oOo

— Allez, boit ça, Eomer, et cul sec pour les célibataires !

Boromir porta son propre verre à ses lèvres qu'il vida en quelques gorgées sans que son ami ne fasse mine de boire le sien. Le cavalier fit tourner le liquide dans son récipient en le regardant distraitement, puis il le posa sur la table en soupirant.

— Je crois que je vais rentrer.
— Déjà ? Minuit n'est pas même passé !
— Et toi, tu es déjà ivre.
— N'importe quoi…

Boromir bougonna et Eomer profita de la diversion pour s'éloigner en direction de la sortie. Mais le gondorien le rattrapa, pas vraiment ravi à l'idée de laisser l'un de ses meilleurs amis en solitaire pour le nouvel an.

— Et qu'est-ce que tu vas faire, tout seul, chez toi ?
— Boromir… Merci de t'inquiéter, mais ne t'en fais pas. Je ne suis pas en dépression, je ne vais pas faire de bêtise et je n'ai pas l'intention de m'enfermer dans le noir pour baliser.
— Dans ce cas, pourquoi tu ne restes pas ?

Eomer haussa les épaules en regardant la salle d'un œil grave :

— Je n'ai juste pas le cœur à m'amuser ce soir, c'est tout.
— Reste au moins jusqu'à minuit… Fête la nouvelle année avec nous !

Boromir attrapa au vol un verre posé sur le plateau de Tauriel qui passait et qui le fusilla du regard, mais il ne s'en occupa pas et il le plaça dans les mains d'Eomer en lui lançant l'un de ses sourires persuasifs :

— Encore une heure, puis je te laisse tranquille.

Le cavalier soupira et sembla hésiter un instant, puis il fit la moue en haussa les épaules avant de vider son verre.

— C'est bien parce que tu me le demandes.
— A la bonne heure, t'es pas un champion pour rien, toi ! Hep, Tauriel !

Un objet volant non identifié fendit l'air en réponse et Boromir, sans comprendre comment, se fit percuté par le plateau de la serveuse rousse, qui ne supportait pas qu'on s'adresse à elle comme un chien et qui s'évertuait à faire rentrer les bonnes manières dans le crâne des clients de Dwalin.

oOo

« Azog et Smaug se retrouvent sur les quais vers minuit. »

Bilbo déglutit en lisant le message que Sméagol venait de lui envoyer et il serra le poing. Cela faisait un bon moment, quelques mois au moins, qu'il cherchait à trouver le lien entre l'entreprise de Smaug, qui commençait maintenant à faire de l'ombre à celle de Thraïn, et ces commerces abominables qui se faisaient dans les quartiers sombres de la ville, supervisés par Azog.

Il lança un regard en coin à Haldir, qui discutait avec Dwalin tout en surveillant d'un œil attentif la consommation des quelques mineurs de ce bar et il hésita très franchement à aller le voir pour lui offrir le coup, lui qui s'échinait aussi à faire tomber Azog et son réseau.
Mais, d'un autre côté, Bilbo avait pris goût à ces investigations et, après avoir longuement pesé le pour et le contre, il s'éclipsa discrètement.

Il sortit du Shari en s'emmitouflant dans son écharpe, sans remarquer Fili, qui arrivait de l'autre côté et qui fronça les sourcils en le voyant partir.

oOo

Eomer regarda distraitement les feux d'artifices exploser au dessus de la ville, fusant des quatre coins d'Osgiliath. Mais il ne ralentit pas sa marche alors qu'il rentrait chez lui, le cœur un peu plus léger. Profiter de la fête avec au Shari lui avait fait du bien, mais il n'avait pas envie de plus, car voir autant de monde l'étouffait et il ne voulait pas de la condescendance de ses amis.

Il plongea la main dans sa poche pour récupérer ses clés alors qu'il approchait de son immeuble, mais il se figea lorsqu'il remarqua, à côté de la porte, une fine silhouette, petite mais élégante, adossée au mur et le visage levé vers le ciel dans lequel explosaient les feux d'artifices.

Le cœur d'Eomer loupa un battement et il resta une fraction de seconde parfaitement immobile, puis il fronça les sourcils et il s'approcha, sans vraiment y croire.

— Merry, qu'est-ce que tu fais là ?

Le plus petit sursauta violemment, il ne l'avait pas entendu venir, puis il tourna vers lui un regard brillant dans lequel dansait une lueur épouvantée. Eomer fronça les sourcils, déstabilisé, et il s'arrêta devant lui, cherchant à sonder son visage qu'il trouvait très pâle, malgré la nuit.

— Je… Je ne savais pas que c'était le jour de l'an… Aujourd'hui.

Eomer leva un sourcil interloqué, la surprise lui retira ses mots et il ouvrit simplement la bouche, sans savoir quoi dire, puis il se reprit pour s'adresser froidement :

— Tu ne m'as pas encore dit ce que tu fais là, tu viens pour discuter, ou simplement récupérer tes affaires ?
— Je…

Agacé par les balbutiements du plus petit, il poussa un claquement de langue exaspéré. Toute la rancœur qu'il avait contenue en lui ces derniers jours se mit à bouillonner furieusement face à l'attitude de Merry, qui semblait agir comme s'il ne s'était jamais rien passé entre eux. Ce dernier murmura quelque chose qu'Eomer ne comprit pas et le cavalier s'approcha en fronçant les sourcils, la mâchoire crispée.

— Pardon ?
— Je ne savais pas… Où aller…
— Comment ç-

Troublé, Eomer se tut alors que son regard cherchait à accrocher celui du plus jeune, qui n'avait pas bougé, toujours prostré contre le mur. Il remarqua soudainement les tremblements qui parcouraient le corps entier de Merry et, malgré la pénombre de la nuit, les discrets sillons que les larmes avaient tracés sur ses joues pâles, brillant doucement.

Totalement désemparé, il fit inconsciemment un pas en avant pour poser ses doigts sur sa joue et il sursauta.

— Tu es glacé ! Combien de temps viens-tu de passer dehors ?

Sans attendre une réponse, Eomer eut le réflexe de se débarrasser de son manteau qu'il posa sur les épaules du jeune Brandebouc, puis prit ses mains congelées, dont les doigts devenaient bleus, dans les siennes et il souffla doucement dessus pour les réchauffer, avant de déverrouiller la porte de l'immeuble et pousser le plus petit dedans, un drôle de sentiment d'urgence commençait à poindre en lui.

Puis l'angoisse lui vrilla le cœur lorsqu'il vit distinctement le visage anéanti du plus petit à la lumière artificielle de l'entrée, et, doucement, la rancœur et la colère amassées ces dix derniers jours commencèrent à laisser leur place à l'incompréhension, voire l'inquiétude, franche et déstabilisée.
Il ne trouva pas ses mots et, une fois l'ascenseur appelé, il se tourna vers lui, de plus en plus troublé :

— Pourquoi n'es-tu pas venu directement au Shari ? C'est à dix minutes… Ou pourquoi tu ne m'as pas appelé ?
— Je… J'ai sonné, mais tu n'as pas répondu… Je ne savais pas où aller…
— Tu connais le code et tu as les clés… Tu aurais pu m'attendre à l'intérieur.
— Je n'y ai pas pensé...

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Eomer faillit oublier de rentrer dedans. Il sentait une panique incompréhensible fluctuer en lui, une impression terrible qui lui comprimait la poitrine. Mais lorsque le chuintement se fit entendre, il empêcha les portes de se refermer et il posa sa main de le dos de Merry qui, docile, se laissa placidement conduire dans l'ascenseur.
Le plus grand appuya sur le bouton de son étage, puis il posa un genoux au sol et reprit ses mains dans les siennes qu'il frotta avec délicatesse pour relancer la circulation du sang qui avait pratiquement gelé dans ses veines.
Merry se laissa faire sans broncher quelques secondes mais, comme privé de ses forces, il s'écroula littéralement dans les bras d'Eomer.
Malgré la surprise, ce dernier eut le réflexe de le rattraper et il le souleva pour le porter jusqu'à son appartement qu'il déverrouilla rapidement.

Il emmena Merry jusqu'à sa salle de bain et il le déposa au milieu de la pièce avant d'allumer l'eau de la douche qu'il ne voulu pas mettre très chaude, pour éviter un contraste trop brutal avec la température du corps du plus jeune. Il se tourna ensuite vers lui pour le déshabiller entièrement et il fronça les sourcils en voyant des marques de lacérations sur ses flancs et ses épaules, certainement dues à des ongles furieux :

— Bon sang, Merry, c'est quoi cette connerie ? Qui t'as fait ça ?
— C'est moi, je crois.

Épouvanté, Eomer étudia les blessures légères, dont les rougeurs tranchaient avec la pâleur de la peau qui tremblait de froid et il décida de ne pas s'occuper de ça maintenant. Il poussa Merry dans le grand habitacle, mais il se rendit très rapidement compte que le plus petit n'était pas capable de s'occuper de lui, alors il se déshabilla à son tour et le rejoignit sous l'eau tiède. Il augmenta la pression et attrapa un shampoing pour lui laver les cheveux en premier, troublé de les sentir presque poisseux alors qu'il était accoutumé à la douceur et la légèreté de ses boucles.

Le sentant prêt à défaillir, il s'assit en s'adossant contre la paroi de la douche et plaça le jeune étudiant entre ses jambes. Il prit le temps de lui masser doucement le cuir chevelu, puis il augmenta la pression de l'eau pour faire partir la mousse, passant ses doigts dans ses boucles maintenant propres et soyeuses.

Il augmenta ensuite la température de l'eau, rassuré de voir le corps de Merry reprendre quelques couleurs en cessant de trembler et il le pressa contre lui, nouant ses jambes aux siennes, puis il hésita brièvement, avant de déposer un baiser chaste sur son épaule, aussi léger qu'un pardon. Le plus petit se laissa faire et il s'appuya sur le torse d'Eomer en fermant sereinement les yeux, laissant l'eau réchauffer son corps gelé, apaisé par les mains réconfortantes qui caressaient doucement sa peau.

Ils restèrent un moment sous la douche, silencieux et immobiles. Eomer, malgré toutes les questions qui se bousculaient en lui, avait remarqué que Merry ne semblait pas enclin à discuter et il n'osait pas le faire parler.
Son attitude abattue, presque éteinte et ces marques rouges qui striaient ses épaules et ses flancs interpellaient violement le cavalier dont le sang tumultueux rugissait dangereusement en lui, mais il préféra s'occuper en priorité au bien être de Merry, les réponses viendraient ensuite.
Il augmenta encore la température de l'eau puis, lorsqu'il fut assurer que le plus petit n'avait plus froid, il le fit sortir et l'emmitoufla dans une serviette.

Prenant simplement le temps d'en nouer une autour des hanches, il prit Merry dans ses bras et le porta jusqu'à sa chambre pour le poser sur le bord de son lit. Récupérant ses pulls les plus chauds et quelques affaires que l'étudiant en lettres avait laissés chez lui, il l'habilla lourdement, prenant soin de couvrir sa gorge et ses pieds, puis il l'invita à se glisser dans le lit à côté duquel il s'accroupit en lui caressant la joue.

— Je reviens tout de suite, je vais te préparer quelque chose à manger.

Merry acquiesça en silence et Eomer se leva et s'éloigna après lui avoir embrassé chastement les lèvres.
Le plus grand fit un crochet par la salle de bain pour se sécher les cheveux et se rhabiller rapidement, puis il rentra dans sa cuisine, totalement désorienté par les évènements.

Quelque chose était arrivé à Merry, quelque chose de très grave et dont Eomer n'avait aucune idée mais qui l'horrifiait et il en avait totalement oublié la rancune qu'il était censé ressentir contre lui.

Il remplit distraitement une casserole d'eau qu'il mit à chauffer puis il posa ses mains sur le plan de travail, troublé, désemparé et inquiet. Il resta ainsi immobile jusqu'à ce que l'eau se mette à frémir, puis il se reprit et attrapa quelques légumes qu'il découpa pour faire une soupe légère, mais nutritive, puis il revint dans sa chambre pour trouver le plus jeune légèrement assoupi.

Toutefois, Merry ouvrit les yeux en entendant le blond s'approcher et il se redressa doucement pour prendre le bol fumant dans ses mains. Eomer s'assit derrière lui, l'installant naturellement entre ses jambes avant de passer ses doigts dans ses boucles encore un peu humides qu'il caressa doucement pendant que le Brandebouc buvait la soupe chaude à petite gorgée. Sa gorge nouée eut du mal à déglutir au début, mais il termina le bol qui lui offrit un peu plus de vigueur.

Il se laissa ensuite tomber dans les bras d'Eomer qui récupéra le récipient pour le poser sur la table de nuit avant d'enlacer Merry.

— Tu trembles encore.
— Je suis désolé.

Eomer haussa un sourcil, sans savoir quoi répondre, et il passa une main inquiète sur le front brulant du jeune homme.

— Tu as beaucoup trop de fièvre, Merry… Il va falloir que je t'emmène à l'hôpital ou bien que j'appelle un médecin… Merry ?

Mais le plus jeune avait sombré dans l'inconscience et il dormait maintenant profondément, son souffle léger s'échouant régulièrement sur le torse d'Eomer qui n'en menait pas large. Le cavalier s'empara de sa main qu'il embrassa tendrement avant de lui retirer les vêtements les plus chauds, puis, ne voulant pas se séparer de lui, il prit son portable et composa le numéro des urgences. Au réceptionniste de garde en cette nuit de fête qui lui répondit du ton blasé, il décrivit rapidement tous les symptômes de Merry sans lui cacher de quelle manière il l'avait retrouvé : dehors malgré le froid mordant.

— Pour la fièvre, vous pouvez lui donner du paracétamol en mono-thérapie, ou, s'il n'a pas de contre-indication, un cachet d'aspirine. Pour le reste, son attitude ressemble à celle d'une personne en état de choc. S'il n'y a pas d'amélioration au réveil, amenez le à son médecin traitant ou bien à l'hôpital central.
— Très bien, je vais faire ça.

Passant distraitement ses doigts dans les boucles de Merry, plus inquiet qu'il ne le laissait paraître, Eomer écouta attentivement les conseils du médecin de garde qui lui rappela de ne pas trop le couvrir pour ne pas amplifier sa fièvre.

— Et vous dites qu'il s'est auto-lacéré ? Vous n'en connaissez pas la raison ?
— Non.
— Il a sans doute été soumis à un stress conséquent, ses examens ou une dispute… Savez vous si c'est la première fois qu'il agit de la sorte ?
— Ca l'est, du moins, ça fait cinq ans que nous sommes ensembles et jamais il n'avait fait ça.
— Que vous… Pardonnez-moi, je n'avais pas compris, il s'agit de votre petit-ami ?
— Qu'est-ce que ça change ?
— Rien. Mais il peut y avoir un lien entre ses problèmes et vos… pratiques.

De rage, les pupilles d'Eomer se rétractèrent et il serra la mâchoire avant d'envoyer cordialement le médecin se faire voir, puis, furieux, il balança son portable au large avant de se pencher sur Merry et l'enlacer tendrement.
Le plus petit soupira doucement et il se cala inconsciemment dans l'étreinte, puis il ouvrit difficilement un œil, impressionné de sentir ce corps si puissant frémir d'une colère palpable.

— Tu es fâché ?
— Pas contre toi.

Eomer s'abaissa sur lui pour embrasser son front, puis il se dégagea doucement et se leva pour sortir de la chambre. Il réapparut quelques instants plus tard, un verre d'eau et une boite d'aspirine dans les mains. Merry s'était de nouveau endormi, mais le blond le réveilla délicatement et lui fit prendre le médicament, puis il se réinstalla dans le lit avec lui et le prit dans ses bras, certain qu'il ne fermera pas l'œil de la nuit, mais tout aussi incapable de ne pas rester avec lui.

oOo

Sur ses gardes, Bilbo s'approcha des quais en veillant à faire le moins de bruit possible, frôlant les bâtiments pour passer inaperçu. Quelques feux d'artifices explosaient encore dans le ciel, mais le plus gros de l'orage de sons et de couleurs était passé et, peu à peu, la ville retrouvait son calme malgré le chaleureux climat de fête qui régnait dans les rues d'Osgiliath.

Une fois proche du fleuve, le journaliste s'appuya contre un mur en sortant son nouveau portable et il allait faire un pas de plus pour vérifier si la zone était libre, mais un bras puissant ceintura sa taille et il poussa un hurlement d'effroi qui fut couvert par une main qui se plaqua sur sa bouche.

— J'arrive pas à le croire, l'autre guignol avait raison : tu rappliques à la moindre alerte…
— William ? Qu'est-ce que tu fiches ?

Se débattant contre la poigne du plus grand qui le traina dans l'ombre de la ruelle, Bilbo sentit un sentiment d'angoisse lui comprimer la poitrine et il jura lorsque, d'une pression, William le força à lâcher le portable qu'il avait dans les mains. L'appareil tomba dans la neige gelée et, facilement, son assaillant le retourna pour le plaquer contre un mur, le dominant de sa taille et sortant un couteau menaçant et aiguisé qu'il plaqua contre sa gorge pour le forcer à se tenir tranquille.

— Tu te rappelles de ce que je t'avais promis, Bilbo ? Que tu seras mien avant la fin de l'année…
— T'as loupé le coche…
— Fait pas le malin !

La pression de la lame effilée se fit plus forte et Bilbo déglutit en essayant une nouvelle fois de se débattre.

— Qu'est-ce qu'il te prend, William ? Je t'ai dit non, et pas qu'une fois, tu n'as pas le droit d'insister !
— Fais pas ta prude, tu me soûles quand tu es comme ça ! Je te préférai quand tu te laissais faire !

Sans attendre une réponse, le plus grand se pressa contre lui pour lui arracher un baiser, empoignant son menton brutalement et Bilbo ferma les yeux, cherchant encore à se défendre, mais totalement submergé par la force brute de William. Lorsque ce dernier chercha à approfondir le baiser, le plus petit ouvrit la bouche pour laisser la langue furieuse pénétrer dans sa cavité et, acculé, il se laissa faire lorsque William se pressa sans douceur contre lui.
Quand il sentit que la lame posée sur sa jugulaire s'allégea, il se redressa, faisant mine de répondre au baiser, allant même jusqu'à agripper le blouson du plus grand qui eut un sourire victorieux.

— T'es vraiment une salope, Bilbo, je savais que tu en avais envie… Ca fait quelques années que tu ne laisses plus personne te toucher, tu dois vraiment être en manque… Mais ne t'inquiètes pas, tu auras ton compte…

Un sursaut de dégout fit tressaillir le plus petit qui ouvrit une nouvelle fois la bouche lorsque celle de William l'assaillit, et, quand la langue avide revint tourmenter la sienne, sa prise sur le manteau se fit plus ferme et il claqua les dents, de toutes ses forces, perforant la langue.

William mugit de douleur alors qu'un flot de sang envahissait sa bouche, puis Bilbo termina son œuvre de destruction en lui donnant un violent coup de tête.

— Connard !

Etourdi par la douleur qui le rendit fou, mais en pleine possession de ses moyens, William fit volte face pour rattraper le plus petit qui essaya de fuir et son regard furieux croisa celui, épouvanté, de Bilbo, lorsqu'il parvint à attraper son bras pour le tourner vers lui.

— Tu n'aurais pas du faire ça, Bilbo !
— Lâche-moi !

Paniqué, sentant clairement que William était réellement prêt à lui faire beaucoup de mal, Bilbo se débattit sans parvenir à se défaire de sa poigne et, sans effort, le plus grand le projeta une nouvelle fois contre le mur pour l'y plaquer brutalement, l'immobilisant. Le regard fou, il serra le poing et recula le coude, prenant le maximum d'élan pour le frapper. Le journaliste ferma les yeux en voyant l'impact arriver et le coup lui fit voir des étoiles.

Sonné et vaincu, il ne chercha même pas à se débattre lorsque, rangeant son couteau, les mains de William revinrent sur lui. Le plus grand lui fit faire demi-tour pour le plaquer sans douceur face contre le mur, une main lui couvrit brutalement la bouche pour le contraindre au silence tandis que l'autre descendit pour s'attaquer à sa ceinture.

— Je pensais te proposer au moins un lit ou une table, mais les chiennes comme toi ne méritent pas un tel confort…

La ceinture cliqueta sinistrement et un frisson d'horreur fit vibrer l'échine de Bilbo lorsqu'il sentit la main de son agresseur plonger dans son pantalon.

— Chiale pas… Tu vas adorer, comme cette nuit que nous avons passée tous les deux… Je suis même certain que tu en redemanderas…
— Je ne crois pas, non.

William écarquilla les yeux lorsque le grondement menaçant s'éleva dans son dos et il lâcha Bilbo. Vidé de ses forces, le journaliste glissa au sol en gémissant, tandis que le plus grand se retournait, mais un poing monstrueusement bien ajusté lui percuta la mâchoire, le projetant violement au sol sans qu'il n'ait vu le coup venir.

— Bilbo, est-ce que... Est-ce que tu vas bien ?

L'étudiant papillonna des paupières en luttant contre la nausée et il ne réagit pas lorsque Fili, agenouillé face à lui, posa des doigts légers sur sa pommette abîmée. Puis il écarquilla les yeux en murmurant du bout des lèvres, alarmé :

— Il… Il a un couteau.

Fili fronça les sourcils, mais il eut de reflexe de se relever et d'esquiver l'arme de William, furieux, qui avait tenté de le poignarder dans le dos. Le blond poussa un juron lorsque son assaillant attaqua de nouveau. Sa lame effilée se dirigea vers la poitrine de Fili, sectionnant les vêtements chauds jusqu'à atteindre la peau malgré l'esquive du jeune homme, sous le regard pétrifié de Bilbo qui trouva la force de se relever et de se jeter entre eux.

— William, arrête, tu es cinglé !

Il écarquilla les yeux lorsque le regard fou de son amant d'une nuit le perfora et, si Fili n'avait pas eu le reflexe de l'expulser sur le côté, il aurait été défiguré par sa lame.
Le blond enchaina et maitrisa sans mal le jeune homme qu'il mit au tapis après l'avoir désarmé. Bilbo grimaça lorsqu'il entendit distinctement un os craquer, suivit du hurlement de douleur de son agresseur qui se tordit en plaquant son avant bras difformé par la facture contre sa poitrine, mais il n'eut pas le temps d'analyser la scène. Sans un mot, Fili se pencha pour ramasser son Smartphone, puis il se tourna vers lui et le releva pour l'emmener avec lui.

oOo

— Et voilà, comme ça, les deux prochaines personnes qui passeront cette porte devront échanger un baiser pour fêter la nouvelle année !
— Frodon, tu en as d'autres des idées aussi puériles ? Il était très bien au milieu de a salle !

La remarque de Dwalin, accoudé à son bar et observant le jeune Sacquet accrocher la branche de gui juste au dessus du pieds des escaliers, fit rigoler quelques convives, puis le brun descendit de son tabouret en souriant.

— C'est pas mon idée ! Tout le monde était d'accord ! N'est–ce pas les gars ? S'il y a bien une tradition qu'il faut respecter, c'est celle là !
— Oui, mais pourquoi ici ? C'est sournois, comme emplacement…
— C'est plus marrant comme ça.

La plupart des fêtards approuvèrent et le barman leva les yeux au ciel tandis que la foule d'étudiants et d'invités commençaient les paris en comptant les personnes déjà présentes et celles qui fumaient à l'extérieur pour savoir qui seront les potentielles victimes du passage sous le gui et son traditionnel baiser. C'est pourquoi un soupir collectif franchit les lèvres des étudiants déçus lorsque, quelques minutes plus tard, la porte du bar s'ouvrit sur Frérin et Thorin, qui arrivaient tout juste de la soirée de leur père.

— Ho, non… C'est caduc, ils sont frères…

Beaucoup grommelèrent et, surpris par l'accueil, les deux frères s'arrêtèrent en bas des marches et le blond pris la parole :

— On a loupé quelque chose ?
— Ouais, on attend de voir à qui revient l'honneur du premier baiser de l'année.

Bofur, qui venait de parler, désigna le gui, juste au dessus d'eux, du regard et Frérin eu un petit rire nerveux et il s'éloigna de Thorin en passant une main gênée dans ses cheveux. Mais le plus vieux lui attrapa gentiment le bras pour l'attirer à lui et, sous les exclamations attendries des spectateurs, il le pressa contre lui pour embrasser affectueusement sa joue.

— Bonne année, Frérin.
— T'es con.

Le plus vieux rigola au chuchotement ému du blond, et personne ne vit la pression tendre qu'il infligea à la main se son frère avant de la lâcher. Ils s'éloignèrent de la sortie au moment où la porte d'entrée claqua et un silence religieux et opaque s'étendit lorsqu'ils reconnurent les deux personnes qui descendirent les marches.

— Que se passe t-il ?
— Heu… Rien, ne vous-
— Vous êtes sous le gui, les filles ! C'est pour votre pomme !

Un nouveau silence se fit, à la mémoire de Kili, futur mort prématuré pour avoir osé dire une chose pareille en présence de Dwalin. Le barman lança un long regard mortel à Tauriel qui blêmit en jugeant bon de faire un pas de côté pour s'éloigner d'Orianne, avec qui elle était partie discuter au calme, à l'extérieur. Mais un murmure déçu fit vibrer la salle d'étudiants avinés, qui avaient espéré voir les deux filles honorer la tradition et, rougissante, Orianne se tourna vers la plus vieille pour murmurer discrètement :

— De cette manière, le cliché qui nous concerne aura moins d'impact lorsqu'il sera découvert…

Tauriel eut un sourire amusé alors qu'elle s'approcha de la lycéenne pour retirer doucement ses lunettes puis elle posa ses mains sur ses hanches en répondant sur le même ton :

— Et toi, tu montres à ton foutu barman que tu sais utiliser ta langue…
— Montre lui, toi.
— Fais en sorte qu'il ne m'étripe pas après…

Tauriel fini son murmure en accueillant les lèvres d'Orianne, qui s'appliqua à se montrer la plus sensuelle et expérimentée possible. Guidé par la rousse, elle se cambra pour se presser contre elle, appréciant, une nouvelle fois, la douceur de ses lèvres, mais sans se sentir défaillir comme lorsque Dwalin l'avait embrassé. Elle retint un sourire taquin lorsque, d'une caresse délicate, Tauriel fit glisser ses doigts sur sa joue pour dégager une mèche rebelle et offrir ainsi une meilleure vue à leur public subjugué.

Elles se séparèrent ensuite, légèrement essoufflées, puis Tauriel rigola légèrement en se penchant sur elle pour murmurer sur un ton amusé :

— Attend toi à avoir toute la gente masculine à tes pieds, à partir de maintenant…
— Il n'y en a qu'un qui compte…
— Il va avoir du souci à se faire…

La rousse s'éloigna et, pour attester ses dires, plusieurs mecs se ruèrent sous le gui pour profiter eux aussi de la présence de la jeune fille stupéfaite sous les branches traditionnelles.
Elle leva ses yeux de myope, Tauriel étant partie avec ses lunettes, et elle chercha Dwalin du regard malgré sa vision floutée et elle rougit lorsqu'elle cru l'apercevoir venir vers elle, sans voir la promesse de mort qui irradiait de son regard, envers quiconque tentait d'aborder sa femme. Elle ne broncha pas lorsqu'il s'approcha d'elle et qu'il prit son visage en coupe, elle se contenta d'inspirer profondément en combattant un vertige, l'esprit vide.

— Que les choses soient claires.

Son attitude clamait un clair « Propriété privé » qui refroidit considérablement ceux pour qui Orianne venait de se révéler en tant que femme « Intéressante » et il leur donna le coup de grâce en se penchant sur la plus jeune dont le cœur loupa un battement.
Le baiser, quoique bref, fut infiniment plus intense pour Orianne, gommant le goût des lèvres de Tauriel en une fraction de seconde et elle enroula ses bras autours des épaules du plus grand au moment où celui-ci se sépara d'elle. Elle n'entendit pas les applaudissements des clients de Dwalin, qui attendaient quelque chose du genre entre ces deux là depuis qu'Orianne portait un soutien-gorge et elle se laissa guider par le barman lorsque celui-ci lui prit la main pour la ramener près du bar, de toute manière, que ce soit l'absence de ses lunettes ou le baiser, elle était dans le flou total.

Un peu plus loin, Boromir eut un ricanement narquois alors qu'il regardait de haut Bofur et Gimli qui semblaient déçus de voir qu'Orianne était en chasse gardée.

— Ca fait des mois que je l'ai remarqué, cette petite, moi… Ils n'ont qu'à ouvrir les yeux, un peu, ces glandus…

Faramir, assis à côté de son frère, lança un regard sans intérêt à son amie un peu plus loin et il haussa les épaules.

— Faut aimer le genre…
— Ouais, je sais qu'on n'a pas les mêmes goûts, toi et moi…
— Une lycéenne, peut-être mignonne, qui crève d'amour pour un mec qui à dix ans de plus qu'elle, je ne sais pas si on peut dire que tu as du goût…
— Tu veux qu'on reparle de Selwynn ?

Faramir retint un souffle agacé et il fusilla son frère du regard en serrant les poings.

— Tu me gonfles, Boromir. Selwyn est mon compagnon et ce ne seront pas tes petites piques mesquines qui changeront quelque chose à ce que je ressens pour lui.

Boromir soupira, puis il se tourna vers Faramir pour le regarder franchement dans les yeux, frémissant d'une colère particulière qu'il commençait à connaître : celle qui vrombissait en lui dès qu'il était question du petit-ami du plus jeune.

— Je ne peux pas saquer ce mec, c'est tout.
— Je ne me rappelle pas t'avoir demandé ton approbation.

Sèchement, Faramir se leva pour s'éloigner de son grand frère. Depuis qu'il s'était réveillé dans son lit, il ne parvenait plus à le voir comme la morale le lui autorisait et il se surprenait de plus en plus à étudier son corps avec les yeux d'un amant, se laissant déstabiliser par son attitude, sa voix ou son regard et ça le rendait furieux.
Grace à Selwynn, il parvenait enfin à se dépêtrer de ce dégout malsain de lui même que son propre père avait distiller en lui et, maintenant qu'il était enfin ancré dans une relation stable et saine avec un homme qu'il aimait, Boromir était en train de tout foutre en l'air sans même s'en rendre compte.

oOo

— Tu veux qu'on aille à l'hôpital ?
— Non, c'est bon, ce n'est pas très profond.

Bilbo pinça la lèvre en regardant le manteau de Fili se teinter peu à peu de rouge et il expira un souffle tremblant, serrant le poing.

— J'ai du matériel de soin chez moi… C'est à cinq minutes.
— Ok, allons-y.

Le ton du blond était froid et le plus petit baissa les yeux au sol. Il était profondément dégouté par ce que William lui avait fait, avait voulu lui faire et, surtout, ce qu'il lui avait dit, la manière qu'il avait eu de le traiter sans le moindre respect. Mais, par dessus tout, il était désespérément meurtri et honteux d'avoir, une nouvelle fois, donné raison à tous ceux qui lui reprochaient ses escapades nocturnes et d'avoir été vu dans une telle situation de détresse par Fili. Surtout qu'aucun des deux n'ignoraient ce qu'il serait en train de se passer actuellement, dans cette ruelle abandonnée, si le blond n'était pas intervenu.

— Je suis vraiment désolé, Fili.
— De quoi ? D'attirer toutes les emmerdes comme un aimant et de continuer à plonger dedans sans réfléchir ?
— Qu'il t'ait blessé… Je ne veux pas que les autres prennent à ma place…

Fili poussa un soupir agacé et il se tourna vers le plus petit, qui détourna le regard.

— Je ne parle pas des autres, encore moins de moi ! Je préfère me prendre un coup de couteau que te savoir aux mains de ce type ! Et encore, s'il y avait que lui, tu serais parfaitement excusable, Mais tu n'as aucune conscience du danger qui te guette si tu tournes autour de ces mecs qui t'ont coincé la nuit de Noël. Contre eux, je ne pourrai rien faire s'ils te choppent à nouveau. Te tuer est certainement la chose la plus indulgente qu'ils puissent te faire…
— Pas si je les fais tomber avant ! Le jour où j'aurai suffisamment de preuves pour affirmer que Smaug a battit son empire financier sur le trafic de drogue et d'êtres humains, je les-
— Smaug ? Le PDG ?

Bilbo déglutit et il acquiesça, levant son regard pour croiser celui, grave et profond, du plus grand.

— Tu n'imagines pas à quel point ce type est pourri… Mais le pire, c'est le pouvoir qu'il a entre les mains… Si personne ne fait rien-
— Il y a des gens qui font quelque chose, Bilbo ! Des gens compétents dont c'est le métier. Si tu as la moindre information, donne là à Haldir, où même à Bard, et laisse les faire leur boulot. Qu'est-ce qu'on doit faire pour te faire comprendre qu'on a peur pour toi à chaque fois que tu disparais comme ça le soir tombé ? Sais-tu que Thorin n'éteint plus son portable la nuit et qu'il est constamment prêt à te rejoindre à la moindre alarme ?

Bilbo écarquilla les yeux et il déglutit, le regard rivé au sol.

— Je… Je ne savais pas…

Fili soupira et il passa une main nerveuse dans sa crinière en s'arrêtant. Ils venaient d'arriver au pied de l'immeuble du plus petit qui chercha ses clés, la mine sombre.

— Excuse moi, Bilbo, de me montrer si… Sec, par apport à ça. Je n'arrive pas à me rendre compte de l'importance que ça a pour toi mais… Tu as des amis, Bilbo, des gens qui t'aiment et ça, ce n'est pas seulement un don ou un bien que l'on peut user sans contrepartie, c'est aussi une responsabilité qu'il faut assumer… Ceux qui meurent en héros sont bien les gens les plus égoïstes car, mis à part leur nom et leur postérité, que laissent-ils à ceux qui les aiment ?

Ils pénétrèrent dans l'immeuble et Bilbo tressaillit en se rendant compte que le blond allait enfin poser les pieds chez lui, après tous ses veines tentatives de réfléchir à un prétexte pour l'inviter.

A peine arrivé dans l'appartement, Fili retira son manteau et son pull, tous les deux imbibés de sang, puis il prit délicatement les bords de son t-shirt, dont le tissus était collé à la plaie peu profonde, mais nette et, doucement il le retira.

Bilbo déglutit en voyant le torse se dévoiler et il piqua un fard en sentant ses entrailles remuer face à la vue. Pour s'occuper, il se dirigea vers la salle de bain, frémissant en remarquant que Fili le suivit, et il parvint à dompter ses doigts tremblants pour attraper sa trousse de soin, en haut de son placard.

Fili s'adossa nonchalamment à la table de la salle et il ne put s'empêcher de sonder le plus jeune qui s'appliqua à nettoyer la plaie, le souffle court et les joues légèrement rouges. Bilbo inspira ensuite et il s'empara d'une pommade cicatrisante pour enduire la balafre. Ses mouvements se firent plus lent à mesure qu'il laissait son regard errer sur le torse du plus grand et, sans vraiment y penser, la gorge totalement sèche, ses doigts dérapèrent, courant sur la peau dénudée, couverte seulement d'un léger duvet de poils blond.
Subjugué par Fili qui ne bronchait pas, il tint quelques secondes, mais, viscéralement attiré par le torse irradiant de magnétisme qui se tenait à quelques centimètres de lui, il ferma les yeux et se pencha doucement en avant.

Le corps tout entier du blond tressaillit lorsqu'il posa ses lèvres sur la peau au parfum si enivrant, entre ses pectoraux qu'il embrassa avec dévotion, et, quand il se rendit compte de ce qu'il faisait, Bilbo se figea. Rouge de gêne, il se redressa brusquement, puis il leva les yeux pour se percuter au regard, intense, que Fili avait posé sur lui.

— Excuse moi, Fili, je ne... Désolé… Je suis désolé…

Les yeux écarquillés et troublé par les sensations qu'il découvrait, le blond ne répondit pas, il se contenta de le sonder profondément, se perdant dans ces yeux noisette, porteurs de cette lueur si intense qui ne s'allumait que pour lui.

Il inspira et voulut s'en défaire en fermant les paupières, mais c'était trop tard : sans qu'il ne cherche à lutter, sa main vint spontanément se poser sur la nuque qui se raidit au contact et, d'une pression impétueuse, il attira son visage à lui.

Les lèvres de Bilbo n'étaient pas aussi douces que celles des femmes qu'il avait connues, mais elles portaient un goût qui aviva un puissant appétit en lui. Il allégea sensiblement la pression qu'il avait sur la nuque pour se séparer de lui et, une nouvelle fois, il plongea son regard dans celui, stupéfait et chamboulé, de Bilbo, qui s'était pétrifié.

Fili hésita un instant, voulu parler, mais il se ravisa et il prit le visage du journaliste en coupe pour reprendre et approfondir le baiser.

Il frémit lorsqu'il sentit Bilbo répondre, d'abord timidement, se contentant simplement de recevoir sans vraiment y croire, puis les mains du journaliste se posèrent sur les épaules nues, avant de remonter pour englober la nuque qu'il caressa avec dévotion, ouvrant la bouche pour inviter la langue de Fili à danser avec la sienne et se cambrant pour se presser contre lui.

Se noyant désespérément dans le baiser, Bilbo se laissa guider lorsque le blond s'empara de sa taille pour le presser contre lui et, les yeux fermés, il s'abandonna sans retenu dans les bras du plus grand.
Son esprit enivré n'avait plus aucun souvenir de son altercation avec William, des mots qu'il lui avait crachés, de la fête qu'ils loupaient au Shari, ni même des manigances d'Azog et de Smaug.

Plus rien ne lui importait, maintenant qu'il goutait aux lèvres de Fili, il pouvait mourir sans remords.

Sentant un désir brut poindre dans le creux de ses reins, le plus grand mit fin au baiser et se sépara doucement de la bouche de Bilbo, à qui les joues légèrement rouges et le souffle haché donnaient un air plus érotique que mignon.

Sans vraiment y penser, Fili se pencha en avant pour déposer un dernier baiser chaste sur ses lèvres entrouvertes, laissant ses doigts remonter le long de son dos pour s'emmêler dans les boucles douces du plus petit. Il parvint à capter son regard fuyant une brève seconde et il lui lança un sourire tendre.

— Ce mec… Il a tout faux sur toi…
— Comm- Ho… Tu l'as entendu…

Bouleversé et incapable de comprendre et gérer les émotions qui fluctuaient en lui, Bilbo expulsa un souffle crispé et il planta ses yeux au sol.

— Pas vraiment, je n'ai pas pris la peine d'écouter tout ce qu'il avait à te dire, mais son attitude envers toi…

Doucement, Fili caressa la joue de Bilbo qui commençait déjà à bleuir, puis il pinça les lèvres, et s'éloigna.

Sans savoir quoi répondre, le plus petit piqua un fard et il déglutit, laissant son regard rivé au sol. Il voulait lui dire que cela faisait longtemps qu'il attendait ce moment, mais, il ignorait la raison d'un tel baiser, si c'était prémédité ou non, si Fili répondait simplement à son dérapage pour lui faire plaisir en cette nuit de fête, ou bien s'il s'agissait d'autre chose.
Il leva les yeux pour regarder le blond se rhabiller, se sentant rougir à nouveau et, perdu dans ses pensées, il sursauta lorsque Fili s'adressa à lui, légèrement gêné par ce qu'il venait de se passer entre eux.

— On retourne au Shari ? Dwalin ne nous pardonnera pas d'avoir fait faux bond à sa fête… Et tu as certainement envie de te changer les idées, après… Ce qu'il t'a fait.

Bilbo déglutit et il acquiesça en réponse. Malgré l'intensité de l'instant, les dernières insultes de William lui restaient en tête et il ne voulait pas lui donner raison en suppliant Fili de rester chez lui encore un peu pour se changer les idées de la manière la plus exquise qui soit.
Le Shari n'était qu'à dix minutes de chez lui et, comme Fili l'avait fait remarquer, il faudrait une bien meilleure excuse qu'une tentative de viol, un tabassage en règle et un premier baiser pour manquer une fête de Dwalin.

oOo

La fête battait son plein au Shari, Dwalin avait eu la bonne idée de ne pas sortir les cocktails les plus létaux trop tôt. Tout le monde était encore maitre de ses moyens, malgré la soudaine aptitude de certain à parler le sindarin, ou bien leur folle idée de participer au cours de cascade/Self défense/baston que Tauriel et Haldir avaient eu la brillante idée d'initier.

L'arrivée de Bilbo et Fili aurait très bien pu passer inaperçu, si ce n'était l'éclat de Frérin, toujours là pour rendre service, qui rappela qu'il y avait, au pied des escaliers, une certaine branche de gui et que :

— Cherchez pas à vous déroger à la tradition, les gars ! Dwalin a décrété que le Shari était un bar tolérant, donc on ne fait aucune distinction des genres…
— De qu-

Fili n'eut même pas à lever les yeux pour comprendre de quoi il s'agissait, il eut juste à croiser le regard pétillant de son oncle blond qui lui envoya un sourire provoquant et, Bilbo, perdu, sursauta lorsque le blond se tourna vers lui en posant une main sur sa taille, un sourire craquant accroché aux lèvres.
Devant l'assemblée qui les regardait, curieuse de voir si, oui ou non, les deux hommes oseraient honorer la tradition, il se pencha et déposa un baiser chaste au coin des lèvres du journaliste pivoine, sous les applaudissement des convives, légèrement alcoolisés et qui s'amusaient d'un rien.

Du coin de l'œil, Fili surprit Thorin glisser un billet dans la main de Frérin et il retint un ricanement avant de conduire son Bilbo en état de choc auprès du bar et commander deux boissons assez fortes pour les réchauffer.


oOo

Merci d'avoir lu !
Et merci à tous les reviewers !

En ce moment, mon rythme de parution est irrégulier parce que je suis arrivée au bout des chapitres déjà écrits,
Et comme j'ai déjà mon double cursus et ma passion qui me prend du temps,
(Ce sera pire après noël, je vous préviens, vous ne me verrez peut-être plus du tout pendant quelques mois)
J'essaie d'écrire régulièrement sur mes différentes fics en cours, mais il y aura peut-être des petits creux.

Au prochain épisode :

Frérin cherche à corrompre Fili;
Merry et Eomer s'expliquent;
Dwalin a enfin mit au point son mélange aphrodisiaque absolu, qui va en faire les frais ?

Pour les musiques :

Ceux qui sont intéressés par ce qui m'inspire quand j'écris :
(En sachant que je n'écris pas de manière chronologique, mais que je fais couple par couple, et après, je mixte le tout)

Thorin/Frérin : Grade 8; Ed Sheeran
"Your eyes are the mirror to take me to the edge again."

Dwalin/Orianne : Dance with me; Nouvelle vague
"The way I would love you could be against the law"

Bilbo : The power of love; Gabrielle Aplin
"I will be around with my undying, death defying love for you"

Eomer : Je fais du CSO ; DJ Sam
Non, lol, pas ça !
En vrai, j'écoutais Reborn; Lloyd project, en écrivant le passage où Merry retrouve Eomer.
"Free me from this dream"

J'espère que ça en a intéressé au moins un.
Je suis incapable d'écrire sans écouter de la musique,
et il y en a certaines qui m'inspirent plus que d'autres.