§ JE TE RETROUVERAI §

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Chapitre 1 : La Sentence d'une Mère

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Il ne lui restait plus qu'à mettre sa veste et ses bottes qu'il chaussa rapidement. Sa décision était prise.

- Où tu vas encore ? l'interrompit une voix.

Son corps se crispa, sa main arrêtée à quelques centimètres de sa veste. Il ne se retourna pas pour lui répondre.

- Je vais la chercher, prononça-t-il pour la énième fois.

- Tu perds ton temps..., entendit-il en retour. Tu as déjà essayé et ça n'a rien donné.

- Cette fois sera la bonne.

- Qu'est-ce qui te fait croire ça ? s'étonna l'autre.

L'interrogé ne répliqua pas tout de suite. Il prit d'abord le temps d'enfiler enfin sa veste et d'ouvrir la porte.

- Quand on cherche, on finit par trouver. Cette fois, je sais où chercher.

- Tu ne t'es pas dit qu'à force de chercher on finit par se perdre ?

- Je le suis déjà, souffla-t-il à voix basse en fixant son poignet caché par sa veste.

- Alors à quoi bon t'entêter, bon sang ? Regarde-toi, c'est à peine si tu prends le temps de manger et de dormir. Et te voilà encore sur le point de sillonner le pays.

- J'en ai besoin. Je ne pourrai pas la regarder en face si je renonce.

Le silence régna quelques instants.

- T'as l'air vachement décidé, conclut la première voix. Quoi que je te dise, c'est foutu. Pff... D'accord, allons-y mais tu dois me promettre que c'est la dernière fois.

- Je ne t'ai pas demandé de m'accompagner, rétorqua-t-il en lâchant la poignée de la porte, pour sortir sous la pluie battante déversée par les nuages agglutinés dans le ciel sombre.

- Arrête. Sans moi, t'as aucune chance de t'en tirer et tu le sais, se moqua son interlocuteur déjà prêt à affronter la tempête. Inutile de te rappeler pourquoi je dois rentrer en un seul morceau. Allez, en route !

Sur ces mots, cette personne passa devant pour ouvrir la voie. Celui qui souhaitait partir seul soupira dans la défaite. Aucune chance de s'en débarrasser ou même de lui fausser compagnie. Ça se retournerait contre lui d'une manière ou d'une autre.

Avec un second soupir, il rabattit sa capuche sur sa tête et s'enfonça à son tour dans les ténèbres humides de la nuit.

{…}

- Et voilà, Princesse ! J'ai terminé, vous êtes magnifique.

La complimentée s'observa dans le miroir. Elle n'avait jamais aimé son reflet, mais aujourd'hui c'était pire que les autres jours. Aux yeux de tous, elle était Inoue Orihime, la jeune et belle princesse héritière du trône du Japon âgée de tout juste dix-huit ans, prête à reprendre les rênes du pays avec assurance.

La réalité était tout autre.

A l'opposé de ce tableau dépeint par certains, Orihime manquait cruellement de confiance en elle, l'un des freins étant son physique. Ce qui la caractérisait de loin était sans nul doute sa cascade de cheveux qui coulait jusqu'à ses hanches et qu'elle détestait tant. D'une couleur auburn tirant sur le roux, ils étaient longs à peigner et impossible à cacher : une princesse se devait toujours d'être raffinée, parfaite. Complétaient son apparence ses yeux gris qui rappelaient l'orage, sa peau à l'aspect doux, sa très forte poitrine qui l'empêchait de porter des corsets sans s'étouffer et enfin, son corps en forme de sablier qu'elle pouvait au moins dissimuler sous ses robes et kimonos. Pour toutes ces raisons, elle ne se trouvait pas jolie.

Ce dont Inoue Orihime n'avait pas conscience cependant, c'est que ses atouts offerts par Dame Nature faisaient justement d'elle une jeune fille d'une grande beauté, mais pas seulement. Curieuse et dotée d'une imagination sans limites, Orihime s'enrichissait intellectuellement sur divers sujets dès qu'elle le pouvait. De ce simple fait, d'autres s'accordaient à dire qu'aucun livre d'Histoire ne mentionnait une princesse avec autant de culture, de charme et d'élégance. Et qu'elle n'avait pas volé son surnom de « Hime l'unique ». Sur ce point encore, les gens avaient tout faux.

La beauté auburn avait été élevée à la dure dès son plus jeune âge. Ceci dans le but de la préparer très tôt au rôle qui lui incomberait un jour : diriger l'empire du Japon. Une responsabilité qu'elle n'avait pas demandé et qui l'avait fait passer à côté d'une enfance normale, pour laisser place aux traditions et coutumes qu'elle devait apprendre par cœur. C'est pour cela qu'Orihime nourrissait son esprit de choses simples et variées durant son temps libre. Pour fuir cette pression trop lourde parfois. Et non parce qu'elle bénéficiait d'une intelligence hors du commun.

Toujours devant le miroir de sa chambre, Orihime regardait une fille impeccablement coiffée, parée de beaux bijoux, très bien vêtue et qui faisait honneur à la famille impériale. Soit l'image qu'elle reflétait au quotidien. L'image à laquelle tout le monde se fiait sans parvenir à voir sous son masque et les déguisements qu'elle était forcée de porter jour après jour, pour inspirer le respect. En d'autres termes, ceux qui la côtoyaient ne voyaient que ce qu'ils voulaient et elle leur montrait ce qu'ils voulaient voir. Les choses étaient ainsi.

- Princesse ?

Inoue se rappela la présence de la femme à ses côtés, inquiète de son silence d'après l'intonation de sa voix.

- Désolée, Hinamori san, s'excusa-t-elle avec un sourire gêné en se grattant la tête. J'étais dans mes pensées, héhé... Je te remercie.

Momo Hinamori était une jeune femme petite et mince, ses cheveux noirs toujours noués en un chignon. Timide, sérieuse et efficace, elle s'occupait des soins d'hygiène et de beauté de la princesse, l'escortait où qu'elle aille et devait répondre au moindre de ses désirs qu'importe l'heure du jour ou de la nuit. Pas à l'aise avec cela, Orihime ne la dérangeait jamais et appréciait grandement sa compagnie. Après tout, Momo était sa seule amie dans cet immense palais ennuyeux. Du moins, sa seule amie depuis la disparition brutale de sa meilleure amie, il y a bien des années...

- J'ai remarqué. Quelque chose vous tracasse ?

- Non, mentit Orihime en se détournant du miroir. Allons-y, je ne dois pas être en retard.

- Vous avez raison, il est préférable de ne pas les faire attendre.

Les deux femmes quittèrent la chambre.

Elles croisèrent du personnel de différentes branches de métiers comme des domestiques ou encore des commis de cuisine de retour du marché. Selon le protocole, aucun n'était autorisé à leur adresser la parole, juste les saluer en s'inclinant et poursuivre leurs activités.

La princesse et Hinamori se rendaient dans l'aile Ouest du palais, plus précisément dans la Salle du Conseil. Pour cela, il fallait traverser le jardin-labyrinthe bien entretenu composé de plantes et de fleurs rivalisant de couleurs et de senteurs. Au centre de cette vaste étendue se dressait une immense fontaine en pierre sculptée à la main, en forme de cerisier japonais. Un véritable chef-d'œuvre et un ravissement pour les yeux. Le bassin accueillait de nombreux poissons, donnant ainsi l'impression que ses racines minérales baignaient dans l'eau claire au doux clapotis.

A bonne distance s'élevaient les Grilles d'Acier de plusieurs mètres de haut à l'extrémité aiguisée comme des sabres, pour dissuader les intrus. Du point de vue d'Orihime, elles matérialisaient sa prison. En effet, toutes les fois où elle les avait franchies, c'était uniquement pour des déplacements officiels ou des balades à proximité avec des gardes pour veiller à sa sécurité. Le reste du temps, elle devait rester au palais. Orihime n'avait jamais obtenu la permission de se mélanger à la population ou même de se promener seule.

Le dos bien droit, les mains croisées devant elle, la belle marchait avec grâce tout en profitant de l'agréable parfum de la nature. Le soleil haut dans le ciel faisait étinceler sa chevelure cuivrée. Elle finit par apercevoir Hisagi Shuhei, un grand homme brun tatoué au visage et Tousen Kaname qui, lui, était mate de peau avec de longs cheveux violets regroupés en queue de cheval basse. Tous deux appartenaient à la garde rapprochée de la famille impériale et se chargeaient en ce moment de la surveillance de la Salle du Conseil, katana en main. Leur statut leur conférait quelques privilèges, comme échanger des mots avec les hauts membres du palais.

- Princesse Orihime, dirent-ils en cœur en courbant l'échine à son approche. Hinamori san.

- Bonjour à vous, répondit celle-ci, penchée également.

- Bonjour, Hisagi san, Tousen san, leur sourit Orihime face à eux. Sont-ils arrivés ?

- Oui. Il ne manque plus qu'Aizen sama, l'éclaira Shuhei, les joues roses en raison de la beauté naturelle de la princesse.

- Aizen sama ? répéta Momo, le visage coloré. I-Il est de retour ? bafouilla-t-elle.

- Je le croyais parti en mission diplomatique ? s'étonna Orihime, les sourcils froncés.

- Il est revenu ce matin.

- Je vois..., marmonna-t-elle quelque peu troublée.

- Puis-je vous annoncer, Altesse ? demanda Kaname.

- Euh oui, bien sûr, émergea Inoue. A tout à l'heure, Hinamori san.

- A tout à l'heure, Princesse, dit-elle avec une révérence.

Tousen poussa les lourdes portes en bois, fit quelques pas puis posa un genou à terre.

- Son Altesse impériale, la Princesse héritière Orihime, annonça-t-il.

Derrière lui, la concernée se retint de grimacer. Elle avait le plus grand mal à assumer ce titre distinctif qui plaçait d'office une barrière entre elle et les autres.

- Merci, Kaname. Tu peux disposer, ordonna un homme assis à la grande table au centre de la salle.

Le garde obéit en refermant derrière lui.

- La ponctualité n'est décidément pas ton fort. Tu es en retard, comme toujours. N'apprendras-tu donc jamais ou es-tu décidée à salir une fois de plus notre réputation ?!

La princesse venait de rejoindre ses parents, l'empereur Eiji et l'impératrice Miyako. C'est elle qui venait de prononcer cette remarque cinglante. L'impératrice n'était autre qu'une version plus mature de sa fille. Seules deux choses les différenciaient : Miyako avait les yeux noisette et un visage presque toujours figé dans une expression sévère. C'était une femme réputée autoritaire et exigeante. Le contraire de l'empereur chez qui il n'émanait que gentillesse et bienveillance. Avec ses cheveux châtains mi-longs parsemés de mèches grises et sa barbe de plusieurs jours sous ses yeux pétillants, Eiji s'attirait naturellement la sympathie. Il était fier d'avoir transmis les traits de son caractère à sa fille, qui ne possédait pas une once de méchanceté.

- Je suis désolée, Mère, s'excusa Orihime.

Sa maman était la source principale de son manque de confiance en elle. A chaque fois que sa mère la rappelait à l'ordre, Orihime avait la désagréable impression d'être redevenue une petite fille prise en faute, même lorsqu'elle n'avait rien fait. Aussi loin qu'elle pouvait se souvenir, toutes deux ne s'étaient jamais enlacées ou confiées l'une à l'autre. L'impératrice accordait une importance primordiale à l'argent, l'apparence et la réputation de leur famille. Pas de place pour les sentiments. Elle s'acharnait à inculquer cela à Orihime depuis toujours. En vain. Lorsque sa mère lui rendait la vie impossible, c'est auprès de son père que Hime trouvait du réconfort.

- Je ne pensais pas être en retard. Comme Aizen sama n'est toujours pas...

- Tu oses me contredire ? s'irrita l'impératrice à la droite de l'empereur.

Sous son chignon serré, ses yeux lançaient des éclairs.

- Bien sûr que non, s'empressa de répondre sa fille plus qu'habituée à ses réprimandes. Je dis simplement qu'étant donné que nous ne sommes pas tous présents, je ne suis pas réellement en retard.

- Petite impertinente !

- Allons, allons, Miya, intervint calmement l'empereur. Orihime n'a pas tout à fait tort, la réunion n'a pas commencé.

- Évidemment, tu te ranges de son côté ! Tu as toujours été bien trop tendre avec elle, siffla sa femme.

Eiji soupira avant d'adresser un sourire à sa fille.

- Viens t'asseoir, ma chérie, dit-il affectueusement.

Celle-ci ne se fit pas prier et occupa la place à côté de son père installé en bout de table. Orihime était rarement entrée dans cette salle plutôt vide qui servait essentiellement à mettre au point des stratégies militaires et des alliances. La décoration froide se résumait à une robuste table en bois, huit lourdes chaises autour et une armure de samouraï dans un coin. La dernière fois qu'Orihime était venue ici, c'était pour entendre que la passation de pouvoir se ferait à ses dix-huit ans et non pas à ses vingt ans comme cela était prévu à sa naissance. La raison était simple : l'empereur était malade et ne pourrait plus diriger le pays très longtemps. La cérémonie approchait et Hime supposa que c'était sans doute pour cette raison qu'on l'avait convoquée. Ce qui ne l'empêcha pas de vouloir en avoir le cœur net.

- En quoi consiste la réunion d'aujourd'hui ? demanda-t-elle.

- J'aimerais également le savoir, émit son père à l'adresse de l'impératrice. J'ignorais d'ailleurs que Sosuke devait également être présent. Que se passe-t-il ?

- Vous le saurez bientôt, répondit Miyako avec raideur. Tiens-toi droite, Orihime !

La princesse se plia à l'ordre au moment où les grandes portes s'ouvraient à nouveau, permettant ainsi aux rayons du soleil de scinder la salle en deux.

- Le conseiller personnel de l'empereur, Aizen sama, les prévint Tousen avant de sortir en refermant sur son passage.

- Votre Majesté Eiji, votre Altesse Miyako, Princesse Orihime, veuillez excuser mon retard, déclara Aizen, le dos courbé.

Dans son uniforme blanc sur lequel étaient épinglées ses diverses récompenses pour services rendus au pays, il dégageait une prestance et un respect à toute épreuve. De grande taille, châtain foncé, les yeux de la même couleur, le sourire charmeur, Aizen Sosuke était bel homme et au goût de nombreuses femmes, comme Hinamori. Il s'était battu pour le pays, avait remporté de nombreuses batailles et avait été promu récemment conseiller personnel de l'empereur par l'impératrice en personne.

Orihime ne l'appréciait pas. Cet homme avait du sang de nombreux innocents sur les mains, préférait la guerre à la paix et faisait tout pour faire partager sa vision du monde à l'empereur. C'est-à-dire asseoir son autorité sur tout le pays en instaurant un climat de peur et de soumission totale. Bien entendu, la princesse n'avait pas le droit d'exprimer son opinion et s'efforçait de faire bonne figure en sa présence qui la mettait mal à l'aise.

- Ce n'est rien voyons, Sosuke. Installez-vous, l'autorisa l'impératrice en suggérant la chaise vide en face de sa fille.

Aizen s'exécuta.

- Bien, reprit Miyako en fixant Orihime avec suffisance. Je vais aller droit au but.

- Comme toujours, ma chère, s'amusa Eiji. Nous t'écoutons.

- Eh bien, nous ignorons combien de temps il te reste à vivre, commença sa femme en couvrant sa main. Tu t'affaiblis de jour en jour et le pays doit garder l'image d'un couple soudé et en pleine santé pour le diriger. Chose que je ne pourrai pas faire lorsque tu ne seras plus de ce monde, Eiji.

Orihime sentit son cœur se serrer et ses larmes piquer ses yeux. Son père adoré ne jouissait plus d'une bonne santé et avait peu de chance de vivre longtemps. Si Aizen demeurait impassible, l'empereur laissa un voile de tristesse nuancer son regard gris avant de recomposer un sourire sur son visage.

- Tu as raison, il nous faut penser au peuple et à son avenir, se ressaisit-il en se grattant la barbe. C'est pourquoi Orihime montera sur le trône dans quelques mois et non dans deux ans.

- Cela n'est pas suffisant, n'as-tu donc pas écouté ? s'agaça son épouse en arrangeant inutilement son immense chignon haut. Une femme au pouvoir, cela ne s'est jamais vu et encore moins une femme seule.

- Mais enfin, je suis votre seule fille, objecta Orihime qui ne voyait pas où tout cela menait.

- C'est exact, approuva son père. Dois-je te rappeler, Miya, que c'est toi qui n'as pas voulu avoir d'autre enfant après notre fille, renonçant de ce fait à la possibilité de mettre au monde un fils ? Il était donc évident qu'Orihime me succéderait.

- Ce n'est pas de cela dont il est question ! s'offusqua Miyako, gênée d'aborder ce sujet d'ordre privé. Ce que je veux mettre en lumière, c'est que le peuple nous voue un respect sans faille et cela doit durer. Ça ne pourra pas continuer dans cette voie si Orihime prend ta place sans une aide crédible.

- Que suggères-tu ?

- Eh bien mon cher mari, répliqua-t-elle en insistant bien sur chaque mot, je ne vois qu'une solution : le mariage. Tout est arrangé d'où la présence de Sosuke. Orihime va épouser son fils.

Les poumons de la belle se vidèrent. Désarçonné, l'empereur, lui, regardait alternativement sa femme et son conseiller comme pour s'assurer de la véracité de tels propos.

- Notre fille... si jeune... épouser Stark ? bafouilla-t-il, ahuri.

- Bien sûr que non, mon fils aîné est trop âgé pour une fleur aussi délicate que la Princesse Orihime, murmura Aizen qui souriait aimablement.

- Ulquiorra dans ce cas ?

- Mon dernier fils est hélas déjà engagé, votre Majesté, déplora Sosuke.

- Alors il ne reste plus que...

- Grimmjow, acheva sèchement l'impératrice. Le second fils de Sosuke est libre de tout engagement et tout à fait convenable pour Orihime, tu en conviendras, Eiji.

Ce dernier resta sans voix tandis que la nausée gagnait sa fille. Aizen avait trois fils adoptifs. Si Stark était connu pour sa flemme légendaire et Ulquiorra pour son tempérament peu loquace, Grimmjow se détachait de ses frères par son côté provocateur qui ne collait nullement avec les règles de bienséance imposées par la famille impériale. L'impératrice n'ignorait pas cela, Orihime en était persuadée. Cette union devait forcément posséder un intérêt pour sa mère. Sauf qu'elle ne voyait vraiment pas lequel, car Grimmjow ne rentrait pas du tout dans le tableau de ses exigences. Grimmjow n'était pas repoussant et même plutôt beau avec ses cheveux turquoises et ses iris céruléens, Hime le reconnaissait secrètement au point de rougir rien qu'à la pensée.

Seulement, il avait aussi un sourire pervers qu'il ne prenait jamais la peine de dissimuler, des manières grossières, un caractère impulsif, un mépris pour les règles de toutes sortes et un langage vulgaire. Autrement dit, tout le contraire de l'éducation qu'avait reçue la princesse. De plus, Orihime n'éprouvait pas d'amour pour cet homme, pas même de l'amitié. Elle l'avait croisé à quelques occasions au palais et dans ces moments-là, elle n'avait ressenti que de la gêne. Elle ne pouvait pas lier son destin au sien, impossible !

- Je refuse de me marier avec Grimmjow, marmonna-t-elle, la tête baissée.

- Articule lorsque tu prends la parole et regarde les personnes dans les yeux, je te l'ai dit maintes fois ! s'exaspéra Miyako. Ce n'est pas à la table que tu t'adresses !

Sa fille releva le menton, la voix teintée d'un courage insoupçonné.

- J'ai dit que je ne me marierai pas avec Grimmjow, répéta-t-elle clairement.

- Oh que si tu vas l'épouser, tout est planifié, renforça sa mère sans pitié. Tu n'étais pas décidée à te trouver un mari digne de ce nom, je l'ai fait pour toi. Tu devrais me remercier.

- Il s'agit de ma vie, j'ai mon mot à dire...

- Tu n'en auras qu'un à prononcer : « oui », le jour venu.

- Miyako, Sosuke, pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? questionna l'empereur, contrarié. Il ne s'agit pas d'un sujet anodin, un mariage arrangé...

- Le nôtre l'était également, je m'en suis parfaitement accommodée, lança abruptement sa femme.

- Nos parents ont décidé pour nous, nous avons dû apprendre à nous aimer, concéda Eiji. Nous n'avons pas eu le choix. La moindre des choses est de le laisser à notre fille. L'amour véritable existe, elle doit suivre son cœur sans que nous n'interférions.

L'impératrice pinça les lèvres, signe d'agacement.

- Le bien-être du peuple passe avant tout.

- Celui d'Orihime est bien plus important ! riposta Eiji en tapant du poing sur la table, faisant sursauter les trois autres. Si elle n'est pas heureuse, le peuple le sentira et cela se retournera contre nous à un moment ou à un autre. Comment puis-je prôner la paix si j'oblige ma propre fille à se marier ?

- La Princesse Orihime peut mettre un certain temps avant de trouver chaussure à son pied, votre Majesté, s'incrusta Aizen, le visage illisible.

- Aucune importance. Orihime est parfaitement capable de me remplacer sans s'encombrer d'un tel mariage et puis soyons réalistes. Je ne veux point vous manquer de respect, seulement vous m'approuverez si je dis que Grimmjow n'a rien en commun avec ma fille. Il est rustre et grossier là où Orihime est douce et gentille.

- Grimmjow est le fils adoptif de Sosuke qui est issu d'une famille noble. De plus, la gentillesse ne fait pas tout, renifla dédaigneusement l'impératrice en vrillant sa fille du regard. Ce n'est pas avec ce genre de qualité superflue que l'on se fait bien voir de ses ennemis.

- Mais elles aident à tisser des liens avec ses alliés, ce qui peut faire plier les ennemis. Cela permet également de nouer de solides amitiés. C'est le plus important, affirma l'empereur soudain très las.

- Eiji...

- Non Miyako, vraiment. D'ailleurs, si je ne m'abuse, Orihime était promise à Kurosaki Ichigo et tu as vivement refusé cette union, lui rappela-t-il, les sourcils froncés. Aujourd'hui, tu proposes Grimmjow ? Tout cela n'a aucun sens.

- Kurosaki Ichigo lui-même a refusé de se marier avec Orihime ! se défendit son épouse avec fougue.

- Cette famille honnête a dû ressentir que tu étais contre ce mariage, voilà tout, répliqua Eiji, légèrement essoufflé. Moi, je l'approuvais avec pour condition qu'une fois majeurs, Orihime et Kurosaki Ichigo lient leur destin de leur plein gré.

- Pourquoi ressasser une histoire qui remonte à des années ? lança vivement Miyako, les yeux plissés. J'assume mes réticences et mon refus catégorique à cette époque, qui n'ont d'ailleurs pas réellement pesé dans ce projet de mariage tué dans l'œuf ! La famille Kurosaki est déchue, il n'y a plus rien à en tirer ! Quelle image aurions-nous aujourd'hui si notre nom s'était retrouvé associé au leur ?!

- Probablement une image reflétant l'amour, l'unité, la diversité et la tolérance.

Miyako renifla avec dédain. Son mari n'en tint pas compte et reprit la parole d'un ton ferme.

- Je maintiens qu'Orihime mérite mieux que Grimmjow. Elle est ma fille et mon unique héritière. Je tiens donc à...

La fin de sa phrase fut étouffée par une grosse quinte de toux qui dissipa la tension remplacée par l'inquiétude. La princesse, l'impératrice et le conseiller se levèrent d'un bon.

- Père ! s'inquiéta Orihime en allant le soutenir comme sa mère.

Une main sur la poitrine, il avait du mal à reprendre son souffle.

- Ça... ça va, ma chérie, essaya-t-il de la rassurer.

Il extirpa un mouchoir en soie de sa poche qu'il porta à sa bouche. Lorsqu'il l'éloigna, chacun put constater qu'il crachait du sang.

- Eiji ! s'alarma Miyako, une paume sur son dos. Tu dois te ménager !

- Je vais le conduire dans ses appartements, se désigna Aizen en s'approchant de l'empereur épuisé.

- Très bien. Allongez-le, Sosuke, je vais faire appeler son médecin, se chargea l'impératrice, très inquiète.

Eiji pressa la main d'Orihime qui pleurait silencieusement, puis se laissa conduire par son conseiller vers une immense tapisserie. Derrière celle-ci se cachait un passage menant vers l'aile Est du palais qui appartenait à l'empereur et sa femme, et dont peu de personnes avaient accès.

Lorsque les deux hommes disparurent, Miyako se tourna vers sa fille, le visage dur.

- J'espère que tu as conscience que ceci est entièrement de ta faute ! explosa-t-elle.

La belle qui pensait toujours à son père la regarda sans comprendre.

- Ma faute ?

- Ne joue pas les innocentes. Si tu avais accepté ce mariage, nous n'en serions pas là !

- Comment étais-je supposée réagir ? Un mariage arrangé..., ne parvint toujours pas à accepter la princesse. Et le second qui plus est puisque je viens d'apprendre avoir été fiancée à un certain Kurosaki Ichigo dont je n'ai jamais entendu parler. Qui est-il ? Et sa famille ? Je n'ai pas le souvenir de les avoir déjà vus alors que nous étions apparemment promis l'un à l'autre. Comment expliquez-vous cela, Mère ? acheva-t-elle sur un ton de reproche.

- Ne me parle pas sur ce ton ! réagit vivement celle-ci, les poings serrés. Ces personnes appartiennent au passé et n'ont plus rien à voir avec nous ! Je t'interdis d'aborder à nouveau ce sujet, préoccupe-toi plutôt de ton mariage à venir !

- Je vous en prie, je ne peux pas épouser Grimmjow, l'implora la beauté auburn. Je ne suis pas amoureuse de lui.

Le claquement sec sur sa joue la cloua sur place. Les yeux écarquillés, Orihime remonta lentement ses doigts sur sa peau qui picotait encore. La dernière fois que sa mère l'avait giflée, elle avait neuf ans. Ce jour-là, Orihime, qui arborait déjà une longue chevelure, les avait coupés pour ne plus ressembler à sa mère qu'elle trouvait méchante. Évidemment, elle n'avait pas avoué cette raison, prétextant vouloir ressembler à une héroïne dans un de ses livres.

Folle de rage en découvrant sa fille les cheveux hachés -ce qui avait nécessité une coupe au bol pour limiter les dégâts- l'impératrice l'avait violemment corrigée en lui ordonnant de ne plus recommencer sous peine de le lui faire amèrement regretter. L'image avait son importance après tout et une femme avec les cheveux courts, quel que soit son âge, c'était une hérésie.

Orihime avait retenu la leçon et n'avait pas soufflé mot de la gifle à son père à son retour de voyage, conformément à la volonté de sa mère. En plus de figurer parmi ses pires souvenirs, ce jour marqué par cette correction devint également celui où Orihime comprit que sa mère ne l'aimait pas. Jamais elle n'obtiendrait l'approbation de cette femme avec qui elle n'avait pu tisser aucun lien. Encore moins un amour si ardemment désiré durant des années.

- Tu vas t'unir à Grimmjow et tu te plieras à ton rôle d'épouse en remplissant tes devoirs conjugaux, prononça froidement Miyako. Tu m'entends, Orihime ? Grimmjow sera présent demain pour régler quelques formalités avant la célébration. Il t'appartient d'assurer l'avenir de notre famille, d'entretenir notre noble réputation et de faire honneur à ton futur mari dans tous les domaines.

Effrayante et intimidante, elle se rapprocha à quelques centimètres du visage effaré de sa fille.

- Garde cela à l'esprit si tu ne veux pas affaiblir le pauvre cœur de ton père. Tu dois lui assurer que tu es ravie de cette union. Dans le cas contraire, je peux te garantir que tu es loin d'imaginer les conséquences qui en découleront, la menaça-t-elle à voix basse.

Elle se redressa en lissant inutilement son kimono aussi beau qu'onéreux.

- A présent, je vais chercher le médecin d'Eiji. Tu as le temps de choisir la tenue adéquate pour accueillir ton fiancé, termina-t-elle, ses yeux noisettes étincelant de méchanceté.

Sur ces paroles, elle sortit de la salle, laissant sa pauvre fille pétrifiée.

{…}

Une heure plus tard, Orihime ignorait quelle quantité de larmes elle avait versée. Ce qui était sûr, c'est qu'elle ne devait plus avoir beaucoup d'eau dans le corps. Elle sécha son visage du revers de la main, descendit de son somptueux lit à baldaquin puis se rendit sur le balcon de sa chambre avec vue sur le magnifique jardin et sa fontaine. La faible brise souleva ses cheveux tandis que ses pensées tournaient en rond.

Qu'avait-elle fait pour mériter une mère qui la détestait tant ? L'impératrice était si cruelle à l'inverse de son père si gentil... C'est précisément pour cette raison qu'Orihime décida d'accepter ce mariage. Ça lui serrait le cœur de lier sa destinée à Grimmjow qui l'effrayait en plus du reste, seulement aggraver l'état de santé de son père était plus douloureux encore. Elle ne pouvait se montrer égoïste en ne songeant qu'à son propre bonheur.

Les mains crispées sur la balustrade en pierre, la belle inspira. Sa décision était prise. Elle pivota, traversa sa chambre pour aller prendre des nouvelles de son père et lui faire part de la conclusion de ses réflexions.

- Le plus difficile sera de lui faire croire que je suis enthousiaste, soupira-t-elle. Um ? Qu'est-ce que c'est ?

Sur le point d'ouvrir la porte, elle remarqua une enveloppe de taille moyenne sur le sol. Depuis quand était-elle là ? Quelqu'un avait dû la glisser sous la porte pendant qu'elle pleurait bruyamment ou alors elle ne l'avait tout simplement pas vue en revenant. Il faut dire qu'elle s'était jetée sur son lit sans faire attention à rien.

La beauté auburn jeta tout de même un œil dans le couloir. Personne à part deux gardes et elle doutait fort que l'un d'eux soit l'expéditeur. Les sourcils froncés, car intriguée, Hime ramassa l'enveloppe qu'elle ouvrit. A sa grande surprise, elle y trouva un portrait peint par un artiste au pinceau aussi précis que délicat. La peinture représentait un jeune homme de dix-sept ou dix-huit ans au sourire timide, les cheveux châtains courts et les yeux sombres. L'auteur de cette représentation avait choisi de ne peindre que son visage et une partie de son buste, mais de toute façon, Inoue était certaine de n'avoir jamais vu ou même croisé cet homme. Elle regarda au dos du portrait et y vit un mot griffonné à la hâte à en juger par l'encre qui avait bavé :

« Retrouve-le. Il pourrait sauver plus d'une vie dont la tienne. »

Quelque chose traversa le corps de la princesse. Un frisson d'excitation ? De crainte ? Comment cet homme pouvait-il la sauver ? Se pourrait-il qu'il ait le pouvoir d'annuler son mariage forcé ? De faire plier sa redoutable mère ? Cela semblait impossible pourtant cette simple phrase lui redonna espoir. Si c'était vrai, elle n'aurait pas à se condamner à un mariage sans amour ni à mentir à son père !

- Princesse ?

Comme émergeant d'un rêve, l'intéressée sursauta et s'empressa de cacher sa découverte derrière son dos juste au moment où Momo apparaissait par la porte entrouverte.

- Comment allez-vous ? s'informa-t-elle avec tristesse. Je vous ai entendue pleurer...

- Oh, rosit Orihime. Je vais mieux, merci. J'ai appris une nouvelle qui m'a bouleversée et...

- Votre mariage avec Grimmjow sama ?

- Tu es au courant ?

- Tout le monde ne parle que de ça. Son Altesse l'impératrice nous a réunis dans la salle de réception pour nous faire part de la nouvelle.

- Je vois..., marmonna simplement l'autre jeune fille.

En annonçant à tous ce mariage, sa mère voulait la mettre au pied du mur pour ne lui laisser aucun moyen de s'y soustraire. Orihime en était certaine.

- Si vous n'avez pas besoin de moi, je vais vous laisser. Je suis attendue avec les domestiques pour définir notre rôle le jour du mariage. Euh... félicitations, Princesse ! ajouta Hinamori avec une joie simulée. Grimmjow sama est si... vous allez être... enfin, je veux dire...

- Merci, Hinamori san, la coupa Orihime en la voyant se perdre en cherchant un compliment. Tu peux y aller, nous nous verrons plus tard.

- Bien, s'inclina-t-elle avant de quitter la pièce.

Orihime attendit qu'elle se soit suffisamment éloignée puis observa à nouveau la peinture. S'il y avait l'ombre d'une chance que cet homme lui vienne en aide, elle devait la saisir. Déterminée, elle fouilla dans sa garde-robe pour en extirper un vieux sac de voyage marron qu'elle avait déniché un jour dans l'un des greniers. Avec des mains légèrement tremblantes, elle y fourra quelques robes et sous-vêtements, un châle et le portrait.

Elle ne savait pas grand-chose du monde « normal » sauf qu'elle n'avait pas le choix. Sa mère ne lui laissait plus le choix. Elle devait partir.

Après avoir enfilé une robe vert bouteille plus passe-partout et plus légère pour faciliter ses mouvements, Orihime quitta discrètement sa chambre entre deux relèves des gardes, qui faisaient un point au bout du couloir.

Partir était une chose mais pas sans dire au revoir à son père. Chaque fois qu'elle voyait une ombre ou entendait des voix, elle se cachait. Heureusement, Orihime avait accès à des passages cachés par des tapisseries non surveillées, puisque les gardes eux-mêmes en ignoraient l'existence. Enfant, il arrivait que son père parvienne à convaincre sa mère de la laisser s'amuser. Orihime avait donc eu le loisir d'explorer nombre de coins et recoins.

La voie libre, elle se faufila derrière un immense tableau dissimulant un accès menant directement à la chambre de ses parents. Une fois passée, elle attrapa le cadre en or massif pour le remettre en place quand elle entendit la voix de sa mère. La belle acheva son geste et laissa juste un centimètre d'espace pour l'apercevoir.

- Sosuke, ce n'est pas raisonnable, gloussa-t-elle, le dos contre une sublime œuvre d'art.

- Allons, Miyako chan, toi et moi savons que tu aimes ça, susurra Aizen en frôlant ses lèvres, les mains sur ses hanches.

Sous le choc d'une telle vision, Orihime dut de surcroît combattre la nausée inondant son estomac. Sa mère si rigide et adepte des traditions ancestrales trompait son père avec Aizen ! Depuis quand cela durait-il ?! Son père ne méritait pas cela !

- Il est vrai que nous n'avons que de rares moments à nous ces derniers temps avec mon époux malade, dont je dois m'occuper, s'agaça-t-elle.

- Cela ne va pas durer. Lorsque la Princesse Orihime sera mariée à mon fils, le plus gros du travail sera fait.

- Pouvons-nous vraiment compter sur Grimmjow ? Orihime est tellement tendre que nombre de personnes l'apprécient, cracha Miyako.

- Tu as vu quel personnage est Grimmjow, impossible à dompter. J'ai moi-même du mal parfois... Je peux toutefois affirmer qu'il se fera un plaisir d'éliminer sa femme après la nuit de noces si cela peut lui rapporter quelque chose, la rassura Sosuke.

- Oh, il y gagnera beaucoup mais pas autant que moi. Savoir Orihime morte me comblera d'un bonheur indicible, jubila-t-elle. Nous n'aurons qu'à dire au peuple qu'elle a succombé à une maladie foudroyante. Mon mari sera terrassé par le chagrin et ainsi je garderai mon titre d'impératrice. Nous pourrons alors régner toi et moi.

- Tu as tout prévu. Je comprends mieux pourquoi tu as toujours contrôlé les sorties de ta fille au-delà des Grilles d'Acier. Pour éviter que les gens s'attachent à elle.

- Je te l'ai dit, elle a ce don horripilant de faire tout le monde tomber sous son charme, notamment lors des réceptions. Il me serait devenu impossible de m'en débarrasser.

- Pourquoi l'avoir mise au monde dans ce cas ? ne saisit pas Aizen en lui caressant la joue. Une mère ne devrait-elle pas être prête à tout pour ses enfants ?

- Crois-tu que le choix s'est offert à moi ? répondit l'impératrice avec amertume. L'empereur me pressait d'avoir un enfant pour assurer sa descendance et Orihime est née. Il a même choisi son prénom tant cela m'indifférait. Je n'ai jamais désiré être mère, seul le pouvoir m'intéresse et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'ai plus donné la vie après elle.

- Lorsque nous régnerons côte à côte, tout cela sera derrière nous, susurra son amant en sentant son mal-être.

- Vivement que ce mariage ait lieu, soupira Miyako avant d'enlacer Aizen, ses iris chargés de désir. Ce jour me semble si loin...

- Plus que deux mois de patience, nous devons respecter la tradition. En ce qui me concerne, ta beauté est telle que j'ai de quoi m'aider à patienter.

- Oh Sosuke...

Ils s'embrassèrent passionnément pendant ce qui parut une éternité à Orihime, incapable de les regarder. Enfin, des bruits de pas se firent entendre obligeant Sosuke et Miyako à se séparer pour prendre une posture plus correcte.

- Vous m'avez fait appeler, votre Altesse ? demanda une domestique qu'Orihime ne pouvait voir.

- Oui, je réunis le personnel pour faire une mise au point à propos du mariage, répondit l'impératrice du ton sec qui lui était coutumier. Vous devez y assister également, vous terminerez votre tâche plus tard.

- Bien, votre Altesse, obéit la domestique.

- Nous reparlerons de cette alliance plus tard, Sosuke, poursuivit Miyako avec une impassibilité ne laissant pas deviner leur rapprochement intime.

- A vos ordres, votre Altesse, fit-il en courbant l'échine avant de prendre congé, les lèvres encore luisantes.

Orihime en avait entendu plus qu'assez. Bouleversée, elle remit le tableau en place et s'engagea dans l'étroit passage éclairé par la lumière du jour qui filtrait entre les pierres rongées par le temps. En effet, sur sa gauche de l'autre côté du mur coulait la rivière qui bordait une partie du palais et dont le son agréable ne l'apaisa pas.

L'esprit déjà chargé de la princesse s'alourdit davantage. Elle savait que sa mère n'éprouvait pas la moindre affection pour elle mais de là à planifier sa mort ? Des choses prenaient tout leur sens désormais, comme le fait que l'impératrice avait toujours fait la sourde oreille à son insistance pour devenir grande sœur. Au fil du temps, la beauté auburn avait fini par se dire que sa mère, à l'image de son père, étant enfant unique souhaitait simplement reproduire ce schéma familial.

Quant à Aizen, s'il la gênait de par sa personnalité insondable, à présent Inoue pouvait affirmer qu'il était foncièrement mauvais. Comment pouvait-on prendre part à un plan empreint d'autant de cruauté ? Assister à cet échange conforta Orihime dans son choix : elle devait retrouver ce jeune homme qui avait sans doute le pouvoir de changer son destin.

Assez rapidement, Orihime poussa le tableau qui ornait la chambre de ses parents. Son père dormait. Elle laissa son sac à ses pieds et pénétra dans la pièce richement conçue. Il fallait faire vite, le médecin n'allait pas tarder à revenir. Elle contourna le lit massif et s'approcha. Eiji ne toussait plus et avait l'air d'aller mieux d'après sa respiration plus régulière. Avec une infinie tristesse, Orihime s'agenouilla et prit sa main dans la sienne. Sa mère ne méritait pas de partager la vie d'un homme si bon qui faisait tout son possible pour voir le meilleur en chacun.

- Je suis venue te dire au revoir, Père, amorça-t-elle. Je suis désolée de te l'annoncer si brutalement. Je dois partir, il me faut chercher des réponses que je ne peux trouver ici. Je te promets de revenir.

Sa petite main fut serrée.

- Père ?

Eiji ouvrit ses yeux fatigués pour les poser sur sa fille adorée. Légèrement pâle, il parvint à esquiver un faible sourire.

- Je m'attendais à ce que tu partes. Je suis heureux que tu aies trouvé au fond de toi le courage de le faire.

- Tu ne me demandes pas comment je suis entrée malgré l'interdiction de te déranger ?

- Allons, j'ai grandi dans ce palais. J'en connais tous les secrets y compris ceux renfermés dans les murs, s'amusa-t-il avec un clin d'œil.

Hime sourit à son tour avant de se reprendre.

- Vas-tu tenter de me convaincre de ne pas partir ? risqua-t-elle.

- Je suis contre ce mariage, articula l'empereur avec colère. Tu es ma fille, je t'aime et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il n'ait pas lieu. Cependant, je ne suis qu'un vieil homme malade qui a fait son temps. Je ne pourrai plus te protéger quand je ne serai plus là et alors ta maman te forcera à épouser Grimmjow. Mais toi, tu es l'avenir de ce pays et rien ne me rendrait plus fier que de te voir te battre contre ce destin qui t'est imposé.

- Mère m'a dit que si je refuse d'épouser Grimmjow, je t'infligerai une peine qui aggravera ton état de santé, confessa la princesse, les prunelles remplies d'eau.

- Ne crois pas cela. Tu sais que ta mère a tendance à tout exagérer, dit-il avant d'être interrompu par une toux.

- Ne fais pas trop d'effort, lui conseilla Orihime, une main sur son front. Je te sers un verre d'eau.

- Non, je vais bien ne t'en fais pas. Hime, n'oublie pas ce que je te disais quand tu étais petite. Notre petit secret.

- Je n'oublie pas, souffla-t-elle, des traînées salées sur les joues. « Une grande impératrice doit préserver la paix pour protéger la vie, écouter ses sujets pour mériter leur respect, mais elle doit toujours suivre son cœur. »

- Je m'excuse de ne pas avoir tenu tête à ta mère qui s'est obstinée à te garder enfermée ici une grande partie de ta vie, dit Eiji avec regret. Mais je peux me rattraper aujourd'hui en t'encourageant à aller à la conquête des réponses que tu cherches. Si ton cœur te dit que tu dois le faire, écoute-le. De mon côté, je ferai mon possible pour résonner ta maman.

- Merci, Père, articula Orihime, touchée.

En séchant ses larmes, elle se souvint de la discussion à laquelle elle venait tout juste d'assister. Son pauvre père devait déjà combattre la maladie, elle ne pouvait alourdir son fardeau en lui apprenant que sa femme le trompait avec son conseiller. De plus, aussi dur que ce soit à admettre, ce rôle ne lui incombait pas. Quant au fait que sa propre mère projetait de la faire tuer, ça lui était impossible à formuler tant ça la blessait profondément. En revanche, Orihime pouvait parfaitement dire à son père de se méfier d'Aizen Sosuke qui convoitait son titre pour diriger le pays d'une main de fer.

- Père, commença-t-elle en pressant doucement sa main, tu dois faire attention à Aizen !

- Sosuke ? s'étonna-t-il. Pourquoi devrais-je me méfier de lui ? Il est mon plus fidèle conseiller et même un ami.

- Tu ne dois pas lui faire confiance ! Il...

Des voix en approche résonnèrent.

- C'est ta maman et le médecin, reconnut l'empereur. Elle ne doit pas te voir ou elle te retiendra ici par la force s'il le faut. Va, Orihime et sois prudente !

- Mais je...

- Je ferai attention, je te le promets, murmura Eiji en posant une paume sur sa tête auburn. Hâte-toi à présent !

Déchirée à l'idée de le laisser à la merci de sa mère et d'Aizen mais ne pouvant faire autrement, Hime l'embrassa sur le front.

- Je t'aime, Père, chuchota-t-elle.

Elle se releva très vite, retourna dans le passage secret. Sa mère accompagnée du docteur firent irruption dans la chambre à la seconde où le tableau retrouvait sa place initiale.

{…}

- Fouillez partout ! Elle ne doit pas être loin !

Cachée derrière un épais buisson, Orihime regardait à distance Hisagi et Tousen donner leurs ordres aux gardes pour la retrouver. Sa mère s'était aperçue de sa disparition et n'avait guère tardé à donner l'alerte semblait-il. Inoue avait quitté son père il y a une heure ou peut-être plus, elle ne savait pas exactement. Inondée d'un sentiment de culpabilité, elle parvint à voler quelques provisions en cuisine avant de sortir du palais. Sauf qu'elle avait perdu énormément de temps à se cacher. Le domaine était si vaste qu'elle se trouvait encore sur les terres impériales.

Elle leva les yeux sur sa droite où s'élevaient les immenses Grilles d'Acier. Par chance, elle repéra un arbre assez haut qui lui permettrait de passer au-dessus. Pour cela, elle devait attendre que les gardes s'éloignent de sa position. La princesse fouilla dans son sac, extirpa son châle bleu nuit, le posa sur sa tête et le noua autour de son cou pour éviter que ses cheveux facilement repérables ne la trahissent. Après quelques instants, les voix des gardes s'évanouirent. La belle s'agrippa alors au tronc et s'aida des imposantes racines pour atteindre les branches noueuses. Non sans difficultés, elle grimpa à la hauteur souhaitée.

Sous ses iris gris s'étendait un grand champ de fleurs à l'orée d'une ville droit devant et d'une luxuriante forêt qui prospérait vers l'Ouest. Passer par cette ville était trop risqué, elle était recherchée et même si peu de personnes l'avaient vue, Orihime était le portrait craché de sa mère connue de tous les sujets. Or, il était primordial qu'elle garde son identité secrète au moins si près du palais.

Inoue jeta son sac en contrebas, enjamba précautionneusement la grille pour ne pas s'éventrer puis s'accrocha à un autre arbre qu'elle utilisa pour descendre. Seulement, moins robuste, une branche céda sous son poids et elle tomba dans un fourré qui amorti sa chute. Le postérieur douloureux, la beauté auburn se releva tant bien que mal. Après un dernier regard en arrière avec une forte pensée pour son père, elle marcha droit vers la forêt.

{…}

- N'oublie pas combien tu me dois.

- Je te dois que dalle, je t'ai déjà payé !

- Tu oses insinuer que je mens, salaud ?!

C'est au son de ces délicates paroles qu'Orihime ouvrit les yeux, hébétée. Elle n'avait jamais marché autant de sa vie, c'est donc à bout de force qu'elle s'était adossée à un tronc d'arbre en vue de se reposer un peu. D'après la nuit tombée, c'est plus qu'une sieste que son corps avait décidé de s'octroyer.

- Je vais te casser la gueule et tu cracheras mon argent en même temps que tes tripes !

- Vas-y, essaye pour voir !

Orihime tourna la tête. Deux hommes se disputaient à quelques mètres et ne semblaient pas l'avoir remarquée. Elle se redressa, le cœur battant à tout rompre. C'était la première fois qu'elle risquait d'avoir des ennuis avec de tels individus. Heureusement, l'un des deux se mit à courir à l'opposé, poursuivit par le second. La princesse soupira de soulagement. Avoir essentiellement grandi au palais entourée de personnes aux manières distinguées ne lui rendait pas service. Elle avait l'impression de découvrir une facette du monde bien loin de l'image qu'elle s'en faisait.

Hime se chargea de son sac en bandoulière, arrangea son châle autour d'elle et se remit en marche en regardant prudemment autour d'elle. D'après les bruits portés par le vent, elle se rapprochait d'un village.

Au bout d'un moment, elle émergea enfin de la forêt et ce qu'elle avait soupçonné se confirma : un village animé se dessinait. Peut-être pour la faire taire, sa mère lui avait toujours dit que le peuple avait de quoi bien vivre. Eh bien d'après ce qu'Orihime constatait, ce n'était qu'un odieux mensonge. Des gens mendiaient, d'autres n'avaient pas de chaussures ou de vêtements décents. Parmi cette misère, des hommes et femmes tout à fait convenables se promenaient sans ce soucier des pauvres. Était-ce parce qu'ils s'en fichaient ou étaient-ils habitués ? Peu importe, la belle se sentit affreusement mal et prenait conscience du milieu privilégié dont elle était issue.

Sur le qui-vive, elle s'aventura. Dès le début de son trajet, elle avait réfléchi. Seule une personne à sa connaissance pouvait éventuellement l'éclairer sur le portrait mais elle vivait loin d'ici. Il était donc nécessaire qu'Inoue trouve un endroit où dormir avant de se remettre en route. Ne supportant plus la misère, elle déposa plusieurs pièces dans le gobelet en ferraille d'un pauvre qui la remercia chaleureusement. Orihime lui sourit puis reprit sa marche sans savoir où aller. N'ayant d'autre choix, elle demanda son chemin.

- Excusez-moi, pouvez-vous m'indiquer où je peux trouver un toit pour la nuit ? questionna-t-elle une vieille dame qui passait près d'elle.

Celle-ci la jaugea de haut en bas.

- T'as de quoi payer ? grogna-t-elle en dévoilant une bouche édentée.

Surprise par la question et son ton agressif, Orihime cligna des yeux avant de répondre.

- Euh... oui.

- Alors va chez Ukitake. C'est l'auberge au bout de la rue là-bas, tu ne peux pas la rater, répondit sèchement la dame âgée qui la laissa plantée là avant de recevoir un merci.

Étonnée par un tel comportement, Orihime s'engagea dans la rue indiquée et trouva l'auberge en question. En bois comme la plupart des constructions ici, elle se fondait si bien dans le décor qu'on pouvait passer devant en la prenant pour une simple maison familiale. La princesse monta l'unique marche et entra.

- Il y a quelqu'un ? lança-t-elle en ne voyant personne.

Aucune réponse. Deux torches mettaient en lumière un comptoir aussi rustique que la décoration minimaliste, qui faisait face à l'entrée. Une porte entrouverte permettait d'apercevoir ce qui semblait être un couloir. Les bruits sourds qui lui parvinrent assurèrent à Orihime qu'il y avait bien quelqu'un. Elle activa la sonnette métallique.

- J'arrive ! Un instant, je vous prie ! répondit une voix masculine.

Curieuse, Hime détailla les lieux. Un escalier branlant au pied duquel se trouvait une trappe donnait accès à l'étage, le sol grinçait à chaque pas cependant l'endroit avait l'air propre. Elle était loin de son confort toutefois cela ne la dérangeait pas. Bien au contraire, ça lui donnait enfin l'occasion de vivre comme tout le monde. Une feuille écornée au papier jauni clouée au mur près de l'entrée attira son attention. Un avis de recherche de toute évidence. Elle lut ce qui était écrit en grosses lettres sous le portrait d'un homme :

KUROSAKI ICHIGO

Recherché mort (de préférence) ou vif.

Récompense en fonction de l'état du corps.

La chasse est ouverte !

- Quelle barbarie ! s'exclama Orihime, choquée, une main devant les lèvres.

Traquer un être humain de la sorte était-il légal ?! Elle s'approcha pour examiner le portrait de l'homme condamné à un châtiment si horrible. Il était jeune, avait les cheveux en épis ébouriffés et les sourcils très froncés.

- Um... Il devait être en colère ce jour-là d'après son air grincheux.

Elle ignorait ce qui était reproché à cet homme exactement. Ce dont elle était sûre, c'est qu'elle éprouvait de la compassion pour lui. Selon Orihime aucun être ne méritait la mort. Encore moins dans d'atroces souffrances.

Une minute.

Kurosaki Ichigo ? Kurosaki... Ichigo.

- Mais, c'est... !

Oui. C'était ça. C'était lui. L'homme que ses parents avaient évoqué le matin même dans la Salle du Conseil ! L'homme à qui elle était promise avant Grimmjow ! Son nom ne lui disait rien et à présent que l'occasion lui était donnée de mettre un visage sur ce nom, Orihime pouvait le confirmer : cet individu recherché lui était étranger. Elle ne l'avait jamais vu avant aujourd'hui sur ce papier.

Sa mère l'avait farouchement dénigré ainsi que sa famille. Orihime ne s'y était pas attardée sur le moment sauf que là, elle s'interrogeait. Était-ce parce que cet homme était un hors-la-loi que l'impératrice s'était opposée à l'union entre Kurosaki et sa fille ? Ou parce que la famille Kurosaki avait une mauvaise réputation et que l'avis placardé ici en était la preuve ? Pourtant l'empereur n'approuvait pas ce raisonnement jusqu'à même prendre leur défense...

- Bonsoir, mademoiselle. Veuillez m'excuser pour l'attente. Je suis Ukitake Jushiro, propriétaire de cette modeste auberge.

Un homme au visage plus jeune que ne le laissaient croire ses longs cheveux blancs s'installa derrière le comptoir. Sa voix douce et son air gentil mirent immédiatement Orihime à l'aise. Elle repoussa ses réflexions et vint face à lui.

- Ne vous excusez pas, je regardais la décoration, sourit-elle. Je suis enchantée de faire votre connaissance. Vous reste-t-il des chambres de libre ? J'aimerais faire une halte pour la nuit.

- Bien sûr ! Les clients ne se pressent pas à cette époque de l'année. Vous êtes ?

Orihime resta muette. Elle n'avait pas pensé à un faux nom ! Heureusement, elle possédait une imagination fertile.

- Kana, improvisa-t-elle. Euh… Inaruyo Kana.

- Je ne vous ai jamais vue, Inaruyo san ? fit Ukitake intrigué en saisissant un carnet sous le comptoir.

La princesse s'assura que son châle cachait bien ses cheveux flamboyants avant de répondre.

- Non, c'est la première fois que je viens dans ce village, confirma-t-elle, gênée. J'explore le pays...

- Seule ?

- En effet.

Jushiro lui jeta un regard inquiet sous sa frange.

- Vous ne devriez pas voyager seule. Il y a des tas de personnes peu recommandables par ici et dans les environs. Vous seriez plus en sécurité accompagnée d'un ami.

Orihime songea à l'homme sur l'avis de recherche. Faisait-il partie des personnes à éviter ? Cette zone pourtant si proche des terres impériales était-elle si dangereuse ? Ukitake san avait l'air d'un homme de confiance, aussi la beauté auburn commença à prendre peur. Elle s'était enfuie sans vraiment réfléchir à cause d'un portrait glissé sous sa porte. Où pourrait-elle bien trouver une âme charitable susceptible de l'accompagner dans son périple ?

- Ah oui, tu crois ça ? Va te faire voir, enfoiré ! Regarde bien !

La belle sursauta et pivota. Cette voix rocailleuse provenait de dehors. Avant qu'elle puisse penser quoi que ce soit, un homme très grand, barbu à la peau foncée fit irruption dans l'auberge. Il y pénétra avec une telle violence, que l'une des torches fut soufflée par un courant d'air provoqué par la porte presque arrachée de ses gonds. La taille et la corpulence de l'arrivant défiaient l'imagination au point qu'Inoue se demande comment il avait pu entrer. Le temps qu'elle songe à cela, l'intrus avait jeté un regard circulaire qu'il immobilisa sur elle aussitôt qu'il l'eût repérée. Sans signe avant coureur, il fonça dans sa direction.

La pauvre Orihime n'eut pas le loisir de réagir et poussa un cri lorsqu'il passa un bras massif sous sa gorge pour la maintenir contre son torse, l'empêchant ainsi de bouger. Un couteau aiguisé de plusieurs centimètres de long ne tarda pas à apparaître dans son champ de vision, troublé par ses larmes, avant de frôler sa joue délicate. La peur se répandit en Orihime plus rapidement qu'un venin.

- S-S'il vous plaît, laissez… laissez-moi, articula-t-elle, sa gorge presque écrasée, ses mains sur son avant-bras crasseux.

- Ta gueule ! cria le fauteur de troubles qui fixait l'extérieur par la porte d'entrée ouverte.

- Laissez-là, je vous en prie ! l'implora Jushiro en s'apprêtant à la secourir. Cette jeune fille n'a rien à voir avec votre querelle !

- Ta gueule le vieux ! Et reste où tu es, sinon je lui brise la nuque à la donzelle !

Ukitake se figea, le cœur compressé en voyant des traînées salées rouler sur le visage de sa nouvelle cliente. Orihime n'aurait jamais imaginé que sa vie s'achèverait si vite. Son agresseur avait une si haute stature que ses petits pieds touchaient à peine le sol. Partir à la recherche d'un homme sans s'y être préparée, quelle naïveté ! Alors qu'elle pensait à son père et à ce qu'il allait devenir sans elle, un autre homme apparut dans l'embrasure. La princesse le distinguait mal en raison de la baisse de luminosité. Oh kamis, faites que ce ne soit pas un allié de celui qui la retenait !

- Te voilà ! se réjouit justement ce dernier dont le rire vibrait désagréablement en sa victime via son torse massif. Je me demandais si je n'allais pas devoir tuer la fille pour t'attirer !

L'homme silencieux à qui étaient destinées ces paroles franchit le seuil de l'auberge. Toujours sans un mot, il s'arrêta dans le halo projeté par la désormais unique torche enflammée. Orihime écarquilla ses prunelles gorgées d'eau. Pas de doute possible, c'était bien lui.

L'homme grincheux sur l'avis de recherche.

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Bonjour / Bonsoir à vous ^^ J'espère que vous allez bien en dépit de ce second confinement. Me voilà de retour avec une autre fanfiction. Qui l'eût cru ? Certainement pas moi en tout cas ! J'en ai eu l'idée il y a quelques mois, mais je l'ai mise de côté faute de temps pour me pencher sérieusement sur une intrigue.

Certains ont dû remarquer un air de déjà vu avec une autre de mes fanfictions « Briser mes chaînes ». Eh bien, je m'en suis largement inspirée, car cette histoire figure parmi celles que j'ai le plus a-do-ré écrire. Il y aura des similitudes et des différences. J'ai écrit les grandes lignes de cette fic qui devrait tourner autour de 10 chapitres au total. Je sais que tout le monde n'est pas fan de cet univers qui n'a rien à voir avec celui de BLEACH. C'est pourquoi je remercie d'avance tous ceux qui suivront ma seizième et officiellement dernière fanfiction ! Alors n'hésitez pas à me donner vos avis. Gros bisoux, prenez soin de vous ainsi que de vos proches ~