- Mademoiselle Mitchell, comment comptez-vous subvenir aux besoins de votre fille ?
Beca entendit la question de l'assistante sociale mais elle était concentrée sur les petits doigts de sa fille qui jouaient avec les siens et le parfum de la lotion pour bébé qui dégageait de ses cheveux. Elle avait réussi à être à l'heure au rendez-vous. A la vue de Lucy dans les bras de l'assistante sociale, sa colère s'était dissipée.
- Mademoiselle Mitchell ? Beca ?
La musicienne quitta sa fille des yeux pour regarder enfin madame Olivarez et ses airs de première de la classe. La femme portait un tailleur cintré gris foncé et prenait des notes dans un calepins. Elle semblait avoir des origines latines, par son nom mais aussi par son grain de peau. Elle était fine avec de longs cheveux couleur de jais. Elle était chargée d'évaluer si Beca était apte à s'occuper de Lucy, si l'enfant s'entendait bien avec sa mère et surtout, si Beca savait restée calme en toute circonstance. Les services sociaux devaient s'assurer que le comportement violent de Beca inscrit dans son dossier n'était rien que du passé. Beca, elle, était prête à prouver qu'il n'avait jamais existé.
- Pardon. J'étais ailleurs. Ses mains sont si douces, fit Beca, la concentration déjà évaporée et répandue vers l'enfant sur ses genoux.
- Beca, répondez à la question, s'il vous plait.
- Oui, je... Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'elle ne manque de rien.
- Je vois. Ce n'est rien de concret, ça, mademoiselle Mitchell.
Beca regarda l'assistante inscrire une phrase dans son carnet avec les lèvres pincées. Ce n'était pas le moment de s'énerver. Elle prit une grande inspiration.
- Écoutez, je suis encore étudiante. Vous connaissez ma situation, vous avez lu mon dossier. Vous savez aussi que mes parents se porteront garants de nous deux le temps que je finisse mes études. Puis, j'ai un boulot, je travaille à la radio de l'université après les cours.
- Le problème, c'est que vous êtes majeure légalement et dans cet état, rien n'oblige vos parents à vous supporter le temps de vos études après votre majorité. Vos parents pourraient très bien signer les papiers et vous mettre à la porte le lendemain de la signature du jugement.
Beca comprit alors qu'elle ne pouvait pas s'appuyer sur ces arguments mais elle était prête à tout pour récupérer Lucy.
- D'accord, alors j'arrêterai mes études et je trouverai un job à temps plein qui paiera assez pour subvenir à ses besoins.
La détermination de Beca émut Maria Olivarez qui lui sourit gentiment.
- On ne vous demande pas de changer vos plans à ce point, Beca.
- Alors dites-moi, qu'est-ce qui serait suffisant pour que je récupère ma fille ?
La petite Lucy choisit ce moment pour se mettre à pleurer. Il était l'heure de la sieste, après tout et elle n'avait pas prévu de louper ça dans son planning de bébé déjà bien chargé. Beca la tourna et vit Lucy se frotter les yeux de ses petits poings. Elle lui donna la tétine violette posait jusqu'alors sur la table et plaqua la peluche en forme d'éléphant entre son corps et la joue de Lucy. Beca se mit à la bercer en murmurant contre son front une chanson inaudible aux oreilles de l'assistante sociale qui souriait devant la scène.
- Vous avez sa poussette ?, chuchota Beca après un temps, Lucy somnolant dans ses bras.
Maria hocha la tête et alla chercher le landau qui était le seul vrai équipement que le père de l'enfant avait acheté. L'assistante repensa au lieu dans lequel elle avait récupéré la petite Lucy. Elle ne comprenait pas comment la situation avait pu dégénérer au point de voir un enfant placé entre les mains de la justice. Elle regarda la jeune Beca déposer son enfant délicatement dans le landau puis le rapprocher de sa chaise pour continuer à la bercer une fois assise. L'assistante sociale était surprise de voir à quel point c'était inné chez Beca de s'occuper du bébé. La plupart du temps, son boulot consistait à enlever des enfants de leurs foyers parce qu'ils y étaient malheureux.
- Vous savez, Beca, ma mission, ici, est d'évaluer si vous êtes capable de vous occuper de Lucy, sous toutes les formes possibles. Financièrement, mais aussi, en terme d'espace. Je sais que vous vivez dans une maison en colocation. J'aimerai en apprendre plus sur cette maison et les gens qui y habitent.
- Hum, et bien, ce sont mes coéquipières. Je fais partie d'un groupe de chant et je vis avec mon équipe. Il n'y a que des filles et ce sont toutes mes amies. Il y aurait de la place pour Lucy. La maison est très grande. Mais je ne sais pas si supporter un bébé est fait pour tout le monde alors s'il le faut, je déménagerai, expliqua le plus explicitement possible Beca dont l'attention se divisait entre ce qu'écrivait Maria Olivarez et Lucy qui dormait maintenant à point fermé.
- D'accord, très bien. Il n'y a pas vraiment de point contraignant sur ce sujet puisque vous avez stipulé pouvoir déménager.
Beca acquiesça vaguement puis se leva pour déplacer Lucy dans le salon, pour qu'elle soit plus au calme. Quand elle revint, elle approcha sa chaise de la table et croisa les mains.
- Vous le savez, vous connaissez votre dossier aussi bien que moi. Ma mission est donc aussi d'évaluer si vous êtes un danger pour Lucy.
Maria vit Beca se crisper à l'évocation de son passé violent.
- J'aimerai pour cela que vous me racontiez ce qu'il s'est passé dans cette chambre d'hôpital, il y a un an.
- Pourquoi ? C'est déjà inscrit dans mon dossier. Et j'ai déjà été jugée pour ça, constata sèchement Beca qui ne voulait pas revivre ce moment.
L'assistante vit Beca se braquer alors elle décida de jouer cartes sur table.
- Beca, je suis de votre côté. La plupart du temps, j'enlève les enfants à leurs parents parce qu'ils sont pitoyables. J'ai récupéré Lucy chez son père, j'ai vu dans quoi elle vivait. Et je peux vous jurer que j'ai difficilement vu mieux dans ma carrière. Il y a plus d'enfants maltraités qu'on ne le pense. Mais, vous, je sais que vous ne jouez pas. Vous ne faites pas semblant avec Lucy. Vous l'aimez, ça se voit. Mais j'ai besoin d'être certaine à cent pour cent. Mon boulot est de la protéger avant tout. Alors j'aimerai entendre votre version de l'histoire.
Beca avait les larmes aux yeux après les paroles de cette femme avec qui elle discutait pour la première fois. Elle l'avait vu des dizaines de fois, de loin, s'occuper de Lucy, lui apprendre à marcher dans le parc, lui montrer les feuilles qui tombent à l'arrivée de l'automne. Elle comprit alors que Maria Olivarez était la première personne bien qu'avait côtoyé Lucy. Son père n'avait pas su s'en occuper et Beca s'était débattue avec la justice pendant un an pour réussir à avoir cette discussion. Un an pendant lequel sa fille était prisonnière des mains d'un sociopathe.
La brune renifla grossièrement et se leva. Elle s'appuya des deux mains sur la table.
- Vous voulez un café ? Ça va être un peu long.
Maria Olivarez acquiesça d'un sourire. Elle voyait bien que Beca voulait être une bonne mère. Il lui fallait juste les éléments le justifiant dans son dossier. Et Maria était prête à les inscrire si elle était persuadée de tout son être que l'enfant serait en sécurité.
Beca arriva toute électrisée à l'hôpital. Revoir sa fille, pouvoir la toucher, la sentir, lui parler. Tout cela lui avait redonné joie de vivre et détermination. Rien n'était plus important maintenant que de retrouver Lucy. Elle avait eu du mal à la voir partir mais Maria Olivarez lui avait assuré qu'elle s'en occupait comme il fallait et qu'elle ferait son possible pour que Beca puisse la voir plus souvent, au moins le temps du jugement.
Quand Beca arriva devant la chambre de Chloe, les parents de son amie discutaient avec Aubrey devant la porte ouverte. A l'arrivée de Beca, ils se turent. Aubrey observa Beca de la tête aux pieds, l'air agacé.
- J'ai loupé quelque chose ?, demanda Beca qui se demandait pourquoi elle méritait autant d'attention.
- Non, rien de neuf. Les parents de Chloe repartent pour Chicago ce soir, l'informa Aubrey.
Le regard de Beca se tourna vers le couple aux visages toujours fermés. Quel genre de parent part quand son enfant est à l'hôpital ? En plus, elle avait souvenir qu'ils habitaient en Floride. Beca mit ses pensées de côté. Au moins, elle pourrait aller et venir sans se soucier de ce qu'ils penseraient et quand bien même, Chloe ne voudrait pas les voir, apparemment.
- Monsieur et Madame Beale, je vous souhaite un bon vol.
Beca s'était adressée au couple en inclinant la tête poliment. Elle les regarda partir, Aubrey toute tendue à ses côtés. Quand ils furent hors de vue, elle prit Aubrey entre quatre yeux.
- Je dois te parler, fit Beca en emportant son ex-capitaine, qui se débattait, dans la cage d'escaliers.
Comme dans la plupart des hôpitaux, seul le personnel soignant utilisait les escaliers et c'était à l'avantage de Beca qui ne voulait pas de public à la discussion qu'elle voulait avoir avec Aubrey.
- Tu me fais mal, Beca !
- Je peux savoir ce qu'il s'est passé entre ton discours d'hier soir et ce midi, quand on s'est parlé au téléphone ?
Aubrey la fixait avec des yeux grands ouverts. Elle ne s'attendait visiblement pas à être confrontée de la sorte. Son mutisme agaça Beca qui se pinça le nez.
- Écoute, Chloe est importante pour moi, comme pour nous toutes. Tu ne peux pas faire semblant de ne pas le savoir. Mais j'ai aussi des choses importantes à gérer. Ma vie ne tourne pas qu'autour des Bellas.
Sa dernière phrase fut l'étincelle de trop pour Aubrey.
- C'est justement ça, le problème. Hier soir, tu me fais tout un discours sur comment Chloe est la seule à s'intéresser à toi alors je me dis que j'ai merdé, que je ne t'ai pas fait assez confiance en tant que capitaine et regarde où ça nous mène quand je te fais confiance ! On ne t'a plus vu de la journée ! Tu étais censée prendre une douche et revenir. Qu'est-ce qui s'est passé ensuite ? Une météorite est tombée sur tes platines ?!
- Non, j'avais un rendez-vous. J'avais oublié avec tout ce qui s'est passé...
- Ah, tu avais oublié ! Tu sais qui a sûrement oublié ? Chloe ! Les médecins ne savent pas se prononcer sur l'état de sa mémoire ou de son langage quand elle se réveillera !
Beca était abasourdie. Chloe allait bien. Elle allait s'en remettre. Ça ne pouvait pas être autrement. Elle ne pouvait pas oublier les Bellas et tous leurs souvenirs.
- Tu mens ! Tu m'as dit qu'il n'y avait rien de nouveau !
- Parce que c'est le cas ! Elle ne se réveille pas, Beca ! Et toi, tu disparais alors qu'on s'inquiétait. On s'est même imaginé un nouvel accident et que tout recommence pour toi ! Tu savais pas prévenir ? Et puis, où tu étais ? Qu'est-ce qui était si important pour que tu sois injoignable tout un après-midi ?
Aubrey était en rage. Elle en avait assez de mâcher ses mots et cette fois, Chloe n'était pas là pour faire tampon. Des deux côtés, les limites étaient dépassées. Beca était prête à craquer. Sa fille lui manquait. Chloe lui manquait. Sa vie d'avant lui manquait. Elle voulait que tout s'arrête. Mettre pause. Le silence. Que le monde s'arrête un instant ou trois ans pour qu'elle puisse prendre le temps d'avaler et de digérer tout ce qui s'était passé depuis vingt-quatre heures.
- Arrête, Aubrey, prévint la brune, la tête entre les mains.
- Non, c'est trop facile ! On se fait du soucis pour toi, on s'inquiète. Et toi, tu vis ta petite vie sans te rendre compte que les gens tiennent à toi ! Alors où étais-tu cet après-midi ?
- Arrête, je te dis. C'était un rendez-vous.
- Un rendez-vous pour quoi, Beca ? Quel rendez-vous est plus important que tes amies ? Quel rendez-vous ne peut pas être annulé quand ta meilleure amie est dans le coma ? Dis-moi !
- Je ne peux pas te dire !
- Mais bien sûr que si, Beca ! Tu ne VEUX pas le dire, c'est différent !
- Évidemment que je ne veux pas te le dire parce que tu me jugeras ! Parce que c'est ce que tu fais tout le temps ! Personne n'est jamais assez bien pour toi !
- C'est faux ! Arrête de t'obstiner ! Dis-moi ce qu'il ne va pas ! On s'inquiète toutes ! Pourquoi tu restes aussi têtue comme ça ?
- Tu ne t'inquiètes pas, tu veux juste prouver que tu as raison. Parce que je sais que je suis une ratée ! J'ai pas besoin de toi pour m'en rendre compte !
Aubrey fut stupéfaite. Jamais elle n'avait vu Beca comme tel. Elle s'était rendue compte la veille qu'elle renvoyait cette opinion-là mais en aucun cas elle pensait du mal de Beca. Elle en attendait beaucoup, elle le savait et son propre stress jouait sur ses émotions mais c'était elle la plus âgée des deux. Elle devait remettre Beca dans le droit chemin et lui faire comprendre qu'elle s'était juste inquiétée toute la journée de ne pas voir la brune revenir et qu'elle en avait marre de la voir hantée par ses secrets.
- Ok, stop, fit Aubrey, plus calme, les mains en signe de reddition.
La blonde recula et s'appuya sur le mur puis passa les mains sur son visage en soufflant.
- Tu sais, tout ce que je veux c'est que vous soyez toutes en sécurité et heureuses. On voit toutes comme tu souffres, tu es dévorée par ce que tu caches et encore là, maintenant, j'ai bien cru te voir imploser. Tu essaies de cacher tant bien que mal que ça ne va pas mais ça te dépasse, Beca. Laisse-nous t'aider. Laisse-moi t'écouter. Sans jugement, je te le promets.
La brune releva vers elle des yeux embués. Elle en avait plus que marre de se mettre à pleurer pour un oui ou pour un non. Mais Aubrey avait raison, elle atteignait rapidement sa limite. Elle allait exploser avec tout ce qu'elle contenait en elle. Beca resta sur place, les bras ballants et les larmes qui coulaient. Aubrey l'observait sans savoir si elle pouvait approcher ou si, au contraire, elle devait garder ses distances.
- Ca nous réussit pas, le stress. Toutes les deux, on se ressemble pour ça. On gère très mal nos émotions. C'est pour ça que j'arrive à dire que ça ne va pas, expliqua Aubrey en s'approchant doucement.
Beca renifla sans bouger. Elle fixait ses chaussures.
- Oui mais toi, tu as ta petite vie parfaite. Tu juges tout le monde parce que tu peux le faire. Il n'y a même pas un pli sur ton chemisier alors que je suis sûre que c'est celui d'hier, fit remarquer Beca.
Aubrey regarda son chemisier et sourit. Effectivement, elle avait très peu dormi et avait enfilé sa tenue de la veille. Elle avait voulu être au plus vite auprès de Chloe.
- Tu as une tâche sur l'épaule et je ne te juge pas pour autant. Ta vie n'est pas moins bien que la mienne pour ça, pointa Aubrey du doigt.
Beca tendit son t-shirt pour voir la tâche sur son épaule. C'était de la compote de pomme. Elle le savait parce que c'était ce que Lucy avait mangé au gouter avant de s'en aller. Beca ricana en secouant la tête. Elle allait devoir s'habituer à avoir ses vêtements pleins de tâches qui ne partiront plus. Et elle ne pouvait pas rêver mieux. Beaucoup de choses allaient changer et elle allait devoir faire confiance au moins à une personne pour ne pas perdre complétement les pédales à force d'essayer de se dédoubler.
- Tu sais ce que c'est sur mon épaule ?, fit Beca l'air soudain sérieux, les yeux dans le vide.
Elle ne vit pas vraiment Aubrey hausser les épaules. Elle repensait aux paroles de l'assistante sociale. Elle devait faire confiance aux personnes qui l'entouraient parce qu'elles seront les seules capables de la soutenir et de la comprendre.
- C'est de la compote.
Il y eut un blanc. Aubrey se racla la gorge, un peu confuse de la tournure que prenait la discussion.
- D'accord. Et donc ?
- Tu me jugerais si je te disais que c'est un bébé qui l'a laissé là ?
Aubrey ouvrit de grands yeux et commençait à se demander dans quoi elle mettait les pieds.
- Et donc tu fais du bénévolat dans une crèche ? Sérieusement, Beca, c'était si important ?
- Quoi ? Mais non. Ce bébé, cette petite fille, c'est la mienne. J'ai vu ma fille de onze mois, tout à l'heure.
Aubrey passa l'auriculaire dans son oreille. Elle avait dû mal entendre.
- Tu peux répéter ?, demanda-t-elle en se penchant comme si ça aiderait.
- J'ai une fille, Aubrey. Je l'ai vu pour la deuxième fois aujourd'hui. Je ne l'avais plus tenu dans mes bras depuis plus d'un an.
La blonde s'approcha et prit le visage de Beca entre ses mains.
- Tu délires, je crois. Ou bien tu mens très bien.
Les yeux de Beca analysaient chaque trait sur le visage d'Aubrey. Elle voyait dans ses yeux comme elle ne savait pas quoi croire.
- Je peux te montrer une photo, si tu veux, articula Beca, la bouche prise en étau par Aubrey.
La blonde la lâcha et accepta en reculant, les mains sur les hanches. Elle avait imaginé toute sorte de choses qui pouvaient retenir Beca. De la meilleure à la plus mauvaise. Du petit ami secret au tueur en série. Mais jamais elle n'avait imaginé Beca maman d'un bébé de presque un an.
- Regarde. Elle s'appelle Lucy. C'était aujourd'hui, expliqua Beca en lui tendant son téléphone.
La photo montrait la petite brune confinait dans son landau, en pleins rêves et bien au chaud.
- Et là, c'est elle et moi. C'est les seules photos que j'ai.
La seconde montrait mère et fille, deux regards bleus foncés vers la caméra, les joues collées. Beca avait un sourire éclatant et la ressemblance avec l'enfant ne pouvait être contredite. Aubrey sourit enfin. Elle le voyait bien maintenant.
- Les filles, quand vous aurez fini de vous battre, le chirurgien souhaite nous parler.
Les deux jeunes femmes tournèrent la tête vers la porte de l'escalier d'où Stacie avait fait irruption. Beca rangea son téléphone et reprit la contemplation de ses chaussures, comme un enfant pris la main dans le sac.
- On arrive tout de suite, dit Aubrey.
Stacie acquiesça et referma la porte sans rien dire. Aubrey tourna un regard bienveillant vers Beca qui n'osait pas la regarder. Elle s'avança et l'entoura de ses bras.
- Je suis fière de toi, lui chuchota-t-elle à l'oreille. Tu me raconteras tout en détails plus tard mais ça s'arrangera, d'accord ? Je suis là pour toi.
Aubrey avait fini sa phrase avec les joues de Beca à nouveau entre ses mains.
- Oui, merci. Tu peux me lâcher s'il te plait ?, articula la brune un peu gênée.
Elles se séparèrent sans rien dire de plus pour quitter la cage d'escaliers et se rendre dans la chambre de Chloe.
- Mesdemoiselles, je peux maintenant vous assurer que votre amie est physiquement hors de danger et stable. Elle respire par elle-même et elle ne montre aucun signe de complication qui aurait pu être lié à l'intervention. Son système rénal reprend des forces grâce au traitement qu'on lui administre. Nous sommes confiants.
- Quand est-ce qu'elle se réveillera, Doc ?, demanda Amy pour une fois penaude et affectée.
Le médecin soupira en rabattant les feuilles de son calepin. Il enleva ses lunettes pour les plier et les mettre dans la poche avant de sa blouse.
- C'est le seul point négatif. Nous l'ignorons. A ce stade, nous supposons que son corps ait besoin de temps pour se remettre du choc de l'accident et des différentes chirurgies que mademoiselle Beale a subi. Selon les radios, son traumatisme crânien n'a visiblement pas eu de grosse répercussion physique mais on ne peut pas dire avec certitude si le cerveau fonctionnera comme il se doit au réveil.
- Mais elle se réveillera, c'est sûr ?, s'inquiéta Stacie.
Le Docteur Vitto passa un regard prévenant sur Chloe avant d'encrer ses yeux désolés dans ceux de Stacie.
- Elle seule peut le décider, à présent. C'est triste à dire, mais nous avons fait notre partie du chemin concernant ses blessures. C'est à elle de faire l'autre moitié.
Sur ces mots, le médecin quitta la pièce pour visiter d'autres patients. Une chape de plomb s'était déposée sur la chambre. Beca avait les oreilles qui bourdonnaient. Elle voyait ses amies bouger. Stacie prenait Aubrey dans ses bras. Ashley et Jessica s'étaient serrées contre Amy et Lily. Flo était triste mais ne savait pas vers qui se tourner. Beca sentit quelqu'un lui prendre la main. C'était Cynthia qui était venue s'appuyer contre le rebord de fenêtre, à ses côtés, pour lui montrer son soutien. Beca lui sourit et le son reprit dans la pièce comme si quelqu'un avait à nouveau monté le volume. Elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche.
- Quinn est en bas, avec Rachel. Je vais aller les chercher, fit Beca en remettant sa veste. Quelqu'un veut m'accompagner ?
Les filles se regardèrent, étonnée. Beca aimait être seule et ne leur proposait jamais de l'accompagner où que ce soit. Devant leur indécision, Beca leva les yeux au ciel et se tourna vers Aubrey.
- Tu ne les as pas encore rencontré, je crois. C'est le moment. Si ça te dit.
Un souffle de stupeur se fit entendre. Beca se retourna, surprise. La réaction des Bellas était unanime. Que Beca leur propose de l'accompagner était déjà invraisemblable mais qu'en plus, elle choisisse Aubrey était pour le moins stupéfiant. Un sourire en coin naquit sur les lèvres de la blonde avant qu'elle ne suive Beca dans le couloir. Finalement, le changement commençait peut-être enfin.
Quinn et Rachel attendaient dans le hall de l'hôpital avec un bouquet de fleurs et un grand sac cabas. Lorsque Beca et Aubrey sortirent de l'ascenseur, Rachel lâcha le sac et courut sur Beca pour l'engouffrer dans ses bras. Beca ouvrit de grands yeux sur Quinn, qui la regardait en se retenant difficilement de rire.
- Tu vas bien. Je suis contente, fit Rachel.
- Euh, oui, je n'étais pas dans l'accident, moi, répondit Beca maladroitement.
Rachel hocha la tête, pensive. Bien sûr, il fallait s'inquiéter pour Chloe dorénavant.
- Aubrey Posen, enchantée, déclara Aubrey en tendant la main vers Rachel.
Elle était restée à côté de Beca, surprise mais hilare de la voir se faire malmener par une autre petite brune beaucoup plus optimiste qu'elle.
- Rachel Barbra Berry, de même.
Les deux femmes se serrèrent la main. Beca les avisait curieusement. Quinn vint poser sa main sur son épaule alors que les deux autres discutaient.
- Elles se ressemblent, pas vrai ?, chuchota Quinn.
- Oui, ça fait flipper, s'étrangla Beca.
Elles regardèrent les deux femmes discuter quelques minutes. Beca inspectait Quinn. Elle avait l'air en forme et complétement remise de l'accident. Elle lui lança un coup de coude.
- Eh, contente que tu n'aies rien, déclara la musicienne d'un petit sourire.
- Merci, moi aussi. Je suis désolée pour Chloe. J'espère qu'elle s'en remettra, prononça Quinn du bout des lèvres, une main toujours sur l'épaule de Beca.
La brune prononça un merci et baissa les yeux. Elle oubliait parfois comme elle pouvait être inquiète pour Chloe. La réalité la rattrapait toujours.
- On va peut-être monter maintenant, lança la blonde au bouquet de fleurs.
- Oui, oui. Je faisais connaissance, fit Rachel en reprenant son sac d'une main et le bras de Quinn de l'autre.
Elles se dirigèrent toutes les quatre vers l'ascenseur. Aubrey appuya sur le bouton et elles attendirent en ligne, en silence, que l'ascenseur arrive.
- Tu sais que tu as une tâche sur l'épaule, lança Quinn à Beca en se penchant pour lui parler.
- Oui, je sais. C'est Lucy. Je lui ai donné de la compote tout à l'heure, raconta Beca en souriant innocemment.
- C'est pas le plus dur à faire partir au lavage, rassura Quinn d'un clin d'œil.
- Non, le pire, c'est le jus de raisin ou même l'encre, s'enquit Rachel. Une fois, Beth a colorié ses vêtements avec des feutres indélébiles, on a dû jeter sa tenue complète.
L'ascenseur s'ouvrit sur un couple de personnes âgées qui marchaient lentement. Les quatre jeunes femmes entrèrent à leur tour dans l'ascenseur.
- Vous avez des enfants ?, demanda Aubrey par simple curiosité.
Rachel jeta un regard en biais à Quinn qui sourit malicieusement. Le sujet était un grand débat pour le couple. Quinn voulait des enfants une fois que Rachel accepterait de l'épouser et seulement lorsqu'elle aurait fini ses études en école d'arts. Mais Rachel ne voulait pas retourner à New York sans Quinn pour continuer ses études et, de toute façon, elle serait une mauvaise mère. Comment pouvait-il en être autrement puisqu'elle n'avait pas eu de maman elle-même ? Le débat s'arrêtait toujours sur ce point précis. Quinn la prenait dans ses bras et lui disait qu'elles avaient encore le temps d'y penser.
- Pas ensemble, non. J'ai une fille de quatre ans mais la situation est compliquée, elle ne vit pas avec nous, expliqua le plus brièvement possible Quinn qui n'aimait pas s'épancher sur le sujet avec des gens qu'elle connaissait à peine.
- Je vois, fit Aubrey sans rien ajouter.
Beca eut peur, sur l'instant, que son amie ajouterait une remarque cinglante pleine de jugements mais il n'en fut rien. A la place, elle entendit le ding de l'ascenseur et vit les portes s'ouvrir sur le couloir qu'elle commençait à bien connaître, à son grand regret.
Pour une pièce qui réunissait toute une équipe d'a capella, la chambre de Chloe était plutôt calme, comme si toute joie était endormie, comme la rousse sur son lit d'hôpital. Aubrey entra en première puis Quinn et Rachel suivirent. La brune eût un mouvement de recul à la vue de la personne sur le lit. Beca faillit la bousculer. Rachel resta figée par les souvenirs qui lui remontaient d'un coup. Quinn vit tout de suite le malaise de sa compagne et la prit contre elle, discrètement pour ne pas éveiller la crainte des autres femmes dans la pièce.
- Je suis là. Je vais bien. Je suis vivante. Et elle va vivre aussi. Rach', tout va bien, murmura Quinn continuellement à l'oreille de Rachel.
Beca remarqua la scène mais ne dit rien et traversa la pièce pour venir prendre la main de Chloe dans la sienne. Elle était encore reliée à des cathéters qui lui administraient divers médicaments et la nourrissaient. Sa peau était douce mais un peu froide alors Beca remonta légèrement le drap sur la poitrine de son amie, sans la quitter des yeux. Tout le monde l'observa faire. Ce fût Rachel qui brisa le silence d'un raclement de gorge.
- Qui a faim ? On a ramené des sandwichs. On a fait au plus classique pour que tout le monde y trouve son compte, expliqua-t-elle en déballant les sandwichs du cabas.
- Oh, merci, tu es mon nouveau dieu !, annonça Amy en croquant son sandwich à pleines dents.
- Merci beaucoup, à toutes les deux. Vraiment, fit Aubrey d'un regard tendre.
- Pas de soucis. Vous tenez toutes le choc ?, demanda Quinn.
- C'est pas simple, mais on garde espoir, avoua Ashley.
- Chloe nous manque déjà. Elle est tellement tout le temps présente, sourit Jessica.
Toutes hochèrent la tête d'un commun accord. Quinn les visualisa une à une. Elles formaient vraiment une équipe soudée. Beca et Chloe seraient bien entourées pour la suite, se dit-elle en souriant.
Les filles mangèrent en silence, même Beca qui avait appuyé le fait qu'elle n'avait pas faim. Cynthia lui avait enfourné un sandwich dans la bouche en lui disant qu'elle n'avait pas le choix. Rachel, qui connaissait déjà un peu Chloe, s'inquiétait de voir son état pire que celui de Quinn quand elle avait eu son accident.
- Comment va-t-elle ?, lança la petite chanteuse sans pouvoir se retenir plus longtemps.
Les Bellas se jaugèrent. Aucune ne voulait prendre la parole. Entendre l'état de Chloe était une chose, le répéter en était une autre. Le silence perdura et Rachel n'attendait même plus de réponse.
- Elle a découvert la boîte que je cachais sous mon lit, balança Beca, qui tournait le dos à toute la pièce, le regard rivé sur le visage entaillé de Chloe.
Quinn et Rachel ne comprenaient pas. Ce n'était pas ce que Rachel avait demandé.
- Elle est là parce qu'on s'est disputées. Je lui ai dit de ne plus m'approcher, que je ne pouvais pas lui faire confiance, finit Beca dans un souffle.
- C'était un accident, Beca, tenta Stacie.
- Non !, protesta la brune. Elle irait très bien sans ça. Elle devait être en entraînement avec nous ! Elle n'avait rien à faire sur la route ! Il faut qu'elle se réveille.
Personne n'osa contester. Chloe était l'amie de tout le monde. Un vrai rayon de soleil, une bouffée d'air frais pour quiconque, même les plus pessimistes comme Beca. Les Bellas restaient impuissantes devant la détresse de Beca. Elles ressentaient toutes la même émotion. Frustration. Il leur fallait être patientes. Attendre. Sans savoir. Comme c'était difficile d'attendre qu'une personne comme Chloe, qui maintient le groupe ensemble à la force de ses bras, se réveille. D'attendre qu'elle se réveille pour savoir si elles retrouveront la Chloe d'avant l'accident. Rachel en fut émue. L'émotion était palpable dans la pièce et elle ne pouvait que partager leur sentiment. Elle avait patienté trois jours au chevet de Quinn à attendre qu'elle se réveille après son premier accident. Encore aujourd'hui, elle ne souhaitait ça à personne, même pas à son pire ennemi.
- Qu'est-ce que ferait Chloe à votre place ?, demanda soudainement Quinn qui remarquait les visages prostrés et les mines déconfites.
Un calme accueilli sa question puis des sourires apparurent.
- Elle chanterait, confia Beca, toujours assise sur le lit de Chloe à lui tenir la main.
Les filles acquiescèrent. Peu importe les circonstances, Chloe avait une chanson pour tout. Les victoires, les défaites, les cœurs brisés et les rencontres amoureuses. Elle était celle qui réconfortait tout le temps tout le monde.
Rachel commença à humer l'air de Keep Holding On d'Avril Lavigne. Quinn sourit aux souvenirs qu'elles partageaient toutes les deux sur cette chanson. Elle avait su la relever quand elle en avait besoin. Aujourd'hui, Beca et ses amies en avaient besoin. Chloe en avait besoin. Alors elle commença le premier couplet, appuyée par Rachel.
You're not alone, together we stand
I'll be by your side, you know, I'll take your hand
When it gets cold and it feels like the end
There's no place to go, you know, I won't give in
No, I won't give in
Les deux femmes partagèrent un sourire à l'entente des Bellas qui les rejoignaient pour le refrain. Les filles se resserrèrent instinctivement autour du lit.
Keep holding on
'Cause you know we'll make it through
We'll make it through
Just stay strong
'Cause you know I'm here for you, I'm here for you
There's nothing you can say, nothing you can do
There's no other way when it comes to the truth
So keep holdin' on
'Cause you know we'll make it through
We'll make it through
Beca remercia le ciel ou peu importe qui se trouvait là-haut d'avoir des amies aussi sensibles et farfelues parce qu'elle reconnut qu'elle avait bien besoin de musique. Si une chose pouvait réveiller Chloe, c'était la musique. Elle espérait de tout son cœur que cela fonctionnerait, que Chloe ouvrirait les yeux, d'un coup, comme dans les films, et que tout redeviendrait comme avant. Mais Beca se rappela pourquoi elle n'aimait pas vraiment les films. Ils ne reflétaient jamais la réalité.
A la fin de la chanson, elles s'attendaient toutes presque à voir Chloe se lever d'un bond mais rien ne bougea. Les machines continuèrent leurs bips incessants. Les tubes continuèrent d'alimenter la jeune femme alitée. L'engouement retombait comme un cheveux dans la soupe. Lasse de la situation, Aubrey décida qu'il était temps de rentrer.
- Les filles, l'arrêt des visites approche. On devrait rentrer.
Toutes consentirent et rassemblèrent leurs affaires. Elles dirent au revoir à Rachel et Quinn puis quittèrent la chambre l'une derrière l'autre. Stacie resta en retrait.
- Tu viens Aubrey ?
- Je vous rejoindrai à la maison. Je dois parler à Beca.
Stacie hocha la tête et sortit en lançant un dernier regard à la brune en question qui n'avait toujours pas quitté le lit de Chloe.
- Si tu veux parler de Lucy, Quinn et Rachel peuvent rester. Elles sont déjà au courant, annonça Beca vaguement.
Aubrey regarda les deux jeunes femmes qui affirmèrent. Elle s'avança ensuite pour poser une main sur l'épaule de Beca.
- D'accord. Alors, j'aimerai que tu m'expliques tout depuis le début, si tu es prête à le faire. Je veux juste t'aider, Beca.
La brune s'écarta à contre cœur de Chloe et hocha la tête. Elle se tourna et Quinn et Rachel purent enfin voir son visage strié de larmes.
- Oui, je sais. Il me faudra de l'aide, de toute façon. Je ne pourrais pas la récupérer seule.
Beca n'avouait jamais qu'elle avait besoin d'aide. Aubrey comprit que la situation était conséquente.
Une pause leur permit de lier un pacte muet. Aubrey, Quinn et Rachel étaient prêtes à aider Beca, coûte que coûte. Les deux dernières ne la connaissaient que depuis deux jours, mais leurs histoires étaient déjà liées. Alors elles écoutèrent ce que Beca avait vécu, depuis ses années lycée, jusqu'à maintenant, où l'espoir de retrouver sa fille n'avait jamais été aussi présent. Elles entendirent la trahison du harcèlement à l'école, la douleur de la séparation avec sa fille, la peur de perdre Chloe quand elle avait découvert le cliché de l'échographie. Elles entendirent surtout le besoin de Beca d'être entourée et soutenue.
- Je connais quelqu'un qui pourra sûrement te conseiller pour préparer ton audience avec le juge, fit Quinn après avoir entendu les dernières avancées de l'expertise pour la garde de Lucy.
- Tu penses à Santana ?, demanda Rachel.
Quinn acquiesça. Sa meilleure amie, Santana Lopez faisait des études de droits et venait de choisir sa spécialité en droits des familles.
- Elle n'exerce pas encore et elle est à Los Angeles donc elle n'aurait pas pu te représenter mais tu dois bien pouvoir trouver quelqu'un qui le fera, continua Quinn.
- Ca devrait pouvoir se négocier, sourit Aubrey.
La blonde était justement devenue avocate à la fin de l'année précédente. Elle se spécialisait en droits du travail mais elle pensait déjà à un de ses collègues qui pourrait aider Beca.
- Tu verras, on va tout faire pour que tu récupères ta fille.
Beca hochait la tête distraitement. Elle jeta un regard à Chloe. La situation était complétement invraisemblable.
- Reste à expliquer tout ça aux filles, annonça-t-elle à contre coeur.
Après un temps, Aubrey se leva promptement.
- Et bien, il n'y a plus qu'à rentrer et à faire justement ça. L'expliquer aux filles autour d'un chocolat chaud.
Beca enfouit sa tête dans ses mains. Elle avait conscience qu'elle manquait d'options mais ça n'empêchait pas la peur de lui retourner l'estomac.
Les quatre filles laissèrent Chloe, non sans lui dire au revoir, et sortirent de l'hôpital. Beca s'arrêta alors qu'Aubrey se dirigeait vers sa voiture et regarda Quinn et Rachel s'éloigner. Une idée la traversa et elle se mit à courir pour les rattraper. Aubrey la regarda faire de loin.
- Attendez !
Une fois à leur hauteur, Beca mit les mains sur ses genoux, essoufflée. Elle maudissait ces satanés exercices de cardio dont elle avait visiblement bien besoin.
- Vous n'avez qu'à venir avec nous, fit-elle entre deux respirations.
Le couple se transmit la question par un regard et ce fut Quinn qui répondit.
- Une autre fois, Beca. C'est gentil mais tu as besoin d'être avec tes amies.
La brune acquiesça, les mains sur hanches et les joues rouges.
- Puis je ne te cache pas que j'ai été pas mal secouée, là-haut. On a besoin de se retrouver seules, finit Rachel, le regard sur sa compagne.
- Je comprends. Bonne soirée.
Beca sourit et les laissa partir avant de rejoindre Aubrey près de sa voiture.
- Allons retrouver les filles.
Notes d'Auteur: Hello à tous, je sais comme ça vous fait plaisir de lire une note d'auteur, surtout quand il n'y a rien d'intéressant à lire dedans :P J'ai eu du mal pour ce chapitre. Les passages de disputes sont compliqués et j'essaye de faire en sorte que la Beca maman reste la même que la Beca Capitaine des Bellas. Je sais pas si c'est très clair pour vous mais bon. Du coup, j'aimerai avoir vos avis sur la question. Vraiment, ça me permettrait de m'améliorer donc n'hésitez pas, ma boîte de réception reste ouverte :)
