oOo

— Commissaire ? C'est vous ?
— Ta gueule, bordel ! Et éteint moi cette putain de lumière !

Un concert de grommellement s'éleva dans la cellule de dégrisement et le jeune lieutenant passa une langue nerveuse sur ses lèvres, sans vraiment savoir sur quel pied danser. De son côté, Haldir pesta une dernière fois contre la lumière avant de fermer les yeux et de se lover sous le bras d'Aragorn qui l'enlaça malgré son coma éthylique.
La cellule de dégrisement n'était pas très grande, mais cela ne semblait pas déranger la quinzaine d'habitués du Shari qui, accoutumés de s'y retrouver régulièrement, avaient leurs marques et profitaient d'être là pour finir tranquillement leur nuit pendant que Dwalin rangeait tout seul le Shari.

— Je… Commissaire, vous ne voulez pas que je vous fasse sortir de là ?
— Mais qu'il la ferme le morpion !
— Shhh.
— Moins fort !

Le jeune lieutenant, voyant l'absence de réaction d'Haldir qui avait à nouveau sombré dans le sommeil, à l'instar de tous les détenus amorphes de la cellule, décida de faire demi-tour et de fermer la porte et la lumière doucement, en se demandant s'il devait prévenir ses collègues pour leur dire que leur supérieur agonisait actuellement dans la cellule de dégrisement du commissariat principal de la ville.
Il n'entendit pas tous les portables se mettre à vibrer et sonner en même temps, soulevant une vague de gémissements peinés et douloureux.

Quelques uns trouvèrent la force de prendre leur téléphone pour y lire le SMS collectif que Dwalin avait envoyé à tous ses clients et ce fut Tauriel, allongée entre Eowynn et Gimli, qui ronflait encore, qui pris la parole d'une voix rauque, luttant pour garder au moins un œil ouvert :

— Un pot de dégrisement est proposé à treize heure au Shari…

A l'autre bout de la salle, prisonnier des bras de Boromir sans même s'en offusquer, d'ailleurs, ce n'était même pas certain qu'il soit totalement réveillé, Faramir tenta de formuler une question malgré sa bouche pâteuse et son absence totale de lucidité :

— Quelle heure ?

Mais Tauriel s'était rendormie et ce fut Gandalf, qui cherchait vaillamment à coordonner sa vue et ses mains pour démêler une dred de sa barbe, qui lui répondit d'un ton bourru :

— Elle vient de le dire, bouffon : trois heures.
— Hu… ? Non. Pas ça. Je voulais dire : Il est quelle heure ?
— Vos gueules.

Personne ne sut dire d'où venait cette ordre étouffé, mais il s'agissait de la voix de Frodon qui dormait face contre terre, non loin d'un inconnu brun au mono sourcil et à la dentition défaillante que personne n'avait jamais vu, mais qui portait le chapeau de Bofur et qui était dans un état lamentable lui aussi, certainement un quidam rencontré sur la route et qui avait tissé des liens spiritueux avec la bande d'étudiants éméchés. Puis embarqué avec eux par la marée-chaussé.

— Je crois qu'il est un peu plus de midi.

Mais Faramir n'entendit pas la réponse de Rosie parce que, à l'instar de la totalité des personnes présentes, il s'était rendormi, dans les bras de son ainé qui affermit inconsciemment son étreinte.
Il n'y en avait qu'un seul encore dans un potentiel état de marche : Pippin, qui arpentait la cellule en tanguant, son appareil photo à la main et la poche débordante de photos plus ou moins cadrées.

oOo

Frérin mis quelques minutes à se rendre compte que ce bruit désagréable n'était rien d'autre que la sonnerie de son portable.
Empêtré dans le sommeil et sa légère gueule de bois, il grommela et s'extirpa des bras de Thorin, qui dormait toujours, repoussant sa lourde couette pour tendre la main et attraper son téléphone.
Il fronça les sourcils en constatant qu'il s'agissait d'un numéro inconnu et il répondit d'une voix un peu rauque :

— Allo ?
— Je te souhaite une bonne année, Frérin.

Le sang du blond se glaça lorsqu'il reconnu la voix veloutée et il se figea un instant, avant de se reprendre. Il lança un regard à son frère, qui avait ouvert un œil en l'entendant répondre et, sans un mot, il se leva pour s'éloigner en parlant d'un ton bas, attrapant un caleçon au passage pour s'habiller légèrement.

— Comment as-tu eu mon numéro ?
— Je pense que ce n'est pas sur ça que tu devrais te concentrer maintenant, mon beau.

Smaug s'était exprimé sans intonation particulière, pourtant, Frérin entendit sans mal la malice qui enrobait ses paroles et il frissonna, se sentant pris au piège. Désireux d'en finir au plus vite et sentant que Thorin commençait à se rendre compte de quelque chose, il déglutit discrètement avant de sortir de la chambre pour parler à nouveau, d'une voix plus assurée qu'il ne l'était réellement :

— Que veux-tu ?
— J'aimerai que tu me rejoignes à l'hôtel Tholmen, j'ai une proposition pour toi.
— Quel genre ?

Les dents serrées, Frérin entendit sans mal le sourire cruel du PDG qui se savait maitre du jeu et il expulsa un souffle nerveux en attendant la réponse.

— Du genre… Charnelle…
— Je ne suis pas une pute, Smaug, je ne paierai pas ton silence de cette manière !
— Tu crois ?

Frérin se tut et serra les lèvres, angoissé et frémissant de colère et de dégout, révolté à l'idée de devenir le pantin du PDG qui lui tournait autour depuis si longtemps.

— Va emmerder quelqu'un d'autre… Je n'ai rien à t'apporter et je me considère en couple…

Le philosophe avait réussi à maitriser son ton, mais il restait proche de la supplique et il se mordit les lèvres en espérant que Smaug ne l'ait pas remarqué. Un nouveau silence lui répondit, puis la voix veloutée se fit plus mielleuse.

— Je ne pense pas que Thorin soit conscient du trésor qu'il a entre les mains… Mais, comme on dit, tout ce qui est d'or ne brille pas… Tu mérites mieux que ça, Frérin, quelqu'un qui te comprenne et te connaisse...
— Si tu me connaissais, tu saurais à quelle point ta proposition me dégoute.
— Justement, je le sais... Rejoins moi dans deux jours, mon beau, sans quoi, au troisième, toute la ville saura que toi et ton frère vivez une véritable romance incestueuse et homosexuelle… Dégoutante et immorale.

Frérin eut un vertige en entendant les mots de Smaug et sa gorge s'assécha. Mais, refusant de perdre pied, il garda son aplomb et répondit sans grande conviction.

— Ce n'est pas interdit par la loi, nous sommes deux adultes consentants… Et la plupart des gens se foutent totalement de savoir ce que nous faisons de nos corps.
— Tu en es certain ? Dans ce cas, essaie de me décevoir, puis on en reparlera. Je pense que ton père ne s'en fout pas totalement, lui…

Son cœur manqua un battement et, comme privé de ses forces, il s'assit sur la première marche de l'escalier, sans savoir quoi répondre. Lorsque la tonalité froide lui apprit que Smaug avait raccroché sans ajouter un mot, il ne bougea pas, la main tremblante toujours collée à l'oreille, et il sentit l'horreur s'emparer de ses tripes.

Il avait deux jours pour trouver une solution et se sortir de là, même s'il se doutait bien que, dans sa cruauté, le PDG rival lui laissait autant de temps simplement pour s'amuser à le voir se débattre contre l'inéluctable, tel un moucheron dans une toile.

Il se reprit rapidement et, pour s'occuper les mains et justifier son absence, il descendit jusqu'à la salle à manger et prépara rapidement un plateau pour le petit-déjeuner, le cœur au bords des lèvres.
Il ne voulait pas en parler à Thorin, il savait que celui-ci serait prêt à tout pour éloigner Smaug de son petit-frère, l'idée le charmait, mais elle le répugnait aussi. Surtout que le PDG avait été clair : au moindre faux pas, les photos seraient publiées, et Frérin ne savait pas vraiment s'ils seraient capables de faire face à ça.

Il remonta avec le plateau, la mort dans l'âme, mais il se força à faire bonne figure en s'approchant du lit, se faufilant entre les bras de Thorin qui lui souhaita le bonjour d'un baiser tendre.

— C'était qui ?
— Une ex… Elle me souhaitait la bonne année.
— C'est tout ?
— Elle a aussi avoué être folle de moi et aimerai bien me revoir…
— Tu l'as envoyé paitre, j'espère.
— Oui, j'ai fait ça.

Heureux de voir que sa capacité à berner Thorin ne s'était pas évaporée, Frérin enlaça gravement le plus vieux et il se pressa contre lui, plongeant son visage dans le creux de sa nuque pour ne pas que le brun puisse voir l'anxiété qui y stagnait.

— Thorin… Que se passera t-il si… Les gens apprenaient, pour nous ?
— Ne te tortures pas avec ça, Frérin…
— Fili est un cas unique… Tout le monde ne réagira pas comme lui.
— Tout le monde n'est pas aussi perspicace que lui non plus…

Frérin soupira, la mâchoire crispée, et il reprit, la gorge nouée.

— Qu'en sais-tu ? Il y a peut-être d'autres gens qui sont au courant… En plus de ça, nous avons une certaine célébrité dans la région en tant qu'héritiers de Thror… Les gens ne le tolèreront pas.
— Depuis quand te soucies-tu des gens ?
— Nous sommes tous les deux concernés par ça, et pas seulement, papa et la firme aussi… Ils ne l'accepteront pas. On nous demandera de nous séparer…

Frérin n'avait pas tord, le plus vieux en était conscient et, faute de trouver les mots pour le rassurer, il resserra son étreinte, le regard déterminé :

— Personne ne le saura, Frérin. Si on reste discret, il n'y a pas de raison de s'inquiéter.

Frérin soupira et il ferma les yeux en se pressant contre le brun, conscient que le prix à payer pour cette discrétion était bien plus exorbitant que ce pensait Thorin.

oOo

La cellule de dégrisement avait été vidée un peu avant quatorze heure et toutes les âmes en peine qui y étaient retenues errèrent lamentablement entre le commissariat et le Shari, laissant leurs pas les guider jusqu'au bar.
En chemin, ils avaient retrouvé Arwen qui commatait dans un fossé et Bofur, accroché en haut d'un lampadaire et qui refusait de coopérer avec l'équipe de pompiers qui était venu l'aider à descendre. Toutefois, il se laissa faire lorsqu'il reconnu ses amis au loin et, sans l'aide de personne, il redescendit et prit lui aussi la direction du Shari.

L'inconnu au mono sourcil qu'ils avaient rencontré durant la nuit et qui avait partagé avec eux la cellule de dégrisement lui rendit son chapeau et se présenta sous le nom d'Alfrid, avant de s'éclipser en pestant lorsqu'il remarqua l'heure tardive.
Maintenant, tous ces héros, plus ou moins maitres de leurs moyens, sirotaient la tisane que Dwalin faisait passer, en commentant les quelques aventures de la nuit dont ils gardaient des souvenirs flous.

— Holala, y a de l'ambiance si tôt le matin ? Je m'attendais à ce que les trois-quarts des gens soient encore en cellule de dégrisement…

Bien plus frais que la moyenne, Frérin pénétra dans le Shari, scrutant la foule, curieux de savoir ce qu'il s'était passé entre le moment où lui et son frère s'étaient éclipsés et maintenant. Et ce fut Dwalin qui lui répondit, un sourire narquois aux lèvres :

— Si tôt ? Il est déjà 16h, Frérin, tu es à la ramasse…
— Ouais… Bonne année à toi aussi.

Maussade, le blond s'assit au bar sans voir le froncement de sourcil du plus vieux qui questionna Thorin, arrivé cinq minutes après son frère, du regard. Le brun haussa les épaules, inquiété lui aussi par l'attitude de Frérin sans la comprendre, et il étudia la salle discrètement, avant de prendre son portable pour envoyer un SMS. Il reçut la réponse cinq secondes plus tard et il prit nonchalamment la parole :

— Fili arrive dans un quart d'heure.

Frérin eut un sourire amusé et, distraitement, il lâcha une remarque qui ne passa pas inaperçue :

— Et je suppose qu'il vient accompagné…

Un petit silence s'étendit autour d'eux suite à sa constatation, puis, Dwalin fut le premier à froncer les sourcils :

— Accompagné ? Avec qui ? Cela fait des mois qu'il est célibataire et je n'ai pas entendu parler d'une fille qui lui aurait tapé dans l'œil…
— Tu verras bien…

Frérin s'empara de la tisane que Dwalin lui fit passer et, après un clin d'œil malicieux, il s'éloigna du bar pour aller s'asseoir à côté de Kili qui était fort occupé à presser un tissu empli de glaçons sur l'énorme bosse qui ornait son front.
Conscient de la bombe qu'ils venaient de lâcher dans ce repère de commères pas encore totalement dégrisées, Thorin jugea bon de s'éloigner lui aussi et, soudainement, Fili devint le sujet de l'instant, sujet alimenté par les paris que lancèrent Dwalin et Aragorn.

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— C'est Thorin, il s'inquiète de ne pas nous voir au Shari… Ça te tente de les rejoindre ?

Bilbo acquiesça en silence et Fili texta rapidement une réponse avant de poser son portable sur la table de chevet, puis il enroula mécaniquement son bras autour de la taille du journaliste.

Le plus petit était lové contre le blond et il n'osait ni bouger, ni parler, de peur que le charme ne se rompe.
La nuit qu'il venait de partager avec Fili était, de loin, la plus belle de son existence et, depuis qu'ils avaient ouvert les yeux, il redoutait le moment où il aurait à revenir sur terre, totalement incapable de deviner comment son amant d'une nuit assumerait la chose et encore moins capable de le lui demander.
Toutefois, il se leva lui aussi quand Fili fit mine de sortir du lit, qu'ils n'avaient pas quittés de la journée, pour s'habiller chaudement et sortir de l'appartement.

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— Où as-tu dormi, cette nuit ?
— Je suis retourné chez moi, c'était moins loin et puis on a fini vraiment tard, ou très tôt, c'est selon.
— Mon cœur, combien de fois devrai-je te dire que c'est ici chez toi…?

En ronronnant, Selwynn s'approcha de son petit-ami pour le prendre dans ses bras et Faramir se laissa faire, levant la tête pour lui offrir ses lèvres.

— Bonne année…

Le plus jeune sourit, chatouillé par la bouche taquine qui s'attaqua à sa gorge et il leva les yeux au ciel lorsque le numénorien reprit d'une voix molle :

— Pourquoi tu ne veux pas lui rendre les clés une bonne fois pour toute et venir t'installer chez moi ? Tu préfères vivre en coloc avec ton frère qu'avec ton petit-ami ?
— Tu sais très bien pourquoi… Mon père y tient…
— Tu sais ce que je pense de ton père…
— Selwynn…

Le grand brun soupira et se sépara du plus jeune, lui tournant le dos alors qu'il se dirigea vers la cuisine.

— Il n'a pas encore digéré le fait que tu sois gay et il fait en sorte que ton frère surveille tes mouvements.
— Mais pas du tout…
— Allons bon…

Selwynn se servit un verre et en proposa un à Faramir qui l'avait suivit, mais le plus jeune le refusa et alla s'asseoir sur le canapé en s'emparant d'un journal qui trainait sur la table basse. Le brun le rejoint en lui mettant tout de même un verre de jus de fruit dans les mains et il s'assit à côté de lui.

— Après tout ce que tu m'as dit sur ta famille, tu arrives encore à les défendre… Pourtant, je me rappelle très bien dans quel état tu étais la première fois que l'on s'est rencontré…
— Mais ça a changé maintenant…
— C'est un peu grâce à moi quand même.

Faramir rigola face au ton moqueur de son amant et il lui lança le léger oreiller du canapé à la figure, faisant déborder son verre. Le plus vieux écarquilla les yeux, puis il contra en ceinturant d'un bras le blond à la taille et il l'allongea sur le canapé malgré son cri peu viril, prenant place au dessus de lui.

— Allez, dis le moi s'il te plait…

A son sourire enjôleur, le lycéen répondit d'une grimace taquine, mais il obéit de bonne grâce :

— Oui, c'est un peu grâce à toi si j'adore ma vie en ce moment.
— Crétin, ce n'est pas de ça que je parle.

Selwynn s'abaissa encore sur Faramir qui lui sourit gentiment avant de souffler doucement :

— Je t'aime.
— Tant mieux.
— C'est toi le crétin.
— Tait-toi un peu.

Le numénorien le fit taire en l'embrassant et Faramir passa ses bras autour des épaules de son amant, frustré de les sentir trop frêle par apport à un certain gondorien.

Il aimait pourtant Selwynn et considérait ce jeune cadre comme l'homme de sa vie mais, de plus en plus, il ne pouvait s'empêcher de le comparer avec son frère et l'idée le perturbait autant qu'elle le bouleversait.

Selwynn avait vraiment beaucoup fait pour lui. Saccagé par les piques mesquines de son père qu'il cherchait pourtant à combler, Faramir avait eu une passe réellement difficile et s'il en avait vu le bout, c'était grâce à l'intervention de celui qui partageait sa vie depuis plusieurs mois et qui s'était montré un excellent confident avant de devenir son petit-ami.

Selwynn était la première personne qui s'était intéressée à lui, qui lui avait fait comprendre qu'il n'était pas la tâche que Denethor cherchait désespérément à oublier. C'était à travers les yeux de cet homme de Numénor que le jeune Gondorien se sentait exister et surtout, aimé, et les concessions qu'il avait du faire pour mériter la pleine attention de Selwynn semblaient bien légères comparer à ce qu'il avait gagné.

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— Arwen, tu es certaine que ce n'est pas toi ?
— Bien sûr que non ! Je le saurais, tout de même !

Quelques sourcils se froncèrent et Bofur se tourna vers la sœur d'Eomer en lui envoyant un regard suspicieux :

— Et toi, Eowynn ?
— J'ai passé la nuit en cellule de dégrisement avec toi, tu sais, et puis ce type ne m'a jamais adressé la parole, qu'est-ce que je foutrais avec lui ?
— Je sais pas… On ne sait jamais… Fili est plutôt mignon et tu étais raide bourrée, les dérapages ça existe…

La blonde leva les yeux au ciel, puis grimaça lorsque sa gueule de bois lui rappela son existence. Un long silence méditatif s'étendit dans la salle, puis Boromir soupira :

— On vient de faire le tour de toutes les filles présentent hier… Y en a aucune qui confirme qu'elle a passée la nuit avec Fili…
— C'est peut-être un mec…

La remarque nonchalante de Rosie amena un silence palpable et tous regardèrent la petite-amie de Sam avec des yeux ronds, puis plusieurs regards suspicieux commencèrent à fuser.
Ce fut Aragorn, le premier, qui donna un coup de coude à Boromir :

— Eomer est parti vachement tôt hier, faut pas oublier qu'il est célibataire maintenant… Du moins, il l'est depuis quelques jours, peut-être qu'il a trouvé un remplaçant pour Merry…

Pour lancer une rumeur au Shari, il n'en fallait pas plus et, ce furent Boromir et Eowynn qui ramenèrent le calme en soutenant qu'Eomer et Merry étaient une évidence et que penser que le cavalier puisse trouver quelqu'un d'autre était un sacrilège, ce que beaucoup de consommateurs approuvèrent.

Après tout, la relation entre Eomer et Merry avait si bien été tenue au secret pendant si longtemps que sa révélation dans ce nid de commères avait fait l'effet d'un tsunami et ils étaient maintenant considérés comme le couple légendaire de l'année et chaque détail de leur relation était avidement recherchée, les gens ne pouvaient pas concevoir que c'était terminé de manière aussi brutale et sans que personne ne sache pourquoi.

C'est pourquoi, lorsque Fili et Bilbo arrivèrent au Shari en pensant naïvement passer totalement inaperçu, comme à chaque fois qu'ils entraient dans ce bar, le brouhaha qui s'élevait de la masse d'étudiant occupés à commenter la récente rupture de Merry et Eomer, s'éteignit immédiatement pour laisser sa place à un long silence ébaubi.
Silence qui dura lorsque, comprenant de quoi il s'agissait, Fili se tourna vers Bilbo, qui était pétrifié. Ils échangèrent un très bref regard et le plus jeune vit clairement l'hésitation dans les yeux du blond qui avait maintenant le choix : dénigrer le journaliste et affirmer qu'il n'y avait rien entre eux, ou bien assumer et soutenir la chose devant ses amis, et le plus petit ne put que s'accrocher à son regard, incapable d'espérer.

Bilbo ne se rendit compte que Fili avait donné sa réponse que lorsque un concert de sifflements et de vivats s'éleva dans la salle, parce que le blond, après une courte réflexion, lui avait pris la main pour descendre les marches, décidant de ne pas cacher ou taire leur relation à peine éclose. Et s'ils furent le centre d'attention pendant un moment, ça ne dura pas et les choses suivirent leur cours. Fili s'éloigna bientôt de lui pour se rendre auprès de son petit frère et prendre de ses nouvelles et le plus jeune resta dans un état second pendant un long moment, sans vraiment comprendre ce que tout cela signifiait réellement.
Ce fut l'intervention de Frérin, qui le traina à l'écart, qui le fit atterrir :

— J'ai passé la matinée à lire les derniers articles que vous avez publiés, toi et Gandalf… J'ai cru comprendre que tu faisais un lien entre le pouvoir que Smaug a aujourd'hui et les mafieux qui t'ont agressé le jour de l'an… Je me trompe ?

L'annonce de Frérin jeta un froid et Bilbo lança un rapide coup d'œil autour de lui avant de faire signe au philosophe de s'écarter franchement du groupe et ils sortirent tous les deux de l'établissement.

— Écoute, Frérin, j'assume ce que j'ai dit et, oui, je suis conscient du danger que je cours en affirmant ce genre de chose, si tu viens me faire la morale vis à vis du danger, merci bien, mais j'ai déjà ton frère et ton neveu pour ça, n'essaies pas de t'y mettre !
— Non, ce n'est pas ça ! Au contraire…

Le philosophe déglutit rapidement, puis il inspira à fond en fermant ses yeux pour cacher son regard tourmenté.

— A vrai dire, Bilbo, j'aimerai savoir si tu pourrais me fournir des preuves de ce que tu avances.
— Pourquoi faire ? Smaug n'est pas à prendre à la légère, ne fait pas la même erreur que votre père qui le sous-estime ou n'essaies pas de le doubler… Il est réellement-
— Dangereux, je sais. C'est justement pour… Me protéger… De lui, que je te demande ça… J'en ai vraiment besoin, Bilbo, tu n'imagines pas à quel point…

La voix de Frérin s'éteignit douloureusement et le journaliste fronça les sourcils en sentant doucement un sentiment d'horreur lui compresser la poitrine.

— Que veux-tu dire, Frérin ? Qu'est-ce qu'il te veut ?

Le blond haussa les épaules, puis il leva les yeux pour les planter dans ceux, catastrophés, de Bilbo et, la gorge serrée, il lui demanda à nouveau :

— Ne parle de ça à personne, s'il te plait, surtout pas à Thorin ou Fili… Surtout que les choses pourraient s'arranger si tu me donnes la moindre preuve contre lui et que tu m'aides à le descendre… Tu es connu et écouté, maintenant, dans le monde du journalisme, peut-être que tu pourrais-
— Je n'ai rien contre lui, Frérin… S'il est monté aussi haut si rapidement, c'est qu'il a su se couvrir… Je suis désolé… Je ne peux avancer aucune preuve et c'est pour ça que je ne m'étends pas dessus dans mes derniers articles… Mais je sais qu'il ne tardera pas à faire une erreur. Il est impulsif, capricieux et ne tolère pas qu'on lui résiste… Il faudrait le pousser à la faute…

Blême, Frérin acquiesça, désillusionné, et il fit un pas en arrière, la tête basse.

— Et si je t'aide ? Tu arriverais à le faire tomber ? De quel genre de preuves as-tu besoin ?
— N'importe lesquelles, mais il faut surtout que je sois capable d'appuyer sur le lien entre sa richesse et la mafia de la ville…
— Il doit bien posséder des documents, où quelque chose comme ça… Des trucs compromettants…
— Chez lui, oui. J'ai essayé de m'y introduire déjà une fois, mais c'est protégé et je suis incapable de savoir quand il y est ou pas…

Le plus vieux serra la mâchoire, puis il se détourna, résigné, et il se contenta de murmurer du bout des lèvres, dégouté :

— Dans deux jours… Il ne passera pas la nuit chez lui…

Plongeant ses mains dans les poches, il shoota rageusement dans une motte de neige et il s'éloigna du Shari pour rentrer chez lui, inquiétant Bilbo qui ne sut pas comment interpréter son attitude et n'osant pas savoir où sera le PDG dans deux jours et comment le blond était au courant.

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Orianne expulsa un souffle crispé en approchant de la rue d'Ulmo, mais elle ne ralentit pas son pas. Elle ne savait pas vraiment si les choses s'était simplifiées ou complexifiées depuis que Dwalin l'avait embrassée, la veille, elle ne l'avait pas revu depuis, de une, parce qu'elle avait dormi toute la journée du premier janvier, de deux, parce qu'elle ne savait plus sur quel pied danser.

Elle déglutit en arrivant au pied du bâtiment dans lequel habitait le barman, à une vingtaine de mètres du Shari Vari, et elle eut un instant d'hésitation. Depuis que Dwalin vivait là, elle possédait le double de ses clés, car c'était chez lui qu'elle avait eu l'habitude de venir le soir en rentrant du collège pour faire ses devoirs en attendant que sa mère rentre du travail.
Mais, ce soir, après ce qu'il s'était passé sous le gui, elle ignorait de quelle manière Dwalin prendrait son arrivée à l'improviste. Elle remonta nerveusement ses lunettes sur son nez, puis elle inspira pour se donner du courage et elle sonna, préférant demander l'autorisation au barman pour faire irruption chez lui à une heure tardive. Le haut-parleur grésilla un instant, puis elle sentit son estomac se contracter lorsque la voix rocailleuse lui répondit :

— Oui ?
— Dwalin, c'est Orianne, est-ce que je-
— Entre.

Elle poussa un soupir soulager, sans comprendre d'où venait la tension qui l'habitait, puis elle pénétra dans l'habitation et grimpa les marches pour attendre le deuxième appartement. Dwalin ouvrit la porte au moment où elle arriva sur le pallier et elle se surpris à rougir en se sentant la cible du regard du plus vieux, regard qui avait considérablement changé ces derniers temps.

— Je suis désolé de débarquer comme ça mais… Je viens encore de me prendre la tête avec Halldorûn… Je…Voulais savoir si je pouvais dormir ici cette nuit ?

Depuis toute petite, elle avait passé un nombre incalculable de nuits chez Dwalin, parfois, sans même le prévenir de sa présence tellement il était accoutumé à l'avoir dans les pattes. Mais maintenant, quelque chose avait changé et, malgré son inexpérience, elle savait que ce genre de requête de sa part ne serait plus anodine. Pour lui donner raison, Dwalin n'acquiesça pas immédiatement en lui demandant pourquoi elle perdait encore son temps à lui poser la question, il se contenta de froncer les sourcils en la laissant rentrer avant de l'interroger sur un ton un peu sec :

— Ta mère sait que tu es là ?
— Elle… S'en doute.
— Je préfèrerai que tu la préviennes.
— Elle n'a pas non plus à savoir tout ce que je fais !

Agacé de voir qu'il continuait d'avoir tendance à oublier ses presque dix-huit ans, Orianne poussa un claquement de langue furieux et partit s'asseoir dans le canapé pour bouder.
Dwalin haussa un sourcil, mais il eut un petit rire amusé de voir la si douce Orianne se transformer en gamine capricieuse et sur la défensive, presque agressive, dès qu'il était question de sa mère ou, pire, de son beau-père et il était charmé de voir son caractère de femme s'affirmer de plus en plus.
Il garda le sourire en s'approchant du canapé pour se placer derrière la lycéenne et il se pencha sur elle, admirant la jolie teinte rose qui colora ses joues lorsqu'il se permit de passer ses doigts dans ses longs chevaux châtains.

— Baby-sitter une gamine pré-pubère reste correct, mais ça l'est un peu moins si ladite gamine se montre si… Aguichante. Je n'ai simplement pas envie qu'elle cri au scandale pour dévergondage…
— Moi, ça ne me dérangerai pas… Surtout si c'est fondé.

Surprise par sa propre audace et aussi rouge qu'une pivoine en fleur, Orianne déglutit et détourna le regard, ses sens exacerbés par la proximité du plus grand qui laissa ses doigts glisser sur l'arrête de sa mâchoire qu'il caressa distraitement.

— C'est tentant.

Elle n'était pas sure d'avoir entendu ses derniers mots, mais elle fut déçue de le sentir s'éloigner et elle se laissa tomber sur le canapé, les bras en croix.

Elle était de plus en plus exaspérée par son beau-père, Halldorûn, et l'idée qu'elle se sente obligée de déserter ainsi sa maison pour le fuir lui donnait la désagréable impression d'être chassée de chez elle.

Elle soupira et, machinalement, elle se pencha en avant pour atteindre le pied du canapé et le déplier pour en faire un lit, mais elle se retint en se disant qu'elle allait attendre un peu pour ça, avec un peu de chance, Dwalin lui proposerait de partager le sien, comme dans ses rêves les plus fous. L'idée court-circuita son esprit un instant et elle se sentit défaillir délicieusement, même si l'idée la rendit considérablement nerveuse.

Puis, sans réfléchir, elle retira son écharpe et abaissa légèrement la fermeture de son pull pour dévoiler sa gorge. Elle avait beau se persuader que ce n'était pas ainsi qu'elle voulait le plus vieux, il n'en restait pas moins qu'elle ne pouvait s'empêcher de chercher à le séduire de cette manière, les conseils et les remarques subtils de Tauriel n'y étaient pas pour rien.

— Tu as faim ?

Perdues dans ses pensées, elle ne l'avait pas entendu revenir et elle se redressa en haussant les épaules, cherchant à cacher son rougissement.

— Pas spécialement.

Elle se décala un peu pour lui laisser la place de s'asseoir à côté d'elle et elle ne retint pas son sourire ravi lorsqu'il passa un bras autour de sa petite taille pour l'attirer à lui. Elle hésita brièvement, puis elle posa son visage sur son torse et ferma les yeux, soupirant de contentement lorsqu'il remonta sa main pour caresser ses cheveux. Ils restèrent silencieux un instant, profitant simplement de la proximité de l'autre et Orianne aurait voulu que cet instant ne s'arrête pas, mais Dwalin prit la parole soudainement :

— Qu'est-ce qu'il y a entre toi et Tauriel ? Tu m'avais dit que tu ne pouvais pas la piffrer…
— Rien du tout, nous sommes amies, rien d'autre…
— On m'a montrer une photo qui date de la fête chez Boromir…

Elle écarquilla les yeux et se redressa pour le regarder, pas vraiment catastrophée, mais curieuse :

— Qui ?
— C'est elle qui t'avait fait la marque, sur ta gorge ?
— Non.

Dwalin resta muet, cherchant à la sonder en fronçant les sourcils, mais elle soupira avant de lui lancer un sourire plutôt mutin, préférant mentir pour lui faire comprendre une bonne fois pour toute qu'elle était maintenant assez vieille pour ça :

— Je te l'ai déjà dit : pour moi, il n'y a que toi qui comptes. Mais dans la mesure où, jusqu'à maintenant, j'étais totalement invisible à tes yeux, je n'avais pas l'intention d'entrer dans un couvent en attendant que tu me remarques…

— Qui d'autre alors ?
— Dit moi juste qui t'a montré la photo, histoire que Tauriel sache à qui s'en prendre la prochaine fois qu'elle voudra taper sur quelque chose…
— Moi aussi, je veux savoir sur qui taper… C'est Kili ? Il m'avait fait une drôle de réflexion, le lendemain de la fête chez Boromir…

Orianne resta muette, fronçant les sourcils, ayant totalement oublié ce détail, puis elle haussa les épaules en détournant les yeux.

— Non. Ca aurait pu, mais-
— Vous avez dormi ensemble ?
— Simplement dormi, rien d'autre !

Mal à l'aise, elle déglutit, surprise de découvrir cet aspect bien plus jaloux et possessif que protecteur qu'elle ne lui connaissait pas mais qui la troubla, puis elle serra les dents, cherchant à sortir de l'interrogatoire d'une pirouette :

— Est-ce que je t'ai déjà demandé des comptes à propose de l'autre fille avec qui tu sors en ce moment ?
— Je ne sors pas avec Tanya, seulement-
— Seulement, c'est avec elle que tu baises presque tous les soirs !

Frustrée et agacée de se rappeler de ce fait alors que le moment aurait pu être idyllique, elle se sépara de Dwalin et voulu se lever. Mais il crocheta sa taille et, avec douceur, l'allongea sur le canapé en se penchant sur elle.

— Ca fait deux semaines au moins que je n'ai pas touché à cette fille, à aucune autre… Parce qu'il n'y en a qu'une qui mérite pleine attention…
— Contente de voir que tu as trouvé mieux…
— Ce n'est pas simplement « mieux »… C'est une évidence…

D'un doigt doux, sans s'occuper du ton aussi acerbe qu'intimidé de la jeune fille rougissante, il replaça une mèche rebelle derrière l'oreille puis, tendrement, il prit ses lunettes pour les retirer et les poser sur la table basse à côté du canapé. Orianne se laissa faire, l'esprit en dérive après avoir entendu ses mots troublants, et il se noya dans son regard mordoré et si profond, comprenant maintenant clairement pourquoi Orianne parlait toujours de Tanya, ou plutôt de sa relation avec elle, avec autant de véhémence.

— Je ne te demande pas de compte, Orianne, je suis simplement curieux. Tu as l'air tellement… Candide, que t'imaginer avec quelqu'un d'autre n'est pas seulement pénible, mais aussi… Surprenant.
— C'est parce que tu me prends encore pour une gamine…

La voix était maintenant rauque mais ne cachait pas le reproche et il eut un sourire attendri, avant de se pencher plus encore sur elle, jusqu'à frôler ses lèvres.

— Il est temps que je me fasse une raison…
— J'aimerai bien, oui…

Le cœur battant, elle avait instinctivement entrouvert ses lèvres et il se retint de répondre à l'invitation en fusant sur elle pour lui offrir ce qu'elle se désespérait de recevoir. Il fut surpris de ressentir une vague de désir pour la jeune fille qu'il avait vu grandir et qui était maintenant allongée sous lui, offerte et séduisante.

— J'aimerai simplement savoir s'il y en a eu d'autres avant moi…

L'idée le révoltait, mais il découvrait un aspect de sa femme qui le déconcertait : cette facilité qu'elle avait eut à se laisser embrasser par Tauriel, le jour de l'an, ainsi que la photo qui les concernait toutes les deux, sans parler des révélations de Kili qu'elle n'avait pas démenti et du succion, qui avait maintenant disparu, mais qui avait heurté sa vue à de nombreux moment…
Elle se figea et, malgré le feu qui se répandit sur les joues, elle secoua timidement la tête de gauche à droite. Le « avant moi », pourtant murmuré sur un ton neutre, lui fit l'effet d'une déflagration et, prenant ce terme comme une promesse, elle déglutit.

— Personne. Et tu n'as pas à t'en faire pour Tauriel, il n'y a rien entre nous…
— Pourtant, vous aviez l'air-
— Elle faisait ça en tant qu'amie, pour… M'apprendre… Deux ou trois… petites choses…

Il haussa un sourcil et amena un doigt à son visage pour caresser ses lèvres distraitement sans se rendre compte de l'incendie que cela provoquant dans le corps et l'esprit de la lycéenne.

— Deux ou trois petites choses ?
— Rien de… Très sérieux… Des trucs de fille comme… Marcher avec des talons, réussir une manucure, embrasser, quelques exercices pour garder un ventre plat…

Elle déglutit une nouvelle fois, consciente que l'attitude et la proximité de Dwalin la déboussolaient totalement et que si elle continuait à parler, soit elle balbutierait, soit elle dira une connerie en plus.

— Très aimable à elle, mais j'aurai préféré qu'elle ne pose pas ses lèvres sur toi…
— Tu avais qu'à le faire avant…

Il eut un petit sourire amusé et il lui caressa la joue, son regard grave planté dans le sien.

— A l'avenir, tu lui diras que je lui laisse les… Trucs de fille, mais que c'est moi qui prend en charge le reste…
— Le reste ?

Il lui répondit d'un nouveau sourire avant de se pencher pour combler les quelques millimètres qui séparaient leurs lèvres, donnant à la jeune fille l'impression d'entrer en combustion.

Il l'embrassant d'abord gentiment, comme il l'avait fait le jour de l'an, puis il se montra plus exigeant et il approfondit le baiser, laissant une main courir sur le corps de la jeune fille qui se tordit sous ses caresses, son rythme cardiaque devenant incontrôlable.
Lors de leur premier baiser, au Shari Vari, Dwalin avait été désarçonné par sa demande, de même que le jour de l'an : le presque trentenaire n'avait pas osé aller trop loin avec la lycéenne devant autant de monde.
Cette fois-ci, ils étaient seuls tous les deux et il acceptait de faire l'effort de la regarder et la considérer autrement, si bien qu'aucune réserve ne contraignit ses gestes lorsque sa main s'aventura sur sa cuisse pour la pétrir sensuellement avant de l'écarter pour prendre place entre les jambes d'Orianne qui eut un vertige voluptueux.

Le baiser s'intensifia et la lycéenne se cambra pour se presser contre lui, enroulant ses bras autour de ses épaules en soupirant délicieusement, le cœur battant la chamade.
Elle fut incapable de retenir un souffle profondément frustré qui fit sourire Dwalin lorsqu'il se sépara d'elle pour la regarder dans ses yeux de miel maintenant nébuleux.

— Tu es vraiment surprenante, Orianne.

Elle ne sut quoi répondre et resta muette, les sens exacerbés par leur position, la proximité du corps de Dwalin qui lui hérissait la peau et, surtout, le regard qu'elle devinait sur elle, malgré le flou dans lequel elle stagnait sans ses lunettes.
Le baiser lui avait donné chaud et elle désirait plus, beaucoup plus.
Mais, de une, elle était consciente des réticences de Dwalin, qui découlaient du respect qu'il éprouvait pour elle et son jeune âge, de deux, l'idée d'aller plus loin avec lui continuait de la rendre extrêmement nerveuse.

Elle ne broncha pas lorsqu'il se redressa, la soulevant avec lui pour l'installer sur ses genoux et il passa une main dans ses cheveux en la regardant
intensément :

— Tu dors avec moi cette nuit ?

Elle se figea, autant refroidie que réchauffée, et elle ne sut pas quoi répondre. Bien entendu, l'idée de partager le lit du plus grand la tentait, elle en rêvait même depuis un an, voire deux, et pas de manière innocente, mais maintenant que c'était concret, elle fut prise au dépourvu et elle se surprit à ressentir de la peur.
Elle avait peur de ne pas être à la hauteur, de le décevoir alors que les choses prenaient enfin un tournant merveilleux, sans parler du domaine inconnu dans lequel elle plongeait. Il sentit sans peine son inquiétude et il lui lança un doux sourire avant de brosser ses lèvres des siennes avec tendresse.

— Simplement dormir, Orianne, rien de plus…

Elle acquiesça doucement en rougissant, de honte, et déçue de lui avoir montrer son aspect, justement, candide, qu'elle cherchait à gommer mais, comme s'il lisait dans ses pensées, il approcha son visage, amusé :

— C'est ainsi que je te préfère… Tu n'imagines pas à quel point tu es désirable quand tu hésites ou quand tu rougis… Surtout si tu te montres aguichante juste avant…

Ce fut la déclaration de trop qui l'acheva et, toujours sans un mot, intimidée, elle vint placer son visage dans le creux du cou du plus vieux pour cacher son rougissement intense. Il rigola légèrement, puis enroula ses bras autour de sa taille pour la soulever avec lui et l'emmener dans sa propre chambre.


Merci d'avoir lu !

J'ai bien lu vos idées de couples pour Tauriel, la plupart pourrait marcher car, dans cette fic,
il n'y a que quatre couples "officiels" qui ne bougeront pas :
Eomer/Merry; Thorin/Frérin; Fili/Bilbo et Dwalin/Orianne.

Le Boromir/Faramir est un bonus qui m'a été demandé par Aschen, il n'apportera rien à la fic et se développera en parallèle.

Tous les autres pairings sont simplement là pour combler, donc ils sont modulables, même le Aragorn/Arwen qui,
pour l'instant, n'a toujours pas abouti,
donc ces deux là aussi peuvent se retrouver avec quelqu'un d'autres si ça vous tente.

Dans la mesure où le prochain chapitre est encore en cours d'écriture, je ne peux pas dire avec exactitude ce qu'il contiendra,
mais sachez qu'il sera très contrasté, entre défaite pour certains, promesses pour d'autres.

Si vous avez des envies particulières à y ajouter, n'hésitez pas !

Pour la musique :

Frérin : Eddie Vedder - Long Nights
"Long nights allow me to feel I'm falling, I am falling, the light go out"

Bilbo :David Bowie & Kristen Wiig - Space Oddity
"I'm stepping through the door
And I'm floating in the most peculiar way
And the stars look very different today"

Orianne : John William - Across the Stars

Bonus :
Le thème du shari Vari : The Wild Horde - Ennio Morricone,
Parce que rien ne sera assez épique.