Thorin bondit du lit à la première tonalité et, sans même remarquer l'heure indécente, il décrocha en se dirigeant vers son salon et attrapant un peignoir au passage.

— Frérin ? Ça fait trois jours que je guette de tes nouvelles, comment vas-tu ?
— Ça va, Thorin, pardonne moi, je… Je n'avais pas le courage de te faire face, je voulais trouver mes repères ici avant…
— J'avais compris, je ne t'en veux pas, ne t'inquiète pas.
— Tu me manques, bordel, t'imagines pas à quel point tu me manques…

Dans sa nouvelle chambre fraichement aménagée, le blond s'assit sur son lit en se passant les doigts dans les cheveux et soupirant lourdement. Mais, n'étant pas du genre à se lamenter sur son sort, Frérin se laissa tomber en arrière et embraya sans laisser le temps à son frère de s'enfoncer à son tour dans la mièvrerie:

— Mais, au final, c'est le seul truc vraiment négatif ici. Le frangin de Dwalin, Balin, il paraît que toi, tu le connais, m'a trouvé un appart assez sympa, plus grand que le tien et plutôt bien placé. Et dans la mesure ou papa a l'air de culpabiliser de m'avoir envoyé aussi loin, il m'a ouvert un nouveau compte et j'ai budget illimité maintenant, je n'ai même plus à prendre sur mon héritage... Je crois que je vais m'acheter une « petite » voiture de sport, ils en font des incroyables ici, des véritables maitres en sidérurgie, tu verrais les bolides qui passent…

Thorin laissa échapper un petit rire, profondément soulagé par le ton presque enjoué de son frère et conscient que son père avait fait une erreur en laissant la bride au cou du plus jeune. Frérin était capable d'acheter un avion de chasse et le permis qui allait avec rien que pour se venger de ce que lui avaient fait ses parents.

— Tu as déjà rencontré du monde ?
— Ouais… Il y avait une soirée il y a deux jours, pour les gosses de riches de la mine. Balin a pensé que ça me permettrait de rencontrer des gens avec qui j'avais des chances de m'entendre.
— Tu as tenu combien de temps avant de te faire frapper ?
— Toute la nuit, figure toi. Il n'y a pas beaucoup de filles ici, malheureusement, mais celles qui vivent là sont-
— Fais gaffe à ce que tu vas me dire, Frérin. On ne s'est peut-être pas juré fidélité, mais je n'ai absolument pas envie de savoir ce que tu-
— Calme ta joie et laisse moi finir. De toute manière, pour en avoir une, ou juste les regarder, il y a pratiquement une liste d'attente et elles sont quasi-inabordables.
— Raison de plus pour que je m'inquiète…

Un doux sourire étira mollement les lèvres de Frérin, qui préféra cacher le fait que la jalousie de Thorin lui réchauffait le cœur, et il reprit en haussant les épaules.

— Non. Ne t'inquiète pas. Il n'y a et il n'y aura que toi, promis. Tu peux faire ce que tu veux de ton côté…

Le ton mortel du plus jeune et la manière dont il laissa sa phrase en suspens laissaient entendre un clair : « Fais ce que tu veux, mais si j'apprends qu'une seule personne autre que moi a mis la main sur toi, il se passera quelque chose de très grave… ». Thorin en fut séduit, et il préféra glisser sur la remarque en revenant au sujet précédent :

— Et donc, ces filles d'Erebor, qu'ont-elles en particulier ?
— Tout compte fait, je ne sais pas si je fais bien de te le dire…

Le ton de Frérin, qui était devenu mutin et aguicheur, piqua Thorin qui se laissa aller au jeu en souriant :

— Pourquoi ? Tu as peur que je le prenne mal ?
— Non, j'ai peur que tu sois jaloux…
— Je jalouse autant que je plains tous ceux que tu côtoies en ce moment…
— Je veux dire que c'est de moi dont tu seras jaloux.
— Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elles t'ont fait ?
— Rien, justement. Elles ne m'ont même pas regardé…
— Ha… Et c'est maintenant que je suis censé devenir jaloux ?
— Ouais… Pardon, j'avais oublié que toi, tu passes inaperçu partout où tu vas. Tu ne sais pas ce que ça fait que d'être accosté à chaque pas…
— Petit joueur, Frérin… Et si tu arrêtais de baratiner et que tu me disais vraiment ce que tu trouves à ces filles ?

Amusé de retrouver son Frérin, celui qui, quand il décidait de ne pas dévoiler ses secrets, était capable d'emmener ses interlocuteurs très loin du sujet épineux afin de le faire oublier, Thorin décida de ne pas se laisser berner. Il était curieux de savoir pourquoi, après avoir évoqué le sujet, son petit-frère décidait subitement de l'enfouir, comme s'il s'était soudain rendu-compte qu'il valait mieux ne rien dire à son ainé.

— J'ai dit que je leur trouvais quelque chose en particulier ? Tu n'es pourtant pas sans savoir que, depuis quelques temps, ce n'est plus aux filles que je m'intéresse…
— J'en suis flatté, mais je ne te laisserai pas changer de sujet tant que tu ne m'auras pas dit exactement ce qu'il s'est passé avec ces filles.
— C'est négociable ?
— Non.
— Okay… Tu l'auras voulu : De une, ce ne sont pas toutes des filles… Pas vraiment, elles ne l'ont pas toujours été… On peut aussi dire que ce ne sont plus des mecs.
— Sans blague… Frérin, c'était quoi cette soirée ?

Glissant rapidement sur la question, Frérin enchaina comme s'il n'avait pas entendu l'intervention de Thorin :

— De deux, ce sont des badass du poker…
— Merde… Tu as perdu combien ?
— Bravo la confiance ! Pourquoi tu me demandes directement ce que j'ai perdu ? J'aurai très bien pu gagné quelque chose !
— Tu as gagné quelque chose ?
— Non, je me suis fais plumer…
— C'est désagréable, n'est-ce pas ?
— Horripilant.
— Tu as perdu combien ?
— L'important, c'est de participer, n'est-ce pas ?
— Combien ?
— C'est si important pour toi de le savoir ?
— Dans la mesure où je continue de croire en un hypothétique futur avec toi, un jour, j'aimerai simplement évaluer ton rapport à l'argent, afin de savoir dans quoi je m'embarque et à quel point je dois m'inquiéter…

La remarque, quoi qu'ironique, moucha Frérin qui resta immobile, un instant, pour le plus grand plaisir de Thorin qui se retint de lui rappeler à quel point il aimait lui ravir sa répartie, puis le plus jeune souffla, presque coupable :

— Ok… Si tu veux vraiment le savoir, saches que la fille qui était un gars qui a raflé la mise s'est achetée un petit porte-avion ce matin…
— Un porte-avion…
— Un petit.
— Un petit porte-avion… Avec l'argent de papa…
— Mais attend avant de crier : on était huit autour de la table, tout le monde a raqué, et ce n'est pas moi qui ai perdu le plus ! Et puis c'est un petit-porte avion, pas un bâtiment de guerre comme dans la marine…
— Elle s'est acheté un porte-avion…
— Et un équipage aussi…
— Tu joues au poker avec des transsexuels inconnus qui s'achètent des porte-avions…
— D'ailleurs, elle nous invite à l'accompagner en croisière quand on voudra, elle trouve que notre histoire est trop mignonne et trop triste et que si on souhaite prendre des vacances en amoureux, elle nous accueille.
— Parce que tu es resté ami avec elle au point de lui parler de nous ?
— Évidemment que je suis resté ami ! Qui tournerai le dos à une jolie fille qui possède un porte-avion équipé de deux pistes d'hélicoptère, trois vedettes d'appoint, une piscine, plusieurs jacuzzis, un cinéma, un sous-marin miniature et un aquarium ?
— Toi, juste pour le plaisir d'acheter un truc encore plus énorme et inutile. Jamais je ne te donnerai le code de ma carte bancaire, sois en certain !
— J'étais sûr que tu te fâcherais…
— Parce que tu trouves que là, je suis fâché ?!
— Pas encore, mais je sens que ça vient.
— Et ça t'étonne ?!

Frérin, allongé sur son lit, impassible et légèrement ennuyé, haussa les épaules et jugea qu'il serait opportun de changer très rapidement de sujet avant que Thorin ne s'enflamme réellement et ne lui fasse un sermon sur ce qu'il pensait des jeux d'argent et sur la valeur de l'argent en général. Regardant négligemment ses ongles, il décida de se montrer radical et il lâcha distraitement :

— J'ai envie de toi, tu es tellement sexy quand tu es en colère…
— Bordel, Frérin, ce n'est pas un jeu, tu ne t'en sortiras pas comme ça !
— Ta voix est tellement intense... Je pourrai t'écouter m'engueuler toute la nuit…
— Arrête ça ! Qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête ?
— Hmm… Difficile à dire… Je pense que c'est parce que je suis amoureux de mon demi-frère, mais que je n'en ai pas le droit et que à cause de ça, mes parents m'envoient à l'autre bout de la carte pour que « Je me soigne » tandis que le demi-frère en question se contente de me reprocher mes bourdes dès les cinq premières minutes de notre premier contact après trois jours sans nouvelles…

Frérin ne ressentait aucune rancœur vis à vis de Thorin pour cette histoire, mais chaque minute qu'il passait à discuter avec lui était sacrée, et il ne voulait pas les gaspiller en se prenant la tête avec son frère pour ça. Le plus vieux le compris immédiatement et la pression retomba d'un coup. Gêné, le brun passa une main raide dans ses cheveux et il se rassit sur le canapé en soupirant.

— Ok, Frérin, je veux bien oublier ça pour l'instant…
— Dommage, j'aime vraiment quand tu es en colère. Tant que je suis loin de toi…
— Crétin…

Le ton était redevenu amusé et les deux frères passèrent ensuite la quasi-totalité de la nuit à discuter de tout et de rien, comme si les tragiques évènements qui s'étaient passés les derniers jours n'avaient jamais eu lieu.

oOo

— Edge Jello ? Vous avez bon goût tous les deux, je ne savais pas qu'ils se produisaient par ici.
— Ce n'est pas à Osgiliath, mais à Minas Tirith.
— Sympa, c'est l'occasion d'une soirée en amoureux…

La remarque négligée de Tauriel amena un léger rougissement sur les joues d'Orianne qui dû inspirer à fond pour clarifier ses pensées et elle ajusta mécaniquement son sac sur ses épaules afin d'occuper ses mains. Depuis qu'elle s'était faite agressée dans la rue, plus personne ne la laissait sortir seule et, aujourd'hui, c'était Tauriel qui s'était proposée pour l'accompagner au lycée, profitant des quinze minutes de marche pour papoter avec la jeune fille. Cette dernière soupira nerveusement, le regard rivée au sol, attirant un coup d'œil curieux de la part de la serveuse :

— Que se passe t-il ?
— Rien…
— Tu en es certaine ?

Orianne serra les lèvres et elle rougit une nouvelle fois, plus franchement, avant de s'immobiliser, à quelques pas de la grille du lycée, et cherchant désespérément ses mots :

— En fait… Je voulais savoir… Tu sais… Comme je ne l'ai encore jamais…

Gênée, elle bafouilla légèrement avant de se taire, le regard fuyant, et Tauriel n'eut pas besoin de plus pour comprendre de quoi elle parlait. Elle eut un sourire indulgent avant de caresser doucement la joue de la jeune fille pour l'inciter à la regarder dans les yeux :

— Que veux-tu savoir au juste ?
— Tout ce qu'il faut pour ne pas le décevoir.

Le ton était maintenant déterminé et le regard de la serveuse pétilla un instant avant de s'éloigner de la jeune fille.

— Tu ne le décevras pas, quoique tu fasses, ne t'inquiète pas pour ça.
— Mais c'est à peine si je sais comment ça se passe !
— Est-ce que vous en avez parlé, tous les deux ?

La lycéenne secoua négativement la tête en baissant à nouveau les yeux :

— Non. Je n'ose pas aborder le sujet et lui ne semble pas intéressé. Il ne me touche même pas… C'est à peine si les choses ont changé entre nous, ça reste uniquement platonique… Comme si je ne lui plaisais pas…
— Je ne pense pas que ce soit pour ça, car si tu ne lui plaisais pas, il te l'aurait fait savoir… Il n'ose pas te toucher parce qu'il doit certainement attendre que ça vienne de toi…
— Peut-être, mais j'ai tellement peur de ne pas être à la hauteur… Je suis incapable d'initier quoique ce soit et, si jamais j'en trouve le courage, la moindre de ses réactions me paralyserait…

Tauriel profita que le regard de la plus jeune était rivé au sol pour lever les yeux au ciel d'un air condescendant. Puis elle posa sa main sur son épaule pour lui lancer un sourire encourageant :

— Dans ce cas, tout ce que je peux te conseiller, Orianne, c'est de prendre ton temps et de ne pas chercher à forcer les choses. Ça m'étonnerait fortement que Dwalin aille voir ailleurs simplement parce que tu n'es pas encore prête à aller plus loin avec lui.
— Mais j'en ai envie !

Tauriel resta silencieuse un instant et Orianne put voire quelque chose remuer dans son regard, avant que la rousse ne se redresse en haussant les épaules :

— On est toute passées par là, tu sais, un jour où l'autre. Mais je ne fais pas partie des filles pour qui la première fois a été magique. C'était bien, mais pas magique. Et, aujourd'hui, je le regrette. Si j'avais pris le temps d'attendre le bon, si j'avais conscience de ce que j'offrais à ce mec de passage, juste pour me débarrasser de ma virginité en imaginant que je me sentirais plus libre ainsi, peut-être que les choses auraient été différentes… Toi, tu auras la chance de vivre ça avec l'homme que tu aimes et, surtout, un homme qui te connait et qui saura prendre soin de toi comme aucun autre… Pas juste un mec quelconque sur qui tu dois te jeter avant qu'il ne se volatilise dans la nature…

La tirade moucha Orianne qui ne sut pas quoi répondre et la sonnerie du lycée coupa court à la conversation. D'un joyeux signe de main, Tauriel la salua et la plus jeune répondit d'un sourire avant de tourner les talons pour marcher en direction des bâtiments.

oOo

— Meriadoc, attend !

Merry, qui passait nonchalamment la porte de sa fac, s'immobilisa en fronçant les sourcils. Il se retourna et resta immobile, lorsque son regard polaire croisa celui de sa mère qui venait à sa rencontre. Bien habillée et maquillée avec subtilité, le visage de madame Brandebouc n'exprimait pas la moindre émotion et elle s'arrêta à une distance respectable de son fils sans daigner le saluer.

— Ton père et moi-même avons appris que tu… as l'intention de te marier.
— Les nouvelles vont vites.

Elle resta silencieuse, sondant le regard de son fils, puis elle fit la moue en plissant les lèvres.

— Tu sais que… Nous n'approuvons pas cette… union.
— Et donc ? Vous allez encore m'enfermer pour m'en empêcher ? Tabasser et maltraiter votre enfant pour le modeler à votre image ?

Mal à l'aise, elle déglutit, mais maintint une attitude droite et impeccable avant de répondre d'une voix douce :

— Non, Merry. Nous sommes désolés d'en être arrivé là… Peut-être que nous pourrions simplement discuter…
— Je n'ai rien à vous dire et je ne veux plus vous entendre.
— Pourtant, n'oublies pas que tu es l'héritier du pays de Bouc. Le domaine, le manoir, la richesse… Tout cela te reviendra, à toi et tes descendants… Depuis ta naissance nous t'éduquons de manière à ce que tu t'en sortes à merveille dans ce rôle.
— Si tu me demandes de choisir entre mon héritage ou bien l'homme que j'aime, tu connais ma réponse.
— Je m'en doute. Mais si toi tu estimes que tu n'as rien à attendre de ce titre et ce prestige, il n'en reste pas moins que tu es l'unique héritier du domaine. Ta famille n'est pas la seule à être impliquée : il y a des gens qui y vivent et qui sont concernés par son sort.
— En quoi mon union avec Eomer vient compromettre tout ça ? Ce n'est pas parce que j'épouse un homme que je ne peux pas veiller aux affaires de Château-Brande.
— Je te demande d'y réfléchir sérieusement, Merry.

Le plus jeune resta silencieux et il grinça des dents. Bien entendu, comme n'importe quelle personne originaire de la comté, il était profondément attaché aux terres et aux habitants qui y vivaient. Enfant de châtelain, il avait grandi en étant conscient de la responsabilité du domaine sur lequel veillait sa famille et l'idée d'en hériter un jour ne l'avait jamais rebuté, au contraire. Il avait même commencé à élaborer certaines reformes agraire pour optimiser le territoire qui appartenait à sa famille depuis plusieurs générations.

— Que se passera t-il si j'épouse Eomer ?

Le nom du cavalier la fit tressaillir et son regard se durcit. Toutefois, elle sentit que la détermination de son fils vacillait et elle décida d'appuyer le clou :

— L'homosexualité n'est pas tolérée dans la Comté.
— Dans ce cas, je n'y retournerai pas.

Le plus jeune avait craché sa réponse avec véhémence, cachant le trouble dans lequel il se trouvait en se détournant sèchement, déterminé à mettre le plus de distance entre lui et sa mère. Mais celle-ci lui attrapa l'épaule pour l'empêcher de partir, le regard maintenant noir :

— Meriadoc, nous avons beaucoup investi en toi. Tu n'as pas le droit de nous tourner le dos ainsi !

Soupirant, le jeune homme se tourna pour lui faire face, la mâchoire crispée :

— C'est vous qui me tournez le dos, parce que je ne répond malheureusement pas à vos attentes ! Je suis amoureux Eomer et c'est irrévocable, tout ce que vous me donnerez ne pourra jamais pallier à ça !
— Merry, je te demande simplement d'y réfléchir… Tu sais que si tu consens à l'oublier, ton père et moi-

Mais madame Brandebouc ne termina pas sa phrase car Eomer arriva à ce moment et, voyant son fiancé face à sa mère, qui n'était pas innocente dans les sévices qu'avait subi Merry il y a peu et dont la main était toujours agrippée à l'épaule du plus jeune, s'approcha jusqu'à s'immobiliser à quelques mètres, menaçant, mais conscient qu'il n'avait pas à intervenir dans la conversation.
Le visage blême, elle ne protesta pas lorsque Merry se débarrassa sèchement de sa main.

— C'est tout ce que tu avais à me dire ?
— Ce n'est pas un jeu, Merry. Les implications de cette histoire ne seront pas sans conséquences ! Il est encore temps de rectifier, si tu viens avec moi, nous accepterons d'oublier cet écart.

Eomer, qui s'était imposé le calme, sentit son sang tumultueux rugir puissamment en entendant les mots de madame Brandebouc et, décroisant les bras, il s'avança en fronçant les sourcils. Mais Merry répondit avant qu'il n'intervienne, le regard furieux et la mâchoire crispée :

— Tu es… Tu es complètement folle ! Après ce que vous m'avez fait, tu penses sincèrement que j'accepterai de remettre les pieds à la maison ?
— Merry, nous ne-
— Dégage.

Le regard intense que lui envoya son fils unique la fit frémir et un sursaut de dégout la saisie lorsqu'Eomer s'empara de la main que Merry glissa dans la sienne. Elle planta son regard dans celui du cavalier à qui elle avait confié l'éducation équestre de son fils et qui, au final, l'avait perverti au delà de ce qu'elle avait imaginé, mais elle jugea bon de ne pas en rajouter et, amère, elle fit demi-tour, la main crispée sur les lanières de son sac à main.

oOo

Alfrid poussa un couinement pitoyable lorsque la porte de son bureau s'ouvrit avec fracas et il eut le réflexe! d'éteindre l'écran de son ordinateur pour ne pas que l'intrus puisse voir ce qu'il s'y passait.

— Où est Bard ?
— Je suis là, Fili, que se passe t-il ?

Le blond, blême et nerveux, se tourna vers le directeur du SGI qui s'approcha de lui d'une démarche raide.

— Ce qu'il se passe ? J'espère que tu le sais et que tu pourras me le dire : ça fait deux heures que j'essaie de joindre Bilbo. Et je n'ai pas reçu de nouvelles de sa part depuis ce matin. Comme s'il s'était volatilisé, et personne ne peut me dire où il est.

Bard garda un silence coupable et échangea un bref regard avec Alfrid qui haussa une épaule avant de se lever pour sortir de la pièce. Comprenant immédiatement que ces deux là savaient quelque chose, quelque chose de grave, Fili grinça des dents et, l'inquiétude guidant sa conduite, il s'approcha du brun d'une démarche menaçante.

— Dis moi tout de suite ce qu'il se passe, Bard.
— Fili, je ne sais-
— Je sais que tu l'as mis sous surveillance ! Dis moi où il est !
— C'est ça le problème, on ne sait pas où il est ! Mes hommes ont perdu sa trace.

Acculé, Bard se sentit profondément désolé lorsque le regard gris se teinta d'une angoisse sincère et Fili fit un pas en arrière en se passant une main crispée dans les cheveux.

— Depuis quand ?

Bard garda le silence un instant, la gorge serrée. Puis il poussa un long soupir tremblant et il baissa les yeux, incapable de soutenir le regard de Fili.

— Depuis qu'Azog a mis la main dessus.


Merci d'avoir lu !

Je suis en plein dans un passage critique, entre les partiels qui s'annoncent et mes projets personnels,
J'ai en ce moment très très peu de temps pour autre chose.
Mais ça ne veut pas dire que j'abandonne mes fics ! J'écris un petit peu de temps en temps, quand j'ai le temps et l'inspiration.

Meava : Je suis parfaitement d'accord, malheureusement, je n'ai pas pu avoir ton adresse, le site l'a bouffé. Tu peux réessayer en mettant des espaces.