Jour 45

Donc.

Moi. Toi. On était planqué dans cet espace tout tout tout petit pendant que des gars retournaient l'appartement en cherchant « la gamine ».

La tétanie m'a sûrement sauvé.

Je suis restée sans bouger jusqu'à entendre la voix de Mark. Il est venu me sortir de mon cercueil et il a appelé quelqu'un. Il avait l'air tellement en panique quand il a ouvert la planque que j'ai cru qu'il venait de me trouver morte. J'avoue que je ne me souviens pas de tout mais il a clairement dit « Stella » à un moment.

Mark m'a mis dans une voiture avec un sac dans l'heure qui a suivi. J'aurai juré qu'il m'envoyer à l'hôpital, mais pas du tout. À ce moment-là, je suis encore sous le choc d'avoir eu des mecs en costume en train de cribler mon lit de balles. Il y avait un chauve particulièrement effrayant parmi les gars. C'est lui que je vois dans mes cauchemars depuis maintenant 6 semaines, 45 jours. Avec ma psy on l'appelait lui mais maintenant j'arrive à dire (et même à l'écrire) sans pleurer. J'ai encore le cœur qui bat plus vite mais ça va.

Bref. La voiture s'arrête devant un avion. Je n'avais jamais pris l'avion avant mais c'était clairement différent d'un avion normal. Je commence à comprendre que je vais partir de Central City à peu près à ce moment-là. Le chauffeur prend mon sac sur le siège à côté de moi et l'amène à l'hôtesse. Il a fait le tour pour m'ouvrir la porte et il m'a regardé en attendant que je sorte. J'étais incapable de comprendre ce qu'il se passait alors je ne bougeais pas. Il a voulu m'attraper et je me souviens juste de m'être débattue.

J'ai eu comme un trou noir. Je me suis retrouvée dans l'avion. J'ai paniqué puis je me suis endormie.

Une voiture avec le mec en costume de quand j'étais petite m'attendait à l'atterrissage. Il se présente en mode « Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi LADY (il a vraiment dit Lady) » avec son accent britannique. Alfred Pennyworth est entré dans ma vie à ce moment-là. C'est aussi là que j'ai compris qu'il y avait un truc qui clochait mais sévère. Je n'ai rien dit pendant qu'il conduisait. Je ne savais pas où on allait, mais je savais où on était. Gotham City se reconnait de loin parce qu'elle transpire la noirceur, le malheur et la putréfaction de l'âme. Comme le disait ma mère.

À ce moment-là, je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe.

Là, on est arrivé dans un endroit hors de la ville avec des maisons qui ressemblent à des châteaux tellement elles sont grandes. Un portail plus grand que les portes de mon école s'ouvrent. Je me suis retourné pour regarder le portail. Il y avait marqué « Wayne » dans les ornements. Ça n'était pas vraiment discret comme truc … ça ne l'est toujours pas.

J'ai sincèrement pensé que ma mère avait tué quelqu'un à l'époque où elle vivait à Gotham et que c'était ça qu'elle fuyait depuis toutes ces années. J'ai commencé à croire que j'étais là pour racheter sa faute en mode vieux contrat du moyen âge « une vie pour une vie ». J'ai rêvé que le chauve me le disait pendant plusieurs jours. J'ai rêvé qu'il tuait ma mère devant moi encore et encore et encore.

Pause ! Sia. Tu pleures mais c'est normal. C'est une part de ton trauma. La psy dit que si tu veux revenir dans un état paisible tu dois te laisser souffrir.

Donc, j'arrive