Bonjour !

Je voulais remercier ceux qui ont reviewé le premier chapitre, normalement je fais ça par mp, mais je sais pas pourquoi, là j'ai pas eu le reflexe pour tout le monde.

Donc merci à toi, Kazuma pour ta review encourageante !
Fitz, je sais pas ce que tu entends par Ship hors norme, j'espère que tu ne seras pas déçue XD et oui, j'ai mis du classique et de l'hétéro afin que le tout reste crédible et cohérent.
Mana et compagnie, Aliena wyvern, Smiling love et Maman Bouba, merci, vraiment, je ne sais pas si tout le monde se rend compte à quel point recevoir des reviews, n'importe lesquelles, même un simple petit mot pour dire qu'on est passé par là et qu'on a tout lu jusqu'à la fin ou bien un gros pavé sous forme de dissertation pour relever les point positifs, les points à améliorés et les points négatifs, c'est encourageant.

Surtout quand on est, comme moi, une grande stressée de la vie et que, en plus, on poste une nouvelle histoire dont le premier chapitre ne ressemble à rien et que le deuxième est encore pire, mais rassurez-vous, je pense pouvoir assurer que le troisième rattrapera le niveau !

Sur ce, bonne lecture !


oOo


Le menton pratiquement posé sur le bar, les yeux à la hauteur du verre et louchant presque, Dwalin dosait son mélange avec parcimonie, c'était à se demander s'il ne comptait pas les gouttes d'alcool qui se mêlaient dans ce liquide à la couleur du souffre.

Lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, il jeta un œil à l'horloge et haussa un sourcil en se rendant compte qu'elle avait pratiquement rattrapé son retard durant la nuit et qu'elle montrait presque la demi-heure de sept heures. Il ne montra aucune expression et termina de remplir le verre sans se déconcentrer, conscient que son client matinal s'était assis au bar et attendait presque poliment son attention, si l'on oubliait le tapotement neveux de ses doigts sur la surface de bois et les soupirs exaspérés qu'il laissait échapper.

— Tu es en avance ce matin, que t'arrive t-il, Frérin ?
— Je voulais partir avant que la fille avec qui j'ai passé la nuit se réveille...
— Une nana dont tu ne te souviens même pas du nom, j'imagine.

Le blond haussa les épaules et observa l'air concentré du barman qui louchait sur la composition de son verre. Ce dernier sentit l'humeur maussade du plus jeune et il lui lança un regard en coin.

— En tant normal, tu aurais attendu son réveil pour t'arranger de la faire culpabiliser d'avoir trompé son mec avec un connard comme toi.
— Sûrement, c'est la partie que je préfère.
— Mais ?
— Mais je commence à saturer, elles se ressemblent toutes, c'est affligeant.
— Il serait temps que tu innoves, Don Juan.

Frérin leva les yeux au ciel en soupirant, puis son regard tomba sur l'emploi du temps que Thorin avait accroché au bar et il poussa un nouveau soupir de désespoir.

— Bordel... Je déteste les mardis.
— Je sais, tu dis ça toutes les mardis matins.

Frérin resta silencieux quelques instants, puis un sourire étrange vint flotter sur ses lèvres :

— Dis moi, Dwalin, tu ne voudrais pas me rendre un petit service aujourd'hui ?
— Quel genre ?
— Je sais que mon frère et toi passez beaucoup de temps autour de ce bar pour élaborer des coktails plus ou moins... buvables... Ca ne te dérangerait pas de... Charger un peu les doses ?

Dwalin fronça les sourcils en comprenant immédiatement où Frérin voulait en venir - KO de Thorin par l'ivresse - et il reposa brusquement ses bouteilles sur le bar, pointant un doigt menaçant sur le plus jeune.

— Hors de question ! Tu le connais aussi bien que moi…
— Justement, c'est pour cela que je te demande de corser ou bien d'augmenter les doses… S'il te plait, juste pour aujourd'hui.
— C'est non ! Je n'amènerai pas Thorin à l'ivresse !
— Tu es sûr ?
— Certain.
— Dis-moi, est-ce que tu connais quelque chose de certain, ou du moins, à défaut d'autre chose, que tu connaisses comme certain que justement il n'y a rien de certain ?
— Pardon ?
— Qu'est-ce qu'il y a dans ce verre ?
— Rhum, vodka, cognac.
— Es-tu certain que les doses sont équilibrées ?
— Je…
— Il faut goûter pour cela.
— Pas forcément.
— Si, il le faut. Et une fois qu'il l'aura gouté, il aura besoin d'un deuxième, avec de la téquila et du whisky en plus.
— Ca va le mettre à terre !
— Je le ramasserai, ne t'inquiète pas.
— Pour en faire quoi ?

Le philosophe écarquilla les yeux, comme s'il ne comprenait pas pourquoi Dwalin avait l'air de se défier de lui, la réponse était tellement évidente.

— Le ramener à la maison, voyons ! Et profiter ainsi de ne pas l'avoir sur le dos aujourd'hui, j'ai quatre heures de logique épinémidienne cette après-midi, je déteste ce cours et il le sait, à un point où il est encore plus redoutable que d'habitude. Si tu ne le soûles pas, je n'ai aucune chance d'y échapper… Allez, fais moi confiance !
— Non, parce que tu mens comme tu respire.
— Oui, bien sur, j'adore mentir, je ne fais que ça, d'ailleurs ça aurait pu être mon passe temps préféré, mais je préfère quand Thorin me court après, et puis je ne mens pas toujours, aujourd'hui, par exemple, je dis la vérité.

Dwalin le regarda suspicieusement, essayant de démêler le vrai du faux dans les paroles du jeune frère de son meilleur ami. Quelle était la vérité ? Mentait-il dans chacune de ses paroles ? Dans ce cas, sa dernière phrase était fausse, non, vraie, du moins, cohérente… Quoique… Mais cela voudrait dire qu'affirmer qu'il préférait quand Thorin lui courrait derrière était faux, à moins que ce ne soit la première phrase qui soit un mensonge, dans ce cas, la dernière pouvait être vraie. Et puis s'il disait qu'il ne mentait pas toujours, cela voulait dire qu'il mentait lorsqu'il admettait qu'il mentait tout le temps. Son mensonge était donc faux, mais était-il possible de mentir en mentant ? Surtout que, si il mentait effectivement tout le temps, il mentait donc lorsqu'il disait dire parfois la vérité, donc, il avouait qu'il mentait réellement tout le temps et qu'il y avait de quoi s'inquiéter pour Thorin.

Mais si c'était la dernière phrase qui était la vérité, alors la première était un mensonge et il en revenait au point de départ : pouvait-on mentir en mentant et surtout : à quel point Thorin était-il en danger ?

Sentant venir la migraine alors que la journée n'était même pas commencée, il secoua la tête en se demandant encore une fois qui avait eu l'idée saugrenue de mettre ce gosse en fac de philo, déjà qu'il possédait un caractère imbuvable, maintenant, depuis qu'il était sur cette voie, il utilisait tout ce qu'il apprenait dans ses cours pour pourrir la vie des consommateurs du Shari Vari.

— Ton frère supporte remarquablement bien l'alcool, c'est indubitable. Surtout, il connaît ses limites. Le mener à l'ivresse est bien l'une des choses les plus difficiles qui soit.
— Et toi seul es en mesure d'accomplir cet exploit…
— Je ne vois pas pourquoi je ferai ça. Je peux tout aussi bien le retenir ici et l'empêcher de te courir après si tu cherches à sécher.
— Comme si tu en étais capable…

La manière orgueilleuse qu'usa Frérin pour répondre piqua Dwalin, qui gonfla la poitrine en relevant le défi.

— Je peux te jurer tout ce que tu veux que je saurai l'empêcher de te courir après, sans avoir à le faire boire !
— On pari ?
— Tout ce que tu veux !
— Tout ce que je veux ?

Dwalin serra les lèvres en se traitant d'abruti. Dans son sursaut pugnace, il avait oublié à qui il avait à faire, mais il était trop tard maintenant pour faire marche arrière.

— Dans la mesure, du raisonnable…

Le sourire de Frérin qui s'agrandit lui renvoya des frissons glacés le long de son échine et il se figea lorsque la belle main du jeune Philosophe s'empara du verre, le porta à ses lèvres et le bu d'une traite avant de le reposer sur le bar d'un geste implacable.

— Très bien, tout ce que je veux, de toute manière, c'est une après-midi tranquille, donc si tu parviens à le garder ici, tu auras toute ma reconnaissance et j'accepte de faire ta plonge pendant une soirée.
— Trois !
— Deux !
— Tenu, mais t'as intérêt à faire ça correctement, pas comme Boromir qui me laisse des traces de doigts à chaque fois ou Kili qui me casse un verre sur deux !
— Très bien, donc j'accepte de faire la plonge si toi tu es capable de le garder ici cette après-midi. Sinon, s'il fait mine de partir à ma recherche avant 16h, à ma montre et non à ta pendule détraquée, tu auras perdu et tu devras donc faire les choses à ma manière et le souler, ce qui arrivera j'en suis certain… Et tu m'enverras un sms quand il sera ivre, je ne voudrais tout de même pas le laisser ici dans un état indécent…

Son sourire insolent accroché aux lèvres, Frérin lui envoya un clin d'œil malicieux et fit demi-tour sans se préoccuper d'attendre la réponse de Dwalin.
Celui-ci avait trop d'honneur pour revenir sur sa parole : Thorin ne l'embêtera pas cette après midi, quels que soient les moyens employés.

Le jeune étudiant s'en fut vers le campus d'un pas léger. Il n'avait pas menti lorsqu'il avait affirmé détester le cours de l'après-midi et il n'avait aucunement envie de s'y rendre. A celui du matin non plus, d'ailleurs, il ne voulait pas aller. Le problème, c'était qu'il n'avait rien d'autre à faire.
Passer ses journées au Shari Vari ne le rebutait pas, mais il y avait Thorin, et il savait que lui et son frère étaient incapables de rester dans la même salle sans finir par se chercher des noises. Lui, du moins, n'arrivait pas à tenir tranquille en présence de son ainé, il avait découvert que rien ne le mettait plus en joie que de le faire sortir de ses gongs, et, apparemment, il semblait être le seul à posséder ce pouvoir, si l'on oubliait Bilbo, mais le problème de Bilbo, c'est qu'il ne le faisait jamais exprès.

Il avait confiance en Dwalin pour lui arranger un après midi libéré. Bien entendu, il était persuadé que le barman ne pourra pas retenir Thorin sans utiliser tout l'alcool qu'il avait à sa porté, mais Frérin n'avait jamais vu son frère ivre et il estimait que s'occuper de lui sera bien plus drôle que survivre aux quatre heures du professeur Bombadil.

Il commença à ralentir sa marche alors qu'il approchait de la salle de TD, l'endroit où, généralement, il tournait les talons pour prendre la fuite jusqu'à la cafétéria de la fac où il commandait une crêpe en attendant Thorin, qui ne tardait jamais à venir vérifier qu'il était bien en cours. Il finit par s'arrêter complètement, et réfléchit rapidement. Rien ne lui faisait plus plaisir que lorsque le plus vieux lui courait après pour le trainer en cours, mais il adorait aussi le déstabiliser. Il ricana intérieurement et ajusta son sac très léger qui contenait au mieux, s'il ne les avait pas oublié, un stylo bic et quelques feuilles de papier. Puis il pénétra dans la salle, soulevant des hoquets de surprise de la part de ses trois camarades et du professeur, tous habitués à le voir arriver de manière toujours plus fracassante, balancé de force sur la première chaise libre venue par Thorin Ecu de Chêne, qui avait le mérite d'être bien plus assidu en cour que le jeune étudiant qui lui servait de frère. L'ainé, à force de roder dans cette fac, connaissait les professeurs et les quelques élèves au moins aussi bien que Frérin, ainsi que les lieux et les horaires.

Lorsqu'il s'assit au premier rang, à l'heure en plus, Radagast resta bouché bée quelques secondes avant de se reprendre et d'annoncer le sujet du jour tandis que Frérin sortait avec sérieux son matériel après avoir envoyer un sms à Bilbo :

« Si tu le vois, dit lui qu'il n'a aucune chance de me trouver ce matin.

La réponse de Bilbo fusa presque immédiatement :

— Il était avec moi au SV, il arrive, j'espère que t'es bien planqué.

Le plus jeune ricana intérieurement en répondant.

— Il ne pensera jamais à venir voir ici… ».
— A ton avis, il est où ?

Accoudé à son bar, Dwalin nettoyait distraitement quelques verres tandis que Bilbo conversait avec Frérin. Le plus petit haussa les épaules, comme si lui pouvait le savoir.

— Tu n'as pas cour aujourd'hui ?
— A 8h30.
— 8h30 ?
— hn.
— Tu devrais peut-être partir alors.
— Pourquoi, il me reste encore 10 m…. Ho purée !

Regardant l'heure sur son portable, Bilbo remarqua que le cours était déjà commencé et il s'en alla en courant. Dwalin rigola encore pendant un bon moment en se disant que, quand même, vu la foule d'étudiants qui passait ici, il serait peut-être tant de régler son horloge ou bien d'en acheter une nouvelle. Mais il adorait les voir s'enfuir précipitamment lorsqu'ils se souvenaient qu'ils ne devaient pas se fier au doigt de Patrick qui avançait à son propre rythme. Il passa ensuite en arrière cuisine pour récupérer l'immense colis que Gandalf lui avait apporter la veille et le posa sur son comptoir pour le déballer en sifflotant. Il s'agissait d'un gigantesque écran plat de dernière génération qu'il s'était offert avec ce que lui avaient rapporté toutes les tournées des étudiants en fac de science politique, Aragorn, Eomer et Boromir, durant le mois. Il accrocha la télé au mur face au comptoir et il était en train de faire les derniers branchements lorsqu'un habitué descendit les escaliers.

— Besoin d'aide ?

Dwalin leva les yeux au ciel lorsqu'il reconnu la voix du représentant des forces de l'ordre et il recracha le fil qu'il avait dans la bouche pour répondre cordialement:

— Merci, mais j'ai fini.

Effectivement, le dernier raccord fut fait et il sauta au bas de son tabouret, pointa la télécommande et alluma l'écran sur le clip d'une nouvelle chanteuse en perdition. Ravi, il se tourna vers l'officier de police qui regarda un instant la vidéo d'un œil blasé avant de suivre Dwalin pour s'installer au comptoir.

— Alors Haldir, quels sont les nouvelles du quartier ?
— Madame Mortimer s'est encore plainte du bruit hier…

Haldir avait annoncé la chose sur un ton désespéré qui amusa Dwalin alors qu'il posa une tasse de café devant le flic.

— Je croyais qu'elle était sourde celle là !

— Pas suffisamment apparemment…
— Mais elle habite à l'autre bout de la rue !
— Je sais, mais tu commences à la connaître… Je n'arrive toujours pas à savoir si elle se plaint parce qu'elle est frustrée de ne pas être invitée à vos soirées ou bien si personne ne lui a tapé dans l'œil au poste de police…
— Cherche pas, elle est folle amoureuse de toi, toute la rue est au courant…

Le policier le regarda avec un tel air affligé que le barman rigola, mais le regard qui se durcit lui fit ravaler son rire.

— Dans ce cas, je vais vous demander de faire moins de bruit et de ne lui donner aucune raison de revenir au poste, sinon, je te fous une amende pour tapage nocturne.
— Comment ? Mais on ne fait aucun bruit, tu peux demander à Gandalf, il habite juste au dessus ! On est dans une cave, le son ne filtre pas à l'extérieur !
— Veux pas le savoir… T'as qu'à l'inviter à la prochaine soirée, elle ne pourra pas se plaindre comme ça. Moi, je veux plus la voir.

Haldir fini son café d'une traite et se leva en posa quelques pièces sur la table. Il s'en alla sans se soucier de fracas que fit le front de Dwalin en percutant le bar, mais, arrivé en bas des marches il sembla se souvenir de quelque chose et se tourna une nouvelle fois vers le barman qui avait toujours le visage ancré dans le bois du comptoir.

— Au fait, si tu vois Bilbo, pourras-tu lui demander de passer au poste ?
— Il a fait une bêtise ?
— Non non, j'ai simplement deux ou trois choses à lui dire…
— A propos de…
— Oui.

Haldir n'en dit pas plus et grimpa les marches qui menaient à la sortie et Dwalin fronça les sourcils en se demandant dans quoi le plus petit avait bien pu s'enfourner une fois encore. L'emplois du temps de son cursus d'histoire lui laissait encore trop de temps libre et ce petit filou s'était accoquiné avec Gandalf, qui n'était pas si impotent que ça malgré ses airs de gentil vieux bonhomme. Le barman avait compris que ces deux là s'intéressaient à quelques affaires louches qu'ils infiltraient pour ensuite écrire des reportages sombres et audacieux, amenant plus d'une fois les acteurs derrière les barreaux pour corruption, trafic de drogue ou d'humain et, parfois même, pour meurtre ou tentative de meurtre. La sagacité de gandalf conjuguée au courage et à la poignante écriture du plus jeune leur avait permis de sortir quelques articles digne des meilleurs romans policiers et leur nom de plume, Mithrandir, commençait à se faire connaître de beaucoup de monde, que ce soit des éditeurs, maisons de presse, lecteurs ou, malheureusement, quelques-unes de leurs victimes ou des malfrats de la ville qui commençaient à les haïr. Et les quelques consommateurs du Shari Vari qui étaient au courant commençaient à se faire du soucie pour Bilbo qui, malgré les précautions de Gandalf, manquait régulièrement de se faire repérer lors de ses investigations et, une fois ou deux, seule l'intervention d'Haldir et de ses hommes l'avait sorti de très mauvais pas.

Dwalin haussa les épaules et se concentra de nouveau sur sa télé. Il passa la matinée à faire les derniers réglages, bientôt rejoins par Fili qui lui donna un coup de main, puis Merry et Frodon. Au alentour de midi, le bar se remplit soudainement, comme tous les jours et Dwalin distribua le plat du jour : des sandwichs qu'il avait commandé à la boulangerie le matin même. Tout le monde s'extasia sur l'écran plat et, bientôt, une guérilla s'engagea pour la possession de la télécommande. Les élèves avocats cherchèrent à s'en emparer en jouant de rhétorique et d'élocution, ceux de sciences Po en firent de même. Frérin se lança dans la joute orale et instaura en ses interlocuteurs un doute viscéral quand à la nécessite de posséder un tel instrument et la responsabilité qui en découlait. Dwalin remporta la manche en tapant sur tout le monde et lança la télécommande à Thorin qui décréta qu'il sera le seul maitre de l'écran à partir de ce jour. Néanmoins, le plus vieux céda aux pupilles eyes de Bilbo qui lui annonça d'une voix suppliante que Sherlock, la série dont il était fan, passait en ce moment sur l'une des chaines principales.

A 14h, la salle était vide, restait seulement Fili, qui n'avait pas cour l'après midi mais un gros dossier à rendre dans la semaine, alors il occupait discrètement la table du fond, perdu dans ses livres et sa tablette tactile. Thorin revint de la fac de Philo peu de temps après et s'assit au bar, fatigué par la matinée qu'il avait passé.

— Au final, tu ne sais toujours pas où il était ce matin ?
— J'ai retourné la ville entière… Et ce connard était tout simplement dans sa salle de cour, depuis 8h…

— Haha ! Il t'a bien eu ce con !
— A qui le dis-tu… C'est quoi le programme de l'après-midi ?
— Goutte-moi ça, tu m'en diras des nouvelles !

Dwalin fit glisser son mélange Rhum, Vodka, Cognac auquel il avait ajouté quelques gouttes de Gin pour améliorer le goût. Thorin y trempa ses lèvres puis, à l'instar de son frère le matin même, il siffla le mélange d'une traite.

— Pas mal, mais tu devrais équilibrer les doses ou mettre un rhum moins puissant.
— Je peux gouter ?

De la table du fond, Fili, qui s'était fait oublier, lança un regard suppliant à ses ainés, mais Thorin le rembarra sèchement :

— Non, toi, tu fais tes devoirs !

Le plus jeune maugréa soulevant le rire de Dwalin, puis ils se remirent à discuter du cocktail, plutôt simple, pour une fois. Ils burent chacun un nombre incalculable de verre jusqu'à trouver le mélange parfait, même si Dwalin s'arrêta bien vite, ne possédant pas la résistance de son cousin à l'alcool. Il continua donc, comme tous les jours, de faire glisser les verres du côté de Thorin et de remplir ceux qu'il lui rendait, comme tous les après-midis.

Fili finit par les rejoindre et gouta les mélanges à son tour pour donner son avis. Sentant que l'heure tournait et que Thorin n'allait pas tarder de s'intéresser à l'emplois du temps de son frère, qui profitait généralement de sa pause à 15h30 pour s'enfuir de l'université, même si le barman était parfaitement conscient que le petit frère de Thorin s'était fait la mal depuis belle lurette, comme d'habitude.

Dwalin avait, bien évidement, quelques scrupules, mais le défi audacieux de Frérin avait soulever son intérêt : parviendrait-il à accaparer les pensées de son meilleur ami et, tout aussi délicat : réussira t-il à le mener à l'ivresse ? Il engagea nonchalamment la conversation sur les souvenirs communs qu'ils avaient de leur école et de leur jeunesse. Mais à l'approche de l'heure délicate, Dwalin commença à se rendre compte que Thorin était un véritable courant d'air. Lorsqu'il estimera qu'il était temps, il se lèvera et partira à la recherche de son cadet.

Au fond de lui, le grand barman, savait, à l'instar de Frérin, que les mots ne le retiendront que quelques minutes, à moins qu'il ne sorte le grand jeu et supplie son meilleur ami de rester, mais il n'avait aucune excuse valable et, sitôt que son cousin l'aura compris, il ira faire un tour du côté de la fac en promettant qu'il reviendra sitôt assuré que Frérin assistait bien aux cours du professeur Bombadil.

Alors, discrètement, Dwalin ajouta du Whisky et de la téquila, sans prévenir, ajouta un jus de fruit assez sucré pour camoufler la trop forte dose d'alcool, et donna les deux verres à Fili et Thorin.

L'étudiant blond trempa à peine ses lèvres dans le mélange qu'il sentit que, s'il vidait le verre, jamais il ne trouverait le chemin pour retourner à sa table et continuer son dossier. Il tenta néanmoins d'en boire une gorgé, mais la teneur en alcool était à son paroxysme, alors il reposa son verre plein, en même temps que celui, vide, de Thorin. Dwalin haussa un sourcil étonné et repris le verre.

— Je me demande si je ne devrais pas équilibrer le tout, qu'en penses-tu ? Deux centilitres de chaque, ça devrait être meilleur…
— Tu peux, mais je m'arrête là, Frérin est surem…
— Frérin ne va pas s'envoler et tu sais très bien que rien ne l'emmerdera plus que de savoir que tu préfères rester ici avec moi plutôt que de courir derrière lui. Vu la manière dont il t'a fait tourner en bourrique ce matin, il mérite un peu d'indifférence de ta part !

Thorin lui lança un regard légèrement brumeux et Dwalin espéra que l'alcool le rende suffisamment docile pour revenir s'asseoir sur la chaise qu'il venait de quitter. Le barman fut soulagé lorsque ses mots eurent l'effet escompté et quand Thorin repris sa place.

— Très bien, je vais le laisser mariner une demi-heure de plus, il va détester.
— A la bonne heure !

Dwalin remplit de nouveau le verre de son ami, augmentant encore les doses d'alcool qu'il prit bien soin de camoufler, et lui demanda de donner son impression quant à la quantité de Whisky en jetant un coup d'œil à la pendule détraquée : 15h venaient plus ou moins de passer, il n'était pas très sûr de la précision. Alors que Thorin prenait une gorgée, le barman tapa discrètement un message pour le jeune frère de son meilleur ami :

« Encore deux verres et ce sera bon »,

Il n'eut pas à attendre longtemps avant qu'une réponse narquoise ne lui parvienne :

« Je pensais que tu pouvais le garder avec toi sans avoir à le saouler, suis-je si attractif ?
Tg, il n'est pas encore ivre et il n'est pas encore 16h, pense à réserver tes soirées pour la plonge.
— Attend cinq minutes et prépare un shooter, si tu crois que je vais faire ta vaiselle, tu te trompes ! »

Dwalin fronça les sourcils, mais il n'eut pas le temps de comprendre le sms de Frérin que le portable de Fili vibra. Le jeune blond lu le message puis regarda Thorin, mal à l'aise.

— C'est Kili, il me dit de ne pas m'inquiéter s'il rentre en retard ce soir, parce qu'il est au cinéma avec Frérin.

Dwalin leva les yeux au ciel, se sentant débordé par autant de félonie, puis il attrapa le poignet de son meilleur ami en vol, alors que ce dernier se dirigeait vers la sortie après avoir bien lu sur l'emploi du temps scotché au bar que Frérin avait cour jusqu'à 18h, normalement.

— Il te cherche, c'est trop facile. Tu rappliques à la moindre de ses fugues alors que tu sais qu'il adore ça, mais si tu veux vraiment le torturer, ignore-le.

Thorin le regarda en écarquillant les yeux, comme si Dwalin venait de dire une énormité.

— Mais… Je fais quoi, moi, si je ne m'occupe pas de lui ?
— Tu peux rester au Shari Vari…

Thorin haussa les épaules comme si cette hypothèse lui paraissait fadasse. Il adorait passer ses journées avec Dwalin, mais traquer, débusquer et trainer son frère jusqu'à sa fac était devenu son passe temps favoris.

Le barman sentit Thorin osciller entre l'envie de se rendre au cinéma pour récupérer son frangin, ou bien lui faire l'affront de rester ici et il ne savait pas quoi dire pour honorer son pari sans paraître louche. Au final, ce fut l'arrivée impromptue de Bilbo qui lui sauva la mise.

En effet, le plus petit pénétra dans le bar le visage ensanglanté, soutenu en partie par une de ses connaissances louches qu'il s'était faite durant ses investigations toutes aussi louches. A la vue du sang, Dwalin, Thorin et Fili se mirent en branlent immédiatement et récupérèrent le jeune homme étourdit qu'ils allongèrent sur une table assez grande. La blessure, quoiqu'impressionnante, n'était pas grave, mais sa position, à l'arcade sourcilière, la rendait incroyablement sanglante.

— Bilbo, que s'est-il passé ?
— Je me suis pris un coup…
— Ca, je peux le constater moi-même, mais pourquoi ?
— Il a pris notre défense, ho oui mon précieux, il l'a fait. Ces gens méchants voulaient taper Sméagol et le Sacquet a pris sa défense.

Les trois personnes qui s'activaient autour du plus petit pour le soigner levèrent les yeux au ciel, Bilbo avait réellement un don pour s'impliquer dans des affaires qui ne le regardait pas et qui finissaient toujours pour lui faire plus de mal que de bien.

— Il serait vraiment temps que tu apprennes réellement à te battre, les quelques cours de self défenses de Dwalin et Thorin ne te seront bientôt d'aucune utilité…

Intimidé par les mots implacables de Fili, Bilbo hocha la tête faiblement, puis il fronça les sourcils et se redressa en entendant Dwalin parler de désinfectant.

— Ho ! Je… ça ira, merci, je vais déjà mieux. Un pansement suffira, je pense.

Mais il déglutit lorsque les regards de Thorin et Dwalin sourirent méchamment tandis que la poigne de Fili sur son épaule se fit plus lourde, le forçant à se rallonger. Il paniqua soudainement et chercha à s'échapper, mais le blond lui immobilisa les mains tandis que Thorin le colla à la table.

— Ca va piquer un peu, mais c'est pour ton bien.
— Fait pas le con, Dwalin ! Arrête ça !

Mais, sourd à la supplique du plus petit immobilisée, il s'approcha de lui avec le verre encore rempli de Thorin et un sourire hypocrite au visage.

— Dwalin, t'es sur que…
— T'inquiète Fili, c'est ce que j'ai de plus fort sous la main… Tient le bien surtout.

Bilbo gesticula de plus belle lorsque la poigne de Dwalin se referma sur sa mâchoire pour l'immobiliser et son corps s'arqua quand le barman vida la totalité du verre sur sa blessure, l'alcool se mêlant au sang.

— WOUAÏE ! Connard ! Ca fait carrément mal !

Fili relâcha les poignets du plus petit qui griffa les mains de Thorin avant de chercher à attaquer Dwalin, mais celui-ci l'assomma d'un coup de pichet en métal, sans la moindre émotion.

— Pour l'anesthésie.
— C'est malin ! L'anesthésie, c'était avant… Vous êtes vraiment des barbares tous les deux.

Thorin et Dwalin, pas repentants le moins du monde, s'échangèrent un regard et haussèrent les épaules tandis que Fili posa une compresse sur l'arcade ensanglanté et demanda des glaçons pour la nouvelle bosse qui se formait sur le front du plus petit. Dwalin obéit à la requête, vira Sméagol qui fouillait dans son arrière cuisine et revint avec un torchon remplit de glace pilée qu'ils appliquèrent sur la blessure alors que Bilbo revint doucement à lui, totalement déboussolé. Le rougissement qui chauffa ses joues lorsque, soucieux, Fili passa une main dans son dos pour l'aider à se redresser tout en lui demandant gentiment s'il allait bien, passa inaperçu et le plus petit se dit qu'il voulait bien se faire torturer ainsi si c'était pour profiter ensuite de la présence du jeune blond.

Mais il reprit rapidement ses esprits et remercia Fili avant de descendre de la table et s'éloigna en titubant, pressé de mettre le plus de distance possible entre lui et cette maison de fou et de prendre une bonne douche pour se défaire de l'odeur du sang et de l'alcool.

Le plus petit prit donc la fuite avec panache, ses pensées étaient totalement brouillées par le coup de cruche, la douleur et la perte d'une quantité conséquente de sang et il n'était sur que d'une seule chose : il ne devait pas rester dans cette cave, parce que ceux qu'il considérait comme ses meilleurs amis étaient fous à lier, et, surtout, parce qu'il y avait Fili. Et du tréfonds des limbes de son esprit actuellement malmené, il considérait cette présence comme un danger bien pire que les esprits machiavéliques de Thorin et Dwalin réunis, parce que Fili pouvait, d'un seul regard, l'embraser bien plus sûrement que les meilleurs cocktails aphrodisiaques de Dwalin et que ce con là n'en avait même pas conscience.

Dwalin pas perturbé, lança un sms à son rival du jour :

« Il est seize heure et il est toujours avec moi et parfaitement sobre !
– Je sais, je viens de croiser Bilbo et Fili, j'arrive.
»

Le grand barman leva les yeux et fronça les sourcils en constatant qu'effectivement, Bilbo et Fili avaient disparu, seul Thorin était encore dans la pièce et nettoyait distraitement l'alcool et le sang qui avait coulé au sol, il ne titubait pas, mais les frémissements de ses doigts et la légère brume qui recouvrait ses yeux témoignaient de la charge d'alcool ingurgitée. Dwalin estimait que ce n'était absolument pas de la triche, mais il voulait bien admettre que jamais il n'avait autant fait boire son meilleur ami pour une raison aussi futile. Ce qu'il ne dira pas à Frérin, c'était que les mélanges qu'il avait donné à Thorin étaient des véritables bombes à retardement, et que, si maintenant le jeune homme avait l'air plutôt sobre, le barman ne lui donnait pas plus d'une dizaine de minutes avant que l'alcool dilué dans son sang ne fasse véritablement effet. Mais 16h étaient passée, il avait gagné son pari.

O0O

— Bilbo ! Attend, je te raccompagne.

L'étudiant en histoire frémit de tout son corps et déglutit en entendant Fili qui le rejoignait. De tous, il fallait que ce soit lui qui se soucie de sa santé. Comme si ce n'était déjà pas assez difficile comme ça.
Il était, bien entendu, ravi d'être ainsi raccompagné par le blond, dont il se savait amoureux depuis suffisamment longtemps pour en avoir oublier ses premiers émois, et il avait appris à faire avec malgré quelques rechutes. Donc, d'un certain côté, l'idée de passer du temps avec lui, seul, en tête à tête, aurait du l'enchanter. Sauf que là, il était parfaitement conscient d'être imbibé d'alcool et couvert de sang, preuve irréfutable qu'il avait essuyé une défaite cuisante contre plus fort que lui. Il était loin, très loin, de valoir la classieuse prestance de Fili.

Ce dernier arriva à sa hauteur pour marcher avec lui et Bilbo ressentit une odieuse chaleur se répandre sur ses joues, à l'instar de celle qui étreignit tout son corps sans qu'il ne puisse rien y faire. La proximité du blond amena ses cheveux à se dresser sur sa nuque et dessécha sa gorge, cette traitresse, qui en oublia l'usage de la parole.

Qu'est-ce qu'il lui prenait, à cet apprenti géologue, de vouloir soudainement le raccompagner, avec son putain de regard, son putain de sourire et ses putains de fossettes ? Etait-il seulement conscient de tout ce que cela soulevait dans le pauvre palpitant surmenée de Bilbo ? Sans parler des films qui se montaient avec une vitesse effarante dans son esprit… Le plus petit se demanda soudainement s'il aurait l'audace de proposer au blond de monter boire un verre dans son appartement… Nom de Dieu, oserait-il ? Et si Fili répondait oui ?
L'incendie qui ravagea les pensées du pauvre historien lorsqu'il s'imagina se glisser sur les genoux de Fili pour lui faire comprendre de la plus passionnée des manières qu'il lui offrirait son corps à la moindre sommation l'empêcha de se projeter plus loin. L'esprit en ébullition, il ferma les yeux pour en chasser les images de deux corps enlacés se mouvant au même rythme à même la table de sa salle à manger et il pris son courage à deux mains pour tenter d'engager la conversation, sur n'importe quel sujet tant que la voix tant appréciée détournait ses pensées du corps divin qui marchait à ses côtés, mais la calamité qui s'abattit sur eux l'en empêcha :

— Frérin, tu ne devais pas être au cinéma avec Kili ?
— Ho, il est en cours, je lui ai demandé d'envoyer ce message pour faire venir Thorin, mais, apparemment, il a eu un retardement….

Bilbo serra les lèvres et tourna la tête lorsqu'il sentit le regard insistant sur les plaies de son front.

— Mon petit Bilbo, es-tu conscient que tu viens de me faire perdre un défi ?
— Plait-il ?
— Je suis certain que si tu n'avais pas eu la mauvaise idée de rentrer dans le Shari Vari dans cet état, Thorin serait actuellement en train de retourner toutes les salles du cinéma, ou alors il serait déjà en train de rouler sous la table.
— Pardon ? De une, si j'avais su ce qui m'attendait, jamais je n'aurais mis les pieds dans ce bar de timbrés, de deux, je ne vois pas de quoi tu parles et je m'en contrefiche de ton pari stupide ! Vous avez vraiment une famille de frapadingues et j'ai assez vu de Durin pour aujourd'hui ! Fili, merci pour tout, on se revoit demain.

Et, sur ce, sans attendre l'avis de personne, il s'en alla en maugréant. Il prenait la fuite, il le savait et c'était odieux. Mais il savait aussi qu'il n'aurait pas tenu longtemps en marchant à côté de Fili sans sortir une énormité qu'il aurait ensuite regretter toute sa vie. Les deux blonds restèrent donc en plan, puis le portable de Frérin vibra. Il jura et répondit rapidement avant de presser l'épaule de Fili.

— Tu rentres là ?
— Non, je pensais travailler encore un peu au Sh…
— Tu rentres donc.
— Mais…
— Crois moi, tu seras mieux dans ton appart…

Fili fronça les sourcils et sonda le visage de Frérin, pesant le pour et le contre. Puis, il se dit qu'il ne voulait pas être dans le même lieu que son oncle si celui-ci ne voulait pas de sa présence. Non pas qu'il abdiquait, simplement, il savait que les choses seraient plus faciles ainsi. Il lança un dernier regard au plus vieux puis parti en direction du centre ville, peu soucieux de savoir ce qu'il allait bien pouvoir ce passer au Shari Vari dans les prochaines heures.

Lorsque Frérin posa un pied sur la première marche, Dwalin allumait un shooter pour fêter sa victoire.

— Il n'est pas un peu tôt pour ça ?
— T'inquiètes, tu m'en diras des nouvelles.
— Je ne crois pas que ce soit une bonne id…
— Pourquoi ça ? Ne me dis pas que tu es arrivé à ta limite !
— Je n'oublie pas que j'en ai une.
— Depuis quand es-tu si sage ?
— Depuis quand cela t'importe t-il ?

Levant les yeux au ciel, Dwalin remarqua le jeune frère de sa victime, assis en haut des marches qui se délectaient de la vue. Ils s'échangèrent un regard complice et le barman poussa gentiment le verre enflammé devant Thorin en lui mettant une paille dans les mains.

— Bois.

A aucun autre moment Dwalin ne se serait risqué à ordonner quoique ce soit à Thorin, Frérin le savait. Mais le plus vieux était déjà grisé et l'ordre implacable permit à son esprit en dérive de s'accrocher à quelque chose de suffisamment ferme pour ne pas sombrer. Docile, il prit la paille et s'empara du shooter. Frérin se leva pour observer son frère plonger la paille dans les flammes et inspirer les vapeurs d'alcool d'une traite.
Dwalin hocha la tête, un sourire en coin et fit glisser un ultime verre devant son ami.
Etourdit par le shooter, Thorin refusa le verre et se leva, usant de toutes ses forces et toute sa volonté pour ne pas tituber. Ne pas tituber. Pas devant Dwalin. Devant personne. L'ivresse n'avait en aucun cas gommé sa fierté et il se tint droit et impassible, seul l'incendie qui ravageait ses pupilles et le léger tremblement de ses doigts témoignaient du taux d'alcoolémie outrageante qui coulait dans ses veines.

En haut de l'escalier, Frérin fit demi tour en lançant un dernier clin d'œil à Dwalin, le pouce lever pour honorer le vainqueur de l'espèce de joute qui avait occupée leur après-midi. Mais si c'était Dwalin qui avait remporté la manche : Garder Thorin avec lui jusqu'à 16h, Frérin savait qu'il était celui qui avait gagner le prix. Un après-midi libre et, pour couronner le tout : Thorin semblait porter dans son sang bien trop d'alcool pour être anodin. Le jeune blond allait enfin pouvoir s'amuser un peu.

Heureux, il sortit du Shari Vari les mains dans les poches et se dirigea vers l'appartement de Thorin, certain que l'ainé n'était plus capable que d'une seule chose : se rendre dignement jusqu'à son lit et s'y écraser pour décuver tout aussi dignement.