Coucou !
Avant de commencer, je voulais remercier tous ceux qui suivent cette fic un peu chaotique. Et, surtout, ceux qui prennent le temps de laisser des reviews ! Je n'ai pas répondu à tout le monde je crois, je suis désolé, mais je lis tout avec plaisir.

Ca concerne surtout ceux qui n'ont pas de compte: Calaelen, Fantome, Later, anemone33 et Kazuma, mais qui laissent quand même un petit commentaire.

Le deuxième truc, c'est plus pour ceux qui ont réagi dessus : Grima.

Dans cet univers, il n'a pas été corrompu par Saroumane. Il est donc un jeune étudiant en lettre, pas non plus un model de bravoure et d'héroisme, mais il est sincèrement amoureux d'Eowynn.
Pour le physique, c'est un jeune homme de 22 ans, teint plutôt pâle mais pas maladif comme dans le film, cheveux noirs (propre!) et voilà (Je suis nulle en description, j'y peux rien).
On va dire qu'il est attirant dans son genre et puis voilà.

oOo

« Tu m'expliques ce que tu fous ? Ca fait deux jours que je ne t'ai pas vu au Shari ! Et a part Tauriel qui a autre chose à foutre, personne n'est capable de déceler aussi bien de toi ce qu'il manque dans mes mélanges ! Tes conneries vont faire couler ma boite ! »
« Je m'occupe de Frérin, il est malade. »
« Holala, mais laisse le crever celui là et ramène ton cul au lieu de profaner le sien ! »

Thorin rigola légèrement en posant son portable et en imaginant sans peine le ton et la tête qu'avait sans doute eu Dwalin en lui écrivant le SMS. Il voulu répondre au message, et assurer qu'il n'y avait rien entre lui et son frère, mais il se rendit compte que, s'il n'avait pas passé les deux derniers jours à veiller sur l'état désastreux du plus jeune, les choses auraient sans aucun doute empirer.

Dis était passée le voir deux fois en rentrant du boulot et lui avait laissé de quoi se faire des tisanes revigorantes, et Sigrid, accaparée par la supervision des fêtes de fin d'année qu'organisait l'entreprise de Thrain, n'avait pas pu se libérer plus d'une heure et était passée en coup de vent pour trouver son fils profondément endormi. Elle s'était contentée de repartir sans un mot. Seul Thorin avait fait en sorte de soulager le blond qui avait à peine la force de se trainer jusqu'à la salle de bain, alors pour ce qui était de se préparer un repas ou une simple tisane...

Il ne prit donc pas la peine de répondre au message et posa un bol fumant sur le plateau qu'il venait de sortir. Il resta quelques secondes immobile, comme tiraillé entre deux choix, puis, d'un geste déterminé, ramassa la lettre qu'il était allé chercher le matin même à la faculté de sciences humaines et s'engagea dans les escaliers pour apporter à son frère de quoi manger.

Il le trouva assis sur son lit, encore un peu pâle mais ses yeux brillaient d'une nouvelle vitalité, même s'ils n'avaient pas encore retrouvé la malice qui pétillait habituellement dans les pupilles.

— On est quel jour ?
— Lundi.

Frérin fronça les sourcils et regarda nerveusement la neige qui tombait par la fenêtre. Il se retourna vers Thorin en l'entendant poser le plateau sur sa table de chevet et il prit sa respiration pour poser la question qui lui brulait les lèvres :

— Pourquoi tu fais ça ?
— Pourquoi pas ? Tu aurais préféré que je te laisse mourir ?

Encore légèrement étourdi par la pneumonie qui se résorbait, Frérin secoua négativement la tête et ne rajouta rien. Il était sincèrement et profondément reconnaissant envers Thorin qui avait soulagé ses douloureuses crises de toux et ses maux de tête pendant les derniers jours mais il se savait parfaitement incapable de le lui faire savoir.

Le parfum de la soupe que lui avait préparée Thorin chatouilla ses narines et, affamé, il se tourna vers le plateau en ronronnant. Jamais il n'avait été ainsi chouchouté et il se rendit compte qu'il pourrait très rapidement y prendre goût, si ce n'était pas déjà fait.

— Qu'est-ce que c'est que ça ?

Les sourcils froncés, il s'empara de l'enveloppe aux couleurs de la fac pour en lire rapidement le contenu. Impassible, Thorin l'observa entrouvrir les lèvres dans une exclamation muette avant de se tourner vers lui :

— Comment ça, « Votre demande de désinscription a été prise en compte » ?
— Je me suis rendu compte que tu étais inscrit à l'université à mes frais, dans la mesure où tu es aussi riche que moi, je ne vois pas pourquoi ce serait à moi de payer tes études...
— Si tu penses que je vais avancer le moindre centime pour ces études qui me pourrissent la vie, tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
— C'est comme tu veux, Frérin, je n'ai plus l'intention de te forcer, si tu ne veux plus aller à la fac, tu n'y iras pas.

Interloqué, Frérin resta bouche bée et ne sut quoi répondre. Il eut soudain peur d'apprendre que cela sonnait le glas de sa relation bizarre avec Thorin, mais vu la manière dont ce dernier le regardait à présent, il comprit qu'il s'agissait d'un virage.

— Mais... Je vais faire quoi, moi, de mes journées, si tu ne me cours pas derrière pour aller là bas ?
— Etablir ton propre réseau social et arrêter d'emmerder les membres du mien serait un bon début !

Le blond considéra un instant cet option puis fit une moue capricieuse.

— Non merci, je préfère encore dormir pendant les cours de philosophie médiévale et compter le nombre de veines qui apparaissent sur le front de Dwalin quand il est en colère plutôt que d'arrêter les- heu... Qu'est-ce que tu... fais ?

Thorin lui répondit d'un sourire narquois et termina de s'installer au dessus du plus jeune, le forçant à s'aplatir sur ses oreillers alors qu'il se pencha sur lui, ses yeux ancrés dans les siens.

— J'espère que tu n'es pas en train de me dire que tu es prêt à avancer ton propre argent pour suivre ces cours que tu juges futiles et décadents ?
— Il faut bien... s'occuper.

Frérin se pressa contre le matelas, coincé par les mains que Thorin avait placées de part et d'autre de son visage pour s'abaisser plus encore sur lui.

— Dans ce cas, dis le.
— Quoi ça ?
— Qu'en réalité, tu aimes la philo, mais que tu préfères quand c'est moi qui te force à aller en cours.

Frérin écarquilla les yeux et ne sut quoi répondre. Il n'avait jamais été quelqu'un de très franc, lui, au contraire, il se complaisait dans le mensonge et les détournements de vérité.

Il déglutit bruyamment lorsque, continuant de s'abaisser doucement, Thorin fit glisser l'arrête de son nez contre sa mâchoire, le souffle qui se perdit dans sa gorge le fit frémir.

— Tu n'imagines pas à quel point j'aime me savoir l'unique personne capable de te ravir ta si insolente répartie, Frérin.
— Et tu n'imagines pas à quel point j'aime me savoir l'unique personne capable de te faire dire ce genre de chose...

Thorin eut un sourire mutin qui se perdit dans le creux de la gorge et il combla la distance qui séparait la peau tendre et ses lèvres avides. Il se régala du tressaillement du plus jeune alors qu'il entama son exploration buccale, découvrant enfin le goût qui le faisait saliver.

— Tu sais, tu n'es pas obligé d'aller à la fac, à nous deux, on pourrait bien trouver de quoi occuper nos journées...
— C'est donc pour ça que tu as demandé ma désinscription... J'aurai du m'en douter...
— Non, si j'ai fais ça, c'est pour te laisser le choix entre continuer ou t'arrêter là. Je ne veux plus que la seule chose qui nous lie toi et moi soit cet acharnement à nous chercher pour mieux nous fuir.

Les lèvres de Thorin descendirent indolemment le long de la gorge, embrassant et marquant toute parcelle de peau qui se présenta à elles et Frérin serra les lèvres pour mieux juguler les sensations soulevées par son grand frère et se tassa sur le matelas pour profiter, fermant doucement les yeux et poussa un profond soupir ravi.

— Tu te laisses faire ?
— C'est plutôt agréable...

Les coins des lèvres du plus vieux s'étirèrent dans un nouveau sourire et Thorin s'installa plus confortablement au dessus du corps svelte qu'il caressa avec dévotion, plantant son regard bleu dans celui, serein, du blond.

— Jusqu'où tu laisseras-tu faire ?
— Ca dépend, jusqu'où comptes-tu aller ?
— Si ça ne tenait qu'à moi...

Taquin, le plus vieux s'abaissa sur le blond et brossa ses lèvres des siennes, laissant sa main curieuse parcourir sans aucune pudeur l'épiderme du philosophe qui se tordit langoureusement, la lèvre inférieure emprisonnée entre ses dents acérées.

— Je n'ai pas l'intention de m'arrêter, Frérin...

Avec une douce délicatesse, Thorin porta sa main à la bouche du plus jeune et caressa les lèvres entrouvertes de la pulpe des doigts.

— A moins que tu ne me le demandes...

En réponse, Frérin darda sa langue pour lécher le bout des doigts du plus vieux, qui le regarda faire, subjugué par le spectacle érotique que lui offrit le blond. Ce dernier se redressa ensuite pour venir à la rencontre de Thorin qui vint clamer ses lèvres dans un baiser passionné.

— Et si je te dis que j'ai envie de toi, maintenant, de moi en toi, que feras-tu, Thorin ?
— Tu es passé maitre dans l'art du mensonge et du détournement de vérité, à un point où tu en viens à te jouer de toi même...
— Où veux-tu en venir ?
— Tu pourras me dire ce que tu veux, Frérin, tout ce que tu veux... Je sais lire en toi... Tu fais le dur, l'intouchable, mais ta carapace est faite de verre... Tu veux me faire croire que tu es trop fier pour te laisser aller à ouvrir les jambes, mais en réalité, tu as seulement peur de me décevoir... Tu es terrorisé à l'idée de n'être qu'un coup d'un soir comme un autre pour moi et c'est pour cela que tu estimes que je n'ai pas d'autre choix que de t'appartenir, car tu t'imagines que si tu parviens à me posséder une deuxième fois, alors tu auras sans doute d'autres chances... Mais c'est peine perdue, Frérin...

Frérin se figea pendant quelques secondes, puis il lui répondit d'un sourire insolent et, après un regard bravache, il se sépara légèrement de l'ainé pour retirer son pull et son T-shirt dans un geste provoquant.

— Et si tu te concentrais sur moi au lieu de raconter des conneries ?

Thorin lui renvoya un sourire prédateur et se plaça de nouveau au dessus de Frérin qui s'allongea indolemment sur le matelas et qui frémit doucement lorsque les doigts de son frère remontèrent le long de ses flancs nus.

— Tu cherches à me dérouter ?
— Ca à l'air de fonctionner...

Frérin se cambra sensuellement lorsque les pouces de Thorin passèrent une première fois sur ses tétons et il se surprit à pousser un gémissement langoureux, pour le plus grand plaisir de Thorin qui découvrait en même temps que son petit frère à quel point ce dernier était sensible à ses caresses.

— Dis moi la vérité.
— Tu l'as déjà deviné.
— Ca ne me suffit pas, j'aimerai te l'entendre dire.

Frérin ne répondit pas et le silence se fit dans la chambre, entrecoupé des bruits humides des baisers sur la gorge et les épaules offertes, les draps qui se froissent sous les doigts crispés par le plaisir et le souffle, de plus en plus bruyant et chaotique, que le blond ne maitrisait plus. Un premier gémissement, suintant d'érotisme, roula dans la gorge du plus jeune lorsque Thorin prit l'un de ses tétons entre ses dents et l'autre entre le pouce et l'indexe pour le malaxer, amenant le corps souple à se tordre sous le plaisir exacerbant. Le plus vieux s'attarda quelques instants à faire rouler le petit grain de chair contre sa langue, dégustant les tressaillements et légers gémissements que laissa échapper Frérin. Il descendit ensuite le long de son torse, le couvrant de baiser embrasés, laissant ses mains affamées parcourir la peau sensible sans lui laisser le moindre répit. Le corps du plus jeune commença à onduler et se mouvoir sous le plaisir trop violent pour être contenu et, soudain, n'y tenant plus, il se redressa et empoigna la nuque de Thorin pour le forcer à revenir sur ses lèvres qu'il lui offrit pour un baiser passionné.

— Ne te montre pas trop gourmand, Frérin, je risquerai de me laisser tenter…
— C'est trop tard pour dire ça, Thorin.
— Dis moi d'arrêter…
— Sinon quoi ?
— Sinon, ce qu'il va se passer ensuite, ce ne sera pas un dérapage…
— Tant mieux.

Sans lui laisser le temps d'ajouter un mot, Frérin se redressa encore, amenant Thorin à s'asseoir. Il s'installa sur ses genoux, et reprit le baiser qui se chargea en fougue et en passion.

Il était trop heureux de constater que le plus vieux n'avait, finalement, pas besoin d'alcool pour le trouver attirant et qu'il le désirait suffisamment pour le faire sien alors qu'il était parfaitement maitre de ses moyens malgré tout.

Jusqu'à ce que Thorin inverse les positions pour prendre le contrôle de l'étreinte quelques jours plus tôt, sur son bar, le blond avait sincèrement cru que le désir ne lui était absolument pas retourné et que jamais le plus vieux ne s'abaisserait à franchir une telle limite. Trop de respect, pas assez de désir.

Ses doigts tremblants s'attaquèrent sans attendre à la chemise du brun qu'il chercha maladroitement à défaire, trop occupé à se presser contre son corps d'airain pour avoir pleine maitrise sur ses mouvements. Surtout que Thorin, avec ses caresses indécentes et la manière dont il faisait valser sa langue sans pudeur, aviva un brasier dans ses reins, consumant son bas-ventre qui se liquéfia sous le désir.

— Non, ne-

Mais, trop pressé pour se soucier de l'injonction de son frère, dans un gémissement rauque, il empoigna le tissu hors de prix qui recouvrait le corps du plus vieux et, excédé par les boutons qu'il ne parvenait pas à défaire, il déchiqueta la chemise et balança les lambeaux au large avant de coller son corps à celui qui lui faisait tant d'effet.

— Très bien, Frérin, si c'est vraiment ce que tu veux…

Frérin poussa un nouveau gémissement lorsque le bras de Thorin s'enroula autours de sa taille pour le presser contre lui en guidant ses hanches de manière à ce que leurs érections entrent en contact. Il se cambra soudainement en implorant le nom du plus grand d'une voix tellement érotique que c'en devint obscène et il écarquilla ensuite les yeux quand il sentit que Thorin le souleva rapidement pour faire glisser son pantalon le long de ses jambes. Perdu dans les limbes du plaisir, il n'avait même pas remarqué qu'il avait défait sa ceinture et sa braguette d'une main agile. Le brun ne s'embarrassa pas et retira le boxer du plus jeune dans la foulé avant de le faire basculer sur le lit d'une pression autoritaire.

Avant de se pencher une nouvelle fois sur lui, Thorin s'accorda un peu de temps pour admirer le corps somptueusement bien ciselé du plus jeune et il se dit que l'avoir côtoyer aussi longtemps sans relever sa poignante beauté relevait du crime. Sa gorge s'assécha ensuite alors que son cœur se mit à tambouriner de plus belle lorsqu'il remarqua à quel point l'attitude du blond était d'une indécence provocante et sensuelle. Ses yeux clos, sa bouche légèrement entrouverte pour laisser passer un souffle haché, son corps appétissant légèrement cambré, désireux et désirable et qui frémissait d'impatience, de frustration et de désir… Le tout était un appel au vice et à la dépravation la plus totale dans laquelle Thorin refusa de sombrer. Pas maintenant. Il voulait plus, beaucoup plus que ce que promettait ce corps odieusement offert.

— Oh, Frérin... J'ai tellement envie de toi...

Le blond écarquilla les yeux et poussa un nouveau gémissement rauque, enflammé par la voix veloutée de son frère aggravée de désir. Il avait découvert à quel point Thorin pouvait être chaud en certaines circonstances, mais il avait fait l'erreur de penser que l'alcool était ce qui permettait au brun de se débrider. Il se rendait maintenant compte que la réalité était toute autre. Que le plus vieux avait beau être torride une fois imbibé, Frérin découvrait maintenant à quel point il pouvait se montrer bouillant lorsqu'il était en pleine possession de ses moyens, et encore, le mot était faible.

Jusqu'à là, il avait naïvement pensé qu'il aurait pu tenir tête au plus vieux et jouer à armes égales dans ce jeu charnel et sensuel. Mais il était tout simplement dépassé par Thorin, par son ardente domination et par les sensations d'une puissance qu'il n'avait jamais connue, soulevée par ses caresses, ses mots et ses baisers qu'il lui prodiguait sans lui concéder la moindre accalmie. Frérin s'était perdu, tout simplement, sur le chemin le plus délicieux qui soit.

— Ho putentrailles ! Thorin, qu'est-ce que tu-

L'exclamation voluptueuse qui s'échappa de sa gorge l'empêcha de finir sa phrase et, submergé par le plaisir, son corps s'arqua violement lorsque les lèvres de son frère se refermèrent sur son érection palpitante. Il plongea ses doigts dans la chevelure brune et se mit à haleter tandis que son corps ondula au rythme de la bouche exquise du plus vieux qui s'appliqua à lui arracher des exclamations de plus en plus éraillées, de plus en plus bruyantes, enroulant sa langue autour de son sexe, puis le couvrant de baisers exacerbant avant de le prendre complètement et subitement en bouche, le faisant glisser dans sa gorge et arrachant un cri voluptueux à Frérin, s'autorisant à l'éraflé du bout des dents pour lui prodiguer un plaisir brulant.

Le blond jura et ferma les yeux en jugulant des vagues de jouissance qui déferlaient en lui. C'était tellement bon qu'il en vint à oublier tout ce qui n'était pas Thorin et il s'entendit gémir lorsque ce dernier ouvrit les yeux alors qu'il était occupé à téter la tête de son membre et que le regard brulant pénétra le sien pour ne plus le lâcher.

C'en fut trop pour Frérin qui, en plus de déguster la puissance des sensations qui déferlaient dans son corps, se rappela que la personne qui soulevait ce tumulte en lui n'était autre que Thorin, son inaccessible demi-frère. Celui dont Frérin s'était longtemps désespéré d'accrocher le moindre regard avant de comprendre que cet homme là ne fera jamais parti de sa vie, alors pour ce qui était d'attendre de lui une seule attention, même la plus minime...

Les yeux bleus qui avaient capturé les siens se troublèrent soudainement alors qu'un cri voluptueux roula dans sa gorge lorsque Thorin fit glisser une ultime fois son érection entre ses lèvres et il se déversa dans sa bouche en criant son nom, sa voix se brisa sous la violence du plaisir. Le plus vieux lui laissa quelques secondes de répit, le temps pour lui de se déshabiller sans quitter des yeux le corps alanguis et tremblant qui reposait sur les draps froissés.

Une fois nu, il revint sur Frérin et l'embrassa, partageant le gout de ce dernier et laissa ses mains explorer une nouvelle fois ce corps qu'elles connaissaient maintenant dans les moindres détails avant de descendre plus bas pour tourmenter l'aine et en hâter la renaissance. Le blond, à bout de souffle et assaillit par de fulgurants traits de plaisir, recommença à onduler indécemment en gémissant bruyamment. Ses mains se mirent ensuite en mouvement et, lâchant les draps que les doigts avaient agrippés comme si sa vie en dépendait, elles vinrent se poser sur le corps de Thorin et il frémit de plaisir en retrouvant le contact de cette peau, chaude et frémissante, qu'il avait tant aimé lors de leur première union.

Il malaxa avec dévotion les muscles fermes des bras et des épaules avant de caresser rapidement le torse et les abdos. Ses doigts vinrent ensuite se mêler aux boucles, douces et brunes, de l'entrejambe avant de découvrir par attouchements légers le membre dressé, impatient et affamé. Il sentit le corps de Thorin tressaillir et un nouveau gémissement gronda en lui alors qu'il referma les doigts sur l'érection qui pulsait de désir.
Le souffle rauque que souffla Thorin se perdit dans le creux de son cou et il rouvrit les yeux pour se perdre une nouvelle fois dans ceux aux pupilles dilatées à l'extrême, et, doucement, il fit glisser la verge contre sa paume en se mordant la lèvre, tressaillant en entendant l'exclamation de plaisir poussée par le plus vieux. Il surprit sa voix, rauque et affamée, s'élever sans pudeur lorsque son corps entier se cambra, pénétré par un premier doigt soucieux de son confort. Le blond ferma les yeux et posa son front contre l'épaule au dessus de lui, frustré et comblé à la fois, pressé de sentir en lui le sexe si dur qu'il tenait encore dans ses mains, mais conscient que lui n'était pas imbibé d'alcool, les choses ne seraient peut-être pas aussi simples qu'elles ne l'avaient été pour Thorin.

Le brun déposa un léger baiser sur sa tempe avant d'enfoncer un deuxième doigt en lui en tremblant d'un désir qu'il jugula implacablement. Malgré tout ce que l'on pouvait reprocher à Frérin, à aucun moment Thorin n'estimait qu'il méritait la moindre brusquerie, le moindre affront ou la moindre négligence. Au contraire. A la manière dont il réagissait à ses attouchements et ses caresses, il était flagrant que le plus vieux était le premier qui se souciait ainsi de son plaisir, qu'aucune des filles qu'il avait comblées n'avait cherché à lui rendre l'attention, il avait encore beaucoup à apprendre sur son corps. Le brun tressaillit lorsque les dents acérées du blond perforèrent la peau de son épaule pour étouffer un cri de plaisir, son corps entier fut parcourut d'un spasme langoureux alors que les doigts massèrent avec application ce point si sensible en lui. Il écarta les jambes dans une invitation exigeante, enroulant ses bras autour des épaules du plus vieux et se cambra pour se presser contre lui en tremblant et en gémissant le nom de son grand frère.

— Soit patient, Frérin, je ne veux pas te faire mal.
— Ca fait une éternité que je patiente... Toute ma vie même... Tu n'as pas idée...

La voix était hachée, rauque et Thorin déglutit. Sa main remonta le long du dos cambré pour se perdre dans la tignasse blonde qu'elle agrippa tandis qu'il chercha de ses lèvres celles du plus jeune. Le baiser qu'il exigea lorsqu'il les trouva fut aussi doux que sauvage, les langues dansèrent une valse effrénée mais imprégnée d'une promesse poignante. Frérin s'y perdit désespérément en gémissant et il reprit un souffle haché lorsque la bouche de Thorin s'éloigna de lui pour murmurer à son oreille.

— Ce sera réparé, Frérin, plus jamais je ne me détournerai de toi.
— Je t'en empêcherai.
— Tu n'auras pas à le faire... Jamais je n'aurai du nier ainsi ton existence... Et je ne peux que déplorer à quel point j'ignore encore qui tu es...

Le plus vieux ponctua sa phrase d'un baiser sur la tempe, s'attardant sur la peau pour s'assurer d'y laisser une nouvelle marque, furieux contre lui même de se montrer totalement ignorant des goûts et des préférences de son petit frère, que ce soit pour la nourriture, la musique, les films ou tout simplement les passe-temps.

— Mais ce sera réparé, je te le promets. Tu es ma nouvelle priorité, Frérin.

Frérin, qui ne s'était pas attendu à entendre ce genre de chose maintenant, pas alors que son corps bouillonnait de plaisir entre les mains de Thorin, prisonnier des sensations ineffables qu'il soulevait en lui, répondit en gémissant le nom de son voluptueux tortionnaire, incapable d'admettre que jamais, de toute sa vie, il n'avait espéré recevoir autant d'attention d'une seule et même personne, surtout pas de Lui.

— Tout ce que tu veux, je te le donnerai...

Le blond se tordit une nouvelle fois sous un exacerbant trait ardent et ferma rapidement les yeux pour déguster le long frisson qui remonta le long de son corps, soulevé par les mains expertes de Thorin. Il se pressa plus encore contre lui, tremblant du besoin de le sentir en lui, sa tête tournait à cause de sa respiration malmenée et du trop plein d'émotions que lui procurait cette étreinte interdite et bouleversante.

— C'est toi que je veux, Thorin, rien d'autre.
— Comment ?
— En moi, s'il te plait Thorin, vient en moi ! Fais de moi ce que tu veux, je m'en fou, mais montre moi que je suis le seul, aime moi comme tu n'as jamais aimé personne, je suis le seul qui mérite ton attention ! Tout ce que tu as à me donner, je le prendrai !

Thorin, qui se fit une nouvelle fois surprendre par le blond, resta sans voix quelques secondes, puis, n'y tenant plus, il retira ses doigts qui outrageaient le corps qui lui était offert et il se redressa, soulevant son petit frère avec lui. A genoux sur le lit, il empoigna le bassin et le dirigea sur lui.

Son regard ne quitta pas le visage troublé du plus jeune alors qu'il l'accueillait doucement en lui, se cambrant pour mieux le recevoir et Thorin ne put dire si ce fut le fait de posséder ainsi un corps tel celui qui se mouvait sur lui ou bien la manière, parfaitement inattendue et saisissante, qu'avait cet intouchable jeune homme de s'offrir à lui, sans retenue et sans complexe, qui souleva en lui cette puissance des sens d'une intensité qu'il n'avait jamais éprouvé.

Il commença à bouger, dégustant avec délices les gémissements qu'il arracha au plus jeune et Frérin suivit le rythme, ondulant pour approfondir la sulfureuse étreinte.
Avide d'entendre ses cris, il l'allongea une nouvelle fois sur le matelas, clouant sa main sur les draps avec la sienne, mêlant leurs doigts alors qu'il le prit avec une ardeur décuplée, ses yeux bleus toujours ancrés sur son visage noyé dans l'extase. Il regarda la manière dont les lèvres, déjà entrouvertes, se séparèrent dans un cri silencieux lorsqu'il percuta une première fois sa prostate, puis comment il jeta la tête en arrière en laissant partir sa voix quand Thorin s'en prit à elle sans douceur, changeant l'angle de la pénétration pour masser ce point si sensible, l'amenant à voir des étoiles alors qu'il pensait pourtant avoir déjà atteint le paroxysme de son plaisir.

Sans rompre ce rythme lent mais intense qui mettait les sens brouillés du plus jeune à l'épreuve, les doigts du brun attrapèrent le menton de Frérin et força son regard à s'accrocher au sien, avide de le voir se perdre sous lui alors que, doucement, il approfondit l'étreinte pour le prendre avec de plus en plus de passion et de fougue. Et la mélodie de sa voix, décousue par le plaisir, qui se cassa en criant son nom caressa ses sens de la plus délicieuse des manières.

Frérin ferma soudainement les yeux et son corps entier se cambra alors que, dans un cri de jouissance d'un érotisme poignant, il succomba à un orgasme d'une violente intensité, emportant Thorin dans sa volupté et poussant un râle de plaisir lorsqu'il le sentit venir en lui. Le plus vieux mena une lente et ultime chevauchée avant de se laisser tomber sans douceur sur le corps qui venait de le combler comme il ne l'avait jamais été.

Pendant un long moment, seules leurs respirations chaotiques s'élevèrent dans la pièce et Thorin fit glisser son pouce sur la gorge du blond, étudiant la manière dont le pouls affolé se calmait doucement, conscient que le corps tout entier de Frérin tremblait encore de l'intensité de l'échange.

Thorin prit ensuite une profonde inspiration et se retira du plus jeune avant de le soulever pour s'adosser contre la tête du lit, prenant Frérin dans ses bras sans un mot, caressant du bout des doigts toute surface de peau à disposition. Un coup d'œil au réveil posé sur la table de nuit lui rappela que la journée ne faisait que commencer et qu'ils n'avaient même pas encore atteint le milieu de la matinée. Il déposa un baiser sur le front de son petit frère, s'il pouvait encore l'appeler ainsi, et raffermit sa prise.

Ses pensées jusqu'à maintenant troublées par le plaisir étaient de plus en plus nettes et il commençait à se rappeler que, si un retour en arrière était impensable, il n'en était pas moins qu'une relation dans ce sens là ne pouvait aboutir nulle part.

Lui et Frérin avait beau avoir une personnalité aussi intimidante que forte et dure, il n'en restait pas moins que ce genre d'amour, s'il était toléré, n'était pas accepté dans la société actuelle et Thorin ne voulait pas emprunter un chemin qui les mènerai droit dans le mur.

— Frérin...
— Oui, je sais, on gardera ça secret.
— Je suis désolé, j'aimerai t'offrir plus, mais...
— Ne t'inquiète pas, Thorin, je n'ai pas besoin de plus. Tu m'as déjà donné tellement...

Les lèvres fines du plus vieux se plissèrent dans un sourire ravi et repu et il vint emmêler ses doigts dans les longues mèches blondes. Frérin était maintenant sien, de toute manière, quoiqu'il arrive et, même si le clamer au monde entier n'était pas envisageable, il comptait bien le faire comprendre au moins au plus jeune.
Ils restèrent silencieux encore quelques minutes, puis Frérin parla doucement, les yeux perdus dans le vide :

— Thorin, il y a une question que je me suis toujours posée... La réponse n'a plus d'importance maintenant mais... Je voulais savoir... juste, pourquoi tu m'as empêché de partir il y a six ans ? Qu'est-ce que ça pouvait te faire ? Je n'étais qu'un étranger à tes yeux...
— Je n'en sais rien, ça fait six ans que cette même question tourne en boucle dans mon esprit... Je pense que je me suis tout simplement rendu compte que tu n'étais pas « juste » le fils de Sigrid et que, que je le veuille ou non, tu étais aussi mon frère... J'avais décidé de prendre mes responsabilités...
— Tu sais que je te détestais...
— Tu avais raison.
— Je n'ai... Te voir débarquer à l'aéroport avec Fili et Dwalin fut la plus grande surprise de ma vie. Sur le coup, je me suis même demandé si je n'avais pas oublié quelque chose que tu aurais pris la peine de me rapporter, ou bien si c'était maman ou Dis qui t'avait supplié de me ramener...
— Oui, moi même je me suis demandé ce que je faisais là, mais il était hors de question que je te laisse partir, et aujourd'hui, le sujet est clos : fait mine de t'éloigner de moi, essaie seulement, je te retrouverai.

Pressé contre son frère, Frérin retint un ricanement et enlaça le torse d'airain avec dévotion :

— Pour que je fasse ça, il me faudrait une sacrément bonne raison.
— Que je ne te donnerai jamais.
— Comme si tu en étais capable.

L'attitude mutine de Frérin fit sourire le plus vieux qui laissa sa main glisser le long de son épaule pour le séparer légèrement de lui et assaillir sa bouche soudainement exposée. Frérin répondit au baiser langoureusement en se pressant contre son frère, mais il écarquilla soudainement les yeux et s'éjecta de l'étreinte.

— Putain de merde ! On est lundi ?

Thorin retint un sourire amusé et se rallongea sur le matelas en fixant le visage horrifié du plus jeune, ses doigts traçant nonchalamment des petites arabesques en bas de son dos.

— Oui… Ils sont partis au chalet hier, je leur ai dit que je t'amènerai à la station dès que tu seras sur pied... Et dès que tu auras fais tes courses de noël...
— Ouais, en somme, ça te fait surtout une bonne raison pour ne pas aller à la montagne en famille.
— Une sacrément bonne raison, oui.

Frérin leva les yeux au ciel et se laissa lourdement tomber, arrachant un souffle douloureux à Thorin qui le réceptionna.

— Fili et Kili doivent être en train de dévaler les pentes à l'heure qu'il est...
— Les connaissant, je dirais qu'ils sont plutôt en haut des pistes en train de siroter un café en terrasse...
— On les rejoint quand ?
— Quand tu veux, Noël est dans trois jours... On pourrait... passer un peu de temps ensembles, ici, tous les deux.
— Et tu penses vraiment que, tout simplement parce que Monsieur vient de... heu...
— T'offrir le pied de ta vie...
— Ouais, voilà, simplement pour ça que je vais faire une croix sur mes vacances à la neige ?
— Pourquoi pas ? Surtout que ce ne sera pas le dernier...

Frérin se tordit langoureusement lorsque la fourbe main du plus vieux agaça ses flancs sensibles.

— Ho non, Thorin, tu n'obtiendras pas tout ce que tu veux simplement avec des caresses... Tu as toujours été trop gâté, mais moi, je ne cèderai pas à tes caprices...

Frérin glapit faiblement lorsque Thorin inversa les positions, le coinçant sous lui avec un sourire prédateur.

— C'est bien ce que j'attends de toi... Ca me donne une bonne excuse pour pousser ces caresses et voir jusqu'où tu peux tenir ce genre de discours...
— A ce que je vois, tous les coups sont permis pour ne pas aller à la Montagne...
— Et pour te garder rien que pour moi...
— Tu essaies de m'avoir avec les mots maintenant ?
— Pourquoi me donnerai-je la peine de gâcher ma salive alors que je sais pertinemment ce que tu fais des mots ?

Frérin déglutit lorsqu'il comprit que son frère était sincère, puis il ferma les yeux pour ne pas céder aux caprices du plus vieux si facilement. Bien sur que Thorin pouvait tout avoir de lui, tout, mais il ne fallait pas non plus que ce soit trop facile.

oOo

— Qu'est-ce que c'est ?

Assise sur le bar du Shari, Orianne se mordit la lèvre inférieure et posa ses yeux sur le paquet qu'elle avait posée sur le bar, à côté d'elle.

— C'est un cadeau.
— En quel honneur ?
— Noël. Je sais que c'est la semaine prochaine, mais je voulais te l'offrir en avance.

Dwalin haussa un sourcil et il posa son balais contre une table avant de s'approcher du comptoir sur le quel trônait la jeune lycéenne et le paquet joliment emballé.

— Pourquoi ? Je pensais que tu venais en Ered Luin avec ton père et tes cousins. Il est d'ailleurs prévu que vous veniez fêter noël avec nous, vu qu'on sera dans la même station.

Elle soupira et posa sa belle main sur le cadeau qu'elle avait acheté pour le barman, le regard fuyant et de drôles de couleurs apparaissant sur ses joues. Elle avait intensément réfléchi à tout ce que lui avait dit Tauriel durant la fête chez Boromir et en avait déduis que la serveuse avait raison. Dans la mesure où Dwalin ne lui donnera aucune occasion de faire ses preuves, elle devait jouer sur l'audace et forcer sa chance.

Malheureusement, lors de la fête, c'étaient les quelques verres qu'elle avait bu qui lui avaient permis de se laisser aller avec Boromir et de prendre quelques initiatives avec Tauriel. Aujourd'hui, elle était parfaitement sobre, lucide et se trouvait, non pas devant un, ou une, ami, mais face à Dwalin, qui avait le pouvoir de lui retirer tous ses moyens d'un seul regard. Le jeu avait changé.

— C'est simplement parce que... Je voulais profiter que l'on soit seuls tous les deux...

Il fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine, un peu surpris par l'attitude subitement gêné de la jeune fille. Ils étaient souvent seuls, tous les deux, car elle était presque toujours présente à la fermeture du bar en semaine, lorsque les horaires étaient raisonnables, et elle lui tenait compagnie pendant qu'il rangeait l'établissement avant de partir.

— Et pourquoi donc ?
— Parce que... Je...

Elle pris sa respiration pour se donner du courage, tous les conseils de Tauriel évaporés par le regard du plus vieux et elle eu le réflexe de retirer ses lunettes, comme lorsqu'elle était petite et qu'elle jouait sa dernière carte pour supplier Dwalin de l'emmener au zoo.

— En fait... J'ai quelque chose à te demander, en retour.
— Qu'aimerai-tu en échange ?

Il avait froncé les sourcils en se disant que c'était la première fois qu'elle semblait aussi mal à l'aise devant lui, aussi... Anxieuse. Mais lorsqu'elle leva le regard pour planter ses yeux mordorés dans les siens et qu'elle parla dans une voix plus rauque qu'à l'accoutumer, son esprit cessa de tourner.

— Un baiser.
— Un baiser comme…
— T'es lèvres sur les mi-
— Non.

La réponse avait fusée avant même qu'Orianne ait réellement terminée sa phrase. C'en était trop pour Dwalin qui n'arrivait même pas à concevoir qu'elle lui demande une chose pareille. Mais la jeune lycéenne ne le lâcha pas de son regard mordoré aux pupilles dilatées et, enhardie d'apercevoir du trouble et de la consternation là où elle attendait du dégoût ou de la moquerie, elle refusa de baisser les bras, déterminée à recevoir quelque chose pour laquelle elle se languissait depuis trop longtemps.

— Pourquoi ?
— Comment ça, pourquoi ? Parce que toi, tu as vraiment envie que je t'embrasse ?

Orianne ne répondit pas, parce qu'elle venait de surprendre le regard de Dwalin, très bref, qui avait effleuré ses lèvres, comme s'il cherchait à déterminer si elles étaient suffisamment pleines pour recevoir un baiser. Ce simple regard, qu'elle avait certainement rêvé, la fit hésiter et elle déglutit en s'humectant les lèvres, attirant une nouvelle fois le regard du plus grand.

Elle ne parvint pas à répondre alors que, pourtant, les mots se bousculaient en elle. « Mais bien sûr, abruti, que j'en ai envie ! Qu'est-ce que je dois faire pour que te rendes compte de ça ? ». Elle répondit à sa question d'un simple hochement de tête qui eut l'effet d'une déflagration dans l'esprit du plus vieux qui resta pétrifié un instant, regardant sa protégé d'un air ahuri et déconcerté.

— Mais… Non ! C'est hors de question !
— Donne moi une bonne raison !

Orianne ne comprit pas d'où venait cette colère qu'elle sentit gonfler en elle, mais la réaction de Dwalin lui faisait trop mal pour qu'elle s'échine à rester calme. Elle se laissa glisser du comptoir pour s'approcher de lui sans le lâcher des yeux.

— Donne moi en une seule, Dwalin Durin…
— Mais, tu es… Une petite fille…

Le ton semblait suppliant, comme si le barman conjurait Orianne de se souvenir de ce fait et de ne pas outrepasser l'image qu'il avait d'elle.

— Dans ce cas, fait de moi une femme… Ta femme…

Les conseils de Tauriel en tête, Orianne s'approcha encore d'une démarche qu'elle voulu assurée, puis, sans réfléchir, elle porta ses doigts sur la fermeture éclaire de son pull fourré qu'elle ouvrit franchement.

— Je ne suis plus une petite fille.

Une fois le pull ouvert, la première chose qui traversa l'esprit de Dwalin fut qu'elle n'avait ni t-shirt, ni soutien-gorge en dessous, puis la cohérence de ses pensées, déjà mise à mal par le comportement de la plus jeune, vola en éclat lorsqu'elle s'empara de sa main qu'elle plaqua sur un sein nu.

Il en apprécia immédiatement la fermeté et la rondeur ainsi que la petite taille qui lui permis de pouvoir l'englober entièrement de sa main et il eut le réflexe de le malaxer, amenant Orianne, qui avait pourtant pensé savoir à quoi s'attendre après sa brève étreinte avec Boromir ou Tauriel, à hoqueter sous la puissance du plaisir inattendu qui l'assaillit. Elle se sentit défaillir mais Dwalin fit glisser son autre main dans son dos pour la soutenir alors qu'il s'amusa à faire rouler son téton déjà dur avec son pouce, étudiant la réaction de la jeune fille qui se cambra, électrisée.

Tauriel n'avait pas tord sur un point : il avait beau rechigner de voir combien elle avait grandi, il restait homme avant tout.

La main dans son dos glissa sensiblement et elle sentit l'hésitation qui traversa le corps du plus vieux un instant, alors elle posa ses doigts sur le poignet du barman qu'elle guida, plus qu'elle ne força, à aller plus bas et elle poussa un long soupir ravi lorsque, sous son injonction, Dwalin commença à pétrir sa fesse dont il adora le galbe.
Étourdie, elle se pressa contre lui, remontant instinctivement son genoux contre la jambe du plus grand et laissant ses mains courir sur son corps d'airain, enfin.

— Orianne… Je ne crois pas que-
— Je t'en pris… Dwalin…

Sa voix était rauque alors qu'elle le suppliait sans même s'en rendre compte. Mais l'homme qu'elle aimait était là, contre elle, ses mains parcouraient indécemment son corps et même son souffle, qui se perdait dans le creux de sa gorge, lui faisait tourner la tête.
Elle se surprit à gémir et se mordit la lèvre en se rappelant des paroles de Tauriel : Dwalin ne devait pas se rappeler subitement qu'elle avait dix ans de moins que lui et qu'elle était parfaitement novice dans ce genre de chose. Elle devait lui faire oublier cet haïssable statut de petite sœur de cœur et lui prouver que l'âge n'avait aucune importance, du moins pour elle.

Mais lorsque la main de Dwalin dérapa pour s'emparer de sa cuisse et la soulever partiellement avant de la presser contre le bar de noyer derrière elle, ce ne fut ni un soupir, ni un gémissement qui lui échappa, mais une exclamation voluptueuse qui se transforma en cri lorsque la bouche, taquine et gourmande, de Dwalin se referma sur le téton délaissé.

Elle eut l'impression que son bas ventre entra en fusion et, malgré les efforts, elle ne put s'empêcher d'onduler au rythme de la langue et des dents qui la torturait.
Dwalin déposa ensuite une myriade de baiser sur la courbe de ses seins puis il remonta, passant par dessus la gorge recouverte d'une lourde écharpe, il embrassa sa mâchoire, la joue puis les lèvres, une première fois.
Orianne sentit son corps entrer en combustion lorsque la bouche du plus grand couvrit une deuxième fois la sienne. Si les lèvres de Tauriel ne lui avaient fait ni chaud ni froid, ce ne fut pas le cas de celles de Dwalin qui l'enflammèrent littéralement. Elle n'eut même pas à se rappeler des conseils de la serveuse pour ouvrir franchement la mâchoire tout en se pressant contre le corps du plus grand en gémissant dans le baiser. Il joua avec les lèvres qui lui était offertes, profana la cavité qui s'ouvrit pour mieux l'accueillir et fit valser la langue qui vint à la rencontre de la sienne, ôtant toute cohérence dans les pensées de la plus jeune.

Mais, avec une brutalité innommable, Dwalin rompit le baiser et s'éloigna d'elle comme si elle venait de le bruler. Elle se retrouva donc soudainement debout au sol, adossée au bar et face à Dwalin qui la fixait d'un regard épouvanté, même s'il elle ne manqua pas la lueur franchement intéressée qui brilla dans ses yeux lorsqu'il détailla sans pudeur la blancheur de sa peau, les courbes féminines de sa silhouette, taille fine aux hanches pleines, ses petits seins, pleins et rebondit, dont il était sous le charme. Mais, trop tôt, il se baissa devant elle pour ramasser son pull qu'il avait fait glisser de ses épaules dans l'étreinte et lui tendit machinalement.

— Rentre chez toi Orianne, je n'ai rien à t'apporter.

Encore essoufflée et étourdie, elle fronça les sourcils en récupérant distraitement le vêtement, incapable de trouver la moindre clarté dans ses sentiments, entre la déception ou la satisfaction, la volupté ou la frustration.
Ce que Dwalin venait de lui faire vivre, même si ce fut bref et, sans aucun doute, plutôt chaste pour un homme comme lui, pour un homme tout simplement, il n'en restait pas moins que c'était bien plus que tout ce qu'elle avait espéré jusqu'à maintenant, bien plus que ce à quoi elle s'était attendu en lui demandant un baiser.

— Dwalin, s'il te plait…
— Ne t'attend pas à avoir plus, Orianne, c'est non.

Le refus catégorique du barman la contraignit au silence et elle baissa le visage, profondément dépitée. Il lui lança un regard désolé et, avec douceur, lui repris son pull des mains pour la rhabiller. Elle se laissa faire mollement, puis, elle porta ses doigts à sa gorge et empoigna son écharpe qu'elle fit glisser lentement, sans que son visage n'exprime la moindre émotion.
Une fois assurée que le cadeau de Boromir, flagrante marque violette sur sa peau pâle, était bien en vu, elle se redressa et fit mine de s'en aller. Mais elle eut juste le temps de frôler Dwalin pour se diriger vers la sortie que le plus vieux lui attrapa le bras.

— Attend, c'est quoi cette marque ? Qui a fait ça ?
— Qu'est-ce que ça peut te faire ? Si tu veux être le seul qui compte pour moi, alors tu sais ce qu'il te reste à faire.

D'un mouvement sec, elle se dégagea puis elle s'en alla sans se retourner avec la ferme attention de ne pas revenir avant un petit bout de temps, le temps que tout cela décante dans l'esprit de Dwalin, qu'il comprenne que, non seulement elle était femme, mais que, en plus, elle le désirait, lui, et que s'il n'était pas fichu de s'en rendre compte, d'autres hommes se feront un plaisir de s'occuper d'elle.

— Joyeux Noël, Dwalin. On se revoit au jour de l'an, je vais fêter noël chez mon père, cette année.


oOo

Merci d'avoir lu !

Prochain chapitre :
Axé sur Frérin - et Thorin-
Secrets, écureuils et grand duc au rendez-vous.

Le chapitre suivant sera court et ne concerne que Frérin et Thorin,
il y a donc moyen, si certains lecteurs le demandent, que je rajoute un(des) passage(s) sur un (ou plusieurs) personnages de votre choix.
A vous de me le dire, sinon, il sera publier tel quel.