Dernière update : Mars 2018, soit, 18 mois auparavant.

Et non, je ne sais pas pourquoi je reviens dessus, surtout que je ne suis pas assurée d'avoir toujours des lecteurs. Shari Vari étant la fic « soupape » que j'écris quand je suis stressée / en veille d'examens, je n'ai plus eu la moindre « occasion » ces derniers temps ( en gros, tout va pour le mieux). Mais, je ne sais pas pourquoi, j'ai relu les derniers chapitres et malgré les soupirs désespérés à mon encontre que ça soulève, je garde une affection inexplicable pour cette histoire et, du coup, je voulais ajouter des derniers chapitres pour la clôturer enfin.

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Personne ne savait quelle heure il était, ni la date exacte. Peut-être même qu'ils étaient restés un jour, ou deux, de plus au gouffre de Helm.
L'arrivée de Merry et Eomer, au moment où, plus ou moins sobre, Eowyn terminait de célébrer l'union béate de Pippin et Diamond de LongCleeve, pas sobres du tout, dans un élan enthousiaste de répétition de cérémonie plus officielle que factice, ne suffit pas à empêcher le drame.
L'union, supposée être la répétition, était enregistrée directement par leur maitre de cérémonie qui n'avait toujours pas dessoulé et fut donc déclarée aussi réelle que la vraie. Pippin et Diamond piquèrent donc la vedette, l'honneur de la première valse, de l'arrachage de porte jarretelle à pleine dent et le découpage de gâteau à Eomer et Merry qui, finalement, se marièrent en secret dans les caves étincelantes, lors une union intime assistée par quelques rares spectateurs presque lucides pendant que, sur la terrasse, la fête battait son plein. Le discours de Théoden, à peine dérangé par les ronflements sonores d'Eowyn qu'on avait posée dans un coin pour la déco, fut acclamé par Sam, Rosie et Théodred, les seuls témoins présents, avant que chacun ne rejoigne la foule de convives.
Finalement, Eomer et Merry, qui, le matin même, ignoraient que leur mariage était célébré ce jour par leurs amis, sans eux, se retrouvèrent mariés pour de bon sans que personne ne soit au courant.
Ils s'étaient ensuite mêlés aux autres, bien décidés à les rejoindre dans cette célébration gratuite d'un mariage improvisé qui était supposé être le leur.
Puis, la notion du temps fut perdue. L'on ne compta les heures non plus en minutes écoulées, mais en litre alcool ingéré et l'on estima la tardivité de la nuit selon la douleur que généraient les rayons du soleil lorsqu'on le regardait directement.

— EOWYN, J'AI TROUVE LE CODE POUR PRENDRE LE CONTRÔLE DE LA SALLE DU MICRO ! TU VAS FAIRE QUOI MAINTENANT ? SALE GARDE ! shxshiiixx

La fête battait encore son plein, dans la tête de la totalité des convives qui, à peine en possession de 3% de leurs moyens physiques et cognitifs, se trainaient maintenant au sol en gémissant d'agonie.
Le grésillement du micro que souleva l'annonce ravie d'Arwen souleva quelques cris de douleurs et des pleurs de détresse.

D'une voix rauque, Tauriel grommela en s'enroulant dans ses draps défaits tout en se collant contre le corps ferme de son amant d'une nuit qu'elle enlaça franchement, descendant sans pudeur une main avide le long d'un dos muclé pour la poser avec satisfaction sur une fesse galbée :

— Je vais me la faire, cette bourrique... Il faut toujours qu'elle ramène tout à elle.

Une affirmation entendue, mais néanmoins endormie, lui répondit d'une voix grave. Elle l'apprécia d'un soupir et allait se rendormir en pétrissant avec plaisir les dorsaux saillants du bel homme avec qui elle avait passé la nuit. Toutefois, après quelques secondes qui défilèrent aussi vite que la connexion internet de Vertbois, elle se pétrifia totalement, retrouvant, peu à peu, une lucidité malvenue.
Puis, elle se redressa d'un bond horrifié pour lancer un regard effaré à Kili, totalement nu qui, difficilement, émergeait d'un sommeil pesant. Bouche bée, elle regarda comment, à son tour, il sembla retrouver un semblant de conscience en se plaignant d'un mal de crâne intense. Le lycéen, grimaçant, l'étudia ensuite intensément, comme s'il essayait de comprendre ce que faisait la serveuse du Shari qu'il avait, jusqu'à maintenant, dragué plus ou moins lourdement sans autre succès qu'un doigt cassé et une tasse de thé, dans un périmètre aussi réduit.
Finalement, ses yeux charbons descendirent pour étudier le corps très bien fait et tout aussi nu que le sien qui lui faisait face et un « Wow ! » franc franchit ses lèvres lorsqu'ils s'égarèrent sans pudeur sur les somptueux attributs féminins de la rousse. Il se prit en réponse un oreiller dans la figure et, finalement, Tauriel se leva en soupirant d'ennui :

— Que les choses soient claires : il ne s'est rien passé entre nous…

Le brun récupéra l'oreiller qu'il enlaça distraitement contre lui en roulant sur le dos, son regard rivé au plafond, et il souffla d'une voix grave :

— De une, les choses ne sont pas claires du tout, là, tout de suite. De deux, ce qu'il s'est passé entre nous cette nuit surpasse le vocabulaire dont je dispose actuellement…

Elle soupira une nouvelle fois et, à défaut de sa lingerie, retrouva le sous-vêtement de Kili qu'elle enfila en serrant les dents :

— Je suis désolée… tu es encore trop jeune pour comprendre ça et je ne voulais pas que tu… Vives ce genre de déception, mais ce n'est pas ce que tu crois, Kili.

Le lycéen eut un sourire craquant et, simplement, il s'adossa sur un coude en s'allongeant sur le flanc pour lui rendre un regard charismatique :

— Pas ce que je crois ? Jusqu'à hier, je croyais, justement, que c'était pour Légolas que tu pinçais et que tu ne me calculais même pas… Pourtant, c'est avec moi que tu-
— Ce n'était pas sérieux.

Plus sévère, elle s'était tournée vers lui, toujours à moitié dénudée et, un t-shirt dans une main, elle pointa un doigt sec vers le plus jeune qui eut un froncement de sourcil peiné.

— Je n'étais pas sérieuse et je suis désolée si ce… Cette nuit t'amène à croire en quelque chose qui n'existera pas. Je sais que… A ton âge, on peut se montrer très… Sensible à ça et qu'il est difficile de dissocier sexe et amour et, vraiment, je m'excuse si ça te blesse. Mais il n'y aura rien de plus entre nous.
— C'est déjà pas mal.

S'allongeant sur le dos pour ne pas avoir à soutenir son regard et cacher la douleur qui stagnait dans le sien Kili se détourna sans ajouter un mot. Ennuyée, elle le regarda en serrant les lèvres, sans savoir quoi ajouter. Kili était jeune et elle avait bien compris qu'il ne lui était pas indifférent. Mais, même si elle n'avait pas le moindre souvenir du pourquoi et du comment elle s'était retrouvée dans ses bras et qu'ils avaient partagé une étreinte plutôt… enfiévrée, elle avait bien quelques souvenirs de la nuit qui en témoignaient, elle n'avait pas l'intention de pousser ça plus loin. Sauf que elle, elle était adulte et savait faire la part des choses. Le plus jeune, lui, non seulement possédait dans ses gênes une très grande prédisposition au… Drame relationnel et à l'attachement passionné et sans limite, à en croire les exploits de ses oncles et de son frère mais, en plus, possédait la naïveté de sa jeunesse qui l'amènerait sans doute à croire que cette nuit aurait des répercussions. C'était la raison pour laquelle il fallait très vite mettre le hola.
Tauriel se sentait honteuse et était consciente qu'une subtilité plus fine était nécessaire pour expliquer à un lycéen que partager une nuit ensemble ne signifiait pas qu'elle avait l'intention d'aller plus loin, mais la manière dont ce visage si expressif était maintenant fermé en disait plutôt long à propos de ce que Kili percevait de la situation.
Désolée, elle revint s'asseoir sur le lit pour s'excuser encore, mais il se tourna à nouveau vers elle avec un nouveau regard magnétique et un sourire taquin pour affirmer d'une voix plus séduisante :

— Je peux toujours essayer de te faire changer d'avis… Après tout, tu n'as pas l'air si indifférente…
— T'es vraiment buté, toi…

Levant les yeux au ciel, elle se remit debout et il se redressa pour lui attraper le poignet et l'inviter à se tourner vers lui. Aussi bien taillé que tous les membres de sa famille, le jeune éphèbe avait déjà, tant qu'il ne parlait pas, quelques arguments convaincants de son côté et, effleurant son torse effilé du regard, elle l'écouta quand il affirma à nouveau de cette voix plus grave qui aurait fondre toutes les minettes de son âge :

— Je tente de me défendre tant que ça en vaut la peine.

Elle ne pouvait dire pourquoi, mais elle le trouva craquant, à cet instant, et, séduite, elle baissa les yeux sur la main qui tenait son poignet, sans trouver ses mots pour le repousser, comme si aucun ne pourrait justifier un tel rejet. Toutefois, son regard captura un éclat doré au doigt du brun et elle fronça les sourcils en lui attrapant le bras :

— Mais… c'est l'alliance d'Eomer !

Il haussa un sourcil et, platement, il remarqua de son côté :

— Et toi, tu portes celle de Merry...

Un silence interloqué leur tomba dessus et, pétrifiés, ils échangèrent un regard bouleversé.
Finalement, ils comprirent. Puis hurlèrent à l'unisson.

oOo

— Elle était supposée vivre en colocation avec Tauriel, mais je crois que les choses vont devenir un peu plus compliquées pour quelques temps…

Fumant distraitement, Thorin et Dwalin, plus lucides que d'autres, regardaient comment les ombres de l'après-midi s'étiraient comme le jour allait vers sa fin. Tranquillement, ils discutaient, comme ils l'avaient toujours fait, des dernières nouvelles de leur groupe d'amis fous. Bien-entendu, l'annonce du mariage inattendu de Tauriel et Kili outrepassa l'engouement de celui, opportun, de Pippin et Diamond et celui, officiel, de Merry et Eomer.

Kili était trop occupé à survivre aux foudres de son épouse et à la rancœur de ses rivaux, qui étaient plus nombreux que prévu, sans oublier, solidarité féminine oblige, le fiel d'Eowyn, furieuse de voir à quel point son si beau mariage était un massacre et heureuse de trouver une soupape à sa frustration et d'Arwen, qui aurait aimé se retrouver dans la même situation avec un certain dunedain dépassé par les événements, pour comprendre l'ampleur de la soupe dans laquelle il se trouvait.
Thorin, lui, était suffisamment sobre pour se rendre compte de l'étendue des dégâts et échangeait des regards navrés avec Fili, qui discutait gravement avec Bilbo et Frérin un peu plus loin.
Dans la mesure où, des quatre descendants mâles de Thraïn, deux étaient empêtrés dans une relation étrange et un se complaisait dans un amour homosexuel qui était parti pour durer un moment, Kili était, très vraisemblablement, considéré comme celui qui permettrait à la lignée Durin de prospérer un minium, s'il ne mourrait pas prématurément, tué par sa propre connerie.
Ce mariage était donc, après tous ces événements terribles, la meilleure chose que Thraïn aurait pu attendre de la part de ses héritiers.
Mais Tauriel était une sylvestre. Sur l'échelle d'une relation incestueuse, c'était, aux yeux conservateurs de Thraïn qui se remettait doucement de l'éclat de ses fils, d'une ampleur presque égale. Toutefois, si cela signifiait qu'il avait, ainsi, une potentielle chance de faire gazouiller un cinquième héritier sur ses genoux sans avoir à demander à Dis de faire du rab avec tact et subtilité, aucun doute que le grand-père de Kili trouverait un moyen d'empêcher le divorce du couple qui n'en était pas un.

Expulsant une nouvelle bouffée de tabac, Thorin évita le regard de Frérin et reprit sur le ton de la conversation :

— A tous les coups, papa trouvera un moyen de la faire venir vivre au manoir…
— Faudrait pas que cette histoire face couler mon commerce, non plus.

Le brun haussa une épaule face à la répartie dénuée de compassion du barman, et, simplement, il poussa un soupir lourd lorsqu'il vit Frérin se lever pour sortir de la terrasse. Il le suivit distraitement du regard, oubliant de consommer sa cigarette, et Dwalin eut un haussement de sourcil :

— C'est quoi votre problème, encore ? Je pensais que vous vous étiez réconciliés, tous les deux…
— Je ne sais pas si réconcilié c'est le mot… Je lui ai dit ce que j'avais sur le cœur, il a pleuré dans mes bras et ne rejette plus ma présence, mais je suis toujours aussi démuni face à lui… C'est comme si il… Il avait peur de moi. Il se tait dès qu'il me voit, ne me regarde pas dans les yeux et il est presque… Timide. Je ne le reconnais pas, en fait.

Dwalin eut un ricanement narquois et il écopa d'un regard sévère de la part de Thorin. Repentant, il leva les mains avec un sourire amusé :

— Ne le prend pas pour toi, c'est juste que… J'ai déjà connu cette situation.
— Je ne crois pas, non.

Sèchement, Thorin jeta sa cigarette qui s'était éteinte et Dwalin eut une nouvelle grimace :

— Certes, ce n'était pas avec mon frère mais… Orianne m'a fait tournée en bourrique exactement comme Frérin le fait avec toi, avant que… L'on conclut plus franchement.
— Que veux-tu dire ?

Le plus grand soupira et constata simplement :

— On ne s'est pas mis ensemble d'un claquement de doigt, tu sais ?
— En ce qui me concerne, quand je suis parti dans les Montagnes Bleues, tu étais encore la nounou officielle d'une gamine effacée et, quand je suis revenu, tu filais le parfait amour avec une jeune femme pleine de charme… Je n'ai pas eu la chance d'assister à « la transition »…
— Hé bien tant mieux ! Ce n'était pas plus beau à voir que ce qu'il se passe maintenant entre toi et Frérin…
— Où veux-tu en venir ?
— J'ai vraiment besoin de te faire un dessin ? Ce genre de truc, c'est mieux quand tu le découvres par toi-même, sans spoiler…

Bourru, le barman n'ajouta rien et il se leva pour rejoindre Orianne qui venait justement vers lui avec un sourire radieux. Sa silhouette de jeune femme était mise en valeur par la jolie robe bien coupée qui vola quand Dwalin l'attrapa à la taille pour la soulever sans effort et réclamer un baiser tendre. Thorin leva les yeux face à la scène qui débordait de romantisme et de paillettes, ne manquait plus que l'arc en ciel au fond, et il se dit que, décidément, beaucoup de choses avaient changées depuis l'hiver dernier. La métamorphose de Dwalin, le barman exécrable et rustre, en un gentleman poli et patient faisait partie de ces choses inconcevable que la vie seule ne pouvait expliquer.
Il tressaillit à peine lorsque l'ombre de Fili le couvrit et, il ne broncha pas quand son neveu déclara d'une voix neutre :

— Frérin est parti.
— Où ça ?
— Osgiliath. Je pense que c'est trop pour lui, il est épuisé.

Thorin jugula un soupir déçu, mais il hocha la tête, résigné. Fili garda un petit silence désolé, avant de reprendre sur le même ton :

— Il n'a pas voulu que quelqu'un le raccompagne, il dit vouloir profiter des trois heures de route pour réfléchir à ce qu'il s'est passé ce week-end.
— Ca lui ressemble bien. Je comprends.

La voix de Thorin était atone et Fili serra les lèvres, avant de s'asseoir à côté de lui pour proposer l'air de rien :

— Tu devrais le suivre, toi aussi.
— Je ne crois pas que… Je doive m'imposer auprès de lui de la sorte. Je préfère attendre qu'il vienne me chercher ou qu'il me fasse signe de le rejoindre, ça lui conviendra mieux.

Fili eut un sourire indulgent :

— Je ne pense pas qu'il soit si récalcitrant que ça à l'idée que tu lui cours après, au contraire… De plus, il n'est pas aussi vulnérable que tu le penses, tu sais ? De vous deux, tu es celui qui fait le plus peine à voir. Je doute que tu aies plus ta place ici que dans la ville où il se trouve en ce moment…

La boutade lui arracha un sourire et, finalement, il soupira :

— C'est juste que… J'ai peur de le perdre si j'insiste trop… Je ne veux pas le brusquer.

Le sourire de Fili devint creux et le blond se détourna pour parler d'une voix plus froide :

— Tu l'as déjà perdu, Thorin. Il faut que tu te fasses une raison de ce côté-là : Cette balle ne lui a peut-être pas pris la vie, mais elle a brisé votre relation de manière irrémédiable.
— Tu as vraiment un don pour trouver les bons mots, toi… On dirait ta mère…

Fili eut un rire amusé, mais il insista en plantant son regard clair dans celui de son oncle :

— Tu sais que j'ai raison, Thorin. Toi et Frérin, c'est fini pour de bon, accepte-le une bonne fois pour toute. Il faut que tu cesses d'attendre de lui quelque chose qu'il ne pourra plus jamais te donner.

Les mots, plutôt durs, ravirent la répartie de Thorin qui garda un silence heurté et, finalement, Fili passa une main désolée dans sa tignasse blonde pour justifier du bout des lèvres :

— Vous souffrez tous les deux de cette situation, je peux le voir. Mais crois-moi sur une chose : il t'attend. Tu dois faire le deuil et envisager avec lui quelque chose de… Différent, que la relation complice et passionnée que vous avez vécue… Je ne me rends pas compte de ce que tu as perdu, ni de la réelle relation que vous aviez tout les deux avant ça, mais, qui sait… Peut-être que celle que vous allez bâtir dorénavant sera plus forte et plus solide…
— Si on parvient à bâtir quelque chose…

La réponde lugubre attira un froncement de sourcil sévère de Fili qui, sèchement, lui donna une tape sur la cuisse en rouspétant :

— Je t'ai connu plus combattif que ça, surtout lorsque ça le concernait ! Ce n'est pas parce que lui n'a plus le moindre souvenir que toi tu dois bafouer les tiens en les regrettant autant ! Honneur-le en recommençant à faire ce qui vous a toujours rapproché, déjà…

Perplexe, le brun fronça les sourcils et, serviable, Fili se pencha sur lui avec un petit sourire narquois :

— Cours-lui après tant qu'il te fuit… C'est ce que vous faites le mieux, en toutes circonstances…