oOo
Les flocons avaient cessé de tomber, mais la brume était restée, transpercée par les éclairages artificielles de la ville. La neige au sol crissait doucement dans le silence de la nuit et couvrait les pas des deux hommes qui marchaient vers l'hôpital en discutant légèrement.
— Bien sur que non, je ne lui en veux pas, mais j'aimerai simplement qu'il fasse plus attention. Kili est réellement incapable de prendre soin de lui.
— Peut-être parce qu'il sait que tu seras toujours là pour lui…
— Certainement… J'ai l'impression de passer mon temps à sauver le cul des gens que j'apprécie.
— Ils ont de la chance, de t'avoir- Je veux dire… En tant que… ami. Enfin…
Bilbo se mordit la lèvre et fut heureux de constater que Fili ne releva pas sa pathétique hésitation. Le blond haussa les épaules et fit la moue.
— C'est normal, de veiller sur ses proches ou ses amis. Je pense simplement que j'ai tendance à ne m'accrocher qu'à ceux qui passent leur temps à se foutre dans la merde.
— Vraiment ? Je pensais que Kili demandais déjà un temps plein, tu en as d'autres dans le genre ?
— Ouais… Je n'ai que quelques années de moins que Frérin, mais nous étions très proches jusqu'au lycée, et je peux te dire que lui, c'était un véritable aimant à embrouilles. Et à l'époque, il n'était pas aussi étoffé qu'il l'est maintenant, une vraie crevette, le genre de gamin snob et sans défense qui attire tous les connards de la cours, surtout que personne n'ignorait qu'il est l'héritier de l'entreprise la plus importante de la région…
— Je vois le genre… C'est pour ça que vous savez si bien vous battre tous les deux ?
— En quelque sorte… Etant plus jeune que lui, je ne valais pas grand chose quand venait le moment de me mesurer aux mecs qui cherchaient la merde, mais je n'étais pas aussi solitaire que Frérin, moi je n'était pas ennuyé, seulement quand j'étais avec lui.
— Tu aurais très bien pu le laisser dans sa merde…
Fili fronça les sourcils et s'arrêta pour se tourner vers Bilbo.
— Qui ferait une chose pareille ?
— Tout le monde, tu sais. Même Thorin ne s'était pas inquiété pour son petit frère à cette époque, si je me souviens bien. Mais toi, tu es trop noble pour- enfin… Voilà. Toi, tu… tu n'es pas ce genre… De personne.
Le blond lui lança un regard aigüe, puis il reprit silencieusement la marche en fourrant ses mains dans les poches.
— Je ne vois pas en quoi c'est extraordinaire. L'écart d'âge entre Thorin et Frérin est plus important que celui entre Frérin et moi et, de ce fait, le lien que nous avons tous les deux est bien plus fraternel que celui qui le lit à Thorin, s'il y en a un. Surtout que quand il était petit, ses parents étaient trop occupés avec l'entreprise, il passait ses journées chez nous. Je le considère plus comme un frère, ou un cousin, qu'un oncle.
Se remémorant une certaine scène qu'il avait surprit entre les deux frères, Bilbo se racla discrètement la gorge en se disant que Fili était dans le vraie en affirmant que le lien entre eux n'avait rien de fraternel, même s'il ne doutait pas de la raison.
— Ce que je veux dire, c'est que toi, au moins, tu seras toujours là pour ta famille …
— Ce n'est pas ton cas ?
— Pour mes amis, oui, toujours.
— Et ta famille ?
Bilbo se mordit la lèvre inférieure et, conscient que le regard du blond revint sur lui, il détourna les yeux pour les perdre dans la brume qui les entourait.
— Disons que… Frodon est certainement la seule famille qui me reste… Je n'ai plus aucun contact avec mes parents.
Fili écarquilla les yeux et s'arrêta une nouvelle fois pour lui faire face, de la buée s'échappa de ses lèvres alors qu'il expulsa un souffle profondément surpris.
— Depuis quand ?
Bilbo déglutit en se noyant dans le regard intrigué du plus grand et, sans s'en rendre compte, ses joues chauffèrent délicieusement malgré le froid piquant de la nuit d'hiver. Il serra les lèvres, hésitant à se confier, puis il se dit que s'il y avait bien quelque chose que Fili devait savoir à propos de lui, c'était ça :
— Depuis que je leur ai annoncé que… Je suis gay.
Il déglutit une nouvelle fois, mais refusa de lâcher les yeux de Fili, le sondant intensément. De nombreuses fois, il avait perçu la manière dont le regard de ses interlocuteurs changeait lorsqu'il avouait son homosexualité. Il avait beaucoup capté la surprise, parfois l'intérêt, ou même la compassion et la pitié, l'indifférence aussi, quelquefois une heureuse complicité et, trop souvent, le dégoût. Cette dernière chose, il l'avait toujours supporté, mais il était parfaitement conscient que, de la part de Fili, le recevoir lui ferait mal, très.
Le blond haussa un sourcil profondément choqué et il poussa une exclamation outrée, amenant Bilbo à serrer les dents pour juguler une vague de triste déception et il détourna les yeux pour ne pas avoir à supporter l'exaspération qui remua dans les pupilles du plus grand.
— Fili, s'il te plait, ne me jug-
— Ils t'ont foutu à la porte pour ça ?
Surpris par la véhémence du ton, Bilbo croisa une nouvelle fois le regard dur de Fili et, à court de mot, il se contenta d'hausser les épaules et de reprendre la marche.
— Je te l'ai dit, tout le monde n'a pas le même sens des valeurs que toi… Saches que, dans la Comté, les gens ont du mal à accepter tout ce qui n'est pas… Conventionnel… On peut même dire qu'ils ne le tolèrent pas, tout simplement.
— Je vois. C'est juste que je trouve ça simplement… Trop con de rompre avec sa famille pour… Ca.
— Je n'ai pas vraiment eu le choix. C'était soit ça, soit j'acceptais de me faire soigner pour éradiquer cette… Déviance, ou maladie, je ne sais plus comment ils l'ont désigné. Et encore, ma mère étant une Touque, elle a eu moins de mal que mon père à se faire à l'idée et, même s'il n'était plus question que je vive chez eux, elle était prête à garder contact avec moi, mais j'ai choisi de couper les ponts pour de bon.
— C'est à cette époque là que tu es venu vivre en colocation avec Thorin ?
— Oui, il m'a sacrément aidé sur ce coup. Saruman aussi. On peut dire ce que l'on veut de lui, il est le seul à avoir offert du boulot au lycéen fauché et paumé que j'étais.
— Et tu es rentré dans la légende en étant le seul serveur qui est allé jusqu'au bout de son contrat à Orthanc, et qui l'a même renouvelé…
Ils rigolèrent légèrement puis le silence reprit ses droits, opaque mais serein. Les lumières de l'hôpital perçaient maintenant le brouillard et Bilbo eut bien du mal à ne pas ralentir la marche pour rester un peu plus longtemps seul avec le blond. Cette brume dense, ouatée et endormie lui donnait une impression de cocon intime et il voulait que cet instant dur toujours.
D'un côté, il se sentait légèrement soulagé de constater que Fili n'était aucunement troublé par son orientation, mais, d'un autre côté, il se rendait compte que cette indifférence polie par apport à ça le désolait sensiblement. Après tout, si le blond n'était pas gêné, il restait parfaitement hermétique et agissait comme n'importe quel hétéro ouvert d'esprit : il faisait comme s'il se foutait royalement de l'homosexualité du plus petit, montrant que cela ne changeait absolument rien pour lui. Absolument. Rien. Du tout.
Et c'était certainement le cas, car tomber amoureux d'un gay ou bien d'un bi prêt à sauter sur la première proie potentielle qui se présentait aurait été trop facile pour Bilbo qui était bien incapable de ne pas faire compliqué.
Bien sur, en temps normal, Bilbo préférait quand les gens agissaient de cette manière car, effectivement, cela ne changeait rien, mais Fili… Il s'était contenté d'hausser les épaules et de s'insurger sur la réaction de ses parents. Rien d'autre. Pas le moindre petit éclat d'intérêt.
Ils pénétrèrent dans le bâtiment et Fili alla présenter son bras à l'infirmière la plus proche, qui s'éclipsa en promettant que quelqu'un allait bientôt s'occuper de lui. Il était entre deux et trois heures du matin et, bien que ce premier jour de vacance avait vu un nombre incalculable d'accidents bêtes, dus aux fêtes alcoolisées des étudiants, ou bien la neige ou le verglas, si ce n'est une combinaison des trois, les locaux étaient pratiquement déserts.
Pour patienter, ils s'assirent côte à côte dans la salle d'attente et Fili ne tarda pas à rompre le silence, sincèrement curieux.
— Ne réponds pas si tu trouves ma question déplacée, mais… Il y a quelque chose entre toi et Thorin ?
— Pour être sincère, j'aurai bien aimé, pendant un moment. Mais… il était plutôt dans le genre… inaccessible, encore maintenant d'ailleurs. Et puis c'est passé…
— Tu as… Un petit ami, maintenant ?
Bilbo déglutit, car la part d'espoir au fond de lui ne put s'empêcher de clamer que ce genre de question n'était jamais anodine, mais il la fit taire en se disant que le blond cherchait simplement à meubler la conversation.
— Non. Ce n'est pas l'envie qui manque, simplement… Je crois que… Je suis abonné aux gars inaccessibles.
— Comment ça ?
Les sourcils froncés, Fili se tourna vers le plus jeune, le happant de son regard clair. Cela faisait quelques années qu'il côtoyait Bilbo, mais jamais il n'avait appris autant sur lui que durant cette marche et il se sentait intrigué par ce regard noisette d'une intensité velouté et d'une luminosité qui ne semblait briller que pour lui.
La gorge du jeune journaliste s'assécha soudainement lorsqu'il se rendit compte que c'était peut-être l'unique occasion qu'il possédait pour se dévoiler à Fili. Sur le banc de la salle d'attente, au beau milieu de la nuit. Mais il serra les dents et hésita trop longtemps, car l'infirmière revint dans la pièce pour prier le blond de l'accompagner en assurant, après avoir analyser la blessure, que quelques points de suture et un vaccin anti-tétanos étaient requis.
Bilbo resta un long moment seul dans la salle d'attente, profondément bouleversé par cette proximité aussi longue et inattendue qu'inespérée. Il fut surpris de se rendre compte que cet instant qu'il venait de passer avec Fili l'avait rendu plus amoureux encore, à un point où ça en devenait douloureux. Le blond n'était clairement pas intéressé, du moins, Bilbo le savait hétéro, même s'il était célibataire en ce moment, ça n'avait pas toujours été le cas et le journaliste avait peur de le dégoûter s'il lui avouait son attraction.
Il soupira lourdement et, remerciant mentalement Fili d'avoir illuminé sa soirée qui avait si mal commencé, il se leva et se dirigea vers la sortie. Côtoyer ce blond hors de porté était au delà de ses forces mais, maintenant qu'il était conscient de l'homosexualité de Bilbo, ce dernier pensait en profiter pour tenter une approche tactique et subtile.
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Une fois qu'il fut soigné et qu'il eut rempli les papiers fournis par l'hôpital, Fili se rendit dans la salle d'attente et se sentit profondément déçu de voir que Bilbo était reparti sans l'attendre. Il haussa les épaules et mit ses mains dans les poches avant de sortir dans la nuit froide.
Le blond se figea lorsqu'il remarqua, non loin de l'hôpital, l'étudiant en lettres qui semblait aux prises avec un jeune homme qui faisait bien deux têtes de plus que lui et qui attrapa brutalement l'épaule de Bilbo au moment où Fili, les sourcils froncés commença à marcher dans leur direction.
— Lâche-moi, William, je t'ai dit non. Trouve-toi quelqu'un d'autre.
— C'est toi que je veux, allez, viens. Je te promets que tu ne le regretteras p-
— Lâche-le.
Bilbo et William écarquillèrent les yeux en même temps lorsque Fili, qu'ils n'avaient pas entendu approcher, se plaça à côté du plus petit, dans une attitude purement dangereuse et implacable. Bilbo déglutit discrètement, troublé par la prestance magnétique du plus vieux qui ne lâchait pas William du regard. Gêné et déçu d'être ainsi surpris par Fili alors que, encore une fois, il était en détresse, il ne fut même pas soulagé se sentir le poids sur son épaule s'alléger, puis disparaître subitement.
— T'es qui, toi ?
— Ca ne te regarde pas.
William fronça les sourcils et se tendit imperceptiblement, mais il ne fallait pas être un génie pour comprendre que Fili, même s'il n'était pas vraiment plus grand que lui, pouvait se montrer redoutable si jamais on lui cherchait des noises. L'agresseur de Bilbo était parfaitement conscient que la violence ne résoudrait rien aujourd'hui, même si l'envie de tabasser le blond lui rongeait les tripes, alors il desserra le point et se contenta de le sonder d'un regard dégouté, jaloux et furieux. En colère de voir que Bilbo était de moins en moins à sa porté, il grinça des dents et décida de se venger en l'incendiant proprement devant son allié inconnu :
— Toi aussi tu veux ta part ? Je te conseil de te méfier, on ne sait pas où ça a trainé… Cette pute à tellement tendance à ouvrir les jambes au moindre prétexte que- Outch.
William ne put finir sa phrase, car Bilbo le fit taire d'un magistral crochet, les yeux étincelants et la mâchoire crispée. Malheureusement, le plus jeune n'avait rien d'un combattant et le coup ne fit que décupler la colère de William qui rugit et qui décida de venger l'affront, mais il se heurta à Fili qui avait fait un pas en avant, le regard noir, et qui intercepta avec une facilité déconcertante le poing de William.
— Dégage.
L'ordre avait été donné d'une voix tellement implacable, vibrante et dangereuse que William récupéra sèchement sa main et, après un dernier regard furieux à Bilbo, qui était resté mortifié par ses dernières paroles, il tourna les talons.
Profondément mal à l'aise, Bilbo détourna le regard lorsque Fili se tourna vers lui, les sourcils froncés.
— C'était quoi, ça ?
— Une erreur…
Le blond releva sans peine le ton blessé du plus jeune qui fourra ses mains dans les poches avant de marcher piteusement vers le centre ville, le visage sombre. Fili lui emboita le pas en se passant une main gênée dans sa crinière.
— Bilbo… Ne t'attarde pas là-dessus, ça n'en vaut pas la peine.
— Le problème n'est pas là.
Effectivement, Bilbo se foutait royalement des mots de William, ce n'était pas la première fois qu'il se prenait de genre de réflexion de sa part. Ce qui le dérangeait, c'était qu'il venait de perdre toute crédibilité auprès de Fili et que cette soirée, qui avait pourtant pris un virage sublime un peu plus tôt, tournait peu à peu au cauchemar.
Il se rendait compte que, en plus d'avoir l'air véritablement pathétique aux yeux du blond, son amour pour lui ne cessait de croître de manière vertigineuse et inconditionnée, surtout maintenant qu'il venait de prendre sa défense de façon aussi royale, mais que, s'il tentait de le lui faire comprendre maintenant, il passerait irrémédiablement pour une salope qui saute sur tout ce qui bouge.
— Merci d'être intervenu, Fili. Je pense que je vais rentrer chez moi.
— Je te raccompagne.
Bilbo déglutit et pensa à décliner la proposition, il se contenta de rougir et d'inspirer profondément.
— Ca va aller, Fili, je n'habite pas loin… Tu es blessé, tu devrais-
— Il n'est pas parti.
Le Sacquet écarquilla les yeux et voulut regarder dans la même direction que Fili mais ce dernier, sans prévenir, posa une main possessive sur sa taille pour l'inviter à le suivre, sans remarquer que Bilbo s'était considérablement crispé sous le contact et que son visage, Dieu merci, il faisait nuit, était dorénavant rouge pivoine.
— Fili ? Tu-
La voix était excessivement crispée et Bilbo déglutit une nouvelle fois pour tenter de retrouver un usage correct de la parole.
— Bilbo, tu te rends compte qu'un type pareil pourrait te faire beaucoup de mal ?
— Que veux-tu que j'y fasse ? J'en ai parlé à Haldir, il m'a répondu que tant qu'il ne s'en prenait pas à moi, il n'a aucune raison légitime d'intervenir.
— Tu en as parlé à… Mais ça fait combien de temps que ça dure ?
— Un ou deux ans… Depuis le lycée en fait, mais ça n'a fait qu'empirer ces derniers temps. Je crois qu'il est… Véritablement-
— Accro… Je vois le genre… Tu as véritablement un don pour te fourrer dans les emmerdes, toi…
A court de mot, Bilbo ne put que constater que la main était toujours posée sur sa taille et que la chaleur qui s'en dégageait frôlait la limite du supportable. Sans remarquer la neige qui recommençait à tomber, il déglutit, mal à l'aise et ne put que bafouiller :
— Et toi, tu as un don pour sortir les malchanceux du pétrin…
— A croire que c'est ma vocation… Mais je ne sais pas s'il s'agit de malchance…
Fili lança un regard en coin à Bilbo qui avait l'impression de suffoquer tant la proximité du blond intoxiquait ses sens, sans parler de cette main chauffée au fer blanc qui était nonchalamment posée sur sa taille. Mais il parvint à juguler les sensations et à faire bonne figure, hésitant entre louer l'obscurité ou bien maudire les rougeurs de ses joues.
Il crut défaillir lorsque, distraitement, la main du riche héritier caressa sa taille et le creux de ses reins en le lâchant et il serra les poings, étourdi plus que de raison et frustré de ne plus sentir le contact du plus grand sur lui.
Trop nerveux pour prendre la parole, Bilbo resta muet, occupé à réfléchir aux mots qui sauront attirer le regard de Fili sur lui, du moins, un certain regard qu'il se désespérait de posséder.
Mais, trop tôt, ils arrivèrent au pied de l'immeuble du plus jeune dont les sens affolés redoutaient l'idée de laisser le blond partir. Le cœur emballé, il serra la main sur les clés de son appart et il se tourna vers l'étudiant en géologie qui lui sourit gentiment.
Ho… Nom de Dieu… Il pourrait tuer pour ces fossettes.
Empêtré dans ses émotions bouleversées, son regard accrocha celui, magnétique, du blond, à qui il voulait désespérément avouer son attirance, et même son amour, mais les mots se bloquèrent dans sa gorge.
Fili lui rendit son regard, troublé par son intensité, puis ses yeux caressèrent le visage du plus petit, ses lèvres fines, légèrement entrouvertes, telle une invitation provoquante, les flocons de neiges empêtrés dans ses boucles et accrochés à ses cils aussi, et ils glissèrent sur ses joues rosies, par le froid certainement, avant de revenir sur ses lèvres.
Inconsciemment, sa main vint se poser sur la joue pour chasser un flocon, qui fondit instantanément au contact de ses doigts, et il se pencha légèrement sur Bilbo, qui resta pétrifié. Fili se rendit soudainement compte de son geste et il se redressa en retirant sa main, sans un mot, profondément troublé d'avoir trouvé le plus jeune viscéralement attrayant, à l'instant.
Il s'éclaircit la gorge et détourna le regard, parlant d'une voix légèrement plus grave qu'à l'accoutumé, ce qui acheva Bilbo pour de bon :
— Tu fais quelques chose de tes vacances ?
— Qu… Je ne… Hem… Non, rien.
— Je suppose que Thorin t'a déjà invité à nous accompagner au chalet.
Bilbo hocha la tête en se demandant s'il avait été assez con pour refuser une telle offre, même s'il se souvenait vaguement de la raison de son refus de les accompagner dans les Montagnes Bleues.
— Je… Je préfère rester à Osgiliath car il y a… Quelque chose que je ne voudrais pas louper, ces prochains jours.
— Encore tes scoops dangereux…
Le reproche dans la voix n'était absolument pas camouflé et Bilbo déglutit, persuadé que, si Fili lui donnait l'ordre d'arrêter ses recherches, il le ferait sur le champs et sans discuter.
Mais le blond se contenta de poser ses doigts sur sa joue, laissant la pulpe effleurer la mâchoire qui s'embrasa, puis la main se posa sur la peau et glissa vers sa nuque dont elle s'empara fermement :
— Je sais que ces enquêtes te tiennent à cœur, mais fais attention à toi, s'il te plait, Bilbo.
Sans voix, il hocha la tête et son esprit tourbillonna lorsque Fili lui sourit une nouvelle fois, tout en caressant la courbe de sa mâchoire d'un pouce distrait.
— Si tu changes d'avis, tu seras le bienvenu. N'hésite surtout pas à nous rejoindre.
La voix de Fili semblait bien plus chaude qu'à l'accoutumer, sans parler de ce regard… Bilbo en fut retourné. Il hocha une nouvelle fois la tête, muet, et fut incapable de réfléchir ou de retrouver sa voix pour inviter le blond à boire un verre chez lui, même s'il était conscient qu'il n'aurait pas supporter sa présence exacerbante dans son appart sans succomber.
— Bonne nuit, n'oublies pas de faire attention, on se revoit pour le jour de l'an.
Fili lui envoya un dernier sourire trop attractif pour être supportable et il ressentit la morsure du froid sur la peau de sa nuque lorsque la main du blond s'en détacha. Le regard qu'il lui lança ensuite calcina ses sens, puis le plus vieux tourna les talons et s'éloigna.
oOo
Lorsque les rayons du soleil percèrent à travers la chambre et vinrent incendier ses paupières closes, Orianne bougonna et se retourna pour cacher son visage sous l'oreiller, chassant le bras qui était enroulé autour de ses épaules.
Elle ouvrit les yeux cinq secondes plus tard et se redressa d'un bon, catastrophée, son regard paniqué caressa la silhouette du brun avec qui elle avait passé la nuit et qui prit mollement la parole.
— Arg… Moins de bruit par pitié… Mal… Tête…
Orianne resta sans voix, remontant le fil de la soirée pour comprendre ce qu'elle foutait dans le lit de Kili. Ses joues s'empourprèrent lorsqu'elle se rappela avoir danser avec Boromir, puis il y avait eu un truc avec Tauriel, mais elle ne savait plus trop quoi, mais après, c'était le flou total. Le jeune brun finit par ouvrir un œil et croisa le regard de la lycéenne. Le temps sembla se figer un instant.
Puis ce fut le chaos.
Les deux lycéens se mirent à hurler à l'unisson et, paniquée, Orianne attaqua son ami à coup de pied pour l'éjecter hors du lit avant de bondir à son tour en palpant son corps, trop heureuse de constater qu'elle avait encore quelques vêtements sur elle.
— Tout doux, Orianne… Tout doux… Je crois qu'il y a une explication logique à cette situation.
Ecrasé au sol, à moitié agonisant à cause de sa gueule de bois et des coups de la jeune fille, Kili parvint à se redresser en s'aidant du lit, les cheveux emmêlés et baillant à s'en décrocher la mâchoire.
— Une sacrément bonne explication, j'espère !
L'incompréhension avait aiguisé sa voix et elle tourna dans la pièce à la recherche de son pantalon et de son pull.
— Ouep… On était bourré.
— Et après ?
— Quoi, et après ?
— Ho, je ne demande rien de compliqué, simplement : comment je suis arrivé chez toi et qu'est-ce qu'il s'est passé après ?
— Ah ! Ca… Je sais pas.
— Tu sais pas ?
— Shhhh… Moins fort…
Sans aucune pitié pour son ami dont l'esprit était massacré par la gueule de bois, elle s'approcha de lit pour lui faire face.
— Est-ce que tu m'as touché ? Il s'est passé quelque chose entre nous ?
— Pourquoi aurai-je fait une chose pareille ?
— Parce que, généralement, quand on met une fille bourrée et un mec qui ne vaut pas mieux dans le même lit, il se passe des trucs.
— Ha bon ? Comment ç…
Soudain, la lumière sembla se faire dans l'esprit à la dérive du pauvre brun qui écarquilla les yeux avant de détailler Orianne du regard.
— Ho ! Tu penses que… Toi et moi ?
— C'est ce que je te demande, crétin !
— Mais bien sur que non !
— Tu en es sûr ?
Une nouvelle fois, son regard glissa sur le corps d'Orianne alors qu'il commençait à se rendre compte que son amie, non seulement était une fille, mais que, en plus, elle était parfaitement attrayante, même au réveil. Il lui lança un sourire séduisant en posant son coude sur le lit et sa joue dans sans main tandis que son regard et sa voix s'échauffèrent légèrement.
— Si ça avait été le cas… Je m'en serai souvenu… Mais on peut y remédier si tu veux.
Il ne comprit pas pourquoi, si ce fut sa joue qui reçu la baffe, ce furent ses cheveux qui explosèrent de douleur.
— Bon, dans ce cas, nous allons partir du principe qu'il ne s'est rien passé entre nous, ça te va ?
— Je n'ai pas le choix de toute manière…
Elle s'assit au sol pour remettre ses bottes et elle lança un sourire mutin au brun qui la regardait faire distraitement.
— Pourquoi, tu aurais aimé ?
— Faire comme s'il s'était passé quelque chose entre nous ? Ca aurait été marrant… Surtout pour voir la gueule de Dwalin…
— T'as pas peur toi…
Ils rigolèrent tous les deux, même si Kili grimaça rapidement en se prenant la tête dans les mains. Puis il se leva, et retira sa chemise froissée pour mettre un t-shirt confortable et il se tourna vers la jeune fille qui répondait distraitement à un SMS, toujours assise au sol.
— Tu veux manger ou boire quelque chose avant de partir ? Ici, on a un forfait gîte et couvert. Mon super colocataire fait toujours des pancakes, les lendemains de cuite, ça passe carrément bien.
— T'es con. Mais j'avoue que je suis affamée, je veux bien.
Ils sortirent de la chambre et se dirigèrent vers la cuisine pour y trouver Fili, qui cuisinait en musique et qui se retourna en entendant les deux lycéens arriver. Le blond haussa un sourcil en remarquant que la fille qui avait passée la nuit avec son petit frère n'était personne d'autre que la protégée de Dwalin, un gars réputé pour cogner assez fort si on venait à le provoquer. Il ne fit aucun commentaire, mais il soupira discrètement en se disant que Kili allait réellement mourir un jour s'il ne faisait pas attention.
— T'étais où hier soir ? Tu es parti hyper tôt !
— A l'hôpital. Je suis allée me faire soigner tes conneries.
Sous le regard estomaqué de Kili et intrigué d'Orianne, il leva sa manche pour montrer le pansement qui couvrait son avant-bras.
— Trois points de sutures…
— Ha… Violent… J'ai fait quelque chose de mal ?
— Rien de pire que d'habitude… Dwalin offre un pot anti-dégrisant au Shari dans la matinée, je pensais y passer avant que l'on parte pour la Montagne, ça te va ?
Kili s'assit mollement en attrapant un pancake de l'assiette que Fili posa sur la table et il lança un regard à Orianne pour s'exprimer, la bouche pleine :
— Tu viens avec nous ? Y aura peut-être quelqu'un qui pourra nous dire pourquoi on s'est retrouvé dans le même lit…
Occupé à ajouter du sirop d'érable dans son assiette, Fili haussa un sourcil et retint un soupir en se disant que débarquer au Shari en posant ce genre de question allait réellement lui apporter de sérieux ennuis.
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— Shhh… Par pitié… Taisez-vous…
— Moins fort !
La masse agonisante des étudiants qui avaient réussi à se trainer jusqu'au Shari faisait peine à voir. Dwalin faisait tourner des verres remplis d'un liquide malodorant mais très efficace contre la gueule de bois, mais même avec ça, certains peinaient à retrouver une pleine clarté d'esprit.
— Il y a des morts ?
— Aucune idée, on peut commencer à compter dans les absents…
Dwalin et Kili se tournèrent pour ausculter la salle qui avait tout du tableau du radeau de la méduse.
— Ok… Rapide décompte : De une, qu'avez-vous fait à ma serveuse, elle est dans un état lamentable…
— Ha ouais, elle a participé au concours de boisson, et elle l'a gagné ex-aequo avec Légolas, mais ça ne l'a pas mis en bien…
— Je vois… Fili, qu'est-ce qu'il a ?
— Trois points de suture, mais je sais plus pourquoi. Il paraît que c'est de ma faute…
— C'est le seul qui a terminé à l'hôpital ?
— Je crois, oui.
— Belle performance… Il y a eu beaucoup de dérapages ?
— Certainement, comme d'hab. D'ailleurs, avec Orianne, on s'est réveillé dans le même… Heu… Ha nan, c'était pas Orianne, je me suis trompé…
Face à l'aura soudainement dangereuse qui s'échappa du barman qui se redressa, Kili déglutit et son regard parcourut rapidement la salle à la recherche d'un nom qui le sauverait.
— Avec qui t'es-tu réveillé, ce matin ? J'ai cru mal comprendre…
— C'était… Bof… Heu… Nan, mais oublie… Il ne s'est rien passé de toute manière ! Reprenons le décompte… Heu… Nous disions… Hem. Les absents ! Alors, je ne vois pas Eomer, ni Merry… Ils ont certainement fait un after, héhéhé… Heu… Bilbo n'est pas là non plus… Frérin et Thorin ont disparu de la circulation depuis hier et…
Le regard affolé de Kili parcourait la salle en essayant de ne pas penser à Dwalin qui le sondait d'un regard tranchant.
— Boromir n'est pas là non plus, mais vu qu'il a voulu suivre Tauriel dans le concours de boisson, ça ne m'étonne pas, il n'émergera pas avant ce soir…. Il est certainement en train de commater sur sa moquette… Faramir aussi… Et puis-
Mais Kili se tut et leur attention fut happé par Pippin qui, poursuivit par Tauriel, tenta un sprint à travers la salle. Mais la serveuse, rompue aux arts du combat et du parkour grâce à sa formation de cascadeuse, le rattrapa en un clignement d'œil et, malgré ses barrissements de goret qu'on égorge, elle s'empara de son sac dans lequel étaient rangé polaroïd et photos compromettantes.
Malheureusement, Pippin eut le reflexe de retenir le sac, qui craqua.
Une pluie de film polaroïd s'abattit sur la salle.
Puis, ce fut le chaos.
— Nan… J'y crois pas, Gimli a vraiment fait un strip-tease ?
— C'est qui les gens qui tapent la pose avec Bofur, quelqu'un les connait ?
— Ho putain…
— Ho, nom de dieu, vous avez osé dessiner sur le visage d'Haldir quand il dormait ? Qui a écrit « Fuck la police » sur son front ?
— Merde.
— Ho, regarde, Kili, c'est toi qui… Heu… Tu m'expliques ce que tu foutais à ce moment ?
Dans l'euphorie générale, Fili se pencha et ramassa une photo qu'il observa longuement avant de la glisser inconsciemment dans la poche. C'était certainement la seule que Pippin avait capturée de Bilbo, qui avait passé trop peu de temps à la soirée pour être remarqué. La photo avait été prise au moment où le jeune journaliste venait de pénétrer dans l'appartement, des flocons de neiges étaient accrochés à ses cheveux, ses lèvres blêmies par le froid étaient entrouvertes et son regard luisait malgré la pénombre.
— Ho, putain, celle-là, elle envoie du lourd !
— Montre ! HO ! Mazette… C'est la serveuse et Orianne…
Aragorn et Légolas, qui venaient de trouver certainement ce qui pouvait être considéré comme la photo la plus compromettante de la soirée, échangèrent un regard. En souriant cruellement, le numénorien fit glisser le polaroïd dans sa poche, certain qu'il lui sera utile un jour, pour faire chanter l'une ou l'autre des deux filles en menaçant de montrer la photo au barman du Shari Vari.
— Heu… Quelqu'un sait à quel moment le Monopoly s'est transformé en parti de strip poker ?
— On a fait un Monopoly ?
— Hey, blondi, tu t'es tapé la serveuse ?
— Pardon ?
Surpris, Légolas se tourna vers Bofur qui faisait tourner une photo entre ses doigts.
— Je pourrai te la filer et ne pas alarmer tout le Shari… Si tu me laisse recopier les réponses du devoir de fiscalité que nous avons à rendre pour la rentrer.
— Tu bluffes.
Bofur lui répondit d'un sourire taquin et lui montra le polaroïd qu'il avait trouvé au sol. Le blond écarquilla les yeux et s'empara de la photo pour la sonder attentivement, incapable de comprendre comment il en était venu à échanger un baiser passionné avec Tauriel, la même qui avait partagé un patin sensuel avec Orianne. Estomaqué, il leva le regard pour chercher la rousse des yeux, et il la trouva occupé à étrangler Pippin, le menaçant de mort s'il ne lui fournissait pas une certaine photo que Dwalin ne devait surtout pas voir.
— C'est de cette photo que tu parles ? Ou bien de celle où tu fouilles la bouche d'Orianne comme si ta vie en dépendait ?
N'ayant pas entendu Légolas approcher, Tauriel sursauta, sans lâcher la gorge du plus petit qui bleuissait à vu d'œil et sa mâchoire se décrocha lorsque ses yeux tombèrent sur le polaroïd que Légolas tenait dans les mains. Elle bondit sur ses pieds en rougissant, les yeux écarquillés.
— Mais… A quel moment on a…
Elle leva le regard pour croiser celui, clair et aiguisé, du plus grand qui la détaillait froidement.
— Aucune idée, et je ne veux pas le savoir. C'était simplement une erreur qui ne se reproduira pas.
— Non, attend, Légolas, on peut toujours-
— Merci, Tauriel, mais je ne suis pas intéressé. Je pense que ça ne devrait pas te déranger, dans la mesure où je ne suis certainement qu'un parmi tant d'autres... Saches seulement que ce n'est tout simplement pas mon genre.
Le blond fit demi-tour, les lèvres serées et Tauriel sentit une douloureuse émotion remuer dans ses entrailles. De rage, elle shoota dans Pippin qui était encore au sol et elle prit la direction de la sortie.
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Merci d'avoir lu !
Je ne pensais pas poster la suite si tôt, mais je pars demain et je serai sans doute bien occupée ces prochains jours,
Vous ne risquerez pas d'entendre parler de moi avant un bon moment.
Le prochain épisode sera plus chaud :
Lemon incestueux;
et
Orianne qui met en pratique les conseils de Tauriel.
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BONUS :
(Je pense que deux couples gays et un couple incestueux, ça suffit pour une seule fic, mais, pardonnez moi
j'avais trop envie d'écrire sur eux dans ce contexte, donc voilà, pour ceux qui aiment le slash et l'inceste, un petit bonus qui sera développé au fil de la fic;
Je pensais le proposer aux reviewers, mais tout le monde n'a pas de compte, donc je le poste)
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— Selwynn… Je pensais que tu étais parti en vacances…
Encore endormi, Faramir se pelotonna dans les bras de son petit-ami qui se refermèrent sur lui et il soupira de plaisir. Ce fut lorsqu'il inspira à fond qu'il se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Le parfum de Selwynn avait beau être agréable, il n'était pas aussi suave, aussi entêtant, presque sauvage. Sa main, posée sur un ventre dénudé, bougea lentement alors qu'il découvrait un abdomen ferme, puissant et remarquablement bien ciselé. L'autre truc qui n'allait pas, c'était que Selwynn était retourné à Numénor deux jours plus tôt et que si Faramir venait de passer la nuit avec un homme, ce n'était certainement pas avec lui.
Doucement, pour ne pas réveiller l'autre, il ouvrit les yeux avant de retenir une exclamation profondément choquée lorsque son regard tomba sur Boromir, son frère, profondément endormi et dont un bras possessif était enroulé autour de sa taille, nue.
Il poussa un cri fort peu viril et voulu s'éjecter du lit, mais leurs jambes étaient entremêlées et il ne parvint qu'à se laisser tomber au sol. Il rampa jusqu'au mur sur lequel il s'adossa, le souffle court et l'esprit en dérive.
— Ho putain de merde !
La main devant sa bouche, ouverte sur un cri muet et horrifié, il se rappela de quelle manière la jalousie, débridée par l'alcool, l'avait étreint lorsqu'il avait vu le plus vieux danser avec autant de sensualité avec Orianne. Il se souvint aussi de la lap-dance qu'il avait offert à son frère, s'assurant de lui faire comprendre que la prude petite lycéenne ne faisait pas le poids niveau érotisme.
Pour ce qui est de la suite, il y a eu le baiser dans lequel s'étaient mélangées les flagrances de rhum pour Boromir, et de Vodka pour Faramir, qui avait commencé à l'ombre du couloir, et continué contre la porte de la chambre du plus vieux, qui n'avait eu aucun scrupule à y épingler son petit frère pour ravager ses lèvres avec passion. Sans parler de la manière que chacun avait eu de découvrir le corps de l'autre indécemment, caressant chaque parcelle de peau à porté de main comme si leur vie en dépendait, avant que Boromir ne le plaque sur le matelas pour terminer à l'horizontal ce qu'ils avaient si bien commencé.
Et ensuite, c'était le trou noir. Jusqu'où étaient-ils allés ? Faramir n'en avait aucune idée, même s'il se doutait qu'un certain pas n'avait pas été franchi. Après tout, son frère portait encore son pantalon sur lui même si sa ceinture semblait avoir valser à l'autre bout de la pièce et Faramir fut soulagé de constater qu'il était encore habillé de son boxer.
Le plus jeune déglutit et il se leva en tremblant. Il ramassa rapidement ses affaires et, avant de sortir de la pièce, il s'autorisa un dernier regard sur le corps endormi de Boromir. Il détourna les yeux rapidement, troublé de sentir une faim qui n'avait rien d'innocente vriller son bas-ventre, et il passa la porte, heureux, pour une fois, de voir que l'appartement était dans un état post apocalyptique. Le ranger lui prendra certainement la journée et lui permettra de ne pas réfléchir à cet écart.
