oOo

— Dites-moi qu'il s'agit d'une mauvaise blague !

Sur le bureau de Thrain trônaient plusieurs clichés des deux frères, envoyés par Smaug le matin même. Frérin et Thorin, debout face à leur père furieux, échangèrent un regard grave puis, coincé, le blond déglutit avant de faire un pas en avant :

— Papa, on ne-
— Tais-toi, Frérin ! J'en ai par dessus la tête de tes mensonges et tes caprices ! Mais à quoi pensez-vous ?

Blême, Frérin déglutit et fit un pas en arrière face à la véhémence du ton de son père, ce fut Thorin qui répondit à Thraïn, gardant son aplomb.

— Nous n'avons rien fait de mal, papa.

Thraïn grinça des dents et voulu répondre, mais Sigrid, la mère de Frérin, posa une main apaisante sur son bras avant de s'adresser aux deux frères :

— De quoi s'agit-il exactement ?

Le plus jeune inspira puis se tourna vers Thorin, paniqué. Le visage du brun était impassible, malgré le feu qui brillait dans ses yeux et tous les deux restèrent silencieux quelques secondes. Puis, résigné, Frérin serra le poing pour parler d'une voix atone :

— Rien… Il n'y a rien entre Thorin et moi, quelques dérapages, qui ne se reproduiront p-
— Plus personne ne croit à tes mensonges, Frérin, ne me fait pas perdre mon temps !

Le blond serra la mâchoire, puis, dans un geste provoquant, il prit la main de Thorin dans la sienne en défiant son père du regard :

— Dans ce cas, si c'est la vérité que tu veux, n-
— Lâche le !

L'ordre de Thraïn claqua et malgré le réflexe de Thorin, qui fut d'affermir sa prise, Frérin retira sa main et s'écarta du plus vieux, impressionné par la colère de son père qui darda sur eux un regard furieux :

— Ca suffit ! Vous allez mettre un terme à cette relation malsaine et je ne veux plus en entendre parler !
— Sinon quoi ?

Les pupilles de Thraïn se rétractèrent de rage face à l'insolence de son dernier fils et il serra le poing en avançant sur lui, frémissant furieusement. Mais Thorin s'interposa, le défiant à son tour :

— Ne t'en prend pas à lui !
— Thorin… Ne me parle pas comme ça ! Comment pouvez-vous supporter cette déchéance ? Que vous vous engagiez dans une relation homosexuelle ne m'aurait pas dérangé… Mais vous êtes frères !
— Ce n'est pas une déchéance !

La tension dans la salle s'était considérablement alourdie, mais Thorin ne broncha pas et pas un son ne s'échappa de ses lèvres lorsque la claque de Thrain heurta sa joue.

Frérin hoqueta, et il voulu prendre la défense de son frère, mais Sigrid intervint avant, pâle elle aussi, bouleversée de voir l'état dans lequel était actuellement son fils, qu'elle avait pourtant vu s'épanouir ces dernières semaines sans comprendre pourquoi, jusqu'à maintenant :

— Thraïn, ne t'en prend pas à eux ainsi ! Ils n'ont fait de mal à personne !
— Rien fait de mal ? Et Smaug qui me menace de publier ces photos et des les soumettre au CA en lui proposant de les effacer de la ligne de succession si je ne lui cède pas les parts qu'il convoite depuis quelques années ! Vous êtes totalement insouciants !

Thraïn hurlait maintenant et il se tourna à nouveau vers ses fils en fulminant :

— Ça suffit maintenant. Votre comportement est inadmissible, je refuse de laisser mes fils se compromettre ainsi ! Donc que ce soit clair, tous les deux, cette histoire dégoutante se termine ici et maintenant ! Thorin, je veux que tu reviennes vivre à la maison et que tu commences à t'impliquer dans les affaires de la firme. Dans la mesure où Dis à clairement montrer son refus à reprendre les rênes et que tu t'es toi-même engagé à me succéder lorsque viendra le moment, il est temps que tu apprennes à tenir ton rôle avant que je ne le propose à Fili ! Quant à toi, Frérin, Smaug m'a fait savoir qu'il souhaiterai te prendre comme apprenti pour-
— Quoi ?
— Non. Hors de question.

Menaçant, Thorin se plaça totalement entre son frère et son père, transperçant ce dernier du regard.

— Frérin ne s'approchera pas de Smaug, ce n'est pas négociable.
— Taisez-vous, ce n'est pas parce qu'il est notre rival que nous devons lui faire la guerre ! L'union de nos firmes peut apporter très gros et-
— Il m'a violé.

Frérin s'était exprimé froidement, son regard planté dans celui de son père qui hoqueta et resta bouche bée, choqué. Sigrid poussa une exclamation horrifiée avant de plaquer sa main sur sa bouche, les yeux écarquillés d'effroi.
Un long silence blanc s'étendit et, au moment où Sigrid fit mine de se diriger vers son fils pour lui apporter son réconfort, Thorin reprit la main de Frérin en lançant à sa belle mère un regard provoquant, refusant de lui céder la place qu'il avait dorénavant auprès du plus jeune, sans soulever le courroux de son père, blême, qui balbutia difficilement, chancelant imperceptiblement :

— C'est… C'est impossible.

Le visage masqué par la gêne et la douleur, accroché à la main de Thorin comme si sa vie en dépendait et son regard ancré dans celui, indéchiffrable, de son père, Frérin hocha légèrement la tête, sans voix, incapable de se répéter et sans comprendre d'où lui était venue la soudaine nécessité d'annoncer ainsi la chose à ses parents.

— Il… Il t'a… Mais… Pourquoi ?

Frérin inspira, conscient qu'il ne devait son aplomb que grâce à la proximité de Thorin qui lui lança un regard dans lequel il puisa sa force :

— Contre ces photos, justement, il m'a menacé de les utiliser si je ne faisais pas ce qu'il me demandait… Je refuse de m'approcher de lui, et il est hors de question que j'entre à son service.

La déclaration avait jeté un froid et Thraïn, retenant un vertige, lança un regard à sa femme qui s'était assise, le visage décomposé, avant de se tourner à nouveau vers son fils.

— Tu t'es laissé faire… Pour ces photos ?

Le ton était aussi horrifié qu'incrédule et Frérin baissa les yeux en hochant la tête, mal à l'aise. Un nouveau silence s'étendit, puis Thraïn reprit la parole d'un ton crispé :

— Dans ce cas, Frérin, tu ne resteras pas à Osgiliath. Si Smaug te convoite, je refuse de te voir dans la même ville que lui tant qu'il a ce pouvoir effroyable entre les mains…

Thrain poussa un soupir extrêmement tendu, sans même sentir ses doigts qui tremblaient, se découvrant un puissant instinct paternel qu'il n'avait pas soupçonné et qui faisait vibrer son sang, de colère, d'horreur, mais, surtout, de peur, pour son fils dernier né qui avait soulevé l'attention d'un homme dont la puissance et l'appétit dépassait l'entendement. Il inspira avant de souffler du bout des lèvres :

— Et de cette manière, vous mettrez un terme à cette aberration qui vous lie…

Les deux frères écarquillèrent les yeux en entendant cette dernière phrase. Bien entendu, venant de leur père, ils ne s'étaient absolument pas attendus à ce qu'il prenne son fils dans les bras pour lui offrir son réconfort, mais qu'il réagisse aussi froidement choqua Thorin et glaça le cœur du plus jeune.

— Tu n'as pas le droit de décider ainsi de ce qu'il doit faire ou non ! J'accepte de m'impliquer plus activement dans l'entreprise, mais tu ne nous sépareras pas !
— Thorin, nom de dieu, il s'agit de ton frère, c'est une-
— Il n'est pas ton fils.

Pâle, Sigrid s'était levée, le regard rivé sur les doigts de Frérin et Thorin qui étaient toujours emmêlés. Elle n'avait pas toujours été là pour son fils, car trop occupée à soutenir la monstrueuse firme de son mari, mais elle restait sa mère et elle le connaissait par cœur. Elle devinait, par l'attitude des deux frères, que ce qu'il y avait entre eux était bien plus profond que ce que voulait bien voir Thraïn et, pour les soutenir, elle consentait à bafouer son propre honneur.

— Pardon ?

Supportant sans mal les trois regards incrédules, elle fit quelques pas en avant et planta son regard déterminé dans celui de son mari :

— Frérin n'est pas ton fils.

Les deux frères échangèrent un regard profondément choqué et Frérin sentit même le poids qui comprimait sa poitrine s'alléger sensiblement, mais il revint à la réalité lorsque Thraïn parla froidement :

— Sigrid, tu es aussi piètre menteuse que ton fils… Si je t'aime, c'est justement pour ta franchise.
— Un test ADN ne mentira pas.

Un nouveau silence inconfortable pris place et Thrain commença légèrement à douter. Sondant sa femme, il reprit la parole, déstabilisé :

— Que veux-tu dire ?

Elle soupira et passa sa main dans les cheveux, lança un regard désolé à son fils avant de reprendre :

— Tu as vu juste, il s'agit d'un mensonge. Mais nous pouvons prendre les devant sur Smaug en faisant courir le mot que j'étais enceinte avant de me mettre avec toi. Après tout, Frérin est né prématuré à peine trois mois après le mariage… Si on falsifie son test ADN et qu'on conçoit un acte d'adoption à son nom en le datant de la naissance de Frérin, le jour où Smaug utilisera les photos, on pourra affirmer qu'ils ont toujours su ne pas être frères, que la relation est saine et-
— Mais elle n'est pas saine ! Justement, le problème est là ! Il serait temps que toi et Frérin arrêtiez de régler tous vos problèmes avec des mensonges ! Surtout que maintenant, Smaug le convoite ! Frérin partira à Erebor avec le premier avion.
— Erebor ? Mais c'est à l'autre bout de la carte !

Sans voix, Frérin n'entendit même pas la protestation de son frère, il resta interdit, l'esprit comme enfermé dans du coton.

— Ça suffit, Thorin ! Il est temps de mettre un terme à tout ça !
— Il n'a pas encore terminé ses études !
— Il ne va même pas en cours ! Et puis rien ne l'empêchera de continuer à Erebor.
— Dans ce cas, je vais avec lui, tu n'as pas le droit de le punir pour ça ! Sa vie est à Osgiliath, rien ne l'attend à Erebor ! Il n'a jamais mis les pieds là-bas et depuis que tu as déplacé la firme à Osgiliath, nous ne-
— Ne discute pas ! Ma décision est prise. Ne me donne pas une bonne raison de vous déshériter !

Thorin se gonfla de rage et il grinça des dents, mais Frérin répondit avant lui, les sourcils froncés :

— A choisir, je préfèrerai être déshérité et ne plus avoir à plier l'échine face à toi !

Les pupilles de Thraïn se rétractèrent et Thorin se glaça en entendant la déclaration de Frérin.

— Parce que face à Smaug, tu plies bien plus facilement… N'oublies pas qu'il m'a proposé de te prendre à son service ! Qui sais quels seront les prochains moyens qu'il utilisera pour t'avoir ? Vas faire des bagages, c'est pour votre bien à tous les deux que-
— Ta gueule, tu ne sais pas de quoi tu parles !

Furieux de voir son père parler de lui ainsi, Frérin fit un pas en avant, les yeux étincelants et grondant de colère, montrant un aspect de lui, dangereux et menaçant, que personne n'avait encore jamais vu et même Thorin se sentit impressionné par son aura furieuse. Mais le plus vieux sentait aussi qu'ils avaient à faire à la carapace du blond et que celle-ci était en train de se fissurer, poussant Frérin dans ses derniers retranchements.

— Sur un autre ton Frérin ! Cette histoire concerne aussi votre famille que vous humiliez et l'entreprise qui vous fait vivre ! L'inceste n'est pas tolérée et ça nous discréditera si jamais ça vient à se savoir ! Toi et ton frère n'avez rien à faire ensembles et je vais maintenant devoir réparer vos conneries en évitant un déchainement médiatique à notre encontre tout en te préservant de Smaug ! Sigrid, emmène ton fils à l'aéroport, je ne veux plus le voir ici.

La blonde inspira et, doucement, elle s'approcha des deux frères qui la dépassaient d'une bonne tête, détournant les yeux lorsque le regard noir de Thorin la transperça et elle chuchota d'une voix apaisante :

— Soit raisonnable, Frérin, te dresser contre ton père ne t'apportera rien et il a raison : mieux vaut que tu t'éloignes quelques temps de Smaug… Je vais falsifier ton acte de naissance et faire en sorte de retirer votre statut de frères devant la loi, mais j'aimerai que tu partes à Erebor, au moins quelques mois, le temps que nous trouvions une solution ici.

Thorin fronça les sourcils et allait prendre la parole, mais Frérin abdiqua et il se tourna vers lui, un éclat indéchiffrable dans son regard éteint et, sans un mot, il l'enlaça avant de se laisser littéralement tomber contre lui, enfouissant son visage dans le creux de sa nuque.

— C'est tellement injuste.

Thorin soupira et l'enlaça à son tour, lançant un regard purement mortel à son père qui fit mine d'avancer sur eux pour les séparer et qui se figea en grinçant des dents. Il s'abandonna ensuite dans l'étreinte, dérouté de sentir Frérin trembler et il chuchota à son tour, s'assurant de n'être entendu que de son
demi-frère :

— Je suis désolé pour ce que j'ai dit ce matin… Je ne veux pas que l'on soit séparé, c'est… Trop douloureux… Mais on ne peut pas se mettre papa à dos pour ce qu'il juge être un caprice. Part à Erebor le temps que je trouve le moyen de contrer Smaug, puis je me trouverai un travail, n'importe où. J'ai un diplôme, je peux l'utiliser pour gagner ma vie… Si papa nous déshérite, on ne sera pas sur la paille.
— Tu n'as jamais travaillé de ta vie, tu ne sais pas ce que c'est…
— J'apprendrai…

Thorin tressaillit lorsqu'il sentit une larme glisser le long de sa nuque, la première qui coulait depuis qu'il avait retrouvé son frère à l'hôtel et il affermit son étreinte avant de se diriger vers la sortie, gardant Frérin contre lui et bousculant Sigrid.

— Où allez-vous ?
— On rentre. Frérin vient de vous dire qu'il s'est fait violé il y a peu et vous n'êtes même pas capables de lui concéder la moindre compassion. Il ne partira pour Erebor que lorsqu'il ira mieux.
— Vous avez jusqu'à la fin de la semaine !

L'ordre de Thraïn se percuta à la porte de bois qui claqua sur les talons des deux frères et il aurait été prêt à courir derrière ses fils pour leur ordonner de faire profil bas ces prochains jours, si Sigrid ne s'était pas dresser face à lui, le regard étincelant :

— Je veux bien croire que l'inceste n'est pas tolérable, mais il s'agit de tes fils avant tout !
— Justement, j'aimerai qu'ils agissent en tant que tel.

Furieux, il se détourna et s'empara des clichés que Smaug lui avait envoyer pour les jeter dans la cheminé du salon adjacent, mais, encore une fois, Sigrid s'interposa :

— Je garde celle-là.

Elle lui prit une simple photo des mains, montrant les deux frères qui marchaient simplement dans la rue, à une distance respectable l'un de l'autre, regardant tous les deux quelque chose hors champ qui semblait les subjuguer. Aucune ambiguïté dans ce cliché, simplement deux frères complices qui partagent du temps ensemble et qui apprécient la chose.

oOo

— Mais pourquoi tu n'as pas fait disparaître les photos ? Si Smaug les rend publique, ça les détruira !
— Elles étaient aussi sur son disque dur, qu'est-ce que ça aurait changé ? Smaug se serait simplement douté de quelque chose et il aurait tiré d'autres photos…

Fili soupira et laissa son regard se perdre à l'extérieur, le soleil ne s'était pas encore levé, mais une lumière grisâtre commençait à se diffuser au dessus de la ville. Après avoir pris congé de Bard et s'être éloigné le plus rapidement de la maison de Smaug, le couple s'était installé dans un café non loin du Shari Vari, fermé à cette heure là, à l'instar de la plupart des établissements de la ville, pour prendre un petit-déjeuné.
En face de lui, Bilbo chercha une nouvelle fois à contacter son meilleur ami pour le prévenir vis à vis des photos que Smaug possédait, mais il tombait systématiquement sur le répondeur, alors il posa son portable en soupirant. Levant les yeux, il capta le regard de Fili qui le sondait et il rougit violemment avant de se concentrer sur autre chose, incapable de juguler les vertiges qui le prenaient encore lorsqu'il croisait les yeux de son petit-ami. Ce dernier resta perdu dans ses pensées, puis il serra la mâchoire, posant sèchement sa tasse sur la table.

— Nous devons le mettre hors de nuire avant qu'il ne fasse trop de dégâts… Si on arrache Thorin à Frérin maintenant qu'il commence enfin à s'équilibrer, je n'ose pas imaginer dans quel état on va le ramasser…

Bilbo acquiesça en camouflant un léger sourire. Cela faisait des mois qu'il cherchait à trouver le point faible de Smaug, chose que Thorin n'avait jamais manqué de lui reprocher et que Fili n'avait jamais approuvé, mais, maintenant, non seulement on n'allait plus chercher à l'en empêcher, mais, en plus, son aide et son expérience allaient être mis à contribution dans ce combat.

oOo

— Tu es certaine que ça va ?
— Oui, Dwalin, je te le promets, je vais bien.
— Écoute… Si tu as besoin d'en parler, je veux b-
— Ça va je te dis.

Pas vraiment agacée, mais à bout de patience, Oriane sortit de la salle de bain après s'être sommairement séché les cheveux et elle leva les yeux vers le barman qui s'était mis face à la porte pour lui parler. Ses cheveux qui dégoulinaient légèrement et sans ses lunettes, elle ne vit pas le regard de Dwalin qui la détailla brièvement avant de se concentrer à nouveau sur elle. Avec douceur, il caressa sa joue écorchée, puis il remis une mèche derrière l'oreille en souriant tendrement de la sentir se tendre imperceptiblement.

— Tu n'as pas à faire la fière devant moi, tu sais… N'importe qui se laisserait avoir, mais pas moi. Je sais que ce que tu as vécu hier t'a touché plus que tu ne le laisses paraître…

Elle baissa les yeux et fit la moue, puis, lorsque la main glissa pour empoigner sa nuque, elle se laissa faire quand il l'attira à lui pour la prendre dans ses bras. Elle profita de l'étreinte en silence, puis un sourire ravi étira ses lèvres lorsque Dwalin reprit la parole pour une proposition qui la tenta plus que de raison :

— Si tu veux rester avec moi aujourd'hui, je peux prévenir le lycée…
— Je ne pense pas que maman apprécie l'idée que je sèche les cours pour passer ma journée au Shari…
— Avec ce qu'il s'est passé hier, je ne pense pas qu'elle y voit un inconvénient, au contraire. C'est même elle qui m'a renvoyer un SMS après que tu l'ais appelé pour me demander de ne pas te laisser sans surveillance, comme les semaines où je te gardais, lors du divorce.

Oriane frémit lorsqu'elle sentit la main curieuse de Dwalin s'insérer dans l'ouverture du peignoir pour caresser sa peau du bout des doigts et elle remarqua distraitement, quoique mutine :

— Je ne pense pas que ce soit à ce genre de surveillance qu'elle pense lorsqu'elle te demande une chose pareille…
— Elle n'a pas besoin de le savoir.
— Un jour, il faudra lui dire…

Il eut un petit sourire et il s'éloigna d'elle pour la regarder dans les yeux, sa main quitta son flanc pour revenir caresser sa joue :

— Si ça ne te dérange pas, je préfèrerai qu'on attende encore un peu avant de lui annoncer une chose pareille.
— Pourquoi ? Je n'ai pas honte de t'aimer !
— De une, il ne s'agit pas de honte ou de gêne, surtout que, de nous deux, ce n'est pas à toi d'avoir honte, mais-
— Tu penses que tu mérites mieux que-
— Bien sur que non ! Simplement, tu as dix ans de moins que moi, dans la société actuelle, ça peut être choquant, et-
— Ça aurait pu être pire, certains couples ont même-
— Oui mais toi, non seulement tu es encore mineure, mais en plus, je suis le premier.
— Et le seul.

Elle lui lança un regard qu'elle voulu impétueux, mais la myopie floutait sa vue et il fut incapable se sentir intimider par ce velours qui recouvrait ses yeux si particuliers. Un nouveau sourire étira ses lèvres et il se pencha pour embrasser spontanément celles de la jeune fille qui se figea sous la surprise.

— J'espère bien… En attendant, pour t'éviter certains commentaires désagréables sur le choix de ton compagnon, je te propose de ne pas scander à tout va que tu es dorénavant ma petite-amie, surtout pas à ta mère.

Elle rougit sur la dernière affirmation et elle hocha la tête pour acquiescer. Puis elle donna le numéro de son lycée au barman qui prévint la vie scolaire de l'absence de la jeune fille pour la journée.

oOo

« Il me reste deux heures de cours avant le déjeuner, je fini à 13h aujourd'hui.
— Je suppose que tu ne peux pas sécher…
— Ce sont des matières à gros coefficient, je fais déjà une connerie en répondant à tes textos pendant le cours.
— Mais j'ai faim !
— Tu n'es pas obligé de m'attendre pour manger, il reste des pâtes dans le frigo.
— Non, j'ai faim de toi.
— Fais pas chier, je t'ai déjà dis que je ne répondrai pas à tous tes caprices. Maintenant lâche moi, on a un ccf la semaine prochaine, j'en ai marre de me taper les rattrapages tous les ans depuis qu'on est ensemble.
— Tant pis, je profiterai de ton peignoir un peu plus longtemps…
— Tu as quelque chose en dessous ?
— Non. »

En souriant, Merry se laissa choir dans le grand lit, parfaitement conscient que son fiancé ne pouvait pas résister à ce genre d'allusion et un rire ravi franchit ses lèvres lorsque la réponse d'Eomer fusa après un long moment :

« J'arrive. »

Toujours souriant, Merry se leva et se dirigea vers la salle de bain en se déshabillant pour se glisser dans le peignoir confortable du plus vieux qui était si prévisible.


Merci d'avoir lu !
Merci à tous les reviewers !

J'espère que vous n'êtes pas trop déçus par les délais de parution ou bien par le déroulement de la fic,
En tout cas, je suis toute ouïe !

Kiss kiss tout le monde !