Bien, Hokage-sama.
L'illustre dirigeant de la feuille, alla chercher un dossier dans un tiroir puis se réinstalla dans son fauteuil et se plongea profondément dans ses réflexions.
Cet enfant connait beaucoup de chose sur Konoha, et sa ressemblance avec Minato est impossible à nier. Mais qui est-il exactement ? Un cousin ? Non, impossible, il porte le nom de naissance de Kushina, sans oublier son franc-parler. Et puis ce surnom, Ero-Sennin, il va comme un gant à Jiraya…Mais demeurent des zones d'ombre, il dit être de Konoha, mais je ne l'ai jamais vu. Et le dossier des genins ne mentionne aucun Naruto. Je n'y comprends rien…..
Il en était à ce stade de réflexion quand un hurlement de surprise retentit de l'autre côté de la pièce.
Surpris, le Sandaime se leva brusquement….Il était rare que son Palais soit la caisse de résonance de tels cris. Sauf en période de guerre, bien évidemment.
Devant lui, Inoichi Yamanaka, Jonîn de renom et chef de clan respecté, était étendu sur le sol en se tenant la tête pendant que Naruto le regardait d'un air ahuri ne comprenant visiblement pas ce qu'il s'était passé.
A ce cri, près de deux chunins s'étaient rués dans le bureau, croyant à une attaque. Le Sandaime grommela. Décidément, cette affaire prenait de plus en plus d'importance.
Il coupa court aux questions de ses ninjas en leur ordonnant de le précéder à l'hôpital en y amenant Inoichi. Lui-même avait suffisamment de mal à comprendre les tenants et aboutissants pour en faire une affaire publique.
Quant à toi, dit-il à Naruto, suis-moi, notre discussion n'est pas encore terminée et j'aimerais vraiment éclaircir quelques points.
Euh ouais, il y a pas de problème, s'écria le blond, mais je peux aller manger des ramens d'abord, j'ai trop faim 'ttebayo !
Devant la tête suppliante du jeune homme, l'Hokage accepta. Ce Naruto ne lui semblait pas une menace. Il pouvait assurément aller se restaurer. Et puis le vieux Kage savait très bien qu'un ventre plein déliait la langue en plus de rassurer. Il ne pouvait rien lui arriver en allant au village.
Même à ce stade de l'enquête et avec les maigres informations dont il disposait, Hiruzen sentait instinctivement que le blondinet était inoffensif.
Pourtant, aussi expérimenté qu'était Sarutobi Hiruzen, l'avenir se chargerait de le détromper. Et lourdement.
C'est d'accord. Accepta-t-il finalement. Je te donne rendez-vous dans une heure à l'hôpital. Tu….
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase que la tornade blonde affamée avait déjà traversé la moitié du village. Le Sandaime sourit….Ce comportement impétueux, cette passion pour les ramens….il avait l'impression de revoir Kushina enfant. Il espéra toutefois qu'il lui causerait moins de problème.
Une nouvelle fois, il était loin, très loin, de se douter de ce qui l'attendait.
Pendant ce temps, du côté de Naruto.
Le jeune blond se retrouva en moins de temps qu'il ne faut pour dire dattebayo devant le stand de ramens Ichiraku…..qu'il ne reconnut pas. En effet, le stand en question venait à peine d'ouvrir et Teuchi lui sembla méconnaissable avec 20 kilos de moins. Mais il en faut plus pour empêcher un Naruto de dévorer ses ramens.
A sa décharge, les derniers événements l'avaient un peu décontenancés.
Bonjour chef, s'écria-t-il, je voudrais un ramen spécial au mizo, au porc et avec des œufs dessus, s'il vous plaît.
C'est beaucoup pour une seule personne, non ? S'étonna le cuistot.
La plupart de ses clients avaient un appétit d'oiseau.
Naruto eut l'air un peu surpris pendant un instant. Après tout, pour lui, cela faisait bien 10 ans qu'on ne lui posait plus la question.
Légèrement méfiant, il répondit tout de même.
Ne vous inquiétez pas chef, après ça j'en prendrais sûrement un autre.
Recommandation qui ne rassura pas le moins du monde Teuchi. Mais, devant l'appétit de son client du jour, il finit par être convaincu et se frotta les mains en imaginant le revoir souvent.
Après trois bols vidés, Naruto qui semblait toujours avoir oublié à quelle époque il se trouvait demanda comment allait Ayame.
Teuchi, ravit, partit dans l'arrière-cuisine et revint en tenant une petite fille par la main.
Je ne savais pas que tu connaissais ma fille.
Naruto releva les yeux de son bol pour tomber sur un spectacle inattendu.
Ze m'appelle Ayame et j'ai trois ans….
Naruto fut tellement surpris qu'il en recracha sa bouchée….sur le client d'à côté. Ayame à trois ans…mais c'était impossible. Son esprit rumina sur cette incohérence pendant quelque secondes. Juste le temps que le client aspergé de ramens l'interpelle.
Et toi ! Tu as vu ce que tu as fait ? Espèce de maladroit !
Naruto vit rouge.
Qu'est-ce que tu as sale gamin ? cria-t-il en se retournant vers l'agresseur. Tu crois que j'ai fait exprès ?
Je m'en fiche. Tu viens de me salir ma tenue respirant la fougue de ma jeunesse. Que vais-je faire maintenant ?
Il s'écroula alors dans un torrent de larmes particulièrement bruyant. C'est seulement à ce moment précis que Naruto l'aperçu vraiment. Cette tenue verte moulante, cette coupe au bol immonde et…ces sourcils abominablement poilus. Impossible…
Tu….tu es, balbutia-t-il,…
Ça commençait à faire vraiment beaucoup là….
Je suis la grande bête verte de Konoha…..Gai Maito !
Oh mon dieu…..
Gai-sensei…..le maître de Gros-sourcils, s'écria Naruto qui commençait à réaliser.
C'est alors qu'il comprit enfin.
Je suis arrivé dans le passé. Comme l'avait dis Yondaime. C'est pour ça que personne ne me reconnaissait et que le vieil Hokage est vivant. Je ne dois pas être encore né…
D'autres problèmes plus urgents le poussèrent à revenir sur terre…
Et toi le blond, s'écria Gros-sourcils senior, je vais te faire goûter à ma jeunesse !
Attends, calme-toi, 'ttebayo !
Naruto se retrouva ainsi, sans avoir rien compris, avec un duel sur le bras. Et manque de chance, il était tombé sur le plus grand excité de ce village (mis à part lui s'entend).
Il échappa de très peu à l'enchaînement de son adversaire. C'est alors qu'il se prépara à répliquer. Ne pouvant évidemment pas se laisser faire comme un imbécile.
KAGE BUNSHIN NO JUTSU
Près d'une dizaine de clones apparurent autours de lui...
Mais avant même qu'ils aient pu esquisser un mouvement. Un autre individu vint se mettre entre les deux belligérants.
Gai, tu t'arrêteras donc jamais de vouloir te battre avec tout le monde ?
Le jeune homme vêtu de vert chercha à le contourner.
Va t-en d'ici, je dois régler ce problème avec mes poings imprégnés de justice….
Je ne crois pas non….fit une autre voix plus douce.
Une voix provenant de la jeune fille qui accompagnait le garçon.
La « bête verte » s'écroula au sol.
Génial, ça a marché. S'écria l'arrivante. Un petit coup dans la troisième cervicale et au dodo. Faudra que je la note celle-là.
Bien joué Shizune-chan, s'écria le garçon en lui faisant un clin d'œil complice.
C'était pas si difficile, Asuma-kun. Rétorqua cette dernier. Si tu lisais plus souvent au lieu de jouer au Shogi tu saurais faire de même.
Ce fut une nouvelle surprise pour Naruto. A croire que l'ensemble de Konoha s'était mis en tête de lui faire accepter la vérité.
Asuma-sensei ? Shizune-chan ?
On se connaît ? demanda le premier qui n'avait pas raté les suffixes honorifiques. Je ne t'ai encore jamais vu au village. Comment t'appelles-tu ?
Uzumaki Naruto.
Il lui était particulièrement difficile de se présenter à des gens qu'il connaissait déjà.
Moi c'est Sarutobi Asuma fils de l'Hokage. Fit simplement le brun.
Et moi Shizune. Ajouta l'adolescente. J'aime beaucoup aider à l'hôpital.
Une lumière s'éclaira dans le cerveau embrumé du seul blond de la troupe.
L'hôpital ? s'écria Naruto qui tombait des nues. C'est vrai que j'ai rendez-vous ! Oh mon dieu 'ttebayo…..Mamy Tsunade va me tuer…
Il partit sans demander son reste. Ni l'addition pour les ramens…..
Oh il connaît la grande Tsunade, s'écria Shizune des étoiles plein les yeux.
Pour la jeune génération, il était bien connu que Shizune avait une véritable adoration pour la Sannin.
Il a l'air surtout un peu naïf. Tsunade-sama ne travaille plus à l'hôpital depuis ce fameux jour où….
Tais-toi ! chuchota Shizune effrayée. On pourrait nous entendre.
Les péripéties de la célèbre perdante étaient, en effet, un sujet tabou.
Il faudrait penser à payer l'addition, fit remarquer Teuchi un petit sourire en coin….
Il n'allait pas laisser passer le paiement de son meilleur client de la journée.
Tu as des sous ? S'enquit une voix effrayée.
Non et toi ? Répondit une autre voix effrayée quoique plus grave.
On est mal….
Ils l'étaient en effet.
Pendant ce temps, à l'hôpital….
Son état est stable Hokage-sama, il va se remettre et demain matin il pourra partir sans problème.
Le Sandaime Hokage écoutait le médecin discourir sur son nouveau patient.
Très bien…Puis-je lui parler ?
Je pense que oui….Ne le fatiguez pas trop s'il-vous-plaît. Fit l'homme de sciences avant de prendre congé.
Hiruzen entra donc dans la chambre et s'installa sur une chaise. Il avait hâte d'avoir, enfin, le dernier mot de cette histoire rocambolesque.
Hokage-sama…..je….
Le chef de clan semblait passablement épuisé.
Je ne veux vous fatiguer, Inoichi-san, mais que s'est-il passé ?
Je…il s'appelle vraiment Naruto Uzumaki et fait partie de Konoha….
Je vois.
Ce qui apparaissait comme une réponse affirmative ne fit, en fait, qu'empirer la situation. Parce que sachant cela, le chef de Village se devait maintenant de concevoir tout le reste. C'est-à-dire le voyage dans le temps.
Et ça, ce n'était pas, mais alors pas du tout, évident.
Et le meilleur dans tout ça, c'était que le blessé n'avait pas finis ses révélations.
Il a quelque chose en lui….une forme orange gigantesque qui m'a repoussée de son esprit. Une chose horrible avec une énergie malveillante.
Allons bon, voilà autre chose.
Quelle forme avait-elle ? Arriveriez-vous à me la décrire ?
Tout ce dont je suis assuré, c'est qu'il s'agit d'un renard gigantesque avec un chakra tellement maléfique que je n'ai pas d'adjectifs assez forts pour en parler.
L'association d'idées ne tarda pas.
Kyubi…..le démon renard à neuf queues…..Comment est-ce possible ?
Décidément, les problèmes ne cessaient de s'accroître.
Pendant ce temps devant le stand d'Ichiraku….
Gai étant parti faire trois fois le tour du village sur les mains pour se punir de son échec, Asuma avait finalement décidé de courir chez lui pour chercher de l'argent….
Et, après avoir payé la monstrueuse consommation, les deux camarades avaient commencé à discuter des événements de la journée.
Et plus particulièrement de ce blond que personne ne connaissait, dans la mesure où « personne » désignait eux-trois.
Il ressemble beaucoup à Minato-sensei , tu ne trouves pas ? murmurait Shizune qui avait un peu rougi.
Nombre de jeunes filles de Konoha avaient un penchant pour Minato Namikaze.
Effectivement, ces yeux bleus et cette couleur de cheveux ne sont pas si communs que ça. Approuva le jeune homme avec un ton d'érudit. Et puis, je ne sais pas si tu as remarqué, mais les clones qu'il a produits ne sont pas de simples illusions. C'étaient des vrais, avec une consistance.
Asuma, prit alors un air de conspirateur….
Ne le répète à personne, mais mon père m'avait parlé un jour de clones d'ombre. Une technique interdite réservée aux jônins. Tu crois que ce garçon est un jônin ?
Protestations de Shizune.
Impossible, Asuma-kun, il est bien trop jeune pour ça…..
Ça ne veut rien dire. Regarde Kakashi. D'après mon père, il pourrait bien être promu ? Sans oublier que…..
Il s'interrompit. Dans la rue marchait une fille de leur âge que Shizune ne connaissait pas. Asuma la regardait avec tant d'intensité qu'on aurait dis un aveugle qui avait retrouvé la vue. Se sentant observée, la jeune demoiselle les regarda à son tour, dévoilant des yeux rouges.
Tu la connais Asuma-kun ?
Pointe de jalousie. Vite effacée.
Non, pas du tout.
Des regrets. En grand nombre.
Bonjour, dit la nouvelle arrivante, je m'appelle Kurenai Yuhi, et vous ?
