Maverick avait eu raison, à peine atterrit, qu'ils furent convoqués. Les pilotes au sol avaient à peine eu le temps de leur dire qu'ils étaient sans cervelle, qu'ils furent appelés par le Vice-Amiral dans son bureau. Ils se changèrent en uniforme, allant ensuite rejoindre l'endroit tant redouté.

June et Bradley se tenait l'un à côté de l'autre, les mains dans le dos, droits comme des piquets et la tête haute. Le Vice-Amiral les regardait, fixant tout particulièrement la jeune femme.

« Vous savez combien coûte ces machines? » demanda-t-il.

La fille de Pete le regarda sérieusement, « Cher. »

« C'était une question rhétorique… » murmura Rooster à celle-ci, la faisant pincer les lèvres.

« Ah. » soupira-t-elle, le Vice-Amiral les regardant chacun leur tour comme s'il n'en revenait pas de leur stupidité.

Puis il s'arrêta de nouveau sur June, « Je commence à croire que vous êtes pires que votre père. »

« … Ça aussi c'était une question rhétorique? » demanda-t-elle à Bradley en lui jetant un coup d'œil.

Le pilote à ses côtés soupira discrètement, serrant la mâchoire pour s'empêcher de réagir. « Fais juste la fermer. » chuchota-t-il entre ses dents, clairement désespéré.

Beau Simpson se frotta le front d'une main, assez déstabilisé. Il avait moins de pouvoir sur June que sur Rooster, parce qu'elle appartenait à une Brigade que le Pentagone protégeait beaucoup trop. Mais ici, c'était lui qui décidait.

« Vous n'avez pas suivi les instructions et Lieutenant-Colonel Mitchell… vous avez fait des manœuvres qui ne sont pas autorisées en entrainement, des manœuvres qui auraient réellement pu finir en accident. » fit-il.

Elle hocha la tête, « J'avais le contrôle. »

Il sourit de manière mauvaise, « Vous n'aviez pas dit que vous vous éjecteriez en cas d'échec à repartir vos réacteurs? Est-ce la définition de contrôle pour vous? »

Bradley lui donna un coup de coude, lui faisant comprendre de ne pas répondre et de réellement se la fermer cette fois. Alors elle n'ouvrit plus la bouche. En bref, ils se firent remettre à l'ordre pendant une quinzaine de minutes où ils restèrent silencieux à simplement écouter les reproches et les avertissements du Vice-Amiral. En finalité, celui-ci les libéra avec un avertissement : ne plus jamais refaire de genre de choses, dont désobéir à ce point. Après tout… Il ne pouvait pas renvoyer les deux chefs d'escouade.

June et Bradley sortirent, Maverick les attendant déjà dehors, adossé à un mur du couloir. Il fixait sa fille, celle-ci détournant le regard, fuyant très clairement la confrontation.

Pete la pointa du doigt, « Toi, tu vas me suivre. » Il pointa ensuite Rooster, « Toi, tu retournes au dortoir. »

Elle haussa un sourcil, regardant le plus grand à côté d'elle. « Il a pas le droit à l'engueulade lui? » Son père la fixa en silence, « Okay je me tais et je te suis, j'ai compris. »

Bradley s'en alla, le père et la fille sortant eux-aussi en prenant leur temps pour rester seuls. Ils marchèrent un silence un moment, avant que Pete ne s'arrête, la faisant aussi arrêter.

L'homme regarda sa fille, celle-ci retroussant ses manches d'uniforme en silence. « Je sais ce que Ghost veut dire. »

Elle releva les yeux vers lui, levant un sourcil. « J'espère, sinon ce serait bizarre. »

« Non. » répondit-il, « Je sais la vraie raison derrière ce surnom. Ce n'est pas parce que tu disparais en plein vol comme tu veux le faire croire. Ton indicatif est Ghost, parce que tu pilotes comme si tu étais déjà morte, comme un fantôme. »

June le fixa en silence un moment, ayant arrêté de retrousser ses manches. Elle vit que le regard de son père était triste, peut-être même déçu. « C'est comme ça que l'on survit, non? »

« June. » fit-il, « Pourquoi? Tu veux faire comme moi? Tu veux regretter? Pourquoi tu pilotes comme si mourir ne t'importait même pas? »

« Parce que… » Elle referma la bouche, fixant le sol.

Le soleil se couchait, Rooster faisait ses 200 pompes devant le bâtiment du dortoir pour respecter son pari. Maverick et Ghost se tenait dans un parking, au vent, en silence, l'un face à l'autre.

« Est-ce que… C'est ta mère? » osa-t-il enfin demander.

La brune entrouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Elle enleva ses lunettes de son col, les plaçant sur son nez. June s'en alla, ne disant pas un mot de plus, laissant son père planté au même endroit. Il ne l'interpella pas, n'insista pas. Maverick savait pertinemment que ce sujet était tabou, mais aussi qu'il ne pouvait pas la forcer à s'ouvrir si elle ne voulait pas le faire. June était comme ça, elle ne changera pas. Certains sujets ne pouvaient pas être abordés. Elle était arrogante, confiante, même trop, mais une chose était trop dure pour elle. La brune ne pouvait pas parler de ses sentiments, d'elle, de ses peurs, de ses regrets ou des choses qui la rendent plus faibles. Ces choses-là, elle les ignorait, les renfermait et les gardait sous silence.

Même son propre père ne pouvait absolument rien y faire.

Quand la jeune femme fut revenue, elle croisa Rooster qui faisait ses pompes. La pilote lui jeta un regard, celui-ci l'ignorant royalement. Ne s'y attardant pas plus, elle rentra dans le bâtiment pour aller rejoindre ses propres coéquipiers. Évidemment, eux, ils la félicitèrent. Pour sa façon de voler, pour avoir désobéi, pour avoir montré aux pilotes arrogants ce qu'elle pouvait faire et pour avoir enragé le Vice-Amiral. Ce soir-là, ils fêtèrent le premier entrainement et burent jusqu'à tard. Ce qui se vit bel et bien le lendemain.

Cette fois, l'équipe fut dans une salle de classe avec des sièges plus confortables que le premier jour. Encore une fois, chacun avait sa rangée. Il y avait de belles grandes fenêtres, le tableau n'était plus celui d'une école, mais bien plus sophistiqué avec des écrans et une réelle possibilité d'observation. Personne n'avait de lunettes de soleil, sauf tous ceux des Forces Spéciales. Pourquoi? Pour cacher ce qu'il y avait derrière… Des cernes et une gueule de bois.

« Vous avez besoin de lunette ici? » fit remarquer Hangman, les regardant en souriant.

June l'ignora, adossé dans son siège les yeux fermés, mais Karl ne l'ignora pas. « Ferme-la. » murmura-t-il.

« Ça te fais mal à la tête quand je parle? » continua le blond, faisant grogner Karl.

La brune fit un signe de main, sous-entendant aux deux de la fermer, l'un comme pour l'autre. Les coupant, Pete arriva dans la salle. Il alla à l'avant, leur faisant face. L'instructeur regarda la rangée des Forces Spéciales en haussant un sourcil, puis sa fille, l'imaginant bien avoir les yeux fermés et simuler une sieste.

« Aujourd'hui… On va vous présenter celle qui m'assistera dans l'instruction de certaines notions. » fit Maverick, « Une ancienne agente du KGB. Elle est là pour nous fournir les informations qu'il nous faut sur les installations de nos cibles. » June se redressa soudainement, relevant la tête. Son père le remarqua mais continua, « Ludmila Petrov. »

Cette fois, June se redressa complètement, se retournant vers la porte de la salle qui s'ouvrit. La brune se mit à sourire en voyant une noiraude aux cheveux bouclés rentrer. Une amie à elle, une très bonne amie d'ailleurs, qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. Son seul supérieur dans la salle était son père, alors la jeune femme se permit un petit écart de conduite.

June se leva de son siège, souriant. « Ludmila! » l'instructrice se mit à sourire aussi et les deux femmes se prirent dans leurs bras sous les yeux des autres. La brune se mit à parler Russe, « Comment tu vas? Ça fait trop longtemps! »

La noiraude la lâcha, lui tapotant le dos. « Bien, bien. » lui répondit-elle en Russe aussi. « Ton pays m'accueille mieux que le miens! T'as l'air de bien aller aussi. »

La pilote ricana, « Tss, je vais toujours bien. »

« Sauf avec une balle dans la jambe. » Ludmila lui fit un clin d'œil, la faisant grimacer en détournant le regard.

Maverick se racla la gorge, donnant un signal clair. June le comprit, retournant s'assoir en s'écrasant dans sa chaise. L'ancienne agente du KGB alla se placer aux côtés du Capitaine, celui-ci lui faisant signe de se présenter.

« Bonjour à tous! » La jeune femme avait un léger accent Russe, mais son anglais était impeccable. « Je suis donc Ludmila Petrov, j'ai 35 ans et je suis une ancienne agente du KGB. J'ai beaucoup d'informations et de conseils à vous donner concernant certaines parties de votre mission qui arrive. » Elle ricana, regardant June. « J'ai connu June lorsque nous étions encore dans des camps adverses et je lui ai même mis une balle dans la jambe… Gracieuseté qu'elle m'a rendu avec trop d'intérêt dans une salle d'interrogation. » La concernée ricana, gardant un sourire aux lèvres. « Ne vous inquiétez pas, j'ai perdu cette habitude de tirer sur les gens. »

Elle prit une télécommande et appuya sur un bouton, le grand écran s'allumant. Quelques plans apparaissaient, mais aussi des images de la base à attaquer, ainsi que le moniteur que l'équipe au sol doit détruire.

Elle commença donc à décrire certaines choses à propos du moniteur, perdant un peu l'attention des pilotes. Maverick les ramena à l'ordre plusieurs fois, mais Ludmila ignora cette marque d'irrespect, continuant ses explications.

June leva la main, la noiraude lui faisant signe d'y aller. « Impossible de le détruire par avion? Ou en tirant dessus? »

« Non, c'est exactement le problème. Il y a un mécanisme d'auto-défense. Si on ne désactive pas manuellement le moniteur, les radars ne s'éteindront pas et l'alerte sera donner immédiatement. Si les radars restent allumés, non seulement vos avions seront localisables, mais les missiles qui défendent la base vous localiseront aussi. J'ai pris connaissance de votre dernière mission… Ici, il n'y a pas d'endroit hors portée des missiles de défense. Éviter les attaques, tout en détruisant la base et les avions ennemis possibles… c'est irréalisable. La désactivation du moniteur est primordiale. »

La fille de Pete hocha la tête, se léchant les lèvres. Elle se tourna vers Paul qui hocha simplement la tête, ils se comprirent aussi simplement. Ludmila expliqua en détail comment désactiver le moniteur sans causer aucun problème. L'équipe s'en chargeant écoutant et prenant des notes sur les étapes à effectuer. Après, ce fut au tour de Maverick d'expliquer la partie concernant l'aviation. Il répéta un peu ce qu'il avait dit le premier jour, donc ce fut bref. Il expliqua surtout comment l'entrainement aura lieu.

Il y aura une cible qui représentera la base et un moniteur au fonctionnement identique à un endroit similaire à celui où le vrai moniteur est situé en fonction de la réelle base. L'équipe au sol sera déposée par hélicoptère à la limite des radars ennemis. Ils devront ensuite se rendre au moniteur à pied. Une fois sur place, ils auront à le désactivé. Ils devront donner le signal environs 1 minute avant la coupure du système. Cela donnera le départ des deux équipes. La première, constituée de Ghost et Phoenix et Bob, devront aller assurer le retrait de l'équipe au sol qui se feront sûrement assaillir une fois le système désactivé. La deuxième équipe, constituée de Rooster et Payback et Fanboy, devront détruire la base. Ils auront Hangman et Coyote en réserve, prêt à intervenir.

« Nous commencerons la simulation complète à partir de demain. Aujourd'hui, je veux que vous voliez en équipe… » Il regarda June qui baissa la tête, « Et les Forces Spéciales, que vous tentiez de désactiver le système par vous-même avant de vous mettre dans une situation avec un temps limité. »

L'entrainement débuta et tout se passa comme prévu. L'équipe au sol comprit assez vite la manière de faire pour gérer le moniteur, mais le temps était un problème. Il fallait faire vite et la prise en main de ce genre de chose n'était pas si rapide que ça… Surtout que c'était un simulateur, le vrai variera peut-être. Les vols de groupe c'étaient bien passés aussi. June n'avait pas refait de connerie et elle s'entendait plutôt bien avec Phoenix et Bob. Leur communication était bonne et ils se comprenaient aussi dans leur plan d'action. Évidemment, Rooster avait aussi une belle cohésion avec Payback et Fanboy, étant donné leur ancienne coopération sur leur dernière mission.

Ils furent donc vite congédiés de leur journée, le vrai entrainement commençant demain.

Et… June prit une pause au bar, sans boire cette fois.

Elle était assise au bar, un verre d'eau en main, Penny essuyant ses verres à l'intérieur de celui-ci. Aujourd'hui, c'était un peu plus calme et elle aimait ça.

« Alors, comment ça se passe? » demanda la femme blonde, lui souriant.

June soupira, s'écroulant presque sur le bois du bar. « Bien? Je ne sais pas. Je ne coopère jamais avec ce genre de personnes habituellement. »

« Ce genre de personnes? » Elle ricana, « Des pilotes? »

« Avec l'arrogance des pilotes… Même les supérieurs ont cette attitude de… de je n'sais quoi énervant. » murmura-t-elle.

Penny ne répondit pas, regardant derrière la brune avec un certain sourire. Celle-ci sentit ce silence comme quelque chose de bizarre, relevant la tête. Elle vit que la propriétaire du bar fixait derrière elle avec un certain sourire, la faisant se retourner pour voir. À sa grande surprise, ce n'était pas son père… Mais Hangman. Elle voulut lui crier de s'en aller mais n'eut pas le courage.

« Pas d'uniforme… » fit le blond en s'approchant, allant s'assoir à côté d'elle.

« Uniforme veut dire travail. » répondit-t-elle, regardant Jake qui lui avait encore son uniforme. « Ce n'est pas une fierté pour nous… comme ça l'est pour vous. »

« Et pourquoi ça? » demanda-t-il, la faisant ricaner.

June avait un débardeur blanc et un jeans levis à taille haute pour éviter d'attirer l'attention, plus précisément afin d'éviter ce GENRE d'attention. La jeune femme attrapa une noix dans un des bols que Penny avait au bar, la jetant presque dans sa bouche.

« Parce que ça veut dire qu'on tue des gens. » Elle se tourna vers lui, alors qu'il perdit son sourire. « On ne s'en vante pas. »

Hangman hocha vaguement la tête, déstabilisé par ce qu'elle venait de dire. « T'as un sacré talent pour déstabiliser les autres… pour une femme. »

Elle haussa un sourcil, ricanant tout en jetant un regard à Penny qui tentait de ne pas intervenir dans cette conversation. « Pour une femme hein… » June se leva, s'approchant de Jake en se postant face à lui. « Tu sauras… » La brune se pencha vers le pilote, arrêtant son visage à quelques centimètres du sien. Il la fixait en souriant en coin, retenant de justesse ses mains. « Que les femmes sont les meilleures pour déstabiliser tous les hommes sur terre, Hangman. »

« Montre-moi donc ça… » murmura-t-il, mais elle se redressa soudainement, le faisant cesser de sourire.

June sourit, plaçant ses mains dans ses poches arrière tout en reculant de quelques pas. « Je viens tout juste de te le montrer, chéri. »

Elle se retourna d'un seul coup, tombant sur Rooster juste devant elle. June releva les yeux, le brun avait la tête légèrement baissée vers elle, l'observant en silence à travers ses lunettes de soleil. Phoenix était derrière lui, une main sur la bouche pour s'empêcher de rire. La fille de Maverick pinça les lèvres, détournant le regard en s'intéressant soudainement au plafond magnifiquement décoré du bar.

Elle tenta ensuite de la jouer naturelle, même si c'était raté d'avance. La pilote attrapa du bout des doigts une partie de la chemise hawaïenne que portait Bradley, hochant la tête. « Toi aussi t'es pas en uniforme, hein… » Elle lâcha la chemise, l'homme n'ayant toujours pas bougé ni fait un seul bruit. « Allez, salut. »

Et ce fut de cette manière que June contourna les deux nouveaux venus pour sortir d'ici au plus vite, contenant son malaise. Rooster releva enfin les yeux, croisant le regard d'Hangman qui s'était remis à sourire depuis un moment déjà. Natasha lui frappa le dos, l'encourageant à enfin avancer.

June avait littéralement fui le combat, ne se retournant qu'une fois dehors. Elle vit les trois parler ensemble au niveau du bar et croisa le regard de Penny. Celle-ci lui fit signe qu'elle avait fait n'importe quoi, en comprenant pas cette scène et June répondit en plaçant deux doigts au niveau de sa tempe comme pour simuler un pistolet, se tirant faussement en plein tête. Penny comprit le sous-entendu, ricanant subtilement.

La brune avait fini par marcher quelques mètres sur la plage, jusqu'à trouver un endroit tranquille. Elle enleva ses lunettes du col de son débardeur et les enfila, le soleil n'étant pas encore couché. June se coucha sur le sable, un bras soutenant sa tête, ignorant le fait qu'elle n'avait ni serviette ni veste pour ne pas finir plein de sable. En un rien de temps, elle ferma les yeux et s'endormit sur la plage, en plein soleil et sans se soucier une seconde que dormir dehors n'était pas réellement adapté. En fait, elle ne voulait plus se soucier de cette soirée après l'embarrassement qu'elle venait de vivre.

Quelqu'un d'autre pensa d'ailleurs que ce n'était pas adapté, de dormir sur une plage.

Quelque chose la troubla pendant son sommeil… puisqu'elle reçut du sable en plein visage au moins à trois reprises. La brune se réveilla enfin, grimaçant légèrement. Elle grogna, réalisant qu'elle recevait du sable en pleine gueule, tout en tentant de se protéger avec son bras libre.

« Sérieux… » Elle se prit une autre attaque, mais cette fois dans la bouche.

June commença à tousser en se redressant totalement cette fois, crachant le sable dans sa bouche sur le côté. Elle s'essuya ensuite la langue avec son débardeur, se tournant brusquement vers la personne qui venait de faire une telle connerie. Depuis le début, le brun lui jetait du sable avec son pied, les mains dans les poches, à la regarder se débattre contre ses attaques.

« MAIS POURQUOI? » s'écria-t-elle, tentant de cracher ce qui restait de grains de sable dans sa bouche.

« Pour te réveiller. » répondit d'un naturel énervant Rooster.

Elle voulut lui sauter à la gorge, « Mais je SUIS réveillée! T'aurais pu arrêter avant! »

Il resta totalement sérieux, « Avec tes lunettes, je ne voyais pas vraiment si tu avais les yeux ouverts ou non. »

Il y eut un silence, durant lequel elle comprit qu'il se foutait de sa gueule. Bien sûre qu'il savait qu'elle était réveillée, elle avait grogné, elle avait bougé, elle avait levé un bras et elle avait parlé! Il se foutait juste complètement d'elle. Alors elle le fixa, assise sur la plage, en étant maintenant couverte de sable d'ailleurs grâce à lui, totalement confuse. La brune se retenait d'aller le battre à coup de poings et de lui enfoncer des poignées de sable dans la bouche jusqu'à ce qu'il s'étouffe. Elle ne laissa pas ses pensées prendre le dessus sur sa raison, malgré toute son envie.

June soupira pour éviter de s'énerver, « Tu sais qu'il y a aussi d'autres manières de réveiller des gens que de leur jeter du sable en plein visage? »

Il haussa les épaules, indifférents. « Peut-être. »

« T'es détestable. » répondit-elle honnêtement, « À un sacré niveau. »

Bradley hocha lentement la tête, se mordant légèrement la lèvre inférieure. « Ouais, je sais. » Il tourna les talons et commença à s'en aller. « C'est pas bien de dormir dehors. »

Elle le regarda s'éloigner, « Rooster. » l'appela-t-elle, mais il ne se retourna pas. « Rooster! » Toujours rien. « Roo- oh et puis merde. » June laissa tomber, baissant les yeux sur ses vêtements maintenant sales.

La jeune femme se leva, commençant à essuyer ses habits avec ses mains, sa peau la piquant d'absolument partout, des grains de sable craquant encore sous ses dents. Cet homme avait un sacré problème. Il avait quoi? 38 ans si elle se souvenait bien? Et il agissait encore un comme un enfant immature. Qui lançait du sable comme ça sur les gens? À part pour les faire chier… Oui, il voulait la faire chier. Elle posa ses mains sur ses hanches, se retournant pour voir que le pilote était maintenant loin, ayant rejoint Phoenix qui l'avait attendu plus haut. Voulaient-ils tous la faire chier?

June abandonna, retournant elle aussi vers la route. Il fallait qu'elle rentre et qu'elle continue de dormir dans son lit… Après une douche.