12 août 1997

«Severus... on est demain.»

Ledit Severus remue sous la couverture tout en se blottissant un peu plus contre Harry, les yeux résolument fermés.

«Je sais que tu m'as entendu... Il faut qu'on se prépare...»

Seul un grognement lui répond.

«Allez Sev'...

- Non.

- Crois-moi, je n'en ai pas plus envie que toi... mais tu sais bien qu'il faut qu'on le fasse. On a pas le choix.

- Je sais... soupire-t-il. Mais rallonge-toi, juste un moment. Sil te plaît.»

Harry s'exécute et pose sa tête contre le torse nu de Severus, écoutant son coeur battre.

«Alors ça y est, on y est? Le jour où tu disparais encore une fois.

- Oui...

- Est-ce que tu oseras me dire qu'on se reverra? Hein Harry? Oseras-tu me mentir droit dans les yeux?

- Severus...

- Je veux pas que tu partes.

- Je ne veux pas partir non plus. Mais on a pas le choix.

- On a toujours le choix.

- Tu sais bien que non.

- Reste.

- On sera ensemble Severus. Jusqu'au bout.

- Oui. Mais après tu vas partir. Encore. Et je serai seul. Pour toujours.»

Harry lève des yeux larmoyants sur Severus et l'embrasse avec désespoir. Severus répond à son baiser, un goût amer s'installant dans sa bouche.

OoOoOoO

«C'est vraiment l'heure cette fois.

- Oui.»

Severus s'empare des deux médaillons sur la table basse et en passe un autour du cou de Harry avant d'en faire de même.

«On sera ensemble Severus. Jusqu'à la toute fin.

- Je sais.»

Harry serre le pendentif dans son poing tandis qu'il suit Severus hors de ses appartements.

Ils marchent dans le silence jusqu'à dépasser les barrières de Poudlard, dans un coin reculé de la Forêt Interdite.

Les deux sorciers s'arrêtent au milieu d'une clairière dégagée, nimbée d'une lueur blafarde par de faibles rayons de soleil.

Harry se tourne vers Severus, les larmes aux yeux.

«J'ai peur.

- Je sais.

- Je ne veux pas mourir.

- Mais tu n'as pas le choix, comme tu l'as si bien dit, réplique faiblement Severus.

- Je t'aime.

- Moi aussi imbécile, déclare Severus, sans parvenir à mettre la moindre pointe de sarcasme dans sa voix.»

Harry se jette à son cou et l'embrasse de toute sa force, ses larmes coulant librement le long de ses joues. Severus passe ses bras autour de Harry pour l'attirer plus près de lui encore.

Puis Severus le repousse brutalement. Il sent la douleur et l'incompréhension mêlées de Harry se répandre dans tout son être par le biais du médaillon, mais il l'ignore.

«C'est pour ça que je ne voulais pas te laisser m'approcher. Pour ne pas qu'on finisse comme ça. En position de faiblesse alors que nous avons une tâche importante à remplir.

- Mais l'amour n'est pas une faiblesse Severus.

- Actuellement si.

- Donc... Tu es en train de me dire que tu regrettes? Que tu effacerais ces quatre derniers jours juste pour ne pas... paraître faible?»

Non. Bien sûr que non.

«Oui.

- Comment tu peux dire ça?! Notre relation compte donc si peu à tes yeux? Je compte donc si peu à tes yeux? Que tu pourrais m'effacer comme on détruit un vulgaire château de sable?»

'Non, tu comptes bien plus que ça pour moi. Tu comptes plus que tout. C'est justement ça le problème. Tu comptes bien trop pour moi.' pense Severus.

«Oui, répond laconiquement Severus. Maintenant épargne-moi tes états d'âme, nous avons un plan à exécuter.

- NON SEVERUS TU N'AS PAS LE DROIT! TU NE PEUX PAS ME LAISSER MOURIR EN PENSANT QUE-»

Mais Severus a déjà plaqué sa main sur La Marque. Il attrape Harry d'un geste habile, le plaque contre son torse et enfonce sa baguette dans sa gorge.

«Tiens tiens Severus. Mon très cher ami. Je vois que tu as là un morceau de choix.

- Oui Mon Maître. Je l'ai capturé rien que pour vous.

- Lâche-le. Il est à moi maintenant.»

Severus se décolle de Harry, ignorant la douleur lancinante qu'il éprouve, et se met en retrait.

«On se retrouve enfin. Harry Potter. Tu as bien joué à cache-cache, mais la partie est terminée. Et j'ai gagné. Accepte ta défaite, Harry Potter.»

Pour toute réponse, Harry baisse la tête, essayant vainement de cacher les larmes qui perlent sur ses joues.

«Reconnais ta défaite et accepte le châtiment qu'il incombe à ceux qui osent me défier...»

Harry serre simplement les poings, continuant à garder le silence et la tête obstinément basse.

«...La mort, déclare Voldemort avec un sourire carnassier.»

Voldemort lève la baguette de Sureau et sans plus de cérémonie, prononce le sort impardonnable.

Severus regarde l'éclair vert frapper le corps de Harry. Avant que celui-ci ne tombe sur le sol. Raide mort. Tout s'est passé si vite, il y a une seconde le gamin pleurait son sort, et maintenant il n'est plus.

Et maintenant, Severus attend. Un signe. Un geste infime qui lui prouverait que le gosse est bien en vie. Dumbledore lui-même n'avait-il pas affirmé qu'il existait une infime chance pour qu'il survive? Pour la première fois, Severus supplie la chance insolente du Survivant.

A mesure que les secondes s'écoulent, Severus sent le froid s'emparer de son être, découlant d'un point bien précis, lui semble-t-il, le médaillon.

Au bout de plusieurs minutes de silence mortel, un rire dissonant retentit dans la clairière:

«Harry Potter est mort! Je l'ai tué! Comme on écrase un vulgaire insecte de ses doigts! Le monde peut enfin reconnaître ma grandeur!»

Severus se tourne vivement vers l'assassin de son bien-aimé. Une vague de colère, de désespoir et de tristesse le submerge violemment. Et d'une voix plus coupante que du verre, il lance:

«Avada Kedavra

Et tout aussi vite que le Survivant est mort, Voldemort périt lui aussi, pour exploser en des milliers de confettis grisâtres et calcinés.

Dans la clairière, il ne reste plus que Severus, le regard hagard, le souffle court, le cur meurtri.

Répondant à un besoin inconscient, Severus se précipite au chevet du corps de Harry et le prend doucement dans ses bras, une seule et unique larme venant s'écraser dans les cheveux ternes du défunt.

OoOoOoO

Noir. Tout est noir. Silencieux. Non, calme. Pas un silence assourdissant, juste du calme. Et c'est un endroit bien agréable, dans lequel Harry pourrait bien rester toute sa vie.

Toute sa vie? Était-il vivant?

Non. Il se rappelle nettement du sort de mort atteignant son corps.

Alors, était-il mort?

Certainement.

«Hé non, pas encore!»

Harry sursaute violemment et se tourne avec des yeux ronds vers la forme flottant dans le vide à côté de lui.

«Professeur?

- Ah non! Je ne suis pas Dumbledore. Je sais que j'en ai l'air, mais c'est uniquement parce que ton esprit me voit en tant que tel.

- Alors qui êtes vouset où sommes nous ?

- Je suis... Hum... Comment expliquer. Je suis en quelque sorte la conscience de la baguette de Sureau. Et nous sommes dans ton esprit, c'est pour ça que j'entends toutes tes pensées.

- Donc les baguettes ont vraiment leur propre conscience?

- Mmmmh peut-être... Bref! Nous ne sommes pas là pour parler de ça. Un choix s'offre à toi Harry. Une chance que beaucoup aimerait avoir... Vivre? Ou mourir?

- Attendez... Quoi?

- Hum. Ce n'est pourtant pas bien compliqué. Tu préfères vivre ou mourir?

- Je ne sais pas.»

Le visage de Dumbledore se feint d'un sourire compréhensif alors qu'il reprend plus posément:

«Je sais que c'est compliqué Harry et que tout ça va très vite. Mais tu as là l'opportunité de sauver une autre vie, en plus de la tienne.

- Severus? Il est mort? Il a échoué? Pourquoi? Comment-

- Calme-toi, il va très bien. Il a bel et bien tué Lord Voldemort. Mais ne penses-tu pas qu'il sera détruit si tu meurs?

- Je ne sais pas... Il n'avait pas l'air de tenir tant que ça à moi...

- Tu es un idiot Harry. Tu sais pourquoi tu es là?

- Non.

- Parce que la baguette de Sureau revient en fait tout droit à Severus puisqu'il a tué son ancien possesseur, Dumbledore. Et le lien entre vous est tellement fort que le sort n'a pu te tuer complètement contre la volonté du détenteur. Ne crois-tu pas qu'on a là une belle preuve d'amour?

- Oh...

- Et puis, tu as une promesse à tenir, non?

- Je ne sais pas...»

OoOoOoO

Une main tendre se pose sur l'épaule de Severus. Lequel relève vivement la tête pour tomber nez à nez avec...

Minerva.

«Severus, dit-elle émue. Vous avez fait la bonne chose à faire. Et vous le savez. Maintenant il faut accepter. Aussi dur cela soit-il.»

Severus pense un instant à lui cracher toute sorte de paroles méprisantes au visage, mais il n'en trouve pas la force et se contente de hocher piteusement la tête.

La femme lui adresse un sourire compatissant et repart aussi prestement qu'elle est arrivée.

Severus regarde le visage de Harry. Il est si paisible. On pourrait croire qu'il dort simplement et qu'il va bientôt ouvrir ses magnifiques yeux verts, lui sourire et lancer de sa voix claire habituelle :

«Severus...»

Le Maître des Potions cligne frénétiquement des paupières et dévisage le cadavre dans ses bras. Il n'a pas rêvé... Il a bien entendu...

«Severus.

- Harry...»

Les paupières de Harry se soulèvent doucement et il regarde Severus avec un faible sourire.

«Tu es vivant.

- Je le suis.»

Et Severus serre Harry fort contre lui, enfouissant son visage dans la folle chevelure du Gryffondor. Il se recule ensuite légèrement pour sceller leurs deux fronts ensemble.

«Je t'aime. Oublie toutes les idioties que j'ai bien pu proférer, d'accord? Tu comptes plus que tout pour moi. Je t'aime.

- C'est oublié. Moi aussi je t'aime Severus, réplique-t-il avec un sourire attendri.»

Le Directeur s'autorise un soupir de soulagement avant de venir embrasser tendrement les lèvres de son amant.

Quand ils se décollent, Harry offre un air moqueur et tendre à Severus en demandant:

«Tu ne croyais quand même pas te débarrasser si facilement d'un Gryffondor? Après tout, je me devais de revenir. Il fallait que je vive pour qu'elle soit éternelle...

Notre promesse immortelle.»

Fin.


Non... moi, pleurer? Mais non pas du tout, ça me fait absolument rien...

Je-Waaaah. J'aurai jamais cru finir une fanfic un jour...

J'espère que ce dernier chapitre vous a plu :)

Peut être à bientôt sur une autre fanfic !

Kiss.

Lueur Fictionnelle.