Salut ! Et on se retrouve donc pour la suite de cette histoire. J'espère que ce chapitre, plus long, va vous plaire ^^

Akashi la fraise : Hey ! Merci beaucoup, ça me fait très plaisir ^^ Oui, je suis bien d'accord. Je pensais que la celebration des 10 ans de KNB relancerait un peu la hype mais... nope ! Après je crois que le fandom anglais est encore actif mais j'ai la flemme d'écrire en anglais donc.. je resterai ici ^^ Biz !

Guest : Hello ! Merci pour ce review ^^ ça me fait plaisir.

Bonne lecture !


Entretien 3

Mayuzumi vit Akashi-kun franchir le seuil de la porte pile à l'heure de leur rendez-vous. D'après son air joyeux, le psychiatre devina qu'il avait affaire à Kise Ryota.

Entre sa rencontre avec Kagetora Aida et ce nouveau rendez-vous, Mayuzumi avait pu consulter en détail le dossier médical et judiciaire de l'affaire. Il avait également recherché dans la presse des articles de l'époque et des informations sur les victimes. Aomine Daiki était le premier enfant à avoir disparu à Tokyo. Un soir, il n'était tout simplement pas rentré de l'école. Ses parents avaient remué ciels et terres pour le retrouver. Son visage passait sur toutes les chaînes de télévision. Le gamin n'avait que onze ans.

Ensuite, ce fut Murasakibara Atsuchi qui disparut dans des circonstances similaires : lui non plus ne rentra pas de l'école et il habitait dans le quartier voisin de celui d'Aomine Daiki. A ce stade, la police ne supposa pas que les deux disparitions puissent être liées. Après Murasakibara, ce fut Kise Ryota, puis Midorima Shintarô et en dernier Kuroko Tetsuya. Les deux derniers fréquentaient le même collège. Mayuzumi appris qu'ils étaient d'ailleurs dans le même club de basket. Et Akashi Seijuro fréquentait ce club et était également dans la même classe que Midorima.

Mayuzumi avait relu les articles de l'époque et redécouvert qu'un policier était mort lors de l'arrestation de Masaomi Akashi. Celle-ci s'était faite en deux temps : une voiture avec deux policiers était venue pour l'interpeller. Le but était de lui poser des questions, ou plutôt de poser des questions à son fils étant donné qu'il connaissait pour sûr une des victimes. Cette visite était un prétexte pour enquêter sur Masaomi Akashi. Mais le policier qui frappa à la porte de jour-là fut froidement abattu par Masaomi Akashi. Celui resté dans la voiture pu appeler ses collègues qui vinrent en nombre pour arrêter le meurtrier.

Le garçon prit place dans le fauteuil.

-Alors, comment vas-tu aujourd'hui, Ryota ?

-Très bien ! Ce matin j'ai fait les courses. Shirogane-san me donne une petite somme par semaine.

-Et où habite-tu ?

-Les médecins disent que je devrais être encore interné. Shirogane-san a insisté pour que j'ai une vie plus normale… alors je vis dans une petite résidence surveillée.

-Tu trouve ta vie normale ?

Il hausse les épaules et semble un instant gêné.

-Je crois que…

Il s'interrompt dans sa phrase et Mayuzumi le voit sortir une sucette de sa poche, la déballer et la glisser dans sa bouche.

-Ch'étais quoi votre quechtion ?

Une nouvelle personnalité qu'il n'avait pas encore rencontrée, de toute évidence. Les switchs entre les différents alters semblaient toujours très soudains. Une sucette. L'enfant ? Mais dans le cas présent, Mayuzumi n'était pas sûr de pouvoir appliquer ces bases. Akashi n'était pas un patient comme les autres et ces alters étaient le reflet d'enfants qu'il avait probablement côtoyé dans ces circonstances tragiques.

-Tu es… Atsuchi ? tentât-il.

Le garçon acquiesça.

-Enchanté. Je suis Mayuzumi Chihiro.

-J'chais. Alors, ch'étais quoi votre quechtion ? demandât-il toujours avec la sucette dans la bouche.

-Je te demandais si tu trouvais ta vie actuelle normale.

Il haussa les épaules.

-Je peux manger des bonbons quand je veux. Je suppose que c'est normal.

-Et les autres ? Tu sais ce qu'ils en pensent ?

-Nan.

Murasakibara ne semblait pas particulièrement méfiant à son égard. Contrairement à Aomine. Mayuzumi décida de poser des questions plus ciblées sans savoir ce que cela allait donner. Aucun lien de confiance ne s'était encore créé après tout.

-Tu connais Akashi ?

-Akashi ? Non, ça ne me dit rien.

Akashi était le nom auquel il répondait légalement. Celui inscrit dans les dossiers, sur sa carte d'identité. Mais les alters ne se sentaient apparemment pas liés à ce nom. Quel nom donner à ce système dans ce cas ?

-Et… Seijuro ?

-Euh…

Il repose sa sucette dans son emballage. Mayuzumi vit immédiatement le changement dans son regard : son air innocent devint menaçant.

-Je sais ce que vous essayez de faire.

-Bonjour Daiki.

-Je ne suis pas Daiki.

Serait-ce Midorima Shintarô qu'il avait en face de lui ? Il n'avait pas encore rencontré cette personnalité-là.

-D'accord. A qui ais-je l'honneur dans ce cas ?

-Laissez-nous tranquilles. Vous ne savez rien.

-Je sais. J'aimerai justement en savoir plus à votre sujet.

-Pour vous, nous ne sommes rien d'autre qu'une bizarrerie médicale et je refuse d'être un sujet de tests.

-Je comprend.

-Arrêtez avec votre fausse bienveillance ! criât-il en se levant de sa chaise. Combien on vous paie pour me décortiquer ?

-Je ne suis pas rémunéré. Je suis là de mon plein gré pour vous aider.

-La seule façon de nous aider, c'est de nous laisser.

-Je ne pense pas. Je pense que vous souffrez et que vous cachez un lourd secret. Et je pense que cela finira par nuire à votre système.

De toute évidence, la personnalité qu'il avait face à lui était aussi clairvoyante sur le système que semblait l'être Kuroko Tetsuya, la colère en plus.

-A mon tour de te poser une question… tu sembles avoir du pouvoir sur le système.

-C'est exact, répondit-il avec véhémence.

-Tu aurai pu empêcher Ryota de venir à ce rendez-vous, non ?

-… oui, répondit-il avec méfiance.

-Pourquoi l'avoir laissé venir ?

-J'avais besoin de vous analyser.

Ces personnalités n'avaient vraiment rien à voir avec que Mayuzumi avait pu voir au cours de sa carrière. Il ignorait s'il avait face à lui un persécuteur ou un protecteur du système. Était-ce la personnalité « principale », la personnalité d'origine, l'hôte ?

-Quel est ton but au sein de ce système ? demandât plus directement Mayuzumi.

Il ne répondit pas. Son visage changea jusqu'à afficher une expression neutre et calme. Kuroko Tetsuya. Mayuzumi sentit ses épaules se détendre et son rythme cardiaque descendre. Il ne s'était pas rendu compte que cet échange l'avait tant sollicité.

-Bonjour Tetsuya.

-Bonjour Mayuzumi-san. Je suis désolé que Sei ai été aussi méchant avec vous.

-Sei ? C'est Sei que je viens de rencontrer ?

-En effet.

Mayuzumi resta une minute à mordiller le bout de son stylo.

-Tetsuya, tu vas sûrement trouver ma question étrange mais… sais-tu qui a été le premier d'entre vous ?

-Le premier… Sei m'a toujours dit que c'était Aomine-kun.

-Tu parles beaucoup avec Sei ?

-Je parles avec tout le monde.

Kuroko était de toute évidence un protecteur du système. Kise était la personnalité sociale. Aomine… peut-être un persécuteur mais Mayuzumi n'était pas sûr.

-Depuis combien de temps es-tu ici, Kuroko ?

-J'ai émergé il y a deux ans.

-Qui était le dernier ?

-Sei.

Tiens donc… voilà une réponse à laquelle il ne s'attendait pas. Sei serait le dernier apparu… étrange, il semble si bien connaître le système. Aurait-il menti à Kuroko en disant qu'Aomine était le premier ? Après tout comment aurait-il pu le savoir ?

-Tu sembles toujours apparaître pour excuser les autres, remarqua Mayuzumi.

-C'est vrai, répondit Kuroko avec un petit sourire. Je n'aimerai pas qu'on se m'éprenne au sujet d'Aomine-kun ou Sei-kun. Ils ne sont pas vraiment méchants.

-Je n'ai pas encore rencontré Midorima. Comment est-il ?

Kuroko fit une légère grimace.

-Il est… particulier. Et il ne m'aime pas beaucoup. Il ne se montrera pas si c'est moi qui lui demande. Et en plus il n'aime pas être dérangé…

Et si c'était Midorima le persécuteur du système ?

-Je vois. J'ai l'impression que Sei ne se montre pas souvent.

-C'est vrai.

-As-tu déjà entendu parler de Seijuro ?

Le visage de Kuroko resta parfaitement neutre, de même que le ton de sa voix. Pourtant, Mayuzumi vit la petite lumière au fond de ses prunelle. Cela dura un instant avant qu'Aomine ne fasse surface.

-Bon, il est fini votre interrogatoire, là ?

-Il est loin d'être dix-sept heures, Daiki. Nous avons le temps.

-Je m'en branle.

Pourquoi avait-il fait surface maintenant ? C'était la deuxième fois qu'une personnalité faisait irruption quand il était question de Seijuro. Mayuzumi sentait qu'ils cachaient quelque chose. Ils savaient qui était Seijuro mais refusaient d'en parler. Etrange.

-J'ai l'impression que vous n'aimez pas quand je parle de Seijuro…

Aomine fronça les sourcils et croisa les bras.

-Je ne vois pas ce qui vous fait penser ça.

-Tu connais Seijuro ?

A vrai dire, Mayuzumi savait qu'il devrait plutôt poser cette question à Midorima étant donné qu'ils étaient dans la même classe au collège.

-C'était pas le fils de ce tas de fumier ? … ou un truc dans le genre.

-Ce tas de fumier… tu parles de Masaomi Akashi ?

-Ouais, ce putain d'enculé.

-Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

-Il m'a enlevé pardi ! Vous avez pas révisé votre dossier ?

-Il t'a enlevé ? Pourtant tu es là, devant moi.

Mayuzumi jouait le jeu pour savoir ce que la personnalité pensait d'elle-même. Avait-elle conscience d'être le reflet d'un enfant décédé ?

-Je…

Aomine semblait soudain ébranlé. Et il décida de battre en retraite, laissant sa place à Kise Ryota.

-Wouah, c'est mouvementé aujourd'hui… remarqua Kise Ryota en se frottant l'arrière de la tête. Ça doit vous faire bizarre.

-Non. J'ai déjà rencontré des personnes comme vous. Est-ce à cause de moi que le système est agité ?

-Bah, oui. On n'a pas l'habitude que quelqu'un vienne nous interroger. On a une certaine routine depuis qu'on a quitté l'hôpital.

-Chacun a son rôle à jouer, c'est cela ? J'imagine qu'ils te laissent faire surface quand il faut sortir ou aller à la rencontre de gens.

-Tout à fait ! répond-il avec un grand sourire, à priori fière de lui. Faut dire que les autres ne sont pas très doués pour ça ! Ahah ! Vous verriez Midorimacchi ! Un vrai empoté !

-Malheureusement, je n'ai pas encore rencontré Midorima.

-C'est vrai ! Oh, il faut que vous le rencontriez ! C'est un phénomène ! Bon, là il ne va pas vouloir... il n'aime pas qu'on le dérange. Il sort que quand il veut.

Kise Ryota soupira.

-Une tête de mule couplé avec la mauvaise foi… Enfin bref…

-Tu t'entends bien avec tous ?

-Oh oui ! Ils m'adorent ! ria-t-il. Avec Aominecchi et Kurokocchi, on rigole bien des fois.

Une petite lueur de tristesse passe dans les yeux de Kise Ryota.

-Tu connais Seijuro ?

-Oh… Bah…

Et comme Mayuzumi le supposa, une autre personnalité fit irruption à ce moment. De toute évidence, ils s'étaient vraiment mis d'accord pour ne pas parler de Seijuro. Pourquoi y avait-il ce blocage ? Quelle personnalité serait à même de lui répondre ?

-Franchement…, grogna le garçon. M'obliger à sortir… bref…

Mayuzumi ne reconnaissait pas le ton de sa voix. Il ne semblait pas face à une personnalité qu'il avait déjà rencontré.

-Midorima Shintarô ? tentât Mayuzumi.

-Malheureusement, soupira le garçon.

-Bonjour. Je suis très heureux de te rencontrer. Kise me parlait justement de toi.

-Ah. Bah, de toute façon il parle de tout, lui.

Midorima Shintarô semblait avoir un tic de langage. Mayuzumi le nota. Cela allait rendre son identification plus facile. Il eut le présentiment qu'il n'aurait pas beaucoup l'occasion de discuter avec lui.

Midorima Shintarô ne semblait pas être un persécuteur. Néanmoins, Mayuzumi n'arrivait pas encore à qualifier son rôle dans le système. Peut-être d'ailleurs n'en avait-il pas… ce système était si particulier…

-On m'a dit que tu étais au club de basket au collège.

-C'est vrai.

-Tu connaissais Akashi Seijuro ?

-Evidement. C'était le vice-capitaine. Je parlais de temps en temps avec lui… Il trainait toujours avec Nijimura-san.

-Qui est-ce ?

-Le capitaine.

Midorima, contrairement aux autres, n'avait pas de problèmes à parler de Seijuro. Probablement parce qu'il évoquait les souvenirs qu'il avait avec lui. Il n'évoquait pas vraiment sa personne, ou encore son éventuelle présence dans le système. Après tout, Seijuro était légalement censé être le garçon face à lui. Les papiers l'appelaient ainsi, bien qu'il se soit présenté à la police comme étant Akashi Sei. Mais Sei étant déclaré mort depuis de nombreuses années…

Mayuzumi commençait à avoir mal à la tête. Cet entretien durait depuis plus d'une heure désormais et il avait dû emmagasiner beaucoup d'informations et de sentiments différents.

-Vous n'étiez pas amis alors.

-Non, pas vraiment.

Pourtant Mayuzumi lu dans ces yeux qu'il mentait. Mauvaise foi, avait dit Kise Ryota.

-Et maintenant, sais-tu où est Seijuro ?

-Bon, j'en ai ma claque, déclara Aomine Daiki en se levant d'un bond. J'ai des choses à faire.

Mayuzumi n'insista pas et le laissa partir. Il allait être très difficile de leur parler des meurtres et de tenter de leur demander où se trouvaient les corps. Mayuzumi sentait qu'il pourrait discuter avec Kuroko ou Kise. Mais les autres n'étaient pas ouverts à la discussion, surtout Aomine et Sei.

Apparemment, les précédents psychiatres étaient parvenus à la même conclusion.

Mayuzumi ne parvenait pas à trouver par quel côté attaquer le problème.