oOo
— Dwalin, c'est quoi, ça ?
D'un œil nonchalant, le barman avisa la pile de petites cartes colorées qui trônaient sur le bar et que Légolas montrait du doigt puis il haussa les épaules :
— Des cartes de fidélité.
Le blond retint un gloussement sarcastique et échangea un regard avec ses camarades, Eowyn et Bofur qui prirent chacun une carte avec curiosité, puis il glissa sournoisement :
— Radin comme tu es, tu as enfin décidé de faire un geste pour tes clients les plus assidus ?
— Ouep.
— Et… Que gagne t-on au bout de dix consommations ?
— La suivante sera à plus de 10%…
Légolas écarquilla les yeux tandis que Rosie, qui sirotait une infusion au bar en les écoutant distraitement, s'étrangla avec la boisson brulante, elle qui avait déjà pris soin de faire marquer naïvement ses trois consommations du jour par cette garce de Tauriel qui ne l'avait même pas prévenu. A côté d'elle, sans s'occuper des grosses larmes qui coulaient sur les joues maintenant rouges de son amie suffocante, Arwen récupéra rapidement sa propre carte déjà pratiquement pleine et, sans réfléchir, de peur que Dwalin la surprenne, la mit dans sa bouche pour la mâchouiller promptement, retenant un haut le cœur.
— Mais c'est quoi cette blague, tu penses que tu auras des clients assez cons pour se faire avoir ?
— Qui parle de connerie ? A partir de maintenant, toute commande se fera obligatoirement avec la présentation de la carte de fidélité… J'ai appelé ça la taxe de minimisation des commandes à répétitions, parce que vous êtes vraiment chiants à commander votre donuts moins de cinq minutes après votre café… J'ai pas que ça à faire !
— Mais c'est ton boulot ! Et puis c'est pour ça que tu as embauché Tauriel !
D'un geste outré, l'étudiant en rhétorique pointa la serveuse du doigt et cette dernière, occupée à nettoyer une table, leva les yeux au ciel, se retenant de crier, pour la huitième fois de la journée, qu'il n'était pas normal qu'elle travaille à temps plein –avec heures sup- pour le salaire et le contrat d'un extra et, surtout, qu'elle n'était pas la larbin du Shari. Mais Dwalin fit comme s'il n'avait pas entendu l'exclamation de Légolas et il continua en faisant tournoyer son torchon :
— Et puis les +10%, c'est la taxe sur la vaisselle et les meubles que vous me cassez régulièrement. Ce n'est pas négociable, et, croyez moi, mieux vaut que personne n'essaie de me gruger…
Dwalin termina sa phrase, qui ressemblait plus à une menace, en tendant une carte à Légolas, qui la regarda comme s'il s'agissait d'un cracha de Gimli, mais qui fini par s'en emparer à contre cœur, avant d'écarquiller les yeux en explosant de rage :
— Hey ! Il y a déjà trois tampons sur celle là !
— Je sais. Je rajoute un tampon à chaque commentaire désobligeant…
— Désobligeant ? Tu sors ça d'où ! C'est du vol ! Non ! Rend moi ça !
Mais, mécaniquement, Dwalin récupéra la carte de Légolas d'une main, son tampon de l'autre et, avec un sourire cruel, il remplit deux nouvelles cases, une pour la dernière remarque, une autre pour le juron outré que poussa Légolas devant cette infamie. Il rendit ensuite la carte au blond qui s'était enfermé dans un mutisme furieux.
— Et pas la peine d'essayer de tricher… Sur ce genre de chose, j'ai une excellente mémoire…
— Sans blague…
Legolas arracha la carte dans un sifflement furieux, et, d'une démarche raide, il retourna s'asseoir à côté de ses camarades qui n'avaient pas attendu la fin de la dispute pour passer leur commande auprès de Tauriel. Par soucis d'économie de points de fidélité, ils avaient fait une grosse commande groupée et étaient certains de pouvoir tenir quelques heures sans avoir à demander une deuxième tournée.
oOo
— Tu n'étais pas obligé d'accepter, Fili…
— Tu rigoles ?
Assis sur le lit du blond, Bilbo hausa les épaules, les lèvres serrées et le regard fuyant. Il s'en voulait profondément d'avoir ainsi été utilisé contre l'homme qu'il aimait et souffrait de savoir que Fili était dorénavant associé à Smaug, qui le convoquait régulièrement pour des réunions.
Les mafieux l'avaient rendu à son petit-ami quelques heures plus tôt sous ordre du PDG, après quelques jours angoissants qu'il avait passé sans savoir ce qu'il se passait à l'extérieur, ni ce que l'avenir lui réservait.
— Bilbo… Ne fais pas cette tête-là… Tu n'y es pour rien. Et puis il ne faut pas oublier que ne nous sommes pas seuls sur ce coup là. Bard a réussi à infiltrer son serveur grâce à ton aide et il est occupé à disséquer les données de Smaug. Nous avons bientôt en main tous les éléments nécessaires pour demander un procès.
— Il saura se défendre. Il n'a jamais été inquiété par la justice, elle est à son service.
— C'est pour cela que nous aurons besoin de toi, en tant que journaliste. Bard te communiquera toutes les informations qu'il a glané, couplées aux tiennes, nous aurons de quoi ouvrir les yeux de la population sur ses agissements… De cette manière, lorsque le procès s'ouvrira, si les juges font mines de fermer les yeux, ils se feront lyncher eux aussi…
Bilbo leva les yeux pour croiser ceux de Fili qui s'était assis à côté de lui pour lui prendre une main tout en parlant, et il considéra très sérieusement le plan de son petit-ami qui, malgré sa simplicité, pouvait avoir un impact considérable sur le dénouement. Surtout que cela faisait quelques mois que lui et Bard traquaient les moindres erreurs de Smaug et leur travail arrivait maintenant à maturité.
— Ok. Cet article, tu le veux pour quand ?
— Au plus tôt. Nous le diffuserons d'abord sur les réseaux sociaux, puis nous enverrons nos sources à toutes les éditions de la région.
— Ce sera un ouragan médiatique… Vous n'avez pas peur qu'il réplique en partageant les photos de Thorin et
Frérin ?
Le regard de Fili s'assombrit et il haussa les épaules en grinçant des dents.
— On sait qu'il le fera de toute manière. Mon grand-père envoie Thorin dans les Montagnes Bleues pour les prochains temps. Sur le papier, c'est pour reprendre les rênes de notre filiale implantée là-bas et gagner ainsi de l'expérience, mais c'est avant tout pour l'éloigner d'ici si jamais les choses dérapent.
— Thorin est d'accord ?
— Tu le connais, il n'est pas du genre à fuir le front et il prend ça comme une insulte. Mais il a accepté de partir au moins quelques semaines, plus pour faire plaisir à son père, à Dis et à Sigrid qu'autre chose.
— Il part quand ?
— Son avion décolle demain matin. On fête son départ au Shari ce soir.
Bilbo hocha la tête, sentant une pointe de tristesse poindre en lui à l'idée du départ de Thorin, mais une douce caresse sur sa joue l'invita à relever les yeux et il croisa le regard de Fili, dont les doigts glissaient avec douceur sur sa peau :
— Ne t'en fais pas pour lui. Il a besoin de changer d'air de toute manière, mais il reviendra rapidement. Surtout que la filiale est auto-gérée, il passera ses journées à glander mains dans les poches...
— Ça ne le changera pas beaucoup…
La petite remarque fit rire Fili qui se pencha en avant pour embrasser les lèvres de Bilbo.
oOo
— Wow, Pippin, d'où tu tiens ça ? Tu l'as volé ou quoi ?
— Non, je l'ai acheté.
Faramir haussa un sourcil et regarda Pippin s'asseoir à sa table, portant sur lui sa toute nouvelle et sublime veste sur mesure d'une marque prestigieuse de haute couture. Le plus jeune s'en débarrassa pour la poser nonchalamment sur le dossier de sa chaise avant de sortir son SmartPhone dernier cri qui avait déjà fait jaser tout le Shari le mois dernier quand il l'avait acheté.
— Sans indiscrétion, c'est avec quel argent que tu t'achètes tout ça ?
— Le mien, pourquoi ?
— Le tien ? Depuis quand tu as de l'argent de poche, toi ? Pendant des années, tu récupérais tous les fringues de Merry et Frodon. Les Touques sont tellement radins que c'en est devenu une légende même pour ceux qui ne sont pas originaires de la Comté…
Pippin eut un petit sourire supérieur et il haussa les épaules pour déclarer fièrement :
— Pourquoi veux-tu absolument que ce soit de l'argent de poche ?
— Quoi d'autre ? Tu fais la manche ?
Pippin fit mine de prendre un air offusqué avant de secouer négativement la tête :
— Non, je le gagne.
— Comment ?
La seule réponse que Faramir reçu fut un sourire horripilant et Pippin reporta son attention sur l'écran de son téléphone sans daigner répondre à la question du plus vieux qui poussa un soupir exaspéré :
— Ce ne sont pas des combines louches, au moins ?
— Non, non, t'inquiète… Je me contente simplement d'être au bon endroit au bon moment…
— Comment ça ?
Pippin eut un nouveau sourire presque machiavélique et il regarda autour de lui avant de s'approcher de Faramir pour lui montrer l'écran de son téléphone en baissant le ton :
— On sous-estime trop souvent le pouvoir des photos, n'est-ce pas ?
Faramir écarquilla les yeux lorsqu'il vit que la photo en question avait certainement été prise à une soirée dont il n'avait pas beaucoup de souvenir, mais à laquelle lui et son frère avaient été présents.
Son souffle se bloqua lorsqu'il remarqua que, sur la photo, sa main n'était pas visible car elle disparaissait sous la chemise du plus vieux, dont les lèvres étaient très proches de sa gorge, et une goutte de sueur froide descendit le long de son échine lorsque Pippin cliqua sur les paramètres de la photo.
— Ce qui est génial, avec ces trucs là, c'est que l'on peut, en un clique, la partager à l'ensemble de nos contacts, ou alors à un groupe précis, ou encore demander à l'imprimer en grand format ou bien, tout simplement, la supprimer.
— Supprime la. Tout de suite !
— Ça m'embête un peu… Je la trouve chouette et puis au moins, quand Boromir m'emmerde, j'ai juste à le menacer de la partager sur Snapchat pour qu'il me lâche…
— Parce que Boromir aussi l'a vu ?
La voix de Faramir s'était aiguisée sous la nervosité et il chercha à attraper le téléphone que Pippin mit prestement hors de sa portée.
— Hey, t'inquiète. Je la garde pour ma propre sécurité, mais je veux bien tenir le secret et ne pas la mettre sur la liste publique des photos de soirée…
— Contre quoi ?
Pippin fit mine de réfléchir avant de faire la moue et il sortit un petit calepin qu'il feuilleta rapidement en parlant comme un homme d'affaire.
— Alors, tout ce qui comprend le non partage d'une photo concernant les mœurs vaut un billet de cent livres, mais ici, il y a un bonus car cela implique de l'inceste, donc ça monte à cent-trente. Normalement, il y a un autre bonus car il s'agit d'un secret et que personne n'est au courant, mais je t'aime bien donc je ne le compte pas. Petite augmentation en ratio avec la différence d'âge, donc plus dix. Mais je fais des promotions en ce moment et je te considère comme un ami de type B-
— Trop sympa…
— Ce qui te fait une réduction de 30% sur le total. Donc tu me dois quatre-vingt dix-huit.
Faramir pianota sèchement sur la table de bois avant de pousser un claquement de langue agacé et sortir son porte-monnaie en fusillant le plus jeune du regard.
— Je te donne cent cinquante et tu la supprimes.
— Ha. Non, les suppressions de photo, ça coute le triple et je retire la promotion.
— Je n'ai pas trois-cent vingt sur moi et je préfère t'étriper plutôt que te donner cette somme !
Pippin fit une moue ennuyée et il éteignit son portable avant de le ranger sous le regard noir de Faramir qui grinçait des dents.
— Mes services sont garantis et sécurisés. Contre quatre-vingt dix-huit livres, tu seras certain que plus jamais personne d'autre que toi ne verra cette photo…
— Sinon ?
— Je la mets dans ma galerie scandale, consultable sur demande, tant que l'on y met le prix…
Faramir serra les poings et sembla hésiter à s'en servir pour tabasser le plus jeune, mais il n'avait aucune certitude sur le nombre de photo que celui-ci avait en réserve et il préférait ne pas tenter le diable. Rageusement, il sortit un billet en poussant un soupir d'exaspération et il le balança au plus jeune qui le récupéra avec un sourire cupide.
— Par contre, je ne rends pas la monnaie…
— Enfoiré…
— Et puisque tu es sympa, je veux bien te faire un prix sur la consultation de mes polaroids.
Faramir allait maugréer et l'envoyer paître, mais la curiosité fut plus forte et il lui lança un regard intéressé :
— C'est combien ?
— Ça dépend de la galerie que tu choisies.
— Qu'est-ce que tu as à proposer ?
Pippin fit la moue et feuilleta son calepin d'un air sérieux :
— Dans le top trois les plus demandés, il y a tout ce qui concerne Tauriel et Orianne, qui ont beaucoup de succès depuis leur baiser du jour de l'an. Puis il y a Eomer et Merry qui restent favoris depuis qu'on a découvert leur relation, mais bientôt rattrapés par Bilbo et Fili qui ont connu un pic de demandes depuis qu'ils sont en couple... Tous ceux là sont soldés à deux livres par minutes.
— Quoi d'autre ?
— En tarif normal, pour cinq livre par minute, avec cinq minutes offertes pour plus d'une demi heure de consultation, j'ai la galerie qui concerne tous les endroits et positions bizarres et surprenants qu'utilise Kili pour dormir, le décolleté d'Arwen, les coiffures improbables d'Eowyn, Tauriel qui pète la gueule de différents clients, Haldir qui s'embrouille avec des délinquants, les soirées, entre autre...
— Tu as d'autres tarifs ?
— La galerie spéciale est beaucoup plus chère, mais il y a tous les dossiers improbables…
— Quel genre ?
Pippin eut un sourire en coin et il haussa un sourcil en haussant un sourcil :
— Je veux bien te montrer, mais c'est cinq fois plus cher…
— Tu soules, putain !
Faramir siffla d'exaspération, se retenant de lui arracher son sac, qui contenait les classeurs de polaroids, des mains et il chercha à décontracter ses épaules en fulminant.
— Et tu parlais du dossier scandale tout à l'heure, tu en as beaucoup, des photos qui valent celle de Boromir et
moi ?
— Plus ou moins…
— Tu as certainement ton meilleur cliché avec nous.
Pippin haussa les épaules en feuilletant distraitement son calepin :
— C'est vrai que deux frères qui se pelotent, c'est sensationnel. Mais ce n'est pas un scoop non plus… j'ai des trucs dont tu n'as même pas idée ! Mais seuls ceux qui sont sur la liste ont le droit de regarder la galerie des scandales.
Faramir fronça brutalement les sourcils, la gorge sèche :
— Ferme ta gueule, on ne se pelotait pas !
— Genre, c'est pas l'impression que ça donne…
Mal à l'aise, le jeune gondorien déglutit, laissant ses doigts pianoter nerveusement contre la table, la gorge sèche.
— Qui d'autre a vu cette photo ?
— Seulement Boromir.
— Comment a t-il réagi ?
— Ça, ça fait parti du secret professionnel…
— Connard.
Faramir inspira un long souffle lourd, grinçant des dents. Le silence s'étira, le temps que Pippin range son calepin et attrape son verre pour en boire quelques gorgées, puis, avisant l'air angoissé de son ami, il oublia son jeu de mafieux pour lui parler d'un ton amical :
— Toi et Boromir n'êtes pas si conflictuels que ça… C'est pour brouiller les pistes que vous passer votre temps à vous engueuler ?
Pour réponse, Pippin reçu un regard polaire et il jugea bon de ne pas faire d'autres insinuations du genre, même s'il ne put s'empêcher de faire une nouvelle remarque :
— En même temps, vous n'avez-
— Bordel, Pippin, est-ce que tu te rends compte de ce que cela implique ?
— Quoi ça ?
— Tu es la seule personne que je connaisse qui, pour qualifier « Deux frères qui se pelotent », utilise le simple mot « sensationnel ». Tu imagines ce qu'il se passerait si ça venait à se savoir ?
— Ha oui, mais c'est sensationnel dans le cadre de mon œuvre. Sinon, en temps normal, je trouve ça dégueu…
Faramir haussa un sourcil, sans savoir quoi répondre à ça, et il soupira profondément en passant une main lasse dans ses cheveux.
— Tu me trouves dégoutant ?
Pippin cligna des yeux, semblant se rendre seulement compte que, s'il possédait une photo de Faramir et Boromir dans une telle attitude, c'était certainement parce que, à un moment où à un autre, les deux frères avaient dépassés une certaine limite et il déglutit.
— Hem… C'est… Je veux dire… Je n'en parlerai à personne, promis.
— Et alors ? Ça ne changera pas ce qu'on a fait…
Pippin se pencha sur Faramir pour lui envoyer un sourire rassurant, le regardant dans les yeux :
— Vous aviez beaucoup bu tout les deux, vous n'étiez pas maîtres de vos actes… C'était un dérapage, rien d'autre…
Faramir acquiesça légèrement, n'osant pas avouer que ce n'était certainement pas la seule fois qu'une chose pareille leur arrivait.
oOo
— Ok, donc, pour la date, on attend de voir ce que donnent les sélections d'Eomer, si il est pris, on fait ça après les championnats du monde, sinon, on prépare ça pour le printemps, ça vous va ?
Les bénévoles pour la préparation du mariage de Merry et Eomer opinèrent pour marquer leur accord et Eowyn, en véritable générale des travaux, reprit d'un ton autoritaire :
— Ok, maintenant, voyons voir le lieu. Avez vous des choix à proposer ?
Rosie leva la main en première, avec un sourire Colgate aux lèvres, ravie de pouvoir rendre service :
— Pourquoi pas la Comté ? Nous avons un magnifique pré et-
— Et il s'agit d'une cérémonie gay, la Comté est à proscrire, Rosie.
La réponse d'Eowyn était sèche, mais la sœur d'Eomer n'avait pas non plus un très bon souvenir des habitants de la Comté et de leur position face à l'homosexualité et elle se tourna vers Tauriel qui leva la main à son tour :
— Il y a le Shari, au pire, ce sera une bonne occasion pour refaire la déco…
— Trop commun. On passe déjà beaucoup de temps là-bas, essayons de sortir du cadre un peu.
— Fondcombe ? C'est magnifique et j'ai un cousin qui-
— Attend ton tour, Arwen.
— Est-ce qu'on reste à Osgiliath ?
— On peut aussi aller à Minas Tirith, c'est pas loin !
— Isengard, le bar de Saroumane, il est classe !
Ce fut un concert de piaillement qui monta dans le salon sans qu'Eowyn, occupée à se prendre la tête avec Arwen, qui n'avait pas apprécié sa remise à l'ordre, ne pense à ramener le calme. Tauriel était du même avis qu'Arwen pour partir plus au Nord, dans les pays sylvestres dont elles étaient toutes les deux originaires. Rosie s'était plongée dans sa tablette et faisait une recherche sur différents lieux qui pourraient convenir en lançant des idées à tout va.
Assis sur un canapé, son bras enroulé autour de la taille de Merry qui s'était avachi contre lui, Eomer écoutait distraitement les quatre filles qui s'étaient invitées chez eux pour les aider à planifier le mariage. Ils avaient eu la bonne idée d'en discuter rapidement entre eux avant qu'elles n'arrivent et, en moins d'un quart d'heure, ils s'étaient mis d'accord sur l'essentiel de leur cérémonie, alors que ça faisait maintenant une heure qu'elles étaient là et elles abordaient à peine le deuxième point, et encore, c'était parce qu'ils avaient tranché en leur imposant leur propre décision.
— Et si on faisait ça aux écuries Edoras, après tout, c'est là qu'ils se sont rencontrés…
— Il n'y aura pas assez de place, et j'ai peur de ce qu'il pourrait se passer si jamais on met certains de nos amis dans un état d'ébriété avancée en présence de chevaux…
— Ouais, mauvaise idée… Et Edoras tout court? La ville, après tout, votre famille est originaire de là-bas.
— Pas assez festif…
Merry soupira et glissa sa main dans celle d'Eomer en murmurant :
— Eomer, on pourrait peut-être abréger en leur disant qu'on sait déjà où on veut se marier ?
— J'attendais de voir si elles avaient une meilleure idée, mais je commence à en douter…
— Les gars, vous avez une suggestion ?
Eowyn s'était tournée vers eux, attirant ainsi l'attention des autres filles qui se turent pour attendre leur réponse et ce fut Eomer qui parla d'un ton sans appel :
— Notre oncle possède un magnifique fort au gouffre de Helm qui a été rénové comme hôtel de luxe. Il est assez grand pour recevoir autant de monde que nous le désirons, avec de quoi dormir pour tous les invités, des cavernes grandioses qui sont classées dans le patrimoine du Rohan et qui attirent chaque années des centaines de touristes. C'est assez loin d'Osgiliath, mais ça vaut le coup et nous pourrons passer plusieurs jours tous ensembles là-bas.
— Ho oui ! En plus, il y a des sources d'eau chaudes !
Le piaillement ravi d'Eowyn fut suffisant pour convaincre les autres filles et elles passèrent enfin à autre chose :
— Au tour des invités ! On peut en avoir autant qu'on veut au gouffre, donc c'est no limit !
— Si, un peu quand même…
La remarque de Merry passa inaperçue et Tauriel prit la parole d'une voix claire :
— Je peux vous fournir la liste de tous les consommateurs du Shari, car depuis qu'on a la carte de fidélité, on a recensé tout le monde, c'est pratique…
Elle ne récolta que quelques regard noirs, mais ne s'en offusqua pas, et Arwen enchaina :
— Faudra voir pour la famille aussi. Garder les chambres de luxe pour les parents des mariés.
La remarque jeta un blanc et ce fut Rosie qui lui répondit gentiment :
— Hem… Arwen, tu oublies qu'Eowyn et Eomer sont orphelins…
— Et que si les parents de Merry mettent un pied à notre cérémonie, je les balance du haut des remparts…
Le grondement dangereux d'Eomer ne fut aucunement contredit par Merry, au contraire, il se contenta d'acquiescer. Mais cela ne refroidit aucunement les filles qui reprirent de plus belle :
— Okay, Eowyn, tu n'as qu'à t'occuper d'inviter votre famille.
— Et Merry verra lui même pour les Brandeboucs.
— Pour les amis, ils se démerdent.
— Mais il ne faudra pas oublier de certifier que chacun peut venir accompagner.
— Bonne idée !
— Et maintenant, on s'occupe du thème !
Les quatre filles acquiescèrent avant de lancer chacune leur idée à tout va tandis qu'Eomer soupira une nouvelle fois avant de se tourner vers Merry :
— La suite de Dale's night, le film d'horreur, est sortie hier au cinéma. Branché pour une séance ?
— Avec plaisir.
Sans ajouter un mot, le couple s'effaça silencieusement, laissant les filles s'étriper pour savoir s'il fallait mieux demander aux invités de venir déguisé ou bien si le thème ne concernait que la décoration du lieu.
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Allongé sur son grand lit tout neuf, Frérin regardait le plafond en soupirant lourdement d'ennui. Il avait à côté de lui son ordinateur portable dont l'écran était en veille depuis quelques minutes. Le jeune héritier de Thraïn venait de discuter par chat avec Fili, qui l'avait mis au courant des derniers événements, complétant la version que Thorin lui avait donnée un peu plus tôt au téléphone. Et il savait que tous étaient maintenant au Shari pour fêter le départ de son demi-frère.
Il n'était pas si mal à Erebor, seule la présence de Thorin et de ses proches lui manquait, mais sinon, il s'était acheté un piano de bonne qualité sur lequel il passait le temps et, en plus, Balin, qui ne voulait pas le voir tourner en rond, l'avait mis en contact avec un éditeur qui cherchait un chroniqueur pour un périodique.
Sa plume acérée et sa culture philosophique avaient été grandement appréciées, si bien qu'il se retrouvait à écrire un article de son choix par jour pour un journal dont il ne connaissait même pas le nom.
Le soir commençait à tomber et il hésita à se lever pour rejoindre le bar du coin et les nouveaux amis joueurs de poker qu'il s'y était fait, toutefois, la sonnerie de son appartement retentit et, fronçant les sourcils, il se redressa.
Frérin n'était pas une personne craintive de nature, mais ce que Smaug lui avait fait vivre les derniers jours précédents son départ d'Osgiliath l'avait considérablement assagi et, maintenant qu'il était seul dans une ville qu'il ne connaissait pas, la témérité n'était plus un adjectif qui le décrivait au mieux.
Il déglutit et attrapa son portable, avant de se lever pour s'approcher de la porte. La sonnerie retentit une nouvelle fois et il inspira avant de déverrouiller la serrure et ouvrir.
Puis, la surprise le figea et il n'eut même pas le réflexe d'hausser un sourcil, se contentant de sonder Thorin, qui lui faisait face, un sac de voyage poser à ses pieds. Seule une constatation franchit ses lèvres, malgré son cœur qui s'était mis à battre violemment :
— Je crois que tu t'es trompé. Ered Luin, c'est de l'autre côté de la carte…
— J'ai pris un vol avec escale...
— Sacré détour… Et je suppose que personne n'est au courant, pas même moi.
— Ils sont trop occupés à fêter mon départ, au Shari. Et papa sait simplement que je suis en route pour les Montagnes Bleues, il n'a pas cherché à savoir si j'y allais directement ou non…
Frérin hocha la tête, la gorge sèche, sondant son frère qui attendait sur le pas de son appartement, puis, mécaniquement, presque brutalement, il attrapa le col de Thorin pour l'attirer à lui et le faire entrer à l'intérieur en refermant derrière eux pour plaquer le plus vieux contre la porte.
— Ton escale, elle dure combien de temps ?
— Deux jours.
Un petit sourire ravi étira les lèvres du plus jeune, mais il fut rapidement noyé dans le baiser passionné que celui-ci demanda à son grand-frère en soupirant d'aise, agrippant ses vêtements comme si sa vie en dépendait et se pressant contre lui avec appétit. Il frémit de plaisir en sentant les mains du brun, qui lui avaient tant manquées, se poser sur son corps pour lui voler des caresses indécentes, avant de s'attaquer à ses vêtements pour le déshabiller entièrement.
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Merci d'avoir lu !
J'espère ne pas frustrer les lecteurs qui continuent de suivre cette fic. Je publie à mon rythme, en écrivant quelques phrases de temps en temps. Donc voilà.
Merci aux reviewers, il y avait pas mal de guest sur le dernier chapitre, donc je n'ai pas pu répondre personnellement à tout le monde, mais chaque review me fait encore et toujours très plaisir :)
PS : il y a peut-être des erreurs de frappes ou de conjugaison, comme d'hab, pardonnez-moi, j'ai vraiment du mal avec la relecture.
