement James, je ne comprends pas pourquoi tu continues autant de matières.
- J'ai laissé tomber les Runes et la Divination quand même.
- Tu as hésité pour les Runes et normalement tu n'étais pas censé passer les Buses de Divination. La plupart des élèves gardent seulement quatre ou cinq matières en sixième année. Déjà qu'on a le mémoire… Moi j'ai décidé de ne garder que les matières importantes. Métamorphose, Défense, Sortilèges, Botanique et Arithmancie.
- C'est tout ?, s'étonna James. Et l'Histoire ?
- Ah non, Merlin, je suis heureuse de m'en débarrasser !
- Et l'astronomie ? Et Hagrid ?
- Cinq matières c'est bien suffisant. Sérieux, James, tu ne pourras jamais tout faire ! Garder le cours d'Hagrid, sérieusement ? T'es fou…
- Je croyais que tu voulais devenir Auror ?
- Je n'en sais rien encore, soupira-t-elle.
- Garde les Potions alors. Si un jour tu te décides à faire Auror, il ne faudrait pas que ça te manque.
- Je déteste les Potions… Ah ! Les demi-portions sortent ! Aller, les nouveaux, suivez-nous, on retourne à la Grande Salle ! Il n'y a personne pour les Serdaigle ?, s'énerva Alice.
- Si, Nalani arrive, l'apaisa James.
Telle une fusée, Nalani arrêta sa course devant la porte, jetant un regard plus que bref à ses amis.
- Salut les gars, par ici les nouveaux Serdaigle ! Toi, range ta baguette, première règle pas de magie dans les couloirs ! On y va ! Ouf, j'ai cru ne jamais y arriver, ajouta Nalani à voix basse. J'ai laissé Keanu se débrouiller avec les nouveaux de quatrième année. Y en a un qui veut à tous prix changer de maison, je ne vous raconte pas le bordel.
- Heureusement que Gash a annulé son cours, répondit James.
- Oui. Enfin, je ne suis pas sûre de continuer à suivre ses cours alors…
- Quoi ? Tu n'envisages quand même pas de laisser tomber la défense ? Nalani…
- On ne peut pas tout suivre non plus, j'aimerais ne garder que cinq matières au plus alors… Voilà, on est arrivé, ne vous éparpillez pas, s'il vous plait ! Bon app' vous deux, à plus ! Tiens, salut Mael, ça va ?
- Oui et toi ?
Le visage de Mael qui venait de s'éclairer comme chaque fois qu'il parlait à Nalani s'assombrit. Celle-ci n'avait même pas attendu sa réponse et il en fut déconfit. La veille il avait remarqué deux nouveaux élèves qui, à peine arrivés d'Irlande, avaient fait la cour à Nalani et le jeune homme avait décidé de laisser de côté sa colère pour se montrer plus aimable avec la jeune fille. Mais celle-ci ne semblait pas avoir oublié leur querelle. Les trois amis rejoignirent Louis et les autres à la table de Gryffondor où Fred s'énervait de voir qu'aucun nouvel élève de sixième année n'était présent.
- Ils doivent passer des sortes d'examens pour évaluer leur niveau et voir quelles matières ils vont pouvoir suivre, leur apprit Louis. Ça s'est bien passé avec les jeunes ?
- Aucun problème, répondit James. Ils sont juste dégoûtés de leurs premiers devoirs, ajouta James. Il va falloir qu'ils s'accrochent pour rattraper leur retard.
- Justement, parait qu'ils vont mettre en place des sortes de cours de soutien. Briscard a parlé de Nolan et toi pour les Gryffondor.
- M-m-moi ?, s'étonna James.
- Ça va ils ont un emploi du temps assez léger, tu pourras…
- James veut continuer tous les cours, leur apprit Alice.
- Pas tous les cours, rétorqua James.
- Sauf les Runes, pardon, ironisa Alice.
- Moi aussi j'aimerais bien en continuer certains mais franchement, James… ça va être compliqué.
Le problème de James c'est qu'il ne savait justement pas sur quelques cours se concentrer. Il ne pouvait arrêter les matières principales qui étaient demandées dans les cursus internationaux et il ne voyait pas comment arrêter l'Histoire de la Magie qui lui apportait beaucoup de connaissances.
- Lâche les options, proposa Alice.
- Tu ne pensais pas continuer le cours d'Hagrid, si ?, s'étonna Mael.
James était-il donc le seul à vouloir continuer ce type de cours ? James adorait les cours de Rubeus Hagrid, ceux-ci se déroulaient en extérieur et James y apprenait toujours beaucoup de choses, le niveau n'y était pas très difficile et la quantité de devoirs était raisonnable.
- Tu adores ce cours, Mael, je pensais que…
- Ouais ben y a des trucs qu'on adore quand on est gamins et qu'on aime beaucoup moins en grandissant, c'est comme ça. T'as qu'à lâcher l'Arithmancie, ça ne te servira jamais à rien. Moi c'est simple, j'ai besoin de cinq ASPICS validés pour être accepté au département des liaisons Sorciers-Moldus, dont un obligatoire en Etudes Moldues. Je prends juste quatre cours en plus et c'est tout.
Le ton froid et détaché de Mael ne surprenait pas vraiment James, qui s'était attardé sur la première phrase de Mael. Celle qui le blessait. Celle qui lui laissait entendre que leur amitié n'était peut-être qu'une histoire de « gamins », une histoire vouée à évoluer dans le mauvais sens.
- Weasley, vous avez fini de manger ?
Louis, qui venait à peine de se servir lança un regard déçu au professeur Glacey. Et James entrevit la parfaite échappatoire.
- Laissons-le souffler un peu, professeur, je peux…
- Bien, suivez-moi Potter ! Nous allons récupérer la fiche de titularisation dans le bureau du directeur et ensuite vous irez en afficher une dans chaque salle commune. Au fait, Potter, nous allons mettre en place des cours de soutien pour les nouveaux élèves de deuxième année. Leur apprendre seulement les bases à partir du programme effectué par les professeurs. J'ai pensé à vous et Donovan.
- Mais, professeur… j'ai bien regardé notre emploi du temps et… Franchement entre les cours et le quidditch…
- Quelles matières conservez-vous ?
- Toutes, sauf l'Etude de Runes Anciennes.
- Dommage, vous étiez doué dans cette matière.
- Mais…
- Si vous arrêtez les Etudes Moldues vous aurez vos fins d'après-midi libres et vous pourrez ainsi vous consacrer à vos entrainements et aux cours de soutien. Qu'en disent vos parents ?
- Aucune idée. Je n'ai pas de nouvelles depuis que j'ai repassé mes Buses.
- Je vois, acquiesça le professeur Glacey. Dans ce cas je vais observer plus en détail votre dossier et vos notes, et je vous donnerai mon avis sur la question. Je demanderai sans-doute leur avis aux professeurs Gash et Glacey…
- Vous êtes assez occupé comme ça, professeur.
- Ecoutez James, je suis heureux quand je vois des élèves investis et sérieux mais vous, vous êtes particulier. Vous êtes très doué et vous avez fait beaucoup de progrès depuis votre arrivée ici. Tant dans les cours que par votre comportement. Je n'accepterai pas qu'on puisse remettre cela en question. Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Ganesh !
Keanu Ganesh, préfet de Serdaigle et ami de longue date, lança à James un regard éreinté avant de se tourner vers leur professeur de métamorphoses.
- Professeur… Toujours le même problème avec ce nouveau Weasley. Il prétend que le Choixpeau s'est trompé est que sa place est à Gryffondor et non à Serdaigle.
- Je croyais que nous avions réglé ce problème, Ganesh !
- Louis Weasley et moi lui avons parlé mais rien n'y fait. Il continue de…
- Potter, allez directement dans le bureau du directeur. Le mot de passe est « Chevalier en E5 ». Il vous donnera les documents que vous irez afficher dans les salles communes. Dépêchez-vous !
James n'osa pas répondre au professeur Glacey et se mit en chemin en pressant le pas. Il ne fallait pas perdre de temps s'il voulait arriver à l'heure en cours. Arrivé devant le bureau du professeur Briscard, il donna le mot de passe à la gargouille et emprunta l'escalier en colimaçon. Dans le bureau, il interrompit une conversation entre les professeurs Briscard et Patrick, ancienne directrice de l'école d'Irlande.
- Bonjour Potter. Déjà une retenue ?
- Non, monsieur le directeur. Le professeur Glacey m'a demandé de venir chercher…
- Oui, bien sûr, les fiches de titularisation. Tenez. Un problème, Potter ?
- Euh… Je ne connais pas les mots de passe des autres maisons.
- Ce n'est pas mon problème. Vous verrez cela avec les élèves.
James profita de la discrétion de l'escalier descendant pour jeter un coup d'œil à la liste des tutelles de mémoire des élèves de sixième année. Le professeur Ganesh l'avait accepté sous sa direction, tout comme Aldo Macmillan et Nolan. Il vérifia que ses amis avaient bien été acceptés par leurs professeurs et partit en direction de la salle commune la plus proche, celle de Poufsouffle.
- Monsieur James ici !, s'écria un petit elfe enjoué en sortant des cuisines.
- Bonjour Yanji, comment vas-tu ?
- Bien monsieur James. Mais que fait monsieur James dans cette partie du château ?
- Et bien je dois me rendre dans la salle commune de Poufsouffle, pour y remettre cette liste. Tu n'aurais pas vu Oscar Dubois ou Susie Finnigan ?
L'elfe fut particulièrement désolé de ne pouvoir l'aider et partit dans un monologue sans fin, se remémorant la nuit qui avait suivi le Bal de Noel du tournoi où James et Mael avaient dû nettoyer toute la Grande Salle sous l'œil vigilant de Yanji. Celui-ci assura également à James qu'il était le digne filleul de sa marraine Hermione et rendit un bel hommage à cette dernière.
Heureusement et après plusieurs minutes d'écoute polie, James vit Yanji regagner ses cuisines pour aider à préparer le repas du soir. Et bien sûr, James ne savait toujours pas comment entrer dans la salle commune de Poufsouffle.
Faute de mieux, il se déplaça au travers des plus proches couloirs, à la recherche d'élèves de Poufsouffle de sa connaissance et sourit en reconnaissant un jeune Irlandais de son âge.
- William ! Salut ! Ça va, cousin ?
- Ouais, rigola William Weasley. J'ai rendez-vous avec Oscar Dubois. J'ai été nommé référent des nouveaux Poufsouffle. Cette blague… Les pauvres profs sont vraiment dépassés par les évènements et on ne peut pas dire qu'on leur facilite le boulot. Mon cousin Dempsey, le frère d'Elton et Anton, fait tout ce qu'il peut pour changer de maison.
- J'en ai entendu parler oui.
- Il veut rejoindre Elton à Gryffondor. En plus il a rencontré une de tes cousines, Rose, je crois et ils ne s'entendent vraiment pas bien. Selon lui elle est beaucoup trop sérieuse pour être une Weasley.
- Elle tient surtout de sa mère, Hermione. Ne parle surtout pas d'elle ici, les elfes de maison lui vouent un véritable culte, ajouta-t-il en chuchotant d'un air malicieux.
- Figure toi que ma mère aussi la vénère ! Elle a suivi toute sa carrière et rêve de la rencontrer !
- Ça devrait être possible, non ? On devrait organiser une sorte de repas de famille…
- Elton et un de tes cousins planifient ça, en effet.
- Cool alors. Au fait, tu n'aurais pas le mot de passe ? Faut que j'affiche ça et…
- Bouillabaisse et croûtons ! Voilà, cousin.
James, qui avait déjà visité la salle commune de Poufsouffle lorsqu'il sortait avec Susie, retrouva avec joie l'ambiance chaleureuse qui y régnait. Il s'amusa des immenses fruits qui gardaient avec dévotion l'entrée des différentes chambres et profita du retard d'Oscar pour expliquer à William les formalités du mémoire à préparer et de la recherche d'un professeur tuteur.
- Tu verras, ce n'est pas très compliqué. Tiens, voilà Oscar ! Dis-moi mon vieux, tu n'aurais pas vu Nalani ou Keanu ou un préfet de Serpentard ?
- Pour le mot de passe ? Non, désolé James. Mais je reviens du parc et ton frère et ta cousine ont bientôt fini leur cours de Botanique, tu les rencontreras certainement dans le hall d'entrée.
- Chouette, merci Oscar, tu me sauves la vie.
James remonta tranquillement jusqu'au hall d'entrée où il put observer les élèves de quatrième année de Serdaigle et Serpentard revenir des serres sous la pluie. Les premiers élèves entrèrent et l'une d'elles stoppa net en voyant James.
- Salut Potter, fit-elle d'une voix langoureuse.
- Potter ?, s'étonna une Irlandaise. C'est l'autre fils de Harry Potter ?
- Oui, c'est James. Ça va James ?, demanda-t-elle en réajustant l'écharpe de celui-ci.
James se demanda s'il connaissait la jeune fille et se rappela qu'elle était dans la même classe que Rose et Natasha. Celle-ci n'avait pas perdu un mot de sa camarade et passa devant James sans un regard. Sally-Ann Perks non plus n'en avait pas perdu une miette et se retenait à grand mal d'éclater de rire.
- Oui, comment va-t-il ce beau roudoudou de James Potter ?, demanda Sally en copiant la voix douce de la fille dont James ne connaissait le nom.
Après avoir fait mine de courir après Sally, James resta seul avec Albus et Rose. Avec toute l'agitation de la rentrée ils ne s'étaient que peu croisés ces derniers jours.
- C'était qui, elle ?, demanda-t-il en montrant les deux jeunes filles qui continuaient de le fixer.
- La première c'est Fiona Barber, soupira Rose. Elle est dans ma classe et c'est une vraie plaie. Ne t'avise surtout pas de sortir avec elle.
- Aucun risque !
- L'autre c'est Dalila Abgar. Une nouvelle.
Le ton qu'avait pris Rose signifiait à merveille l'affection commune qu'elle portait à ses deux camarades.
- Comment ça se passe avec les nouveaux, justement ?, s'enquit James.
- Eh bien il faut se montrer accueillants et compréhensifs, bien sûr, commença Albus, en mode « pile ».
- On a hérité des pires je pense, coupa Rose. T'es au courant pour les Weasley ? On en a un à Serdaigle. Un fou. Il veut à tout prix changer de maison et…
- Dempsey ? Ouais j'en ai entendu parler.
- En attendant le cours de Neville il est venu nous parler. Il ne comprend pas comment le fils d'Harry Potter et la fille d'Hermione et Ron Weasley peuvent ne pas être à Gryffondor. Il a passé le reste du cours à nous fusiller du regard…
- Et l'autre ?
- On n'a pas d'autres Weasley en quatrième année, éluda Rosa.
- Ben si, les Bell !
- Les belles ?
- Bell. La cousine de nos parents a épousé un type, Bell et je croyais qu'il y avait un de ses fils à Poufsouffle…
- Oh !, s'écria Rose. Ce type qui ressemble beaucoup à oncle Charlie !
- Voilà. Je crois qu'il s'appelle Mery.
- Il est à Poufsouffle ! Oh pourquoi a-t-on écopé de ce Dempsey et pas de lui… Mery a l'air si…
- Et toi Al, ça va ?, s'enquit James en se tournant vers son frère qui avait l'air ailleurs.
- Hum ? Ouais, je dois y aller, James, on se voit plus tard.
- Attends, Al, tu vas dans ta salle commune, là ?
Albus patienta, préférant que le dernier élève autour d'eux disparaisse, ignora Rose qui continuait à marmonner à propos des Irlandais et se tourna vers son frère. En mode face.
- Je ne vois pas pourquoi je te répondrai, je n'ai aucun compte à te rendre.
- J'ai juste besoin du mot de passe de la salle commune de Serpentard, Albus, je dois y déposer…
- Ah oui. Tu es préfet maintenant, se rappela Albus avec dédain. J'ai envoyé une lettre aux parents pour leur expliquer que tu avais supplié Glacey de te nommer.
Un grand éclat de rire fit trembler le plus jeune des frères Potter. James fronça les sourcils, reconnaissant la voix, l'odeur et la démarche de celui qui sortait de l'ombre pour les affronter. Mais il ne reconnaissait en rien son meilleur ami dans ce Mael froid et distant qui se positionnait à ses côtés.
- Et tu leur as dit que le professeur Slopa avait voulu te nommer toi mais que dans ta grande mansuétude, tu as préféré laisser ta place à Scorpius Malefoy ?, railla Mael. C'est ton côté « petit héros qui tend la main vers les enfants de Mangemorts » ? T'as pas bientôt fini de prendre ton frère pour un strangulot ?!
Albus réagit à peine, et pour cause, il fixait le plus discrètement possible Scorpius Malefoy et son nouvel ami, Rudy Higgs, qui conversaient devant les grandes portes du hall d'entrée. Albus ne voyait pas d'un bon œil le rapprochement soudain du jeune homme avec Scorpius Malefoy. C'était avec lui que devait discuter Scorpius Malefoy, et non cet Irlandais au nom sali par la magie noire. C'était lui qui avait tout à apporter à Scorpius Malefoy, tous les honneurs, la célébrité, une vie de prestige qu'un fils de Mangemort ne toucherait jamais que de loin sans le soutien du fils du Survivant.
Ses pensées s'envolèrent dès que Rose entra dans son champ de vision, abasourdie, agitée, par la scène qui se déroulait près d'eux. Même Scorpius Malefoy et Rudy Higgs interrompirent leur conversation pour les dévisager avec surprise.
- …pas marre que ce crétin te prenne pour un idiot ?
- Ne parle pas d'Albus comme ça.
- Il faut bien que quelqu'un intervienne puisque tu te laisses marcher dessus ! Il te jetterait un impardonnable que tu le laisserais faire, James !
- Tu n'as pas à intervenir, justement, Mael, c'est entre Albus et moi.
Si la voix de James restait calme, elle n'en demeurait pas moins ferme, maintenant une distance entre ceux qui avaient antan été si unis qu'ils en paraissaient inséparables. James baissa la tête, essayant de calmer les battements de son cœur qui s'affolait.
- Je vois, déclara Mael. Je saurai rester à ma place, désormais.
Il leur tourna le dos, s'enfuyant vers les escaliers d'une démarche pressée. James se passa une main lasse dans son épaisse chevelure, confus. Ils ne s'étaient jamais parlés ainsi, jamais disputés. Le ton ne montait jamais entre eux, ils n'en avaient jamais eu besoin pour se comprendre.
James avait cette impression étrange d'arriver à un carrefour. Derrière lui, il y avait ce petit chemin ensoleillé, semé de petites embuches qui étaient désormais derrière lui. Ce chemin, ils l'avaient emprunté ensemble, avec Mael. Devant eux, pléthore de voies, d'allées brumeuses, inconnues, attirantes. Un avenir dont ils ne savaient rien, et qu'ils découvriraient peut-être chacun de son côté. James n'était pas sûr d'aimer cette idée. Mais il était certain qu'il ne voulait pas revenir en arrière.
- Il souffle un vent de changement, conclut Albus avec un sourire énigmatique. Le changement apporte de bonnes choses, comme nous venons d'en être témoins, mais se doit d'être mesuré. Tu seras toujours là pour moi, pas vrai ?
- Bien sûr, Al. Je t'aime, tu le sais, tu es mon frère.
- Ouais. Un changement mesuré, répéta Albus l'esprit déjà ailleurs. Niger Ater, ajouta-t-il d'une voix éteinte en s'éloignant de son frère et de sa cousine.
- J'imagine qu'il s'agit du mot de passe pour entrer dans la salle commune de Serpentard, soupira James, sceptique. Il est bizarre, tu ne trouves pas ?
- Ton frère est toujours bizarre, James. Je dois y aller, la pause est bien entamée et je dois aller chercher mon manuel de Métamorphoses, je l'ai oublié et…
L'échappatoire idéale. S'éloigner de l'antre des Serpentard, et ainsi oublier Albus. Gravir les étages vers la tour de Serdaigle, et ainsi oublier Mael. Accompagner Rose, et ainsi multiplier les chances de revoir Natasha.
- Je t'accompagne. Alors comme ça tu oublies tes livres ? Ça ne te ressemble pas, Rose, y aurait-il un garçon derrière tout ça ?
- Tu n'as pas cours ?
- Si mais je dois faire le tour des salles communes pour afficher un truc pour les élèves de sixième année.
- Ah oui tu es préfet maintenant, se moqua Rose. J'ai croisé Lucy tout-à-l 'heure, elle m'a raconté. On a bien rigolé d'ailleurs. Elle aussi a été nommée préfet temporaire mais elle doit juste s'occuper d'une nouvelle, une Weasley justement.
- Veronica, oui. Elle a l'air cool. Mais ne change pas de sujet, ma Rosie… C'est qui le garçon qui te trouble assez pour oublier un manuel, hein ?
James avait noté que les joues de sa cousine avaient rosies et n'arrêta pas de la taquiner à ce sujet jusqu'à ce qu'ils arrivent devant la salle commune de Serdaigle, où se tenait justement Natasha.
- C'est Franck, c'est ça ? Franck Londubat ?
- Arrête James !
- Mais dis-moi, supplia-t-il.
- Rose, enfin, s'écria Natasha. Qu'est-ce qu'il fait là lui ?
- Il doit afficher un truc dans la salle commune. Tu m'attends ?
- Je ne suis pas encore rentrée, je n'arrive pas à répondre à cette fichue énigme.
- Enigme ?, s'étonna James.
- Pour entrer dans la salle des Serdaigle il ne faut pas donner un simple mot de passe, il faut répondre à une énigme, expliqua Rose avant de se tourner vers le heurtoir qui gardait précieusement l'entrée de la salle commune des aigles. Bonjour, Pouvez-vous m'énoncer l'énigme ?
- Mon premier est un animal, Mon second est un animal, Mon troisième est un animal, Mon quatrième est un animal, Mon tout est un animal. Qui suis-je?
- Quoi ?, s'étonna James. Il vous fait le coup à chaque fois ? Je veux dire… Vous êtes obligées de répondre à…
- Oui, le coupa Natasha, énervée. Aide-nous au lieu de poser des questions idiotes.
Les aider, il n'était pas contre, bien au contraire, il n'attendait que ça. Mais il n'avait absolument aucune idée. Surtout sans indice.
- Euh… Bonjour. Je ne suis pas un élève de Serdaigle mais je dois déposer un document dans la salle commune et… Pourrions-nous avoir un… quelques indices ?
- Mon premier est un animal qui vit dans les bois. Mon deuxième est un oiseau. Mon troisième est un oiseau noir qui vole les objets brillants. Mon quatrième est un poisson d'eau de mer. Mon tout est un animal. Qui suis-je ?
- Ahh, j'en ai marre, enragea Natasha.
- Mais non, on va y arriver, répondit James d'une voix douce. Laisse-moi me concentrer… Ce sont des animaux moldus, j'imagine ? Sinon les enfants nés moldus ne pourraient pas y répondre ? Ok… le troisième est un oiseau qui vole, ça ne peut être qu'une pie. Le dernier c'est certainement… Oui… Ça se tient… Le Serpent Python ?
Le passage s'ouvrit sous le regard surpris de Rose et Natasha et James se sentit assez fier de lui. Mais il avait eu de la chance et il n'aurait pas aimé devoir répondre à une énigme ou une charade à chaque fois qu'il rentrait dans sa salle commune.
Il se dépêcha de trouver le panneau d'affichage, tout en jetant des regards émerveillés autour de lui. La Tour de Serdaigle était absolument…
- James ? Mais… Que fais-tu ici ?
Il eut du mal à décrocher son regard des élégantes arcades que formaient les fenêtres et de la vue imprenable qu'elles offraient sur le terrain de quidditch et les montagnes environnantes.
Nalani se tenait devant lui, un air perplexe clairement affiché sur son visage, sa peau mate marquée de lourds cernes, ses yeux bruns orphelins de l'éclat de malice qui y brillait antan.
James amorça un léger sourire teinté d'inquiétude et de compassion. Il aimait sincèrement la jeune fille, qu'il avait toujours vue comme sa « future-belle-sœur », accrochée au bras d'un Mael plus heureux que jamais. Parfois, dans les plus secrets de ses rêves, James imaginait comment la vie serait belle, plus tard, si Nalani et Mael finissaient par se trouver.
Aimant Mael de toute son âme, il ne pouvait songer qu'une femme puisse lui préférer un autre homme, et il aimait tellement Nalani qu'il n'aimait pas ce qu'il voyait, une Nalani si peu fidèle à elle-même, en proie à une tristesse qu'elle préférait lui taire. Elle se contenta de hausser les épaules, pour clore toute tentative, et il acquiesça, non sans ressentir quelques regrets.
- Devoirs de préfets, lâcha-t-il en bombant exagérément son torse pour tirer à son amie un maigre sourire. C'est vraiment… magnifique ici.
Il se déplaça légèrement, gagnant le centre de la vaste pièce circulaire. Où qu'il pose ses yeux, ce qu'il voyait l'ébahissait. Les tentures de soie bleue et bronze, le dôme au-dessus de lui, parsemé d'étoiles, la bibliothèque en ivoire rose, la statue en marbre blanc de Rowena Serdaigle…
- Tu n'étais jamais venu ?
Satisfait d'avoir fait naître son intérêt et son sourire amusé, James se rappela les temps anciens, où, alors âgés de onze ou douze ans, ses cousins, Mael et lui parcouraient tant le château qu'ils en avaient acquis la réputation d'avoir contemplé les quatre salles communes de Poudlard.
- Non, jamais, confia-t-il, sur un ton d'aveu.
Nalani hocha la tête, avec un semblant de nostalgie. Elle prit la fiche de titularisation que James tenait toujours et l'envoya vers un élégant panneau d'un coup de baguette avant de secouer la tête avec résignation.
- Je dois y aller, tu me suis ?
Alors qu'il quittait la Tour de Serdaigle avec beaucoup de regrets, James repensa au regard froid de Mael et profita de se retrouver seul avec Nalani pour la questionner sur sa relation avec Fred. Mais alors qu'il se pensait relativement discret, Nalani ne l'entendait pas de la même manière.
- Serais-tu en train de me proposer de sortir avec toi, James ?!
- Quoi ? Non ! Non, pas du tout, je t'assure.
- Alors pourquoi tu n'arrêtes pas de me dire que Fred et moi…
- Parce que Potter est célibataire et qu'il cherche à remplir son tableau de chasse, coupa Natasha d'une voix froide en passant devant eux.
- Ça ne s'arrange pas entre vous deux, remarqua Nalani en regardant Natasha s'enfuir à grandes enjambées. Bon, je retourne à mes occupations de préfète. A plus, James !
Celui-ci se dépêcha de descendre aux sous-sols du château où se trouvait la salle commune de Serpentard. Il s'y était si souvent rendu, lors de sa première année à Poudlard, pour raccompagner Juliet Hawkes, qu'il connaissait le chemin par cœur et ne pensa pas à prévenir quiconque qu'il y allait. Au moment de prononcer le mot de passe, il fut soudainement prit d'un doute. Et s'il tombait sur un disciple des frères Zigaro ou simplement un élève bagarreur ? Pour nombre des Serpentard, qui ne le connaissaient qu'au travers d'articles le dépeignant comme « un cogneur de Serpentard », il était un élève instable et violent dont il fallait se méfier.
Il n'avait pas vraiment peur, il était prêt à prouver sa non-violence, mais le fait que seul Albus sache où il était ne le rassurait guère. Bien que cela le chagrine, la confiance aveugle qu'il avait autrefois prêtée à Albus s'était largement amoindrie. Mais l'heure tournait et il ne voulait pas arriver en retard à son cours d'Etudes Moldues, alors il inspira un bon coup et récita le mot de passe.
- Niger Ater !
La salle commune des Serpentard était vide, ses pas raisonnaient lourdement sur les dalles de pierres verdoyantes. James fut soulagé de quitter les lieux et de rejoindre le couloir le plus proche. Mais quelqu'un l'y attendait.
- On peut savoir ce que tu faisais ici Potter ?
James identifia sans mal la voix fuyante de Scorpius, mais son ton, acéré, le surprit.
- Potter ?, releva James. Ça ne va pas, Scorpius ?
Près de Scorpius, trois Irlandais récemment répartis à Serpentard le jaugeaient du regard. Un regard loin d'être avenant. Scorpius se contenta de calquer son attitude sur la froideur de ses nouveaux camarades, et James sentit pleuvoir sur lui une douche glaciale de dédain.
- Devoir de préfets, se justifia-t-il. On m'a demandé d'afficher un document important.
- Quelle ironie, n'est-ce pas ?, lâcha l'un des Irlandais d'une voix doucereuse. Le brave Potter qui s'occupe de la besogne. Fais bien attention à toi Potter, si tu décidais de revenir ici, il se pourrait qu'il t'arrive malheur.
- Pourquoi dis-tu cela ?, répondit James en essayant de garder son calme.
- Le vent tourne et toi et ta sale vermine serez les premiers au courant.
- C'est une menace ?
- Un avertissement. Tu comprendras bientôt pourquoi.
En effet la vie de James s'apprêtait à changer. En tous points. Il ne se doutait pas, alors qu'il rejoignait Mael devant la classe d'Etudes Moldues, qu'il s'apprêtait à suivre son dernier cours en parfaite quiétude. L'ultime.
ooOOoo
Le silence était lourd. Plus lourd que d'ordinaire, dans la bibliothèque de Poudlard. Quelques livres volaient au-dessus de leur tête, mais ni James ni Maël n'y prêtait attention. Eux qui n'arrivaient jamais à travailler sans se parler, eux qui s'échangeaient des sourires et levaient souvent la tête à la recherche d'amis qui pourraient les rejoindre, étaient désormais assis l'un en face de l'autre, têtes résolument baissées pour éviter toute discussion.
Ils tournaient les pages régulièrement, avec discrétion, bougeaient peu, respiraient lentement. Non loin d'eux, leurs amis de Serpentard et Solenne Oranche travaillaient leurs Potions sans les regarder. Plus loin, encore, Susie Finigan rangeait ses livres de Métamorphoses la mâchoire crispée, évitant tout aussi bien sa bande d'amis que les messes basses que proféraient les autres élèves à leur sujet.
- Salut James.
James et Mael se redressèrent prestement, quittant leurs grimoires pour dévisager cette voix féminine inconnue qui appelait l'un d'eux par son prénom, fait peu coutumier au Royaume-Uni.
Mael songea tout de suite qu'elle était Irlandaise, bien que sa peau mate et ses cheveux d'ébène ne correspondent pas au stéréotype erroné des Irlandais « cheveux roux-peau pâle-yeux verts ». Elle possédait un éclat farouche et malicieux qu'il n'avait jamais vu auparavant au sein du château. La fille, semblant légèrement plus jeune qu'eux, portait les couleurs de Serpentard et l'ignorait totalement, prenant une pose confortable pour détailler James à loisir.
Celui-ci fronçait futilement les sourcils, signe qu'il était en pleine réflexion et que la réponse ne tarderait pas à lui revenir.
- Bonjour. Shania, c'est bien ça ?, finit-il par demander avec un sourire engageant.
Mael vit le visage de la jeune fille se tirer en une moue de surprise ébahie avant de se recomposer en un sourire purement heureux. Ce qui ne l'intrigua que davantage.
- Mouais, lâcha-t-elle avec nonchalance. C'est la version officielle.
- Tu n'aimes pas ton prénom ? Tu sais qu'il signifie « grâce » en hébreu ?
- C'est ce que dit toujours ma mère, oui. En soupirant parce que je rentre couverte de bleus et de boue. Mon père il dit que ça veut aussi dire « véracrasse » et qu'à quelque chose près ce pourrait être le prénom d'un chien. Mais c'est surtout quand je l'embête. Et moi si tu veux mon avis…
Elle laissa sa phrase en suspens, comme espérant que James l'encourage à poursuivre. Ce qu'il fit sans attendre.
- Oui ?
- Je trouve que ça fait trop fille, trop nunuche, trop « j'ai des nœuds dans les cheveux et un chaton sur mon pull rose », alors Hadiya et mon père s'amusent à m'appeler « petit chat », ou Tisha. J'aime pas non plus, c'est encore plus nunuche. Je préfère Shades. Au pluriel. Parce que j'en ai beaucoup des nuances. C'est mon surnom. Enfin, mes amis m'appellent comme ça, quoi. Toi aussi tu peux m'appeler comme ça si tu veux. Hadiya refuse de m'appeler comme ça mais toi…
- Hadiya ?
Ce murmure, Shania n'y répondit pas. Mael ne semblait pas exister à ses yeux. Il se souvenait d'Hadiya Zabini, une des dernières Irlandaises à avoir été répartie en sixième année. Comment aurait-il pu oublier une telle beauté ? Il ne fut que plus étonné, encore, du comportement de celle qui devait être sa sœur. Elle paraissait sincèrement heureuse de converser simplement avec James, alors que les Zabini n'avaient jamais apporté leur soutien aux Potter. Mais il comprenait la réaction, plus que bienveillante, de James. Shania Zabini avait été répartie en quatrième année, dans la promotion d'Albus, et James suivait toujours de très près ce qui avait trait à son frère.
- J'suis sûre que tu dois te demander ce que je fais là, pourquoi je te dis tout ça. En plus j'suis à Serpentard et toi à Gryffondor.
- C'est pas important, ça, affirma James.
- Si c'est important. Parce que la directrice de Serpentard c'est m'dame Slopa, qui nous apprend les Sortilèges. Et elle fait flipper, quand même. Enfin, pas moi, mais elle fait flipper les autres.
James esquissa un sourire, visiblement amusé par la situation.
- Le professeur Slopa est sans doute assez sévère, mais c'est une excellente enseignante, tu verras.
- Sévère, genre capable de me pendre par les chevilles si elle savait que je me suis introduite dans son bureau ?
- Tu t'es introduite dans son bureau ?! Mais…
- Fallait que je trouve le registre des élèves de Poudlard. Chaque directeur de maison en a une copie. C'était plus simple de lire la sienne, de copie, que celle d'un autre directeur, son bureau est à côté de la salle co' des Serpentard.
- Normalement…
- Faut dormir la nuit et respecter le règlement, ouais, je sais. Mais y a des trucs vachement plus importants que les règles dans la vie. J'suis sûre que t'en as transgressé plein des règles, toi.
- Ça m'est arrivé quelques fois, c'est vrai, reconnut James.
- Je sais. M'dame Slopa a une copie du dossier de tous ses élèves et j'ai lu le tien. Il est vachement gros par rapport à d'autres alors faudrait pas me faire la morale.
- D'accord, acquiesça James avec une fausse gravité amusée.
- Pourquoi as-tu lu son dossier ?, intervint Mael, méfiant.
Il avait toujours apprécié que son meilleur ami soit avenant et prête aisément sa confiance sans rester sans arrêt sur ses gardes, mais Mael ressentait un étrange pressentiment. Un mauvais pressentiment.
- Tu sais que je suis presque préfet, maintenant, Shades. Je devrais répéter tout ce que tu m'as dit à ta directrice de maison ou au moins à un véritable préfet.
- Mais tu le feras pas. En plus j'ai arrêté. J'ai trouvé ma réponse, sinon je s'rai pas là devant toi. J'ai relu plusieurs fois le registre, pour être sûre. J'me disais que certains élèves avaient peut-être arrêté le cours de Sortilèges après leurs Buses et que m'dame Slopa avait brûlé leur dossier pour se venger. J'ai même regardé les listes d'élèves plus jeunes et même de ceux qui sont partis de Poudlard depuis deux ans. Mais ça servait à rien. Y a qu'un seul James à Poudlard. Et il est devant moi.
Que ceux qui ont envie de me tuer de couper le chapitre à ce moment-là laissent une review… C'est ce qui s'appelle le sadisme (salut Asterie #reinedusadisme) et le chapitre fait déjà 80 pages.
Et voilà… Oui, oui, je sais, encore de nouveaux personnages… ! Et tous n'auront pas la même importance, bien sûr !
Revoilà donc Daniel Redox, qui s'était un peu présenté dans le chapitre 20 via ses journaux intimes, et Billie, Dana et William, ses meilleurs amis.
Et Gwenog Kubrick, le « pantin » d'Amalthéa. Vous la trouvez comment cette fille sans nombril ?
Et Shania et Hadiya Zabini… Hum, hum. J'sais pas vous mais je serais bien restée quelques minutes de plus dans la bibliothèque, histoire de surprendre la suite de leur conversation. Selon vous, que va-t-il se passer ? Shania va-t-elle lancer la bombe du siècle ? Hadiya va-t-elle débarquer et mettre le feu à la sacro-sainte bibliothèque pour empêcher sa sœur de lancer la bombe du siècle ? Blaise va-t-il s'introduire par la fenêtre sur son hippogriffe en chocolat pour empêcher sa fille de balancer la bombe du siècle ?Maël va-t-il abandonner Nalani pour convoler avec Hadiya ? Shania va-t-elle tomber dans les bras d'Albus ? De Scorpius ? De Rose ? De Natasha ? Du professeur Londubat ? Les pronostics sont ouverts ! A bientôt !
Nezumibook : Merci. Tu es sans doute la seule personne à arriver à me faire comprendre que j'embrouille tout le monde en m'écrivant de si jolis compliments *-*
Imthebest : Yo! :) On est d'accord, les Donovan sont de chouettes loups et pour une fois que des personnages soutiennent James ouvertement, on ne peut que les adorer ! Le calme avant la tempête, c'est un peu ça, oui! Une tempête Irlandaise haute en couleurs... Du coup, t'es pas trop déçue ?
