Au moment où Beca allait expliquer qu'elle ne savait pas pourquoi Chloe ne parlait plus à ses parents, la double-porte derrière elle s'ouvrit à la volée sur un homme en blouse blanche qui portait encore un calot sur la tête. Le chirurgien était brun aux yeux verts, avec un physique plutôt athlétique. On aurait cru qu'il sortait tout droit d'un feuilleton télé.
- Bonjour, vous êtes les proches de Chloe Beale ?, demanda-t-il.
- Oui !, s'écria Aubrey en se précipitant devant lui.
Toutes les filles se relevèrent et entouraient maintenant le médecin pour ne pas perdre une miette des informations qu'il allait leur donner. Le médecin eut un mouvement de recul face à toutes ces paires d'yeux inquisiteurs.
- Je suis le Docteur Vitto. Vous êtes de la famille ?
- Euh...
Aubrey questionna ses amies du regard. Elles lui renvoyèrent soit des yeux suppliants, soit des airs tristes.
- Ses parents arriveront d'ici peu. Mais..., commença Aubrey.
- S'il vous plait, elle vit avec nous, on est ses amies les plus proches. On veut juste savoir., supplia Stacie.
- D'accord. Je ne peux pas tout vous dire. Mais l'opération s'est bien passée. L'un de ses poumons a été perforée par une côte cassée, ce qui aurait pu être fatal mais on a réussi à stopper les dégâts. Ma collègue, le Docteur Jones, s'est occupée de sa jambe. Son fémur était fracturé et des ligaments ont été déchirés à cause du choc. Le Docteur Jones a réussi à tout remettre en place.
- Oh, merci Docteur, merci beaucoup !, lâcha Aubrey.
- Ce n'est pas tout. Avec le choc, la tête de votre amie a heurté son volant et cela a causé un traumatisme sur le devant de son crâne. A l'heure actuelle, on ne sait pas dire avec certitude quelles répercussions ça aura.
Stacie qui étudiait la médecine comprit tout de suite ce qu'il sous-entendait.
- Elle se réveillera, pas vrai ?, prononça-t-elle toute tremblante.
- On ne peut malheureusement pas l'assurer, répondit nettement le médecin en baissant les yeux.
Beca se prit la tête entre les mains. C'était un cauchemar. Cette journée était horrible. Elle voulait rentrer, se cacher sous sa couette et oublier.
- Je suis désolé. C'est tout ce que je peux vous dire. J'informerai ses parents du reste et vous pouvez la voir dès qu'elle sera dans sa chambre, n°311. Je vous préviens, le drain thoracique est assez impressionnant, fit le médecin en avançant pour partir.
- Parce qu'il y a pire ?, s'insurgea Beca.
- Non, pas pire. Juste quelques points qu'on a remarqué pendant l'intervention et qu'on aimerait éclaircir avec eux. Je vous ai donné presque toutes les informations que j'avais en ma possession. Bonne soirée, mesdemoiselles.
Le chirurgien prit le départ sans se retourner. Il était probablement pressé de fuir la dizaine de filles qui essayaient de lui tirer les vers du nez, se dit Beca. Il leur avait tout dit alors pourquoi attendre les parents de Chloe ? Peu importe, tout ce que Beca souhaitait était de pouvoir voir Chloe et s'assurer qu'elle irait bien désormais. Elle s'élança vers l'accueil du service mais c'était sans compter sur Aubrey qui l'attrapa par le bras.
- Où tu penses aller comme ça ?, lui demanda-t-elle agacée.
- J'allais demander à l'accueil où se trouve la chambre de Chloe pour aller la voir.
- Tu ne crois pas que tu en as assez fait ? Chloe ne serait pas ici si elle n'avait pas du courir après toi dans toute la ville !
Beca accusa le coup. Elle s'attendait à ces reproches de toute façon. Elle garda le silence, attendant patiemment l'autre coup tomber. Les autres filles les entouraient à présent mais laissaient la discussion se dérouler comme si elles assistaient à un film.
- C'est toujours comme ça avec vous deux. Fuis-moi, je te suis, suis-moi, je te fuis. Quand est-ce que tu vas grandir, Beca ? J'en ai marre de toujours devoir réconforter Chloe parce que tu n'es pas fichue d'être claire sur tes sentiments.
- J'ai pas besoin de tes leçons, Aubrey. Tu ne sais pas ce qu'il se passe en ce moment dans ma vie.
- Eh bien, dis-nous, vas-y ! On demande que ça ! Et par la même occasion, ça nous aidera peut-être à savoir pourquoi tu es si lâche quand il s'agit d'affronter les problèmes !
Cette dernière remarque résonna contre les murs de l'hôpital. Beca entendit toutes ses amies retenir leurs souffles de stupeur. Elle releva des yeux plissés sur Aubrey. Pour qui se prenait-elle à donner des leçons comme ça ? L'année dernière, elle avait choisi de ne plus affronter Aubrey, comme une promesse faite à Chloe. Mais là, Aubrey était allée trop loin.
- Tu sais quoi, Aubrey ? Il est peut-être temps que quelqu'un te dise de fermer ta grande bouche parce que tu parles un peu trop pour quelqu'un qui n'est même plus dans nos vies depuis le mois de juillet. C'est de ma faute si Chloe était dans cette voiture. Mais je suis là et je ne suis pas prête de partir. Tu penses pouvoir me donner des leçons ? Ca t'intéresse de savoir ce que je vis ? Laisse-moi rire. La seule chose qui t'intéresse, c'est de me voir échouer pour enfin dire à Chloe que tu avais raison. En fait, la seule chose que tu n'as jamais digéré, c'est que Chloe s'intéresse plus à moi qu'à toi. Mais tu sais quoi ? Je vais rester là et en plus, je vais faire mieux que toi. J'ai déjà fait mieux que toi. Accepte-le, Aubrey, je suis meilleure et Chloe le sait. C'est ça qui te dégoûte réellement. C'est ce qui te met hors de toi. C'est dommage, c'est vraiment pas ce que Chloe veut qu'on devienne. Peut-être que c'est pas moi qui aie besoin de grandir finalement.
Beca finit sa tirade à quelques centimètres seulement du visage de la blonde. Tout le monde la regardait bouche-bée. Aubrey avait l'air malade. La brune prit sa respiration et se pencha pour chuchoter dans l'oreille d'Aubrey :
- Plutôt franche pour quelqu'un de lâche, pas vrai ?
Puis elle s'éloigna en les informant qu'elle se rendait à l'accueil pour trouver la chambre de Chloe.
Stacie se passait la dispute à laquelle elle avait assisté en boucle. Elles attendaient toutes la permission des médecins devant la chambre de Chloe. Comment en étaient-elles arrivées là ? Chloe était blessée ; Aubrey restait prostrée dans un coin sans dire un mot à personne, comme traumatisée ; Beca oscillait entre ses gobelets en carton remplis de caféine et son téléphone avec lequel elle s'éloignait quand il sonnait ; et les autres se demandaient comment réagir. Stacie se le demandait aussi. Elle ne savait pas quoi faire. Quand ce genre de dispute éclatait, Chloe était la seule à savoir comment recoller les morceaux. Elle était vraiment la colle qui les unissait toutes.
Le téléphone de Beca sonna une énième fois et Stacie l'observa s'éloigner. Elle ne pouvait pas entendre ce qu'il se disait au téléphone mais elle voyait bien que Beca était plutôt nerveuse. Stacie se demandait vraiment si Beca leur dirait un jour tout ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Elle la vit revenir et, avec étonnement, s'asseoir à côté d'elle. La petite brune replia ses jambes contre elle et expira. Beca fixait le mur devant elle mais Stacie ne la quittait pas des yeux. Après une courte minute, elle sentit Beca se pencher vers elle.
- J'y suis allée un peu fort, non ?, chuchota-t-elle dans l'oreille de Stacie en indiquant du regard le siège d'en face.
Stacie tourna la tête pour observer le point indiqué et vit Aubrey recroquevillée sur elle-même, le regard dans le vide et l'air complétement absent. Elle aurait eu envie de réconforter son amie mais elle ne voulait pas prendre parti. Toute l'équipe avait très vite compris qu'il ne valait mieux pas choisir de camp quand il s'agissait de Beca et Aubrey.
- Je pense que vous avez toutes les deux vos tords dans cette discussion.
Stacie était plutôt fière de sa réponse. Beca la regarda un instant et sourit légèrement. Elle savait très bien qu'aucune de ses amies ne se mettraient entre Aubrey et elle. Elles avaient appris la leçon durement l'année précédente.
- C'était qui au téléphone ? demanda Stacie.
Beca ne s'attendait pas à cette question et resta interdite, la bouche ouverte.
- Tu n'es pas obligée de me le dire, si tu ne veux pas, s'empressa Stacie comme apeurée d'énerver Beca à nouveau et de la faire fuir.
Beca se rendit compte que ses amies marchaient tout le temps sur des œufs quand elles lui adressaient la parole. Et cette sensation ne lui plaisait pas. Elle n'aimait pas instiguer cette peur chez ses amies.
- Non, je... C'était mon père. Puis Rachel, et ensuite, ma mère. Ils se sont tous donné le mot, on dirait.
- Je vois... Des nouvelles de Quinn ?
- Oui, Rachel et elle sont rentrées. Quinn doit se reposer. Rachel m'a dit qu'elle passerait sûrement demain matin nous voir.
Stacie hocha la tête, l'air pensive. Les mots que Beca avait adressé à Aubrey la dérangeaient. Jusqu'à présent, ils avaient résonné sans prendre de sens. Maintenant, elle savait pourquoi ils la dérangeaient. Elle voulait être là pour Beca.
- Tu sais, Beca, il n'y a pas que Chloe qui s'intéresse à toi ici. On s'inquiète toutes de savoir si tu vas bien ou pas.
- Oui, je sais. C'est juste plus facile de faire confiance à Chloe.
Les deux filles restèrent silencieuses quelques temps à réfléchir. Beca se demandait finalement pourquoi ça avait toujours été plus facile avec Chloe. Stacie, elle, repensait aux paroles de Beca et comprenait que son amie se tenait pour responsable de l'accident de Chloe.
- C'est pas ta faute, articula Stacie assez fort.
Les filles l'avaient entendu et les regards étaient maintenant tournés vers elles. Beca se sentit observée ; elle n'aimait pas ça. Elle observa ses amies et quelques-unes d'entre elles hochaient la tête en signe d'accord. Peu importait, elle ne pensait pas la même chose.
- Bien sûr que si. Si on ne s'était pas disputées, elle ne serait pas allée voir Rachel. Si seulement je lui avais parlé au lieu de lui hurler dessus...
Beca avait murmuré sa dernière phrase. En dépit de tout ce qui leur arrivait, elle savait maintenant qu'elle dirait la vérité à Chloe dès qu'elle en aurait l'occasion.
- On aurait pu toutes empêcher ça, si on veut penser comme ça. On savait toutes qu'elle allait mal depuis quelques jours mais comme d'habitude, personne n'ose dire quoi que ce soit quand il s'agit de vous deux. On vous laisse toujours gérer vos problèmes entre vous en espérant voir vos œillères tomber mais c'est jamais le cas.
Beca allait demander à Cynthia ce qu'elle voulait dire par là mais une infirmière les informa que Chloe était dans sa chambre et qu'elles pouvaient la voir mais pas toutes à la fois.
- Le mieux serait que vous entriez par groupe de deux ou trois maximum. Ne touchez à rien. N'oubliez pas, les heures de visites se terminent à vingt-deux heures, finit l'infirmière.
Beca vit Aubrey regarder sa montre.
- Il est vingt-et-une heure trente. Si on s'organise, on peut toutes la voir dix minutes.
Beca lui fit un signe de tête et organisa ses troupes.
- Ok, les filles, Aubrey et Stacie entreront en premières. Ensuite, Amy et Cynthia, Jessica et Ashley, Flo et Lily puis j'irai en dernière si ça vous va ?
Elle avait fini sa phrase sur l'intonation d'une question pour laisser le choix à ses amies de protester mais toutes semblaient d'accord avec l'ordre de passage. Stacie tendit la main à Aubrey et celle-ci prononça un merci à Beca en passant devant elle pour entrer dans la chambre. Beca retourna s'asseoir et prit son mal en patience. Elle verrait bientôt Chloe.
Le visage de Lucy rayonnait de bonheur quand elle regardait Beca. La brune couvrait ses petites joues rondes de bisous. Sa peau était tellement douce.
Beca se réveilla en sursaut avec le visage d'Amy à dix centimètres du sien qui la sondait de ses yeux bleu turquoise.
- C'est ton tour, on est toutes passées, lui dit l'australienne.
- Ok, fit Beca en se raclant la gorge.
- Tu souriais. A quoi tu pensais ?
- Euh, à rien, répondit vaguement Beca en se ruant vers la porte de chambre pour fuir la conversation au plus vite.
Ses amies la virent entrer et refermer la porte doucement.
- On aurait dû la prévenir avant, quand même, fit Amy.
- La prévenir de quoi ?, demanda Stacie confuse.
- Qu'elle pouvait pas l'embrasser.
- N'importe quoi, Amy !, s'insurgea Aubrey.
A l'intérieur, Beca resta sur place pendant quelques secondes. Elle n'avait qu'à faire un pas et elle dépassait le mur qui coupait son champ de vision. Un pas et elle verrait Chloe. Beca avait soudain peur de ce qu'elle découvrirait. Et si elle ne la reconnaissait pas ?
Beca secoua la tête devant sa bêtise et avança enfin. Elle découvrit Chloe sur le lit, les yeux fermés. Les draps étaient descendues jusqu'à ses hanches et l'on pouvait voir un bandage entourer sa poitrine. Un tube sortait de sa bouche et la reliait à une machine. Un autre sortait de sa poitrine, sous son bras et drainait des fluides visqueux dans une machine qui récupérait le tout. Beca eut les larmes aux yeux en observant tout ce qui était raccordé à Chloe. Elle s'approcha et posa la main sur ce qu'elle pensait être la jambe de son amie. Elle rencontra une surface très solide et comprit qu'il s'agissait du plâtre caché par les couvertures.
- Je suis tellement désolée, Chlo..., souffla-t-elle avant de s'effondrer sur le siège prévu pour les visiteurs.
Les larmes coulèrent sans ménagement. Beca ne pleurait pas souvent mais ces derniers jours, elle avait accumulé tellement d'inquiétude et de culpabilité qu'elle ne savait plus se retenir. Elle avait déjà pleuré son compte pour l'année, pour sûr. Elle se répétait dans sa tête à quel point elle était pathétique. Si seulement elle avait su s'ouvrir à Chloe, la rousse n'en serait pas là, des ecchymoses et des coupures plein le visage.
- Je te promets de tout raconter, Chlo mais tu dois me promettre de te réveiller. J'y arriverai pas sans toi...
Beca entendit la porte s'ouvrir mais ne détourna pas le regard pour voir qui entrait. Elle sentit une main sur son épaule, des doigts fins et calmes. Elle reconnut le parfum malgré le peu de temps qu'elles passaient ensemble.
- J'ai pensé que tu aurais besoin de compagnie.
- C'est trop gentil de ta part, rembarra Beca.
La brune entendit un soupir et sentit la main quitter son épaule. Elle regretta ses paroles immédiatement. Ce n'était ni l'endroit ni le moment et Chloe avait mieux à faire qu'écouter ses deux meilleures amies se fritter.
- Ecoute, Beca, je m'excuse, je n'aurai pas dû te parler comme je l'ai fait et encore moins devant tout le monde.
- Comme si ça changeait quoi que ce soit. Tu penses ce que tu as dit, Aubrey.
La blonde baissa les yeux et secoua la tête. Elle fit le tour du lit pour se placer face à Beca.
- Non, franchement, non. Ce n'est pas de ta faute. C'était un accident. Mais tu as raison, j'ai toujours été jalouse de ta relation avec Chloe. J'ai toujours eu peur de la perdre...
Beca resta silencieuse devant les mots de son amie. Elle comprenait très bien ce que ressentait Aubrey, en fait. Elle savait à quel point l'amitié de Chloe rendait meilleur, à quel point il fallait la préserver. Elle savait aussi qu'elle avait été nulle en tant qu'amie ces derniers temps. Avec tous ses amis, pas que Chloe.
- Moi aussi, je suis désolée pour tout ce que je t'ai dit. C'était injuste de ma part et c'est surtout pas le moment pour ça, s'excusa Beca.
Les deux jeunes femmes se jaugèrent du regard. Chacune savait comme l'autre était importante pour Chloe alors elles partageaient ce respect mutuel. Aubrey sourit et s'approcha. Elle s'arrêta devant Beca et lui tendit les bras.
- On ne s'est pas dit bonjour comme il faut, je pense.
Beca leva les yeux au ciel mais sourit et se leva. Elle lui tendit une main.
- Le jour où je te ferai un câlin n'est pas arrivé.
Elles se serrèrent la main et se tournèrent ensemble vers le lit. Le calme était interrompu par les bips incessants des machines qui entouraient Chloe. Beca trouvait que son amie avait repris un peu de couleurs depuis tout à l'heure mais peut-être qu'elle se trompait.
- Il faut qu'on sorte..., l'informa Aubrey.
Beca soupira son accord et elles sortirent. Toute l'équipe des Bellas les attendait avec une infirmière qui tenait un bloc-notes et un stylo.
- Ah, vous êtes enfin là. Quelqu'un peut rester cette nuit, si vous le souhaitez. On vous attendait pour savoir qui restait, leur expliqua Cynthia.
- Je reste, firent Beca et Aubrey en même temps.
Les deux femmes se regardèrent étonnées. L'infirmière se racla la gorge d'impatience. Il fallait prendre une décision.
- Tu devrais rester, statua Aubrey en posant à nouveau sa main sur l'épaule de Beca.
Le geste n'échappa à personne et cela redonna un peu d'espoir à l'équipe qui n'aimait pas voir ses capitaines se déchirer. Beca se tourna vers Aubrey, peu rassurée.
- Tu es sûre ?
- Oui, tu es celle qu'elle voudra voir en premier.
Beca n'était pas sûre de ça, surtout connaissant les circonstances dans lesquelles elle avait quitté Chloe la dernière fois mais elle ne contredit pas Aubrey. L'infirmière lui demanda de signer le registre et lui informa qu'un lit d'appoint allait être placé dans la chambre pour elle. Les filles lui dirent au revoir en la serrant dans les bras. Même Aubrey eut droit à son embrassade, non sans s'abstenir de faire remarquer à Beca qu'elle l'avait eu son câlin finalement.
- On te ramènera des affaires demain, si tu veux, fit Stacie.
- Non, je rentrerai prendre une douche, ne t'en fais pas.
Et Beca observa ses amies vider le couloir avant de retourner dans la chambre de Chloe. Elle était étonnée de pouvoir passer la nuit avec elle puisque Chloe était en soin intensif et devait restée sous surveillance constante. Elle s'en réjouissait néanmoins. Si Chloe se réveillait dans la nuit, elle serait la première à le savoir.
La nuit fut courte pour Beca. Entre le passage des infirmières toutes les deux heures, son téléphone qui s'allumait sans arrêt et ses craintes qui l'empêchaient de fermer l'œil, Beca avait passé la nuit à tourner et se retourner sur son lit d'appoint. Lit qui d'ailleurs était tout sauf confortable. Le peu de sommeil dans lequel elle avait sombré de fatigue avait été ponctué par des cauchemars de l'accident de Chloe. Elle avait donc fini par arpenter la chambre de long en large en pensant à tout ce qu'elle avait à dire à Chloe et à ses amis.
Les Bellas non plus n'avaient visiblement pas beaucoup dormi puisque la conversation de groupe avait été alimentée une bonne partie de la nuit. Stacie avait partagé ses peurs de voir Chloe changée à jamais après l'accident. Amy avait exprimé le souhait d'avoir dit plus souvent à Chloe comme c'était une bonne amie. C'en était suivi des récits de souvenirs que chacune avait vécu avec Chloe. Beca avait suivi la conversation sans y participer mais ses amies avaient forcément vu son petit avatar connecté. Elle n'avait pas souhaité en rajouter et préféré lire les bons moments qu'elles avaient vécu avec Chloe. Au moins, ça lui faisait des images heureuses auxquelles se raccrocher.
Après le passage matinal des infirmières, vers six heures du matin, Beca décida de prévenir les filles qu'il n'y avait rien de nouveau de son côté, mais que ce n'était pas forcément une mauvaise chose. Chloe était toujours inconsciente mais stable. Elle leur rappela que les visites commençaient à dix heures et tenta de se rendormir, bercée par les bips des appareils.
C'est Jessica qui la réveilla vers onze heures avec une douceur infinie. Quand Beca ouvrit les yeux, elle tomba directement sur les parents de Chloe. Elle s'assit sur le bord du lit et s'étira grossièrement puis se leva pour saluer le couple qu'elle n'avait jamais rencontré.
- Alors vous êtes Beca ?, demanda la mère de Chloe de manière prétentieuse.
- Oui, c'est bien moi, répondit Beca un peu confuse en lui tendant la main.
- C'est donc vous qui avez corrompu ma fille ?
Beca resta la main tendue, interloquée face aux accusations. Elle voyait cette femme pour la première fois et Chloe ne parlait jamais de ses parents alors elle ne comprenait pas bien ce que lui reprochait Madame Beale.
La brune croisa instinctivement les bras. Il était clair qu'elle n'était pas la bienvenue dans cette chambre alors elle décida de partir.
- Je suis désolée. Je m'en vais tout de suite. Aubrey, tu me tiendras informer.
- Non, attends, Beca !
Aubrey la suivit précipitamment hors de la pièce. Elle ne voulait pas que Beca se sente rejetée une énième fois alors que sa place était légitime auprès de Chloe.
- Beca, attends-moi !
La blonde réussit à rattraper Beca et l'attrapa par le bras. Elles se firent face et le visage de Beca n'exprimait rien d'autre que de l'incompréhension.
- Tu peux rester. Chloe voudrait que tu restes.
- Comment tu peux savoir ça ? Ses parents pensent tout le contraire !
On sentait l'agacement et la fragilité de Beca dans son timbre. Le manque de sommeil n'aidait en rien la situation. Aubrey s'approcha pour lui tendre la main.
- Fais-moi confiance, pour une fois. S'il te plaît.
- Mais, Aubrey, ils m'accusent d'avoir corrompu Chloe. Je ne sais même pas ce que ça peut vouloir dire !
Aubrey sourit devant la naïveté de Beca. C'était assez drôle de constater que Chloe et Beca étaient toujours les mêmes. Toujours aussi aveuglées.
- Et pourquoi tu souris ? Ça y est, toi aussi tu deviens folle.
A cette supposition, Aubrey leva des yeux rieurs sur Beca.
- Je ne suis pas folle. Je ne peux pas parler pour Chloe par rapport à ses parents et la raison pour laquelle elle ne leur parle plus mais je sais que ce qu'ils te reprochent est faux. Tu dois juste me faire confiance, Beca.
Elle lui tendit la main à nouveau. Beca souffla mais prit ses doigts. Elles suivirent le chemin de la chambre. Beca eut un moment d'hésitation devant la porte.
- Ils veulent me déchiqueter là-dedans, fit-elle à Aubrey qui l'attendait, la main sur la poignée.
- Depuis quand ça te fait peur ?, demanda-t-elle rhétoriquement avec un sourire goguenard.
Aubrey finit par ouvrir la porte et les deux entrèrent enfin dans la chambre. Les parents de Chloe examinèrent Beca se placer parmi ses amies mais ne dirent rien. Le médecin était déjà là et leur expliquait ce qu'il avait déjà dit aux filles la journée précédente.
- Votre fille est pour l'instant sortie d'affaires et stable. Elle aura un long chemin de rééducation pour sa jambe mais rien d'insurmontable.
- Parfait, merci docteur.
Beca observait le couple de loin. Chloe avait hérité des cheveux de sa mère, sans hésitation, mais ses yeux perçants lui venaient de son père.
L'homme portait une coupe en brosse complètement blanche et semblait déjà âgé. Le père de Beca entrait déjà dans sa cinquantième année et elle ne s'était pas imaginé le père de Chloe plus âgé que le sien. Il était carré d'épaules et habillé très traditionnellement d'un costume deux pièces et d'une cravate. Si Beca ne savait pas qu'il avait pris un vol de nuit, elle penserait qu'il sortait tout droit d'une réunion sur le cours de la bourse.
Madame Beale avait donc les cheveux roux, probablement artificiellement, et se tenait fièrement aux côtés de son mari. Elle était le modèle parfait de femme qui contrôle son foyer du sol au plafond. Elle portait un tailleur vert émeraude qui mettait en valeur ses cheveux et ses tâches de rousseur.
Beca se demandait comment un couple aux allures aussi strictes avait pu créer quelqu'un d'aussi jovial que Chloe. La rousse était l'incarnation de la joie de vivre et de la liberté. Il semblait invraisemblable à Beca que ses parents ne soient une sorte de hippie complètement en accord avec la nature. Comme quoi, les stéréotypes avaient bon dos.
Elle remarqua également qu'à l'inverse de ses amies, aucun des deux ne s'était approché de Chloe. D'ailleurs, Beca les trouvait plutôt calmes pour des parents qui voyaient leur fille reliée à des machines de tous côtés. Ces pensées la mirent en rogne. Chloe méritait mieux que ça. Elle garda néanmoins ses pensées pour elle en serrant les poings. L'heure n'était pas aux esclandres.
- Je voulais également attirer votre attention sur un fait que nous avons observé durant l'opération.
Le médecin marqua une pause pour observer chaque personne dans la pièce comme pour s'adresser à tous.
- Votre fille avait des morceaux de verre présents dans l'abdomen alors nous avons dû ouvrir et tout retirer. Ça s'est passé sans problème. Nous avons cependant remarqué qu'elle ne possédait qu'un seul rein alors je me permets de vous demander confirmation pour son dossier médical. Chloe a-t-elle fait don d'un de ses reins ?
Les Beale se regardèrent puis la mère affirma d'un hochement de tête.
- Oui, Chloe a fait don d'un rein à son frère quand ils avaient douze ans mais il n'a pas supporté la greffe.
- D'accord. Je suis désolé d'entendre cela, Monsieur et Madame Beale. Grâce au bilan sanguin, nous avons pu constater des carences. Vous savez quand votre fille a arrêté de prendre son traitement et pour quelle raison ?
Les parents de Chloe se regardèrent avec de grands yeux puis secouèrent la tête, négatifs.
- Très bien, nous allons régler ça. Je vous remercie pour l'information. Je la ferai remonter aux équipes d'infirmières pour que ses soins soient toujours appropriés.
Le médecin quitta la pièce. Les parents de Chloe suivirent sans demander leur reste. Un silence de plomb tomba sur les filles qui entouraient le lit d'hôpital de Chloe. Chacune commençait à prendre conscience qu'elle ne connaissait finalement pas Chloe comme elle le pensait.
Rachel et Quinn étaient rentrées depuis une petite heure et la télévision fonctionnait sur la chaîne d'informations qui relatait l'accident. Quinn repensait à sa discussion avec Beca et à tout ce qui leur était arrivé depuis. Elle avait encore des quintes de toux mais rien d'alarmant. Allongée sur le flan dans le canapé, elle avait conscience de voir Rachel passait et repassait devant elle mais elle n'écoutait pas ce qu'elle pouvait bien dire. Quinn savait comme Rachel s'inquiétait. Après l'accident de voiture qu'elle avait eu au lycée et qui avait endommagé ses poumons, Quinn devait surveiller son état au moindre rhume parce qu'une simple maladie respiratoire pouvait lui causer énormément de problèmes. Alors Rachel, qui connaissait très bien les complications encourues après l'inhalation de la fumée, s'inquiétait et revivait ces moments où elle avait vu Quinn en fauteuil roulant, avec un inhalateur dans la bouche toutes les heures.
La blonde avait appris à faire abstraction des inquiétudes de sa compagne. Déjà au lycée, à la moindre inquiétude, Rachel partait dans des discours incompréhensibles où tous les scénarios catastrophiques se succédaient. Dans le petit monde de Rachel, Quinn était à l'agonie. Prête à mourir. Sur son lit de mort. Elle se voyait l'enterrer. Rachel était comme ça, passionnée et extrême.
- Tu te rends compte ! Vingt-cinq kilomètres de bouchons ! Pour un connard qui n'a pas su freiner au feu rouge !
C'était bien la quatrième fois qu'elle le disait. En entendant l'insulte sortir de la bouche de la personne la plus volubile et distinguée qu'elle connaissait, Quinn décida qu'il était temps de mettre un terme à la frénésie de la petite tornade brune qui sillonnait son salon. Elle s'assit alors sur le bord du canapé et attrapa Rachel au passage pour la prendre sur ses genoux et la serrer contre elle. La brune rit légèrement et encercla ses bras autour de sa compagne. Elles se regardaient, s'admiraient. Elles avaient failli être séparées aujourd'hui.
- J'ai failli de perdre, souffla Rachel.
- Je sais.
- Encore.
Quinn ferma les yeux. Elle avait accepté son overdose et ses addictions mais elle n'aimait toujours pas en parler avec Rachel. Pas directement. Elle aimait conserver l'image qu'elle se faisait de ce que pouvait bien penser Rachel d'elle.
- Je suis presque tentée de t'enlever tes clés de voiture, fit la brune en caressant le visage de Quinn.
- Et tu comptes me séquestrer après ça ?, rit la blonde.
- Si c'est ce qu'il faut pour que tu ne me quittes jamais, je suis prête à t'enfermer dans la salle de bain, confirma Rachel de toutes ses dents.
- Oui mais il y a une faille là-dedans.
Rachel la regarda, surprise mais perplexe. Elle pencha la tête sur le côté.
- Si tu m'enfermes dans la salle de bain, il y aura forcément un moment où tu devras te déshabiller devant moi pour te laver, expliqua Quinn avec un sourire en coin et des yeux qui déshabillaient Rachel.
La brune rit toute gorge déployée puis vint poser sa bouche sur l'oreille de Quinn.
- Qui te dit que ce n'est pas mon plan depuis le début ? murmura-t-elle avant de prendre le lobe d'oreille entre ses dents.
Les deux femmes passèrent le reste de la soirée à s'aimer sans pudeur. La peur de perdre l'être aimé se ressentait dans chaque baiser, dans chaque caresse. L'amour s'intensifiait dans chaque extase. Elles étaient jeunes et vivantes. Personne ne pouvait leur enlever ça. Pas maintenant. Pas aujourd'hui.
- Rach' ?
- Hum
- Si je te parle de ce que Beca m'a raconté, tu ne lui diras pas que tu sais ?
Rachel se retourna dans le lit pour faire face à sa compagne, accoudée sur son coussin. Quinn regardait le plafond, les bras derrière la tête et les draps regroupés autour des hanches. Elle pouvait voir la courbure de ses seins et la naissance de ses abdominaux mais l'ombre créée par la lampe de chevet l'empêchait de distinguer le reste. Quinn restait magnifique en toute circonstance mais rien n'égalait ce moment où elle était libre et nue sous toutes ses formes. Rachel ne se lassait jamais d'être la seule à pouvoir l'admirer sous ce jour-là.
- Rachel !
La brune sortit de sa rêverie et ouvrait maintenant de grands yeux marrons sur le visage angélique qu'elle aimait tant.
- Pardon, tu disais ?
Quinn roula des yeux et s'engouffra entre les bras de Rachel pour venir poser l'oreille contre son cœur. Rachel sourit devant le geste et resserra son étreinte.
- Beca a des ennuis. J'aimerai l'aider mais je ne sais pas comment et je ne sais pas si j'ai le droit de t'en parler.
- Tu es déjà en train de le faire, remarqua Rachel.
Elle entendit Quinn râler et caressa ses cheveux de son nez pour l'inciter à continuer. Comme elle adorait le parfum de son shampooing.
- Elle a une petite fille, murmura la blonde après un instant.
Rachel pianotait la colonne vertébrale de Quinn de ses doigts. Elle les laissait traîner parfois parce qu'elle aimait les frissons qui suivaient ses passages. Elle savait que ça la rassurait. Il fallait être patiente et laisser Quinn prendre son temps. Les enfants étaient toujours un sujet sensible. Pour toutes les deux.
- Elle ne peut pas la voir. Elle n'a pas pu tenir sa fille dans ses bras depuis sa naissance. Tu te rends compte Rach' ?
Rachel entendait l'émotion de Quinn et savait très bien sur quelle corde sensible elles se trouvaient. Quinn revivait systématiquement l'abandon de Beth quand elle était confrontée à une situation qui s'en rapprochait de près ou de loin, même quand elles regardaient un film.
- Chut. Je sais. Raconte-moi et on va trouver une solution toutes les deux.
Beca était rentrée pour prendre une douche et se changer avant de repartir à l'hôpital. Pour une fois, elle ne mit pas de musique dans la salle de bain. Elle enfila les vêtements qu'elle avait prit sans faire attention. En se voyant dans le miroir embué, elle reconnut la veste que Chloe aimait porter quand elles avaient des entraînements tard le soir. Beca se rappela que Chloe ne prenait jamais de veste parce qu'elle savait que Beca lui prêterait la sienne. C'était comme ça tous les jeudis soirs depuis un peu plus d'un an. Beca eut un sourire humide. Chloe lui manquait atrocement.
Dans la cuisine, la musicienne voulut préparer du café pour l'emporter à l'hôpital mais il n'y en avait plus dans la boîte à côté de la cafetière. Avec une dizaine de filles dans la même maison, habituellement, la boîte se remplissait toute seule alors Beca n'avait aucune idée d'où se trouver la réserve de café. Elle ouvra chaque placard, fouilla l'épicerie, ouvrit les tiroirs. Elle s'arrêta sur un tiroir rempli de médicaments. La pharmacie de la maison, avec les pansements et les bandes en cas d'entorses. Beca n'avait jamais vu Chloe avaler le moindre comprimé. La rousse n'était jamais malade, ne faiblissait jamais. Elle ne s'absentait jamais pour faire des examens. Enfin, Beca comprit qu'en fait, Chloe s'absentait et Chloe prenait des médicaments. Chloe le cachait juste très bien.
La brune abandonna ses recherches. Elle prendrait du café et des sandwichs pour tout le monde sur la route. Il y avait plus important. Si Chloe se réveillait, il lui faudrait des vêtements et ses médicaments. Beca prit la responsabilité de fouiller dans les affaires de Chloe pour lui ramener ce dont elle aurait besoin à son réveil alors elle monta dans la chambre de son amie.
En entrant, Beca se sentit comme une voleuse, une espionne qui entrait sans permission. Elle commença par les vêtements parce que ce serait le plus facile à trouver. Elle sélectionnait des pantalons, quand son téléphone sonna. C'était son père. Beca dût jongler entre les vêtements dans ses bras et son téléphonne plaqua sur son épaule pour répondre.
- Oui, papa.
- Beca, l'assistante sociale vient pour treize heures. Où es-tu ?
La musicienne se tourna pour voir l'heure sur le réveil de Chloe. Il était midi passé.
- J'arrive au plus vite, je dois déposer des affaires à l'hôpital pour Chloe et je viens directement chez toi après ça.
- D'accord, ne sois pas en retard. C'est important.
- Je sais, papa, c'est ma fille, articula Beca entre ses dents.
- Ne t'énerve pas. C'est juste que je ne veux pas qu'elle reste plus longtemps entre les mains de l'état.
- T'en fais pas, je serai à l'heure.
Beca souffla en raccrochant. Les évènements s'enchainaient sans qu'elle ne puisse réaliser ce qu'il se passait. Elle se sentait tirer de tous les côtés.
Pendant son appel, elle avait assemblé plusieurs tenues qui feraient l'affaire. Elle plaça le tout sur le lit et sortit la valise jaune de Chloe qu'elle savait être rangée dans le dressing pour y déposer les vêtements. La valise remplie, il ne manquait plus que ses médicaments.
La petite brune fit le tour de la chambre des yeux. Si elle devait cacher des médicaments sans pour autant oublier de les prendre, où les mettrait-elle ?
Beca cachait très mal ses affaires. La preuve, sa boîte à secrets n'était plus une boîte à secrets depuis le jour même où elle avait emménagée avec les Bellas. Alors trouver les cachettes des autres, c'était trop en demander.
Les médicaments ne pouvaient pas être dans la salle de bain de l'étage puisqu'elle était commune. Beca se tourna vers la coiffeuse dans le coin de la pièce sur laquelle se trouvait le maquillage et les bijoux de Chloe. Elle passait forcément par ici tous les jours, se dit Beca. Elle fouilla alors les tiroirs, mais rien. Elle examina même les boîtes à bijoux, sans succès. Ses recherches se tournèrent alors vers la table de chevet où elle découvrit des photos, des clés usb et le genre d'accessoires qui la fit rougir mais aucun médicament.
Agacée, Beca s'assit sur le lit, la tête dans les mains, les genoux impatients. Elle tentait de réfléchir à une possibilité mais elle était pressée par le temps alors elle finit par abandonner. Le médecin n'aurait qu'à faire une nouvelle prescription. Elle prit la valise et sortit à grands pas de la maison. Il ne lui restait plus beaucoup de temps et il ne fallait surtout pas qu'elle soit en retard.
Sur la route, Beca appela Aubrey. Plus tard, elle repenserait à ce choix et regretterait mais sur l'instant, la personne à prévenir semblait être Aubrey.
- Beca ? Tout va bien ?
- Oui, écoute, je ne pourrais pas revenir tout de suite, j'ai un rendez-vous urgent mais j'arrive tout de suite ap...
- Beca, est-ce que tu téléphones en conduisant ?!, l'interrompit Aubrey en s'étranglant presque.
- Euh...
- Raccroche tout de suite ! Tu arrives quand tu arrives, c'est pas grave. Tu nous raconteras plus tard ce qui est plus important que Chloe.
Beca regarda son écran, éberluée. La blonde avait déjà raccroché. Elle n'en croyait pas ses oreilles. Aubrey s'était pourtant excusée la veille ! Beca lâcha son téléphone sur le siège passager et frappa son volant plusieurs fois de rage. Peu importe, sa fille passerait toujours en première. Avec ou sans les Bellas.
A/N: Hello à tous, ce n'est que moi. J'espère que ce chapitre vous a plu. Je sais par expérience que peu de gens lisent les notes d'auteurs (surtout parce que, moi, je ne les lis pas tout le temps) donc merci à vous si vous lisez ça et surtout, n'hésitez pas à me faire part de vos ressentis pour la suite. L'histoire arrive à son pic, les choses vont commencer à devenir encore plus intéressantes ;)
PS: Quand un chapitre est posté, je suis déjà au milieu de l'écriture du suivant, en principe.
