oOo

— Eomer ? Le cavalier prestigieux qui a remarqué ton potentiel ?

Merry déglutit et hocha la tête, à cours de mot, troublé d'entendre comment la voix de sa mère s'était vrillée sous la surprise et l'incompréhension. Elle tourna son visage vers son mari qui fulminait en silence et ils échangèrent un regard. Les yeux d'Esmeralda revinrent sur son fils qui se surprit à y lire, non pas du dégout ou de la déception, mais simplement de la peur, rien d'autre. Une peur vibrante et déboussolée qui n'avait rien à voir avec la colère qui suintait de l'attitude de son père, même si ce dernier parvenait à se contenir.

— Mais… Ce n'est pas possible, c'est une erreur, une expérience de jeunesse… Cet homme t'as certainement-
— Il t'a perverti.
— Ce n'est ni une erreur, ni une perversion ! Maman… Tu parlais de tolérance tout à l'heure.

Le ton s'était fait suppliant et Esmeralda se mordit la lèvre inférieure, certainement plus occupée à réfléchir à ce qu'elle pourrait dire à ses amies ou sa famille, comment taire une telle chose sans perdre la face, acceptant difficilement d'admettre que son fils soit homosexuel. Ce fut son père qui prit gravement la parole.

— Ce n'est pas une question d'intolérance, regarde ce qui est arrivé à Bilbo, nous ne te laisseront pas prendre le même chemin que lui !
— Mais ça n'a aucun-
— Tait-toi ! Cet homme qui a osé te souiller ne posera plus la main sur toi, il en est-
— Bordel, papa ! J'ai 21 ans et je suis parfaitement consentant, tu n'as pas a-

Merry ne pu finir sa phrase, car une baffe retentissante lui percuta la joue et il écarquilla les yeux, à l'instar de sa mère qui porta sa main devant la bouche pour étouffer une exclamation surprise.

— Sur un autre ton, Mériadoc, je suis ton père !
— Chéri… Peut-être devrions nous en parler à tête reposée… C'est certainement une erreur, Merry est encore jeune et ce… Eomer en a profité pour abuser de lui…

Elle posa une main douce sur l'avant bras de son mari qui inspira profondément avant de lancer un regard tranchant à son fils qui était resté abasourdie autant par les propos de sa mère que par la baffe de son père :

— Mais… Non ! Il ne s'agit pas de-
— File dans ta chambre.
— Comment ? Non. Vous ne pouvez pas me punir pour-
— Ça suffit, Merry ! Tu vas faire ce que l'on te dit pour une fois ! Majeur ou non, tu restes un héritier Brandebouc et il est temps que tu agisses en tant que tel !

Furieux de voir que l'enfant qu'il avait engendré outrepassait totalement tout ce qu'il avait projeté en lui, Saradoc l'attrapa par le col et le traina dans sa chambre, qu'il prit soin de fermer à double tour après s'être emparé de son téléphone et de son ordinateur portable.

— Et tu peux faire une croix sur tes séances d'équitation, à partir de maintenant, c'est terminé !
— Enfoiré ! Tu n'as pas le droit de me séquestrer !

Avec rage, Merry shoota dans la porte de sa chambre qui claqua brutalement, faisant sursauter sa mère qui était restée dans le salon, une main sur sa bouche alors qu'elle cherchait à juguler ses larmes.

— C'est de ma faute… Je l'ai littéralement poussé dans les bras de ce malade. Merry était totalement sans défense et il en a profité durant toutes ses années sans que l'on ne remarque rien… C'est ignoble…
— Ne t'inquiète pas, Esmeralda, ce sera réparé… Si ce salaud fait mine de l'approcher encore une fois, il le regrettera.

oOo

— Boromir a bientôt terminé ses études de sciences politiques, il fera ma fierté, j'en suis certain, il le fait déjà.

Le sourire que Boromir lança à son père se fana lorsque, sans prévenir, Faramir se leva et sortit de table d'une démarche raide. Denethor porta son verre à ses lèvres en regardant sombrement son cadet s'éloigner, puis il fronça les sourcils lorsque, après s'être excusé, Boromir quitta la table et suivit son petit frère.

Il le trouva dans sa chambre, allongé sur son lit, les bras en croix.

— Je savais que je n'aurai pas du venir… Il ne me calcul même pas…
— Fa…
— J'aurai du rester avec Selwynn pour les fêtes…

Dépité, Faramir posa un bras sur son visage en expirant lourdement. Mal à l'aise, Boromir s'assit sur le lit et voulut prendre sa main dans un geste fraternel et réconfortant, mais le plus jeune sursauta à son contact et il se redressa soudainement, avant de se lever, le regard fuyant. L'ainé fronça les sourcils et il se leva à son tour pour s'approcher du lycéen qui s'était adossé à la fenêtre.

— Il serait peut-être temps que tu m'expliques !
— Que veux-tu que je t'explique ?
— Pourquoi tu passes ton temps à me fuir depuis samedi.
— Je ne te fuis pas.
— Sans blague, je ne peux même plus te-

Mais Faramir fit un bond lorsque son frère posa sa main sur son épaule et il se dégagea inconsciemment avant de faire face au plus vieux qui lui envoya un regard surpris.

— Il s'est passé quelque chose à la soirée ?
— Bien sur que non ! Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

Boromir haussa un sourcil et il sonda son frère, ses joues qui prenaient une jolie teinte rose, son regard nerveux, son souffle court et haché, qui s'échappait de ses lèvres entrouvertes.

— Tu peux me le dire, je suis ton frère !
— Je n'ai rien à dire !
— Faramir, tu es le pire menteur que je connaisse !
— J'ai le droit d'avoir mes secrets !
— Ho… Je vois… Il s'agit d'un secret… Et ton grand frère, qui pense pourtant avoir fait ses preuves en tant que confident, peut aller se faire foutre.

Le ton était acerbe et les pupilles de Faramir se rétractèrent.

— Je ne te dois rien, Bo, si je ne veux pas me confier à toi, rien ne m'y oblige ! Dégage et retourne voir ton cher papa si fier de toi, moi je retourne à Osgiliath, j'ai assez perdu de temps ici.

Boromir écarquilla les yeux et la surprise l'empêcha de retenir le plus jeune qui le bouscula en se dirigeant vers la sortie, avant de se retourner vers lui pour cracher amèrement :

— Et joyeux Noël, je suis ravi d'avoir fait ça en famille ! Merci de m'avoir convaincu de revenir à Minas Tirith, j'avais réussi à oublier à quel point papa est ébloui par ton succès.

oOo

— Reste.
— Viens.
— Crétin.
— De nous deux, c'est toi le crétin.
— Shhhh.

Le silence se fit soudainement dans le dortoir de l'immense chalet réservé aux membres les plus jeunes de la famille de Durin. La chambre spacieuse comportait une dizaine de lits plutôt douillets, chacun appartenant à un membre de la famille depuis toujours, ce qui faisait le charme de ces séjours d'hivers. Les vacances entre cousins avaient ce chouette goût des colonies animées et des veillées pyjama interminables. Ils avaient beau tous avoir grandi, aucun des membres de la "jeune génération" n'avait tenu à s'enfermer dans une chambre individuelle. Sur les dix lits, quatre étaient occupés cette nuit là : Dwalin ronflait sereinement, Fili comptait les moutons, Kili se tortillait dans des poses olympiques et dormait du sommeil du juste. Le quatrième lit était occupé par Thorin, et Frérin, tous les deux chuchotaient doucement sous une couverture qui les recouvrait de la tête aux pieds et qui étouffait leurs murmures, leur portable étaient allumés de manière à éclairer partiellement leur cabane de drap.

— Qu'est-ce que ça changera si tu pars ? Il est à l'hôpital, tu ne peux rien faire pour lui.
— Je ne peux pas rester ici alors que mon meilleur ami est en état de choc parce qu'il a frôlé la mort.
— Qu'est-ce que tu en sais qu'il a frôlé la mort ? Lui-même ne sait pas ce qu'il lui est arrivé et mis à part quelques bleus, il est en parfaite santé.
— Haldir m'a rappelé tout à l'heure. Il était inquiet, plus que d'habitude. Il a peur pour Bilbo, il n'a pas voulu m'en dire plus, mais il se peut qu'une catastrophe ait été frôlée la nuit dernière.

Frérin soupira lourdement. Il était allongé sur le flanc, contre le corps de Thorin, sa joue posée sur son torse et ses jambes emmêlées aux siennes. Le plus vieux reposait sur le dos, une main mollement posée sur la taille nue de son frère qu'il caressait distraitement du bout des doigts.

— Donc tu pars demain ?
— A la première heure.
— T'es chiant ! Pourquoi est-ce qu'il faut que ton meilleur ami soit un tel aimant à ennuis ?
— Shh, parle moins fort.

Frérin bougonna en réponse et érafla le torse de son frère de ses ongles courts pour expulser son agacement.

— Les vacances n'auront pas le même goût si tu n'es pas là.
— Frérin... Il ne reste que trois jours... Tu n'as pas besoin de moi pour t'amuser.
— Les messages salaces que tu m'envoies quand je suis en haut des pistes vont me manquer...

Thorin ricana doucement et caressa plus franchement la hanche qu'il avait à porté de main. Frérin bougea légèrement, remontant sa jambe entres celles de son frère en écoutant la manière dont le souffle du plus vieux s'aggrava lorsque sa cuisse frôla son aine.

— Et, quoiqu'il arrive, on se verra au jour de l'an, n'est-ce pas ?
— Je crois que je vais le passer au Shari cette année, les réceptions de papa me gonflent.
— Vient au moins en début de soirée, ça lui fera plaisir.
— Il en a rien à foutre de moi, il a donné un enfant à ma mère simplement parce qu'elle en voulait un à elle.
— Frérin...

Le blond sentit le reproche dans la voix de son grand frère, mais il n'avait pas l'intention de revenir sur ses mots. Ils restèrent silencieux quelques minutes, écoutant la neige tomber au dehors dans un murmure ouaté, puis Thorin repris la parole, doucement :

— A quoi tu penses ?
— Que tu devrais bien profiter de ces trois jours sans moi, parce que après ça, je n'ai plus l'intention de te lâcher...
— Quelle terrible perspective...

Frérin ne releva pas le sarcasme et se souleva pour poser le plus doucement possible ses lèvres sur celles du plus vieux, s'efforçant de ne pas émettre le moindre son compromettant. Thorin accueillit le baiser avec plaisir en laissant ses mains vagabonder sur la peau douce qu'il malaxa distraitement, appréciant la manière dont le corps souple se tordait sous ses caresses.

— Dites vous deux, je-

Frérin poussa un glapissement fort peu viril et Thorin eut le réflexe d'affermir la prise sur la taille de son petit frère, étreinte sans aucune ambiguïté, et les deux amants restèrent pétrifié, leur yeux écarquillés posés sur Fili, sûrement bien plus surpris que ses deux oncles réunis. Figé par la stupeur, il laissa tomber la couverture qu'il venait d'arracher du lit pour s'incruster dans la conversation au sujet grave. Bien sur, vu la taille du lit, il s'était attendu à ce que Thorin et Frérin soient l'un sur l'autre, un peu comme lui et Kili qui passaient toujours au moins une demi heure sur le même matelas avant d'aller se coucher dans leur lit respectif, de manière parfaitement innocente. Comme deux frères le faisaient. Mais pas... Pas ça.

— Excusez-moi, je...
— Et il s'excuse en plus.

Thorin eut le réflexe d'affermir son regard afin de capturer celui de son neveu pour permettre à Frérin de bouger et reprendre très discrètement une position moins ambiguë. Dieu merci, le blond n'avait vu que le haut et pas la proximité de leur bassin ou bien l'entremêlement de leurs jambes qui, pour le coup, ne laissaient absolument aucune place au doute, mais, heureusement, de une, l'obscurité jouait en leur faveur, de deux, Fili, ne chercha pas à étudier la scène.

Frérin se pencha pour ramasser la couverture que venait de laisser tomber le plus jeune et s'enroula dedans, mal à l'aise, laissant un bout pour couvrir le corps de Thorin qui, comme lui, n'était vêtu que d'un boxer et il parvint à ricaner intérieurement de voir que, des trois, le moins confortable était, et de loin, ce si noble et droit Fili.

— Fili, pas la peine de t'inquiéter comme ça. Il n'y a absolument rien entre Frérin et moi.
— Je vois ça… Rien du tout… Pas même un espace d'air…
— Et alors ? Qu'en déduis-tu ? Que Thorin et moi venons à l'instant de partager un moment de sexe torride ?
— Je n'ai pas-
— Ha si, tu l'as insinué très fortement ! Merci de ne pas m'insulter en pensant que je serait capable de faire ce genre de chose avec mon frère, de une, c'est dégueu, de deux, il s'agit de Thorin, le type qui en a le plus rien à foutre de moi de l'univers…
— C'est tellement flagrant que je ne l'avais pas remarqué… De toute manière, le problème n'est pas là. C'est quoi cette histoire avec Bilbo ? Il est à l'hôpital ?

Thorin haussa un sourcil interloqué et ce fut Frérin qui répondit nonchalamment :

— Il l'est, oui. Mais on ne sait pas vraiment pourquoi, simplement qu'il-
— Rien dont tu ne doives t'inquiéter, Fili.
— Quand même, il-
— Ira mieux dans quelques jours.

Frérin fronça les sourcils et jeta un coup d'œil en coin à son frère qui lui fit un discret signe de ne pas en rajouter.

— Tu retournes à Osgiliath ?
— Je veux m'assurer qu'il aille bien.

Thorin ne rajouta pas qu'il avait aussi l'intention de lui servir de garde du corps si besoin. Il regarda son neveu plisser la lèvre, sincèrement inquiet.

— Est-ce que tu souhaites m'accompagner, Fili ? Je ne sais pas si tu es au courant, mais Bilbo n'a plus aucun lien avec sa famille, et passer les périodes de fêtes à l'hôpital va certainement lui peser… Un peu de compagnie lui fera du bien…

Frérin haussa un sourcil et resta bouche bée en se demandant la raison d'une telle proposition, à l'instar de Fili qui ne sut pas quoi répondre au plus vieux.

— Je… Je vais y réfléchir…

Il leur lança un dernier regard en coin et il retourna se coucher tandis que Frérin faisait mine de rejoindre son lit. Mais, une demi-heure plus tard, Thorin ouvrit le bras pour accueillir le corps souple de son frère qui se lova contre lui en silence et qui les recouvrit tous les deux entièrement de la couverture avant de chuchoter du bout des lèvres :

— Lui, tu lui proposes de venir spontanément ?
— Frérin… Tu ne vas tout de même pas être jaloux de Fili ?
Pourquoi lui à le droit de rentrer à Osgiliath avec toi ?

Thorin inspira profondément et il bougea, de manière à se retrouver au dessus de son frère qu'il coinça sous lui.

— J'espère ne pas faire de connerie en te disant ça, après tout, tu restes plutôt imprévisible… Mais il se trouve que… Bilbo est-
— Gay ? Oui, ça je sais. Je ne vois pas le rapport avec Fili, il y a deux mois encore, il sortait avec une superbe nana.
— Justement, le rapport est là : c'est sur Fili que Bilbo a craqué. Mais si se mettre en danger de mort, ou pire, est parfaitement à sa porté, ce con reste incapable de prendre le moindre risque lorsqu'il s'agit d'amour… Que Fili se fasse du soucie pour lui est plutôt inattendu, autant en profiter pour…
— Ho… on pourrait…
— Non, Frérin, pas toi. Promets moi que tu ne te mêleras pas de ça.
— T'es chiant, je suis assez doué pour ce genre de chose, tu sais ?
— Je veux bien te croire, mais c'est hors de question.

Il lui lança un sourire dangereux que Frérin assimila comme un « Essaie seulement de t'en prendre à mon neveu et à mon meilleur ami, et tu verras», et Thorin s'allongea contre son frère, entourant sa taille d'un bras possessif.

Il restèrent silencieux quelques instants, puis Frérin frissonna lorsque le plus vieux susurra dans le creux de son oreille :

— « Le mec qui en a le plus rien à foutre de toi de l'univers » ?
Tu as le droit de te sentir coupable, c'était fait pour.
— T'es mignon quand tu cherches à me faire culpabiliser comme ça… Mais tu m'en as tellement fait baver, ces dernières années, que je n'arrive pas à te plaindre…
— Connard.

Thorin eut un sourire taquin et il enfouit son visage dans le creux du cou du plus jeune avant de fermer les yeux. Ils s'endormirent rapidement, bercés par la respiration de l'autre.

oOo

— Arg… Je veux mourir…

Noël venait de passer et Tauriel l'avait fêté avec sa famille, à Vert-Bois. Et, comme par hasard, elle y avait croisé Légolas, alors qu'elle faisait ses dernières courses de Noël avec ses frères. Il va sans dire que le blond ne l'avait même pas calculé et tant mieux pour elle, car le sens de l'humour de son cadet laissait à désirer, de même que les goûts capillaires de son ainé, sans parler du pull que sa mère lui avait offert et qu'elle avait porté pour lui faire plaisir, elle aurait été capable de se laisser liquéfier de honte si le beau blond l'avait ainsi aperçu et elle espérait de tous son cœur qu'il ne l'ait pas remarqué.

— Pitié… Que l'on m'achève…

Affalée à l'envers sur son canapé, le visage posé à terre et les pieds passant par dessus le dossier, elle se frappait le front au sol sur un rythme régulier en maudissant sa poisse.

Son portable se mit à sonner et elle se laissa glisser sur sa moquette comme une larve pour attraper son sac et en sortir son téléphone. Un numéro inconnu était affiché et elle répondit en fronçant les sourcils.

— Quoi ?

Le ton sec sembla surprendre son interlocutrice qui hésita un instant.

— Tauriel… C'est Orianne…

La voix douce de la lycéenne calma la rage et les pensées noires de la plus vieille qui se tortilla un instant avant de se mettre à genoux sur sa moquette.

— Orianne… Par pitié, dis-moi que tu as réussi à mettre la main sur le polaroïd qui nous concerne et que tu l'as brulé…
— Heu… Non. Je l'ai cherché moi aussi, mais il est introuvable. Est-ce que… Je te dérange ?

Un boum sonore lui répondit. Dépitée, Tauriel venait de se laisser tomber en avant, laissant son front se fracasser contre la moquette. Elle grommela ensuite une réponse négative tout en se mettant debout en tenant d'une main distraite son jogging un peu trop grand qui lui tombait sur les hanches.

— Qu'est-ce que je peux faire pour toi, Orianne ?
— J'aurai… Hem… J'aurai un service à te demander… Si cela ne te dérange pas.

Attendrie par la voix peu assurée de la jeune fille, Tauriel ouvrit son frigo pour attraper une part de quiche végétarienne. Elle l'avait faite il y a quelques jours, mais dans la mesure où c'était tout ce qu'il lui restait, elle ne fit pas la fine bouche et retourna s'affaler dans le canapé en portant son assiette.

— Dis moi tout, ma belle, je verrai ce que je peux faire.
— En fait, j'aimerai que tu m'aides à… Me rendre, enfin… Un peu plus… Sexy. Si c'est possible bien sûr.

Orianne se tut ensuite et Tauriel retint un sourire amusé, même si elle ne put s'empêcher de la taquiner légèrement :

— Je vois… On va tenter de l'avoir de cette manière, finalement…
— J'aimerai simplement qu'il me regarde…

La plus vieille entendit le désespoir qui étouffait la voix de la lycéenne et elle eut l'intuition que quelque chose s'était passé depuis la dernière fois qu'elles s'étaient vues.
Elle joua un instant avec sa tarte, les yeux perdus dans le vide, puis un petit sourire étira le coin de ses lèvres.

— C'est pour le jour de l'an ?
— Oui… Je… Je ne veux pas te déranger, Tauriel. Mais je ne sais pas vraiment comment m'y prendre… Ce n'est pas franchement… Mon genre, de faire ça. Et toi, tu sais y faire avec les mecs…

Tauriel leva les yeux au ciel en entendant les mots d'Orianne et elle se retint de lui apprendre à quel point sa vie sentimentale était pire qu'un échec. Toutefois, elle sourit franchement et se redressa, posant son assiette par terre.

— Ok, Orianne, ça me fait plaisir de t'aider. Tu te sens prête pour une cession de shopping ?
— Heu… Je ne sais pas si c'est nécessaire, j'ai déjà quelques-
— Ho non, ma belle. Tu me demandes de l'aide, alors on va faire à ma manière. On se retrouve au centre ville dans une demi-heure, ça te va ?
— Attend ! Je suis encore chez mon père, à Erebor...
— Ho, tu es originaire de là-bas toi aussi ? J'aurai du m'en douter. Bref, tu reviens quand ?
— Demain.
— Ok ! Réserve ton après-midi ! Et mets-toi un soutien-gorge sans bretelle, ou alors, ne met rien du tout, on va faire pas mal d'essayages.
— Mais… On est en hiver, je ne vais pas acheter de bust-
— Il va faire chaud au Shari, t'inquiète !


Merci d'avoir lu !

Au prochain chapitre :

Fili est trop serviable pour le bien de Bilbo.