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Thorin gémit avant même d'ouvrir les yeux… Ses cheveux lui faisaient tellement mal… et cette connasse de gueule de bois qui dansait dans son crâne était déchainée. Il maugréa en jurant que Dwalin allait l'entendre, car il se rappelait distinctement de la multitude de verres qui avaient défilés au bar, même si après, c'était le trou noir. Perturbé par un drôle de sentiment qui se mouvait en lui, il décida d'ouvrir les yeux, et les referma aussitôt en gémissant de plus belle. La journée était bien avancée apparemment et ses rétines ne supportèrent pas l'éclat du jour. Il poussa un soupir excédé et resta de longs instants ainsi, à attendre de retrouver une certaine cohérence dans ses pensées et se sentant de plus en plus troublé par quelque chose dont il n'avait aucun souvenir.
Lorsqu'il posa son avant-bras sur ses yeux dans l'optique de tenter une nouvelle fois de les ouvrir sans se faire agresser par la lumière, le mouvement brassa l'air et l'odeur de Frérin, qui imprégnait sa peau, aviva soudainement quelques souvenirs ardents : deux corps enlacés se mouvant au même rythme, l'un contre l'autre, l'un dans l'autre, des murmures emprunts de désir, des mains qui parcouraient son corps et des yeux qui le dévoraient.
Il fit un bon en se redressant soudainement, mais sa gueule de bois lui martela le crane alors qu'une douleur fulgurante lui vrilla le bas du dos et il se laissa tomber en jurant. Thorin étudia les délicieuses images qui revenaient peu à peu à lui mais sans parvenir à retrouver l'essentiel : l'identité, ou au moins le visage, ce celui avec qui il avait passé la nuit.
Sa gueule de bois était maintenant totalement oblitérée par ce connard qui s'était permis de le baiser avant de s'évanouir dans la nature.
Surtout que ses souvenirs flous lui rappelèrent qu'il y avait trouvé son compte, mais il était encore trop troublé pour l'admettre. Son corps, quant à lui, se souvenait de la douleur, la passion, le désir et, surtout, le plaisir. Intense, vibrant et palpable, d'une puissance qu'il n'avait encore jamais connu.
— Putain de merde, je savais pas que j'étais gay...
Il avisa ensuite le plateau sur sa table de chevet et une bouffée de gratitude l'envahit : au moins, il ne s'était pas donné à un enfoiré.
Il avala deux cachets puis se rendormit légèrement, frémissant des sensations que l'autre avait soulevées en lui durant la nuit et il se réveilla un peu plus tard lorsqu'il entendit une personne s'activer dans la cuisine. Il s'assit sur son lit, laissant ses draps froisséer couvrir plus ou moins bien sa nuditée et accueillit Dwalin d'un bâillement nonchalant.
— Comment t'es entré ici ?
— La porte était ouverte.
— Ha.
Son meilleur ami s'assit sur le matelas avec un plateau garni dans les mains et Thorin s'empara d'un croissant qu'il dévora avec appétit.
— Comment vas-tu ?
— Ca aurait pu être pire.
Il commença à bouloter un pain au chocolat mais il se rendit compte du visage sombre de Dwalin, qui le regardait avec… Pitié ?
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Je suis vraiment désolé Thorin, pour hier, je n'aurais jamais du te laisser partir dans cet état…
— Ho, ce n'est pas un problème, au contraire, on s'est bien occupé de moi…
— Je n'en doute pas… Mais tu n'as pas à t'inquiéter, j'ai parlé avec lui, il regrette et compte…
— Il regrette ? Pourquoi ? Il n'a pas aimé ?
— Non, ce n'est… Attend, est-ce que tu te rappelles de qui il s'agit ?
Vu la quantité d'alcool ingérée la veille, Dwalin ne serait pas surpris que le brun n'ait aucune mémoire sur les événements de la nuit.
Le barman n'avait pas mis longtemps à comprendre que quelque chose n'allait pas lorsque Frérin, comme à son habitude, s'était pointé au Shari Vari avant de faire mine d'aller en cour. Le plus grand avait usé de moyens peu avouables pour lui arracher la vérité et n'avait pas vraiment apprécié la révélation du plus jeune qui, pour une fois, s'était montré sincère.
Il faut dire que le franc « Ce qu'il s'est passé, c'est que j'ai baisé ton meilleur ami, qui est accessoirement mon frère, plutôt deux fois qu'une, et j'ai beaucoup aimé ! » que Frérin lui avait lancé une fois qu'il fut acculé lui avait fait tout drôle et il avait peut-être réagit un peu trop brusquement à ce moment-là, la belle gueule du blond qui s'était pris une belle poire pouvait en témoigner.
Mais Thorin était trop serein, ça ne lui ressemblait pas. Il n'était jamais serein dès qu'il s'agissait de Frérin, et après une connerie aussi grosse, l'ainée était censé avoir quelque chose à reprocher au plus jeune.
Le riche héritier haussa les épaules, parce qu'il ne se rappelait pas de l'identité du mec qui lui avait fait ça, mais ça allait bien lui revenir un jour ou l'autre et dès qu'il aura remis la main dessus, il comptait bien recommencer la chose sans cette foutue ivresse qui avait corrompu ses sens et sa mémoire, parce que, finalement, avec du recul, il avait vraiment beaucoup aimé.
— Tout ce que je sais, c'est qu'il était incroyablement intense et…
Thorin fut coupé par Dwalin qui s'étouffa de stupeur à l'entente de ses mots et le barman eut besoin d'un bon moment avant de retrouver son souffle et sa respiration.
Le brun fronça les sourcils : ils avaient toujours parlé très librement sur ce sujet et, même si c'était la première fois que l'un des deux écartait les cuisses, voire même, tout simplement pour Thorin, c'était la première fois qu'il s'était abandonné dans les bras d'un homme, il n'en restait pas moins qu'ils étaient plutôt ouverts à ce genre d'expérience et il était surpris de la réaction de Dwalin.
— Dwalin, je ne sais pas ce qui t'inquiète, mais personne n'a profité de moi, je te le promets, j'étais peut-être ivre, mais j'étais consentant. Maintenant, soit tu me donnes le nom de ce mec, soit tu dégages, mais arrête de postillonner sur mon repas !
Dwalin tourna vers lui des yeux ronds qui lui firent comprendre que quelque chose n'était pas normal. Pourtant, il avait simplement baisé avec la première connaissance trouvée entre ici et le Shari Vari, ce n'était pas la première fois qu'il faisait ça, du moins si on mettait de côté le fait qu'il s'agissait d'un homme, mais qu'est-ce que ça changeait ? Ce n'était pas comme s'il y aurait des répercussion ensuite, si ?
Des coups d'un soir qui s'évanouissaient avant le levé du soleil, il en avait déjà eu et ne s'en était jamais plaint. Sauf que cette fois, l'envie d'approfondir les choses avec le dernier le taraudait plus que de raison, qu'il ne sache pas encore de qui il était question ne l'inquiétait même pas. Mais il eut peur tout d'un coup, il n'avait tout de même pas fait la connerie de promettre quoi que ce soit à qui que ce soit ?
— Dwalin, dit moi son nom. Je sais que je le connais et que c'est une personne qui a ma confiance, jamais je ne me serais donné à quelqu'un qui craint, quelque soit mon état.
Le barman ouvrit la bouche, cherchant à définir quelle était la meilleure idée. Ce serait certainement un service rendu aux deux que de taire la vérité à Thorin. Frérin n'aura pas à se torturer pour savoir quoi lui dire la prochaine fois qu'ils se croiseraient et Thorin ne saura jamais qu'une limite a été franchie. Mais était-ce le genre de chose qu'il fallait cacher ?
— Est-ce que tu veux vraiment le savoir ? Il s'agit d'un dérapage qui ne se reproduira pas et qui gagnerai à être oublié…
— Comment ça un dérapage ? Il a le SIDA ? Il avait fait vœux de chasteté ? Ce serait une connerie de sa part ça… Ho non… Ne me dit pas qu'il est marié !
— Calme toi, Thorin, c'est un peu plus simple que ça, en fait…
Le riche héritier fronça les sourcils en étudiant le visage de Dwalin tandis que quelques images de la nuit lui revenaient en mémoire. « Un peu plus simple que ça »… Il expira lourdement et passa une main dans sa chevelure emmêlée en commençant à discerner un peu plus distinctement la silhouette svelte de celui qui s'était emparé de son corps, comme si le fil de ses souvenirs se déroulaient au ralenti… sa chevelure blonde, sa voix pénétrante, ses mains élégantes… Il poussa un soupir blasé en se laissant tomber sur son oreiller.
— Quel con.
— C'était un dérapage… Tout redeviendra normal d'ici peu…
Thorin ferma les yeux, incapable de retrouver la moindre cohérence dans ses pensées. Frérin, son propre petit frère, l'avait…
— Ho putain !
Il se releva brusquement, faisant sursauter le Barman et son plateau.
— Thorin, calme…
— Dans la poche de mon jean !
Dwalin comprit le message et chercha le pantalon du brun. Celui-ci rougit lorsqu'il remarqua que ses habits étaient éparpillés entre la porte et le lit, témoins de l'empressement qu'ils avaient eu à se déshabiller la veille. Le barman revint avec son portable et Thorin lui arracha des mains pour écrire un message à Frérin.
« Tu as quinze minutes pour venir ici et t'expliquer. »
La réponse ne fut pas immédiate et ils commençaient à se demander si Frérin n'allait pas faire l'autruche lorsque que le portable vibra soudainement.
« Est-ce que tu pourrais, s'il te plait, me laisser un peu plus de temps ?
— Cinq minutes. »
— Je pense que tu peux partir…
— Tu es sûr ?
— Certain.
— Tu…
— Je n'ai pas encore l'intention de le tuer. Ne t'inquiète pas pour lui.
— Ménage le un peu, je t'ai déjà vu bourré et je sais à quel point c'est difficile de ne pas se laisser tenter…
— Ce n'est pas une raison… Et… Je sais que je n'ai pas à le dire, je te fais confiance, mais…
— Ne t'inquiète pas, personne ne le saura.
— Merci.
Lorsque la porte claqua sur les talons de son meilleur ami, il se laissa tomber sur son lit. Il n'avait que des bribes et ne se souvenait pas de l'essentiel. Ca avait été bon, très bon, il le savait. Tout comme il avait en tête quelques images sur lesquelles l'alcool n'avait aucune prise. Et la vision de Frérin s'assouvissant en lui une première fois, à même le sol, refusait de quitter son esprit. Oui, il avait bien en tête quelques exquis souvenirs très nets et il voulait bien admettre que son frère n'était pas le seul à blâmer dans cette histoire.
Il ne prit pas la peine de se redresser lorsque la porte claqua et qu'il entendit les pas qu'il reconnaitrait entre mille pénétrer dans son appartement.
Le blond apparut à dans la chambre, portant sur sa pommette un cadeau de Dwalin : un jolie hématome qui tirait sur le violet et, mal à l'aise, il serra les lèvres lorsqu'il constata que Thorin était trop fourbu pour se mouvoir, son corps, n'étant plus engourdi par l'alcool, se vengeait de ce qu'il avait subit cette nuit.
— Thorin, je suis vraiment désolé, je…
— Non, tu ne l'es pas. Pas plus que moi.
Frérin se mordit la lèvre, il ne savait pas s'il se sentait soulagé ou alarmé de voir que le brun ne semblait pas en colère, du moins, pas vraiment.
Il s'approcha du lit sur lequel il s'assit, cherchant à cacher le trouble qui l'étreignit lorsque Thorin s'assit, la couverture qui le couvrait glissa pour ne cacher que le bas de son corps dénudé.
— La vue te plait ?
Le ton n'était pas agressif, mais il suffit à remettre ses idées en place et Frérin planta son regard dans celui de son frère pour s'assurer qu'il ne se posera pas ailleurs.
— Frérin, on va faire une croix sur ce qu'il vient de se passer. Seul Dwalin est au courant et ça restera ainsi. Je… Je tiens beaucoup à toi, sincèrement, et je ne veux pas tout foutre en l'air à cause d'un foutu… Dérapage… J'ai beaucoup aimé et je te remercie pour tout, mais il n'y en aura pas d'autre.
C'était exactement ce à quoi le blond s'était attendu en venant ici. « Merci, t'as abusé mais c'était chouette. Par contre, si tu recommences, je te castre ». Pourtant, ce qui le surprit, ce fut la sensation qu'un poignard s'était fiché dans la poitrine à l'entente des mots implacables de Thorin.
"Je tient beaucoup à toi, sincèrement". C'était la première fois que Thorin admettait tenir à lui, et pourtant, cette révélation lui fit un peu mal, en quelque sorte, parce qu'elle sonnait le glas de quelque chose en laquelle Frérin s'était autorisé à croire durant ces dernières heures.
— Je suis d'accord avec toi. C'est un dérapage, rien d'autre… Maintenant que c'est fait, on ne peut qu'essayer d'oublier…
Le brun hocha la tête. Un peu déçu de voir que Frérin ployait si facilement, pour une fois. Mais pour leur bien, à tout les deux, il savait que c'était la meilleure décision. Il ne voulait pas que ça gangrène leur lien qui était déjà si fragile. Et pourtant, il du faire violence pour ne pas réagir lorsque son petit frère se leva pour s'éloigner de lui, une lueur blessée dans le regard.
— Nous sommes frères, Frérin. Notre relation n'a pas besoin d'être ternie pour une histoire de cul…
— Demi-frères, ne l'oublies pas, et si c'était n'importe quel cul, je pourrai passer outre… Mais le tien est à se damner…
Frérin se baissa souplement pour éviter l'oreiller qui vola dans sa direction, puis il se leva et regarda son frère dans les yeux, une lueur déterminée dansant dans les siens.
— Il n'y aura plus de dérapage Thorin, parce que la prochaine fois, ce ne sera pas un accident.
— Il n'y aura pas de prochaine fois !
Mais Frérin n'avait pas attendu sa réponse et s'était éclipsé sournoisement. Le blond fit un crochet sur la terrasse pour mettre le jacuzzi en route puis il s'enfuit une nouvelle fois, conscient qu'il fallait mieux pour lui qui ne reste pas trop longtemps auprès de Thorin. Maintenant qu'il y avait goûté, il savait qu'il aurait bien du mal à s'en défaire, si c'était possible et, honnêtement, il se doutait que ça n'allait être ni une question de jours, ni de mois.
Dans son lit, Thorin resta interloqué par la promesse contenue dans les derniers mots du plus jeune. Et puis son esprit percuta une remarque en particulier.
— Un cul à se damner ? Vraiment ?
Il fini par rejoindre la terrasse d'une démarche raide en louant la bienveillance de son nouveau bourreau alors qu'il laissa glisser son corps endoloris dans l'eau frémissante.
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Dwalin préparait distraitement un cocktail classique, préoccupé par la dernière connerie de Frérin dans laquelle il était impliqué. Il se donnait moins d'une journée avant que Thorin ne fasse le lien entre son ivresse impromptue et l'après-midi qu'il avait passé au bar, et donc, l'insistance qu'avait eu Dwalin pour le saouler.
Il formulait intérieurement quelques excuses, allant de rejeter l'entière responsabilité sur Frérin jusqu'à nier tout implication dans cette histoire. Accoudés au bar, Boromir et Aragorn sirotaient des cocktails légers tout en discutant tranquillement sur un sujet politique qui barbait déjà le barman avant même de savoir de quoi il en retournait. Pippin, Faramir et Kili jouaient au nouveau flipper que venait d'acquérir le bar et le jeune lycéen brun lançait de temps en temps des petits regard à Tauriel qui avait tenue à venir aujourd'hui pour s'acclimater à l'ambiance du Shari Vari avant que son contrat ne commence, le lendemain.
Le barman lui avait distraitement présenté les étagères, sa manière de trier et ranger les alcools et les ingrédients et elle avait déjà trouvé sa place, même si elle se doutait qu'elle sera parfaitement inutile dans son rôle de serveuse, parce que jusqu'à maintenant, pas un seul client n'était allé s'asseoir sans être passé par le bar pour saluer Dwalin et se servir.
— Bonjour Dwalin, je pourrai avoir un Coca s'il te plait ?
Le barman rendit son salut à Orianne et attrapa une bouteille de Coca qu'il décapsula avant de la mettre dans les mains de la lycéenne. La jeune fille se dirigea ensuite vers le flipper qu'occupaient ses amis sans prendre garde aux regards qu'attira l'oscillation de ses cheveux dorés qui, en tant normal étaient retenus par une natte quelconque, mais qui, aujourd'hui étaient libérés et ondulait joliment au rythme de ses pas, venant caresser le creux de son dos et mettant en valeur sa gracieuse chute de rein.
— C'est marrant, je n'avais jamais remarqué à quel point Ori-
— Boromir, n'y pense même pas.
— Ho, c'est bon Dwalin, je suis sûr qu'elle-
— C'est très simple : si tu la touches, je t'éclate.
Le ton de Dwalin restait parfaitement normal, mais la promesse implacable contenue par les mots suffit à faire réfléchir Boromir qui soupira lourdement en lançant un regard triste à Aragorn qui lui fit signe qu'il s'agissait là d'un sujet sensible.
Il allait faire par de son mécontentement, mais Eowynn descendit les marches, accompagnée de l'une de ses amis, Lothiriel et elles s'installèrent à une table après que la blonde ait attrapé au vol les deux bouteilles de jus de fruit que lui lança Dwalin de son bar.
Aragorn et Boromir les regardèrent passer, puis ils s'échangèrent un clin d'œil lorsqu'ils remarquèrent l'air déconfit que chercha à cacher la jolie brune lorsqu'elle constata qu'Eomer n'était pas là. Dwalin, qui n'avait pas manqué leur manège, haussa un sourcil, intéressé par le ragot. Alors, discrètement, Boromir se pencha par dessus le bar pour chuchoter joyeusement :
— Cette nana, elle est en kiff sur Eomer, mais il ne sait même pas qu'elle existe… Pourtant, ce ne sont pas ses tentatives d'approche qui manque, à la pauvre fille… Ca fait quelques années que ça dure.
— Comment peut-il louper une fille pareille ? Il est déjà sur quelqu'un ?
— On y a réfléchit figure toi, c'est louche… Surtout qu'elle sait s'y prendre la bougresse… On ne peut même pas dire qu'elle ne l'intéresse pas vu qu'il ne sait pas qu'elle existe…
A son tour, Aragorn se pencha par-dessus le bar pour prendre par à la conversation à demie-voix:
— Donc soit il a déjà quelqu'un, mais on serait au courant, soit il est gay, mais il nous l'aurait dit…
— Ou les deux…
— Quoiqu'il arrive, il nous cache des choses…
— Ha ouais… Et vous avez des soupçons ?
Aragorn et Boromir se regardèrent avec un air désolé, il y avait tant de pistes qu'ils ne savaient pas vraiment où commencer l'investiture, pourtant, ce n'était pas l'envie qui manquait.
— Vous êtes bien braves tous les deux, mais, apparemment, vous n'avez pas assez côtoyé Frérin… Laissez moi faire, je vous dirai s'il a quelqu'un et, si c'est le cas, vous aurez son nom avant ce soir…
— Et comment tu comptes t'y prendre, champion ?
— L'audace, mon grand, tu connais ?
— Comm-
— Hey ! Eowynn, vient voir !
La blonde se tourna vers Dwalin, surprise, avant de s'excuser auprès de son amie pour venir au bar.
— Dis moi ma grande, pourquoi tu ne lui dis pas, à ta copine, que ça ne peut pas marcher avec Eomer ?
La jeune fille fut surprise par la soudaineté de la question, puis elle haussa les épaules.
— A quoi bon ?
— Elle va se faire du mal, elle ne l'aura jamais, et tu le sais très bien.
— Je lui ai déjà dit.
— Avec quels mots ? Peut-être que tu lui as laissé croire qu'elle avait une chance.
— Peut-elle qu'elle en à une.
— Ha bon ? Mais… On pensait que… Les gars, vous ne m'aviez pas dit à propos de…
Troublés, Boromir et Aragorn échangèrent un regard avant de comprendre la manœuvre de Dwalin. Ils enchainèrent alors, noyant la sœur d'Eomer sous un flux de paroles décousues:
— Ho oui, moi aussi je pensais que…
— On s'est peut-être trompé, Boromir.
— Ou alors, c'est Eomer qui n'a pas été franc avec nous.
— Pourtant, j'étais persuadé que…
— Que quoi ?
Les yeux écarquillés, Eowynn participa à l'échange sans queue ni tête, totalement déboussolée.
— Quoi ? Il ne te l'a pas dit ?
— Quoi ça ?
— Tu n'es donc pas au courant ?
— De quoi ?
— Laissez tomber les gars, si elle ne le sait pas, c'est qu'il ne veut pas qu'elle le sache. C'est sa sœur après tout, il a raison de lui cacher ce qu'il ne confie qu'à ses meilleurs amis. Mais tu peux quand même dire à ta pote que c'est mort.
Eowynn les dévisagea un par un de son regard poignant, incertaine. Ils savaient quelque chose à propose d'Eomer, la personne que, en tant que sœur, elle était censée connaître par cœur, et une monstrueuse curiosité la titillait.
— De quoi s'agit-il ? Il a trouvé quelqu'un ?
— Dis donc, toi, tu ne crois tout de même pas que c'est gratuit !
Dwalin hoqueta lorsque le regard furieux et glacial le transperça et il retint son souffle en attendant la réaction de la jeune étudiante.
— Dwalin, je te jure que si c'est encore une de tes méthodes de dragues fumeuses je-
— Qu- HA NON ! Ha non non non ! Ce n'est absolument pas de ça que je parle ! Si je voulais de toi dans mon lit, je te le ferai savoir autrement !
Les trois acolytes cessèrent de respirer en voyant de quelle manière la belle Eowyn se gonfla d'une colère polaire en se méprenant sur les intention de Dwalin. Ce fut Aragorn qui vint au secoure de son ami:
— Eowyn, Tout ce que l'on veut, c'est que tu dises à ton ami qu'elle n'a aucune chance avec Eomer. Tout de suite.
Le numénorien avait déblatéré la première idée qui lui était venu à l'esprit pour détourner l'attention de la blonde du pauvre barman qui ne savait plus quoi dire pour sauver sa vie.
La diversion fonctionna, car Eowyn concentra son regard sur celui qui avait le don de lui procurer sérénnité et apaisement.
— Ok, mais je veux tout savoir concernant mon frère...
Les trois amis déglutirent mais ils tinrent bon en se disant qu'ils auraient encore le temps de s'enfuir si jamais le plan de Dwalin réveillait la fureur de la sœur d'Eomer.
Eowyn hésita encore un instant et le barman comprit qu'elle commençait à fléchir: d'un certain côté, elle ne voulait pas se montrer vache envers Lothiriel, mais d'un autre, elle voulait vraiment savoir de quoi parlaient les amis de son frère, alors il appuya le clou encore un peu plus :
— Dit-lui maintenant, qu'elle arrête le massacre. Ou alors, je le fais moi-même. Et ne me regarde pas comme ça !
Dwalin réprima un frisson lorsque la blonde lui lança son regard mortel, celui qui suffisait à calmer une cohorte déchainée d'étudiants enivrés par les cocktails du Shari Vari et qui parlaient d'aller repeindre les statuts des rois d'Osgiliath à 4h du matin.
Mais avant qu'il ne songe à s'excuser, la blonde avait pris sa décision, la curiosité primant sur l'amitié se tourna vers celle qui était devenue son amie pour mieux approcher son frère et lui demanda de les rejoindre. Lothiriel vint au bar, intimidée par les trois gars qui la regardaient intensément.
— Ils veulent que tu saches que… Eomer a trouvé quelqu'un…
— Et alors ?
Tous se regardèrent curieusement face à la réaction blasée de la jeune brune. Comme si elle était déjà… Au courant.
— Comment ça, « Et alors ? », Tu le savais déjà ?
— Bien sûr, ça fait quelques années que ça dur, mais cette histoire aura bien une fin.
— Suis-je la seule qui n'était pas au courant ?
Boromir faillit lancer une exclamation aussi outrée que celle de la jeune sœur de son meilleur ami, mais Aragorn prévint la bourde en lui lançant un puissant coup de coude dans les côtes. Dwalin chercha rapidement une question qui permettrait finement de découvrir la vérité sans montrer son ignorance, se triturant les méninges en imaginant ce qu'aurait dit Frérin à sa place. Mais Lithoriel, excédée, paya sa consommation et se dirigea vers la sortie.
— Au pire Eowyn, si tu n'es pas au courant, intéresse toi un peu aux activités de ton frère, et va faire un tour aux écuries de ton oncle...
— Ha oui, c'est un nid à groupie là bas ! J'ai déjà essayé d'y faire un tour pour enquêter, mais elles sont toutes à se pavaner devant lui sans qu'il n'en regarde une seule !
Boromir étouffa une exclamation douloureuse lorsqu'un nouveau coup de coude plus puissant lui fracassa les côtes et il se reprit rapidement sous les regard suspicieux d'Eowynn et Lithoriel.
— Et bien quoi ? J'avais entendu dire que les cavalières sont les meilleurs coups au lit, je voulais essayer, mais elles n'ont d'yeux que pour Eomer ou Théodred, mais lui ne dit jamais non à un tour de passe sur une botte de foin !
— C'est exact, la plupart des filles qui montent là bas en pincent pour Eomer et elles sont vraiment jalouses de ce mec qui sort de nul part et qui, du jour au lendemain, devient le seul élève qu'Eomer n'ait jamais accepté de prendre, dans tous les sens du terme.
— COMMENT ?
— Un MEC ?
— QUOI ?
Interloqués, Dwalin et Boromir écarquillèrent les yeux tandis Aragorn s'étouffa avec son cocktail si bien qu'Eowyn compris immédiatement la supercherie. Mais la révélation sur son frère la laissa bouche bée et elle se contenta de fixer la chevelure brune de Lithoriel qui s'en alla d'une démarche raide en maugréant sur l'insanité flagrante des gens qui côtoyaient ce bar.
— Putain de merde, Eomer se tape un mec…
— Dans les écuries de son oncle…
— Ho bordel…
— Un mec…
— Je n'en reviens pas…
Abasourdie, Eowyn s'assis à côté de Boromir et avala cul sec l'un des verres que le barman venait de faire passer à tout le monde pour digérer l'information.
— Mais qui ?
— Eowyn, t'es au courant de quelque chose ? Il donne des cours Eomer ?
— Non… Je croyais qu'il n'aimait pas ça. Normalement, il se contente de sortir et valoriser les chevaux que Théoden met en vente…
— Mais, il n'y a pas tant de mecs que ça, là-bas ? Tu connais bien quelques noms, quelques pistes…
— A tous les coups, c'est quelqu'un qu'on connaît…
Pressée par les trois garçons, Eowyn chercha scrupuleusement le moindre indice que ses souvenirs acceptaient de lui céder et qui lui donnerait un nom ou un visage, puis elle écarquilla les yeux en poussant une exclamation surprise. Parce qu'elle se rappelait bien avoir été étonnée le jour où, il y a quelques mois, elle avait vu son frère retirer trop tendrement un brin de paille des boucles châtains d'un jeune cavalier, juste avant de lui mettre son casque sur la tête en riant du rougissement du plus petit.
Avant même que les amis d'Eomer aient pu lui poser la moindre question, elle se tourna vers le flipper et interpella le plus jeune consommateur du bar.
— Dis moi, Pippin, ça fait combien de temps que ton cousin monte à cheval ?
— Merry ? Quelques années je crois, pourquoi ?
— Ca veut dire qu'il monte dans le cours de Théodred, le jeudi en fin d'après midi, avec les confirmés ?
— Ho non, il n'a pas vraiment d'horaire fixe, je crois qu'il prend des cours particuliers…
La remarque distraite du plus petit qui était concentré sur le flipper laissa un grand blanc dans la salle et les quatre inquisiteurs au bar eurent tous besoin d'un nouveau verre pour faire passer l'information.
— Merry…
— Impossible, il est trop…
— Qui d'autre ?
— Comment en être certain ?
— Et comment tout court ?
Dwalin se tritura les méninges, ils avaient bien avancé dans l'enquête, mais les dernières révélations avaient soulevées beaucoup d'interrogations. Ils étaient tous très curieux d'en savoir un peu plus sur l'histoire et le lien qui liaient leurs amis mais comment savoir ?
— Peut-être qu'on pourrait envoyer Bilbo enquêter…
— Il n'osera pas, il est trop droit pour ça…
— Pour faire quoi ?
Perdus dans leurs interrogations, ils n'avaient pas entendu Frérin arriver et si tous soulevèrent un sourcil curieux en remarquant sa pommette bleuie, personne ne fit de commentaire, ils préféraient attendre d'avoir résolu l'énigme du jour avant de s'intéresser aux nouvelles frasques du jeune philosophe.
— Il paraitrait qu'Eomer donne des cours particuliers à Merry…
— Des cours de quoi ?
— Cheval…
— Ho, et donc, vous vous demandez si celui qui se fait chevaucher dans ces cas là n'est pas celui que la bienséance laisse à croire ?
— Exact…
— Pourquoi ne pas leur demander directement ?
— Apparemment, ça fait quelques années que ça dur… S'ils nous l'on caché jusqu'à maintenant, peut-être que c'est parce qu'ils ne veulent pas que ça se sache…
— Il y a une solution… Dwalin, prépare tes mélanges les plus redoutables, c'est une méthode qui a fait ses preuves.
Le barman fusilla le jeune blond des yeux en serrant les lèvres, parce qu'il ne lui avait pas encore pardonné ce qu'il avait fait à son meilleur ami. Mais il ne dit rien et sortit ses meilleures bouteilles tandis que Boromir, Aragorn et Frérin se dirigèrent fourbement vers le flipper occupé par les lycéens. Il y eut des cris de protestations et de lutte, mais Boromir parvint à maitriser le plus jeune du groupe tandis que Frérin retenait les trois autres et qu'Aragorn s'empara du portable de Pippin pour envoyer un sms à Merry, le priant de venir au Shari le plus rapidement possible sous le regard effaré de Tauriel qui eut la bonne idée de ne pas intervenir.
Les lycéens furent ensuite éjectés du bar sans sommation quelques minutes avant que la naïve victime du complot machiavélique ne descende les marches.
Merry comprit immédiatement qu'il était en danger et voulut faire demi-tour sitôt qu'il croisa les regards intenses des cinq personnes assisses au bar. Mais Boromir et Aragorn furent plus rapides et ils s'emparèrent de lui pour le trainer jusqu'au comptoir et l'asseoir sur le tabouret qui lui était réservé tandis qu'Eowynn lui plaqua un verre dans les mains en lui envoyant un sourire lumineux.
— Merry, quelle bonne surprise ! Ca fait longtemps qu'on ne t'a pas vu par ici.
— Comment ça ? J'ai déjeuné ici à midi, avec toi en plus !
Nerveux, Merry fit tourner son verre rempli d'un mélange dont l'odeur suffisait à lui faire tourner la tête, cherchant désespérément un moyen de prendre la fuite.
— Dis-moi, Merry, est-ce que tu sais pourquoi tu es là ?
— Non.
— Et si tu nous parlais un peu d'Eomer ?
Merry écarquilla le regard face à la question abrupte de Boromir et Frérin leva les yeux au ciel devant le manque de finesse de l'étudiant qui n'avait d'égal que son manque d'efficacité, puis il vint se poser à côté du plus petit et fit tourner sa chaise pour lui faire face en plantant ses yeux dans ceux, craintifs, de Merry.
— Et si tu buvais ce verre ?
— Je… N'ai pas soif…
— Dwalin l'a préparé exprès pour toi… Tu ne lui ferais tout de même pas l'affront de refuser le geste ?
Coincé, Merry jeta un œil à Dwalin qui le regardait durement, puis il fit tourner son regard sur les personnes qui l'entouraient, tous attendaient qu'il porte le verre à ses lèvres, seule Tauriel fut touchée par son regard désespéré.
— Excusez moi, mais-
— Qu'est-ce que tu v- Ho, bonjour.
Frérin, qui n'avait pas encore remarquer la présence de Tauriel, fut surpris de rencontrer un visage qu'il ne connaissait pas dans le bar de Dwalin et il eut le réflexe de lui offrir l'un de ses sourires charmeurs tout en détaillant le corps bien proportionné qu'il avait devant les yeux. Mais l'image d'un Thorin nu et offert s'imposa dans son esprit et il jura mentalement en se rendant compte que son frère avait placé la barre très haute, trop haute, et qu'il aura dorénavant bien du mal à trouver son compte avec des inconnues, aussi jolies soient-elles.
— A cinq contre un, vous n'avez pas honte ?
— Là, ça ressemble plus à du Cinq contre deux.
Dwalin, Frérin, Eowynn et Aragorn levèrent les yeux au ciel face à la répartie navrante de Boromir et le barman se tourna vers sa nouvelle employée qui ne savait pas encore dans quoi elle s'était embarquée :
— Alors, saches que je n'ai pas l'habitude de torturer mes clients, mais aujourd'hui est un cas de force majeur. C'est très noble de ta part de t'interposer, mais tu n'as pas à t'inquiéter, on veut simplement offrir quelques verres à ce petit.
— Mais il-
— D''ailleurs, je crois qu'il est temps que tu rentres chez toi...
Elle haussa un sourcil et hésita grandement sur la conduite à tenir avant d'hocher la tête. Elle récupéra son sac, souhaita le bonsoir à la compagnie et, consciente qu'elle n'avait pas sa place dans ce qui allait suivre, elle rentra chez elle, un peu inquiète quand même à l'idée de côtoyer ces gens là tous les jours. Des soiffards, des pervers, des poivrots et des connards, elle en avait eu son lot et savait gérer, mais des timbrés, ça, c'était nouveau pour elle.
Une fois que la porte eut claqué sur la serveuse, les cinq regards se concentrèrent de nouveau sur Merry qui, acculé, prit une timide gorgée et retint la toux qui menaça de le prendre lorsque la boisson fortement alcoolisée lui brula la gorge. Frérin lui lança un regard excédé et il se sentit obligé de prendre une nouvelle gorgée.
— Je ne te savais pas aussi sage, Merry, il me semble pourtant t'avoir déjà vu aligner les verres, et d'un autre acabit que celui-là…
— Vous avez l'intention de me souler !
— Bien sûr ! On a pas mal de questions à te poser et ce sera plus simple pour toi d'y répondre en étant imbibé… Sinon, tu vas culpabiliser après et ce ne sera pas très agréable pour toi… Je te promets que c'est pour ton bien...
Merry étudia le visage de Frérin. Il le connaissait suffisamment pour savoir que cet homme était le maitre du détournement de la vérité, qu'il maitrisait mensonge et manipulation avec une aisance qui frôlait le génie et qui le rendait extrêmement dangereux pour qui n'était pas dans son camp.
— Pourquoi vous faites ça ?
— On te l'a déjà dit, non ? On a des questions à te poser.
— Oui mais…
— Mais, quoi ?
— Je…
— Tu n'as pas l'intention de coopérer ? On veut simplement en savoir plus sur ta relation avec Eomer, on ne te fera pas de mal, ne t'inquiète pas.
— Mais, comment vous êtes au courant ?
Merry comprit qu'il venait de faire sa première boulette lorsque les exclamations joyeuses des cinq autres s'élevèrent dans l'air. Maintenant, ils avaient bien la confirmation que le plus petit avait une liaison avec Eomer.
Frérin lui envoya un sourire victorieux, puis lui fit signe de boire cul-sec. S'excusant mentalement auprès de son amant, le plus petit leva le coude et, sous les applaudissements ravis de ses bourreaux, il but le mélange d'une traite. L'alcool lui monta immédiatement à la tête et il attrapa le bar pour juguler un vertige.
— Bien. Maintenant, dis nous comment ça à commencé.
— Je ne suis pas encore assez soul pour parler de ça.
Dwalin comprit le message et fit glisser un verre tout aussi fort que Boromir attrapa pour le coller dans les mains du plus petit. La séance d'interrogation dura un bon moment, parce que Merry n'avait pas l'intention de laisser filer la moindre information, croustillante ou révélatrice, si bien qu'au bout d'une heure, ils avaient seulement appris qu'il avait été forcé par ses parents à pratiquer l'équitation dans l'écurie la plus prestigieuse de la ville parce que ces derniers voulaient que leur fils brille dans une activité de luxe.
Mais Merry détestait les chevaux et il n'aimait pas se percher sur ces bêtes ingrates. Un verre de plus et ils apprirent qu'Eomer était un professeur exécrable, abominable et acharné.
— Mais pourquoi Eomer s'est-il intéressé à toi ? Il en avait après ton cul dès le départ ?
— Après quoi ?
Les yeux vitreux, Merry glissa sur la question en arrachant un verre plein d'un liquide non identifié des mains de Dwalin, mais Frérin s'en empara.
— Tu as assez bu, on veut simplement te délier la langue, pas t'assommer, et un verre pareil, ça se mérite…
Etourdi, par l'alcool, Merry dodelina de la tête et s'accouda sur le comptoir pour ne pas flancher, l'esprit engourdi.
— Vous zêtes trop curieux… 'vous dirais rien… Eomer, il est à moi…
Frérin se rassit en soupirant. Il savait que si le plus petit buvait un verre de plus, ils ne pourraient plus rien en tirer, mais Merry n'était pas encore prêt à se dévoiler. Il semblait être attaché au mystère qui planait sur sa relation et tenir au fait qu'il partageait avec Eomer quelque chose que ni ses meilleurs amis, ni sa sœur n'avaient soupçonné.
— Bon, les gars, on passe au plan B.
oOo
Eomer étudiait sur internet les différents parcours de saut d'un crack que Théodred avait l'intention d'acheter, cherchant dans le geste, l'allure et l'attitude du jeune cheval les forces et les failles avant d'envoyer un message à son cousin en lui disant qu'il ferait mieux d'acheter la pouliche d'un étalon renommé qui lui avait tapé dans l'œil. Son portable vibra peu de temps après pour un appel.
— Eowyn, qu'est-ce que tu veux ?
— Tu devrais venir au Shari.
— Pourquoi ?
— Aragorn, Frérin et Boromir ont choppé Merry.
Sa sœur lui raccrocha au nez et Eomer resta quelques instants à fixer son téléphone. Il sentit une boule d'angoisse oppresser sa poitrine et se refusa d'imaginer ce qu'impliquait cet appel.
Prochain épisode :
Où, quand, comment ?
Levons le voile sur cette liaison inattendue qui lie Eomer et Merry.
Avec, au programme :
Flash back : "— Merry, il serait temps que tu m'expliques comment tu as fait pour survivre aussi longtemps tout en étant aussi chiant, ça ne fait même pas quelques semaines que je te connais et j'ai déjà envie de t'étriper !
— C'est parce que t'es un connard et que j'ai pas envie de faire des efforts pour être agréable à un fils de chien dans ton genre ."
Double trouble : " — Boromir, vous avez assez abusé pour aujourd'hui…
Alors maintenant, adresse lui la parole encore une fois et tu boiras de la soupe jusqu'à la fin de tes jours… "
