Village de Konoha au Pays du Feu. Havre de paix, de prospérité, fierté de ses habitants. Bénéficiant d'un climat clément tout au long de l'année. Mais, depuis quelques jours l'activité qui caractérisait le fier Konoha semblait s'être éteinte. Il n'y avait plus aucun passant. Les magasins étaient fermés. Les volets et rideaux clos.
La guerre avait commencée. Les troupes étaient parties au front et les premières nouvelles faisaient état de lourdes pertes. Les bilans officiels quotidiens ne faisaient que renforcer le sentiment de terreur des habitants, les poussant à s'enfermer chez eux sachant très bien que si Konoha venait à perdre cette guerre, le village serait détruit et les habitants massacrés. Telle était la règle dans le monde des ninjas.
Pourtant, tous les combattants n'étaient pas partis vers le champ de bataille. Certains étaient restés pour protéger autant que possible le village en cas d'attaque ennemie. Guères plus qu'une dizaine, ces ninjas faisaient les 100 pas dans le village désert. Pour sûr ils n'avaient pas le meilleur rôle. Mais tous savaient à quel point leur rôle était important et ils n'auraient abandonné leur poste sous aucun prétexte.
Parmi les individus présent, trois pouvaient être qualifiés de ''supérieurs'' aux autres. Trois individus complètement différents physiquement. Il y avait deux hommes et une femme.
Âgés d'environ 40 ans, les trois se tenaient présentement dans un bar miraculeusement ouvert. La femme, de taille moyenne, mais dont l'imposante poitrine faisait la joie de son coéquipier, descendait bouteille de saké sur bouteille de saké devenant de plus en plus rouge elle s'appelait Tsunade Senju et était la petite fille du Shodaime Hokage, Hashirama Senju d'illustre mémoire.
L'un des deux hommes, en pleine contemplation des attributs de sa voisine était de grande taille et portait ses cheveux blancs jusqu'au bas de son dos, il s'appelait Jiraya et menait à bien ses recherches grâce à sa principale source d'inspiration.
Le dernier enfin semblait se désintéresser complètement des deux autres. Ne buvant ni ne mangeant, il regardait de ses yeux si semblables à des pupilles de serpent la rue déserte. Il s'appelait Orochimaru et était l'archétype du scientifique obnubilé par ses recherches macabres au désespoir de ceux qui l'entouraient.
Ces individus si atypiques avaient faits à de nombreuses reprises l'admiration de leur village. Les Sannins, les Trois génies, les Feuilles de Konoha…..Que de surnoms glorieux. Et ils les méritaient. L'une était spécialisée dans le ninjutsu médical, le second dans des techniques imprévisibles mélangeant ninjutsu, senjutsu et invocations de crapauds, le dernier dans les techniques interdites toutes plus dangereuses les unes que les autres et dans les serpents. Un tel niveau les avait classés dans les meilleurs ninjas du village. Mais ces dernières années, de nouveaux potentiels avaient émergés. Kakashi Hattake, Minato Namikaze, Shisui Uchiha,…..la jeunesse était décidément prometteuse.
D'ailleurs en parlant de jeunes….
- Dites donc, Tsunade, Oro-kun, vous n'auriez pas vu Naruto ? J'avais cru comprendre qu'il devait nous rejoindre.
- Pff ce gamin…renifla dédaigneusement Orochimaru.
- Tais-toi et reprend un verre Jiraya, renchérit Tsunade, tu me fais mal à la tête.
- Je vous trouve bien durs. Oro-kun, tu as vu comme moi son potentiel incroyable…
- Pas si incroyable que ça puisque ce trouffion irrévérencieux et impertinent refuse de le développer avec mon aide si généreusement proposée et….
- Oui c'est bon c'est bon on a compris, l'interrompit Jiraya pour l'empêcher de continuer à se lancer des fleurs. Ce n'est pas parce qu'il a refusé de devenir le cobaye de tes expériences débiles qu'il faut forcément...
- Tu n'y connais rien abruti, rétorqua violemment le serpent. Si tu t'intéressais à des choses intelligentes ça pourrait te servir sur le champ de bataille. Alors que ton espionnage des bains publiques….
Jiraya se leva brusquement et se lança dans une tirade des plus enflammées.
- Comment oses-tu dire ça Orochimaru-teme ! Si tu sortais de ton antre de temps à autre tu t'intéresserais à des choses humaines. Des vrais choses humaines, s'entend. Pas tes lubies prétendument scientifiques…
- T….t….t….taisez-vous tous les 4, mugit soudain Tsunade à moitié affalée sur le comptoir, laissez moi boooar…..zzzzz
- Et voila c'est reparti, soupira Jiraya.
Soudain une lueur malsaine s'alluma dans son regard. Il sortit de sa veste crayon, carnet et appareil photo.
- Magnifique, gloussa t-il, grâce à elle je vais pouvoir continuer mes recherches pour mon nouveau roman. Attention de ne pas la réveiller, mouah ha ha ! Je suis le plus intelligent et le plus malin.
Il ajusta son appareil photo et commença un croquis sous l'œil dégouté de son coéquipier.
Pendant ce temps…..à l'autre bout du village, l'individu source de la discussion des trois Sannins de Konoha était assis sur un banc.
Les pensées s'agitaient sous son crâne et lui causaient une migraine terrible. Tout cela était toujours vraiment dur à accepter. Même le passage d'un Jiraya volant et hurlant de douleur ne lui fit par tourner la tête.
Voila qu'il se retrouvait à l'époque de la Troisième guerre Ninja à côtoyer ses futurs senseï ainsi que sa famille. La peur de l'inconnu était omniprésente car il ne savait toujours pas quand et comment il rentrerait à son époque. Le jeune blond réalisait qu'il n'était pas vraiment à sa place dans le Konoha d'avant sa naissance.
Mais une question revenait. Pourquoi l'avait-on marginalisé une fois de plus ? Il soupira. Malheureusement, il connaissait la réponse. Son statut de jinchuriki le condamnait à rester isolé dans le village. Quelle ironie d'être non pas mis à l'écart par les habitants mais par les hautes autorités du Village. Il comprenait le geste de Sandaime qui n'avait pas voulu accéder à la demande de Danzo en faisant de lui une arme. Toutefois, cette solution était vraiment à double tranchant. Pourquoi ne pouvait-il pas combattre comme un simple ninja ? Pour la cinquième fois en une minute, au moins, il maudit le Démon Renard et l'exil qu'il lui imposait.
- Allons donc, répondit une voix démoniaque et moqueuse dans son esprit, tu renoncerais à la source de ta puissance ? Quelle bêtise…
- La source de ma puissance tu dis ? De ma haine, de ma tristesse, de mes soucis serait plus juste. A cause de toi j'ai blessé les gens que j'aimais comme Sakura-chan.
- Dégâts collatéraux, gamin. La puissance entraîne des sacrifices.
- Mais pas comme ça ! Renard stupide que tu es ! Pourquoi ne te contentes-tu pas de me donner ton chakra ? En plus de ça je dois me supporter ta misanthropie et ton ressentiment dont je n'ai absolument pas besoin. Garde ta haine pour toi. J'ai déjà suffisamment de soucis comme ça.
- Mon chakra est rempli de haine, gamin naïf. Tu croyais que ce serait si simple ? Chaque fois que tu l'utilises c'était dans un état de grande émotion. C'est ma nature profonde et ça ne changera jamais. Pour contrôler ma force il faudrait que tu parviennes à prendre toute la haine de 3000 ans de vie sur tes seules épaules. Ce qui est impossible pour le minuscule humain que tu es.
- Il faudra que tu apprennes à ne pas me sous-estimer Kyubi, répondit le blond avec un grand sourire. Je te l'ai déjà dis l'autre fois. Je t'en libérerai et tu pourras arrêter de grommeler dans mon esprit et me pourrir la vie. Même si ça doit prendre des années. J'y arriverai. Je chercherai la bonté en toi où qu'elle se cache. Je n'abandonnerai jamais.
- Tu es toujours aussi stupide. Après tu t'étonnes que Sasuke Uchiha ne veuille pas t'écouter. Pour cela il faudrait que tu comprennes son sentiment de vengeance. Alors que toi tu t'accroches à des idées utopiques qui n'existent pas dans le monde des ninjas.
Naruto fit un sourire triste mais la volonté était toujours présente dans son regard.
- Sur ce point tu n'as pas tort, Renard, il est vrai que je n'ai jamais vécu le sentiment de vengeance qui va l'habiter dans plusieurs années. Mais au fur et à mesure des années j'ai l'impression de le comprendre de mieux en mieux.
A des kilomètres de Konoha….
- Doton ! Retsudo Tenshou (Déchirure du sol) !
Un puissant séisme fit s'écrouler l'énorme rocher qui protégeait les ninjas de Konoha. Mais nom de nom qu'est ce qu'ils faisaient dans cette galère ? Et pourquoi fallait-il que ces ninjas galeux d'Iwa attaquent à Taki.
Taki…
Village des Cascades célèbre pour sa beauté. Entouré par une forêt impénétrable. Il faisait la joie du dirigeant actuel qui se satisfaisait pleinement de son petit domaine.
Du moins c'était avant….
Les ninjas d'Iwa en route vers Konoha étaient passés en force à travers la forêt à grands coups d'avalanches et de séismes. Et quand les ninjas adverses avaient mis leur techniques Katon dans la bataille les choses n'avaient fait qu'empirer et empirer encore. Le village était entouré de ruines et la forêt ne semblait être qu'un gigantesque brasier paraissant inextinguible. Dégâts collatéraux aurait dis Kyubi….
Les techniques se succédaient les unes aux autres sans pouvoir, semblait-il, venir à bout du camp adverse. Jets de kunaïs, de shurikens….choc d'un rocher s'écrasant sur le sol et causant des dommages considérables, crépitements d'un jet de flammes. Et pire que tout….les cris atroces provenant des nombreux blessés situés dans le no man's land séparant les deux camps. Hurlement de détresse, de douleur et de peur. Supplications destinées à leurs coéquipiers, les implorant de venir les aider. Telle était l'horreur de la guerre. Il fallait endurcir son cœur et ne pas céder aux sentiments humains. Un ninja n'a pas d'émotions. Il n'est qu'une arme au service de son village.
Konoha
Naruto venait de prendre sa décision. Une décision lourde de conséquences. Il allait partir combattre. A partir de ce moment présent, le futur allait totalement être bouleversé.
Il attacha son bandeau puis se dirigea vers la sortie du village. Au moment de passer la grande porte, il fut interpellé par deux chunins.
- Et toi ! L'hokage nous a interdit de sortir du village.
- L'Hokage a peut être agi en véritable stratège, répondit le blond, mais il ne me connaît pas totalement. S'il s'imagine une seule seconde que je vais laisser les gens de mon village se faire tuer il se trompe.
- On se fiche de tes raisons. Les ordres sont les ordres, point.
Naruto fronça les sourcils.
- Ne m'obligez pas à faire ce que je regretterais.
- Viens essayer !
"Naruto se détourna, il n'avait pas fait tout ce chemin pour s'arrêter là.
- Kage Bunshin no jutsu !
1000 Naruto apparurent.
- Vous ne me retiendrez pas comme ça !
Une bataille allait commencer.
Soudain une voix provenant de l'autre côté de la porte les interpella, stoppant toute hostilité.
- Laissez le partir. Il ne renoncera pas à faire ce qu'il veut. Inutile d'essayer de le retenir.
- Jiraya-sama ?
- Ce nindo de ne jamais abandonner. C'est aussi le mien. Tu es bien mon élève Naruto, vas-y ! Je m'occuperai du vieux Sarutobi.
- Merci….Ero-sensei.
Le blond passa devant eux avant de sortir du village sous le regard fier du Sannin. Puis il se concentra pour faire apparaître les cernes du mode Sennin afin de sentir les chakras et s'orienter vers le champ de bataille.
- Il est plus que temps que j'entre en scène.
Il avait réussi. Il était enfin sortit du village. Mais, même dans son pire cauchemar, il n'aurait jamais imaginé ce qui l'attendait…
La volonté de celui qui n'a jamais abandonné, le Nindô d'un vieil ermite pervers transmis à travers le temps à son apprenti.
Le désir enflammé de se battre pour sauver ce qui nous est chers.
Le courage immuable de vouloir changer le monde et le destin des individus.
L'expérience acquise à travers un passé douloureux et la nécessité d'empêcher l'Histoire de se répéter.
Le respect enfin d'une phrase, d'une valeur, d'un credo : « Ceux qui désobéissent aux règles sont des moins que rien, mais ceux qui abandonnent leurs amis sont pire que des moins que rien ».
Tout cela était contenu en le jeune homme qui fonçait en direction du champ de bataille le plus proche. Un garçon blond aux yeux bleus qui venait du futur. Un descendant des Uzumaki du Village des Tourbillons au Pays des Remous et des Namikaze, deux familles somme toute peu connues au sein de Konoha le Village des Feuilles mais qui n'en étaient pas moins incroyables.
Son nom était Naruto…
Environs du Village de Taki
La majorité de la population de la Cascade s'étaient réfugiés sous l'arbre millénaire recouvrant de ses ramures la quasi-totalité du Village. Le géant feuillu avait connu un grand nombre de batailles dans sa longue existence de végétal. De fait la population avait pris l'habitude de se réfugier entre les racines démesurées à chaque conflit de grande envergure. Et ce qui se déroulait à quelques centaines de mètres du Village ne faisait pas exception à la règle.
- KATON : ENDAN !
Une boule de feu fut expectorée par un ninja de la feuille et lancée en direction d'un petit groupe de chunins d'Iwa. Le bruit de la chair carbonisée retentit dans l'air, masquant quasiment les hurlements de douleur des soldats touchés.
- Nous ne pouvons plus continuer ainsi, s'écria un Jonin du Village de la Roche, prévenez le QG. Nous sommes cernés par deux cohortes. Dîtes au Tsuchikage que nous nous replions vers la combe Darako.
- A vos ordres !
L'instant d'après un faucon partait du champ de bataille, apportant avec lui son lot de questionnements et de demandes de renforts.
Plus loin dans la campagne environnante.
Quartier général de l'armée de Konoha. Les ninjas s'affairaient comme des fourmis, entrant sortant. Des faucons-messagers provenant de tous les coins du front arrivaient régulièrement, apportant informations, demandes de renforts. C'était le centre névralgique de Konoha, là où était décidé de la stratégie à adopter.
Un nouvel oiseau replia ses ailes avant de se poser. Aussitôt le formidable mécanisme qui régissait toute l'organisation du bâtiment se mit en marche. La sacoche fut ouverte par un chunin spécialisé. Lequel sortit le rouleau, le tendit à son collègue puis s'occupa de l'oiseau. Le collègue en question, un autre chunin posa le rouleau sur une table déjà surchargée avant de rompre le sceau avec un signe des doigts.
- Missive de troisième classe, zone 354, Shikaku Nara. Articula t-il de la voix concise et monocorde de celui qui a passé toute sa journée sur ce travail.
Arrive alors un troisième ninja qui prend le pli et se précipite vers les étages en direction du bureau du destinataire. Et quel destinataire…Une pointure de la stratégie militaire traitant de plusieurs dossiers en même temps, parlant à 4 personnes à la fois et utilisant toutes les ressources que lui offraient sa mémoire colossale et son intelligence sans commune mesure (on murmurait à Konoha qu'il avait près de 250 de Quotient intellectuel).
Pourtant, à ce moment précis, Shikaku Nara était las, las et encore las…..Le diable emporte la meute bruyante qu'il devait se coltiner depuis des heures. Comment voulez-vous exercer votre rôle dans la bataille en étant entourés de chunins dubitatifs ?
- Mais Nara-san, vous êtes vraiment sûr que nous devons envoyer l'unité 2 en renfort ?
- Oui, soupira le stratège à coupe d'ananas, j'en suis certain.
- Mais pourtant, l'avancée de nos troupes est significative et d'autres fronts réclament notre attention.
- Erreur, cher ami. Répondit posément le chef de clan. Les troupes d'Iwa sont idéalement placé pour une guerre d'usure. La région leur est favorable. S'avancer plus c'est se mettre à portée de leur jutsu doton.
- C'est pour ça que je pose la question. Pourquoi devoir continuer sur cette zone si nous n'y pouvons rien faire ?
- Sishikawari-san, si vous laissez un animal sauvage sans surveillance dans un jardin et il s'échappera ou pire attaquera. C'est la même chose ici. Je ne peux décemment ordonner aux troupes de se retirer car cela nous serait fatal. Cette bataille est décisive car si nous parvenons à contrôler ce carrefour stratégique, les vivres pourront parvenir beaucoup plus rapidement à notre avant-garde et donc….
La porte s'ouvrit brusquement. Notre messager entra en courant.
- Une dépêche pour vous, Shikaku-san, elle provient de la zone 354.
- Je vous remercie.
Le chunin s'inclina et sortit.
- Tiens donc, reprit le Nara avec un léger sourire, nous parlions justement de cette zone il y a un instant.
Il ouvrit le parchemin et le déroula sur la table. Retentit alors son exclamation fétiche.
- Galère…
Ce soupir que les mauvaises langues prétendaient se transmettre de génération en génération chez les héritiers masculins du clan Nara était la marque de Shikaku autant que le « dattebayo » était celle de Naruto. Car en effet, aussi étonnant que ça puisse paraître, le chef de clan était d'une nature relativement paresseuse et aimait à regarder le vent passer entre les feuilles des arbres. Et même l'intelligence au maximum de ses capacités, la perspective de plus de travail ou d'une contrariété non espérée ne pouvait que le faire soupirer.
- Que se passe t-il, Nara-san.
- Iwa a eu le temps de se barricader derrière la forteresse naturelle dont nous parlions préalablement.
- Ne pouvons-nous pas la reprendre ?
- Ils ont renforcé la place avec des techniques de l'élément Terre. Autant dire que c'est imprenable….galère de galère….
- Que doit-on faire alors ?
Shikaku se leva et se tourna vers la carte gigantesque de la région étalée sur une table rectangulaire. Il observa chaque précipice, chaque colline, chaque bosquet.
- Nous sommes dans une situation on ne peut plus problématique. Le fait qu'ils occupent ce lieu contrarie grandement mes plans. Ce qui va m'obliger à envoyer des renforts sur place.
- L'unité 4 est on ne peut plus indiquée…Ils sont spécialisés dans la longue distance.
- Ce serait une erreur. Les attaquer de loin est inutile car nous avons affaire à une forteresse naturelle de type granitique dopée au Doton. Nos attaques longue-distance ne percerait pas la moindre brèche …
- Mais….
- Silence.
Le chef de clan n'avait pas haussé la voix, mais son ton montrait clairement que c'était lui qui commandait et qu'il ne fallait pas l'interrompre.
Les yeux rivés sur la carte, il cherchait laquelle des dizaines de stratégie qu'il connaissait par cœur pouvaient être utilisée ici. Dans sa tête, toutes les données étaient scrutées minutieusement. En quelques secondes, près de 4 scénarii lui vinrent à l'esprit. Il en écarta un qu'il jugea un peu téméraire.
- Bien, déclara t-il finalement, voila ce que nous allons faire…..
Champ de bataille un peu à l'écart.
Deux ninjas de konoha, rescapés d'une attaque sanglante étaient attaqués par un groupe de soldats d'Iwa. Le sol était jonché de corps car les deux factions s'étaient livrées à un combat à mort.
Les deux chunins de la feuille ne se faisaient aucune illusion, ils allaient mourir. Mais il ne sera pas dis qu'ils n'auront pas fait de leur mieux. C'est armés de cette résolution qu'ils sortirent des kunais, gestes vaincs mais drapés d'une dose de courage et de détermination.
La troupe d'Iwa se jeta sur eux….
Ils en abattirent un, puis deux….mais au fur et à mesure, des blessures légères restreignirent leurs mouvements. Dans un dernier sursaut ils bondirent en arrière.
Il y eut soudain une luminosité inhabituelle suivie d'un bruit particulièrement aigu.
Tout le monde leva la tête, cherchant l'origine de ce son inconnu.
Loin, très loin au dessus d'eux se tenait un individu habillé d'orange et noir sous une cape rouge. Et au dessus de lui il y avait un shuriken mais pas n'importe quel shuriken. Celui-ci semblait être fait de vent et de lumière. Il repoussait les nuages aux alentours. C'était cette technique qui produisait ce son strident. L'ensemble dégageait une impression de démesure.
Le temps semblait s'arrêter tandis que le curieux individu tendit le bras et d'un geste souple lança son curieux shuriken.
- FUTON : RASEN-SHURIKEN
L'attaque gargantuesque s'écrasa sur le sol sans laisser aux ninjas d'Iwa le temps d'esquiver. Le sifflement du vent se transforma en un bruit monstrueux tandis que le shuriken se muait en sphère géante détruisant tout dans un périmètre proche.
Les ninjas de Konoha, hébétés regardèrent la puissante attaque achever son œuvre de mort.
Devant eux, l'individu qui les avait sauvés atterrit. De dos, on ne voyait que sa cape rouge à flammes noires et l'épais rouleau qui y était attaché.
Mais quand il se retourna, et juste avant de s'évanouir de fatigue, les deux ninjas purent distinguer des cheveux dorés, des yeux bleus et un sourire rassurant.
- C'est l'Éclair Jaune de Konoha ….
La silhouette parut décontenancée, mais sa surprise ne dura qu'un court instant. Elle leva un pouce victorieux et s'écria :
- Allez, j'y vais. Soignez-vous bien dattebayo.
Frontière du Pays du feu
- Bon sang ! A ce rythme là je n'y serais jamais à temps ! Ils vont m'assassiner. Non,….je peux y arriver.
Un jeune homme de 13-14 ans sautait d'une branche à l'autre à toute vitesse manquant de se prendre un arbre en pleine tête.
Il portait une veste bleue bordée d'orange sur laquelle était imprimé le blason en forme d'éventail du célèbre clan Uchiha. Ses cheveux noirs caractéristiques étaient coiffés en pics. Les onyx de son regard étaient cachés sous une espèce de masque de plongée dont l'utilisation en ce lieu soulevait bon nombre de questions.
Apparemment en retard, notre jeune Uchiha faisait de son mieux pour se dépêcher. Par contre il n'avait absolument pas prévu la liane se trouvant sur la branche. Se prenant le pied dedans, le ninja fit une longue courbe avant de se vautrer par terre.
- Oh ma tête…je crois que je vais rester assis un moment….
Une voix glaciale le tira de sa léthargie.
- Tu es en retard, obito.
Devant lui se tenait un autre ninja, de son âge. Il portait une tenue proche de celle des Forces Spéciales, avec des protections aux poignets sur un ensemble bleu gris. Un court sabre dépassait de ses épaules. Immédiatement reconnaissable à ses cheveux gris clairs, il dardait pour l'heure un regard méprisant sur son camarade à terre.
- Tu plaisantes Kakashi ! Il est moins une sur ma montre.
- Faux. Nous avions rendez-vous à 14h et il est 14h02. Un ninja digne de ce nom doit toujours respecter à la lettre les règles du groupe. C'est primordial.
- C'est-à-dire que…..j'ai croisé une grand-mère en venant et elle avait besoin que je l'aide à faire descendre son chat d'un arbre et….
- Arrête, trancha Kakashi, tes histoires ne m'intéressent pas. Tu nous sors ces excuses stupides à chaque fois. Je n'y crois pas une seule seconde.
Un second individu se leva et posa gentiment sa main sur l'épaule de l'accusateur.
- Voyons, ne dis pas ça Kakashi. Si Obito a aidé une vieille femme c'est une bonne chose.
Jonin du village de Konoha, Minato Namikaze était le plus âgé du groupe. Ses cheveux blonds frémissant au grès des brises, il portait sur ses deux élèves un regard bleu océan empreint de compassion et de générosité.
- Vous êtes trop indulgent Minato-sensei, rétorqua kakashi, un ninja qui ne respecte pas les règles n'est rien d'autre qu'un déchet pour moi.
- Et la gentillesse tu sais ce que c'est Kakashi ? s'insurgea Obito devant tant de mépris. Ah mais non j'oubliais….môssieur Kakashi qui ne vit que par et pour le Code Ninja a de la glace dans les veines.
Alors que « môssieur Kakashi » s'apprêtait à rétorquer, la quatrième personne du groupe prit à son tour la parole d'un ton concilliant.
- Allez, arrêtez tous les deux. Tout ça est vraiment ridicule. On fait partie de la même équipe après tout.
Elle s'appelait Rin et était la seule fille du groupe. A à peine 13 ans, on pressentait qu'elle serait une femme magnifique dans quelques années.
Très calme elle tentait (souvent vainement) d'améliorer les relations au sein du groupe.
- Tu es trop gentille avec lui toi aussi, Rin. Je te rappelle que c'est un jour très important pour moi.
- Je sais je sais….
- Pardon, s'écria Obito, de quoi tu parles ?
- Mettons-nous en route, intervint Minato, nous avons du pain sur la planche et la route sera truffée d'embuches. Nous en parlerons en marchant.
