25 juillet 1977
Harry posté en tailleur sur son lit, feint le fait de lire un livre. L'ouvrage ouvert sur ses genoux ne l'intéresse en aucun cas. Simplement, il lui sert bien gentiment d'un endroit décent où poser ses yeux tout en laissant libre court à ses pensées.
Depuis la dispute entre Severus et lui il y a cinq jours, l'ambiance qui planent entre eux est tout juste cordiale. Ils évitent de se parler au maximum et échangent simplement quelques regards chargés de sous-entendus de temps à autre.
Et cette situation l'oppresse aussi bien qu'elle le frustre.
Il a passé deux semaines à ruminer dans la grande et vide demeure du Manoir Prince pour trouver un moyen de convaincre Severus que leur relation en vaut la peine. Et quand enfin il caresse l'espoir de repartir sur des bonnes bases avec Severus, cette chance est gâchée par une foutue Marque.
Parce que sa vie entière est construite en fonction de ce foutu Mage Noir.
Il est vrai que le fait de voir le tatouage d'encre sur le bras de Severus l'avait horrifié. Non pas tellement parce que ça le dégoûtait comme l'imaginait Severus, plutôt parce qu'il était effrayé des horreurs que Severus avait dû subir pour être amené à faire un tel choix. Parce que oui, Harry était et est toujours convaincu que Severus ne l'a pas fait par pure dévotion... Du moins pas totalement. Puis, il s'était senti terrifié par ce que Severus pourrait bien lui faire, lui, Survivant, lorsqu'il apprendrait son existence plus tard. Il s'était ensuite rappelé que Severus avait toute la confiance de Dumbledore et qu'il faisait quand même parti de l'Ordre du Phénix. Et pour finir, il avait été saisit d'un violent sentiment de vertige en imaginant tous les danger que courait Severus pour s'être allié à un Mage pareil.
Harry pousse un petit soupir, clairement audible dans la chambre silencieuse. Si Severus le remarque, il n'en dit rien et continue de faire semblant de lire son propre livre. Car lui non plus n'arrive pas à se concentrer sur sa lecture.
Même s'il affiche une expression calme et posée, ses pensées tempêtent dans son esprit et martèlent sa tête d'un certain jeune homme aux yeux verts. La rage et le dégoût le rongent de l'intérieur. En rage contre Harry qui -il en est persuadé- ressent un profond dégoût à l'égard de sa personne. En rage contre lui pour dégoûter quelqu'un d'aussi précieux que Harry. En rage contre son foutu attachement pour le Gryffondor. En rage contre Harry pour s'être pris d'affection pour un être si détestable que lui. Dégoûté de la répulsion du jeune homme. Dégoûté par son propre écurement. Dégoûté par tout ces sentiments incontrôlables qui le submergent. Dégoûté de sa culpabilité. Dégoûté de tout ce qui constitue son écurante personne.
Une brusque douleur dans son avant-bras le fait redescendre sur Terre. Il contemple avec fascination le tatouage se mouvoir sur son bras, tel un poison se répandant lentement dans ses veines. La caresse d'une lente agonie. La douce torture de sa descente aux Enfers.
Sans perdre de temps, il rassemble son sac dans lequel ils a déjà préparé différentes fioles et s'apprête à partir.
«Severus! Ne fais pas ça. S'il te plaît...
- Je n'ai pas le temps de bavarder, le Maître déteste qu'on le fasse attendre.
- Le Maître? Comment tu peux vénérer une telle... pourriture?
- Si tu pouvais garder tes remarques dégoulinantes décurement, ça m'arrangerait, parce que là, j'ai une mission à remplir.
- Et en quoi consiste ta mission? A tuer des gens? Les torturer? Les empoisonner? Tu n'es pas obligé de faire ça Severus. Tu n'es pas un assassin.
- Ah oui? Et qu'en sais-tu? On ne peut pas dire que tu aies été présent dans ma vie, n'est-ce pas?
- C'est vrai... Mais je sais que tu le regretteras. Tu ne mérites pas ça Severus. Je sais que tu le penses, mais c'est faux. Tu es tout sauf détestable. Mais si tu fais tout ce qu'il te dit, comment veux-tu t'aimer si tu ne t'aimes déjà pas? Il va te briser Severus. Il va te dégoûter de toi-même. Tu mérites tellement plus...
- Comme on dit, perdu pour perdu...
- Arrêtes! C'est faux. Tu n'es pas une cause perdue.
- Toi, arrêtes. Tu ne sais rien. Absolument rien. Maintenant, il faut vraiment que j'y aille parce que la patience du Maître a ses limites. Et elles sont plutôt faibles.»
Severus s'apprête enfin à transplaner quand une main le retient par le poignet, ce qui a pour effet de l'agacer au plus au point.
«Attends! Prends-le avec toi, ordonne Harry en lui fourrant le médaillon bleu, qui était jusqu'alors posé sur la table de chevet de Severus, dans les mains. Comme ça j'aurai la certitude qu'il ne te fait pas souffrir.
- Comme c'est attentionné, réplique-t-il en ricanant.
- Prends soin de toi s'il te plaît.
- A regret de t'annoncer, Harry, que je ne suis pas une petite chose fragile qui a besoin d'être couvée. Je ne suis pas non plus un Saint comme tu en as l'air profondément persuadé. Je suis même tout le contraire. Et il faudra bien que tu ouvre les yeux un jour où l'autre. La vie n'est pas toute rose. Et que ça te plaise ou non, je suis maintenant pourri jusqu'à la moelle. Et ce, irrémédiablement.»
La douleur au niveau de son bras gauche s'intensifie et Severus transplane, laissant un Harry désespéré et terriblement angoissé.
«Severus. Te voilà enfin.
- Bonjour Maître, excusez-moi du retard, déclare Severus en s'inclinant bien bas.
- Tu sais pertinemment que j'ai horreur qu'on me fasse attendre n'est ce pas? Demande l'homme sournoisement en relevant le menton de Severus de ses doigt fins.
- Oui, je suis profondément désolé Maître.
- Être désolé ne fait pas tout dans la vie, mon cher Severus.»
D'un mouvement sec et habile, Tom Jedusor redresse Severus et colle son dos à son torse, de façon à ce que sa bouche soit juste à côté de son oreille.
«Je vais être dans l'obligation de te punir. Juste pour m'assurer que cela ne se reproduise pas, susurre-t-il.»
Severus réprime un violent frisson et répond faiblement:
«Bien sûr Maître. Faites ce que vous voulez de moi. J'accepterai mon châtiment avec bonne grâce.
- Oh mais je n'ai pas besoin de ta permission. Je te rappelle que je suis le Maître. Tu me dois l'obéissance quelles que soient les circonstances et je ne te demande pas ton avis.»
Tom se décolle de Severus pour se placer face à lui. Il le regarde droit dans les yeux avant d'exiger d'une voix sèche:
«A genoux.»
Severus s'exécute, les jambes légèrement tremblantes. L'homme s'approche alors de lui et pointe sa baguette le long de son cou pâle. D'un geste calculé, il force Severus à lever la tête vers lui pour plonger ses yeux dans le siens.
«Mon petit Severus. Que vais-je faire de toi? Mmmh... qu'est ce que j'aimerais voir ton visage déformé par la souffrance. Oh oui, ce doit être une vue absolument délicieuse. Endoloris.»
Une vague intense de douleur submerge le corps de Severus. C'est... puissant et indescriptible. La pièce se trouble autour de lui et la seule chose qu'il perçoit est la souffrance. Son esprit tout entier est focalisé sur ce mot qui semble bien faible pour exprimer ce qu'il traverse. Pris dans les vapes de la tortures, il entend à peine la voix de son Maître qui lui dit d'une voix impérieuse:
«Regarde-moi! Je veux voir la douleur dans tes yeux noirs.»
Severus met un certain temps pour assimiler l'information. Il s'exécute avec lenteur, ses yeux cherchant désespérément ceux de Tom dans le brouillard ambiant.
«Tu n'es rien sans moi Severus. Rien du tout. Tu n'as pas la place dans cette société qui pense encore que la paix est possible dans ce monde rongé par la pourriture. Je vois bien que ton cur est ravagé par les Ténèbres, Severus. Sans moi, tu n'auras jamais ta place nul part. Alors tâche de ne pas me décevoir, compris?»
Severus rassemble ses dernières forces pour hocher la tête.
Un sourire satisfait étire les le lèvres du sorcier plus âgé et il met fin au supplice de Severus. Vidé de toute force, Severus tombe sur le plancher, parcourut de spasmes fréquents. Sa respiration est hachée et son esprit est toujours anesthésié par la souffrance.
La douleur se retire peu à peu de son corps tremblant et sa vision s'éclaircit légèrement.
«Severus, peux-tu me donner les Potions que je t'ai demandé s'il te plaît?»
Le jeune Serpentard ferme les yeux sous l'étourdissement qui le saisit alors qu'il fait un effort incroyable pour se relever. Lentement, il se défait de son sac et le tend faiblement au Seigneur des Ténèbres.
«Merci. Tu peux partir maintenant. A la prochaine fois Severus. Et tâche d'être à l'heure.»
Severus effectue un bref hochement de tête en guise d'au revoir.
Il rassemble toute l'énergie dont il dispose avec une force désespérée. Et il transplane, essayant de s'accrocher à l'urgence de fuir cet endroit pour arriver en un seul morceau à sa destination.
Harry fait les cent pas dans la chambre, plus qu'angoissé à la souffrance que Severus à ressenti il y a quelques minutes. Même s'il a conscience de la douleur terrible que Severus a enduré, elle ne l'atteint pas vraiment, simplement comme une sensation bien distincte de ses propres sentiments.
Severus arrive pantelant dans le Manoir et Harry se précipite sur lui pour l'assaillir d'un tas de questions. Il a tout juste le temps de l'entourer dans une étreinte solide, que Severus sombre dans l'inconscience.
Hello !
Bon, pour la punition de Severus, j'ai longuement hésité avec une agression sexuelle Mais ça aurait été trop compliqué pour écrire ce que j'avais en tête pour la suite, donc il se contentera d'un petit doloris "
Sinon, l'amour est proche les amis! Il a jamais été aussi proche !
Voili voilou, gros bisous à vous :)
